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Music Rock

Scott Klein fissure le décor de « Sugar Baby »

Scott Klein fissure le décor de « Sugar Baby »
  • Publishedoctobre 20, 2026

« Robe rouge, regard vide, gestes empruntés : “Sugar Baby” entre en scène comme une image parfaitement composée, puis Scott Klein commence à en arracher les bords jusqu’à ce qu’il ne reste plus grand-chose de l’illusion. »

Scott Klein n’écrit pas ici une chanson d’amour contrarié. Il s’intéresse à quelque chose de plus inconfortable : tomber amoureux d’une représentation, d’un rôle, presque d’un personnage construit pour répondre au désir de quelqu’un d’autre. « Sugar Baby » commence précisément à l’endroit où cette mise en scène cesse de fonctionner.

Le morceau appartient à un nouvel ensemble que le musicien canadien installé au Texas décrit comme plus dangereux, plus sec et plus sensuel que ses précédentes sorties. L’americana reste présente, tout comme le folk rock et l’alt-country, mais débarrassés d’une partie de leur rusticité attendue. Scott Klein cherche davantage le trouble que la carte postale poussiéreuse.

« Sugar Baby » repose sur cette contradiction. La surface est brillante, attirante, presque trop belle pour être totalement fiable. Dessous, le texte devient beaucoup plus froid. La femme décrite semble enfermée dans une histoire écrite par quelqu’un d’autre, et le moment décisif arrive lorsqu’on comprend que ce que l’on regardait comme une personnalité était peut-être en partie une performance.

C’est là que le morceau prend sa dimension presque cinématographique. Klein parle de son nouveau disque comme d’un slow-burn thriller que l’on pourrait danser, et « Sugar Baby » en fournit une bonne entrée en matière. La séduction ne disparaît jamais complètement ; elle devient justement l’outil qui rend le malaise plus efficace. Quelque chose attire encore au moment même où l’on commence à comprendre qu’il faudrait peut-être reculer.

La production de Jamey Koch accompagne cette tension, avec un enregistrement réalisé au Warehouse Studio de Vancouver, après une préproduction menée à Austin par Jonathan Tyler. Ce va-et-vient entre le Canada et le Texas correspond assez bien à l’identité de Scott Klein lui-même : une écriture nourrie par l’americana nord-américaine, mais attirée par les coins plus sombres du Southern Gothic et par des arrangements capables de conserver du nerf.

Le morceau évite surtout le piège du portrait trop évident. « Sugar Baby » ne repose pas uniquement sur le cynisme ou la dénonciation. Il y a aussi la responsabilité de celui qui a voulu croire à l’image, qui a peut-être participé lui-même à sa fabrication en préférant le fantasme à la personne réelle.

Scott Klein place donc son nouveau chapitre sous un signe assez peu confortable : celui du désir lorsque celui-ci commence à perdre ses filtres. Dans « Sugar Baby », la beauté du décor ne disparaît pas. On voit simplement enfin les coutures.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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