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Zacchae’us Paul relie « BETTER MUST COME » et « STAY »

Zacchae’us Paul relie « BETTER MUST COME » et « STAY »
  • Publishedoctobre 20, 2026

« Chez Zacchae’us Paul, le gospel ne s’arrête pas aux portes de l’église et le R&B ne vit jamais très loin du jazz : “BETTER MUST COME” et “STAY” en donnent deux lectures très différentes, l’une tournée vers la foi et la transmission, l’autre vers la sensualité d’un R&B classique assumé sans détour. »

Il suffit d’écouter la manière dont Zacchae’us Paul parle de ses influences pour comprendre que les cases l’intéressent assez peu. Né à Atlanta, formé au jazz, nourri de gospel, de soul, de hip-hop et de R&B, le multi-instrumentiste pense davantage en arbre généalogique qu’en rayons séparés. JAZZ MONEY VOL. 2: SWINGIN’ R&B, paru le 16 octobre, pousse précisément cette idée : remettre le jazz dans une continuité musicale noire où l’église, le blues, le rap et le R&B dialoguent au lieu de se tourner le dos.

« BETTER MUST COME » en est peut-être l’exemple le plus manifeste. Zacchae’us Paul repart d’un hymne traditionnel et refuse la reprise patrimoniale sage. Il le reconstruit selon son propre vocabulaire de “Swingin’ R&B”, en faisant entrer jazz, gospel, soul et production contemporaine dans la même pièce. La démarche est spirituelle, mais elle est surtout musicale : conserver la force du matériau d’origine tout en changeant complètement la manière dont il circule.

La distribution du morceau raconte déjà beaucoup. Happy Qavah et donSMITH apportent leurs couplets, Keenyn Omari intervient à la flûte, Dezron Douglas à la basse, tandis que Paul partage la coproduction avec DJ OOOCHILD. Cette combinaison entre voix rappées, instrumentation jazz et construction R&B donne au morceau une architecture où la tradition n’est jamais traitée comme une pièce de musée. Paul voulait une chanson centrée sur l’amour de Dieu ; il obtient surtout une profession de foi musicale, capable de respecter l’hymne tout en refusant de l’enfermer dans sa forme initiale.

Quelques semaines plus tard, « STAY » change franchement de lumière. Ici, plus besoin de détour : Zacchae’us Paul revendique le “classic R&B record” avec une assurance presque amusée, comme s’il répondait directement à tous ceux qui auraient voulu le réduire au rôle de “jazz guy”. donSMITH, ami proche et collaborateur de longue date, le rejoint à nouveau, Down To Mars assure la production sous la direction de Malachi Mabson, tandis que Safa apporte ses voix soyeuses et Milena Casado une présence de trompette qui rappelle discrètement que, même lorsqu’il plonge dans le R&B le plus sensuel, Paul ne laisse jamais très loin son bagage de musicien de jazz.

« STAY » assume d’ailleurs pleinement sa dimension charnelle. Le morceau est présenté comme de la “baby-making music”, et il n’essaie pas de dissimuler cette intention derrière une sophistication inutile. Ce qui le rend intéressant vient plutôt de tout ce qui se cache sous cette apparente évidence. Pour Paul, faire du R&B ne constitue pas une escapade hors de son territoire : c’est une autre branche du même héritage. Anita Baker, Maze featuring Frankie Beverly, K-Ci & JoJo, Marvin Gaye, Sam Cooke ou The O’Jays coexistent dans sa mémoire avec John Coltrane, Duke Ellington et l’avant-garde jazz, tandis que la tradition des quartets gospel complète encore ce paysage.

Les deux morceaux se répondent donc moins par leur humeur que par leur méthode. « BETTER MUST COME » part d’un hymne et le pousse vers aujourd’hui ; « STAY » assume un R&B amoureux, puis laisse apparaître derrière lui le jazz, le gospel et le blues qui l’ont rendu possible. Dans les deux cas, Zacchae’us Paul travaille à rebours de l’idée selon laquelle les genres devraient rester parfaitement étanches.

Son propos sur la “Black musical tradition” devient alors très concret. Il ne suffit pas de déclarer que tout est connecté : encore faut-il l’entendre dans les arrangements, les collaborateurs choisis, le type de groove, les harmonies et la place laissée à l’improvisation ou au rap. C’est précisément ce que ces deux titres rendent tangible.

« BETTER MUST COME » et « STAY » ne montrent pas deux Zacchae’us Paul différents. Ils montrent plutôt la même identité sous deux angles : celle d’un musicien qui considère le gospel, le jazz, le R&B et le hip-hop comme les membres d’une même famille, et qui préfère les faire converser plutôt que choisir lequel aura le dernier mot.

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Extravafrench

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