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Sunset Salore dépouille « Dracula » jusqu’à l’ombre

Sunset Salore dépouille « Dracula » jusqu’à l’ombre
  • Publishedoctobre 23, 2026

« “Dracula” avait déjà quelque chose de trouble. Sunset Salore choisit de ne pas épaissir cette obscurité, mais de lui retirer presque tout : une voix, quelques touches de piano et juste assez d’espace pour que le morceau paraisse soudain beaucoup plus proche, presque inquiétant par sa simplicité. »

Basée à Melbourne, Sunset Salore revient ici avec une reprise de « Dracula » de Tame Impala, enregistrée en une seule prise dans le cadre de la série one take Tuesdays à Humble Studios. Là où l’original travaille davantage la matière et la production, elle imagine une lecture volontairement plus nue, plus lente dans son ressenti et beaucoup plus fragile.

L’idée vient aussi d’une autre reprise, celle de Jennie, mais Sunset Salore entend rapidement le morceau autrement. Plutôt que de chercher une nouvelle démonstration vocale ou un arrangement spectaculaire, elle choisit le dépouillement : piano, clavier et voix, captés simultanément sur un seul micro à condensateur.

Cette contrainte technique participe directement à l’atmosphère. Rien ne semble vraiment pouvoir être corrigé ou déplacé après coup. Les respirations, les petites variations de toucher et la proximité de la voix restent intégrées à l’ensemble. Le résultat garde donc quelque chose de très humain, presque comme si l’auditeur se trouvait dans la pièce pendant l’enregistrement.

Le dispositif visuel suit la même logique. La vidéo a été filmée en temps réel sur téléphone avec un gimbal, sans mise en scène lourde ni découpage sophistiqué. Cette esthétique lo-fi convient particulièrement bien à une reprise qui cherche moins à réinventer « Dracula » qu’à changer complètement sa distance avec l’auditeur.

La sensualité du morceau original devient ici plus spectrale. Le piano ralentit la perception, la voix de Sunset Salore se fait plus contenue, et le titre prend une couleur plus nocturne encore. Cette approche donne presque l’impression d’une chanson entendue après la fête, lorsque la lumière s’est éteinte et qu’il ne reste plus que l’écho.

Le choix de publier cette version à l’approche d’Halloween fonctionne évidemment très bien, mais la sortie n’était pas initialement pensée comme un simple coup de calendrier. Un extrait partagé sur les réseaux sociaux a rapidement approché les 300 000 vues, accompagné de nombreuses demandes pour une version complète. La publication s’est donc imposée assez naturellement.

« Dracula » marque aussi le retour discographique de Sunset Salore après son premier EP Love Kills the Monsters, paru deux ans plus tôt. Ce projet avait déjà posé les bases de son univers : une pop alternative nourrie d’expériences personnelles, de grooves feutrés et d’une écriture tournée vers la transformation, la mémoire et l’acceptation de soi.

Originaire de Belfast avant de s’installer à Melbourne, Sunset Salore s’est construite entre deux scènes musicales très différentes, mais avec un même goût pour les petites salles, les concerts intimistes et le rapport direct au public. Cette sensibilité se retrouve parfaitement dans « Dracula », où rien ne vient masquer la performance.

La reprise agit enfin comme une passerelle vers la suite. De nouveaux morceaux originaux sont prévus pour 2027, et cette parenthèse permet de remettre sa voix au premier plan avant d’ouvrir un nouveau chapitre.

Ici, le vampire ne mord pas. Il reste assis dans la pénombre, pendant que le piano fait tout le reste.

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Extravafrench

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