x
Music Rap

« 2death » : Wiidaaseh a plus d’une vie dans son rap

« 2death » : Wiidaaseh a plus d’une vie dans son rap
  • Publishednovembre 2, 2026

Wiidaaseh signe « 2death » avec un parcours d’artisan libre : une identité anishinaabe, plusieurs visages et la volonté de prendre en main son langage sonore.

On aurait tort de lui préparer une case confortable. Wiidaaseh a déjà changé les meubles, percé une fenêtre et commencé à construire l’étage suivant. À parcourir sa trajectoire, on découvre un artiste qui avance par appropriation successive : d’abord les mots, puis les outils, puis cette faculté précieuse de décider comment les uns vont rencontrer les autres. « 2death » s’inscrit dans cette aventure avec un titre ramassé, presque abrupt, qui laisse planer sa menace sans livrer le mode d’emploi.

Né et élevé à Wiikwemkoong, territoire non cédé d’une Première Nation au Canada, le rappeur anishinaabe possède un ancrage précis et un horizon musical ouvert. On le retrouve à l’écriture, à la production, au mixage et au mastering. Derrière cette accumulation de fonctions se raconte surtout un désir de maîtrise : pouvoir suivre une idée jusqu’à sa forme finale, comprendre ce qui la renforce, identifier ce qui la dilue.

Son histoire discographique réserve d’ailleurs quelques virages. « Daaseh » posait un univers sombre, traversé de sujets et de productions au climat lourd. « Super Eight » faisait ensuite entrer les références au cinéma et aux jeux vidéo, avec davantage de lumière et de légèreté. On apprécie cette mobilité. Elle préserve l’artiste du personnage unique qu’une première œuvre réussie peut parfois lui imposer. Wiidaaseh se donne le droit de déplacer le regard, de desserrer la mâchoire, puis de revenir vers des zones plus troubles.

Le nom « 2death » semble précisément inviter à une lecture noire. On résistera pourtant à la tentation d’en tirer tout un scénario. Son pouvoir tient aussi à sa compression : une formule courte, une destination laissée en suspens, suffisamment d’espace autour pour que l’imagination s’agite. Le titre attire ; l’artiste conserve ses clés.

Cette manière d’entretenir une marge de liberté traverse son apprentissage. Après avoir acquis les techniques du mixage et du mastering, Wiidaaseh aborde la production avec « Skoden ». Sa collaboration avec KELLOGG, prolongée sur « The Misadventures of Bad Cooks », apporte une autre dynamique à cette construction. Puis « Black & Blue », entièrement façonné par ses soins, affirme une autonomie devenue méthode.

On tient là l’un des aspects les plus stimulants de son alternative hip-hop : une identité qui se travaille jusque dans la fabrication. L’indépendance devient une pratique quotidienne, faite de choix, d’essais et d’oreille. Elle permet aussi de soustraire son récit aux attentes trop prévisibles.

Alors on revient à « 2death » avec une curiosité différente. On y cherche la prochaine décision d’un artiste qui a appris à multiplier ses possibilités. Le titre annonce une extrémité. Wiidaaseh, lui, a encore de quoi bifurquer.

Pour découvrir plus de nouveautés RAP, HIP-HOP, TRAP et DRILL n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVARAP ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

Leave a Reply