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The Next Movement laisse « LOVE » consumer lentement le groove

The Next Movement laisse « LOVE » consumer lentement le groove
  • Publishedoctobre 28, 2026

« “LOVE” n’a rien d’une déclaration précipitée. The Next Movement choisit au contraire la combustion lente : guitare psychédélique à vif, profondeur neo-soul et groove volontairement dépouillé composent un morceau où chaque instrument semble savoir exactement quand parler — et surtout quand se taire. »

Trois musiciens, mais rarement la sensation d’un trio.

C’est l’une des particularités de The Next Movement : J.J. Flueck à la batterie, aux samples et au chant, Pascal “P” Kaeser à la basse et aux synthés, Sam Siegenthaler à la guitare. Une formation réduite qui a appris, après plus de mille cinq cents concerts, à occuper le spectre sans le saturer. « LOVE » en fournit une démonstration presque inverse de ce que l’on pourrait attendre d’un groupe réputé pour l’explosivité de ses prestations : plutôt que d’accumuler, ils retirent.

Le vide devient ici une partie de l’arrangement.

La basse ne paraît pas avoir besoin de courir après chaque mesure, la batterie peut laisser de l’air autour du groove, tandis que la guitare possède suffisamment de place pour salir délicatement le paysage. The Next Movement décrit lui-même le morceau comme une rencontre entre guitare psychédélique brute, neo-soul profonde et instrumentation clairsemée. Ce dernier élément est peut-être le plus déterminant : « LOVE » sait que la sensualité devient beaucoup moins intéressante lorsqu’on la surcharge.

Le morceau préfère donc étirer le plaisir.

La guitare de Sam Siegenthaler apporte une rugosité presque hendrixienne sans transformer la chanson en hommage vintage. On retrouve ce goût pour un instrument capable d’être mélodique puis soudain plus abrasif, de caresser avant de griffer. Face à elle, la section rythmique garde une précision remarquable. Pascal Kaeser et J.J. Flueck connaissent visiblement suffisamment bien leur pocket pour ne pas avoir besoin de le surjouer.

C’est là que l’expérience de scène devient audible.

Un groupe qui a joué autant développe généralement une relation particulière au temps. Il sait qu’un silence d’une demi-seconde peut compter autant qu’une note supplémentaire. Il sait également que le groove ne dépend pas uniquement de ce qui est joué, mais de la façon dont les musiciens s’accordent autour du même battement.

« LOVE » semble construit sur cette confiance.

Le funk est présent, évidemment, mais dépouillé de son costume le plus démonstratif. Pas besoin ici d’aligner les syncopes pour prouver que le trio sait groover. La neo-soul ralentit le geste, approfondit les couleurs, tandis que le versant psychédélique dérange juste assez la surface pour empêcher le morceau de devenir trop confortable.

J’aime particulièrement cette manière de rendre l’amour légèrement électrique.

Le mot « LOVE » pourrait appeler une écriture chaleureuse, ronde, rassurante. The Next Movement introduit au contraire dans cette chaleur une guitare plus rêche, une sensualité qui possède des angles. Cela donne au morceau quelque chose de vivant : l’amour n’est pas traité comme un état parfaitement lisse, mais comme une énergie qui peut aussi produire du frottement.

Le titre ouvre par ailleurs un nouveau chapitre pour le groupe, puisqu’il introduit l’univers de KARMA DOJO, quatrième album du trio. Ce rôle de porte d’entrée est bien choisi. « LOVE » ne cherche pas à résumer toute l’étendue stylistique de The Next Movement ; il rappelle plutôt leur qualité fondamentale : leur capacité à faire énormément avec très peu.

Quelques instruments.

Un pocket parfaitement tenu.

Une guitare qui refuse la décoration.

Une voix capable de rester au milieu de l’ensemble sans tout ramener à elle.

Après des années passées à construire une réputation de groupe de scène, The Next Movement pourrait facilement céder à la surenchère. « LOVE » choisit une solution beaucoup plus élégante : ne rien ajouter tant que le groove n’en a pas réellement besoin.

Le morceau finit ainsi par donner l’impression qu’on pourrait encore retirer quelque chose sans qu’il s’effondre.

Puis la guitare revient, et on comprend qu’il ne fallait finalement toucher à rien.

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Written By
Extravafrench

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