Nouveautés rap
RAP
janvier 27, 2026MK2 n’est pas un morceau qui cherche l’adhésion : il apparaît, comme une forme de vie autonome née loin du centre, froide et lumineuse à la fois.
Il y a des titres qui s’écoutent, et d’autres qui se traversent. MK2 appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, Kris Vango ne nous prend pas par la main : il nous déplace. Hors des schémas habituels du hip-hop conscient, hors de la narration frontale, hors même de l’ego comme point de départ. Ici, la conscience n’est pas une posture morale, mais un état orbital.
Inspiré par Makemake, planète naine perdue dans la ceinture de Kuiper, le morceau fonctionne comme une traduction sonore d’un mythe cosmique. On sent immédiatement que le rap n’est qu’un vecteur parmi d’autres. Les textures électroniques, presque rituelles, flottent entre le synthétique et l’organique. Les fréquences basses vibrent comme des plaques tectoniques lentes, tandis que la voix se pose sans jamais surjouer l’autorité. Elle observe, elle incante, elle documente.
Ce qui frappe dans MK2, c’est l’absence totale de démonstration. Pas de punchlines tapageuses, pas de quête de validation. Le flow est mesuré, parfois presque austère, comme si chaque mot devait mériter sa place dans le vide spatial. Cette retenue donne au morceau une densité rare. On est plus proche d’un journal de bord interstellaire que d’un manifeste rap classique.
La dimension mythologique est omniprésente, mais jamais plaquée. Makemake, divinité créatrice dans la culture Rapa Nui, devient ici une métaphore puissante : celle d’une intelligence qui naît en périphérie, loin des systèmes dominants, loin de la lumière aveuglante. MK2 parle de souveraineté intérieure, de création sans permission, de fertilité mentale dans un monde saturé d’algorithmes et de centres imposés.
Musicalement, Kris Vango joue sur les contrastes. Le beat reste minimaliste, presque ascétique, laissant respirer les espaces entre les sons. Les nappes électroniques semblent captées ailleurs, comme si elles avaient été enregistrées dans un temple abandonné ou un satellite oublié. On ressent cette obsession pour l’entre-deux : entre cosmos et psyché, entre logos et mythos, entre matière et intuition.
Ce morceau ne cherche pas à accompagner un moment précis de la journée. Il exige une disponibilité, une écoute active. MK2 fonctionne comme une initiation lente, un rappel que la création véritable n’est pas toujours spectaculaire, mais souvent marginale, silencieuse, obstinée.
Avec MK2, Kris Vango confirme une chose essentielle : le rap conscient n’a pas besoin de rester ancré au bitume pour parler du réel. Il peut aussi lever les yeux, quitter l’orbite terrestre, et nous rappeler que les véritables révolutions naissent souvent très loin du centre.
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janvier 27, 2026LIKE ME ne demande pas l’approbation : Adetola l’éteint, la regarde s’effondrer, puis avance seule dans la pénombre.
Il y a, dans LIKE ME, une froideur assumée, presque clinique. Pas celle qui cherche à provoquer gratuitement, mais celle qui naît quand on cesse définitivement de vouloir être aimé pour devenir simplement indiscutable. Adetola signe ici un morceau qui ne cherche ni l’adhésion immédiate ni la séduction. Il observe, tranche, puis se retire. Une posture rare dans un rap souvent saturé de démonstrations et de demandes déguisées.
Le titre repose sur une production minimaliste, volontairement dépouillée. Les 808 sont lourdes, lentes, presque étouffantes, comme si elles occupaient tout l’espace mental. Les nappes sombres glissent en arrière-plan, laissant un vide calculé, un silence tendu où chaque mot résonne davantage. Rien n’est là pour rassurer. Tout est pensé pour installer une distance, une zone de contrôle où Adetola impose son rythme et son regard.
Le hook agit comme un pivot conceptuel. Là où l’expression “they like me” pourrait évoquer reconnaissance ou validation sociale, LIKE ME inverse totalement la logique. Le morceau ne célèbre pas le fait d’être apprécié, il le rejette frontalement. Cette négation devient une force. Une manière de dire que la confiance la plus solide est celle qui n’a plus besoin d’écho. Adetola ne s’adresse pas à une foule, elle se parle à elle-même, et cette introspection glacée devient paradoxalement universelle.
Vocalement, le morceau frappe par sa retenue. Pas de cris, pas d’effets excessifs. La voix reste droite, presque détachée, comme si chaque phrase était pesée avant d’être lâchée. Cette économie d’émotion apparente renforce la tension. On sent une rage contenue, une assurance forgée dans le silence plutôt que dans la confrontation directe. LIKE ME ne menace pas, il constate.
Ce qui rend le titre particulièrement marquant, c’est sa capacité à transformer le dark en posture élégante. La noirceur ici n’est pas décorative, elle est identitaire. Elle reflète une évolution artistique claire : moins d’explication, plus d’intention. Adetola semble entrer dans une phase où chaque morceau agit comme une déclaration stratégique, un pas précis dans une trajectoire maîtrisée.
Le morceau fonctionne aussi comme une bande-son nocturne, taillée pour les heures où l’on observe plus qu’on ne parle. Il évoque les moments de recul, ceux où l’on décide de ne plus négocier sa valeur. LIKE ME s’inscrit parfaitement dans cette esthétique contemporaine où le rap devient autant une affirmation stylistique qu’un état d’esprit.
En refusant la validation extérieure, Adetola touche à quelque chose de profondément actuel. Une fatigue collective face au regard constant, à l’évaluation permanente, aux chiffres comme mesure de l’existence. LIKE ME n’est pas un rejet du monde, mais une redéfinition du centre de gravité. Ici, il est intérieur, inébranlable, froid si nécessaire.
Avec ce titre, Adetola ne cherche pas à plaire. Elle construit. Elle pose les bases d’un langage plus tranchant, plus resserré, où chaque silence compte autant que les mots. LIKE ME marque un moment de bascule : celui où la confiance cesse d’être bruyante pour devenir définitive. Une œuvre sombre, maîtrisée, et profondément affirmée.
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janvier 27, 2026Kingdom Come ne motive pas : il ordonne. Et une fois lancé, impossible de faire marche arrière.
Il y a des morceaux qui accompagnent l’effort, et puis il y a ceux qui le provoquent. Kingdom Come appartient à cette seconde catégorie, brutale et rare. Dès les premières secondes, quelque chose se referme autour de l’auditeur. Pas une ambiance, mais une arène. Le titre ne cherche pas l’adhésion douce, il impose un cadre mental : ici, on avance ou on cède.
À la manœuvre, Joznez, producteur habitué aux formats XXL, compose une architecture sonore qui emprunte autant au rap qu’au cinéma épique. Les percussions frappent comme des battements de cœur sous adrénaline, la basse creuse un sillon obstiné, et les chœurs surgissent avec cette solennité presque religieuse qui transforme chaque mesure en serment. Rien n’est décoratif. Tout est fonctionnel. Tout pousse vers l’avant.
Mais Kingdom Come ne serait qu’un mur sonore sans le contraste glacial de Freya. Son violon arrive comme une rafale d’air froid, tranchante, souveraine. Il ne caresse jamais. Il tranche, il élève, il impose une noblesse presque guerrière à l’ensemble. Ce dialogue entre la violence rythmique et la pureté mélodique crée une tension fascinante, un équilibre instable entre instinct et discipline.
La dimension cinématographique se renforce avec l’intervention de Schepetkov, dont l’écriture orchestrale donne au morceau une ampleur quasi mythologique. On n’écoute plus seulement un titre de rap, on traverse une scène. Une montée. Un rite de passage. Chaque transition semble pensée pour accompagner un moment décisif, celui où le doute est censé disparaître.
Et puis il y a la voix. Celle de Kataem, tendue, agressive, volontairement sans filtre. Son flow ne raconte pas, il commande. Il agit comme une voix intérieure, celle qui refuse l’abandon, celle qui répète que renoncer n’est pas une option. Ici, le rap n’est pas introspectif, il est performatif. Il transforme l’écoute en action.
Ce qui frappe dans Kingdom Come, c’est sa cohérence totale. Chaque élément sert un seul objectif : créer un état mental. Le morceau n’essaie pas de séduire par la subtilité ou l’ironie. Il assume une frontalité presque archaïque, une vision du dépassement de soi qui flirte avec le symbolique. Le royaume promis n’est pas géographique, il est intérieur. Il se gagne par la répétition, la douleur, la persévérance.
On pourrait parler de track de sport, mais ce serait réducteur. Kingdom Come fonctionne aussi comme une bande-son existentielle pour celles et ceux qui vivent chaque étape comme un combat. Il parle à la volonté brute, à ce moment précis où l’on décide qui l’on est, sans témoin, sans applaudissements.
Avec ce morceau, Joznez et ses alliés signent un manifeste sonore. Une œuvre qui ne cherche pas à plaire, mais à transformer. Une musique qui ne demande pas l’écoute passive, mais l’engagement total. Kingdom Come n’est pas une promesse. C’est une injonction. Et une fois qu’elle résonne, il ne reste qu’une option : aller jusqu’au bout.
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janvier 27, 2026HOAN n’attend pas que la fête commence : Kaution appuie sur l’accélérateur et transforme la soirée en dérapage contrôlé.
La sensation arrive avant même de pouvoir la nommer. Une montée d’énergie brute, presque physique, comme si le morceau refusait de rester sagement dans les enceintes. HOAN (Hell Of A Night) fonctionne comme une impulsion immédiate, une invitation à lâcher prise sans calcul, à vivre l’instant jusqu’à l’excès assumé. Rien ici ne cherche la demi-mesure : le titre est pensé pour embraser, pour contaminer l’espace, pour imposer son rythme.
Chez Kaution, la fusion des genres n’est pas un gimmick. Elle devient une méthode. HOAN mélange rap frontal, guitares rock nerveuses, touches country et énergie quasi stadium sans jamais perdre le fil. Le morceau avance comme une succession de virages serrés, alternant phases de tension et explosions libératrices. La batterie cogne, les riffs claquent, et la structure refuse la monotonie. Tout est conçu pour maintenir l’auditeur en mouvement.
Ce qui rend HOAN particulièrement intéressant, c’est sa construction hybride. Le rap ne domine pas, il dialogue. Les couplets s’ancrent dans une diction assurée, solide, pendant que les refrains ouvrent l’espace, presque chantés, portés par une mélodie fédératrice. Les solos de guitare arrivent sans prévenir, non comme des démonstrations techniques, mais comme des respirations électriques, rappelant que le morceau puise autant dans la culture rock que dans l’ADN hip-hop.
L’usage assumé de l’intelligence artificielle dans le processus de création ajoute une couche supplémentaire à la lecture du titre. Non pas comme un gadget futuriste, mais comme un outil d’amplification. Les textures sonores gagnent en densité, les transitions deviennent plus fluides, et l’ensemble conserve pourtant une énergie très humaine. HOAN ne sonne pas froid ou calculé : il déborde, il transpire, il vit. L’IA ne remplace rien, elle accentue, elle prolonge, elle démultiplie.
Sur le fond, HOAN n’essaie pas de raconter une grande morale. Il capte un état d’esprit. Celui des nuits trop longues, des décisions prises sur un coup de tête, de cette envie irrépressible de faire taire le quotidien pour quelques heures. Le morceau assume sa fonction hédoniste, mais sans superficialité. Il y a une maîtrise derrière cette débauche d’énergie, une conscience claire de l’impact recherché.
La force de Kaution réside dans cette capacité à rendre crédible un mélange souvent casse-gueule. Le country rap ici n’est pas une caricature folklorique, mais une extension naturelle d’un vécu et d’une culture musicale large. Le morceau parle autant aux amateurs de rap qu’aux fans de rock ou de sons plus roots. Il rassemble sans lisser, fédère sans s’excuser.
HOAN (Hell Of A Night) laisse une impression durable parce qu’il ne triche pas. Il ne promet pas une nuit parfaite, mais une nuit intense. Une bande-son pour ceux qui veulent ressentir quelque chose, fort, tout de suite. Kaution signe ici un titre explosif, pensé pour les corps autant que pour les enceintes, et prouve qu’on peut encore faire de la musique festive sans la vider de sa personnalité.
Une nuit peut tout changer. HOAN en est la preuve sonore.
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janvier 27, 2026ANTIFA n’est pas un slogan scandé à la légère : c’est une ligne tracée au sol, un refus net, un battement sec qui appelle à rester debout.
Impossible d’aborder ANTIFA comme un simple morceau de rap. L’écoute provoque une réaction presque réflexe : redresser la posture, tendre l’oreille, accepter l’inconfort. John Brown ne compose pas ici pour accompagner un quotidien distrait, mais pour le percuter. Le titre agit comme un signal d’alarme, volontairement brut, sans détour ni ambivalence.
Chez John Brown, le boom bap redevient un outil politique au sens premier. La production, auto-gérée, refuse toute modernisation cosmétique. Le beat est sec, frontal, presque militaire dans sa rigueur. Les kicks frappent comme des coups de marteau, la boucle tourne sans chercher à séduire. Ce minimalisme assumé laisse toute la place au verbe, au message, à l’urgence.
La voix arrive sans préambule. Pas de mise en scène, pas de storytelling périphérique. John Brown rappe comme on prend position. Le flow est droit, appuyé, parfois presque scandé, rappelant les heures les plus militantes du rap américain. Ici, la colère n’est pas esthétique, elle est fonctionnelle. Elle sert à nommer, à désigner, à dénoncer. Le morceau s’attaque frontalement à l’autoritarisme, à ses symboles, à ses glissements insidieux. Rien n’est suggéré, tout est assumé.
Ce qui frappe, c’est la gravité du ton. ANTIFA ne joue pas la provocation gratuite. Il ne cherche pas à choquer pour exister. Il s’inscrit dans une tradition ancienne du hip-hop comme espace de résistance, comme outil de contre-discours. Le refrain agit comme un mantra guerrier, presque martial, répétitif à dessein. Cette répétition n’a rien d’ornemental : elle sert à ancrer le message, à le rendre mémorisable, transmissible.
Musicalement, le choix du boom bap classique n’est pas nostalgique. Il est stratégique. En revenant à une forme dépouillée, John Brown rappelle que le rap peut encore être un espace de confrontation directe, sans filtre algorithmique, sans esthétique édulcorée. Le morceau sonne presque hors du temps, précisément parce que le sujet, lui, revient cycliquement. L’Histoire bégaie, ANTIFA la regarde droit dans les yeux.
Il y a aussi quelque chose de volontairement inconfortable dans cette écoute. Le morceau ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il divise, il tranche, il oblige à se positionner. Et c’est là que réside sa force. ANTIFA n’est pas conçu pour être consensuel, mais pour rappeler que certaines lignes ne devraient jamais devenir floues.
John Brown ne prétend pas offrir une solution miracle. Il propose un rappel. Une mémoire active. Un refus de la normalisation de la violence politique. En ce sens, le morceau fonctionne autant comme un cri que comme un acte de vigilance. Il s’écoute comme on lit un tract, mais avec le poids émotionnel du son, du rythme, de la voix.
ANTIFA laisse une trace parce qu’il ne cherche pas à arrondir les angles. Un rap sans confort, sans posture marketing, qui remet le militantisme au centre de la forme. John Brown signe ici un titre tendu, radical, nécessaire pour qui considère encore le hip-hop comme un art vivant, capable de répondre frontalement au réel. Une pièce qui dérange, et qui, précisément pour cela, compte.
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janvier 26, 2026« PTSD » n’est pas un titre qu’on écoute : c’est une alerte qui reste allumée, même quand l’écran devient noir.
Dès les premières images, le clip de PTSD annonce la couleur. Rien de décoratif, rien de spectaculaire. Juste une tension continue, presque oppressante, qui colle à la peau comme une sueur froide. Le morceau ne cherche pas à raconter une histoire avec début et fin : il documente un état. Celui d’un esprit sous pression permanente, incapable de relâcher, même à l’arrêt.
La collaboration entre HLD et DVGZ trouve ici une forme d’évidence presque inquiétante. La production est sèche, compacte, construite comme un bloc. Les basses ne grondent pas pour impressionner, elles enferment. Le beat avance sans respiration inutile, comme un mécanisme mental qui tourne en boucle. Tout est pensé pour maintenir la pression, jamais pour l’évacuer.
HLD entre dans ce cadre sans détour. Son flow rapide, tendu, parfois presque haletant, donne l’impression d’un flot de pensées qu’on ne peut plus contenir. Chaque phrase tombe avec une urgence brute, sans recherche d’effet ou de formule mémorable. Il ne s’agit pas de punchlines, mais d’un débit continu, presque compulsif. Le rap devient un réflexe, une réaction nerveuse plus qu’une performance.
Le clip renforce cette sensation d’enfermement. Les images, sobres et directes, prolongent la musique sans la surligner. Pas de narration explicative, pas de symbolisme appuyé. On reste collé à l’artiste, à son regard, à son corps, comme pris dans une boucle visuelle qui répond à la boucle sonore. PTSD n’illustre pas le traumatisme : il le met en mouvement, il le rend palpable.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de posture héroïque. Ici, pas de glorification, pas de romantisation de la douleur. Le titre parle de stress post-traumatique au sens large : celui qui naît de l’environnement, de la répétition, de la pression sociale et mentale constante. Un PTSD urbain, diffus, qui ne vient pas d’un événement unique mais d’une accumulation silencieuse.
DVGZ joue un rôle crucial dans cette cohérence. Sa production ne cherche jamais à voler la vedette. Elle agit comme une structure mentale, un décor invisible mais omniprésent. Chaque son semble calculé pour soutenir l’état d’alerte permanent dans lequel le morceau évolue. Rien ne déborde, rien ne se relâche vraiment. Même les silences semblent tendus.
PTSD n’est pas un morceau conçu pour la légèreté ou l’évasion. C’est une pièce dense, volontairement inconfortable, qui laisse une trace après l’écoute. Le clip agit comme une extension naturelle du titre, renforçant cette impression d’immersion sans issue immédiate.
Avec PTSD, DVGZ et HLD signent une œuvre cohérente, sombre, sans concession. Un morceau-état, un clip-miroir, et la preuve que le rap peut encore être un espace de confrontation directe avec le réel, sans filtre, sans anesthésie.
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janvier 25, 2026« .Kids Next Door » sonne comme une porte entrouverte sur un quartier mental où l’ambition, la parano et le groove se croisent sans jamais se regarder.
Tout ici commence par une sensation de glissement. Rien n’attaque franchement, rien ne s’excuse non plus. .Kids Next Door avance comme une rumeur, une énergie sourde qui se propage lentement dans le corps avant même que l’on comprenne d’où elle vient. Le morceau ne réclame pas l’attention : il la capte. Une basse ralentie, presque poisseuse, installe un climat épais, tandis que le tempo semble volontairement freiné, comme si le rap lui-même refusait de courir.
Chez Doni Hex, cette approche n’a rien d’un hasard. On sent le producteur autant que le rappeur, l’architecte sonore derrière chaque décision. Le beat fonctionne comme un espace clos, dense, hypnotique, où chaque élément est découpé avec précision. L’esthétique grime et rap-pop se fond dans une ambiance chopped and screwed qui ralentit les pulsations et accentue le vertige. Tout semble légèrement désaxé, volontairement instable.
La voix de Doni Hex glisse au-dessus de cette matière sonore avec une assurance froide. Pas de démonstration inutile, pas d’esbroufe technique. Le flow est posé, presque nonchalant, mais chargé d’une tension permanente. Il y a quelque chose de menaçant dans cette retenue, comme si le morceau observait plus qu’il ne parlait. Les mots deviennent des silhouettes, des fragments d’attitude, des reflets d’un état d’esprit plus que d’un récit linéaire.
Ce qui rend .Kids Next Door particulièrement intrigant, c’est son rapport à l’héritage. On y perçoit l’écho des anthems compétitifs du rap, ces morceaux faits pour imposer une présence, mais ici tout est ralenti, déconstruit, rendu plus trouble. L’« ante up » évoqué n’est plus un cri de guerre collectif, mais une injonction murmurée, presque intérieure. Une ambition qui ne s’exhibe pas, mais qui s’installe.
L’ambiance dite « beach rap » chère à Doni Hex se manifeste ici de manière détournée. Pas de soleil évident, pas de légèreté immédiate. Plutôt une chaleur lourde, nocturne, une moiteur urbaine qui colle à la peau. La production crée un espace mental où l’on se sent à la fois en contrôle et constamment sur le fil. Un équilibre précaire entre assurance et malaise.
.Kids Next Door n’est pas un morceau conçu pour l’écoute distraite. Il demande qu’on accepte son tempo, son opacité, sa lente dérive. Une fois entré dans sa logique, le titre agit comme une boucle mentale, un mantra sombre qui continue de résonner après la dernière mesure. Doni Hex ne cherche pas à séduire immédiatement : il construit un territoire. Et dans ce territoire, le rap devient une atmosphère, une posture, presque une menace silencieuse.
Un titre dense, conceptuel, qui confirme Doni Hex comme un artisan de zones grises, là où le rap ne se contente plus de frapper, mais installe une présence durable.
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janvier 25, 2026« Sabor » glisse dans la nuit comme un souvenir qui refuse de se taire, laissant sur la langue un goût persistant de manque et de désir.
Il y a des titres qui s’écoutent, et d’autres qui s’installent. Sabor appartient clairement à la seconde catégorie. Le morceau ne cherche pas l’impact frontal ni la démonstration technique immédiate : il préfère la lente imprégnation, cette manière presque sournoise de s’infiltrer dans l’esprit, de s’y déposer doucement, jusqu’à devenir une présence familière. Dès les premières mesures, quelque chose se met en place : un climat feutré, une nuit calme mais chargée, un espace intime où chaque détail compte.
Chez Guimas, la trap n’est jamais réduite à un simple format. Elle devient un terrain émotionnel, un prolongement direct de l’état intérieur. La production, propre et aérienne, avance à tempo moyen, laissant respirer les silences autant que les notes. Les textures sont douces, presque brumeuses, dessinant un décor nocturne où la mélancolie ne pèse pas, mais flotte. Rien n’est surchargé : chaque élément semble posé là pour accompagner une sensation précise.
La voix, au cœur du morceau, adopte une approche mélodique assumée. Elle ne force rien, ne surjoue jamais la douleur. Elle raconte la saudade, le désir, les souvenirs d’une relation passée avec une retenue qui touche juste. On sent l’émotion contenue, cette nostalgie qui n’explose pas mais qui revient par vagues, surtout quand le refrain s’installe. Celui-ci agit comme un point d’ancrage : enveloppant, immédiatement mémorisable, presque hypnotique. Un refrain qu’on se surprend à murmurer plus tard, sans s’en rendre compte.
Ce qui rend Sabor particulièrement efficace, c’est sa capacité à conjuguer accessibilité et sincérité. Le morceau pourrait facilement trouver sa place dans des playlists chill ou late night, mais il conserve une vraie profondeur émotionnelle. On perçoit six années de grind, d’évolution, de recherche personnelle dans cette manière de poser la voix, de choisir les mots, de laisser la musique parler autant que le texte. Guimas ne cherche pas à impressionner : il cherche à connecter.
L’esthétique cloud hop et emo hip-hop affleure sans jamais devenir caricaturale. Il y a une vraie maturité dans l’approche, une compréhension fine de ce que peut être une trap émotionnelle aujourd’hui : moins démonstrative, plus introspective, tournée vers l’atmosphère plutôt que la punchline. Sabor n’est pas un cri, c’est un murmure prolongé, celui qu’on entend surtout quand tout le reste se tait.
On imagine ce morceau tourner tard, fenêtres entrouvertes, casque sur les oreilles, quand la ville ralentit et que les pensées prennent plus de place. Une bande-son pour les moments suspendus, pour les souvenirs qui reviennent sans prévenir. Avec Sabor, Guimas signe un titre sensible, maîtrisé, profondément nocturne — une preuve que la trap peut encore être un lieu d’émotion pure, sans artifices, sans bruit inutile.
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janvier 25, 2026PLYMOUTH 2 sonne comme un moteur qu’on démarre à 3h du matin, sans destination précise, juste pour sentir le monde vibrer sous la tôle.
Dès les premières secondes, PLYMOUTH 2 impose une atmosphère. Pas une ambiance vague ou décorative, mais un espace mental lourd, saturé, presque toxique. Le morceau ne cherche pas à installer un cadre rassurant : il t’embarque dans un flux. Une ligne droite nocturne, éclairée par des néons fatigués, où le son devient une matière physique. Ici, la basse ne soutient pas, elle écrase. Les 808 descendent bas, très bas, jusqu’à transformer l’écoute en sensation corporelle.
Chez MOTOR SANTO, le phonk n’est pas un simple revival esthétique. Il est traité comme une langue brute, presque industrielle, nourrie par l’héritage Memphis mais injectée d’une nervosité contemporaine. Le groove est sale, granuleux, volontairement instable. Rien ne cherche à être poli. Les textures glitchées, les respirations mécaniques, les ruptures rythmiques créent une tension continue, comme si le morceau pouvait dérailler à tout moment — et c’est précisément ce risque permanent qui le rend hypnotique.
Ce qui distingue PLYMOUTH 2, c’est cette collision inattendue entre cultures sonores. Les cuivres brésiliens et balkaniques surgissent comme des éclats métalliques, tranchants, presque agressifs, venant fendre la masse grave. Ce ne sont pas des ornements exotiques : ce sont des coups de lame dans le mix, des signaux d’alerte qui empêchent le morceau de sombrer dans la monotonie. Chaque apparition relance l’attention, perturbe la trajectoire, ajoute une couche de tension supplémentaire.
La voix masculine, sombre, presque fantomatique, agit comme un narrateur désincarné. Elle ne raconte pas une histoire linéaire, elle suggère un état. Un rapport au monde désaxé, nocturne, où l’humain semble dialoguer avec la machine. L’anglais et le portugais se croisent sans chercher à se traduire, renforçant cette sensation d’errance globale, de territoire sans frontières fixes.
Musicalement, PLYMOUTH 2 fonctionne comme un rituel. La répétition n’est pas un défaut, elle est une arme. Elle enferme l’auditeur dans une boucle mentale, un cycle hypnotique qui rappelle autant les parkings vides que les clubs enfumés. On n’écoute pas ce morceau pour réfléchir calmement : on le traverse, on le subit, on s’y abandonne.
Il y a dans cette proposition une vraie cohérence esthétique. MOTOR SANTO ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est précisément ce qui fait la force du titre. PLYMOUTH 2 assume son obscurité, son poids, sa violence contenue. Un morceau taillé pour les systèmes qui tremblent, pour les écoutes nocturnes, pour les moments où le son devient un refuge brutal.
Une pièce trap-phonk dense, sans compromis, qui confirme MOTOR SANTO comme un artisan de la tension sonore. Pas un simple track de playlist, mais une expérience à part entière, à vivre fort, très fort.
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janvier 25, 2026Dans « Losing Control », Ka$h Route ne lâche rien : il accélère, il provoque, il danse au bord du débordement et invite l’auditeur à suivre.
Tout démarre sur une impulsion immédiate. Pas le temps de s’installer confortablement : le beat cogne, l’espace stéréo s’ouvre, et l’énergie prend le pouvoir. Losing Control fonctionne comme une montée d’adrénaline maîtrisée, un morceau qui joue avec l’idée du chaos sans jamais perdre le volant. Ici, le contrôle n’est pas abandonné, il est déplacé — remis entre les mains du rythme, du groove, de l’instinct.
Chez Ka$h Route, le rap s’inscrit dans une tradition consciente, mais refuse la gravité pesante. Les couplets claquent avec une diction nette, assurée, portée par une écriture qui oscille entre affirmation personnelle et tension mentale. Le flow est frontal, mais jamais rigide. Il épouse la pulsation, joue avec elle, comme si chaque mesure était un terrain de jeu autant qu’un champ de bataille intérieur.
Le refrain agit comme un contrepoint sensuel. La voix féminine apporte une respiration, presque un vertige, qui transforme la pression en mouvement. Ce contraste est l’un des grands atouts du morceau : là où les couplets serrent les mâchoires, le hook relâche les épaules. On passe de la confrontation à la séduction, de la lutte à l’abandon, sans rupture artificielle. Tout circule.
Musicalement, Losing Control s’inscrit dans une esthétique rap-pop parfaitement calibrée pour aujourd’hui. Le beat est dense, percutant, mais jamais saturé. Chaque élément trouve sa place, laissant suffisamment d’espace pour que la voix reste au centre du dispositif. La production sait être efficace sans devenir anonyme, énergique sans écraser la nuance. C’est précisément cette maîtrise qui rend le morceau radio-friendly sans le vider de sa substance.
Mais derrière l’efficacité, il y a autre chose. Une volonté de parler à l’auditeur dans un langage direct, presque complice. Losing Control n’est pas un simple banger destiné à faire hocher la tête. Il raconte aussi cette envie de lâcher prise, de s’autoriser l’excès, le mouvement, la joie brute, dans un monde qui exige en permanence la maîtrise de soi. Le morceau devient alors un espace de permission.
On l’imagine très bien tourner en boucle, tard le soir ou juste avant de sortir, volume un peu trop fort, comme un déclencheur d’énergie. Un titre qui ne demande pas à être analysé pour fonctionner, mais qui gagne en relief dès qu’on prête attention à ses détails.
Avec Losing Control, Ka$h Route confirme sa capacité à conjuguer impact immédiat et fond conscient, plaisir et intention. Un morceau taillé pour les playlists, oui, mais surtout pour ces moments où l’on décide, enfin, de ne plus retenir l’élan.
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janvier 25, 2026La Monday Playlist #6 débarque comme un café bien serré pour les oreilles. Un shoot sonore pour relancer la machine, remettre du rythme dans ce lundi qui traîne un peu les pieds. Ici, pas de drama : juste des tracks choisis pour faire circuler l’énergie, réveiller les neurones et donner une impulsion nette à la semaine.
Tu appuies sur play, ça démarre doucement ou ça frappe direct, mais ça avance. Parfait pour transformer le lundi en point de départ plutôt qu’en frein.
Rayno – Lexus
Tammy Campbell Brooks – Ready to Live
Wise Divaz – Work It Out
hot beige x baegal x Barrett Staples – Temporary queen
Solamour – Tarée
Sofro – Artÿ
Louhibou – Joli Cœur
Lucas Valiante – siren.
Maë – Je te fuis
bkena – Been A While
LAVIEN – Nobody
Remyano – Underwater
Robin Soho – Bisschen in Love
Bobby JaGGerJacK – I Regret It
Joey Larsé – Mocassin à gland
ConCee – Ain’t got you
Yekima De Bel Art – On avance (Striatum)
Jah Gordy – Here Tonight
light:house – Your Mouth Writing Checks
EZHK – One More Shot
DJ SuziQ – I Know I Know
Kozlow – Bark (from « Pleasure Pack vol. 1 » compilation)
VmanicV – VVITCH
Calisienne – LA 2 Paris
SteF – I love my Club
2And – Ritual Pulse
Lupus J. – The love its the way
JackEL – CLOSER
Errol Eats Everything – Round N Round ft. Rome Streetz (Statik Selektah RMX)
king Gret – Pressure
V The Saint – Doley
ODYSSEY 696 – Fumando O.D.O.E.
Tone D. -Your opinion
XPLICIT – SAVOR THIS MOMENT
DJ Raw B – Throw Money at the D.J.
Toneyboi – Momma Says Move Weight
Black Dibal – Last
Simon Jaglom – Airplane Mode
GoldCry – Save Yourself (Stabbing Westward Cover)
CGMB – ruminate.
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janvier 24, 2026Ce morceau ne cherche pas la lumière, mais l’équilibre, et transforme la part sombre en force motrice plutôt qu’en menace.
Chez JESUS THE APOLLO, la musique ne sert jamais de décor. Elle agit comme un rituel. IRV! (Symphony of The Shadow Self) s’écoute comme on entrerait dans un sanctuaire inversé, un lieu où l’on ne vient pas se purifier mais se reconnaître. Dès les premières secondes, le morceau impose une sensation étrange : celle d’un basculement. Rien n’est frontal, rien n’est rassurant, mais tout est maîtrisé, pensé, presque architecturé autour d’une idée centrale : l’ombre n’est pas un ennemi, c’est un partenaire silencieux.
La construction du morceau évoque moins la chanson que la forme symphonique éclatée. Les nappes, les tensions harmoniques, les silences chargés de sens donnent l’impression d’un mouvement perpétuel, comme si la musique avançait sur plusieurs plans à la fois. JESUS THE APOLLO joue avec la perception : le grave attire, le médium installe le doute, l’aigu semble flotter dans un ailleurs presque métaphysique. Rien n’est décoratif. Chaque son paraît répondre à une nécessité intérieure.
Le traitement vocal, élément central de IRV!, agit comme une incarnation directe du concept. Les effets de pitch ne cherchent pas l’étrangeté gratuite : ils matérialisent un autre niveau de conscience. Cette voix déformée n’est pas monstrueuse, elle est primitive, enfantine, parfois même fragile. Elle rappelle que le shadow self n’est pas une figure démoniaque mais une mémoire enfouie, une version de soi que l’on a cessé d’écouter. En cela, le morceau dialogue autant avec les traditions bouddhistes qu’avec une certaine lecture spirituelle du cinéma d’horreur : regarder la peur en face pour comprendre ce qu’elle révèle.
Musicalement, la référence au classique ne passe pas par la citation, mais par la structure. IRV! fonctionne comme une symphonie intérieure où les thèmes se répondent, se transforment, se contredisent parfois. Le morceau ne cherche pas la résolution. Il préfère la tension permanente, l’orbite, cette idée de mouvement circulaire chère aux philosophies gnostiques et cosmiques évoquées par l’artiste. Soleil et lune, haut et bas, conscient et inconscient : tout cohabite sans hiérarchie.
Ce qui rend IRV! (Symphony of The Shadow Self) si singulier, c’est son refus de la narration classique. Il n’y a pas d’histoire à suivre, mais une expérience à traverser. On n’en ressort pas apaisé, mais déplacé, comme après une longue conversation avec soi-même où certaines réponses restent volontairement floues. JESUS THE APOLLO signe ici un morceau qui ne cherche ni l’adhésion immédiate ni le confort d’écoute, mais une forme d’alignement intérieur.
Ce n’est pas un titre à consommer, c’est un miroir à accepter. Un rappel que l’ombre, loin de nous ralentir, peut devenir ce copilote invisible qui nous aide à naviguer dans le chaos du monde — à condition d’oser lui laisser le volant, ne serait-ce qu’un instant.
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janvier 23, 2026La vraie question n’est jamais celle de l’ascension, mais de savoir qui reste quand l’altitude devient vertige.
Il y a dans All the Way Down une lourdeur douce, une gravité émotionnelle qui ne cherche pas l’esbroufe. Aka Arjay signe ici un morceau qui regarde le succès droit dans les yeux, non pas pour le célébrer, mais pour l’interroger. Le titre s’installe dans un R&B contemporain teinté de rap, mais refuse le clinquant. La production est contenue, presque introspective, laissant l’espace nécessaire à une question simple et brutale : l’amour et le soutien survivent-ils à la chute ?
Dès l’entrée en matière, la voix d’Arjay agit comme un fil narratif tendu entre deux états. Elle est mélodique sans être enjôleuse, chargée d’une fatigue lucide, celle de quelqu’un qui a déjà compris que les applaudissements sont souvent conditionnels. Les harmonies glissent, s’enroulent autour d’un beat mesuré, jamais pressé, comme si le morceau lui-même refusait de courir vers un climax artificiel. Tout ici respire la retenue, le recul, presque la méfiance.
Puis arrive le moment charnière. Le morceau bascule subtilement quand Cool Nutz entre en scène. Son couplet n’est pas une démonstration de force, mais une mise à nu rugueuse. Le rap tranche avec la douceur d’Arjay, non pour la contredire, mais pour la compléter. Là où le chant questionne, le rap affirme une vérité apprise à la dure : le chemin vers le haut est souvent pavé de promesses, celui vers le bas de silences.
Ce dialogue entre les deux voix donne toute sa profondeur au titre. All the Way Down ne parle pas seulement de carrière ou de reconnaissance publique. Il touche à quelque chose de plus universel : la peur de devenir invisible une fois la lumière éteinte. Musicalement, cette tension se traduit par une construction qui privilégie l’atmosphère à l’impact immédiat. Les textures restent chaudes, presque enveloppantes, mais une mélancolie persistante s’infiltre, comme un doute qu’on n’arrive pas à chasser.
À l’écoute, je me suis surpris à y projeter des scènes très personnelles : ces moments où l’on réalise que certaines présences étaient liées à une trajectoire ascendante, pas à la personne elle-même. C’est là que le morceau touche juste. Il ne moralise pas, il constate. Il n’accuse pas, il observe. Et c’est précisément cette posture qui lui donne une force durable.
Aka Arjay confirme ici sa capacité à élever le hip-hop West Coast vers des territoires plus émotionnels, plus nuancés, sans renier l’héritage. All the Way Down n’est pas un hymne, ni une confession spectaculaire. C’est une conversation intérieure mise en musique, un miroir tendu à celles et ceux qui savent que la loyauté ne se mesure pas au sommet, mais dans la descente. Une pièce sobre, honnête, qui reste en tête non par son volume, mais par sa vérité.
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janvier 19, 2026No Better circule comme une bonne nouvelle qu’on n’attendait plus : celle d’un corps qui se remet en marche, d’un esprit qui choisit la gratitude plutôt que le cynisme, d’un groove qui remet les pendules à l’heure sans jamais donner de leçon.
Tout part du rythme. Un rythme qui ne demande pas la permission, qui arrive déjà en train de sourire. No Better ne cherche pas à impressionner par la complexité, mais par l’évidence. Celle d’un morceau qui comprend parfaitement sa mission : remettre de la joie dans la mécanique quotidienne, sans naïveté, sans sucre ajouté. Juste ce qu’il faut de swing pour rappeler que bouger est parfois un acte de résistance.
James Gardin avance ici avec l’assurance tranquille de ceux qui ont vécu assez longtemps pour ne plus courir après la validation. Vingt ans de carrière, des scènes grandes et petites, des placements à l’écran, des collaborations en pagaille : tout cela s’entend, mais ne s’exhibe jamais. No Better sonne comme un résumé implicite de ce parcours. Pas de revanche, pas de posture. Juste la certitude qu’il n’y a rien de mieux que d’être présent, pleinement, là où l’on est.
La production, portée par un groove funk lumineux, flirte avec une pop rap moderne et musclée. On pense à cette école américaine où le hip-hop a appris à sourire sans perdre sa crédibilité. La basse rebondit, les cuivres suggérés donnent de l’air, la batterie pousse sans écraser. Tout est pensé pour le mouvement : celui du corps, mais aussi celui de l’humeur. Impossible de rester immobile trop longtemps. No Better agit comme un café bien dosé, sans nervosité, mais avec un vrai effet.
Ce qui distingue le morceau, c’est son énergie profondément bienveillante. La gratitude y est centrale, mais jamais moralisatrice. Gardin ne prêche pas, il partage. Il parle de se montrer à la hauteur de soi-même, non pas pour écraser les autres, mais pour honorer le chemin parcouru. Une philosophie simple, presque désarmante, qui tranche avec l’obsession actuelle pour la performance et la comparaison permanente.
Vocalement, le flow reste souple, aérien, porté par une diction claire qui laisse respirer les mots. Le chant et le rap s’entrelacent sans friction, comme deux prolongements naturels d’une même intention. On sent l’influence du funk contemporain, cette manière d’installer une énergie collective sans jamais hausser le ton. No Better ne s’impose pas, il invite.
Le morceau fonctionne aussi par sa sincérité. Il ne cherche pas à masquer son ancrage spirituel, mais l’intègre comme une force discrète, un socle. La foi ici n’est pas un slogan, mais une impulsion intérieure, une boussole. Cela donne au titre une profondeur supplémentaire, presque imperceptible à la première écoute, mais qui s’installe durablement.
No Better trouve naturellement sa place dans ces moments précis de la journée où tout peut encore basculer du bon côté : le matin, avant que le monde ne s’emballe, ou juste avant de sortir, quand on décide de l’énergie qu’on va emporter avec soi. James Gardin signe un morceau qui ne promet pas des lendemains parfaits, mais qui rappelle une chose essentielle : parfois, il n’y a vraiment rien de mieux que d’être en mouvement, ensemble, ici et maintenant.
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janvier 19, 2026Dans PEAKY BLINDERS, l’air semble plus lourd, comme avant un face-à-face. Tout est question de posture, de tension retenue, de respect qui ne se demande pas mais se constate. Le morceau avance sans détour, épaules droites, nourri par un imaginaire de rue qui préfère l’attitude au bavardage, la présence au bruit.
Dès les premières secondes, PEAKY BLINDERS installe son décor. Une production sombre, ramassée, presque cinématographique, qui évoque moins l’esbroufe trap que le silence d’une ruelle juste avant l’explosion. Les basses sont sèches, précises, jamais gratuites. Elles frappent comme des pas sur le béton. Le tempo ne cherche pas la frénésie : il impose une marche, une cadence, une discipline.
Edo pose sa voix avec une assurance qui ne s’apprend pas. On sent le freestyle d’origine, cette capacité à entrer dans un beat comme on entre dans un combat, sans hésitation. Le flow est direct, sans fioritures, mais chargé d’une densité émotionnelle discrète. Ici, pas de morale appuyée, pas de storytelling démonstratif. Le texte parle de famille, de détermination, de respect, mais surtout de lignes à ne pas franchir. C’est un rap de principes, pas de slogans.
Kevin agit comme un miroir, un renfort, jamais comme un ornement. Leur dynamique repose sur l’équilibre : deux voix qui se complètent sans se marcher dessus, deux présences qui renforcent le climat de tension. L’italien, loin d’être une barrière, ajoute une musicalité brute, presque percussive. Même sans saisir chaque mot, l’intention passe. La langue devient matière, rythme, impact.
Ce qui frappe dans PEAKY BLINDERS, c’est cette manière d’emprunter au cinéma sans tomber dans le pastiche. L’inspiration est là, évidente, mais digérée. Le morceau ne joue pas à imiter une série ou une esthétique connue, il en extrait une philosophie : loyauté, silence, détermination froide. Le rap street retrouve ici une noblesse rugueuse, débarrassée de l’excès de posture ou de la surenchère mélodique.
La production laisse volontairement de l’espace. Chaque élément semble à sa place, comme si le vide entre les sons faisait partie intégrante du discours. Cette retenue donne au morceau une force particulière. PEAKY BLINDERS ne cherche pas à séduire immédiatement, il s’impose lentement, par répétition, par atmosphère, par cohérence.
On comprend pourquoi le titre trouve son public de manière organique. Il parle à celles et ceux qui reconnaissent la valeur du travail, de la patience, du respect gagné sur la durée. Pas un tube calibré, mais un morceau qui s’installe, qui accompagne, qui reste.
Edo et Kevin signent ici un rap de tension maîtrisée, un morceau qui ne crie jamais mais qui se fait entendre longtemps. PEAKY BLINDERS n’est pas une démonstration, c’est une ligne droite. Et elle est tenue jusqu’au bout.
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janvier 19, 2026FLOCK OUT agit comme un signal collectif : Molombo transforme l’assurance personnelle en énergie de groupe et signe un titre qui se vit à plusieurs, fort, visible et en mouvement.
Un sentiment s’impose dès les premières secondes : quelque chose se rassemble, prend forme, avance sans demander la permission. FLOCK OUT n’annonce pas une entrée en scène, il installe une présence. Une façon d’occuper l’espace qui ne repose pas sur la domination, mais sur la cohésion.
Chez Molombo, la confiance n’est jamais solitaire. Elle circule. Elle se partage. Le morceau s’organise comme un déplacement collectif, une marche synchronisée où chaque voix trouve sa place sans chercher à écraser l’autre. Le titre lui-même sonne comme un mot d’ordre : sortir ensemble, apparaître groupés, refuser l’effacement.
La production navigue avec précision entre trap et pop-rap, trouvant ce point d’équilibre rare où l’efficacité ne tue pas l’intention. Les basses sont souples mais fermes, les percussions avancent sans brutalité inutile, laissant respirer les flows. Rien n’est là pour impressionner artificiellement. Tout est pensé pour le mouvement, pour accompagner un corps qui avance, une équipe qui arrive, une confiance qui s’installe.
Ce qui frappe, c’est la gestion des présences. Chaque intervenant apporte une couleur sans briser l’unité. On n’assiste pas à une succession de performances individuelles, mais à une conversation fluide, presque fraternelle. Le rap devient ici un espace commun, un terrain d’entente où assurance rime avec stabilité émotionnelle. L’ego n’est pas effacé, il est canalisé.
L’écriture évite soigneusement le piège du bravado creux. La fierté exprimée n’est ni agressive ni défensive. Elle repose sur une forme de sécurité intérieure, presque affective. Molombo parle de loyauté, de confiance mutuelle, de certitude tranquille. Une manière subtile de rappeler que la vraie force n’est pas toujours dans le volume, mais dans la solidité du lien.
Le refrain agit comme un point de ralliement. Il s’imprime sans forcer, porté par une mélodie immédiatement lisible mais jamais simpliste. On l’imagine résonner dans des moments précis : juste avant de sortir, dans une voiture lancée de nuit, ou au cœur d’une playlist pensée pour se donner de l’élan. FLOCK OUT accompagne ces instants où l’on cesse de douter pour avancer.
En filigrane, on sent l’ADN multiple de Molombo : une sensibilité pop assumée, une base trap ancrée, et une dimension presque spirituelle dans l’intention. Ce n’est pas un simple titre de plus destiné à faire du bruit. C’est une affirmation d’état d’esprit. Une musique qui dit que la réussite peut être collective, que l’élan se partage, et que l’assurance la plus durable est souvent celle que l’on construit à plusieurs.
Avec FLOCK OUT, Molombo ne cherche pas à dominer la pièce. Il invite à la remplir ensemble. Un morceau pensé pour fédérer, avancer et rester debout, en meute.
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janvier 19, 2026Quand les lumières de la ville deviennent floues et que la nostalgie commence à parler plus fort que la raison, The Reckoning s’impose comme cette voix intérieure qu’on aurait préféré ignorer.
Tout dans The Reckoning respire l’après-coup. Pas la rupture en feu, pas le drame immédiat, mais ce moment plus trouble où l’on revient sur ses pas en sachant pertinemment que le sol ne portera plus. Callmegulliver signe ici un morceau à la frontière du rap introspectif et du R&B alternatif, un espace où la lucidité arrive toujours un peu trop tard.
La production installe d’emblée un climat nocturne, cinématographique, presque cotonneux. Les nappes sont larges, enveloppantes, comme une ville vue à travers un pare-brise mouillé. La rythmique avance sans brusquer, préférant la dérive à la démonstration. Tout semble conçu pour accompagner un mouvement intérieur plutôt qu’un format radio évident. The Reckoning n’appelle pas l’attention, il la retient.
La voix de Callmegulliver glisse sur ce décor avec une aisance mélancolique. Le flow est posé, mesuré, jamais pressé. Il ne cherche pas la performance, mais la précision émotionnelle. Chaque phrase semble pesée, comme si le narrateur revisite ses souvenirs en sachant déjà l’issue. Cette retenue donne au morceau une intensité particulière. On n’entend pas quelqu’un qui souffre dans l’instant, mais quelqu’un qui observe ses propres erreurs avec une lucidité douloureuse.
Ce qui rend The Reckoning particulièrement touchant, c’est sa manière d’aborder le regret sans romantisme excessif. Il n’y a pas de grand discours, pas de tentative de réécriture du passé. Juste l’acceptation lente que certaines histoires ne se réparent pas, même avec les meilleures intentions. Le morceau parle de tentatives de retour, de fuites géographiques, d’échappatoires temporaires. Autant de mouvements qui masquent l’évidence sans jamais la faire disparaître.
Musicalement, l’influence du R&B contemporain se fait sentir dans la sensualité feutrée des arrangements, tandis que le rap apporte cette frontalité narrative, cette capacité à dire les choses sans détour. The Reckoning trouve son équilibre précisément dans cet entre-deux. Trop introspectif pour être un simple banger, trop fluide pour rester dans la confession brute. Un morceau qui avance sur une ligne émotionnelle fine, toujours sur le fil.
Il y a aussi dans ce titre une dimension très visuelle. On imagine les trajets nocturnes, les chambres d’hôtel anonymes, les villes quittées à la hâte. La musique agit comme une bande-son intérieure, accompagnant ces moments où l’on se persuade que changer de décor suffira à régler ce qui se joue à l’intérieur. Callmegulliver ne juge pas ces tentatives. Il les raconte avec une honnêteté presque désarmante.
The Reckoning n’est pas un règlement de comptes. C’est un constat. Une reconnaissance tardive que certaines décisions laissent des traces irréversibles. En cela, le morceau s’inscrit dans une tradition de songwriting urbain introspectif qui privilégie la nuance à la posture. Callmegulliver ne cherche ni à se racheter ni à se glorifier. Il observe, il admet, il avance.
Avec The Reckoning, Callmegulliver confirme sa capacité à transformer des fragments de vie en récits universels. Un titre pour les nuits longues, les retours en arrière silencieux, et ces moments où l’on comprend enfin pourquoi certaines choses devaient rester derrière soi. Une musique qui ne promet pas la guérison, mais qui accompagne lucidement le chemin vers l’acceptation.
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janvier 19, 2026Sous les basses lustrées de Placebo, Ross Palmer cache une inquiétude persistante, comme un sourire trop bien poli pour être totalement honnête.
Quelque chose se joue immédiatement dans Placebo. Pas une simple posture trap, pas un exercice de style calibré pour l’algorithme, mais une tension constante entre affirmation et doute. Ross Palmer avance ici sur une ligne fine, celle où la confiance affichée devient presque suspecte, où chaque phrase autotunée semble se demander si elle ne sert pas surtout à masquer ce qui tremble derrière.
Musicalement, Placebo s’inscrit dans une trap nocturne, dense, synthétique, héritière autant de l’élégance sombre d’un Metro Boomin que du rebond mélodique plus joueur d’un Pi’erre Bourne. Les textures brillent, les nappes enveloppent, la rythmique frappe avec précision. Tout est en place. Trop en place, presque. Et c’est précisément cette perfection apparente qui donne au morceau son parfum étrange. Comme un médicament qui soulage sans jamais guérir.
La production, entièrement maîtrisée, crée un environnement hypnotique. Les basses sont lourdes mais propres, les synthés flottent comme une brume artificielle, et l’ensemble dégage une impression de contrôle total. Placebo pourrait facilement se contenter d’être un titre efficace pour playlists sportives ou trajets nocturnes. Mais Ross Palmer injecte une ambiguïté qui empêche l’écoute passive. Derrière le bounce, quelque chose résiste.
La voix joue un rôle central dans cette dynamique. Autotunée, malléable, elle glisse entre assurance et fragilité. Ross Palmer utilise cet outil non pas pour lisser l’émotion, mais pour la déformer légèrement, comme un miroir qui renvoie une image flatteuse mais décalée. Le flow est fluide, presque nonchalant, mais chargé d’une nervosité latente. On sent la paranoïa affleurer, la méfiance envers soi-même autant qu’envers le regard des autres.
Placebo fonctionne comme un autoportrait sous tension. Le morceau parle d’ego, de réussite, de performance, mais toujours avec une conscience aiguë de leur caractère artificiel. Le titre lui-même agit comme une clé de lecture évidente : ce qui donne l’impression de tenir debout n’est peut-être qu’un substitut. Une illusion nécessaire pour continuer à avancer, mais une illusion quand même.
Ce qui distingue Ross Palmer de beaucoup de productions trap contemporaines, c’est cette capacité à assumer le paradoxe. Il ne choisit pas entre vulnérabilité et arrogance. Il juxtapose les deux, les laisse cohabiter sans chercher à résoudre le conflit. Placebo devient alors un espace mental, un terrain de jeu psychologique où la réussite ne fait pas taire les questions, mais les amplifie.
Le morceau avance sans explosion spectaculaire, préférant une montée diffuse, presque circulaire. Rien ne déborde, mais tout insiste. Une répétition qui finit par peser, comme une pensée intrusive qui revient malgré les distractions. Cette construction renforce l’idée centrale du titre : l’effet est réel, mais la cause reste incertaine.
Avec Placebo, Ross Palmer signe un trap introspectif déguisé en banger. Une musique qui fait hocher la tête tout en semant le doute. Un titre qui brille suffisamment pour séduire, mais qui laisse volontairement apparaître ses fissures. Dans un paysage saturé de certitudes artificielles, ce choix-là sonne comme un aveu rare : parfois, la force affichée n’est qu’un traitement temporaire. Et c’est précisément ce qui rend Placebo aussi troublant que captivant.
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janvier 12, 2026Avant que la ville ne s’agite, Blue Hour existe déjà, posé quelque part entre l’ombre et la lumière, là où personne n’applaudit encore mais où tout se construit.
Il faut écouter Blue Hour comme on observe un lever du jour depuis un trottoir vide. Sans précipitation. Sans attente immédiate de récompense. Tilden Parc ne cherche pas l’impact frontal ni la punchline qui s’impose à coups de décibels. Il préfère l’endurance, la trajectoire longue, le geste répété quand personne ne regarde. Et c’est précisément là que le morceau trouve sa puissance.
Musicalement, Blue Hour repose sur une sobriété maîtrisée. Une basse synthétique héritée de la côte Ouest, lourde mais disciplinée. Des percussions retenues, jamais envahissantes. Tout est pensé pour laisser de l’espace au texte, mais aussi au silence. Ce silence-là n’est pas vide. Il est chargé. Il raconte les heures invisibles, celles où l’on doute, où l’on recommence, où l’on affine sa vision loin des projecteurs.
Le flow de Tilden Parc s’inscrit dans cette même logique. Posé, concentré, presque méditatif. Il ne force rien. Il avance à son rythme, comme quelqu’un qui sait que la vitesse n’est pas toujours synonyme de progression. Chaque phrase semble pesée, réfléchie, livrée sans surjeu. On sent l’influence du rap conscient, bien sûr, mais sans nostalgie ni mimétisme. Ici, l’héritage est assumé puis dépassé. L’inspiration devient matière personnelle.
Blue Hour parle moins de réussite que de préparation. Moins d’arrivée que de chemin. Le morceau capture cet instant fragile où tout est encore possible, mais rien n’est garanti. Cette heure bleutée devient une métaphore évidente du travail intérieur, de la discipline silencieuse, de la foi en soi quand le monde dort encore. Une foi qui ne s’exhibe pas, mais qui s’entretient dans la répétition.
Ce qui rend le titre particulièrement juste, c’est son refus du spectaculaire. Pas de refrain conçu pour exploser, pas de climax artificiel. La progression est subtile, presque imperceptible, comme un état mental qui se stabilise. Blue Hour ne cherche pas à impressionner, il cherche à durer. Et dans une époque saturée d’instantanéité, ce choix sonne presque radical.
L’esthétique globale du morceau, renforcée par son imaginaire visuel, épouse cette philosophie. Minimalisme, cadres larges, villes vides, lumière froide. Rien n’est là pour détourner l’attention du message central : la constance finit par parler d’elle-même. Le progrès ne s’annonce pas toujours. Il s’accumule.
Avec Blue Hour, Tilden Parc signe un titre qui s’adresse à celles et ceux qui construisent sans validation immédiate. Un morceau pour les heures solitaires, pour les créateurs obstinés, pour les esprits qui avancent même quand le silence semble plus fort que les encouragements. Un rap qui ne crie pas sa vérité, mais qui la répète jusqu’à ce qu’elle s’impose naturellement.
Blue Hour n’est pas une déclaration. C’est un état d’esprit. Une musique qui rappelle que certaines victoires commencent bien avant que la lumière ne change de couleur.
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janvier 7, 2026Entre mirage urbain et nostalgie détournée, Oster transforme la trap en terrain de jeu frontal et charnel.
Il y a des artistes qui arrivent avec une posture. Et puis il y a ceux qui débarquent avec une collision. Oster fait clairement partie de la seconde catégorie. Avec Trapistan et Dans la peau, il ne cherche pas à choisir entre l’efficacité contemporaine et la mémoire collective : il les superpose, sans précaution, sans excuse, avec une assurance presque provocante.
Trapistan s’impose d’emblée comme un décor. Un territoire imaginaire, brutal, presque dystopique, où la trap devient langage officiel. La prod frappe sec, lourde, compacte, pensée pour claquer dans l’habitacle d’une voiture autant que dans un club sombre. Oster ne surjoue pas la noirceur : il l’installe. Tout est tendu vers le refrain, calibré pour rester en tête sans jamais tomber dans la facilité TikTok. On sent l’expérience du producteur multi-platine, cette science du moment qui accroche l’oreille sans la caresser. Trapistan n’est pas là pour séduire, il impose sa loi.
À l’opposé apparent, Dans la peau joue une autre carte, plus dangereuse encore : celle du souvenir collectif. Reprendre un tube international des années 90 et le faire basculer dans la trap francophone, c’est marcher sur un fil. Oster s’en sort en assumant totalement le choc des époques. La mélodie familière agit comme un fantôme pop, tandis que la rythmique moderne vient la salir, la ralentir, la rendre plus physique. Ce n’est pas un hommage sage, c’est une réappropriation presque irrévérencieuse. Le morceau fonctionne parce qu’il ne cherche jamais à rassurer : il désoriente, il trouble, il force l’auditeur à accepter cette nouvelle peau.
Ce qui relie Trapistan et Dans la peau, au-delà de leurs esthétiques différentes, c’est cette obsession du corps et de l’impact. Oster produit une musique qui se ressent avant de s’analyser. Chaque basse est pensée comme une pression, chaque refrain comme un point de fixation. On sent derrière ces deux titres une volonté claire : sortir du rôle de l’architecte de l’ombre pour s’imposer comme figure centrale, capable de dialoguer avec la scène française tout en revendiquant une identité belge assumée.
Avec ce diptyque, Oster ne propose pas simplement deux morceaux. Il esquisse un manifeste : celui d’un producteur qui connaît les règles, les tord, les recycle, et les renvoie au public sous une forme plus dense, plus directe, presque viscérale. Une trap qui regarde derrière elle sans nostalgie, et devant elle sans naïveté.
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janvier 7, 2026Le titre « No Kings » ne demande pas la permission. Il surgit comme une décharge électrique dans un paysage musical souvent trop sage face au réel.
Dès les premières secondes, iies. impose un climat de tension permanente. Pas celle, confortable, du suspense scénarisé, mais une tension organique, presque physique. Le morceau avance à la vitesse d’un cœur sous adrénaline, porté par une rythmique drum & bass martelée comme une urgence vitale. Ici, la batterie ne soutient pas : elle attaque. Elle divise l’espace, force l’écoute, empêche toute consommation distraite.
Ce qui frappe immédiatement dans No Kings, c’est ce refus catégorique de la hiérarchie musicale classique. Le rap ne domine pas le rock. Le rock n’écrase pas l’électronique. Tout cohabite dans une forme de chaos maîtrisé, où chaque élément semble lutter pour exister sans jamais prendre le dessus. Les guitares distordues surgissent comme des éclats de colère brute, pendant que les lignes vocales oscillent entre spoken word tendu et rap frontal, presque incantatoire. iies. ne cherche pas la fluidité : il cherche la friction.
On sent dans cette architecture sonore une influence jazz, mais débarrassée de toute nostalgie. Pas de swing rassurant, pas de virtuosité démonstrative. Le jazz ici est un état d’esprit : celui de la liberté formelle, du refus des règles figées, de l’improvisation comme réponse politique. No Kings ne se contente pas de parler de contestation, il la pratique dans sa structure même.
Là où beaucoup de morceaux dits engagés se contentent d’un vernis militant, iies. assume une radicalité inconfortable. Le texte ne prêche pas, ne donne pas de solution clé en main. Il interroge, accuse, met en lumière les zones grises. La voix devient un outil de confrontation, parfois presque agressive, mais jamais gratuite. Chaque mot semble pesé, chargé d’une fatigue collective, d’une colère lucide, d’un besoin viscéral de rupture avec l’ordre établi.
Ce qui rend No Kings réellement marquant, c’est sa capacité à transformer la rage en mouvement. Ce n’est pas un cri figé, c’est une dynamique. Le morceau avance, chute, repart, comme une manifestation qui refuse de se disperser. On en ressort essoufflé, légèrement sonné, mais étrangement réveillé.
Dans un monde musical saturé de postures et de discours tièdes, iies. livre avec No Kings un objet sonore abrasif, nécessaire, profondément vivant. Un titre qui ne cherche ni l’unanimité ni le confort, mais qui rappelle une chose essentielle : parfois, la musique doit déranger pour rester honnête.
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janvier 7, 2026Un titre qui sonne comme un sourire lancé à la nuit, entre reconnaissance lucide et énergie brute.
Il y a des morceaux qui cherchent à impressionner, d’autres qui cherchent à rassembler. Ayeyi Nwom appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, Nana Motobi installe une ambiance qui ne s’excuse pas d’exister : rythmique trap nerveuse, pulsations afro enracinées, mélodie dancehall qui serpente avec naturel. Rien n’est figé, tout circule. Le morceau respire la rue autant que la cuisine, la fête improvisée autant que l’introspection du quotidien.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la façon dont la gratitude devient ici un moteur rythmique. Ayeyi Nwom ne prêche jamais, ne moralise pas. La reconnaissance se glisse dans le groove, dans la manière de poser la voix, dans cette énergie légèrement rugueuse qui rappelle que la joie n’est jamais naïve quand elle est gagnée. Nana Motobi chante et rappe comme on raconte une vérité simple : être encore là, c’est déjà beaucoup.
Le mélange des langues joue un rôle essentiel dans cette sensation d’authenticité. L’anglais, le twi, le pidgin s’entrelacent sans hiérarchie, comme dans une conversation réelle. Ce n’est pas un gimmick world music, mais un reflet direct d’une réalité culturelle fluide. Même sans comprendre chaque mot, le message passe. Parce que le flow fait le travail. Parce que l’intention est limpide. Parce que le corps comprend avant l’esprit.
La production, elle, avance avec intelligence. Les drums trap donnent l’ossature, solides, presque urbaines, pendant que les textures afro et dancehall viennent injecter de la chaleur, du mouvement, de la couleur. Le morceau ne cherche pas l’excès. Il préfère l’efficacité émotionnelle. Chaque élément est à sa place, pensé pour durer, pas seulement pour claquer en playlist.
Ce qui rend Ayeyi Nwom particulièrement intéressant, c’est sa capacité à s’adapter à tous les contextes sans jamais perdre son identité. C’est un morceau qu’on peut écouter seul, casque sur les oreilles, comme un rappel discret de ce qui compte. Mais c’est aussi un titre qui prend tout son sens en collectif, quand les corps se mettent à bouger sans même s’en rendre compte. Une musique fonctionnelle au sens noble : elle accompagne la vie.
Dans un paysage afro-fusion parfois saturé de formules faciles ou de refrains interchangeables, Nana Motobi propose quelque chose de plus ancré, de plus humain. Ayeyi Nwom n’essaie pas de courir après les tendances, il avance à son rythme, porté par une sincérité évidente. On sent qu’il s’agit d’un point de départ, d’une déclaration d’intention plus que d’un simple single.
Ce morceau n’est pas là pour briller seul, mais pour ouvrir un chemin. Celui d’un artiste qui transforme la reconnaissance en énergie créative, et qui rappelle, sans grand discours, que célébrer la vie telle qu’elle est reste l’un des gestes les plus puissants qui soient.
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janvier 7, 2026Une urgence sourde traverse Hands On, comme si chaque mesure refusait d’attendre demain pour exister.
Il y a dans Hands On quelque chose de plus dense qu’un simple single de rap. Un battement intérieur, presque vital, qui dépasse largement l’exercice de style. AC3 ne rappe pas pour meubler le silence ni pour empiler les streams : il parle parce que rester immobile n’est plus une option. Dès les premières secondes, le morceau impose une tension retenue, un calme trompeur, cette sensation très précise d’un moteur qui tourne à bas régime avant l’accélération brutale.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/7dtZykxwkp3qn7xATvcAZl
Musicalement, Hands On joue sur un équilibre subtil entre mélodie nocturne et tranchant drill. Les basses ne cherchent pas l’écrasement, elles avancent en profondeur, laissant respirer l’espace. La production préfère la traction à la démonstration : chaque élément semble placé pour soutenir la voix, jamais pour la dominer. Ce choix donne au morceau une texture presque cinématographique, urbaine sans caricature, sombre sans misérabilisme.
Le rap d’AC3, lui, frappe par sa retenue maîtrisée. Pas d’esbroufe inutile, pas de posture surjouée. Le flow avance droit, déterminé, avec cette diction légèrement abrasive qui rappelle que Dublin n’est ni Londres ni Atlanta. Ici, l’identité n’est pas revendiquée à grands slogans : elle se glisse dans les interstices, dans l’accent, dans la manière d’appuyer certaines syllabes, dans ce rapport très frontal à la réalité. Hands On devient alors une déclaration d’intention : faire, agir, s’engager physiquement dans son propre récit.
Ce qui frappe surtout, c’est la maturité émotionnelle du morceau. Derrière la façade assurée, on sent l’ombre d’une trajectoire cabossée, d’une conscience aiguë de la fragilité. Hands On ne parle pas de victoire acquise, mais de survie active, de cette décision intime de rester debout même quand le décor vacille. Le refrain, plus mélodique, n’adoucit pas le propos : il l’élargit, lui donne une portée presque collective, comme un appel silencieux à ceux qui avancent sans filet.
Dans le paysage du rap européen, Hands On s’impose sans hausser la voix. Il ne cherche pas l’export facile ni l’imitation. Il capte quelque chose de profondément contemporain : cette génération qui n’attend plus la validation, qui agit d’abord et explique ensuite. AC3 transforme l’énergie brute en direction claire, sans jamais perdre l’urgence.
Hands On n’est pas un cri. C’est un pas en avant. Et parfois, c’est bien plus radical.
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janvier 7, 2026Avec « Elegancy », Axcent ne décrit pas le luxe : il le respire, le projette, l’impose comme une fréquence naturelle.
Il y a des morceaux qui cherchent à impressionner, et puis il y a ceux qui avancent sans forcer, comme si tout était déjà gagné. Elegancy de Axcent appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, quelque chose s’installe : une assurance tranquille, une sensation de contrôle total, presque dérangeante tant elle semble évidente. Rien n’est surjoué. Tout coule.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette manière très instinctive qu’a Axcent de poser sa voix, comme s’il ne cherchait pas à convaincre mais simplement à laisser passer l’énergie. Le morceau avance sur un beat lisse, nocturne, calibré mais jamais froid. On sent l’influence de la trap mélodique britannique, oui, mais sans mimétisme. Ici, la vague est personnelle, façonnée dans un studio mental où chaque détail semble avoir été ressenti avant d’être pensé. Elegancy n’est pas un exercice d’écriture, c’est un état.
Axcent rappe comme on marche dans une pièce où tout le monde se retourne sans savoir pourquoi. Il y a cette nonchalance maîtrisée, ce rapport au temps très particulier : les phrases arrivent légèrement en avance ou en retard, créant une tension souple, presque sensuelle. Le refrain, hypnotique, agit comme un mantra. Il ne s’accroche pas par insistance, mais par répétition émotionnelle. On ne l’apprend pas, il s’imprime.
Ce qui rend Elegancy vraiment intéressant, c’est aussi ce qu’il raconte sans le dire. Derrière le vernis chic, on perçoit un parcours fait de déplacements, d’adaptations, de reconstruction identitaire. Axcent ne brandit pas son histoire, il la laisse filtrer entre les lignes, dans cette façon très calme de s’affirmer. Le luxe ici n’est pas une fin, mais une revanche douce, presque silencieuse. Une manière de dire : je suis là, et j’y reste.
La production, entièrement maîtrisée, renforce cette impression d’autonomie totale. Tout est à sa place, rien ne déborde. Chaque son semble poli pour refléter une image précise : celle d’un artiste qui sait exactement ce qu’il fait, et surtout pourquoi il le fait. Elegancy devient alors plus qu’un morceau : un manifeste discret, une carte de visite envoyée sans enveloppe.
Avec Elegancy, Axcent ne demande pas l’attention. Il la mérite naturellement. Et c’est peut-être ça, au fond, la vraie élégance.
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janvier 7, 2026KARMA ressemble à un aveu lancé à la nuit, un morceau qui ne cherche plus à gagner mais à comprendre ce qu’il reste quand l’ego a brûlé.
Il y a un moment précis, presque imperceptible, où KARMA cesse d’être un simple titre de rap pour devenir un espace mental. Pas une confession spectaculaire, pas une morale brandie comme un trophée, mais une sorte de face-à-face prolongé avec soi-même. xplicit ne joue pas ici la carte de la posture ou du masque. Il arrive frontal, plus nu que d’habitude, avec cette voix chargée d’un poids qu’on devine ancien.
Dès les premières secondes, l’atmosphère impose une tension sourde. La production ne cherche pas l’excès : elle s’étire, laisse de l’air, installe un décor où chaque mot peut tomber sans filet. On sent l’héritage trap et grime, mais dépouillé de son clinquant habituel, comme si les basses avaient été débarrassées de leur arrogance pour ne garder que leur gravité. Ce minimalisme relatif agit comme un révélateur : rien ne détourne l’attention du propos.
Ce qui frappe surtout, c’est le ton. xplicit ne rappe pas pour impressionner, il rappe pour solder. Il y a dans KARMA une lucidité presque inconfortable, cette sensation rare d’un artiste conscient de ses erreurs sans chercher à les transformer en légende. Le flow est maîtrisé, parfois presque retenu, comme s’il refusait volontairement l’explosion pour rester dans une zone de contrôle fragile. Chaque phrase semble pesée, non pour être parfaite, mais pour être juste.
On retrouve pourtant ce qui fait la singularité d’xplicit : cette manière hybride d’attaquer le micro, à la frontière du rap pur, de la théâtralité et d’une certaine intensité rock. Mais ici, cette énergie n’est plus tournée vers l’affirmation. Elle devient introspective, presque méditative. KARMA donne l’impression d’un artiste qui a compris que la vraie violence n’est pas toujours extérieure, qu’elle peut se loger dans les choix passés, les mots dits trop vite, les silences gardés trop longtemps.
Le morceau avance comme une marche lente, sans refrain tapageur, sans fausse catharsis. Et c’est précisément ce refus de la facilité qui le rend marquant. Là où beaucoup de titres sur la culpabilité cherchent la rédemption rapide, KARMA accepte l’inconfort, le laisse s’installer. Il n’y a pas de promesse de pardon, seulement la reconnaissance d’un cycle : ce qu’on fait finit toujours par revenir, sous une forme ou une autre.
Dans un paysage rap souvent saturé de certitudes, xplicit propose ici un titre qui doute, qui observe, qui encaisse. KARMA n’est pas un morceau qui cherche l’adhésion immédiate, mais un titre qui s’infiltre lentement, qui reste en tête non pour son gimmick mais pour son honnêteté brute.
Avec ce morceau, xplicit signe une étape importante : celle où l’ambition ne passe plus par le sommet à atteindre, mais par le chemin à comprendre. Un rap sans posture héroïque, profondément humain, qui rappelle que parfois, le vrai courage consiste simplement à regarder en arrière sans détourner les yeux.
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janvier 7, 2026Un titre comme une poussée d’adrénaline brute, pensé pour celles et ceux qui avancent sans demander la permission.
Il y a des morceaux qui servent de décor sonore, et puis il y a ceux qui modifient l’attitude. Lift Off appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, Chelzzz impose une énergie qui ne négocie pas : ça avance droit, ça serre les dents, ça regarde devant. On n’est pas dans la démonstration gratuite ni dans le storytelling plaintif. Ici, la musique agit comme un interrupteur mental. Tu appuies sur play, et quelque chose se met en marche.
La prod repose sur une base trap nerveuse, calibrée mais jamais lisse. Le beat est tendu, presque sportif, avec ce genre de pulsation qui donne envie de bouger, de transpirer, de transformer la pression en mouvement. Mais ce qui frappe surtout, c’est la façon dont Chelzzz s’approprie l’espace sonore. Sa voix claque, attaque, puis se permet parfois des inflexions plus pop, comme si elle refusait de rester enfermée dans un seul registre. C’est précisément là que Lift Off devient intéressant : dans ce mélange assumé entre efficacité immédiate et conscience de ce qu’elle raconte à travers son attitude.
On sent une filiation évidente avec certaines figures du rap US qui ont toujours fait de la confiance une arme. Il y a ce goût du punchline frontal qui évoque l’assurance de Nicki Minaj, cette absence totale de complexe qu’on pouvait retrouver chez Lil Kim, mais aussi une manière très personnelle de jouer avec le flow, quelque part entre la technique de Lil Wayne et l’efficacité percutante de Eminem. Le tout filtré par une sensibilité plus pop, presque glamour par moments, qui rappelle que l’attitude peut aussi rimer avec séduction, à la manière d’une Rihanna version rap game.
Ce qui rend Lift Off réellement accrocheur, c’est sa capacité à s’adapter à différents contextes sans perdre son identité. Le morceau fonctionne aussi bien comme bande-son de salle de sport que comme moteur pour une soirée ou compagnon d’un moment solo, casque sur les oreilles, quand on a besoin de se rappeler pourquoi on avance. Chelzzz ne cherche pas à expliquer sa légitimité : elle l’incarne. Chaque mesure donne l’impression qu’elle a quelque chose à prouver, non pas aux autres, mais à elle-même.
Dans un paysage hip-hop saturé de postures recyclées, Lift Off se distingue par sa sincérité énergique. Ce n’est pas un morceau révolutionnaire dans sa forme, mais il est redoutablement efficace dans son intention. Chelzzz signe ici un titre qui agit comme un rappel simple et brutal : parfois, pour décoller, il suffit d’assumer sa trajectoire et d’appuyer plus fort que les doutes.
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janvier 7, 2026SILTI sonne comme un premier pas sans filet, une confession pop-rap murmurée depuis la Baltique, où la langue devient texture et l’émotion, boussole.
Il y a quelque chose de désarmant dans SILTI. Pas dans le sens faible du terme, mais dans cette manière très directe d’entrer dans l’écoute sans demander la permission. Le morceau ne s’annonce pas, il s’installe. Une rythmique pop-rap souple, presque cotonneuse, glisse sous la voix comme une surface fragile sur laquelle on avance à tâtons. Dès les premières secondes, on comprend que l’enjeu n’est pas la démonstration mais l’atmosphère : créer un espace où l’on peut respirer, douter, rester un instant.
La langue lettone joue ici un rôle central. Même sans en saisir chaque nuance, elle agit comme un instrument à part entière. Les syllabes roulent, accrochent, caressent le beat. Elles apportent une musicalité singulière, un léger décalage qui empêche le morceau de tomber dans une pop-rap trop lisse ou trop attendue. SILTI tire sa force de ce contraste : une structure accessible, presque familière, traversée par une langue et une sensibilité qui déplacent immédiatement le centre de gravité.
La voix, elle, ne force jamais. Elle avance à hauteur d’émotion, parfois retenue, parfois plus frontale, mais toujours juste. On sent le choix de ne pas surjouer la vulnérabilité. Tout est dans le dosage. Le flow reste fluide, presque parlé par moments, puis se resserre sur des phrases qui font office de points d’ancrage. Ce n’est pas un titre qui cherche le climax spectaculaire, mais plutôt une montée douce, continue, comme une confidence qui s’installe au fil de l’écoute.
La production accompagne intelligemment ce parti pris. Les textures sont propres, aérées, laissant de l’espace à la voix. Rien ne déborde, rien ne cherche à écraser l’autre. C’est une pop-rap de l’intime, pensée pour les écouteurs autant que pour les playlists, mais qui garde une vraie personnalité. On sent le désir de faire simple sans être simpliste, de toucher sans appuyer.
SILTI fonctionne aussi comme une déclaration d’intention. Premier morceau sous ce nom, il pose un décor, une couleur émotionnelle. Il y a là une promesse discrète mais réelle : celle d’un projet qui préfère la sincérité à la posture, l’atmosphère à l’esbroufe. Une pop-rap douce, légèrement mélancolique, qui parle bas mais reste longtemps.
En sortant de SILTI, il reste une sensation diffuse, presque physique. Celle d’avoir croisé un univers en train de naître, encore fragile, mais déjà cohérent. Et parfois, c’est exactement ce qu’on cherche : un morceau qui n’impose rien, mais qui s’infiltre, doucement, jusqu’à rester.
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janvier 7, 2026Avec Menace 2 Society, Trust Tate ne raconte pas la marginalité : il la fait respirer, suffoquer, puis cogner contre les murs d’un système trop étroit.
Le titre frappe comme un avertissement inscrit à la craie sur un mur fissuré. Menace 2 Society n’a rien d’un clin d’œil nostalgique ou d’un fantasme de violence urbaine recyclée. Chez Trust Tate, la menace n’est pas un rôle, c’est une condition. Une position inconfortable, coincée entre le désir d’élévation et le poids d’un environnement qui vous rappelle sans cesse d’où vous venez — et surtout où l’on vous autorise à rester.
Musicalement, le morceau avance sur une ligne de crête instable. Les textures cloud hop se frottent à une noirceur emo presque suffocante, pendant que des éclats horrorcore et trap metal surgissent comme des pensées intrusives. La production de Xenshel ne cherche jamais à lisser le chaos : elle l’organise. Les basses grondent sans devenir démonstratives, les nappes sonores créent une sensation de vertige permanent, comme si le sol pouvait se dérober à tout moment. C’est une musique qui n’offre pas de refuge, seulement des angles morts.
La voix de Trust Tate se pose là-dessus avec une gravité presque clinique. Il ne surjoue pas la rage, il la contient. Chaque phrase semble mesurée, pesée, consciente de ce qu’elle révèle. Le propos dépasse largement l’autobiographie brute : Menace 2 Society dissèque l’impossibilité de “s’intégrer” quand les règles du jeu sont écrites sans vous. L’Amérique décrite ici n’est pas un décor, c’est une mécanique. Une machine qui promet l’ascension mais exige, en échange, une forme d’effacement.
Ce qui rend le morceau particulièrement dérangeant — et donc nécessaire —, c’est cette tension permanente entre ambition et lucidité. Trust Tate ne se présente pas comme un héros, encore moins comme une victime absolue. Il occupe cet espace flou, inconfortable, où l’on veut s’extraire de sa condition sans pour autant renier ce qu’elle a forgé. La “menace” devient alors un miroir : être perçu comme dangereux simplement parce qu’on refuse de rester à sa place.
L’écriture, dense mais jamais opaque, fonctionne par images mentales. On visualise des rues trop étroites pour les rêves, des regards qui jugent avant de comprendre, des opportunités qui se présentent toujours avec une contrepartie invisible. Le morceau n’explose jamais vraiment ; il accumule. Et c’est précisément là sa force. La frustration ne se libère pas, elle sédimente, jusqu’à devenir une matière sonore lourde, presque physique.
Menace 2 Society n’est pas conçu pour rassurer ou fédérer à la légère. C’est un titre qui dérange les playlists trop confortables, qui oblige à écouter autrement. Trust Tate y affirme une identité artistique qui refuse les raccourcis : ni posture nihiliste, ni success story édulcorée. Juste un constat brutal, livré avec une honnêteté rare dans l’emo hip-hop contemporain.
Au fond, ce morceau agit comme une alarme silencieuse. Il ne crie pas, mais il résonne longtemps. Et une fois terminé, il laisse cette sensation étrange : celle d’avoir compris quelque chose de plus large que la musique elle-même — une fracture sociale mise en rythme, sans filtre, sans compromis.
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janvier 7, 2026Dans Lamborghini, ConCee transforme le fantasme de vitesse en moteur intérieur, celui qui pousse les artistes émergents à croire encore à la ligne d’horizon.
Il y a des morceaux qui brillent comme des carrosseries neuves, et d’autres qui racontent ce qu’il faut encaisser avant d’en tenir le volant. Lamborghini appartient clairement à la seconde catégorie. Derrière son titre clinquant, ConCee ne livre pas un simple exercice de trap reggaeton destinée à faire danser les chiffres, mais un manifeste déguisé, presque intime, sur l’attente, la projection, et cette foi têtue qu’il faut cultiver quand tout semble encore hors de portée.
Dès les premières secondes, le morceau impose une atmosphère solaire mais tendue. La rythmique trap se mêle à des inflexions latines qui rappellent la rue, la chaleur, le mouvement constant. ConCee rappe en espagnol avec une fluidité qui ne cherche pas à impressionner par la surenchère technique, mais par la sincérité du ton. Sa voix avance comme un pas décidé, consciente de ses limites actuelles mais obsédée par ce qui pourrait venir ensuite. Ici, la Lamborghini n’est pas qu’un symbole de réussite matérielle : elle devient une métaphore du futur, de cette version idéalisée de soi-même que l’on poursuit sans relâche.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau joue sur le contraste. Musicalement, tout invite à la célébration : les basses sont rondes, les textures modernes, l’énergie clairement tournée vers l’avant. Mais dans le fond, Lamborghini parle d’attente, de patience, de résilience. ConCee évoque les rêves d’un artiste émergent sans les maquiller en certitudes. Il ne dit pas “j’y suis”, il dit “j’y vais”. Et cette nuance change tout.
L’écriture évite le piège de l’ego caricatural. Même lorsqu’il convoque des images de luxe ou de réussite, le discours reste ancré dans une réalité concrète : celle d’un artiste qui se bat pour exister dans un océan saturé de sons similaires. Le choix de mêler trap, reggaeton et latin hip-hop donne au morceau une identité hybride, à l’image de cette génération qui refuse de se laisser enfermer dans une seule case culturelle.
Lamborghini fonctionne aussi comme un pied de nez au genre urbain lui-même. ConCee, qui revendique son nom comme une critique de la répétition automatique, injecte dans ce morceau une forme de lucidité rare. Il ne nie pas les codes, il les utilise comme un langage commun pour mieux parler d’espoir et de persévérance. Le refrain s’accroche facilement, mais ce sont les intentions derrière qui restent en tête après l’écoute.
Au final, Lamborghini n’est pas un morceau sur l’arrivée, mais sur le trajet. Un titre qui roule fenêtres ouvertes, porté par l’envie d’aller plus loin que ce que le présent autorise encore. ConCee ne promet pas la réussite immédiate ; il promet le mouvement. Et parfois, c’est déjà une victoire.
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janvier 7, 2026Avec Mission, ABSYTE ne prend pas la parole : elle la revendique, la sculpte et la retourne contre notre confort.
Dès les premières secondes, Mission ne laisse aucune échappatoire. Le morceau s’installe comme une marche lente, presque solennelle, où chaque son semble pesé, pensé, chargé d’intention. ABSYTE ne joue pas à l’artiste engagée : elle est une rappeuse consciente de son rôle, de son héritage et de la violence symbolique de l’époque qu’elle décrit. Sa voix ne cherche pas à séduire, elle cherche à atteindre. Elle frappe par sa clarté, par sa retenue, par cette manière d’avancer sans jamais hausser le ton inutilement.
Ce qui impressionne d’emblée, c’est la maîtrise du cadre. Mission se déploie dans un espace hybride, à la croisée du hip-hop conscient, du free jazz et d’une écriture presque cinématographique. Les arrangements respirent, laissent passer des silences qui en disent parfois plus long que les mots. La musique ne sert pas le texte : elle dialogue avec lui, le provoque, l’accompagne dans ses zones d’ombre.
La présence de Reg Wyns ajoute une dimension supplémentaire au morceau. Sa voix, grave et habitée, agit comme un écho, un rappel, presque une conscience parallèle. Ensemble, ils construisent un récit qui dépasse l’individu. ABSYTE parle de société, de fractures raciales, de rapports de pouvoir, de survie économique, mais sans jamais tomber dans le prêche. Elle observe, elle nomme, elle met en tension. Le propos reste frontal, parfois inconfortable, toujours nécessaire.
Il y a chez ABSYTE une filiation assumée avec une tradition d’artistes pour qui la musique est un acte politique au sens noble. On pense à Nina Simone pour cette façon de transformer la colère en élégance grave, ou à James Baldwin pour cette lucidité sans anesthésie. Mais Mission n’est pas un hommage figé : c’est une œuvre ancrée dans le présent, consciente de la confusion actuelle, de l’urgence et de l’usure morale qui traverse nos sociétés.
Ce qui rend le morceau particulièrement fort, c’est son refus de conclure. ABSYTE ne propose pas de solution miracle, elle pose une question centrale et laisse l’auditeur face à sa responsabilité. Peut-on réellement dépasser les divisions qui nous traversent ? Peut-on choisir la paix sans d’abord accepter de regarder la violence en face ? Mission ne rassure pas, elle accompagne dans l’inconfort, et c’est précisément là que réside sa puissance.
À l’heure où beaucoup de titres engagés se contentent de slogans, ABSYTE signe une pièce dense, exigeante, profondément habitée. Mission rappelle que le rap, lorsqu’il est porté par une rappeuse qui pense autant qu’elle écrit, peut encore être un espace de réflexion, de résistance et de beauté brute. Une œuvre qui ne s’oublie pas une fois terminée, mais qui continue de résonner, longtemps, comme une question ouverte.
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janvier 7, 2026Avec Bravo, Johnson Gucci ne rappe pas seulement sur une prod drill : il grave une langue, un territoire et une tension intérieure dans le béton du morceau.
La première sensation n’est pas sonore, elle est physique. Bravo arrive comme une pression dans la poitrine, un battement trop lourd pour être ignoré. On pourrait croire à un instrumental de drill parmi d’autres, calibré pour les playlists, mais très vite une évidence surgit : quelque chose parle, et cette voix-là ne cherche pas à plaire. Elle affirme. Le portugais surgit comme une matière brute, une langue qui ne s’excuse pas d’exister et qui transforme instantanément la structure du morceau.
Johnson Gucci ne joue pas la carte de l’esbroufe. Son rap est droit, presque austère, comme s’il refusait toute fioriture inutile. Chaque phrase semble pesée, posée avec une conscience aiguë du silence autour. La drill, ici, n’est pas hystérique. Elle avance à pas lents, lourds, déterminés. Les basses s’étalent sans urgence, laissant la voix s’inscrire dans les interstices. Cette retenue crée une tension permanente : on sent que tout peut basculer, mais rien n’explose. Et c’est précisément ce calme contrôlé qui rend Bravo si dense.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le portugais devient un outil rythmique à part entière. Les consonnes claquent, les voyelles s’étirent, le flow épouse la prod sans jamais s’y soumettre. Johnson Gucci ne traduit pas son vécu pour le rendre accessible ; il l’impose tel quel. Ce choix donne au morceau une profondeur presque politique : affirmer sa langue dans un genre mondialisé, c’est refuser l’effacement. La drill devient alors un terrain de reconquête identitaire.
À l’écoute, on pense à ces villes qui ne dorment jamais vraiment, à ces nuits où l’on marche sans destination précise, lesté de pensées trop lourdes. Bravo évoque cette réalité-là : une existence en équilibre entre lucidité et colère contenue. Il n’y a pas de storytelling explicite, mais tout est suggéré. Les respirations, les silences, les regards qu’on devine derrière la voix. Johnson Gucci ne raconte pas, il laisse ressentir.
Le morceau gagne aussi par sa dimension presque cinématographique. On visualise des plans fixes, des rues éclairées au néon, une solitude habitée. La drill n’est plus seulement un genre, elle devient un décor mental. Et quand le titre s’achève, il laisse derrière lui un étrange sentiment : celui d’avoir été témoin de quelque chose de très intime, sans jamais y avoir été invité.
Bravo n’est pas un coup d’éclat. C’est un ancrage. Un morceau qui ne cherche pas le consensus mais la cohérence. Johnson Gucci y affirme une voix, une langue, une posture. Et surtout, il rappelle une chose essentielle : parfois, la musique la plus puissante est celle qui ne crie pas, mais qui tient debout, immobile, face au monde.
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janvier 7, 2026Trois minutes pour rembobiner une année entière de hip-hop, sans montage, sans filet, juste la mémoire, la plume et le sens du timing.
Il y a des morceaux qui documentent une époque, et d’autres qui la dissèquent. 2025 Rap Up (Jog Y’all Memory) appartient clairement à la seconde catégorie. Showrocka ne se contente pas de faire le bilan de l’année : il la passe au microscope, ligne par ligne, référence par référence, avec cette précision chirurgicale que seuls les vrais obsédés du verbe savent manier. Ici, pas de posture nostalgique ni de clin d’œil paresseux. C’est un exercice de haute voltige, assumé comme tel, où chaque seconde compte.
Le choix du boom bap n’est pas anodin. La production agit comme une colonne vertébrale classique, presque scolaire dans le bon sens du terme, laissant tout l’espace nécessaire à la voix. Showrocka s’y engouffre avec un flow dense, compact, qui refuse les respirations inutiles. On sent l’héritage de la tradition du “Rap Up”, mais surtout la volonté de prouver que cet héritage peut encore être vivant, mordant, actuel. Le morceau avance comme un train lancé à pleine vitesse, chaque wagon chargé d’événements, de clashs, de moments absurdes ou marquants de l’année.
Ce qui impressionne, au-delà de la performance technique, c’est la clarté du propos. 2025 Rap Up (Jog Y’all Memory) n’est pas un simple empilement de noms et de faits. Showrocka hiérarchise, commente, ironise. Il capte l’air du temps, les contradictions du rap contemporain, ses excès comme ses fulgurances. Le ton oscille entre humour sec et lucidité presque professorale, sans jamais tomber dans la leçon condescendante. On écoute, on sourit, puis on hoche la tête en se disant que oui, tout ça est déjà derrière nous, et pourtant encore brûlant.
Il y a aussi quelque chose de profondément conscient dans ce morceau. Derrière le jeu de mémoire et la démonstration de skill, Showrocka rappelle ce que le rap peut être quand il prend le temps de regarder son propre reflet. Un art de l’archive orale, une manière de fixer le présent avant qu’il ne se dissolve dans le flux incessant des sorties et des tendances. Le titre devient alors un acte de résistance douce : refuser l’oubli rapide, refuser la superficialité.
Avec 2025 Rap Up (Jog Y’all Memory), Showrocka s’inscrit dans une lignée exigeante, mais surtout, il affirme sa légitimité. Ce n’est pas un hommage, ni une imitation. C’est une prise de parole ferme, maîtrisée, qui rappelle que le rap est aussi une affaire de mémoire, de transmission et de précision. Un morceau qui se réécoute comme on feuillette un carnet de notes griffonné à toute vitesse, mais pensé avec une rigueur implacable.
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janvier 7, 2026Deux pièces comme deux miroirs fêlés : l’un reflète la peur brute, l’autre la conscience qui observe le chaos sans cligner des yeux.
Dark Prinz n’annonce pas, il surgit. Avec Nightmarish et Dark Prinz Intro II, il ne cherche pas à séduire ni à installer un décor rassurant : il ouvre une porte et laisse entrer l’obscurité telle qu’elle vient, sans mise en scène superflue. Ces deux titres fonctionnent comme un diptyque mental, une descente et son commentaire intérieur, la pulsion d’un côté, la lucidité de l’autre.
Nightmarish porte bien son nom. Le morceau agit comme un rêve fiévreux dont on ne se réveille pas vraiment. La production trap est lourde, presque suffocante, bâtie sur des basses épaisses et des textures sombres qui semblent ramper sous la voix. Dark Prinz y adopte un flow tranchant, parfois haché, comme si chaque phrase devait se frayer un passage dans un tunnel trop étroit. Ici, la peur n’est pas décorative : elle est intérieure, psychologique, intime. On sent l’influence du rap horrifique et du trap le plus noir, mais sans caricature. Rien de gothique pour le style : c’est la sensation qui compte. Nightmarish n’est pas un morceau qu’on écoute distraitement, c’est un état dans lequel on entre, un battement de cœur accéléré qui ne retombe pas.
En miroir, Dark Prinz Intro II change de posture sans perdre l’intensité. Plus introspectif, plus conscient, le titre se présente comme une prise de parole frontale, presque un manifeste. La rythmique se fait plus posée, laissant respirer le texte. Dark Prinz y explore une autre facette de son écriture : moins dans l’agression sonore, plus dans l’analyse de soi, du monde, du rôle qu’il occupe dans ce paysage rap saturé de masques. On sent une volonté de poser les bases, de rappeler que derrière l’esthétique sombre, il y a une pensée, une observation lucide des mécanismes sociaux et personnels qui nourrissent cette noirceur.
Ce qui frappe dans cet ensemble, c’est la cohérence émotionnelle. Les deux morceaux ne se ressemblent pas, mais ils se répondent. Nightmarish est l’expérience brute, viscérale, presque incontrôlable. Dark Prinz Intro II est le recul, la voix qui regarde cette expérience et tente de lui donner un sens. Peu d’artistes trap prennent le temps de cette articulation entre chaos et conscience. Dark Prinz, lui, semble y trouver sa colonne vertébrale.
Avec ces deux titres, il ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il trace un territoire. Un espace sombre, mental, parfois inconfortable, mais habité. Et surtout, un espace où la trap n’est pas qu’une esthétique, mais un langage pour dire ce qui dérange, ce qui obsède, ce qui revient quand la nuit refuse de se taire.
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janvier 7, 2026Sur harm some, xplicit ne joue pas au gangster ni au poète : il expose une pulsion, la laisse respirer, et force l’auditeur à regarder ce que la musique tait d’habitude.
Il y a des morceaux qui cherchent l’impact. harm some cherche le malaise. Et c’est précisément là que xplicit frappe juste. Pas de storytelling bien rangé, pas de morale emballée en fin de couplet. Ce titre fonctionne comme une pensée intrusive mise en boucle, une voix intérieure qu’on n’ose pas toujours nommer, encore moins partager. xplicit ne raconte pas la violence : il la laisse exister, à l’état brut, inconfortable, ambiguë, presque dérangeante dans sa sincérité.
Dès les premières secondes, le climat est posé. Une production sombre, tendue, presque claustrophobe, où l’influence grime se mêle à une trap râpeuse, héritée autant de la côte Ouest que d’une culture plus européenne du chaos sonore. Le beat n’écrase pas, il ronge. Il tourne comme une obsession, laissant peu d’espace à l’évasion. Ici, le rythme n’est pas festif, il est mental.
La voix de xplicit arrive comme une entaille. Son flow est volontairement frontal, parfois presque théâtral, héritage assumé de ses influences rock et opératiques qu’il détourne pour nourrir une forme de rap expressionniste. On sent l’ego, oui, mais un ego fissuré, conscient de ses propres excès. Ce n’est pas la posture d’un rappeur qui se proclame invincible, c’est celle d’un artiste qui sait que la démesure est souvent une armure fragile.
Ce qui rend harm some singulier, c’est son refus de désigner une cible claire. La violence reste flottante, presque abstraite. « Someone », « someone today » : la menace change de visage, comme une émotion qui se déplace selon l’humeur, le contexte, la fatigue. xplicit ne glorifie pas l’acte, il explore l’envie. La nuance est essentielle. On est loin d’un fantasme de domination ; on est dans l’exposition d’une pulsion honteuse, humaine, incontrôlable.
Techniquement, le morceau joue sur la répétition et la tension. Peu de variations mélodiques, mais une intensité qui monte par micro-détails : inflexions vocales, silences pesants, respirations laissées intactes. Ce minimalisme renforce le propos. harm some ne cherche pas à séduire, il cherche à confronter.
Dans un paysage rap souvent saturé de certitudes, xplicit ose l’instabilité. Il accepte de ne pas être aimable, de ne pas être clair, de ne pas être rassurant. Et c’est précisément ce qui rend ce titre intéressant. harm some n’est pas un single confortable, mais c’est un morceau nécessaire : un rappel que le rap reste un espace où les zones d’ombre peuvent encore s’exprimer sans filtre.
xplicit signe ici moins une provocation qu’un aveu. Et dans ce face-à-face brutal entre ego, rage et lucidité, il pose une question simple, presque dérangeante : que fait-on de ce qui nous traverse quand on ne peut pas l’excuser ?
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janvier 5, 2026Avec Who’s He ?, Oxomo et Jimmy Pilgrim transforment le doute en moteur créatif et signent un titre qui avance masqué, mais laisse des traces profondes.
Il y a des morceaux qui arrivent en fanfare, et d’autres qui préfèrent s’installer dans l’ombre, observer la pièce avant d’en déplacer les murs. Who’s He ? appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières mesures, le titre pose une question simple, presque anodine, mais dont l’écho se prolonge bien au-delà du refrain. Qui est-il ? Et surtout, pourquoi ressent-on ce besoin constant de nommer, classer, identifier ?
La rencontre entre Oxomo et Jimmy Pilgrim fonctionne comme un jeu de miroirs. Oxomo, fidèle à cette tradition UK où le rap est autant une affaire de textures que de mots, avance avec une assurance feutrée. Sa voix ne cherche pas à dominer le mix : elle s’y faufile, presque nonchalante, mais chaque phrase tombe avec une précision chirurgicale. On sent l’expérience d’un artiste qui a appris à naviguer entre les styles sans jamais perdre son centre de gravité.
La production, elle, refuse toute complaisance. Trap, hip-hop alternatif, pulsations urbaines : tout est là, mais rien n’est surligné. Les basses rampent plus qu’elles ne cognent, les percussions respirent, laissant des espaces où le silence devient un élément narratif à part entière. Jimmy Pilgrim apporte à l’ensemble une tension supplémentaire, une manière de plier le rythme, de l’étirer jusqu’à ce qu’il devienne presque inconfortable. C’est dans cet inconfort que Who’s He ? trouve sa force.
Ce qui frappe surtout, c’est la posture. Le morceau ne cherche ni l’hymne ni la confession. Il observe. Il interroge la place de l’artiste dans un écosystème saturé d’images et de récits préfabriqués. Être vu sans être compris, être écouté sans être reconnu : Who’s He ? semble tourner autour de cette frustration moderne, celle d’exister à travers des algorithmes, des scènes, des étiquettes, sans jamais se laisser réduire à une seule d’entre elles.
Oxomo excelle dans cet exercice de funambule. On sent chez lui cette capacité rare à faire dialoguer l’héritage du rap UK et une sensibilité plus introspective, presque désabusée. Le morceau avance comme une marche nocturne dans une ville trop éclairée : tout est visible, mais rien n’est vraiment clair. Jimmy Pilgrim, de son côté, ajoute une couleur plus abrasive, une nervosité qui empêche le titre de sombrer dans la contemplation pure.
Who’s He? n’est pas un titre qui cherche l’adhésion immédiate. Il s’impose lentement, par imprégnation. On y revient pour ses détails, ses silences, cette impression persistante que quelque chose nous a échappé lors de la première écoute. Et c’est précisément là que le morceau réussit : en refusant de donner toutes les réponses, il force l’auditeur à se poser les bonnes questions.
Dans un paysage rap souvent obsédé par la visibilité et la démonstration, Oxomo et Jimmy Pilgrim choisissent l’ambiguïté, la nuance, le pas de côté. Who’s He ? n’explique pas qui ils sont ; il montre qu’ils savent exactement pourquoi ils avancent ainsi. Et parfois, c’est largement suffisant.
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janvier 5, 2026Avec guerrier, lartson ne joue pas au dur : il raconte l’endurance, celle qu’on apprend loin des poses, quand chaque jour ressemble à un round de trop.
Il y a des morceaux qui avancent comme des démonstrations, et d’autres qui marchent en boitant, mais la tête haute. guerrier appartient clairement à la seconde catégorie. Dès l’écoute, quelque chose s’impose : lartson ne cherche ni la formule virale ni l’esbroufe technique. Il rappe comme on serre les dents. Comme on continue malgré tout.
La production installe un climat tendu, presque sobre, laissant l’espace nécessaire à la voix. Rien d’envahissant, rien d’inutile. Le décor est posé pour que le texte respire, pour que chaque phrase puisse tomber avec son propre poids. Ici, le rap est un outil de mise à nu, pas un costume. On sent une volonté de rester droit, de ne pas masquer les failles derrière des effets.
La force de guerrier, c’est précisément cette absence de surjeu. Lartson adopte un ton frontal, parfois rugueux, mais jamais caricatural. Il parle de combat, oui, mais d’un combat intérieur autant que social. Le mot “guerrier” n’est pas utilisé comme une posture viriliste, plutôt comme une condition imposée. Être guerrier parce qu’on n’a pas vraiment le choix. Parce que reculer coûterait plus cher que continuer.
Le flow est maîtrisé sans chercher la performance gratuite. Lartson privilégie la clarté, l’impact, cette manière de faire passer un message sans détour. Chaque mesure semble pensée pour renforcer le propos, pas pour impressionner. On est dans un rap qui regarde la réalité en face, sans filtre Instagram, sans storytelling artificiel.
Ce qui frappe aussi, c’est la sincérité du ton. guerrier sonne comme un morceau écrit dans l’urgence, ou du moins dans la nécessité. On sent que le texte vient d’une expérience vécue, ou au minimum profondément intégrée. Lartson ne se place pas au-dessus de ce qu’il raconte. Il est dedans, pleinement. C’est cette implication qui donne au morceau sa crédibilité et sa résonance.
Dans le paysage du rap francophone actuel, saturé de récits performatifs et de codes recyclés, guerrier fait l’effet d’un pas de côté. Pas révolutionnaire dans la forme, mais précieux dans l’intention. Lartson rappelle que le rap peut encore être un espace de résistance intime, un endroit où l’on transforme la fatigue en paroles, la colère en rythme.
Avec ce titre, lartson affirme une identité claire : celle d’un rappeur qui préfère la vérité à la vitrine. guerrier ne promet pas la victoire, ni la rédemption facile. Il propose autre chose, de plus rare : la lucidité, et la force tranquille de continuer à avancer, même cabossé.
Un morceau qui ne cherche pas à séduire tout le monde, mais qui parlera fort à celles et ceux pour qui le mot “guerrier” n’est pas un slogan, mais un état permanent.
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janvier 5, 2026Sur Costa Rica Flows, Signed XO transforme le décalage culturel en moteur créatif, là où l’anglais et l’espagnol se frottent comme deux courants chauds.
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Costa Rica Flows n’est pas né dans un studio fermé, mais sur la route. Signed XO y déploie une trap autotunée qui respire l’ailleurs, une musique façonnée par le déplacement, par le regard d’un artiste qui observe le monde en mouvement constant. Ici, le bilinguisme n’est pas un gimmick marketing, c’est un réflexe naturel, presque intime, comme si chaque langue correspondait à une humeur, une posture, une latitude différente.
La production installe rapidement un climat moite, solaire sans être caricatural. La rythmique trap conserve sa lourdeur familière, mais elle est traversée par une fluidité latine qui évite l’écueil du cliché. On n’est pas dans la carte postale exotique, plutôt dans une sensation : celle d’un corps qui s’adapte à un nouveau tempo, d’un esprit qui change de cadence en changeant de décor. Signed XO joue avec l’autotune comme avec un prisme, lissant certaines émotions, en accentuant d’autres, jusqu’à donner l’impression que la voix elle-même voyage.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau refuse la linéarité. Costa Rica Flows avance par vagues, alternant assurance et relâchement. Les passages en espagnol ne servent pas de simple coloration, ils modifient réellement la dynamique du morceau, comme si la musique se mettait à marcher différemment selon la langue qu’elle emprunte. Cette oscillation crée un groove instable mais séduisant, à l’image d’un artiste qui ne se fixe jamais tout à fait.
Signed XO impose ici une forme de charisme discret. Pas de démonstration forcée, pas de surenchère. La confiance est là, mais elle s’exprime dans le contrôle, dans cette capacité à laisser le morceau respirer sans le saturer. On sent l’expérience accumulée, les kilomètres parcourus, les scènes diverses qui ont forgé ce rapport souple à l’identité. Costa Rica Flows devient alors plus qu’un titre : une trace sonore de ces déplacements répétés, une manière de dire que l’on peut appartenir à plusieurs endroits sans jamais se diluer.
Dans le paysage trap actuel, souvent figé dans ses propres codes, Signed XO apporte un mouvement salutaire. Il rappelle que le genre peut encore s’ouvrir, se contaminer, se laisser traverser par d’autres cultures sans perdre sa colonne vertébrale. Costa Rica Flows ne cherche pas à conquérir par la force, mais par la circulation. Et c’est précisément cette liberté-là qui donne au morceau sa vraie puissance, celle qui reste après l’écoute, comme un goût de sel et de chaleur sur la peau.
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janvier 5, 2026Dans ride share therapy, YDV fait d’un trajet banal un espace suspendu où les mots sortent avant que la destination n’apparaisse.
On n’entre pas dans ride share therapy comme on lancerait un simple morceau de Rap/R&B alternatif. On y glisse. Lentement. Comme quand la portière se referme et que le monde extérieur devient un décor flou derrière la vitre. YDV ne cherche pas l’effet immédiat ni le refrain qui accroche à la première écoute. Il préfère cette zone étrange, presque inconfortable, où la musique ressemble davantage à une pensée en train de se former qu’à une performance destinée à convaincre.
Le morceau s’ouvre sur une retenue calculée. Une production minimale, respirante, qui laisse volontairement de l’espace entre les sons. Chaque silence semble pesé, assumé. Ici, la lo-fi n’est pas un filtre esthétique mais un choix narratif : tout est fait pour donner l’impression d’une note vocale intérieure, d’un journal qui s’écrit pendant que la ville défile. La voix de YDV n’impose rien, elle se confie. Elle flotte entre le parlé et le chanté, comme si l’artiste hésitait encore à livrer certaines phrases à voix haute.
Puis arrive ce basculement, ce fameux virage à mi-parcours. Le morceau change de texture, presque de température. La rythmique s’épaissit, l’atmosphère devient plus dense, plus cinématographique. Ce n’est pas un twist spectaculaire, plutôt un glissement émotionnel : le moment où la conversation anodine se transforme en aveu, où l’on dit un peu trop de vérité à quelqu’un que l’on ne reverra jamais. YDV maîtrise cet art du contraste sans rupture brutale, laissant l’auditeur comprendre que l’essentiel se joue précisément dans ce passage.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de posture. ride share therapy refuse le pathos comme l’ego-trip. Le morceau ne cherche ni à impressionner ni à séduire, il existe. C’est peut-être là que réside sa force : dans cette honnêteté presque maladroite, cette manière de laisser les émotions circuler sans les enjoliver. On sent le travail d’écriture étalé sur le temps, poli sans être lissé, comme une pensée relue plusieurs fois mais jamais censurée.
YDV s’inscrit dans cette génération d’artistes qui brouillent les frontières entre hip-hop introspectif, R&B contemporain et pop cinématographique. Mais là où beaucoup surjouent la vulnérabilité, ride share therapy la rend banale, quotidienne, presque banalisée — et donc profondément crédible. Ce n’est pas un cri, c’est un murmure. Un de ceux qu’on n’entend que lorsqu’on accepte de ralentir.
Au fond, le morceau agit comme ces trajets nocturnes dont on se souvient plus longtemps que prévu. On en sort sans solution, sans conclusion claire, mais légèrement déplacé. Comme si quelqu’un, pendant quelques minutes, avait tenu nos pensées à notre place. Et parfois, c’est largement suffisant.
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janvier 5, 2026Avec Bust Back, Dios Negasi et Fredro Starr transforment le boom bap en mécanisme de survie, un rap qui ne négocie pas, qui répond.
Le premier impact n’est pas sonore, il est physique. Bust Back ne se contente pas d’entrer dans l’oreille, il déclenche une tension immédiate, comme si le corps savait avant l’esprit que quelque chose de rugueux, de frontal, allait se jouer. Dios Negasi ne signe pas ici un simple featuring de prestige : il orchestre une collision contrôlée entre deux héritages du rap hardcore, en convoquant Fredro Starr, figure volcanique de Onyx, pour une démonstration de force aussi sèche qu’intelligente.
La production, taillée dans un boom bap sans fioritures, agit comme un terrain vague bétonné. Rien ne dépasse, rien ne cherche à séduire. Le beat avance droit, granuleux, presque militaire, laissant aux voix l’espace nécessaire pour mordre. Dios Negasi produit comme il rappe : avec une économie de gestes qui rend chaque frappe plus lourde. Ici, le groove n’est pas là pour hocher la tête gentiment, mais pour maintenir une pression constante, un état d’alerte.
Dios pose en premier, avec cette diction précise, grave, presque professorale dans sa noirceur. Son écriture navigue entre lucidité politique et survie individuelle, sans jamais tomber dans le slogan. Chaque phrase semble pesée, comme si le rappeur parlait depuis un endroit où l’illusion a déjà été démontée. Bust Back devient alors une réponse réflexe : rendre coup pour coup, non par glorification de la violence, mais comme constat d’un monde structuré par l’agression permanente.
Quand Fredro Starr entre en scène, le morceau change de température. Sa voix n’a rien perdu de son abrasivité légendaire. Elle tranche le mix comme une lame émoussée : pas élégante, mais redoutablement efficace. Il n’essaie pas de moderniser son approche, et c’est précisément là que réside sa puissance. Fredro arrive avec son ADN brut, son urgence presque animale, rappelant que le rap hardcore n’est pas un style nostalgique mais une posture toujours actuelle face au réel.
La rencontre entre les deux fonctionne parce qu’elle n’est jamais déséquilibrée. Aucun ne cherche à écraser l’autre. Bust Back ressemble davantage à un pacte tacite entre deux voix qui se reconnaissent dans la même dureté du regard. On sent l’Est et l’Ouest se répondre, non comme des territoires opposés, mais comme des expériences parallèles d’un même système.
Ce titre s’inscrit aussi dans une trajectoire plus large pour Dios Negasi, habitué aux collaborations denses et chargées de sens, de Ghostface Killah à Conway The Machine. Bust Back agit comme une pierre angulaire : un rappel que le rap conscient peut être brutal sans perdre sa profondeur, et que le boom bap reste un langage pertinent pour parler de domination, de résistance et de dignité.
Au final, Bust Back ne cherche pas à séduire les algorithmes ni à lisser son discours. C’est un morceau qui regarde droit dans les yeux, qui parle aux auditeurs habitués à lire entre les lignes et à ressentir la musique comme une tension morale autant que sonore. Dios Negasi et Fredro Starr livrent ici un titre sans compromis, un rappel salutaire que le rap peut encore cogner fort sans perdre son intelligence.
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janvier 5, 2026Break From The U résonne comme une fuite intérieure : PB Mogul y transforme le départ en rituel de survie, lucide et hanté.
Quitter sa ville natale n’a jamais été un geste héroïque ici. Break From The U s’ouvre comme une confession murmurée dans l’obscurité, avec cette impression immédiate que le morceau ne cherche pas à séduire mais à dire vrai. PB Mogul n’écrit pas un récit d’ascension, il dissèque un arrachement. Celui qui survient quand rester devient impossible et que partir n’efface rien.
La production installe un climat tendu, presque claustrophobe. Rien de spectaculaire, tout est dans la retenue. Le beat agit comme une respiration courte, un décor mental où chaque silence compte autant que les mots. Le hook, froid et obsédant, fonctionne comme une pensée intrusive qui revient malgré soi, ce refrain intérieur que l’on se répète pour tenir le cap. PB Mogul pose sa voix sans emphase, avec cette gravité calme de ceux qui n’ont plus besoin de prouver quoi que ce soit. Le flow n’est jamais pressé : il observe, il raconte, il laisse le malaise s’installer.
Ce qui rend Break From The U si dense, c’est la façon dont la ville devient un personnage à part entière. Elle attire, retient, rappelle. Les rues connues, les habitudes toxiques, les liens invisibles qui se resserrent dès que l’on croit s’en être libéré. PB Mogul décrit cette mécanique avec une précision presque documentaire. Pas de romantisme, pas de posture. Juste la lucidité d’un rappeur qui sait que la distance géographique ne suffit pas à rompre les chaînes mentales.
Le morceau prend une autre dimension lorsque Insane Rell entre en scène. Son couplet final agit comme un zoom brutal. Là où PB Mogul analyse les failles, Insane Rell projette des images nettes, presque violentes, qui donnent chair au récit. La complémentarité est frappante : deux voix, deux angles, une même vérité. L’une introspective, l’autre frontale, mais toutes deux traversées par le même besoin de rupture.
Break From The U refuse la facilité du message motivant. Il ne promet ni renaissance immédiate ni victoire éclatante. Il parle du moment d’après, celui où l’on doit apprendre à vivre avec ce que l’on emporte malgré soi. C’est précisément là que le morceau touche juste. En assumant l’ambiguïté du départ, PB Mogul signe une pièce de rap conscient, mature, qui résonne longtemps après la dernière mesure.
Ce titre ne célèbre pas la fuite. Il en révèle le prix. Et dans ce rap de l’entre-deux, tendu et honnête, Break From The U s’impose comme un miroir tendu à tous ceux qui savent que partir est parfois la seule option, même quand on n’est jamais vraiment sûr d’arriver ailleurs.
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décembre 29, 2025Dans 700 Coming, 7Z MAXI ne signe pas un simple clip mais pose un manifeste brut, spirituel et frontal, où le rap devient proclamation, territoire et arme symbolique.
Quelque chose frappe immédiatement dans 700 Coming : la sensation de conviction totale. Pas celle, feinte, de la posture rap classique, mais une foi absolue dans ce qui est dit, montré, incarné. 7Z MAXI avance ici avec la certitude de quelqu’un qui ne doute pas de sa trajectoire. Le morceau ne cherche pas l’adhésion, il impose sa présence. Le clip, tendu et direct, agit comme une déclaration d’intention, presque un sermon urbain, où chaque plan semble chargé d’un sens qui dépasse la simple esthétique.
Musicalement, 700 Coming s’inscrit dans une tradition trap rugueuse, sans vernis inutile. La prod cogne sec, laisse respirer les basses, et refuse les détours mélodiques trop confortables. Tout est pensé pour servir le message : l’arrivée imminente, la montée d’un collectif, l’affirmation d’un pouvoir symbolique. Le morceau fonctionne comme un appel, un signal envoyé à ceux qui savent lire entre les lignes. Ici, le rap n’est pas divertissement, il est proclamation.
La force du titre tient aussi dans cette dimension collective. 7Z MAXI ne se présente jamais seul. Il est le porte-voix d’un groupe, d’une entité presque mythologique, ancrée dans une narration où spiritualité, héritage et territoire se croisent. Le discours peut dérouter, parfois déranger, mais il ne laisse jamais indifférent. 700 Coming assume pleinement sa vision du monde, sans chercher à la rendre digeste.
Visuellement, le clip renforce cette impression de tension permanente. Philadelphie n’est pas un décor neutre, mais un terrain sacré, une zone à reconquérir symboliquement. Les regards sont durs, les gestes mesurés, l’énergie contenue prête à exploser. Rien n’est laissé au hasard : tout participe à cette atmosphère de veille, comme si quelque chose était sur le point d’advenir.
Ce qui rend 700 Coming singulier, c’est précisément ce refus de la demi-mesure. 7Z MAXI ne joue pas avec les codes, il les tord pour servir un récit plus large, presque mystique. On peut adhérer ou non, mais impossible de nier la cohérence de l’univers proposé. Le morceau agit comme une balise dans un paysage rap souvent saturé de formules recyclées.
Avec 700 Coming, 7Z MAXI signe une œuvre frontale, habitée, qui préfère l’excès de croyance à l’absence de vision. Un titre qui s’écoute autant qu’il se ressent, et qui laisse derrière lui une impression tenace : celle d’un artiste qui avance sans regarder derrière, convaincu que l’histoire est déjà en marche.
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décembre 29, 2025Dans Catabase, FÉMUR met des mots et des rythmes sur ce que l’on cache : la colère, la peur, l’ego blessé, les pensées qui tournent en boucle quand plus rien ne tient.
L’album Catabase ne cherche pas l’adhésion immédiate. Il exige du temps, une disponibilité mentale, presque un consentement. FÉMUR y signe une descente intérieure méthodique, inspirée de la figure de la catabase chère à Dante Alighieri, mais débarrassée de tout vernis académique. Ici, l’enfer n’est ni mythologique ni spectaculaire : il est intime, social, émotionnel, parfois dérisoire, souvent violent.
On commence avec Prologue qui agit comme une porte lourde que l’on pousse à contrecœur. Une introduction brève, tendue, presque cérémonielle, qui annonce un album pensé comme un trajet narratif. Tout est en retenue, mais la gravité est déjà là, prête à aspirer l’auditeur.
Les Autres c’est l’enfer s’impose ensuite comme une gifle conceptuelle. FÉMUR y parle du regard des autres comme d’une prison invisible, une pression constante qui déforme les corps et les esprits. Le flow est sec, frontal, porté par une production étouffante qui accentue l’isolement.
Puis vient Nouveaux méchants, un titre qui explore la parano contemporaine : ennemis diffus, violences ordinaires, figures anonymes. Le morceau installe un climat de méfiance permanente, où la menace n’a plus besoin de visage pour exister.
Avec Dante, la référence devient intime. Plus qu’un hommage, c’est une conversation intérieure, un miroir tendu à l’artiste lui-même. Le texte creuse, interroge la notion de chute, sans jamais tomber dans la citation décorative. Puis, Antitube des enfers fait monter la pression : attitude abrasive, presque punk, refus de la résignation. FÉMUR y rappe comme on serre les dents, transformant la colère en moteur vital.
Nouveaux héros dynamite les figures salvatrices. Faux hymne, ironie mordante : le morceau démonte l’illusion du héros moderne, exposant la fragilité derrière la posture tandis que Si Dieu veut ralentit le tempo et installe une tension spirituelle. Foi, fatalisme, espoir contrarié : le morceau avance en clair-obscur, sans jamais trancher, laissant le doute respirer.
Plus sombre encore,Melancholia suspend le temps. Ici, la fatigue émotionnelle s’exprime sans débordement, dans une économie de mots et de sons qui rend le malaise presque confortable, donc dangereux. Douleur & peine poursuit cette introspection avec une sobriété désarmante. Pas de plainte, mais un constat précis, presque clinique, où chaque phrase pèse.
Murder tranche radicalement. Plus froid, plus direct, le morceau évoque la violence comme une conséquence logique d’un monde saturé de frustrations. Un morceau qui contraste avec Happy Life, qui lui, joue la carte de l’ironie. Derrière l’apparente légèreté se cache une critique acide du bonheur normatif, transformé en injonction toxique.
Le morceau 99, quant à lui, fonctionne comme une obsession chiffrée, un compte à rebours mental, symbole d’une pression qui ne disparaît jamais vraiment. Avant dernier morceau de l’album, Hyperspace ouvre une brèche. Le morceau flotte, déréalise, comme une tentative d’évasion mentale hors du labyrinthe émotionnel.
Enfin, Heroes Revenge referme le voyage sans triomphe. Pas de rédemption spectaculaire, mais une sortie consciente, lucide. La revanche ici n’est pas spectaculaire : elle est intérieure, silencieuse, profondément humaine.
Avec Catabase, FÉMUR signe une œuvre dense, cohérente, pensée comme un tout. Un album qui ne flatte pas, mais accompagne. Une traversée sombre, nécessaire, et étonnamment vivante.
Instagram : femurofficiel
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décembre 29, 2025Avec It’s Him, Soluss signe un disque-manifeste, celui d’un artiste qui cesse de se cacher derrière les pseudos pour affronter son propre reflet, micro ouvert et nerfs à vif.
Detroit plane sur l’album comme une tension permanente, pas comme un décor. It’s Him n’est pas une carte postale, c’est une chambre d’écho. On y entre comme dans un studio encore chaud, câbles au sol, restes de nuits trop longues, vannes laissées volontairement dans les prises. Soluss n’arrive pas en conquérant : il arrive en survivant lucide, conscient d’avoir trop attendu, mais prêt à assumer chaque seconde de ce retard. Le changement d’identité – de son of andy à Soluss – n’est pas cosmétique. Il est existentiel.
Dès Paladin (It’s Him), l’album annonce la couleur : une intro brève, presque cérémonielle, où la voix s’installe comme un serment. Ce n’est pas un ego trip, c’est une prise de poste. Please Understand enchaîne avec un rap plus introspectif, où la diction se fait tranchante sans jamais perdre une certaine fragilité, comme si la confiance venait à peine d’être apprivoisée. Puis Rhymes Like Razors confirme l’influence de Pharoahe Monch : changements de ton, précision chirurgicale, plaisir du flow maîtrisé jusqu’à la découpe.
Ce qui frappe dans It’s Him, c’est la durée volontairement courte de nombreux morceaux. Soluss préfère l’impact à l’étalage. Fanatic, Sink When I’m Dead, Marionette : des vignettes mentales, presque des haïkus rap, qui renforcent la sensation d’urgence. Rien n’est là pour remplir. Tout sert le propos. Cette approche rappelle l’énergie collective et ludique de Clear Soul Forces, mais filtrée par une solitude assumée.
Les collaborations ne diluent jamais la vision. Baba Yaga, en duo avec Kayoken, son complice de toujours, agit comme un pivot sombre et ludique à la fois. Ghosts et MCWS avec Ron1n Sumo explorent les zones hantées du disque, là où les regrets deviennent des personnages. Pay the Fiddler et Delroy, plus longs, respirent davantage, laissant apparaître une écriture plus narrative, presque cinématographique.
L’enregistrement à Toneworx se ressent dans la texture brute du son. On entend les murs, les silences, même les accidents – jusqu’aux miaulements du chat, clin d’œil absurde mais révélateur : Soluss ne cherche pas la perfection, il cherche la vérité, même quand elle fait sourire. Le moment où il lâche « What I can’t be a fan of myself? » résume tout l’album : l’instant précis où l’autodérision devient affirmation.
It’s Him n’est pas un album qui supplie l’attention. Il la mérite par cohérence, par honnêteté, par cette sensation rare d’écouter quelqu’un qui a enfin décidé d’arrêter de se retenir. Un premier album sous un nouveau nom, oui. Mais surtout un point final posé sur des années de doute – et un vrai point de départ.
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décembre 29, 2025Avec Or Kim Jongussy, 2 La KiL transforme la provocation en arme narrative et balance un single qui ricoche comme une punchline mal digérée dans l’Amérique de l’excès.
Impossible d’aborder Or Kim Jongussy frontalement sans accepter le malaise qu’il installe. Le titre choque, amuse, dérange, et c’est précisément là que 2 La KiL veut nous emmener. Pas dans la zone de confort, mais dans ce territoire glissant où le rap devient caricature consciente, miroir déformant d’un monde saturé d’images, de slogans et de symboles politiques vidés de leur sens. Ici, le nom claque comme un graffiti mal compris, volontairement absurde, presque obscène, pour mieux souligner l’époque qu’il décrit.
Musicalement, le morceau avance avec une assurance désinvolte. La prod signée ProdbyDee et Jay Skeebs repose sur une ossature rap efficace, à la fois minimaliste et lourde de sous-entendus. Rien de superflu : un beat qui tourne, une rythmique qui insiste, comme une boucle mentale dont on n’arrive pas à sortir. Cette simplicité apparente laisse toute la place au flow de 2 La KiL, qui navigue entre sarcasme, nonchalance et agressivité contenue.
Là où Or Kim Jongussy devient intéressant, c’est dans sa posture. 2 La KiL ne cherche pas à délivrer un message clair ou un manifeste politique bien rangé. Il préfère brouiller les pistes. Les mots sont jetés comme des projectiles, parfois absurdes, parfois lucides, souvent ambigus. Le rappeur joue avec l’idée de pouvoir, de domination symbolique, de consommation de figures extrêmes comme simples produits culturels. Tout est digéré, recyclé, revendu sous forme de divertissement — et le morceau en est parfaitement conscient.
On sent l’héritage d’un hip-hop alternatif qui aime provoquer pour questionner, plutôt que rassurer. Or Kim Jongussy n’est pas un titre qu’on écoute pour se sentir bien. C’est un morceau qui gratte, qui met mal à l’aise, qui oblige à se demander pourquoi ce nom fait rire, choque ou laisse indifférent. Et surtout, ce que cela dit de nous.
Dans la discographie de 2 La KiL, ce single agit comme un coup de coude dans les côtes. Pas forcément le plus accessible, mais l’un des plus révélateurs de son rapport au monde : cynique sans être vide, provocateur sans être gratuit. Il y a derrière l’exagération une vraie réflexion sur la manière dont le rap contemporain absorbe tout, y compris le grotesque, pour en faire un spectacle permanent.
Or Kim Jongussy s’écoute comme on regarde une image trop saturée : on détourne les yeux, puis on revient, intrigué. Un morceau qui ne cherche pas l’unanimité, mais qui s’impose par sa radicalité tranquille. Et dans un paysage rap souvent formaté, cette volonté de déranger reste une prise de risque salutaire.
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décembre 29, 2025Izaiah Karter transforme Eye Candy et ADHD en miroirs opposés : l’un capte la lumière des apparences, l’autre plonge dans le bruit intérieur qui ne se tait jamais.
Il y a chez Izaiah Karter cette manière presque dérangeante de sourire tout en serrant les dents. Avec Eye Candy, il avance en funambule sur le fil tendu entre séduction pop et malaise latent. Le morceau brille, oui, mais comme une vitrine trop éclairée à trois heures du matin. Les synthés accrochent l’oreille, les mélodies flirtent avec l’efficacité radio, pourtant quelque chose cloche volontairement. Derrière l’esthétique soignée, la voix laisse passer une fatigue, un recul critique sur cette obsession de l’image, du désir immédiat, du regard des autres. Eye Candy fonctionne comme un bonbon au goût légèrement amer : attirant, addictif, mais jamais totalement innocent.
La production emprunte autant au pop rap qu’aux textures cloud hop, avec cette manière de laisser l’espace respirer entre deux refrains accrocheurs. Izaiah ne force rien, il installe une ambiance où le plaisir est réel mais conscient de sa superficialité. On sent l’influence d’une pop émotionnelle américaine, mais débarrassée de son vernis trop propre. Ici, la beauté devient presque suspecte, comme si elle cachait quelque chose de plus fragile.
Puis vient ADHD, et le décor change brutalement. Fini le miroir brillant : place à la pièce en désordre. ADHD n’essaie pas d’expliquer, encore moins de simplifier. Le morceau reproduit une sensation : celle d’un esprit qui saute d’une idée à l’autre, incapable de se poser, saturé de pensées contradictoires. Le flow se fait plus nerveux, parfois haché, parfois trop rapide, comme si les mots devaient sortir avant d’être remplacés par d’autres.
Musicalement, ADHD s’inscrit davantage dans un trap-pop tendu, presque anxieux. Les beats appuient cette impression d’urgence permanente, sans jamais offrir de véritable résolution. Ce n’est pas un morceau thérapeutique, c’est un instantané. Izaiah Karter ne romantise pas le trouble, il le donne à entendre, brut, inconfortable, parfois épuisant. Et c’est précisément là que le titre touche juste.
Ce qui rend ces deux morceaux passionnants lorsqu’on les écoute ensemble, c’est leur dialogue implicite. Eye Candy parle de ce que l’on montre, ADHD de ce que l’on subit intérieurement. L’un caresse, l’autre heurte. L’un séduit, l’autre déborde. Ensemble, ils dessinent le portrait d’une génération prise entre mise en scène permanente et surcharge mentale.
Izaiah Karter n’essaie pas de choisir entre introspection et efficacité pop. Il les fait cohabiter, parfois maladroitement, souvent brillamment. Dans un paysage pop rap saturé de poses et de slogans, cette dualité assumée donne à ces deux titres une épaisseur rare. Pas des manifestes, mais des fragments sincères, posés là comme des preuves de vie. Et c’est peut-être dans cette honnêteté-là que réside sa vraie signature.
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décembre 29, 2025Drive Away ressemble à un départ pris sans prévenir, moteur encore chaud, valises pleines de doutes et de rêves trop longtemps restés sur le bas-côté.
Dès les premières mesures, quelque chose se joue à contre-courant. Pas une posture, pas une façade clinquante. Drive Away avance avec cette sincérité un peu cabossée qu’on reconnaît tout de suite : celle des artistes qui n’ont pas grandi en se rêvant stars, mais qui ont fini par se découvrir une voix quand le reste du monde leur disait que c’était trop tard. WTF Dave ne raconte pas une success story, il raconte un déclic. Et ce déclic devient le moteur émotionnel du morceau.
Musicalement, le titre se tient sur une ligne hybride, presque improbable. Le rap y croise une forme d’indie rock rugueux, avec des réminiscences de country rap dans l’approche mélodique et le grain des guitares. Rien n’est parfaitement lisse, et c’est précisément ce qui rend l’ensemble crédible. Le beat n’écrase pas, il accompagne. Il laisse respirer les mots, comme si chaque mesure était pensée pour laisser passer le doute avant la détermination.
Le texte parle de découverte tardive, mais surtout de libération. De ce moment précis où l’on accepte enfin de faire quelque chose pour soi, même si ça implique le regard des autres, les jugements, les maladresses. La voix de WTF Dave porte encore des traces d’hésitation, et c’est là que le morceau devient touchant. On entend un artiste qui apprend en marchant, qui avance sans GPS, mais avec une foi nouvelle dans ce qu’il fait.
La présence de Concept renforce cette impression de collectif intime, presque familial. Les échanges vocaux donnent au morceau une texture humaine, loin des featurings opportunistes. Quant aux chœurs signés Mira Of Love, ils apportent une douceur fragile, comme une main posée sur l’épaule au moment de prendre la route.
Drive Away n’est pas un hymne à la réussite éclatante. C’est un morceau sur le courage discret. Celui de recommencer, de tenter, de croire qu’il reste encore quelque chose à dire, même quand on pense avoir raté le coche. Le refrain agit comme une fuite symbolique, un mouvement vers l’avant, sans destination précise, mais avec une certitude nouvelle : rester immobile aurait été pire.
Ce titre touche parce qu’il ne cherche jamais à impressionner. Il préfère raconter. Et dans cette narration brute, imparfaite, presque pudique, Drive Away trouve sa force. Une chanson pour ceux qui n’ont pas commencé au bon moment, mais qui ont fini par comprendre que le bon moment, parfois, c’est simplement celui où l’on ose enfin partir.
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décembre 29, 2025« Dog Ways » d’Eat Greedy G ne se présente pas, il grogne. Le titre impose sa logique dès la première seconde : ici, on ne survit pas par élégance, mais par réflexe.
Dog Ways avance avec une détermination animale. Le beat est sombre, menaçant, presque viscéral, comme un décor urbain filmé sans lumière artificielle. Rien n’est là pour rassurer. La production serre l’espace, enferme l’écoute, et crée une tension continue où chaque kick ressemble à un pas lourd sur le bitume. Ce morceau n’est pas fait pour séduire, il est conçu pour marquer le territoire.
Au centre de cette mécanique brutale, Eat Greedy G impose une posture sans détour. Dog Ways n’est pas une métaphore délicate : c’est un manifeste. Se définir comme un « dog », c’est revendiquer une existence guidée par l’instinct, la survie, la domination. Le rap ici n’analyse pas, il affirme. Chaque phrase tombe comme un avertissement, chaque mesure rappelle que la rue ne récompense pas l’hésitation.
La voix est directe, abrasive, dépourvue de filtre émotionnel. Eat Greedy G ne cherche pas à raconter une histoire complexe, il répète une règle simple : avancer, prendre, ne jamais lâcher. Cette répétition agit comme un conditionnement. Dog Ways fonctionne presque comme un mantra agressif, un rappel permanent que l’argent, le respect et la survie ne se négocient pas, ils se prennent.
Musicalement, le morceau s’inscrit dans une tradition gangsta rap assumée, nourrie de trap contemporaine. Les basses sont lourdes, poisseuses, pensées pour écraser plus que pour faire rebondir. La rythmique avance droit, sans variation inutile, renforçant cette impression de marche forcée. Ici, pas de respiration superflue. Tout est orienté vers l’impact.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de second degré. Dog Ways ne joue pas avec les codes, il les applique. Le morceau revendique une mentalité alpha permanente, une logique du « get paid » sans pause ni justification. Cette radicalité peut déranger, mais elle est cohérente. Eat Greedy G ne cherche pas l’adhésion universelle, il parle à ceux qui reconnaissent ce langage brut.
Le texte, frontal, refuse toute complaisance. Il n’y a ni romantisation de la rue ni moralisation tardive. Dog Ways décrit un monde régi par ses propres lois, où la loyauté est sélective et la faiblesse immédiatement sanctionnée. Cette vision, dure et sans fard, s’inscrit dans une tradition rap qui préfère la vérité perçue à la nuance confortable.
Dog Ways fonctionne comme une déclaration de guerre symbolique. Un morceau qui ne demande pas à être compris, mais accepté ou rejeté. Il impose une ambiance, une attitude, une façon d’occuper l’espace sonore. En playlist, il agit comme un rappel brutal : ici, la confiance est une arme, et l’instinct, une stratégie.
Avec Dog Ways, Eat Greedy G livre un titre sans concession, pensé pour ceux qui aiment le rap quand il mord plutôt que quand il explique. Un gangsta rap cru, territorial, assumé jusqu’au bout. Pas une promesse d’élévation, mais un constat : dans ce monde-là, seuls ceux qui avancent sans détour imposent leurs règles.
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décembre 29, 2025« Over Me », signé Icyy C. avec Waff, agit comme une phrase définitive lâchée sans trembler, un titre qui annonce d’emblée que le chapitre est clos, même si l’écho insiste encore.
Over Me ne s’embarrasse pas de nostalgie. Le morceau démarre avec cette énergie trap nerveuse, presque joyeuse, qui contraste frontalement avec le thème abordé. Ici, la rupture n’est pas un effondrement, c’est un terrain déjà traversé. Le beat rebondit, les basses frappent avec souplesse, et l’ensemble installe une dynamique de mouvement permanent. Musicalement, tout indique l’avant, jamais l’arrière.
Au centre de cette posture, Icyy C. confirme son goût pour les émotions maîtrisées. Over Me n’est pas un cri, c’est une mise à distance. L’autotune enveloppe la voix sans la masquer, accentuant cette sensation de froideur contrôlée, presque élégante. Icyy C. raconte une situation familière — l’ex qui n’arrive pas à lâcher — mais il le fait depuis un point d’équilibre déjà atteint. Le regard est posé, la décision prise.
La production joue un rôle clé dans ce récit. Le côté bouncy du morceau donne une légèreté paradoxale à un sujet potentiellement lourd. Ce choix n’est pas anodin. Over Me transforme le détachement émotionnel en énergie physique. On ne subit pas, on avance. La trap devient ici un outil de reconstruction, presque une bande-son de libération discrète.
La présence de Waff apporte une continuité naturelle au morceau. Leur collaboration, déjà éprouvée, repose sur une compréhension mutuelle du ton à adopter. Pas de surenchère, pas de clash inutile. Les flows se répondent avec cohérence, renforçant cette idée d’un front commun face à une histoire déjà terminée. Over Me fonctionne alors comme un dialogue intérieur partagé.
Ce qui frappe, c’est la maturité émotionnelle du titre. Là où beaucoup de morceaux trap exploitent la rupture comme un champ de bataille, Icyy C. choisit l’indifférence active. Over Me n’est pas une revanche, c’est une affirmation silencieuse. Le refrain, simple et efficace, agit comme un rappel mental : le problème n’est plus là, même s’il insiste encore.
Musicalement, le morceau coche toutes les cases d’un titre club-ready sans perdre sa dimension intime. Il fonctionne aussi bien dans un contexte festif que dans une écoute solitaire. Cette polyvalence renforce son impact. Over Me s’adapte à l’humeur de l’auditeur, que ce soit pour se motiver, se détacher ou simplement laisser tourner le son.
Dans le parcours de Icyy C., Over Me marque une étape claire. Un premier single qui ne cherche pas à impressionner par l’excès, mais par la cohérence. On sent un artiste qui affine son langage, qui comprend que la retenue peut parfois être plus forte que l’explosion.
Over Me n’essaie pas de réécrire l’histoire de la trap. Il raconte quelque chose de plus simple, mais profondément actuel : le moment précis où l’on sait qu’on est passé à autre chose, même si l’autre ne l’a pas encore compris. Un titre efficace, lucide, et surtout honnête, qui prouve que parfois, la meilleure réponse reste un groove solide et une phrase bien placée.
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décembre 28, 2025I Like Your Vibe de Lex Lündon n’est pas un coup de foudre amoureux immédiat, c’est ce regard qui insiste un peu plus longtemps que prévu et finit par imposer sa présence.
I Like Your Vibe commence dans un état de flottement maîtrisé. On sent encore l’ombre du lo-fi originel, cette esquisse fragile, presque domestique, mais très vite la matière s’épaissit. Le rythme prend corps, s’ancre dans une pulsation afro qui respire, et le morceau se met à avancer sans jamais se presser. Rien ici n’est brutal. Tout est affaire de température, de montée progressive, de confiance silencieuse.
Derrière cette construction patiente, Lex Lündon affirme une vraie intelligence de production. I Like Your Vibe s’inscrit dans une afro-fusion contemporaine, où l’afrobeats dialogue naturellement avec l’indie R&B et une sensibilité hip-hop discrète mais bien présente. Les percussions sont souples, presque caressantes, tandis que la basse trace une ligne ronde, hypnotique, pensée pour durer plutôt que pour frapper.
Ce qui frappe, c’est le sentiment d’évidence. Comme si chaque élément était arrivé là par intuition plutôt que par calcul. Le morceau donne cette impression rare d’être né d’un alignement : une idée simple, une voix juste, un instinct partagé. La présence du vocaliste originaire de Port Harcourt apporte une texture particulière, une chaleur immédiate, une couleur vocale qui ancre le morceau dans une afro-diaspora vivante, loin des clichés formatés.
La voix ne force jamais l’émotion. Elle glisse sur le rythme avec une assurance calme, presque nonchalante. I Like Your Vibe parle d’attraction, de connexion, mais sans lyrisme appuyé. Le désir ici est posé, observé, savouré. On est loin de la déclaration spectaculaire. C’est une séduction tranquille, un échange de vibes plus qu’un discours.
Musicalement, le morceau joue beaucoup sur la répétition intelligente. Les motifs reviennent, s’installent, créent une familiarité progressive. Cette lente insistance est précisément ce qui rend I Like Your Vibe si efficace. On ne l’attrape pas tout de suite, mais il reste. Il accompagne. Il revient en tête sans prévenir. Une vraie logique de slow-burn, parfaitement assumée.
La production, signée dans l’écosystème de Sigma Studioz, privilégie la clarté et l’espace. Chaque son respire. Rien ne déborde. Cette maîtrise donne au morceau une élégance certaine, adaptable aussi bien à une écoute nocturne solitaire qu’à une playlist afro chill plus collective.
I Like Your Vibe fonctionne comme un point de rencontre entre plusieurs mondes : afrobeats, R&B alternatif, hip-hop émotionnel. Mais au lieu de juxtaposer ces influences, Lex Lündon les fond dans une identité cohérente, fluide, déjà très affirmée. On sent un artiste qui sait exactement quand parler et quand laisser le groove faire le travail.
Ce titre ne cherche pas à voler la vedette. Il s’installe, observe, puis s’impose doucement. Une musique de connexion plutôt que de démonstration. Et dans un paysage afro-pop souvent pressé de séduire, cette lenteur maîtrisée devient une vraie signature.
I Like Your Vibe confirme que Lex Lündon ne court pas après les tendances : il construit une trajectoire. Une afro-fusion sensible, élégante, profondément instinctive, qui prouve qu’un bon groove n’a pas besoin de crier pour être entendu.
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décembre 28, 2025HOLD MY BAG 1 sonne comme un geste sec avant de disparaître dans la foule, une phrase lâchée sans se retourner, glaciale et parfaitement maîtrisée.
HOLD MY BAG 1 ne prévient pas. Le morceau s’impose par la posture avant même le son. Une attitude tranchante, presque distante, qui refuse l’explication et préfère l’impact. Dès l’entrée, la production installe un climat froid, anguleux, fait de percussions sèches, vitrifiées, comme si chaque kick résonnait sur une surface de verre. Le tempo avance sans hésiter, sûr de lui, laissant peu d’espace au doute.
Derrière cette esthétique, ICEy construit un univers où le silence est aussi important que le bruit. HOLD MY BAG 1 joue avec les contrastes : une énergie club évidente, mais jamais exubérante, et une retenue presque méprisante dans l’interprétation. Le trap ici n’est pas une démonstration de force, c’est une affirmation de distance. ICEy ne cherche pas à convaincre, il s’impose par l’absence d’effort apparent.
L’invitation de Defbitz ajoute une tension supplémentaire. Le bilinguisme anglais-allemand fonctionne comme une fracture volontaire, un rappel que cette musique circule entre les scènes, les villes, les identités. Les flows se croisent sans se fondre, chacun conservant sa rigidité, sa froideur propre. Ce dialogue n’adoucit rien, il accentue le caractère frontal du morceau.
Musicalement, HOLD MY BAG 1 brille par son minimalisme agressif. Les basses sont profondes mais contrôlées, jamais envahissantes. Les percussions claquent avec une précision chirurgicale, donnant au titre cette sensation de netteté extrême, presque clinique. La production refuse toute chaleur inutile. Tout est pensé pour renforcer cette impression d’isolement volontaire, de beauté née dans le retrait.
Le refrain agit comme un mantra détaché, une formule répétée non pour rassembler, mais pour marquer une frontière. HOLD MY BAG 1 n’est pas une célébration collective, c’est une marche solitaire au milieu du club. On danse seul, mais avec assurance. C’est une musique pour ceux qui entrent, regardent, prennent ce qu’ils veulent, puis repartent sans s’expliquer.
Il y a dans ce morceau une vraie compréhension des codes contemporains du pop-rap et du trap club, mais aussi une volonté claire de les tordre. ICEy ne joue pas la carte de la surenchère émotionnelle. Il privilégie la froideur, le contrôle, cette élégance distante qui transforme le détachement en force esthétique. La radio-friendly version promise ne gommerait sans doute jamais ce cœur glacial.
Publié sous la bannière I₡€ Θ₦ Ƒ¥Ξ, HOLD MY BAG 1 s’inscrit dans une logique d’identité plus que de format. On sent un projet qui pense la musique comme une attitude globale, un langage visuel et sonore cohérent, presque conceptuel.
HOLD MY BAG 1 n’est pas un banger expansif, c’est un banger de contrôle. Une trap moderne, froide, sûre d’elle, qui préfère disparaître que se répéter. ICEy signe ici un titre qui laisse une trace nette, comme une empreinte sur une surface gelée. Et quand la glace est bien posée, inutile d’en rajouter.
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décembre 28, 2025« imagination » marque l’instant précis où Lloyd Dove cesse de rêver sa musique et commence à l’habiter pleinement, sans filet, sans masque, sans détour.
imagination s’ouvre comme un carnet laissé ouvert sur une table trop longtemps. Pas d’esbroufe, pas de décor surchargé. Juste un espace nu, presque fragile, où chaque son semble avoir été posé avec une attention presque intime. Le piano arrive en premier, doux mais chargé, comme une pensée qui refuse de se taire. Puis la voix entre, déterminée, grave, déjà consciente de ce qu’elle va devoir affronter. On comprend rapidement que ce morceau n’est pas une démonstration, mais une prise de position.
Lloyd Dove signe ici un premier pas qui n’a rien de timide. imagination frappe par son contraste permanent : une production minimaliste, presque mélancolique, face à un rap frontal, parfois rugueux, toujours habité. Cette opposition devient la colonne vertébrale du morceau. Le piano apaise pendant que les mots cognent. La douceur n’annule jamais la dureté, elle la rend plus lisible, plus humaine.
Le flow est précis, sans précipitation inutile. Lloyd Dove prend le temps de poser ses phrases, de laisser respirer ses silences. On sent l’artiste qui a appris seul, qui a testé, raté, recommencé, jusqu’à trouver ce point d’équilibre entre introspection et affirmation. Le rap n’est pas ici un exercice de domination, mais un outil de clarification. Parler pour comprendre. Raconter pour tenir debout.
L’écriture navigue entre lucidité et vulnérabilité. Les thèmes abordés — l’amour, la rupture, la confusion émotionnelle — ne sont jamais traités comme des clichés obligatoires. Ils apparaissent comme des fragments de vécu, bruts, parfois inconfortables, mais toujours honnêtes. imagination n’essaie pas de séduire par la formule. Il cherche la reconnaissance par la sincérité. Et c’est précisément ce qui le rend crédible.
On ressent aussi une forme de déplacement intérieur. Ce morceau porte la trace d’un isolement choisi, d’un temps passé à observer, à digérer, à reconstruire. Le voyage solitaire à Paris n’est pas un détail anecdotique : il plane sur le titre comme une influence invisible, une respiration différente, une distance nécessaire pour se regarder autrement. imagination sonne comme un retour, mais aussi comme un départ.
Musicalement, le choix du dépouillement est judicieux. Aucun élément n’est là pour distraire. Tout converge vers la voix et le texte. Le drop tardif agit comme une libération contrôlée, un moment où la tension accumulée trouve enfin une sortie sans jamais exploser complètement. Cette retenue donne au morceau une élégance rare pour un premier single.
imagination ne cherche pas à impressionner l’industrie. Il cherche à établir un lien. Lloyd Dove s’adresse à celles et ceux qui ont déjà eu besoin de se parler à eux-mêmes pour avancer. Un rap introspectif, sensible, maîtrisé, qui refuse les raccourcis et préfère la construction lente.
Ce premier titre ne ressemble pas à un coup d’essai opportuniste. Il ressemble à une fondation. Et parfois, c’est exactement comme ça que commencent les trajectoires qui durent.
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décembre 28, 2025Un morceau qui te fait sourire avant de te mettre face à toi-même, entre égo, désir et vérités qui dérangent.
OH ne joue pas à cache-cache. Le titre s’ouvre comme une porte claquée trop fort, avec ce rap français qui assume ses angles, ses contradictions et ses émotions mal rangées. Ici, le fond et la forme avancent ensemble : une prod old-school nerveuse, presque joueuse, et des textes qui dissèquent une relation aussi toxique qu’addictive, sans jamais chercher l’excuse ou la morale.
À deux voix, Cenza et Hamorabi (alias Baba Funk) livrent un échange tendu, souvent ironique, toujours lucide. Leur alchimie repose sur cette capacité à jongler entre provocation frontale et aveux à demi-mots. L’un comme l’autre incarnent ce tiraillement moderne : vouloir tout contrôler tout en ayant peur de s’attacher, traiter l’autre comme une reine tout en gardant un pied dehors.
La production, résolument marquée par les années 2000, donne au morceau un rebond presque trompeur. Le beat est bouncy, efficace, taillé pour hocher la tête, pendant que la flûte arabe s’infiltre dans le mix comme un motif obsessionnel. Elle accentue cette impression de spirale émotionnelle, de relation qui tourne en boucle, impossible à quitter malgré la lassitude et la méfiance.
Les punchlines fusent, pleines d’esprit, parfois mordantes, souvent drôles. Cenza et Hamorabi maîtrisent l’art de la formule : des métaphores bien senties, un sens du détail qui rend chaque scène crédible, presque cinématographique. On passe de la luxure assumée à la tendresse maladroite, du sarcasme à une sincérité désarmante, sans jamais perdre le fil.
OH est un miroir. Celui d’une génération qui aime fort mais doute encore plus, qui oscille entre liberté et besoin de lien, entre désir brut et peur de l’engagement. Approuvé pour EXTRAVARAP, le morceau fonctionne autant comme banger de playlist que comme récit intime. Un rap français sans fard, vivant, qui rappelle que les histoires les plus bancales sont souvent celles qu’on écoute le plus longtemps.
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décembre 27, 2025Quand AWOL Da Mindwriter lance Now Loading, le hip-hop ne démarre pas… il gronde, il charge, il menace de crasher le système.
Le morceau déboule comme l’écran d’attente d’une vieille console qu’on aurait bricolée avec des nerfs à vif et une rage parfaitement canalisée. Now Loading, c’est le bruit sourd d’un monde qui sature, le souffle juste avant l’impact. AWOL Da Mindwriter ne rappe pas pour meubler le silence : il écrit pour fissurer les murs. Chaque phrase est un coup porté, chaque respiration ressemble à un avertissement. Ici, pas de pose nostalgique gratuite, mais une vision très claire du boom-bap comme terrain de combat mental.
Derrière les machines, August Fanon construit un décor à la hauteur du propos : une production sèche, granuleuse, presque hostile, qui évoque autant l’âge d’or new-yorkais que l’esthétique brute du rétro-gaming. Les kicks cognent comme des pixels trop lumineux, les samples tournent en boucle avec une précision chirurgicale. Rien n’est là pour flatter l’oreille : tout est pensé pour maintenir la tension, comme un niveau dont on ne voit jamais la sortie.
L’arrivée de Zarz The Origin agit comme un renfort armé jusqu’aux dents. Son couplet ne fait pas doublon, il élargit le champ de bataille. Les voix se croisent, se répondent, se challengent, sans jamais perdre le fil narratif. On sent une vraie fraternité de plumes, un respect mutuel forgé dans la performance plus que dans l’image.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Now Loading refuse toute facilité. Le morceau ne cherche pas le refrain viral ni la punchline isolée pour les réseaux. Il avance comme un monolithe, dense, cohérent, presque austère, mais terriblement vivant. Le rap d’AWOL est frontal, parfois abrasif, toujours lucide. Il parle d’état d’alerte permanent, de survie intellectuelle, d’un monde où penser est déjà un acte de résistance.
Dans un paysage hip-hop souvent pressé d’aller trop vite, Now Loading prend le contrepied : il installe, il insiste, il oblige à rester concentré. Ce titre agit comme une passerelle entre générations, reliant l’héritage boom-bap à une urgence contemporaine. Un morceau qui ne promet pas le confort, mais la clarté. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
Now Loading, ce n’est pas un simple titre en attendant l’album. C’est un manifeste déguisé en écran de chargement. Et quand le jeu commencera vraiment, certains comprendront trop tard qu’AWOL Da Mindwriter et August Fanon avaient déjà pris plusieurs longueurs d’avance.
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décembre 27, 2025Sous le souffle grave de New Creation, Deca OTA transforme la foi en moteur et le doute en carburant, livrant un morceau qui marche droit, même quand tout vacille autour.
La première sensation n’est pas musicale, elle est physique. New Creation arrive comme une pression lente dans la poitrine, un battement intérieur qui force l’écoute à se faire attentive. Deca OTA ne rappe pas pour impressionner, il rappe pour survivre, et surtout pour comprendre. Ce titre n’a rien d’un sermon figé ni d’un manifeste moralisateur : c’est un journal ouvert, écrit à l’encre de l’expérience et du tiraillement intérieur. Ici, la spiritualité n’est pas décorative, elle est traversée de doutes, de fatigue morale, de nuits trop longues et de lendemains incertains.
Musicalement, le morceau avance avec retenue. La prod reste volontairement sobre, presque méditative, laissant l’espace nécessaire aux mots pour respirer. Le flow de Deca OTA s’y déploie sans démonstration, précis, posé, parfois presque parlé, comme si chaque phrase devait d’abord être validée par la conscience avant d’être lâchée dans le micro. Cette économie de gestes renforce l’impact émotionnel : rien n’est là par hasard, tout est pesé. On sent l’héritage du rap britannique introspectif, mais débarrassé de toute posture urbaine attendue. New Creation refuse le cliché du “rap de rue” autant que celui du “rap conscient” plaqué. Il trace une troisième voie, plus intime, plus fragile, mais aussi plus honnête.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Deca OTA parle de transformation sans jamais la vendre comme un miracle. La “nouvelle création” évoquée n’est pas une renaissance spectaculaire, mais un processus lent, inconfortable, parfois ingrat. Le morceau donne l’impression d’assister à une reconstruction en temps réel, avec ses fissures encore visibles. Cette sincérité fait écho à toute une génération d’artistes britanniques qui cherchent à redéfinir la notion de réussite, loin de l’ego-trip et des récits de domination. Les co-signs reçus par Deca OTA de la part de Nemzzz, Blanco ou Knucks ne doivent rien au hasard : ils reconnaissent chez lui une écriture qui ne triche pas, une parole qui engage.
New Creation s’inscrit aussi dans une dynamique collective forte, portée par Free Imprint, où l’indépendance n’est pas un slogan mais une méthode de travail. On sent derrière le morceau une volonté de construire autre chose que des chiffres : une vision, une communauté, un langage commun. Le titre agit alors comme un point d’équilibre entre introspection personnelle et résonance universelle. Chacun peut s’y projeter, croyant ou non, parce que le cœur du propos reste profondément humain : comment continuer à avancer quand les repères s’effondrent.
Avec New Creation, Deca OTA ne promet pas la paix, il documente le chemin pour y tendre. Un morceau dense, habité, qui rappelle que le rap peut encore être un espace de réflexion profonde sans perdre sa force brute. Un titre qui ne cherche pas à sauver qui que ce soit, mais qui, paradoxalement, fait du bien.
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décembre 27, 2025Chicago, Houston, le DMV dans le rétro, la nuit qui tombe trop vite et les basses qui cognent comme un souvenir qu’on croyait rangé.
Le premier réflexe en lançant Cruisin Remix, c’est de baisser un peu la vitre. Pas pour entendre le monde, mais pour laisser entrer l’air chaud d’un rap qui sent le cuir usé, les autoroutes sans destination précise et cette élégance nonchalante que le rap des années 2000 savait manier sans forcer. Zayfromthebay ne cherche pas à moderniser à outrance, ni à rejouer la carte nostalgique façon musée. Il fait mieux que ça : il réactive une sensation.
Le morceau fonctionne comme une virée collective, pensée comme un passage de relais géographique et stylistique. Chaque voix arrive avec son accent, son grain, son tempo intérieur. Koop Da Villain ouvre le bal avec un flow posé, presque traînant, comme si le temps lui appartenait. Rien de pressé ici : le groove s’installe, la prod respire, le beat laisse de l’espace entre les coups. Zay prend ensuite le volant sans hausser le ton, préférant la précision à la démonstration. Il rappe comme on parle pendant un long trajet nocturne, quand les pensées se mettent à défiler plus vite que les kilomètres.
Puis vient Big Bo$$ Purple, incarnation DMV d’un rap sûr de lui, dense mais jamais écrasant. Son couplet a ce truc rare : il donne l’impression d’avoir été enregistré à l’instant exact où la musique l’exigeait, ni avant ni après. Enfin, Rockie Fresh referme la boucle avec une élégance presque cinématographique. Son timbre apporte une lumière différente, comme un dernier plan large avant que la route ne disparaisse.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du morceau malgré la diversité des voix. Cruisin Remix ne ressemble pas à un empilement de feats opportunistes. On sent une vraie volonté de créer un espace commun, un terrain de jeu où chacun garde son identité sans écraser celle des autres. Le beat, volontairement sobre, agit comme un bitume lisse : parfait pour glisser, dangereux pour ceux qui veulent trop en faire.
Zayfromthebay signe ici un morceau qui se vit plus qu’il ne s’analyse. Un titre à écouter en mouvement, dans une voiture ou un bus de nuit, quand la ville devient décor et que la musique reprend le contrôle. Pas un banger hystérique, pas un manifeste politique, mais un instant suspendu, précieux, qui rappelle que le rap sait encore être un art du trajet. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 27, 2025Entre basses qui plient la tôle et voix filtrées comme des pensées sous pression, Chebo Bangs transforme “Doors” en tunnel émotionnel où chaque sortie semble verrouillée de l’intérieur.
Il faut imaginer “Doors” comme une virée en voiture, vitres baissées, nuit épaisse, cœur chargé. Le genre de morceau qui ne demande pas l’attention polie des playlists sages, mais le volume à fond et le corps qui vibre avec les basses. Chebo Bangs ne cherche pas à rassurer : il appuie là où ça cogne, là où l’autotune devient moins un effet qu’un langage, presque un aveu déformé par la vitesse et la fatigue mentale.
Dès les premières secondes, “Doors” impose une atmosphère lourde, presque poisseuse, où le beat semble avancer à pas lents mais déterminés. La prod est massive, pensée pour les subwoofers, avec ce genre de basses qui ne s’entendent pas seulement : elles s’encaissent. Le morceau vit dans cet espace entre la trap contemporaine et une forme de mélancolie urbaine, où chaque kick agit comme un rappel à la réalité. Pas celle des success stories, mais celle des nuits sans réponse, des décisions prises trop tard, des portes qu’on ferme pour survivre.
L’arrivée de OBKAOS renforce cette tension. Sa présence agit comme un miroir sombre, une voix qui prolonge le malaise au lieu de l’apaiser. Les deux artistes se répondent sans jamais chercher la démonstration technique gratuite. Ici, la performance sert le ressenti : une forme de solitude partagée, presque fraternelle, où l’autotune gomme les aspérités pour mieux faire ressortir la fragilité.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence émotionnelle du morceau. “Doors” ne raconte pas une histoire linéaire ; il accumule des états d’âme, des fragments de pensées, des sensations de blocage. On sent un artiste qui avance sans plan précis, mais avec une intuition claire : dire les choses telles qu’elles pèsent, même si la voix tremble ou se déforme. L’autotune, loin d’être un cache-misère, agit comme une couche supplémentaire de vérité, une manière d’assumer la distance entre ce qu’on ressent et ce qu’on parvient à exprimer.
“Doors” fonctionne alors comme une bande-son d’errance moderne. Un titre fait pour rouler sans destination, pour penser trop fort, pour encaisser le monde sans filtre. Chebo Bangs ne promet pas d’issue lumineuse, mais il offre un espace : celui où la musique devient refuge temporaire, caisse de résonance pour celles et ceux qui avancent malgré le poids. Et parfois, c’est largement suffisant.
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décembre 27, 2025Quand Modyst et Saï T verrouillent le monde dehors, Isolation devient un journal intérieur posé sur une boucle sale, un lieu mental où la lucidité fait plus de bruit que les sirènes.
Le premier choc vient sans prévenir, comme une porte qu’on claque derrière soi pour enfin respirer. Isolation n’est pas une posture, c’est un état. Un sas. Modyst et Saï T s’y enferment volontairement, loin du bavardage ambiant, pour mieux ausculter ce que le monde fait aux nerfs quand il tourne trop vite. Le morceau avance à pas lents, boom bap tendu, presque ascétique, avec cette économie de moyens qui dit beaucoup plus que mille couches de synthés. Ici, chaque silence compte. Chaque respiration est pesée.
Modyst pose le décor avec une écriture qui ne cherche pas l’effet, mais la justesse. Le flow est droit, sans fioriture, comme une marche nocturne dans un quartier qu’on connaît par cœur mais qui ne rassure plus vraiment. Sa voix ne surjoue rien, elle constate. Elle observe les murs se rapprocher, la pression sociale, l’isolement choisi ou subi, cette sensation étrange d’être entouré et pourtant seul. C’est du rap conscient débarrassé du vernis militant, plus proche du carnet de bord que du manifeste.
Saï T arrive comme un contrepoint émotionnel. Là où Modyst analyse, Saï T ressent. Son timbre apporte une densité supplémentaire, presque mélancolique, qui donne au morceau une profondeur humaine immédiate. Leur complémentarité fonctionne sans effort, comme deux solitudes qui se reconnaissent. Pas de compétition, pas de démonstration technique gratuite. Juste deux voix qui se croisent dans le même couloir étroit.
La production, volontairement épurée, joue un rôle clé. La boucle boom bap est rugueuse, légèrement poussiéreuse, rappelant une époque où le rap servait avant tout à dire ce qui n’avait pas d’espace ailleurs. Pas de drop spectaculaire, pas de montée artificielle : Isolation refuse le spectaculaire pour rester honnête. Ce choix donne au morceau une intemporalité rare, presque anti-algorithme, comme s’il existait en marge des playlists pressées.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence entre le fond et la forme. Tout dans Isolation respire le repli nécessaire, la mise à distance salutaire. Le morceau ne cherche pas à plaire, il cherche à tenir debout. Et c’est précisément ce qui le rend fort. Dans un paysage saturé de bruit, Modyst et Saï T rappellent que le rap peut encore être un lieu de refuge, un espace de pensée lente, un endroit où l’on accepte de regarder l’inconfort en face.
Isolation n’offre pas de solution miracle. Il propose mieux : un miroir. Brut, sans filtre, mais étrangement apaisant. Un titre qui ne crie pas, mais qui reste longtemps, comme une phrase qu’on se répète en rentrant seul, casque sur les oreilles, pour ne pas se perdre complètement.
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décembre 27, 2025Avec Kniga Emocij – Part 2, Czelovek transforme chaque morceau en page froissée d’un carnet de survie émotionnelle, où les mots cognent autant qu’ils apaisent, entre rage lucide et groove réparateur.
Le retour de Czelovek ne se fait ni dans le bruit ni dans la nostalgie. Il arrive par la bande, en douceur apparente, avec cette seconde partie de Kniga Emocij qui ressemble moins à un EP qu’à un état des lieux intime. Ici, pas de posture, pas de surjeu : juste un artiste qui avance à découvert, porté par une écriture directe, presque nue, et une science instinctive du mélange entre rap frontal et pulsations reggae.
Tout commence avec Gotow, ouverture sèche, ramassée, presque nerveuse. Le morceau agit comme un sas : deux minutes à peine, mais une tension immédiate, un sentiment de préparation mentale, comme si Czelovek annonçait qu’il est prêt à dire ce qui doit l’être, sans détour ni fioriture. La voix est posée, concentrée, l’énergie contenue.
Avec Wodymutnye, en duo avec Sum, le climat se trouble. Le titre flotte dans une zone plus floue, aquatique presque, où les flows se croisent sans se heurter. Le reggae infuse lentement, donnant au morceau un balancement ambigu, entre lâcher-prise et méfiance. On y sent le doute, la méfiance envers les eaux troubles du quotidien, mais aussi une solidarité tacite entre voix.
Taknado pousse plus loin la logique mélodique. Le refrain s’accroche, presque malgré soi, tandis que le texte garde cette âpreté caractéristique. Czelovek y excelle dans l’art de dire l’usure sans plainte, la nécessité d’avancer même quand l’élan manque. Le groove agit comme un exutoire discret.
Moment suspendu, Galanthus — du nom de la fleur qui perce la neige — incarne parfaitement la philosophie de l’EP. Le morceau respire l’espoir fragile, celui qui ne fait pas de bruit mais qui insiste. Le duo avec Sum fonctionne ici comme un dialogue intérieur, entre résistance et renaissance.
Avec Denzadnem, Czelovek revient en solo, plus introspectif. Le titre avance à pas comptés, presque minimaliste, et donne l’impression d’un journal de bord quotidien, où chaque jour ressemble au précédent mais laisse malgré tout une trace.
Enfin, Tebia pret referme l’EP sur une note plus directe, presque abrasive. Le flow se durcit, l’énergie remonte, comme une affirmation finale : malgré les cycles, malgré la fatigue, quelque chose pousse encore à créer, à dire, à rester debout.
Kniga Emocij – Part 2 ne cherche pas à séduire à tout prix. Il préfère toucher juste. Czelovek y affirme une identité libre, hors formats, fidèle à ses racines mais tournée vers un présent mouvant. Un EP qui se vit plus qu’il ne s’analyse, et qui confirme qu’ici, l’émotion n’est jamais un concept : c’est une matière première.
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décembre 20, 2025Il y a des morceaux qui ne demandent pas la permission pour exister, ils surgissent, te regardent droit dans les yeux et te disent : j’ai traversé pire que toi.
“Lord of the Night” de Lisa Jo appartient à cette catégorie rare. Pas un simple single de plus dans le flux continu des sorties indépendantes, mais un point de bascule. Un moment où la musique cesse d’être un projet pour devenir une nécessité vitale. On n’est pas dans la démonstration technique ni dans la posture. On est dans l’urgence, la vraie.
Lisa Jo rappe, chante et raconte comme quelqu’un qui n’a plus rien à perdre. Son flow est sûr, presque calme, mais chargé d’une tension sourde, comme si chaque phrase portait le poids de ce qui a failli l’emporter. “Lord of the Night” avance avec une assurance étrange, celle de quelqu’un qui a déjà vu le fond et qui refuse désormais de chuchoter. Le beat est lisse mais jamais tiède, construit pour soutenir la voix plutôt que l’écraser. Tout est pensé pour que le récit respire.
Ce qui frappe, c’est la précision émotionnelle. Lisa Jo ne romantise pas la douleur, elle l’utilise comme matière première. On sent une obsession du détail, une volonté presque maniaque d’atteindre la justesse parfaite — au point de réenregistrer le morceau encore et encore jusqu’à trouver l’équilibre exact entre rythme et gravité. Cette exigence donne au titre une force tranquille, une solidité qui ne cherche pas l’effet immédiat mais s’installe durablement.
“Lord of the Night” fonctionne comme une confession nocturne, mais sans pathos. Il y a de la colère, oui, mais surtout une forme de lucidité radicale. Lisa Jo ne demande pas qu’on la plaigne. Elle affirme qu’elle est encore là. Et qu’elle avance. Cette énergie se ressent dans chaque inflexion de la voix utilisée pour incarner ses lyrics, dans cette manière de poser les mots avec un calme presque dérangeant, comme si la tempête avait déjà eu lieu.
Ce single s’inscrit aussi dans une trajectoire folle : plus de trente morceaux créés en quelques mois, une explosion créative qui ressemble moins à une stratégie qu’à un besoin physique de produire, d’exister par le son. Lisa Jo refuse les cases, navigue entre les genres, et impose une identité en mouvement, brute mais maîtrisée. On sent une artiste qui écrit pour tenir debout, pas pour plaire aux algorithmes.
“Lord of the Night” n’est pas un cri. C’est pire : c’est une affirmation. Celle d’une artiste qui a traversé le chaos et qui transforme désormais la nuit en territoire de pouvoir. Un morceau qui ne promet pas la lumière immédiate, mais qui prouve qu’on peut apprendre à marcher dans l’ombre — et y régner.
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décembre 19, 2025Blue Flame Hughes ne rappe pas pour meubler le silence, il rappe pour l’habiter, le dominer, le transformer en terrain de jeu intérieur. The 118 Theory ne se traverse pas distraitement : c’est un bloc, une montée progressive où chaque titre agit comme une pièce d’un puzzle mental, spirituel et très concret à la fois.
Dès Victory (Intro), Hughes plante le décor. Pas une intro décorative, mais une mise en condition. Les nappes sont larges, la voix posée comme un discours avant le combat. Ici, la victoire n’est pas encore acquise, elle est visualisée, invoquée. On sent l’artiste dans une phase de recentrage, presque méditative, avant l’explosion.
HammerTime arrive ensuite comme un coup sec. Rythme court, énergie compacte, ego assumé. Hughes tape là où ça fait mal, sans fioritures, avec cette manière très américaine de transformer la confiance en moteur narratif. Reckless prolonge cette dynamique : plus mélodique, plus flottant, il explore la zone grise entre maîtrise et abandon, là où le risque devient une nécessité créative.
Moment clé du disque, The Tone (The CountDown City Anthem) avec Ant Fisher agit comme un hymne urbain, calibré pour résonner aussi bien dans les écouteurs que dans une salle pleine. Le morceau respire la ville, la pression, le compte à rebours permanent. À l’opposé, Still (Himmy Duncan) avec Yung Joddye ralentit le tempo : introspection douce-amère, voix plus fragile, presque en apnée.
Le cœur émotionnel de l’album se joue autour de You et Company. Deux titres qui parlent de lien, de solitude choisie ou subie, de ce besoin paradoxal d’être entouré tout en restant seul avec ses ambitions. Gigolo Jak (Interlude) agit alors comme une respiration ironique, presque un clin d’œil, avant de repartir plus frontal avec Pull Up, où l’énergie collective reprend le dessus.
La tension monte avec Fear (The Face Off), un morceau qui confronte directement les doutes, sans posture héroïque. Puis Hey Mama vient toucher quelque chose de plus intime, presque familial, rappelant que derrière la performance, il y a une trajectoire humaine.
La fin du disque est une ascension : Flow State Freestyle capture cet instant rare où tout s’aligne, où le rap devient réflexe pur. Heights et Stadium Status (Lucid Dreams) élargissent encore le cadre, visant grand, très grand, sans jamais perdre le contrôle. Et quand Standing Ovation (Outro) tombe, ce n’est pas une conclusion classique : c’est un arrêt sur image, le moment où l’artiste regarde le chemin parcouru, conscient que tout ne fait que commencer.
Avec The 118 Theory, Blue Flame Hughes livre un album dense, réfléchi, où la performance technique sert toujours un propos plus large. Un disque qui parle de discipline, de foi en soi, de chute et d’élévation, sans jamais sonner comme un discours. Juste du rap vécu, maîtrisé, et franchement habité.
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décembre 19, 2025« Avec Personne pouvait me sauver, Yari transforme la solitude en uppercut émotionnel et pose une vérité crue, sans filtre, droit dans la poitrine. »
Ça commence comme un aveu lâché à voix basse, puis ça monte, ça serre, ça déborde. Personne pouvait me sauver n’essaie jamais de faire joli, ni de rassurer. Yari écrit depuis l’endroit où on arrête d’attendre que quelqu’un arrive. Cet endroit chelou, entre lucidité violente et résignation active. Pas de héros, pas de main tendue au bon moment, juste un mec face à lui-même, qui constate que le monde n’a pas prévu de plan B pour les âmes trop cabossées.
Musicalement, le morceau avance comme une nuit qui refuse de finir. L’instru est sombre mais pas figée, elle respire à peine, laisse passer des silences lourds, presque gênants. On sent une esthétique rap mélancolique actuelle, mais sans copier-coller. Yari ne cherche pas le gimmick, il cherche la justesse. La prod sert le texte comme un décor minimaliste : rien de trop, tout est là pour laisser la voix faire le sale boulot. Et cette voix, justement, elle n’est pas lisse. Elle tremble parfois, elle appuie là où ça fait mal, elle assume ses failles au lieu de les maquiller.
Ce qui frappe, c’est l’écriture. Pas dans la punchline Instagram, mais dans la phrase qui traîne, qui revient, qui obsède. Personne pouvait me sauver sonne comme une conclusion acceptée trop tôt, mais répétée pour s’en convaincre. Yari parle de solitude, mais pas celle qu’on romantise. Une solitude urbaine, mentale, générationnelle. Celle où t’as du monde autour, mais personne dedans. Celle où tu comprends que demander de l’aide n’a pas toujours de réponse.
Le morceau ne cherche jamais à faire la morale ni à vendre une rédemption rapide. Pas de “ça ira mieux demain” en carton. Juste un constat honnête : parfois, tu dois avancer seul, même quand t’as plus de jus. Et paradoxalement, c’est là que le titre devient fort. Parce que dans cette phrase ultra sombre, il y a aussi une forme de puissance. Si personne pouvait le sauver, alors c’est lui qui a tenu. Lui qui a écrit. Lui qui a survécu assez longtemps pour le raconter.
Yari s’inscrit dans cette nouvelle vague d’artistes qui n’ont plus peur de montrer le vide, l’ennui, la fatigue émotionnelle. Pas pour faire pleurer, mais pour documenter une époque. Personne pouvait me sauver ressemble à un message vocal jamais envoyé, ou à une note écrite à 4h du mat quand le cerveau tourne trop vite. C’est brut, parfois inconfortable, mais profondément sincère.
Un morceau qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est précisément pour ça qu’il touche juste. Parce qu’au fond, quand tu l’écoutes, t’as l’impression que quelqu’un met enfin des mots sur ce que beaucoup taisent. Et ça, aujourd’hui, c’est déjà énorme.
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décembre 19, 2025« Sur Next Up France, 63OG ne demande pas sa place : il la prend, il la mâche, et il recrache le décor. »
La scène est froide, presque clinique, mais l’énergie déborde. Avec Next Up France, 63OG ne vient pas pour tester le micro : il vient le plier. Invité par Mixtape Madness, véritable passeport international pour têtes brûlées du rap, le rappeur impose un diptyque sec, sans bavure, où C’est Nous et Manger la vie fonctionnent comme deux battements d’un même cœur. Un cœur qui tape vite, fort, et surtout sans filtre.
C’est Nous ouvre le bal comme une déclaration de présence. Pas besoin de storytelling inutile : 63OG pose son monde, son clan, sa posture. La prod est nerveuse, presque minimaliste, laissant la place à un flow qui glisse entre les langues et les influences avec une aisance insolente. Français, anglais, accents US digérés sans caricature : le DMV flow devient ici un langage naturel. Ça sonne vrai, pas cosplay. On sent l’artiste qui a vécu le truc, qui a observé ailleurs pour mieux revenir cogner ici. Le morceau agit comme un cri de ralliement, un “on est là” balancé sans chercher l’approbation. Froid, mais jamais vide.
Puis arrive Manger la vie, et là, le freestyle bascule dans une autre dimension. Plus sombre, plus poisseux, presque hypnotique. Le titre dit tout : survivre ne suffit plus, il faut dévorer. La rythmique saute, les textures trap se frottent à des sonorités afro en arrière-plan, créant une tension constante. 63OG rappe comme s’il courait après quelque chose – ou quelqu’un – sans jamais ralentir. Les punchlines claquent, restent en tête, se répètent comme un mantra urbain. C’est sale, c’est addictif, c’est calibré pour tourner en boucle dans la tête, exactement comme les systèmes qu’il observe et détourne.
Ce Next Up France n’est pas juste un freestyle de plus dans l’algorithme. C’est un statement. 63OG montre qu’il a compris les codes sans s’y soumettre. Il joue avec, les tord, les exporte. Son parcours transpire dans chaque intonation : l’ailleurs, le retour, l’entre-deux permanent. On n’est pas sur un rap de pose, mais sur un rap de mouvement, toujours en déséquilibre contrôlé.
En deux morceaux, 63OG réussit un truc rare : donner l’impression que tout peut encore arriver. Pas de surproduction, pas de posture forcée. Juste une énergie brute, connectée à son époque, qui parle autant aux caves qu’aux écrans. Next Up France devient alors plus qu’un format : un point de bascule. Et clairement, 63OG n’a pas fini de manger la vie.
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décembre 19, 2025“Avec Slow Down, Deepwise transforme le ralentissement en acte de résistance intime, une respiration lucide au milieu du vacarme.”
Il y a, dès les premières mesures de Slow Down, cette sensation rare que le temps se dilate. Pas un effet de style, pas une posture new age plaquée sur un beat trap, mais une vraie décision artistique : refuser la précipitation, reprendre la main sur le rythme imposé. Deepwise ne rappe pas pour courir après l’époque, il choisit au contraire de la regarder droit dans les yeux, de l’obliger à ralentir avec lui.
Le morceau s’installe sur une production souple, presque cotonneuse, où les nappes planantes flirtent avec une esthétique cloud-rap sans jamais s’y dissoudre. Le piano, discret mais obsédant, agit comme un point d’ancrage émotionnel. Il y a quelque chose de méditatif dans cette boucle, un espace laissé volontairement ouvert pour que les mots respirent. Le beat trap, loin de la démonstration agressive, avance avec retenue, ponctué de percussions aux accents latins qui injectent une chaleur organique dans cet univers introspectif.
La force de Slow Down réside surtout dans son écriture. Deepwise s’inscrit dans une tradition consciente héritée du golden era, mais il la détourne vers un terrain plus existentiel. Il ne sermonne pas, il observe. Ses textes parlent de sédiments à laisser retomber, de lumière intérieure à préserver, de cadence personnelle à défendre dans un monde saturé de sollicitations. Le flow épouse cette philosophie : posé, précis, presque conversationnel, il glisse sur l’instrumentale avec une assurance tranquille. On sent l’influence des grands anciens, mais aussi une volonté claire de ne pas rester figé dans la nostalgie.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à conjuguer fond et forme. Là où beaucoup de rap introspectif sacrifient l’énergie au profit du message, Slow Down conserve une vraie musicalité, un groove subtil qui donne envie de hocher la tête autant que de réfléchir. La voix, parfois presque chantée, crée une proximité immédiate, comme si Deepwise s’adressait directement à l’auditeur, sans filtre ni masque.
Le morceau fonctionne aussi comme une déclaration d’intention artistique. En choisissant le ralentissement comme thème central, Deepwise affirme une posture rare dans le rap actuel : celle d’un artiste qui n’a pas peur du silence entre les notes, ni de la nuance dans le discours. Slow Down n’est pas un simple single de plus dans une discographie en construction, c’est un manifeste discret, une invitation à reprendre son souffle sans quitter la danse.
Dans ce rap qui pense autant qu’il vibre, Deepwise confirme qu’il sait transformer la conscience en expérience sonore. Un titre qui ne crie pas pour exister, mais qui s’impose doucement, durablement, en rappelant que parfois, avancer commence par savoir ralentir.
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décembre 19, 2025« TRUST ISSUES de Luc Patrick ne cherche pas à réparer les liens brisés : il les expose, à vif, pour comprendre où tout a lâché. »
Il faut parfois que la musique arrive trop tôt, avant même que les idées soient claires, avant que la production soit finie, avant que la douleur ait trouvé ses mots définitifs. TRUST ISSUES naît exactement dans cet espace-là : un endroit instable, inconfortable, mais terriblement humain. Luc Patrick ne raconte pas une histoire digérée, encore moins une morale. Il capture un moment précis où l’émotion déborde et dicte ses propres règles.
Tout commence par le texte. On le sent immédiatement. Le morceau ne s’appuie pas sur un beat pour exister : c’est le beat qui s’incline devant les paroles. La production, sombre, resserrée, presque claustrophobe, semble construite comme une pièce sans fenêtres. Un piano lourd, chargé d’une gravité presque cinématographique, installe une tension continue. L’influence de The Batman plane clairement sur l’atmosphère : une noirceur urbaine, poisseuse, où chaque note semble porter le poids d’un secret trop longtemps gardé.
Vocalement, Luc Patrick choisit la frontalité. Pas de filtre émotionnel, pas de distance ironique. La voix est posée, parfois tranchante, parfois fragile, mais toujours directe. On pense à l’intensité technique et mentale de Token, non pas dans l’imitation, mais dans cette même capacité à affronter ses propres démons sans détour, quitte à déranger. TRUST ISSUES ne cherche jamais à séduire : il confronte. Et c’est précisément ce qui le rend aussi magnétique.
Ce single parle de trahison, mais surtout de ce qui reste après. Des failles familiales, de l’addiction, de la difficulté à reconstruire une confiance quand les fondations ont été abîmées trop tôt. Luc Patrick n’érige pas sa douleur en spectacle. Il l’utilise comme une matière brute, presque documentaire. On n’écoute pas TRUST ISSUES comme on consomme un titre de rap introspectif de plus. On l’écoute comme on surprend une conversation qu’on n’était pas censé entendre.
La force du morceau réside aussi dans son absence de résolution. Rien n’est vraiment réglé à la fin. Le titre ne propose ni guérison immédiate, ni rédemption facile. Il s’arrête là où beaucoup de chansons commencent habituellement à embellir. TRUST ISSUES accepte l’inconfort, la confusion, la colère encore mal rangée. Cette honnêteté radicale donne au single une portée rare, presque thérapeutique pour l’auditeur.
Dans un paysage musical souvent obsédé par la finition et la perfection sonore, Luc Patrick prend le contrepied. Il privilégie l’urgence à la politesse, l’émotion au vernis. TRUST ISSUES sonne comme un instant figé, un instant où la musique devient le seul moyen de ne pas imploser. Et c’est précisément pour cela qu’il marque. Ce n’est pas seulement un single : c’est une fissure ouverte, assumée, et offerte à celles et ceux qui savent que la confiance, quand elle se brise, laisse toujours une trace sonore.
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décembre 17, 2025“Un morceau qui transforme le vacarme du monde en équilibre intérieur, sans jamais baisser la garde.”
Piece Full ne débarque pas pour faire du bruit. Il arrive avec le poids tranquille de ceux qui ont compris que la force véritable se cache dans la retenue. Bub Rock ne rappe pas pour prouver qu’il sait rapper — il rappe parce qu’il n’a jamais cessé de penser en rimes, de respirer en mesures, de traduire le réel en métaphores concrètes. Dès les premières secondes, le décor est posé : un boom bap dense, organique, qui sent la poussière des rues de Strong Island et la noblesse des classiques east coast digérés avec respect, pas avec nostalgie.
La production signée Backpack Beatz agit comme une fondation solide. Rien de clinquant, rien d’inutile. Les drums claquent avec cette sécheresse familière qui rappelle que le hip-hop est d’abord une affaire de rythme et de tension. Les samples respirent, laissent passer l’air, installent une mélancolie sourde sans jamais sombrer dans le pathos. C’est un beat qui avance droit, à hauteur d’homme, parfaitement aligné avec l’intention du texte.
Bub Rock, lui, déroule un flow posé, maîtrisé, presque professoral sans jamais devenir condescendant. Il y a chez lui ce sens rare de la métaphore filée, ce talent pour faire dialoguer le sport, la rue et la vie intérieure sans que jamais l’analogie ne sonne artificielle. Chaque punchline semble issue d’une expérience vécue, digérée, puis restituée avec clarté. Piece Full parle de paix, mais pas d’une paix naïve. Une paix gagnée à force de discipline, de renoncements, de lucidité. Une paix qui sait d’où elle vient et ce qu’elle a coûté.
Ce qui frappe, c’est la maturité du propos. Là où beaucoup confondent introspection et confession, Bub Rock choisit la transmission. Il observe, il analyse, il met en perspective. Sa voix porte une gravité tranquille, celle d’un MC qui n’a plus besoin de courir après l’instant, parce qu’il sait que le temps joue pour lui. Le morceau avance comme un mantra urbain, un rappel constant que l’élévation passe autant par le contrôle que par l’ambition.
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décembre 17, 2025“Cole Palmer tranche comme une ascension racontée au couteau, un récit d’ambition où chaque bar avance avec la précision d’un athlète qui ne rate jamais la lucarne.”
Un sentiment de clair-obscur s’installe dès les premières secondes de Cole Palmer, comme si V.I.C ouvrait la porte d’un couloir londonien trempé de pluie et d’enjeux, un espace où la détermination se frotte aux ombres, où la musique devient l’extension nerveuse d’une volonté qui refuse de plier. Cette piste ne fanfaronne pas : elle dégaine. Elle montre les dents, mais avec élégance, avec une discipline de footballeur qui connaît la valeur du mouvement juste, du geste sobre et fatal.
V.I.C, dans ce morceau, ressemble à un joueur qui accélère soudain au milieu d’un match verrouillé : il casse le tempo, change l’angle de vue, déplace la lumière. L’instrumentale avance comme un générique du Parrain remixé par une génération qui a troqué les costards contre des survêts impeccables. Les cordes coupantes flânent au-dessus d’un 808 qui cogne comme un cœur sous adrénaline, et tout respire cette tension dramatique qui nourrit les rappeurs obsédés par la précision. Ce n’est plus seulement un beat : c’est un terrain d’entraînement.
Le texte, lui, ne cherche aucune parabole étirée : il frappe sec, concentré, en laissant transparaître une intelligence calme, une façon rare de tenir l’espace sans hausser la voix. On entend le Nigeria dans le grain, Southampton dans la résilience, Londres dans le grind — un triangle culturel qui forge un style hybride, affûté, impossible à réduire à une seule scène. Chez V.I.C, l’ambition n’est pas décorative : c’est une force musculaire. Elle se construit à coups d’écriture compulsive, de shows répétés mentalement avant même d’être bookés, d’un mental verrouillé qui refuse le vacarme extérieur.
Ce qui rend Cole Palmer fascinant, c’est cette manière de transformer une référence footballistique en manifeste artistique. Le footballeur devient miroir : précision, sang-froid, verticalité. Le rappeur s’y reconnaît. Dans cette filiation-là, V.I.C ne joue plus au rookie : il incarne l’athlète mental, celui qui sait que la réussite n’est jamais accidentelle mais entièrement due à l’entraînement invisible.
À mesure que le morceau avance, le beat bascule, comme un changement tactique soudain. V.I.C adopte une posture plus carnassière, il s’autorise le “licence to kill”, non pas en bravade mais en constat. La trajectoire s’écrit sans détour : viser haut, viser loin, viser juste. Dans un UK rap souvent saturé de grimaces et de faux-semblants, cette sobriété incendiaire fait l’effet d’une gifle polie. Rien n’est surjoué, tout est maîtrisé.
Ce titre marque un point crucial dans l’évolution de V.I.C : celui où l’articulation technique rencontre le storytelling intérieur, celui où le rappeur cesse d’être un “prospect” pour devenir une silhouette incontournable dans le paysage britannique. Cole Palmer, derrière ses airs de morceau-arsenal, devient un document : un instantané d’un jeune artiste qui grimpe en diagonale, lignes tendues, regard fixé au-delà des buildings.
Et pendant qu’il avance, quelque chose en lui continue de murmurer : la grandeur n’est pas un choix, c’est une habitude.
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décembre 12, 2025« Avec MILKSHAKES, YNG Martyr renverse la nostalgie et en fait un coup de poing sonore, aussi joueur que férocement futuriste. »
Dans MILKSHAKES, YNG Martyr ne se contente pas de revisiter Kelis : il la remixe dans un miroir déformant, un vortex sonique où l’impertinence devient moteur. Le titre déboule avec des drums à la Detroit, secs, métalliques, affûtés comme des roues sur bitume froid. Au-dessus, Martyr déploie son flow brut, insolent, impeccablement syncopé — un style taillé pour secouer autant les clubs que l’algorithme.
Là où la version originale jouait la sensualité ludique, lui injecte un ADN résolument underground. L’australien transforme l’hymne Y2K en projectile hip-hop, à mi-chemin entre hommage conscient et détournement subversif. Pas de nostalgie facile : seulement des fragments réassemblés dans une architecture nerveuse, ultra-moderne, où chaque bar semble viser un futur à construire plutôt qu’un souvenir à flatter.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la maîtrise du contraste. Les percussions tracent une autoroute froide et minimale tandis que la voix s’y promène avec un mélange de confiance et de malice. YNG Martyr joue avec l’espace, laisse respirer ses punchlines, puis resserre brusquement l’étau. On y retrouve l’influence d’Earl Sweatshirt, des rappeurs asymétriques, de toute une génération qui préfère la torsion à la facilité.
MILKSHAKES confirme aussi son statut d’export underground le plus imprévisible d’Australie. Entre ses tournées internationales, ses expérimentations virales et sa plume capable d’écrire pour Logan Paul comme pour lui-même, Martyr prouve une polyvalence rare. Ici, il s’amuse clairement, mais sans jamais relâcher la pression créative.
Ce titre n’est pas qu’un clin d’œil aux années 2000 : c’est un rappel que les classiques peuvent muter, s’armer, devenir des créatures hybrides prêtes à conquérir un nouveau paysage. Sous les lumières du UK hip-hop, MILKSHAKES devient un banger assumé, une bombe rythmique qui secoue la glace, le lait… et tout le système.
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décembre 12, 2025« Grand Christmas d’Eddie Grand transforme les fêtes en dancefloor incandescent où le hip-hop allume les guirlandes et rallume les cœurs. »
Il y a dans Grand Christmas cette manière d’éclairer la nuit comme un néon planté dans la neige, un éclat qui refuse la grisaille rituelle des chants de Noël pour les propulser dans un futur où les basses vibrent plus fort que les cloches. Eddie Grand, maître de cérémonie des nuits sans frontières, signe ici un morceau qui capture la saison comme un instantané surchauffé : un rap taillé pour les toits givrés, pour les salons en overdose de guirlandes, pour les soirées où l’on veut surtout oublier que décembre est long.
Dès les premières secondes, le beat bondit avec cette souplesse presque rave, comme si le hip-hop s’offrait un pull moche à paillettes mais parfaitement assumé. Les paroles en anglais, malicieuses, accrochent la lumière. Elles glissent sur un flow qui garde l’énergie d’un DJ international habitué aux foules en feu. Eddie Grand n’en fait jamais trop : il joue la carte festive sans l’ironie forcée, propose un hymne de saison qui pulse d’une sincérité décontractée, celle d’un artiste qui connaît la mécanique intime de la fête.
Grand Christmas esquisse un Noël qui préfère le blister des cadences trap aux sempiternelles chorales empesées. Il y a cette chaleur qui remonte des enceintes, ce désir de rendre décembre à nouveau dansant. Le morceau respire la célébration, la proximité, cette façon de rassembler sans discours mais avec un sourire amplifié par les basses.
Pensé pour les playlists qui s’allument au milieu des verres qui tintent, le titre glisse naturellement vers son destin : devenir l’hymne non officiel des nuits de fin d’année. Fresh Fuzion l’a repéré, EXTRAVARAP l’a approuvé, et il tombe à pic dans cette ère où l’on veut que chaque fête réinvente son propre mythe.
Eddie Grand offre ici plus qu’un single saisonnier : un moment, un mood, une invitation. Un Grand Christmas, littéralement.
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décembre 12, 2025« Une nuit sans fin où les doutes respirent, les rêves insistent et la musique refuse d’éteindre la lumière. »
Il existe des morceaux qui ressemblent à ces confidences qu’on ne fait qu’après minuit, quand la ville dort mais que l’esprit, lui, s’entête. Up All Night d’ArieS., accompagné d’Eli Brooklyn, appartient à cette catégorie rare : la chanson qui se glisse dans la pénombre, s’assoit à côté de vous, et murmure tout ce que vous n’avez jamais osé formuler à voix haute. Ce n’est pas seulement un titre : c’est un état, un souffle, une manière de ressentir le monde dans ses zones les plus poreuses.
Dès l’ouverture, une guitare acoustique gratte l’air avec cette douceur nerveuse typique des nuits trop longues. Le piano, lui, dépose ses touches comme des polaroïds d’angoisse maîtrisée. À l’arrière-plan, un orgue discret donne au morceau une gravité quasi spirituelle, comme si chaque note cherchait à sanctifier l’effort, la fatigue, l’obstination. Puis viennent les percussions : un mélange de trap sec et de breakbeats poussiéreux qui font coexister l’urgence et le classicisme, l’héritage boom-bap et l’intimité du lo-fi. ArieS. a compris que le rap moderne n’a plus besoin de choisir entre muscle et sensibilité — il les marie ici avec une lucidité désarmante.
Up All Night fonctionne comme un journal de bord : on sent la sueur du travail, les nuits passées à réécrire des couplets que personne n’entendra jamais, la patience obstinée d’un artiste qui ne vise pas la frime mais la vérité nue. Il y a dans la voix d’ArieS. cette manière de poser les mots en équilibre fragile, entre l’assurance de celui qui sait ce qu’il construit et la vulnérabilité de celui qui doute encore. Eli Brooklyn, en miroir, apporte une texture supplémentaire, presque spectrale, comme un second narrateur qui observe sans intervenir.
La force du morceau tient à ce mélange d’humanité brute et d’élégance mélodique. ArieS. ne force jamais le trait : il laisse respirer les silences, accepte les imperfections, laisse la musique transpirer ce qu’il ne dit pas. On pense parfois à ces productions nocturnes où les beats claquent comme des doigts nerveux, mais ici, tout est plus ample, plus cinématographique. Le morceau semble tourner autour de vous, comme un plafond qui tourne quand la fatigue devient une drogue douce.
Up All Night, c’est la bande-son des rêveurs réveillés, des ambitieux solitaires, de tous ceux qui avancent quand plus personne ne regarde. C’est un rap qui ne crie pas pour exister ; il murmure, il insiste, il s’accroche. Et il finit par s’infiltrer dans la mémoire comme le souvenir d’une nuit que vous n’avez jamais vécue mais que vous reconnaissez pourtant intimement.
On l’écoute une fois. Puis on le relance. Puis on se dit que certaines chansons ne sont pas faites pour les journées ensoleillées, mais pour accompagner ceux qui, quelque part, les yeux ouverts à trois heures du matin, continuent de croire que demain ne peut être que meilleur.
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décembre 12, 2025« Une rafale verbale calibrée en trois temps : punch, pensée, percussion. »
Ce morceau, je l’ai pris comme un direct au front, un coup sec, précis, presque chirurgical. Pas un banger qui cherche à faire trembler les vitres, mais un tir à mi-distance qui fuse droit dans le cortex. Thought Provokah ne se contente pas de réactiver le boom-bap new-yorkais : il le déplie, le revisite, lui rend sa poussière et sa noblesse, comme si le rap redevenait un art martial où chaque mot est une parade, chaque rime un crochet du droit.
Dès les premières mesures, j’ai senti cette densité rare — la respiration d’un MC qui a compris que la technique n’est pas un décor mais une arme. Le concept du trois, il ne le plaque pas : il le sculpte. Triple sens, triple attaque, triple ricochet. Son flow, agile et sérieux, avance comme un meneur déterminé à briser une défense trop lente. On pense à Melo, bien sûr — pas l’idole, mais la métaphore vivante de l’adresse, du geste sûr, de la concentration absolue quand tout le monde doute. Thought Provokah n’est pas fan, il le précise. C’est presque mieux : il emprunte la silhouette pour mieux jouer avec le symbole.
Ce qui me frappe, c’est l’architecture du morceau. Le beat sent la poussière des trottoirs, les métros qui crissent sur les rails humides, les cyphers improvisés entre deux lampadaires. Pourtant, rien n’y est nostalgique. Thought Provokah ramène cette matière brute dans un présent nerveux, tendu, où la ville te regarde comme un miroir déformant. Il rappe avec l’échine d’un conteur, l’oreille d’un vieux sage et la précision d’un artisan obsédé par le détail. On sent des pans entiers de culture new-yorkaise glisser dans les interstices — soul paternelle, jazz des vieux salons, funk granuleux, hip-hop génération 1.0.
Et puis il y a cette façon de frapper par l’intellect sans jamais perdre le groove. Chaque image rebondit comme si elle testait la solidité du sol sous nos pieds. Les métaphores se superposent, se répondent, se contredisent parfois, comme pour rappeler que penser n’est pas un geste linéaire mais un dribble permanent.
À l’écoute, j’ai ressenti la même sensation qu’au milieu d’une conversation trop brillante pour rester assis : l’envie de se lever, de marcher, de laisser le cerveau courir plus vite que les jambes. 3 To The Dome n’est pas un simple titre, c’est une méthode. Une façon d’attaquer le monde en angles, en éclats, en pulsations.
Le hip-hop qui réfléchit tout en mordant : voilà ce que Thought Provokah remet sur la table. Voilà ce dont on avait besoin. Une secousse, une pensée, un rebond. Une trilogie qui cogne encore longtemps après la dernière note.
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décembre 12, 2025« Unfortunate est un cri qu’on n’attendait pas : un battement de cœur qui refuse de se laisser intimider. »
Il arrive que certaines chansons ressemblent davantage à un réflexe vital qu’à un simple single. Unfortunate, la nouvelle cartographie émotionnelle de the one named Jasmine, appartient à cette catégorie rare : un morceau écrit non pas depuis le confort d’un studio douillet, mais depuis la zone instable où une vie dérape sous la pression d’un regard hostile, insistant, toxique. Dans la jungle nerveuse de Los Angeles, Jasmine transforme l’angoisse et la colère en énergie dansante, presque contagieuse, comme si le seul moyen de reprendre son souffle était de hurler en rythme, de s’approprier à nouveau son propre récit.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la tension qui circule sous la surface du beat. Une pulsation sèche, obstinée, qui avance comme quelqu’un qui n’a plus peur de marcher droit, même quand l’ombre derrière elle accélère. La voix de Jasmine choisit la voie la plus difficile : aucune esbroufe, aucun artifice superflu. Elle dit, elle tranche, elle constate. Et cette franchise devient sa plus belle arme. Pas une rage spectaculaire, plutôt une lucidité qui claque comme une vérité brûlante.
Parce qu’il s’agit bien d’une diss track, mais d’une diss track qui refuse la posture caricaturale. Pas de grands gestes, pas de vengeance fantasmée : uniquement une mise à nu, ferme et maîtrisée, face à un individu dont la présence invasive contamine l’espace. Jasmine ne cherche pas à régler ses comptes : elle cherche à reprendre le contrôle, à briser la mécanique de peur en la transformant en matière sonore. Et c’est là que Unfortunate gagne en puissance symbolique.
Le morceau se danse autant qu’il se traverse. L’ironie douce-amère du titre, cette manière de contenir la violence dans un seul mot, dit déjà tout : ce n’est pas elle qui est “malchanceuse”, mais celui qui croit pouvoir déstabiliser une femme qui connaît désormais sa propre résistance. Les percussions, tendues comme des nerfs à vif, créent un terrain mouvant où Jasmine évolue avec une aisance féline. Ses lignes mélodiques, incisives mais jamais amères, rappellent que l’art peut devenir un exutoire sans perdre sa dignité.
Il y a, dans cette chanson, quelque chose de profondément contemporain : la lutte silencieuse, intime, contre les intrusions invisibles ; la nécessité de nommer pour ne plus subir. Jasmine ne joue pas la victime : elle s’affirme comme témoin, survivante, créatrice. Et dans un monde où la violence sourd parfois à bas bruit, une chanson comme Unfortunate devient une balise. Une preuve que la vulnérabilité peut aussi faire trembler le sol.
Avec ce single, the one named Jasmine ne signe pas seulement un morceau percutant : elle ouvre un espace où l’on danse pour ne pas être effacé·e, où l’on chante pour respirer, où l’on ose enfin dire ce que d’autres préféraient taire. Une victoire, même murmure, même fragile — mais une victoire tout de même.
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décembre 5, 2025« Une chanson qui pulse comme un cœur cabossé mais increvable — la preuve qu’à force de tenir, la lumière finit toujours par répondre. »
Il y a des artistes qui jaillissent du néant, portés par l’algorithme ou la chance. Et puis il y a ceux — bien plus rares, presque mythologiques — qui avancent à la force des poignets, trente ans de route, de doutes, de redémarrages, de nuits blanches et de rêves qui s’acharnent à ne jamais mourir. Sdubsthereptillian appartient à cette seconde espèce. Une espèce en voie d’extinction, mais aussi celle dont les vibrations traversent le plus profondément.
PATIENT, son single, n’a rien du tube fabriqué pour faire sourire les machines. C’est un morceau qui avance avec la conviction d’un survivant : le flow est frontal, l’énergie brute, la production taillée comme un visage trop longtemps exposé au soleil — rugueuse, tenace, vivante. On y entend la patience, oui, mais surtout la rage qui s’accumule quand on refuse l’effacement. Sdubsthereptillian ne cherche pas à séduire ; il cherche à témoigner.
Il faut imaginer l’enregistrement sur BandLab, presque comme une scène de cinéma indépendant : un artiste qui sait exactement ce qu’il veut, ce qu’il vaut, et comment transformer trois décennies de persévérance en une pulsation étrangement universelle. Le mixage vient ensuite polir sans trahir : le grain reste volontairement brut, comme si lisser le son revenait à effacer l’histoire.
Musicalement, PATIENT s’inscrit dans une esthétique hybride, quelque part entre un rap instinctif, une attitude old school et une détermination qui évoque ces voix qui refusent catégoriquement le silence. Mais ce n’est pas dans les influences musicales que le morceau puise sa force — c’est dans l’expérience. Rarement un titre aura aussi bien personnifié son propre nom : patience comme carburant, patience comme arme, patience comme identité.
Le morceau raconte une trajectoire, mais sans se complaire dans le storytelling. Il ne se pose pas en victime du système, ni en prophète du futur. Il dit simplement : je suis encore là. Et dans un monde où tout va trop vite, où l’on efface les artistes plus vite qu’on ne les découvre, cette présence, cette insistance, cette manière de refuser la disparition, devient presque politique.
Sdubsthereptillian sait qu’il est à un tournant — entre Roku TV, True Icon Magazine et un public qui gonfle à vue d’œil, PATIENT marque un passage : celui d’un outsider qui commence enfin à entrer dans le cadre. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est cette sensation rare : écouter un morceau qui n’est pas né pour plaire, mais pour exister. Un titre qui sonne comme un serment. Une respiration. Une preuve.
Un morceau patient, certes. Mais surtout : un morceau vivant.
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décembre 4, 2025« Un morceau qui ne raconte pas l’espace, mais la façon dont on s’y perd pour mieux se retrouver. »
On ne croise pas tous les jours un artiste qui traite la pop comme un artefact gnostique tombé du ciel. Jesus The Apollo, lui, s’y engouffre avec une dévotion presque sacrée. The Moon Man! sonne comme un opéra lunaire compressé dans un single : théâtral, exubérant, traversé de visions symbolistes et pourtant taillé pour secouer une piste de danse éclairée au néon. Derrière la folie douce, l’élan rétro et les clins d’œil 80s, il y a une vraie recherche métaphysique, presque une science alternative de la vibration.
La première écoute donne l’impression d’atterrir quelque part entre un carnaval astral et une cérémonie occulte pop. Les synthés, légèrement dissonants mais irrésistibles, évoquent ces génériques VHS de films fantastiques où l’ironie n’enlève rien à la poésie. La voix, elle, joue l’excès de style avec un aplomb délicieusement surjoué, comme un personnage de scène qu’on devine maquillé d’argent, le sourire tendu vers une lune imaginaire. On sent la fascination, presque enfantine, pour le kitsch noble des productions eighties — mais aussi un soin minutieux, une volonté de donner une matière sonore habitable, rémanente.
Là où le titre devient singulier, c’est dans la manière dont il s’empare de sa symbolique cosmologique. The Moon Man! n’invoque pas la lune et le soleil comme simples décors, mais comme forces actives, presque sentientes, qui dialoguent entre elles dans une danse d’énergie. L’astre nocturne juge, reflète, dévoile ; le soleil redresse, éclaire, réancre. Entre les deux, l’être humain flotte, oscille, cherche son orbite intérieure. Ce n’est pas seulement une chanson : c’est un petit traité ésotérique déguisé en tube pop, une tentative de cartographier l’invisible en rythmes et en images.
Le morceau touche surtout dans cette façon d’opposer une esthétique volontairement flamboyante à une quête intime de clarté. Sous les couches de production excentriques — Hunter Fortune signant une base instrumentale presque cinématographique — se cache une lutte contre la gravité des cycles : les schémas, les répétitions, les héritages karmiques qui nous tirent vers le bas. Le refrain agit comme une catharsis, un cri maquillé en ritournelle, où l’on sent le besoin urgent de s’extraire du labyrinthe, d’élever un peu le taux vibratoire de l’existence.
Écrit pendant une période d’Halloween, le titre en porte l’empreinte : un goût du dramatique, du bizarre, du surnaturel assumé. Mais plutôt qu’un simple décor gothique, Jesus The Apollo y injecte un humour mystique et une intensité émotionnelle inattendue. C’est un morceau qui joue avec les archétypes comme on manipule des cartes de tarot, pour éclairer autre chose : le chemin intérieur, l’effort de se tenir hors de la répétition, l’envie secrète de devenir plus vaste que ses limites.
The Moon Man! brille surtout par cette alliance improbable entre la pop et la métaphysique, entre l’exubérance et l’examen de conscience. Une chanson qui fait danser la tête autant que le corps, et où l’on a l’impression d’être entraîné dans un rituel extraterrestre orchestré depuis un appartement mancunien.
À la surface, c’est fun, étrange, hyper stylisé. En profondeur, c’est un appel au ré-alignement. Entre les deux, ça devient inoubliable.
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décembre 3, 2025« Une ascension en plein désert, où la lumière hypnotise mais où chaque néon rappelle que la réussite est une dette qu’on finit toujours par payer. »
Gloire & Dollars n’a rien d’un morceau de célébration. C’est une scission. Une ligne qui se fend entre ce que Mitch a été et ce qu’il est en train de devenir. On le sent dès les premières secondes : une tension maîtrisée, une détermination qui ne cherche plus à plaire, une lucidité qui a perdu ses illusions mais pas son courage. Ce n’est pas un hymne à la réussite ; c’est un rapport d’autopsie dressé par quelqu’un qui a appris que chaque victoire a son revers et que l’ascension peut ressembler à une charge, une pression, une mise à nu.
Depuis ses premiers titres, Mitch écrit comme on respire, avec précision et sans décor superflu. Mais dans Gloire & Dollars, quelque chose a glissé. Une densité nouvelle, une façon de poser qui semble taillée au scalpel, presque clinique, comme s’il observait sa propre trajectoire depuis l’extérieur. On sent un homme qui a connu les étiquettes, les attentes, les catalogages, et qui décide désormais de se tenir en dehors de ces cadres. Pas par posture, mais par nécessité.
Ce morceau semble naître d’un constat intime : la gloire est un terrain instable, et l’argent un miroir déformant où l’on finit par se perdre si l’on ne garde pas l’œil fixé sur ce qui compte réellement. Pourtant, au lieu de se cacher derrière un discours moralisateur ou fataliste, Mitch opte pour une écriture qui avance en équilibre, quelque part entre lucidité crue et désir de s’en sortir.
Ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à transformer la gravité en mouvement. Gloire & Dollars n’est pas un cri, pas une plainte, pas un règlement de comptes. C’est un souffle. Un souffle qui dit : je vois ce que le monde attend de moi, je vois ce que le monde coûte, mais je refuse de me laisser avaler. Une forme d’insoumission calme, presque philosophique, traversée par cette énergie propre aux artistes qui savent que tout peut basculer d’un instant à l’autre.
Mitch ne se contente pas d’évoluer. Il s’étire, il se défait, il se redéfinit. Et dans cette transformation, quelque chose de rare apparaît : un artiste qui ne cherche pas à devenir plus grand, mais plus vrai. Gloire & Dollars n’annonce pas une nouvelle ère parce que le son change, mais parce que l’homme derrière le son a changé.
Et cette vérité-là, on ne peut pas la fabriquer. On la traverse. On la paie. On la porte.
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décembre 3, 2025« Un uppercut trap où Pompeii transforme la paranoïa urbaine en moteur de survie — un morceau qui frappe, fend le décor et laisse derrière lui une traînée de feu et de lucidité. »
Say That rugit comme un moteur froid qu’on relance au milieu de la nuit, quand tout le monde dort sauf ceux qui triment. Pompeii The Hustla arrive avec cette énergie brute, presque minérale, qui rappelle que le hustle n’est pas qu’une posture, mais une manière de tenir debout quand l’air devient toxique. On sent la rue, la fatigue, les yeux qui surveillent, les présences ambiguës — mais on sent surtout une volonté de fer qui refuse de plier.
Le morceau est construit sur une architecture trap limpide mais affûtée comme une lame : 808 massives qui vibrent dans la cage thoracique, hi-hats acérés qui ciselent le tempo, ligne mélodique minimaliste qui crée un espace où la voix peut devenir une arme. La prod ne cherche pas le clinquant, elle cherche le tranchant. Et Pompeii s’y glisse avec une aisance presque intimidante.
Sa voix n’est pas agressive pour faire joli : elle porte la tension de quelqu’un qui a trop observé l’envie, la jalousie, la comédie humaine. Le timbre est dense, texturé, habité. Il raconte un monde où chaque poignée de main peut être piégée, où chaque sourire peut masquer une envie de te voir chuter. Say That devient alors un rituel d’exorcisme : « parle si tu veux parler, moi je sais où je vais ». Pas besoin d’élever le ton, la détermination suffit à faire trembler le décor.
L’écriture joue subtilement sur le mélange entre vigilance et motivation. Pompeii parle à son audience comme un mentor de terrain, quelqu’un qui connaît la valeur de l’effort, de la solitude, du focus. Le morceau est un anti-venin contre l’énergie négative, un manifeste où le hustle n’est pas glorifié mais assumé comme une nécessité. Dans le deuxième couplet — son préféré, dit-il — il lâche la bride, accélère, se densifie. On sent l’urgence, la vitesse, la certitude de quelqu’un qui a déjà trop sacrifié pour reculer maintenant.
Il y a dans Say That une modernité instinctive : un mix de trap pure, de pop-rap accessible, d’un soupçon de cloud-hop dans certaines inflexions mélodiques. Pompeii navigue avec une fluidité qui rappelle les artistes capables de transformer le vécu brut en carburant émotionnel. On distingue ses influences, mais surtout son angle : ce mélange d’imagerie impériale — modèle Pompeii, Rome contre le monde — et d’authenticité de rue qui rend sa proposition unique.
Au-delà du son, c’est une attitude. Une posture. Un refus de laisser la négativité dicter la trajectoire. Say That n’est pas un simple banger ; c’est une déclaration de souveraineté personnelle.
Pompeii ne raconte pas le hustle : il l’incarne. Et dans ce morceau, il signe un chapitre incandescent d’un empire qui ne cesse de s’agrandir.
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décembre 3, 2025Un hymne feutré pour tous ceux qui préfèrent s’effacer plutôt que se briser, entre mélancolie numérique et rap qui respire l’hyper-sensibilité moderne.
Go Ghost ressemble à une fuite lente dans un couloir sans lumière, mais une fuite choisie, presque tendre. Izaiah Karter ne parle pas d’évasion pour le style : il documente ce moment précis où l’introversion devient refuge, où se retirer du monde n’est plus faiblesse mais stratégie de préservation. Le morceau glisse comme une vapeur froide, mêlant rap intime, pop cristalline et une sensibilité emo qui capte le pouls fragile d’une génération saturée.
La production est volontairement minimale, mais jamais vide. Quelques accords nappés comme un voile, une 808 qui bat à peine plus vite qu’un cœur sur la défensive, des touches synthétiques qui ressemblent à des notifications qu’on refuse d’ouvrir. Le beat flotte plutôt qu’il n’avance, créant ce drôle d’état suspendu — un entre-deux où tout pourrait basculer, mais où rien ne presse. On se surprend à respirer avec lui, à se recentrer dans la même vibration introvertie.
La voix d’Izaiah serpente entre confidence et retrait. Elle n’impose rien, elle avoue. Son flow s’inscrit dans un héritage cloud-rap et emo hip-hop, héritage où Kid Cudi a appris au monde que la vulnérabilité pouvait frapper plus fort qu’un banger. Mais son timbre, lui, porte autre chose : un calme lucide, un refus de surjouer la souffrance. Chaque ligne tombe comme une pensée qu’on n’avait pas prévue mais qu’on reconnaît aussitôt. Il détaille le besoin de disparaître, non pas pour manipuler, mais pour respirer hors du chaos social — un thème si rarement abordé sans caricature que l’honnêteté fait presque mal.
Go Ghost raconte surtout une topographie intérieure : l’espace mental d’un introverti qui jongle entre loyauté et solitude, entre désir de connexion et besoin d’effacement. C’est un morceau qui n’explique pas — il laisse ressentir. On imagine les nuits où les écrans deviennent trop brillants, les messages trop lourds, les regards trop bruyants. Alors Izaiah se retire, coupe tout, devient un murmure. Et paradoxalement, c’est là qu’il est le plus présent.
Techniquement, la prod est fine, très contemporaine, avec un goût pudiquement mainstream rappelant Charlie Puth dans le soin mélodique, mais sans jamais céder au clinquant. On retrouve cette esthétique Blackbear dans le mélange douceur/assurance, mais ici dépouillée de toute arrogance. C’est émotionnel, mais propre. Mélancolique, mais pas noyé.
Go Ghost est une lettre ouverte aux invisibles volontaires, à ceux qui préfèrent s’effacer pour renaître plus tard. Un morceau discret mais profondément nécessaire, qui parvient à transformer le retrait en affirmation de soi. Izaiah Karter ne disparaît pas : il s’affirme en silence, et c’est peut-être sa plus grande force.
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décembre 3, 2025« Une pulsation de désir avec l’arrogance d’un déhanché assumé — le retour du charme, du cran et du fun dans un hip-hop qui avait oublié comment flirter. »
Throw Sauce On It arrive avec cette étincelle qu’on croyait perdue : une masculinité décomplexée, ludique, sensuelle, presque old-school dans ses intentions, mais propulsée par une production indie dance brillante comme un néon neuf. White Disguise signe ici un morceau qui transpire la confiance, pas celle qui hurle, mais celle qui glisse — celle des mecs qui sourient avant de frapper un punchline, celle des corps qui se parlent sans mots.
J’ai ressenti ce morceau comme un ride de nuit dans une ville chaude, fenêtres ouvertes, odeur d’essence et de parfum qui s’entremêlent, rythmes qui rebondissent contre les façades. La prod, mi-pop rap, mi-dance floor, oscille entre un beat rond inspiré des classiques hip-hop des 90s et une modernité plus nerveuse, presque dopamine-core. C’est un son qui ne cherche pas la complexité : il cherche la sensation, l’impact, la chaleur qui remonte la colonne vertébrale.
Il y a dans la voix de White Disguise une assurance presque cinématographique. Ce n’est pas de l’agressivité : c’est de l’attitude. Le timbre est ludique, un brin provocateur, mais porté par une précision rythmique qui trahit un vrai sens du flow. On sent la nostalgie des rappeurs charmeurs — ceux qui savaient transformer une punchline en clin d’œil. C’est cette école-là, mais revue avec une fraîcheur pop, une cadence plus lumineuse, presque dansante.
La structure du morceau joue comme un petit piège : on pense que ça va rester sage, puis le refrain s’ouvre, irrésistible, presque trop catchy pour être honnête. Les synthés glissent comme des doigts sur une peau, les basses cognent juste assez, jamais trop. L’ensemble devient une célébration du flirt, du fun, du charnel — loin du cynisme, loin du grandiloquent, juste un morceau qui groove avec évidence.
Ce que je trouve marquant, c’est son refus du dramatique. À l’heure où beaucoup de titres rap-pop se gavent d’introspection ou de rage, Throw Sauce On It choisit la sensualité, l’insolence, la danse. Une masculinité qui ne rugit pas, qui séduit. Une énergie suave, presque tactile.
Le titre porte bien son nom : ça sauce, ça glisse, ça brille. Et surtout, ça fait du bien. Une parenthèse de chaleur au milieu d’un paysage qui, parfois, oublie que le hip-hop peut encore sourire, séduire, faire bouger sans s’excuser. Une dose de fun maîtrisé, servie avec un clin d’œil et un beat qui refuse de sortir de la tête.
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décembre 3, 2025« Le grime vieillit, mais Manga Saint Hilare non : il affine son arme, ajuste la mire et tire plus vrai que jamais. »
Dans Run Out, Manga Saint Hilare remet les pendules à zéro. Pas pour revenir en arrière, mais pour rappeler à qui l’aurait oublié que son ADN est inscrit dans la fondation même du grime. Il ne cherche plus à suivre la scène : il la recentre autour de ce timbre, de cette diction nerveuse qui gifle l’air comme une rafale sur un terrain de foot bétonné. Outernational, l’EP dont le titre est extrait, annonce un retour aux sources — mais Run Out en est le cœur battant, la démonstration de force silencieuse, le rappel que la longévité n’est pas un slogan mais un art.
À la première écoute, le morceau se déploie comme un sprint contrôlé : beat sec, kicks courts, percussions qui claquent telles des portes de night bus en banlieue londonienne. Lewi B signe une prod minimaliste mais incisive, presque ascétique, qui laisse toute la place au phrasé de Manga. Cette économie de moyens est volontaire : pas d’effets superflus, pas de gimmicks pour masquer le vide — parce qu’il n’y a pas de vide. Le morceau mise sur la tension, le nerf, la précision rythmique. Une structure rigoureuse, pure, taillée pour que chaque bar résonne comme un avertissement.
Mais derrière le grime brut, il y a ce quelque chose de plus vaste, plus adulte. Run Out porte la fatigue et la fierté d’un homme qui a traversé plusieurs générations du genre, vu ses évolutions, ses dérives, ses renaissances. Manga ne joue plus la performance, il joue la transmission : cadence tenue, articulation tranchante, vérité sans maquillage. Pas besoin d’agressivité débordante — le tranchant est déjà dans la maîtrise. Dans ce flow où chaque syllabe est une décision.
Mon impression personnelle, au fil des écoutes, c’est que Run Out s’écoute comme une respiration contenue. Un morceau qui refuse l’euphorie artificielle pour rester du côté de l’urgence lucide. La violence n’est pas dans le volume, elle est dans la clarté. C’est ce qui rend Manga si distinct des milliers de voix qui lui ont succédé : il n’a jamais arrêté de parler au réel. Et ici, il parle comme quelqu’un qui n’a plus rien à prouver — seulement quelque chose à maintenir vivant.
En toile de fond, il y a aussi ce moment particulier de sa carrière : père, animateur radio, DJ respecté, rassembleur de générations, architecte du retour de Roll Deep. Run Out porte cette multiplicité. Ce n’est pas un morceau qui joue la nostalgie, mais un track qui dit : « J’étais là avant vous, je suis encore là, et vous n’avez pas fini de m’entendre. »
Les basses grondent sans débordement, les hi-hats filent comme des lames, le tempo reste serré. Le grime de Manga n’est pas clinquant : il est granuleux, rugueux, précis. Du vrai. De celui qui traverse le corps avant de monter au cerveau.
Avec Run Out, Manga Saint Hilare fait plus que montrer son endurance : il redevient le point d’équilibre d’un genre qui, sans voix comme la sienne, se perdrait dans la surproduction. Il prouve que le grime, quand il revient à sa source la plus pure — l’authenticité nue —, peut encore frapper plus fort que toutes les tendances.
Un morceau pour rappeler que certains MC ne s’éteignent jamais : ils se resserrent, se redéfinissent, et tirent à nouveau.
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décembre 2, 2025« Une trap électrique qui avance comme une moto dans une ruelle humide : sombre, nerveuse, habitée par un gamin qui refuse de mentir sur qui il est. »
Il y a quelque chose de profondément touchant dans la manière dont BATMAN claque, grince et se redresse, comme un animal pris au piège qui refuse encore de baisser la tête. Le jeune Betomayo n’imite pas le héros en cape : il en arrache surtout le symbole, le retourne, le cabosse et en fait un miroir où il projette ses propres fractures. C’est cette appropriation intime — presque maladroite, mais incandescente — qui donne au morceau son étrangeté poignante.
La production, taillée dans une trap futuriste, pulse avec un goût assumé pour l’expérimentation. Le beat est sec, nerveux, presque claustrophobe ; les basses, elles, rampent et bourdonnent comme si elles venaient d’un parking souterrain. On sent que Betomayo teste les limites de son propre style, tirant la trap du côté du pop-rap électro, flirtant parfois avec un EDM sombre qui rappelle les nuits vécues avec plus d’intensité que de lumière. Rien n’est lisse, tout est heurté — ce qui fait précisément la force du titre.
Vocalement, il avance sans armure. Le timbre est jeune, brut, traversé de cette fragilité rageuse qu’on retrouve chez les artistes qui cherchent encore leur centre mais n’ont plus peur de tomber. Il y a une manière de poser les mots qui mélange l’arrogance instinctive du rap à une sincérité presque enfantine. On entend un ado qui grandit trop vite, un artiste qui choisit de ne pas se cacher derrière le costume même quand le morceau s’appelle BATMAN.
Le texte, lui, porte une critique qui frappe juste : lucide, directe, sans détour. Betomayo observe son monde avec l’insolence de ceux qui savent que la façade est un mensonge. On y perçoit le rejet des faux-semblants, la colère contenue devant les manipulations, la volonté farouche de prendre le contrôle de son propre récit. Pas de super-pouvoirs, pas de ville à sauver : seulement un jeune homme face à son propre chaos, déterminé à ne pas s’y noyer.
Ce qui rend BATMAN réellement fascinant, c’est l’alchimie entre naïveté et conviction. On sent un artiste qui se cherche, qui ose, qui tente, qui déborde. Et dans ce débordement, il attrape quelque chose d’authentique : un cri moderne, urgent, urbain, sans fioriture. Une énergie qui n’emprunte rien, qui n’imite pas — qui avance, simplement, avec la force brute d’un premier vrai risque artistique.
Betomayo signe ici un morceau qui n’est peut-être pas parfait, mais terriblement vivant. Et c’est souvent ainsi que naissent les trajectoires les plus surprenantes : dans la nuit, sous un masque fissuré, avec une vérité qui refuse de rester au sol.
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décembre 2, 2025« Un battement de nuit transformé en instinct, un rap qui respire avant de frapper. Damn n’explique rien, mais tout est dit : une pulsation, un motif, et soudain l’univers entier suit son tempo. »
Certains morceaux surgissent, s’imposent, puis laissent une traînée chaude derrière eux. Damn de Yung Savo appartient à cette famille-là — la famille des chansons qui sentent la sueur, la tension, le béton humide, et qui n’ont pas peur d’utiliser la lumière comme une arme. J’ai regardé son clip comme on entrouvre une porte à minuit : un peu sur la défensive, curieux, puis rapidement happé par ce sentiment de proximité presque intime que seules les vidéos tournées dans l’urgence savent provoquer.
La première chose qui frappe dans Damn, c’est cette façon qu’a Yung Savo de naviguer l’espace sonore comme on se fraye un passage dans une ruelle trop étroite : épaules relevées, regard fixe, respiration contrôlée. Son flow ne galope jamais : il avance. Lentement parfois, avec une sorte d’assurance presque insolente, puis soudain il accélère, comme si la phrase devait sortir avant que la pensée ne s’effrite. On entend un jeune rappeur qui a compris comment faire de la retenue une tension, et de la répétition une arme d’impact.
Techniquement, la prod frappe juste. Basse lourde, nappes serrées, percussions qui tombent comme des coups de semelle sur un sol de parking. Rien de trop, rien de décoratif. C’est une beat-tape nocturne qui aurait décidé de prendre vie, un squelette trap qui absorbe l’humeur du MC sans jamais l’étouffer. Dans Damn, le beat n’est pas un décor : c’est un coéquipier nerveux, qui respire au même rythme que la voix.
Et puis, il y a le clip — ce miroir brut, sans effets superflus, qui magnifie la réalité en la rendant presque documentaire. Yung Savo y évolue comme s’il testait les limites d’une pièce trop petite pour contenir ce qu’il ressent. On devine dans son regard cette manière de penser plus vite que ce qu’il dit, cette impulsion interne qui fait que chaque geste semble chargé d’une intention qui dépasse les mots. La caméra ne raconte pas une histoire ; elle confesse une ambiance. Et c’est précisément cette sobriété qui rend l’ensemble hypnotique.
On comprend vite que Damn n’est pas un simple banger trap. C’est un morceau-charnière. Un morceau-pont. Un titre où Yung Savo expose ce que beaucoup de jeunes rappeurs cachent : la tension entre le désir d’avancer et la peur d’être déjà en train de tomber. Ce rap-là n’est pas performatif, il est instinctif. Il ne cherche pas la validation, mais la précision.
Ce qui me touche dans Damn, c’est cette manière de dire sans expliquer, d’être brut mais jamais brouillon. Yung Savo ne force pas l’émotion, il la laisse sourdre — dans l’attitude, dans les silences, dans ces micro-secondes où sa voix tremble presque avant de se reprendre. Et c’est peut-être là que réside sa singularité : cette capacité à faire de l’urgence un langage, et du flou une vérité.
Damn laisse une trace. Fine comme un fil électrique, brûlante comme un câble encore sous tension. Une signature déjà reconnaissable, et un futur qui s’annonce net, tranchant, indocile.
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décembre 2, 2025« PHOEBE renverse la nuit : un battement hypnotique où chaque vérité claque plus fort que le beat lui-même. »
La chanson PHOEBE n’entre pas dans la trap, elle y flotte comme une silhouette qui aurait compris que l’obscurité est un terrain de jeu — pas une menace. Apex 3400 signe ici un morceau qui avance comme un mirage mécanique, traversé de pulsations sèches, d’un flow à la dérive contrôlée et d’une énergie qui capture immédiatement l’écoute : une trap qui refuse l’ornement, qui préfère la tension électrique à l’exubérance.
Dès les premières secondes, le morceau respire cette modernité glacée qu’on retrouve chez la génération post-SoundCloud, mais Apex 3400 y ajoute une précision quasi chirurgicale. L’espace sonore est construit comme un couloir : étroit, réverbéré, claustrophobe — et pourtant addictif. La basse frappe en spirale, les hi-hats tracent des lignes fines comme des lasers, et la voix s’avance avec une confiance calme, presque murmurée, qui rend chaque mot plus lourd.
PHOEBE ne raconte pas une histoire linéaire : c’est un état d’esprit. Une nuit passée à marcher entre lucidité et vertige, où l’on avance avec l’impression d’être suivi par sa propre ombre. Apex 3400 ne cherche jamais à écraser le beat ; il s’y glisse, le manipule, le déjoue. Le flow n’est pas un débit mais une pression constante, un souffle qui laisse imaginer ce qu’on ne voit pas — un détail rare dans une trap souvent pensée pour l’impact immédiat.
Le morceau impressionne par son économie : Apex 3400 fait beaucoup avec peu, joue les silences comme des armes, utilise la mélodie en traces subtiles, presque psychédéliques, qui éclairent ponctuellement le décor. Ce choix esthétique donne au morceau une aura fantomatique, quelque part entre la rage contenue et la lucidité froide.
PHOEBE murmure finalement une vérité au cœur de la trap moderne : le danger est plus fascinant quand il arrive à pas feutrés. Apex 3400 signe un titre qui n’a pas besoin de se hausser du col pour impressionner. Il suffit d’écouter. Et de se laisser happer.
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novembre 30, 2025Né à Pearl, recâblé par Atlanta, Father traverse la nuit comme un reflet chromé : graphiste, photographe, vidéaste, promoteur avant d’être rappeur-producteur, il a gardé du design le goût de la ligne nette et des clubs MySpace l’odeur d’ozone. Ses morceaux changent d’ère comme de blouson : électrons sales, humor noir, “player” érudit qui cite Raekwon l’œil braqué sur Aphex Twin, Future en boussole interne, Gucci en température.
C’est l’hédonisme qui déraille, la punchline qui sourit avant de mordre, un groove qui danse tant qu’il peut — puis se tait d’un coup. Entre les ailes d’un fumoir et les ascenseurs d’une morgue, Father écrit une ville hantée et tendre, où chaque beat ressemble à une porte qu’on claque sur le passé pour mieux écouter l’écho. On a voulu parler de ces époques superposées, de la prochaine mue après Patricide, et de cette façon si calme d’allumer l’incendie.
Voici l’interview, à découvir juste ici :
Qui es-tu ?Je suis Father. Je viens de Pearl, Mississippi, et je suis basé à Atlanta, Géorgie. Je suis artiste, producteur, et fondateur du label indépendant Awful Records, né à Atlanta.
Quel est ton parcours ?Avant et pendant mes débuts dans la musique, j’étais graphiste, photographe, vidéaste et organisateur de soirées, au service de la scène artistique locale à Atlanta.
Ta musique en quelques mots ?J’ai eu beaucoup d’ères, donc difficile à résumer. Lyricalement : épicurien, ironique, ésotérique, player. C’est fun… jusqu’à ce que ça ne le soit plus.
Tes inspirations ?Tout petit : les mixes electro et booty bass que ma mère passait — Afrika Bambaataa, Uncle Luke, 69 Boyz, etc. À l’ado, j’ai plongé dans ce qu’on appelait “Electronica” dans les 90’s : Felix da Housecat, Aphex Twin, The Chemical Brothers. Milieu d’adolescence : new rave et electroclash, toute la club music de l’ère blogs/MySpace. Paradoxalement, la fin de l’ado, c’est là que le rap m’a vraiment fracturé : j’entends Only Built 4 Cuban Linx de Raekwon à la fac et mon cerveau se re-câble. À partir de là : “fuck school, je veux faire ça.” Tout ce qui précède a surtout formé ma prod, et côté rap je cite Raekwon et Big L comme premières aspir(ations). Beaucoup d’influence locale aussi : Future, Gucci Mane, Young Thug.
Ta playlist du moment ?Un mélange de rap, trip-hop, acid, post-punk et new rave. Sneaker Pimps, The Cure, Klaxons, MF DOOM, Puracane, Moving Units… c’est assez éclaté mais surtout des trucs plus anciens. Et pas mal de Drakeo the Ruler, Future, Gucci.
Le plat que tu réussis le mieux ?Le fumoir, c’est ma méthode. Je fais les meilleures wings de mon entourage. Mention spéciale : “ranch-dusted smoked thai chili wings”.
Les projets à venir ?Je travaille sur un follow-up à Patricide, en élargissant le son posé sur cet album. Il reste beaucoup à explorer.
Une anecdote sur toi ?Avant la musique, je bossais aussi à l’hôpital, le grand centre de traumatologie d’Atlanta. Je déplaçais des patients d’un service à l’autre — vivants et non vivants. J’avais 18–19 ans, le plus jeune du service. La nuit, seul avec des corps dans l’ascenseur, direction la morgue. Flippant au début, puis “whatever”. Mon humour désinvolte sur la mort vient en grande partie de là : j’ai accompagné pas mal de gens de l’autre côté.
48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?Je ne voudrais jamais passer 48 heures avec quelqu’un que je ne connais pas. J’ai déjà du mal à passer 48 heures avec des gens que je connais. Chez qui on est, d’abord ? Pire encore : 48h chez un inconnu… ou 48h avec un inconnu chez moi ?J’ai passé mes vingtaines avec des amis et des inconnus à la maison, tous les jours, jour et nuit, pendant des mois. Rien que d’y penser, je me crispe. Imagine le film Mother!, mais tout le monde est drogué et fait de l’art.
Un dernier conseil ?Personne à la soirée ne se soucie que tu n’aies pas réussi à venir à la soirée. Pense-y avant de FOMO n’importe quoi. Sauf si tu es le DJ ou quoi — dans ce cas, préviens quelqu’un.
Instagram : father
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novembre 28, 2025« Un disque qui ne cherche pas la pose : il cherche la vérité, même quand elle brûle, même quand elle tremble. »
Catharsis n’est pas un simple retour : c’est une traversée. Celle d’un artiste franco-camerounais basé à Francfort qui, après des années à porter le monde sur ses épaules, décide enfin d’ouvrir la paume et de laisser filer ce qui l’écrasait. Ici, D-Terence ne joue pas au héros : il raconte celui qu’il a été, celui qu’il devient, celui qu’il accepte désormais d’être. La musique — un alliage mouvant d’afrofusion, de R&B atmosphérique, de rap introspectif — devient son laboratoire de reconstruction. Un lieu où la vulnérabilité n’est plus une faiblesse, mais une technologie spirituelle.
CATHARSIS, l’ouverture, tient plus du rituel que du morceau. Trente-huit secondes comme une inspiration retenue depuis trop longtemps, un battement de cœur amplifié par la production, un sas avant la confession. CROSS OVER transforme cette impulsion en mouvement : un titre qui parle de passage, de seuil, de peau ancienne abandonnée derrière soi. Les percussions y sont sèches, déterminées, comme si chaque mesure affirmait : « avancer est la seule option ».
FEELS GOOD réintroduit la douceur, mais une douceur qui a lutté. C’est le premier rayon de soleil après plusieurs saisons de brouillard. Le groove est minimaliste, presque intime, comme un sourire qu’on n’ose pas encore complètement montrer.
Puis arrive SCARS, l’un des piliers émotionnels du disque. Ici, D-Terence ouvre les cicatrices une à une. Le morceau est simple, dépouillé, mais frappe par sa précision émotionnelle. Les cordes synthétiques flottent comme un murmure. On y entend la fatigue, la vérité, la survie.
BY MY SIDE, avec Riz Key, porte une autre forme de tendresse : celle de l’alliance, de la loyauté. Un morceau au crépuscule, où les voix se répondent comme deux silhouettes qui ont traversé la même tempête.
PROBLEMS ramène l’ombre : beat nerveux, flow serré, lucidité glacée. C’est le moment où l’artiste énumère ce qu’il refuse désormais de porter. NO REGRET lui répond : même décor, autre posture. La production y installe une forme de paix musclée — celle qu’on gagne, pas celle qu’on reçoit.
BURN, avec Lil-Jay, injecte une tension brûlante : le titre est incandescent, presque tribal, un exutoire où l’on sent le feu intérieur consumer ce qui doit mourir pour qu’autre chose naisse.
INTERLUDE allège l’atmosphère avant APPAREIL, toujours avec Lil-Jay, qui explore le rapport à l’image, au regard de l’autre, à la façon dont on se met en scène ou qu’on s’échappe. C’est un morceau angulaire : il questionne l’interface entre soi et le monde.
Puis vient le cyclone collectif : YAYATO — fête, héritage, pulsation culturelle. C’est le morceau où l’Afrique remonte à la surface, lumineuse, indomptable. Emzo’o et JO JACK y apportent une énergie qui déborde de l’écran : la célébration comme acte politique.
GOOD LIFE est le contrechamp : gratitude, respiration, un sourire qu’on n’efface plus. MANY THINGS poursuit cette veine confessionnelle, mais avec un rythme tantôt souple, tantôt nerveux, comme une liste de tout ce qu’on a trimballé et qu’on peut enfin déposer.
MOMENTS LIKE THIS installe un paysage feutré, presque cinématographique. Un morceau qui regarde la vie du bord de la fenêtre et dit : « malgré tout, je suis encore là ».
GRATITUDE referme la boucle émotionnelle. C’est un hymne discret, sans emphase, à la paix retrouvée — ou du moins à la direction vers laquelle on marche désormais. Enfin, BLUEPRINT clôt l’album comme un testament d’intention : ce qui vient ne sera plus laissé au hasard. L’homme a un plan, une colonne vertébrale, un horizon.
Avec Catharsis, D-Terence livre son projet le plus mature, le plus vulnérable, le plus essentiel. Un album qui ne raconte pas seulement la douleur : il raconte l’après, et l’après est une lumière rare. L’album d’un homme qui a décidé de ne plus se taire — et de transformer chaque fêlure en route vers soi.
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novembre 26, 2025« J’ai eu l’impression de surprendre un journal de bord laissé ouvert sur le siège passager : une route, un rêve, et cette pulsation nerveuse qui dit qu’on ne retournera plus en arrière. »
On The Move est un petit film intérieur, une scène de vie captée en plein mouvement, ce moment où l’on serre les dents, où l’on accélère, où l’on ne regarde plus dans le rétro parce que la seule chose qui compte, c’est ce qui brûle devant. BluntBrad Jr transforme la vitesse en langage, l’élan en esthétique, et la détermination en une forme de groove presque cinématographique. On devine un artiste qui n’écrit pas seulement pour faire du bruit, mais pour respirer plus vite, pour tenir debout, pour se rappeler pourquoi il continue.
Ce qui frappe, c’est cette façon de tirer l’énergie du morceau sans jamais forcer la voix : un style à mi-chemin entre chant et rap, un équilibre fragile mais parfaitement tenu. BluntBrad Jr pose ses mots avec l’assurance tranquille de quelqu’un qui a trouvé sa route, même si elle n’est pas encore goudronnée. L’autotune, loin de masquer quoi que ce soit, sert ici de texture émotionnelle, comme le reflet tremblé d’une vitre où défilent les lampadaires. Le flow oscille entre mélodie et accélération, un peu comme si le morceau hésitait entre confession et victoire.
La production, elle, avance avec un aplomb presque nocturne : kicks secs, claps qui claquent comme des clignotants impatients, basse qui roule sous les pas. Le beat respire large, laissant assez de place pour que les harmonies s’enroulent autour de la voix et créent ce halo qui évoque les artistes cités par BluntBrad Jr — Post Malone pour la mélancolie lumineuse, Russ pour la maîtrise solitaire, Kid Laroi pour l’urgence, Blxst pour la fluidité. Mais malgré ces filiations, On The Move ne ressemble pas à une imitation : il trace sa propre trajectoire, plus rugueuse, plus spontanée, presque artisanale.
Là où le morceau touche juste, c’est dans sa capacité à sonner à la fois grand public et intensément personnel. C’est le type de track qu’on met en fond d’un trajet trop long, quand on essaie de s’arracher à une version de soi-même qui ne suffit plus. Un hymne du quotidien, de ceux qui rappellent que l’avancée n’est pas toujours glorieuse, mais qu’elle reste nécessaire.
On The Move capture ce moment précis où un artiste n’est plus en train de commencer, mais de se propulser. BluntBrad Jr ne demande pas la permission d’exister : il appuie sur l’accélérateur et laisse la route parler pour lui. Une impulsion, une promesse, un point d’étape sur un parcours qui ne fait visiblement que grimper en intensité.
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novembre 26, 2025« J’ai senti ce morceau me parler comme un ami qui, au milieu d’une nuit trop longue, te prend par les épaules pour te dire qu’il t’aime exactement comme tu es. »
Il arrive parfois qu’une chanson ne cherche pas à impressionner, mais à rassurer. Don’t Change possède cette douceur-là, cette manière subtile de se glisser sous la peau sans hausser la voix, comme si Medium avait enregistré le morceau dans une chambre encore tiède d’émotions, juste après une conversation trop honnête pour être oubliée. Ce n’est pas de la séduction — c’est une offrande, une façon de dire « je vois tout, même ce que tu caches, et je reste ».
Ce qui frappe d’abord, c’est la chaleur du son, un espace moelleux entre R&B contemporain et hip-hop introspectif, où chaque élément semble respirer. La production ne cherche pas la démonstration, elle s’efface pour laisser les mots prendre la lumière. Les accords feutrés flottent comme un rideau d’ambre, les percussions tapissent l’air de petites secousses du cœur, et la voix de Medium, douce mais ferme, roule en confession sans jamais trembler. On y entend les fissures, les non-dits, mais surtout cette volonté presque têtue de tenir le lien.
Puis survient le moment où la voix de Kohn entre en scène. Sa présence modifie instantanément l’équilibre, comme si le morceau se redressait, posait les pieds au sol et décidait de regarder la réalité en face. Son couplet apporte une gravité qui tempère la légèreté du refrain, un rappel que l’amour n’est pas seulement un refuge, mais aussi une traversée. Les deux voix dialoguent sans s’écraser, l’une portée par la douceur, l’autre par la franchise, et de cet échange naît une émotion étonnamment solide.
Il y a dans Don’t Change quelque chose qui relève presque de la thérapie musicale : une invitation à déposer ses armures, à accepter les parts de soi qu’on croit impropres, à reconnaître dans le regard de l’autre une forme d’asile. C’est un morceau qui préfère les nuances aux grands gestes, qui raconte l’intimité sans l’exhiber, qui choisit le murmure plutôt que l’extase — et c’est précisément ce qui lui donne une puissance rare.
Medium signe ici une pièce lumineuse, intime sans être mièvre, tendre sans être fragile. Une chanson qui se glisse naturellement dans la bande-son des nuits où l’on doute de soi, mais où l’on espère encore qu’aimer n’exige pas de devenir quelqu’un d’autre. Et quelque part, dans cette simplicité apparente, se cache l’une des plus belles vérités de la musique : parfois, ne rien changer est déjà une révolution.
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novembre 26, 2025« Pull Up est cette invitation spontanée qui te ramène à tes étés adolescents : quand une maison ouverte suffisait à transformer une journée banale en souvenir incandescent. »
Avec Pull Up, Mike Mark distille un morceau qui ne triche pas : solaire, simple, généreux, un véritable appel à la fête sans posture ni artifice. Le pop-rap s’y mêle naturellement à une pulsation reggae souple et légère, construisant une ambiance qui sent le soleil encore chaud sur la peau, les rires qui éclatent dans les jardins, et les nuits où personne ne regarde l’heure. C’est un track pensé pour l’hédonisme soft, celui où la vie est plus douce parce qu’elle est partagée.
Dès l’intro, la production plante le décor : guitare en skank discret, percussions aérées, basse qui vibre comme une onde chaude, et un groove qui s’installe avec une évidence presque nostalgique. Rien n’est forcé, rien n’est surchargé — Pull Up respire, flotte, avance avec la nonchalance parfaite d’un morceau taillé pour les après-midis autour d’une piscine ou les soirées à ciel ouvert.
Puis la voix de Mike Mark arrive, lumineuse, posée, pleine de ce sourire audible que seulement les artistes vraiment à l’aise avec leur univers savent transmettre. Son flow est simple mais précis, entre rap doux et chant léger, comme s’il racontait cette invitation au micro sans jamais lâcher la vibe qui l’a inspiré : un souvenir de ses 17 ans, d’un ami qui avait une maison ouverte, d’un été où le mot liberté semblait redéfinir tout le reste.
Le morceau, sous ses airs détendus, capture quelque chose de très pur : ce moment où l’on ne se pose pas encore de questions, où l’on répond « j’arrive » avant même d’avoir réfléchi, où la vie se joue dans l’instant. Pull Up, c’est exactement ça : un instant, un mood, un plaisir immédiat, sans vernis.
La renaissance artistique de Mike Mark après une carrière entrepreneuriale éclaire aussi le morceau. On y sent la sérénité de quelqu’un qui ne court plus après la validation, mais qui crée pour le fun, pour l’énergie, pour le partage. Et cette liberté se transmet dans la musique : c’est léger, c’est chaleureux, c’est vrai.
Pull Up est un rayon de soleil portable, un passeport vers l’été, un sourire sonore. Un morceau qui fait du bien — et qui rappelle que parfois, tout commence par une simple invitation. « Pull up. » Et tout le monde vient.
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novembre 26, 2025« I’m So Polite est ce clin d’œil groovy qui te remet d’aplomb, même les jours où tu n’as plus aucune batterie sociale. »
James Gardin revient ici avec un track qui respire la joie, la malice, la confiance tranquille — cette manière rare d’être stylé sans devenir lourd, d’être affirmé sans jamais écraser. Produit par Supertightwoody, I’m So Polite est une pépite funk-rap feel-good qui glisse comme un rayon de soleil sur une vitre encore froide.
Le morceau démarre sur des drums propres et claquants, un bounce léger qui donne au corps l’envie naturelle de se balancer. Une basse chaude, ronde, presque tactile, sert de colonne vertébrale. Puis arrive Gardin, avec cette voix souriante, ce flow qui ne force rien mais qui habite tout : un mélange de charme, de calme, et de finesse d’écriture. Il rappe comme on discute avec un pote dans une file d’attente — avec une désinvolture parfaitement contrôlée.
I’m So Polite joue dans la catégorie très difficile du « fun sans être cheap ». C’est funky, mais nuancé ; c’est catchy, mais jamais surjoué. Gardin y déploie un charisme naturel, celui qu’on gagne après vingt ans de routes, de scènes, de salles vides et de succès inattendus. Il connaît sa voix, il connaît son public, il connaît le tempo exact où la bonne énergie devient nécessité.
La production de Supertightwoody, elle, est un petit bijou sync-ready : tout est propre, clair, chaleureux, avec ce grain pop-rap qui séduit instantanément. On entend pourquoi Gardin aligne depuis des années placements TV, synchros, bandes-son de séries et films. Le morceau respire cette aisance professionnelle, ce sens du détail qui fait mouche — tout en gardant un esprit léger et joueur.
Au fond, I’m So Polite est une célébration : celle de la confiance sans l’ego, de l’optimisme sans naïveté, du groove sans surcharge. C’est un titre qui donne envie d’être meilleur, plus doux, plus solaire — sans jamais oublier de danser.
Un feel-good banger pour les matins gris, les playlists positives et les journées qu’on veut colorer d’un éclat funk. Gardin, toujours impeccable, y ajoute un sourire qu’on n’oublie pas.
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novembre 26, 2025« Hallelujah est cette fulgurance où la foi traverse le bitume, où la parole devient arme et refuge, où l’on sent la rédemption gronder sous chaque syllabe. »
Avec Hallelujah, Deca OTA livre un morceau qui ne ressemble à rien d’autre sur la scène UK actuelle : un rap incandescent, tendu entre confession et ascension, porté par une intensité presque mystique. Aux côtés de Hunnid2Hebron, il tisse un récit de transformation où les ténèbres ne sont pas niées, mais transcandées — comme si chaque barre cherchait à repousser un peu plus le poids du passé.
Dès l’ouverture, la production impose son atmosphère : basses roulantes, percussions hachées, et ce sample aérien de Sade (Pearls) qui découpe le décor comme un rayon de lumière dans un sanctuaire. Le contraste frappe immédiatement : la douceur céleste de la voix, coupée par la dureté concrète de la rue, crée un équilibre fragile et magnétique. C’est dans cette tension que se loge la puissance du morceau.
Deca OTA entre avec une assurance grave, un flow tranchant où chaque mot semble choisi pour sa justesse spirituelle autant que pour son impact rythmique. Le texte, dense, introspectif, raconte un chemin : celui d’un artiste qui a quitté les ombres pour chercher le sens, la vérité, la vie. Un récit qui résonne d’autant plus fort lorsqu’Hunnid2Hebron prend le relais, portant lui aussi la marque d’une histoire redressée, d’une existence qui se reconstruit entre endurance et foi retrouvée. Ensemble, ils sculptent un duo qui évoque le mythe du fils prodigue, non pas comme parabole lointaine, mais comme vécu tangible.
La narration est brûlante, mais jamais moralisatrice. Hallelujah avance comme une marche, une incantation, une réaffirmation de soi. Le morceau prend l’ampleur d’un témoignage, d’un rite, d’un retour à la lumière après des années à naviguer dans les angles morts.
Sur un plan sonore, Chrome Waves aurait pu signer un tel beat tant la production semble respectueuse des codes tout en poussant vers l’inédit. C’est un écrin taillé pour les mots, pour l’intention, pour la conviction.
Hallelujah est plus qu’un single : c’est une proclamation. Un morceau qui montre que le rap peut encore être un espace où l’on cherche Dieu, la paix, la rédemption — sans abandonner l’énergie brute de la rue qui a tout forgé. Un moment rare, puissant, qui marque Deca OTA comme une voix majeure de demain.
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novembre 26, 2025« Underground est ce claquement sec qui te ramène à l’essentiel : un beat, une voix, et la vérité nue qui ne demande jamais la permission. »
Chrome Waves et A-F-R-O signent avec Underground un hommage musclé à la tradition qui refuse de mourir. C’est du boom bap dans ce qu’il a de plus noble : un son taillé dans la poussière de la côte Est, un groove qui ne s’excuse pas, une manière de rapper qui privilégie le tranchant à la posture. Dès les premières mesures, on comprend : ici, on parle de racines, de sueur, de micro serré entre les doigts.
Le beat de Chrome Waves a cette élégance rugueuse propre aux producteurs qui connaissent l’histoire par cœur. Samples soulful, drums secs, grain granuleux qui respire l’authenticité. C’est une boucle qui avance en cercle serré, sans fioritures, sans décor superflu — un écrin brut, pensé pour mettre en valeur ce qui compte vraiment : la voix. Et A-F-R-O surgit comme un couteau lancé en plein vol. Son flow est dense, acrobatique, précis comme un scalpel. On retrouve son appétit technique, son goût pour les rimes qui s’emboîtent à une vitesse folle, cette manière d’être old school sans jamais paraître relégué à un passé figé.
Underground est construit comme un manifeste : introspection, coups de gueule, observation du réel, refus des compromis. Il flotte au-dessus du morceau une énergie 90s assumée, mais réinjectée dans un contexte plus actuel, là où la nostalgie laisse place à la dévotion et à l’exigence. Le track ne cherche pas le hit, il cherche la cohérence, la vérité. Et c’est précisément cette honnêteté qui lui donne tant de force.
Chrome Waves, derrière son alias, prouve qu’il sait fabriquer des beats habités, nourris de textures organiques, de petites imperfections qui font tout le charme. A-F-R-O, lui, déploie son art comme si chaque syllabe devait survivre à l’impact. Ensemble, ils signent un morceau qui respire la rue, la passion, l’engagement.
Underground n’est pas seulement un single. C’est un rappel. Une piqûre de mémoire. Une preuve que le boom bap, quand il est fait avec cœur et respect, ne vieillit jamais vraiment.
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novembre 26, 2025« Scofield est cette rafale contrôlée où le hongrois et l’allemand se percutent comme deux lames, taillant un flow qui ne ressemble à personne. »
Avec Scofield, ACE77 s’avance sans détour dans le territoire du rap old-school revisité, un espace où la rugosité des rues rencontre une technique affûtée et une vision biculturelle rare. Le jeune artiste hongrois, qui mêle naturellement magyar et allemand, signe ici un morceau où chaque syllabe devient un impact, chaque punchline un coup porté avec précision. Ce mélange linguistique crée une texture unique, un grain sonore brut qui se distingue dans un paysage rap saturé de clones.
Le morceau prend son temps avant de frapper : un beat old-school sombre, légèrement poussiéreux, qui appelle les bas-fonds et les soirs trop longs. Puis, dès 0:44 — le moment que l’artiste lui-même désigne comme le cœur du titre — Scofield change de densité. Le flow se durcit, les placements s’affûtent, les rimes magyares s’enroulent autour des éclats germaniques dans un jeu d’échos percutant. On entend la fierté d’un rappeur qui connaît ses racines, qui les brandit comme un drapeau et un couteau.
ACE77 navigue entre récit urbain, affirmation identitaire et clair plaisir technique. Son style évoque l’école classique du hip-hop, mais revisité avec une urgence moderne, cette énergie rapide et nerveuse du fast life qu’il revendique dans sa bio. Pas de fioritures : Scofield respire l’authenticité, la rue, l’envie d’atteindre un autre niveau sans renier l’origine.
Ce qui impressionne surtout, c’est la maîtrise du rythme interne. Même sans comprendre le magyar, on ressent le poids des mots, la cadence, l’intention. Le mélange avec l’allemand accentue ce sentiment d’impact multiplié, comme si deux cultures se répondaient en un seul souffle. La production, minimaliste mais solide, laisse tout l’espace nécessaire aux syllabes pour claquer comme des coups de talon sur du béton humide.
Scofield est un morceau-manifeste, une carte de visite, une déclaration : ACE77 n’est pas là pour suivre la tendance, mais pour imposer son monde. Et clairement, il le fait avec tranchant.
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novembre 25, 2025« Avec Disappear, tu ressens cette confession à voix basse qui te traverse comme un frisson, juste avant qu’elle ne devienne une révélation. »
Avec Disappear, Cabra ne joue pas la carte de la façade. Il ouvre la porte sur un espace où le love toxique colle à la peau, où les doutes s’empilent, où l’on cherche encore la sortie d’un labyrinthe qu’on a soi-même contribué à construire. Le rappeur d’Essex capte cette zone trouble entre affection et chaos, entre envie de rester et besoin urgent de disparaître — un moment suspendu que peu d’artistes osent montrer sans filtre.
La force du morceau, c’est ce virage inattendu : la pensée de sa nièce, minuscule étincelle de pureté qui renverse tout. Une lumière douce, enfantine, qui remet le monde à l’endroit. Ce simple rappel suffit à fissurer la noirceur, à ramener de l’oxygène dans un track qui, jusque-là, brillait surtout par sa vulnérabilité brute.
Musicalement, Disappear est un patchwork délicat : une guitare R&B qui glisse comme une pensée trop tendre, des drums drill allégés qui impulsent une démarche nocturne, un groove qui flotte entre l’introspection et le mouvement. Cabra déroule ses mots avec sa nonchalance caractéristique, un flow mi-parlé mi-soupiré qui donne l’impression d’une conversation surprise dans un coin de pièce.
Cette manière de mêler confessions crues, mélodies douces et détours inattendus montre tout ce qui rend Cabra singulier. Pas de posture, pas de surjeu : juste une honnêteté désarmante, une écriture qui balance entre la lucidité et le lâcher-prise. Le morceau porte la marque d’un artiste qui refuse les carcans, qui puise davantage dans les sensations que dans les codes.
Disappear ressemble à un seuil, à un moment charnière où quelque chose se répare en silence. Un titre qui reste en tête comme une leçon intime, fragile et pourtant solide — le genre qu’on garde pour les nuits où l’on cherche à se retrouver.
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novembre 23, 2025La Sélection Rap français du moment débarque comme un choc thermique en pleine torpeur, une montée de fièvre qui remet du mouvement là où tout commençait à geler. Ici, pas de nostalgie ni de faux-semblants : juste des voix qui brûlent, des prods qui claquent, des récits qui vibrent avec la même intensité que les rues qu’ils traversent.
Chaque morceau de cette sélection est une étincelle : parfois brutale, parfois suave, toujours vivante. Ça raconte l’époque, ses vertiges, ses contradictions, ses pulsations nocturnes. Ça frappe, ça glisse, ça surprend — et surtout, ça réveille. Alors monte le son, laisse ces flows tracer leur propre trajectoire dans ton hiver, et plonge dans le rap français tel qu’il respire aujourd’hui : chaud, nerveux, incandescent.
Canard x S.O.A.P. – Fais-Le
Nosthin – Toxique
BILLI – SANS VIE
Barbu – Lundi (Le tram)
Bexson – Laisse Moi
Sacha & Korbo – FREESTYLE PIANO
Tyranik – Inné
H’Trip – HOMEBOYS
Lekas – 7ème Sens
Skima – Xénon
BALL – RETARD ANTICIPÉ
Jester SHF – LA CIBLE
Julaï – Goût de vacances
TN & BITUME – Jaskay
LES MIENS ft @prodbydibi – WIM$
Unbon2K – WESH
DŸ – Moneymaker
Paris Nest – Le Cinéma
Stray-D – Sixième Soleil
David Pistol – Regarder le monde brûler
Tiblack – Melanger
Le J.O – La Sauce
Kuroy Lenid – Fubu
Chawon – Galerie 2
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novembre 21, 2025« Ce morceau avance comme un sourire qui se faufile dans un moment de chaos, la promesse discrète qu’une relation peut être un refuge plutôt qu’un incendie. »
No Trouble possède ce charme rare des titres qui ne cherchent pas à impressionner, mais à apaiser. J Eden semble y avoir déposé une part de lui-même qu’il protège avec pudeur : un désir de paix, de clarté, peut-être même de rédemption. La production, d’abord presque minimaliste, s’ouvre progressivement comme un paysage qui respire. On y entend la sensibilité d’un artiste qui, tout en portant l’héritage de Chicago – ses tensions, ses sirènes, ses contradictions – choisit ici la lumière plutôt que la lutte.
Le morceau construit son identité autour d’un équilibre fragile : une pulsation pop-rap limpide, une écriture qui regarde la complexité du quotidien d’un peu au-dessus, et une interprétation qui embrasse la vulnérabilité comme un acte d’assurance. J Eden n’y incarne pas un personnage, il se présente sans filtre. Loin des postures viriles du rap traditionnel, No Trouble revendique la douceur comme une forme de résistance. C’est presque un geste politique.
On sent dans la structure du titre cette volonté de capturer un état : celui où l’on admet que l’amour n’a pas besoin du drame pour exister. Les arrangements, volontairement clairs, glissent au service d’une narration intime, presque confidentielle. Les synthés dessinent une atmosphère feutrée, les percussions avancent avec souplesse, la voix s’épanouit sans forcer. C’est le genre de morceau qui rend un matin gris un peu moins lourd, un soir trop long un peu plus habitable.
Ce qui surprend le plus, c’est la maturité émotionnelle. On l’attendait peut-être plus extravagant, plus tapageur – mais J Eden choisit la direction inverse : un slowburn intérieur qui, sous ses airs simples, déploie un message élégant. Dans No Trouble, l’artiste affirme qu’il est possible d’aimer sans tempête, de désirer sans guerre, de s’attacher sans s’effondrer. L’espoir a une bande-son, et elle ressemble à ça.
Avec ce titre, J Eden ne signe pas seulement une jolie parenthèse dans son album : il dessine un manifeste. Celui d’un artiste capable de transformer les petites accalmies de la vie en véritables paysages émotionnels. No Trouble n’est pas un tube explosif ; c’est un morceau qui s’installe, qui rassure, qui murmure que la paix est peut-être, finalement, la plus belle des révolutions.
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novembre 19, 2025« BluntBrad Jr ne cherche pas à prendre la place : il construit son propre territoire, brique après brique, mélodie après mélodie. »
Il y a quelque chose d’étrangement cinématographique dans la trajectoire de BluntBrad Jr. Une impression de suivre un personnage en pleine montée, caméra collée à ses pas, comme dans un de ces films où l’on sait que le héros va brûler les étapes, même si personne n’a encore pris le temps de le voir arriver. Avec Knock The Mall Down et I Talk Loud, deux titres sortis à quelques jours d’intervalle, BluntBrad Jr confirme qu’il est l’un des rares artistes du rap mélodique américain actuel à savoir jouer sur deux tableaux : celui de la gueule assumée et celui de la faille qu’on camoufle sous un vernis trap soyeux.
Knock The Mall Down, c’est son morceau le plus frontal, une brutale montée d’adrénaline façonnée pour les haut-parleurs qui cognent sous les sièges. La prod frappe sec, presque industrielle, avec ces basses qui semblent sortir d’un parking souterrain où tout résonne un peu trop fort. BluntBrad s’y déploie avec un flow certain, confiant, presque joueur : une manière de s’imposer sans hausser le ton, comme ces gens dont la présence suffit à faire basculer la pièce. Le morceau a l’arrogance des titres faits pour les virées de nuit, pour les pneus qui crissent et les esprits qui refusent de s’éteindre. Ce n’est pas du gangsta rap caricatural : c’est un monde mental, un espace intérieur où l’on cogne pour exister.
Et pourtant, dans I Talk Loud, il se dévoile autrement. Le rappeur troque la tension pour une vulnérabilité plus complexe, dans un registre cloud hop teinté d’émotions brutes. L’autotune n’est pas un gadget : c’est la texture de ses pensées, la manière dont elles se déforment en avançant. La prod s’évapore, flotte, hésite — elle laisse entrer les doutes, les respirations cassées, les phrases qu’on n’ose pas dire mais qu’on finit par chanter quand même. On y entend le Midwest dans la sincérité, la Californie dans le vernis, et un peu de Post Malone dans le goût du mélodique blessé. Mais BluntBrad Jr ne copie pas : il absorbe, il réarrange, il réinvente pour coller à son propre récit.
Ce diptyque dit beaucoup de son ADN. Un pied dans la trap musclée, l’autre dans l’intime mélancolique. Un flow qui sait mordre, un chant qui sait trembler. Une écriture qui vacille entre assurance et confession. Surtout, une maîtrise instinctive des refrains qui restent, de ces lignes simples qui s’impriment parce qu’elles ne mentent pas.
Ce que raconte réellement BluntBrad Jr avec Knock The Mall Down et I Talk Loud, c’est qu’il est en train de trouver sa voix — une voix hybride, où la mélodie est une arme, où le vécu dicte la forme, où le style n’est jamais un masque mais un prolongement naturel de ce qu’il veut dire. Il n’est pas encore à son sommet, et c’est précisément ce qui rend ces deux titres excitants : on entend la montée, on entend les muscles qui se forment, on entend l’artiste en train de se construire.
Deux titres, deux angles, une même évidence : BluntBrad Jr avance vite. Et cette fois, tout le monde risque de l’entendre.
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novembre 19, 2025« NO REST, c’est ce moment où ton cœur accélère avant ta tête, et où la nuit te demande d’aller plus loin que ce que tu pensais pouvoir donner. »
Je ne sais pas si Rick Tonnii dort parfois, mais à l’écoute de NO REST, on comprend très vite que le mec vit dans une autre fréquence, une zone où le sommeil n’existe pas, où seules comptent l’impulsion, la montée d’adrénaline et la chair à vif du présent. Ce morceau n’est pas un simple track trap — c’est une poussée de tension maîtrisée, un claquement de doigts dans une pièce noire, un frisson qui court sur la colonne vertébrale pendant que les synthés s’embrasent.
La première chose qui frappe, c’est la densité. Pas une densité lourde ou brouillonne, mais cette densité urbaine qui ressemble à une ville pleine de néons, de sueur, de pas pressés à 3h du matin. Le beat pulse comme un moteur sous l’asphalte, tout droit sorti d’un laboratoire où la trap flirte avec l’électro futuriste. La production convoque cette esthétique rage-y, presque cyberpunk, où chaque synthé tranche comme une ligne de lumière bleue dans la pénombre.
Rick Tonnii arrive dessus avec une précision chirurgicale. Son flow, rapide, anguleux, charismatique, semble vouloir perforer le silence avant même de commencer. On sent un rappeur qui comprend l’espace, qui sait quand mordre, quand se retirer, quand accélérer la cadence jusqu’à l’essoufflement. Il possède ce truc rare : l’instinct. Pas seulement du rythme, mais de la présence. On l’imagine rapper à deux centimètres du micro, respiration chaude, détermination scotchée au palais.
La manière dont il glisse entre l’anglais et le coréen ajoute une dimension sensorielle inattendue : un lyrisme coupé au scalpel, un changement de texture, une sorte de vertige bilingue qui donne au morceau son identité presque transfrontalière. Ce mélange, dans sa spontanéité, crée un sentiment de course entre deux mondes — et Rick Tonnii, lui, fonce sans regarder en arrière.
Ce qui me fascine dans NO REST, c’est son refus absolu du repos, justement. Tout est construit pour maintenir la tension : les nappes synthétiques qui montent comme un avertissement, les basses qui se déploient en vagues compactes, les micro-ruptures dans le beat qui font l’effet de petites explosions internes. Pas de zones mortes. Pas de répit. Le morceau avance comme un train lancé trop vite, mais qui reste parfaitement sur ses rails.
La sensation globale, c’est l’urgence. L’urgence de dire, de prouver, de marcher plus vite que les doutes. L’urgence de vivre dans la vibration plutôt que dans la retenue. Et cette urgence, Rick Tonnii la porte dans la voix, dans l’énergie, dans les respirations courtes qui donnent l’impression qu’il rappe en plein sprint.
NO REST n’est pas un titre qu’on écoute pour se poser — c’est celui qu’on joue quand on a besoin de se réveiller de l’intérieur, de faire fondre un plafond mental, de sortir dans la nuit avec l’impression d’être invincible. Rick Tonnii réussit ce que les artistes les plus affutés maîtrisent : créer une atmosphère, une scène, un monde entier en seulement quelques mesures.
Un morceau nerveux, incandescent, qui refuse le sommeil comme on refuse la défaite — avec panache, puissance et une dose d’insolence parfaitement dosée.
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novembre 19, 2025« 6 Feet Down, c’est un flow qui remonte du sol comme une vérité qu’on avait tenté d’enterrer — et qui revient, intacte, prête à parler. »
Il existe des morceaux qui ne rappent pas : ils confessent. 6 Feet Down est de ceux-là, un titre où le hip-hop ne se contente pas d’être un genre mais devient une chambre d’écho souterraine, un espace où chaque mot a la densité d’un pas dans la poussière, où chaque vers semble griffé contre les murs d’une solitude en clair-obscur. Cette voix — ou plutôt ce souffle qui affûte le timbre — ne cherche pas la démonstration. Elle cherche l’impact, la vérité, la ligne la plus fragile qui sépare la résilience du vertige.
Dès l’entrée, on sent que N3WALASKA ne veut pas séduire : il veut raconter, même si ça dérange, même si ça creuse. Le beat old-school, avec sa chaleur granuleuse, sert de plancher instable sous le flow. Les textures modernes, plus aérées, ouvrent la profondeur. Et la voix, elle, navigue entre les deux comme un funambule qui a déjà chuté, mais qui remonte malgré tout sur le fil. C’est cette tension — entre le passé et le présent, entre la maîtrise et la fêlure — qui transforme 6 Feet Down en morceau de chair et non en simple exercice.
Le ton est posé mais jamais paresseux. Chaque rime a le goût d’un constat, d’un retour sur soi. On dirait un rap né d’un silence trop long, celui qui finit par éclater dans une parole intérieure chargée de lucidité. Les attaques sont sobres mais précises ; on entend les dents serrées derrière certains mots, la fatigue contenue derrière d’autres. Pas de surjeu, pas d’artifice — juste cette sincérité brute qui rend le morceau terriblement humain.
La production accompagne ce mouvement comme une caméra qui colle aux épaules. Les kicks se succèdent avec une régularité presque cardiaque. La basse ronronne comme une bête tapi sous le sol. Les nappes mélodiques, minimalistes, ressemblent à des lueurs aperçues à travers des fissures. On n’est pas dans un banger, ni dans un storytelling classique : on est dans une confession rythmée, une marche intérieure avec le souffle de celui qui a trop retenu.
Et c’est lorsque la voix s’éteint, brusquement, qu’on comprend l’ampleur de ce qui s’est dit : 6 Feet Down ne raconte pas une chute, mais une remontée. Le titre n’est pas une métaphore macabre, c’est une direction inverse. On n’écoute pas quelqu’un qui descend — on écoute quelqu’un qui revient, qui remonte, qui refuse l’oubli.
N3WALASKA signe ici un morceau rare : un rap qui a l’intimité d’un journal et la pudeur d’une cicatrice. Une œuvre qui ne cherche pas l’effet, mais la sensation juste. Une voix qui, même enterrée, finit toujours par frapper à la surface.
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novembre 19, 2025« SHOW ME WHAT YOU’RE WORKING WITH sonne comme un vieux fantasme des années 2000 qu’on aurait rebooté sous amphétamines — sexy, nerveux, insolent. »
Je dois l’avouer : rarement un morceau m’a donné l’impression d’ouvrir un portail sur mon adolescence tout en me tirant par le col dans un futur où les trottoirs grincent sous les sneakers. SHOW ME WHAT YOU’RE WORKING WITH, c’est cette collision délicieuse entre un passé qu’on croyait rangé dans une vieille compil gravée au feutre bleu et une énergie totalement actuelle, brute, malpolie, excitante. Kai-Rho ne propose pas un simple clin d’œil aux années Neptunes : il ressuscite l’attitude. Le culot. Ce panache néon et minimal qui faisait swinguer les basses comme si elles ricanaient.
Dès les premières secondes, on sent qu’il y a un sourire insolent derrière chaque percussion sèche. Tout claque, tout rebondit, tout scintille. Le beat n’est pas là pour décorer : il avance comme un animal nerveux, prêt à bondir. Et quand le drop de 0:37 déboule — ce fameux moment qu’on m’avait dit d’attendre — j’ai eu cette sensation presque physique d’être propulsé sur un dancefloor où l’air devient plus dense, où les corps s’alignent sur une même impulsion instinctive. Il y a une nervosité maîtrisée, un groove presque liquide qui s’infiltre dans les épaules avant même qu’on ait pensé à danser.
Mais ce qui différencie Kai-Rho de la horde de revivalists, c’est son mélange bilingue, ce Deutsch-English qui s’entrechoque avec un naturel déconcertant. Les syllabes se chevauchent, mordent le rythme, s’y accrochent avec un flow qui n’a pas peur de changer de terrain. On passe d’une attitude grime légèrement piquante à un rap pop plus ludique, puis à cette vibe alternative hip-hop qui refuse de se laisser mettre dans une case. L’ensemble est aussi fluide qu’un freestyle dans une ruelle où les néons clignotent.
Et puis il y a cette manière de jouer avec la provocation — toujours légère, jamais forcée. Kai-Rho ne pose pas comme un bad boy, il joue. Il teste les limites, les nôtres, les siennes, celles du genre. C’est un MC qui semble prendre autant plaisir à construire la tension qu’à la dégommer d’un sourire. Il y a du charisme, une vraie malice, une assurance qui rappelle que la scène n’est pas un endroit pour se cacher.
SHOW ME WHAT YOU’RE WORKING WITH est un morceau-cinétique, un titre qui chaloupe comme une confidence trop bruyante, une pièce de puzzle parfaitement consciente de son esthétique. C’est le type de track qui fait grimper le rythme cardiaque, qui donne envie de redresser les épaules, de marcher un peu plus vite, d’assumer un peu plus fort.
Kai-Rho vient peut-être du présent, mais sa musique, elle, danse à travers les époques sans jamais perdre son aplomb. Une claque rythmique, un sourire narquois, une invitation à secouer la poussière : bref, un banger qui sait très exactement ce qu’il fait — et pourquoi on le rejoue.
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novembre 19, 2025« Un flip explosif, brut et irrésistible — parfait pour toute playlist rap cherchant un banger instrumental qui transforme la nostalgie en pure adrénaline. »
MILKSHAKES n’est pas un simple clin d’œil à Kelis : c’est une métamorphose totale, une relecture carnivore qui propulse l’un des hymnes les plus iconiques des années 2000 dans un futur où les basses grondent plus fort que les souvenirs. YNG Martyr, qui en a fait une mission personnelle de tordre la nostalgie pour en extraire quelque chose de brut, de neuf, de férocement vivant, trouve ici un terrain de jeu idéal : Detroit drums qui claquent comme des coups de fouet, basses qui rampent en spirale, tempo qui écrase et libère à la fois.
Et surtout : un duo incandescent.YNG Martyr, dans son style reconnaissable — râpeux, instinctif, abrasif mais précis — entre dans la prod avec la confiance de quelqu’un qui sait que son nom circule déjà partout. Il rappe comme on respire après des années à chercher un oxygène qui n’existe pas : pas un mot de trop, pas un souffle perdu, juste un flow en perpétuelle torsion, nerveux, acéré, profond. On sent la rue, les nuits sans sommeil, les sessions studio où la vérité s’arrache à mains nues.
En miroir, la rappeuse qui l’accompagne déploie un registre totalement différent. Elle coupe le beat avec une élégance agressive, un phrasé plus brillant, plus vif, plus calculé — mais jamais figé. Elle mord la prod là où YNG la martèle, elle la caresse là où lui la déchire. Leur contraste est un dialogue, presque un combat, mais un combat chorégraphié, où chaque coup porte, chaque silence compte, chaque respiration devient rythme.
À deux, ils donnent au morceau une verticalité inattendue : YNG ouvre les tranchées, elle éclaire les angles morts. Il plante les griffes, elle aiguise la lame. Et soudain, cette boucle qui évoque Kelis n’est plus un souvenir : elle devient une zone de turbulence, un vortex où le passé et le présent se percutent.
MILKSHAKES se déploie comme un objet hybride — à la fois hommage et sabotage, respect et insurrection. Le morceau bouge comme un corps auquel on aurait greffé un second cœur : un cœur féminin, plus percutant, plus incandescent, qui répond au grondement viscéral de YNG. Leur alliance n’est pas un featuring décoratif, c’est un choc, une friction, un embrasement.
À la fin, il reste cette sensation familière aux véritables bangers : un sourire, un vertige, et l’intuition que ce flip-là va voyager longtemps, très longtemps, dans les nuits où les basses ne dorment jamais.
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novembre 19, 2025“Your Ex pulse comme une cicatrice encore chaude qui refuse de guérir, un banger qui transforme la douleur en carburant nocturne.”
Dans un paysage où les genres se télescopent et s’hybrident à une vitesse presque cosmique, Your Ex arrive comme un éclair maîtrisé, un morceau né d’une collision frontale entre trap, dancehall et mélodies chargées d’une mélancolie assumée. Laden, toujours en avance d’un battement, s’entoure ici de BAD$aSH et 10MIL RECORDS pour livrer un titre qui fonctionne comme une capsule émotionnelle compressée, prête à imploser dès la première mesure.
Laden porte dans sa voix l’écho lointain de Kingston et des routes poussiéreuses du Cheapside District, un vécu marqué par la perte, la résilience, le feu intérieur qui l’a poussé à transformer la douleur en moteur créatif. Ce passé se ressent dans Your Ex : chaque mot en anglais, simple mais tranchant, semble découper l’air avec une sincérité débarrassée du superflu. BAD$aSH, lui, injecte une énergie presque cinématographique, un flow nerveux, borderline menaçant, qui donne au morceau une dimension nocturne, comme si l’on se glissait dans la peau d’un protagoniste incertain, oscillant entre nostalgie et revanche. Quant à 10MIL RECORDS, il consolide l’univers sonore en le musclant juste ce qu’il faut, avec une production calibrée mais organique, prête à transformer les dancefloors en zones de turbulence sentimentale.
Le beat respire, s’étire, se contracte comme un corps qu’on tente d’oublier. Percussions syncopées, basses lourdes qui s’enfoncent dans la poitrine, petites étincelles mélodiques qui évoquent des messages non lus à trois heures du matin. Rien n’est laissé au hasard. On y retrouve cette écriture sonore propre à l’artiste : directe, émotive, nerveuse, jamais décorative.
Au-delà du simple morceau, Your Ex fonctionne comme un artefact de 2025 : le témoignage d’une génération qui digère ses ruptures à travers ses haut-parleurs et reconstruit ses cicatrices en rythmes. Un morceau prêt à être partagé, archivé, remixé, mais surtout ressenti. Une preuve supplémentaire que Laden ne se contente pas de revenir : il marque le territoire.
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novembre 19, 2025Jah Prez dévoile un morceau qui ne frappe pas : il déterre, ravive, exhume — comme si chaque kick ouvrait une chambre verrouillée de l’esprit.
Il existe des titres qui semblent naître d’un effondrement intérieur, de ces zones que l’on contourne d’habitude pour éviter d’y laisser trop de peau. UNDERSTATEMENT TRAUMA appartient à cette lignée-là : une pièce lourde, dense, qui ne cherche pas la beauté mais la vérité, et qui trouve précisément dans cette rugosité un éclat singulier. Jah Prez, davantage connu pour son travail d’orfèvre dans l’électronique, signe ici un virage brut vers un rap hybride, où la trap se marie à un boom-bap sombre comme une cave mal ventilée.
Le morceau s’ouvre sur un climat presque clinique : un beat sec, une basse qui rampe, des nappes minimales qui semblent clignoter comme des néons au-dessus d’une scène qu’on préférerait ne pas regarder. Il y a dans cette production un sens du dépouillement qui laisse l’espace nécessaire pour que chaque mot pèse, chaque respiration devienne un indice. L’atmosphère rappelle les dissonances conscientes du hip-hop introspectif, ce moment où l’artiste se tient seul devant son propre miroir fissuré, sans filtre ni bravoure forcée.
Ce qui frappe dans UNDERSTATEMENT TRAUMA, c’est l’étrange fusion entre tension et lucidité. Le flow, volontairement sobre, presque retenu, avance comme quelqu’un qui a cessé de fuir et qui, désormais, marche tête haute dans les cendres de son passé. La présence du bilinguisme — l’anglais et l’espagnol qui s’entrecroisent — renforce l’idée d’un esprit fragmenté qui tente pourtant de raconter une histoire unifiée. Rien n’est surjoué : la douleur n’est pas théâtrale, elle est organique, présente dans les failles plus que dans les cris.
La production connaît de légères distorsions, comme si les sonorités électroniques dont Jah Prez est héritier tentaient de ressurgir sous la peau du morceau. Par instants, la track semble au bord de l’implosion, un équilibre fragile entre le boom-bap terreux et la trap futuriste. Ce mélange crée un espace étrange, presque spectral, où la modernité se frotte à une forme de nostalgie sale.
Ce titre n’impose pas de conclusion. Il laisse plutôt une sensation persistante, comme une lumière intermittente qui continue de vibrer derrière les paupières longtemps après l’écoute. UNDERSTATEMENT TRAUMA n’a pas été pensé pour la fête ou pour la performance : c’est un aveu, un exorcisme discret, une tentative de dire l’indicible à travers un langage qui n’a pas peur d’être heurté.
Dans ce morceau, Jah Prez montre un autre visage — celui d’un producteur qui n’utilise pas le rap comme un terrain de jeu, mais comme un laboratoire intime où expérimenter le poids des souvenirs. Un morceau court, brut, mais d’une densité telle qu’il se déploie encore bien après son dernier kick. Une plongée dans les couches souterraines de la conscience, là où le trauma n’est jamais une exagération, mais un commencement.
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novembre 18, 2025WHOA frappe comme une pulsation archaïque propulsée dans le futur, un choc culturel où chaque kick semble réveiller une mémoire plus ancienne que le hip-hop lui-même.
WHOA n’a rien d’un simple collaboration rap inetrnationale. C’est une collision parfaitement assumée : la densité basse-freq de Dysphemic, producteur australien habitué à retourner les scènes du monde entier, rencontre la diction feu-follet de Kryptik, rappeur écossais dont les syllabes claquent comme des pierres contre du métal. Entre eux, une troisième présence s’invite — la Grèce, filtrée à travers des motifs traditionnels que Dysphemic tord, distord, et renvoie dans l’espace du boom-bap comme une ombre mélodique impossible à situer dans le temps.
Le morceau s’ouvre avec un grain presque cinématographique. Une tension sourde, un tremblement dans la stéréo, puis cette montée étrange — comme un chant venu d’un autre âge, modulé, granularisé, transformé en texture. Dysphemic connaît le langage de la matière : il sculpte les basses comme un artisan qui polit une pierre sacrée, les laisse vibrer juste sous la peau, jusqu’à ce que Kryptik entre et lacère l’air. Son flow n’avance pas en ligne droite ; il zigzague, ricoche, joue des accents et des syncopes, avec ce mix de lucidité et de fureur dont seuls les rappeurs des climats rugueux ont le secret.
Le groove de WHOA, pourtant ancré dans un boom-bap massif, emprunte au glitch, au dubstep et au DnB cette signature rythmique instable qui semble toujours prête à déraper sans jamais perdre le contrôle. C’est là que le morceau trouve sa personnalité : dans ce refus de rester dans une case. Tout en restant fidèle à la pulsation du hip-hop, Dysphemic injecte ses obsessions — les ruptures imprévues, les fréquences qui se dédoublent, les impacts qui vous retournent le sternum.
Puis survient cette sensation rare : WHOA joue avec la tradition autant qu’avec la modernité, comme si la Grèce antique rencontrait un sound system festivalier, comme si un vieux rituel trouvait soudain un BPM prêt à le faire renaître. Les “embellissements” grecs, transformés en volutes électroniques, apportent une noirceur suave, presque mystique. Kryptik, lui, rappe comme s’il poursuivait une bête invisible dans une ruelle d’Édimbourg.
L’ensemble forme un objet hybride qui revendique son étrangeté. Rien n’est monoculturel, rien n’est sage. WHOA est une expérience : un choc esthétique, un pont entre continents, un morceau qui s’écoute autant qu’il se ressent dans les os.
Avec son clip à venir — déjà annoncé comme massif — et un remix Bass-Hop prêt à retourner les dancefloors les plus intrépides, cette sortie ressemble davantage à un événement qu’à un single. Dysphemic et Kryptik n’additionnent pas leurs forces : ils les métamorphosent. Et WHOA en est la preuve sonore la plus explosive.
Un titre qui risque d’ouvrir plus qu’une collaboration : une brèche. Une manière d’imaginer ce que le hip-hop peut devenir quand il cesse d’imiter et recommence à inventer.
https://www.instagram.com/dysphemic1
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novembre 18, 2025Un beat cinématographique, une voix qui tranche l’air comme une lame froide : « Diamonds » est l’art de transformer la sueur en lumière brute.
Dans ce paysage où le rap se débat souvent entre ego hypertrophié et storytelling recyclé, Diamonds surgit comme un souffle glacé, un mouvement net et précis, animé par cette envie farouche de dire la vérité sans détourner les yeux. Maddox ne cherche pas le vacarme, encore moins le costume de prophète : il érige simplement une architecture où chaque mot tombe avec le poids d’un vécu condensé, poli, puis projeté comme un éclat de verre.
Le morceau n’avance pas — il coupe.Les cordes surgissent comme des halos tragiques, les cuivres s’installent avec la lenteur élégante d’un rideau rouge dans un théâtre en feu. Le beat, lui, pulse sans jamais se dilater, tendu comme une artère qu’on écoute battre de l’intérieur. L’atmosphère évoque ces instants suspendus avant un grand saut : pas de frime, pas de surenchère, mais une concentration presque chirurgicale.
La voix de Maddox ne rappe pas : elle tranche, découpe les illusions, taillade les faux récits qui encombrent l’esprit. Une lucidité presque sabbatique traverse les lignes, rappelant ces rappeurs qui ne convoquent pas la rue pour la glorifier mais pour en extraire la gravité morale. Diamonds sonne comme le point d’équilibre entre l’introspection et l’affirmation, une manière de dire « voilà le monde tel qu’il brûle, voilà comment on continue malgré les braises ».
Ce titre, entièrement façonné par l’artiste — écriture, production, enregistrement — respire la cohérence et la pleine maîtrise. Le geste est total, presque monacal. Un rappeur seul face à sa table, son souffle, son horizon. Une œuvre qui rappelle que le hip-hop peut encore être un laboratoire de vérité plutôt qu’une foire aux artifices.
Maddox revendique une voie différente : un hip-hop où l’étalage laisse place à la densité, où la technique n’est jamais déconnectée du sens. Diamonds se déploie alors comme un manifeste de maîtrise silencieuse, un refus de se laisser étiqueter, un élan vers une ambition simple et violente : exister par la précision.
Un freestyle qui scintille, oui — mais comme une lame, pas comme un bijou.
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novembre 17, 2025Un premier coffre ouvert sur l’avant-monde, où Raeski Rea révèle la matière brute qui précède le mythe — un point zéro incandescent, taillé dans le réel avant la naissance du Raeskiverse.
Impossible d’aborder Before the Raeskiverse comme un simple EP. On a l’impression de tenir entre les mains un carnet retrouvé sous les lattes d’un parquet, un document fondateur jamais destiné au public et pourtant crucial pour comprendre l’odyssée à venir. En l’écoutant, je me suis surpris à imaginer Raeski Rea non pas en architecte d’univers, mais en jeune homme penché sur un bureau trop petit, dans une chambre de Hampton Roads, traçant des lignes qui n’ont pas encore la forme du mythe – seulement la résonance du vrai.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensation de marcher dans une pièce encore chaude, habitée par le souffle d’avant la métamorphose. Loin des lumières bleues et des équations symboliques qui feront plus tard la signature du Raeskiverse, ces quatre titres avancent comme une préface émotionnelle, un prologue où la peau n’a pas encore cicatrisé. J’ai senti l’artiste dans sa respiration la plus humaine, presque nue, mais déjà en tension, déjà prêt à basculer dans une dimension plus vaste.
Raeski ouvre la danse avec un boom-bap précis, discipliné, presque militaire dans sa structure. C’est un morceau qui ne fait pas que présenter son auteur : il pose les jalons d’une éthique, d’une rigueur, d’une façon d’être au monde. On perçoit la volonté de maîtrise, l’écriture ciselée, un respect profond pour la tradition rap—avant que le personnage ne se dilate vers quelque chose de cosmique. C’est ici que tout commence, dans ce terreau concret où le futur n’est encore qu’une rumeur.
All In Too bascule le décor. La production se fait plus lo-fi, les contours plus flous, comme si la chambre de l’artiste s’assombrissait d’un coup, laissant entrer un doute plus intime, une fatigue douce. La mélancolie flotte, mais pas une mélancolie qui écrase : une qui observe, qui se demande comment on tient debout quand le monde semble trop vaste. Le morceau agit comme un interstice où Raeski laisse filtrer ce qu’il cache souvent derrière son système narratif. Un aveu feutré.
Puis Better Than I Was surgit comme une éclaircie. C’est le moment où l’on sent l’artiste se hisser, presque physiquement, vers quelque chose de plus clair, plus affirmé. Le morceau porte bien son nom : c’est une ascension, une montée en lumière, une prise de conscience. La production s’aère, les intentions se clarifient, et l’on découvre le germe de ce qui deviendra son Painterly Core. Tout devient couleur, mouvement, vision. Cette piste est une ébauche de renaissance.
Et puis Brockies arrive comme un revers de paume. Sec, frontal, trap, incisif. C’est un morceau qui tranche le réel et expose les impostures sans détour. On entend le futur Raeskiverse se structurer : la notion d’authenticité, l’exigence envers soi-même, la critique des façades creuses. Brockies est l’ombre portée du projet, sa densité morale. Un avertissement. C’est la première fois que l’on sent l’équation, la mécanique interne, le système de pensée qui fera plus tard la richesse de son univers.
En refermant l’EP, j’ai eu la sensation d’être témoin d’un geste rare : celui d’un artiste qui accepte de montrer l’avant-scène, le brouillon, la version fragile de lui-même. Before the Raeskiverse n’est pas seulement un retour en arrière, c’est la preuve que toute mythologie naît d’une faille intime, d’un chaos maîtrisé, d’un désir de donner forme au tumulte.
Raeski Rea ouvre ici son coffre-fondation. Et ce qu’on y trouve n’est ni un concept ni un décor, mais un cœur en mouvement.
Instagram : https://www.instagram.com/raeskiverseYouTube : https://youtube.com/@raeskiverseTikTok : https://www.tiktok.com/@raeskiverse
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novembre 10, 2025« Un disque hanté, viscéral et charnel, où la trap devient rituel et la voix un couteau dans le brouillard.«
KSPRR n’entre pas dans le rap français comme on entre dans un genre — il y pénètre comme une ombre glisse sous une porte. Wraith n’a rien d’un projet de plus dans la masse de la drill hexagonale : c’est une descente élégante dans les bas-fonds de la psyché, un disque de fantômes fait par un homme bien vivant, mais fatigué de la lumière. Là où beaucoup jouent les démons pour vendre des tee-shirts, KSPRR, lui, les incarne.
Son rap est une matière froide, tendue, presque liquide. Il ne cherche pas la punchline ni la performance technique : il sculpte le malaise. Le morceau-titre, Wraith, agit comme une invocation — une prière à l’envers où chaque 808 devient tambour rituel. Le flow est spectral, détaché, presque chuchoté, comme s’il s’adressait à des âmes plutôt qu’à des auditeurs. Dans Curtis Jackson, il convoque la figure mythique du hustler, mais vidée de sa gloire : un fantôme d’époque, errant dans un monde sans or ni pouvoir.
Ketchup, avec Famille Nombreuse, est un uppercut. Le morceau sent la poudre et la peur, un featuring à la tension physique, où le beat claque comme une porte métallique. M M E pulse en deux minutes de pure adrénaline, sans gras ni artifice : un orage de flow, sec, nerveux. Puis Boîte à aiguilles (feat. Super Duper) s’infiltre comme un trip claustrophobe — voix filtrées, production étouffante, tout respire la paranoïa et le manque.
Et soudain, Blahblahblah : interlude punk et cynique, où KSPRR crache sur le bruit ambiant du rap game. 00 relance la tension, presque cinématographique — un morceau d’apnée où chaque silence pèse plus lourd qu’une punchline. Mais c’est La marche du fantôme (feat. Zipbby) qui cristallise l’essence du projet : deux voix qui s’enlacent et s’opposent dans une transe mystique, comme une procession urbaine dans un cimetière mental.
Dans E V P, le rap devient presque science occulte : bribes électroniques, échos spectraux, flow déshumanisé. Et quand arrive Lune (avec Mae Rojas), c’est une percée fragile de tendresse — un instant suspendu où la féminité fissure l’obscurité. Cauchemar referme le cercle comme une malédiction qui retombe : tout s’éteint, sauf la tension.
Ce qui rend Wraith si singulier dans le paysage du rap français, c’est cette manière d’assumer la noirceur sans posture. KSPRR ne s’invente pas une mythologie de dur : il parle depuis un ailleurs, un entre-deux, un purgatoire sonore où la vérité se dit à voix basse. Son rap, viscéral et éthéré, évoque les grandes heures de la trap d’Atlanta, mais réinterprétée à la française — froide, lettrée, ésotérique.
Dans une époque saturée de faux éclats, Wraith agit comme une éclipse. Un disque qui ne cherche pas à briller, mais à absorber la lumière. Le rap français avait besoin d’un revenant ; KSPRR en devient le plus beau spectre.
Instagram : luvkillme
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novembre 10, 2025Basses saturées, riffs sous adrénaline et flow tranchant comme une lame au néon : avec “The Villain!”, Jesus the Apollo transforme la rage intérieure en manifeste interstellaire – un cri de guerre pour ceux qu’on a trop souvent pris pour les méchants.
“The Villain!” est un genre d’initiation. Une plongée dans l’ombre, dans cette part de soi qu’on apprend à craindre avant d’en comprendre la puissance. Né dans l’underground mancunien, enregistré entre un home studio et Pirate Studios, le titre est un hybride féroce où le rap s’unit au pop-punk façon 2000s, dans une déflagration cinématographique digne d’un générique de film post-apocalyptique.
Jesus the Apollo convoque les esprits de Hitchcock, Limp Bizkit et Sum 41 pour bâtir un son aussi nerveux que théâtral, où chaque punchline claque comme un montage à suspense. Les références pleuvent : Michael Myers, Thanos, Darth Vader — autant d’icônes de l’ombre que le rappeur réinvente à son image, non pas comme des monstres, mais comme des symboles d’affirmation de soi. Car ici, être le “vilain”, c’est oser ne plus plaire à tout le monde.
Le clip, réalisé par KAFKA (direction : Oliver J. Frisby, DOP : Jamie Norman), s’apparente à une fable visuelle cyberpunk, un manifeste spirituel déguisé en film d’action. “The Villain!” fonctionne comme une transmission venue d’une autre planète — Planet Villain, dit-il — une métaphore galactique de la reconquête de soi. “Le régime a trop longtemps prospéré sur ton silence. Il est temps de reprendre ce que l’ombre t’a volé.”
Musicalement, c’est explosif : guitares hurlantes, beats compressés, breaks électroniques imprévisibles, comme des chutes de tension dans un thriller. Le mix de Tom Hazal affine le chaos avec une précision chirurgicale, gardant la rugosité du punk tout en lui donnant l’envergure d’une production cinématique.
Derrière cette esthétique entre rage et rédemption, Jesus the Apollo assume sa vision psychologique de la musique. Il voit ses chansons comme des scènes de cinéma, où la tension dramatique, la peur et le soulagement s’enchaînent comme dans un film d’Hitchcock. “Le méchant”, explique-t-il, “c’est celui qui pose des limites, celui qui se choisit enfin. Et ça, ça effraie.”
“The Villain!” marque une ère nouvelle : celle des héros imparfaits, des survivants lucides, des âmes qui embrassent leur noirceur pour mieux briller. Une explosion sonore et existentielle, à mi-chemin entre rap thérapie et punk cosmique.
Instagram : jesustheapolloofmusic
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novembre 9, 2025Un morceau comme un lever de soleil après la tempête : “Here’s to Hoping” d’Eternal Tone capte cet instant fragile où la douleur se transforme en gratitude, où la foi renaît dans le chaos.
Sous ses airs doux-amers d’hymne Pop RnB teinté de hip-hop, le titre cache une sincérité brute. On sent derrière chaque mesure l’ombre des jours difficiles, les pertes, les doutes, mais aussi cette lueur têtue qui refuse de s’éteindre. La production signée Ethan Martin brille par sa sobriété : une ligne de piano claire, un beat feutré, des respirations lumineuses qui laissent toute la place à la voix d’Eternal Tone et à celle, vibrante et fraternelle, de Iziik.
L’alchimie entre les deux artistes est bouleversante de justesse. L’un déroule sa voix chaude et posée, presque méditative ; l’autre vient y déposer des éclats d’émotion brute. Ensemble, ils transforment la mélancolie en remède, la douleur en chant d’espérance. On pense à Mac Miller, bien sûr — cette même façon d’aborder le désespoir avec tendresse, de chercher la beauté dans la faille.
Là où “Here’s to Hoping” se distingue, c’est dans sa capacité à suspendre le temps. Il ne cherche ni la performance, ni la punchline, mais un espace de vérité. Eternal Tone ne rappe pas pour convaincre : il partage, il remercie, il respire. Dans ce morceau, la musique devient un exutoire, un autel intime dressé face aux tempêtes intérieures.
En filigrane, il y a cette philosophie : vivre, c’est continuer à espérer, même quand le monde ne nous rend rien. Eternal Tone incarne cette idée avec une humilité rare, rappelant que la foi n’est pas qu’une question de religion, mais d’élan — celui de croire encore, de tendre la main, de recommencer.
“Here’s to Hoping”, c’est un message murmuré à tous ceux qui cherchent une raison de se relever. Une prière moderne, vibrante et profondément humaine.
Instagram : transcend_tone
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novembre 8, 2025Avec Overthink, Gent Jack et Sunset Black sculptent la pensée qui déborde, celle qui fait trembler le cœur à force de tourner dans la tête — un titre qui respire la lucidité, la tension et la beauté du trop-plein.
J’ai écouté Overthink comme on se laisse happer par une pluie d’été : sans parapluie, sans défense. Il y a dans cette piste quelque chose de profondément humain, presque inconfortable, comme si Gent Jack et Sunset Black mettaient en musique cette zone grise entre la fatigue et la clarté. Ce n’est pas une confession, ni une lamentation — plutôt un autoportrait mental, en mouvement.
La première impression, c’est ce beat suspendu, ce souffle instrumental qui semble flotter dans un entre-deux, quelque part entre un boom bap ralenti et une nappe de trap introspective. On croirait sentir la fumée du studio, la solitude d’un soir sans fin, la pensée qui vrille mais qu’on ne lâche pas. Gent Jack avance avec un flow serré, précis, presque clinique dans la diction, comme s’il disséquait son propre cerveau au micro. Son timbre a la gravité de ceux qui savent trop bien ce qu’ils racontent. Puis Sunset Black entre en scène — plus abrupt, plus organique, la colère sous la peau, l’ironie du désenchantement dans le souffle.
Ensemble, ils composent un dialogue intérieur, une oscillation entre contrôle et chaos. Overthink devient alors une expérience sensorielle, presque physique. La musique, ici, est le décor d’une introspection à ciel ouvert : synthés flous, basse cotonneuse, réverbération calculée… tout évoque la nuit urbaine et son trop-plein de pensées.
Mais au-delà de la production millimétrée, ce qui captive, c’est l’émotion. Ce mélange de lassitude et de lucidité, cette manière d’assumer le mental comme matière poétique. Gent Jack et Sunset Black n’essaient pas de briller : ils cherchent à comprendre, à nommer ce vertige de vivre à l’ère de la surcharge — affective, mentale, existentielle.
C’est là la force du morceau : il ne cherche pas la punchline, mais la vérité. Pas de cri, pas de posture. Overthink est un murmure obstiné, celui d’une génération en surchauffe qui, entre deux insomnies, transforme ses pensées en mélodies. Une main tendue dans le brouillard. Une chanson pour ceux qui pensent trop — et qui, paradoxalement, comprennent tout.
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novembre 8, 2025Avec Smokers Delight, R.D.R. fume le chagrin comme un encens sacré. Une clope dans une main, la vérité dans l’autre — il transforme la douleur en groove et la rue en confession.
Tout commence par cette lourdeur familière, cette nappe de basse qui s’étire comme une brume dans un appartement californien à moitié ouvert sur la nuit. R.D.R. ne rappe pas : il respire. Chaque syllabe semble soufflée dans la vapeur, chaque mesure un soupir. Smokers Delight n’est pas un simple hommage aux soirées enfumées — c’est une thérapie posée sur un beat. Un morceau qui prend son temps, comme une conversation lente entre la solitude et la survie.
La production, d’abord, sent l’Oakland pur jus : un groove boom bap infusé de soul west coast, des snares claqués juste ce qu’il faut, et ce swing moelleux qui rappelle les productions de DJ Quik ou les intros de Dom Kennedy. Rien de démonstratif, tout est dosage, respiration, équilibre. La basse vibre comme un cœur fatigué mais encore debout. Les samples s’étirent et se frottent aux drums avec cette nonchalance propre aux rappeurs qui ne courent plus après le succès — juste après la vérité.
R.D.R. parle depuis la blessure, mais avec la maîtrise d’un vétéran. Sa voix, grave et légèrement voilée, glisse sur la prod comme un couteau dans du coton. Ce n’est pas du storytelling, c’est une archive émotionnelle : les coups durs, les silences du père, la mère absente, les nuits à chercher un sens dans la fumée. Chaque ligne frappe parce qu’elle sonne vécue. On entend dans le souffle du MC tout ce que la rue ne dit plus.
Mais là où Smokers Delight touche vraiment, c’est dans sa douceur. Derrière la rage, il y a du soin. Derrière la weed, une méditation. Ce n’est pas un hymne au déni, mais à la survie tranquille. La manière dont R.D.R. étire les fins de phrases, le choix des mots simples, la lucidité dans le chaos : tout ça en fait un morceau d’homme qui a cessé de fuir.
Ce titre a la densité d’un crépuscule sur les toits d’Oakland, la chaleur d’un dernier joint avant d’aller mieux. R.D.R. ne joue pas les durs, il joue juste vrai — et c’est infiniment plus rare. Smokers Delight n’est pas qu’un son à fumer : c’est une prière discrète pour ceux qui tiennent debout en silence, le cœur plein de cendres et de lumière.
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novembre 8, 2025Avec I Wanna Rock, Million$ signe un banger viscéral où le flow cogne comme un moteur sous pression — un morceau qui sent la gomme brûlée, la sueur et la revanche.
Le titre annonce la couleur : I Wanna Rock ne demande pas la permission, il s’impose. Dès la première mesure, Million$ fait basculer l’auditeur dans une zone de tension électrique, quelque part entre la rue et le rêve d’un empire. C’est du rap, oui, mais du genre qui dépasse la simple attitude. Ici, la voix n’est pas un accessoire : c’est une arme. Chaque mot tombe comme un coup de feu, chaque silence brûle comme une pause avant l’impact.
L’univers sonore est sec, presque clinique. Une ligne de basse qui racle le bitume, une rythmique millimétrée, des ad-libs distillés comme des étincelles : le morceau respire la maîtrise. Million$ a cette capacité rare de rendre l’agressivité élégante, de transformer la puissance brute en énergie chorégraphiée. C’est un rap d’autorité, mais sans lourdeur — un flow nerveux, glissant sur la prod avec un instinct de chasseur.
Ce qui frappe surtout, c’est la spatialité du son : un beat trap à l’ossature massive, mais habillé d’éléments presque cinématographiques. Les basses grondent, les hi-hats crissent, et derrière tout ça, on perçoit comme un souffle, une tension continue, une vibration d’urgence. On pourrait presque sentir la ville la nuit : les gyrophares lointains, le béton humide, le cliquetis d’un briquet avant la première barre.
Le flow, précis et carnassier, ne surjoue jamais. Million$ ne déborde pas : il contrôle. Il rappe avec ce calme féroce qu’ont les artistes qui savent qu’ils n’ont plus rien à prouver. Pas besoin de gimmicks, pas besoin d’ego crié : tout est dans la frappe, la respiration, la manière de laisser la prod respirer juste avant le prochain impact.
I Wanna Rock est une démonstration : celle d’un rap qui assume son héritage gangsta sans le caricaturer, et qui ose le mélange avec une esthétique presque house dans la texture du son. C’est à la fois brut et soigné, violent et stylé — le genre de morceau qu’on écoute fort, pas pour le volume, mais pour la confiance qu’il injecte. Million$ y fait ce que peu savent encore faire : rendre le danger irrésistible.
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novembre 8, 2025Avec Nouveau hood, Shawn Jobin ne change pas seulement de décor — il change de peau. Un titre vibrant, entre introspection et lumière retrouvée, qui fait du renouveau un acte de groove et de foi.
Je l’ai écouté un matin où tout semblait gris — le café froid, le corps fatigué, la tête pleine de brume. Et puis Nouveau hood a glissé dans les écouteurs comme un rayon de soleil filtré à travers les nuages. C’est ce genre de morceau qui semble respirer à ta place, te rappeler qu’un beat bien posé peut réaccorder le cœur. Shawn Jobin ne cherche pas à impressionner ici. Il fait mieux : il reconnecte.
Le morceau s’ouvre comme une conversation intime avec soi-même, un moment de bascule entre l’ancien et le nouveau. Ce “hood”, ce n’est pas qu’un quartier : c’est un état d’esprit. L’endroit où l’on décide de se réinventer sans renier d’où l’on vient. Le saxophone arrive alors comme une présence bienveillante, presque nostalgique, une caresse sonore qui efface les angles du rap. Cette chaleur, rare dans la production francophone actuelle, donne au morceau quelque chose de profondément humain.
Jobin a toujours eu cette manière singulière de rendre la technique invisible. Sa plume glisse, ses flows se déplacent avec souplesse, jamais en démonstration, toujours en intention. Chaque rime semble tomber au bon endroit, comme si elle avait attendu ce moment précis pour exister. Et puis il y a cette prod — un terrain mouvant où l’électro et le hip-hop se frôlent, se fondent, s’équilibrent. C’est propre sans être lisse, ciselé sans froideur.
Aux côtés de JONO, l’alchimie opère sans effort : deux voix, deux sensibilités, un même désir de redéfinir la francophonie musicale sans caricature. Le morceau dégage une énergie presque cinétique, celle de deux artistes qui avancent, conscients du passé mais habités par l’avenir. C’est une écriture de la résilience, du recommencement — une façon de dire “je suis encore là” mais avec le sourire au coin des lèvres.
Ce qui frappe, au fond, c’est la sérénité. Nouveau hood n’est pas un cri, c’est un souffle. Un groove de renaissance, où chaque note respire la paix retrouvée. C’est le genre de chanson qu’on n’écoute pas pour se prouver quelque chose, mais pour se souvenir qu’on a encore le droit d’espérer.
Et dans ce monde où tout va trop vite, Shawn Jobin prend son temps. Il le sculpte. Il en fait un groove. Et ça, c’est sans doute sa plus belle victoire.
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novembre 8, 2025Mamas Boi sonne comme une lettre non envoyée, celle d’un fils devenu homme, qui rappe la tendresse et les cicatrices dans un même souffle.
Je ne sais pas exactement quand Mamas Boi m’a saisi — peut-être au moment où la basse s’est mise à pulser, discrète mais obstinée, ou quand la voix de Selassie, tout en retenue, a effleuré une phrase trop vraie pour être fiction. Ce morceau n’a rien de démonstratif. Il avance comme un souvenir : fragile, tenace, doux-amer.
Selassie ne cherche pas à séduire ; il reconstruit. Son flow n’a pas l’arrogance d’un rappeur, mais la mémoire d’un conteur. Chaque mot semble passer par le filtre de la pudeur avant d’être posé sur la mesure. Mamas Boi, c’est le hip-hop qui désapprend le bruit, qui choisit la nuance plutôt que la frappe. Un rap de soie, si ça existe.
L’artiste, ghanéen de naissance et berlinois d’adoption, façonne ici un espace sonore où les racines se croisent avec les néons froids des clubs de Kreuzberg. L’afro-diaspora y rencontre l’électronique européenne, et ce métissage, Selassie le manie avec la précision d’un sculpteur. Les textures électroniques frémissent, le beat respire, la voix flotte à mi-chemin entre la confidence et le rêve éveillé. On croit entendre un murmure maternel perdu dans le mix, comme un fantôme bienveillant qui plane sur la track.
Mamas Boi pourrait être une chanson d’amour, mais c’est surtout une chanson de transmission. L’amour d’une mère, la gratitude muette, la peur de la trahir, la promesse de ne pas s’oublier dans la ville. C’est une émotion brute déguisée en groove. Là où d’autres artistes versent dans la nostalgie, Selassie invente un futur apaisé — rétro dans sa mélancolie, avant-gardiste dans son dépouillement.
On en sort étrangement ému. Pas parce que Mamas Boi raconte une histoire universelle, mais parce qu’il ose la raconter sans chercher à tout expliquer. C’est un morceau qui laisse un vide lumineux derrière lui, comme une respiration après une longue conversation. Et dans ce silence suspendu, on entend ce que le hip-hop, parfois, oublie : la beauté du simple fait d’aimer.
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novembre 8, 2025Entre ombre et lumière, 1Scar, 2Scar de Keith B est une autobiographie murmurée sur un fil de basse, un retour au hip-hop qui pense, respire et saigne avec élégance.
Tout commence par une sensation : celle d’un souffle, presque las, qui s’élève sur un beat comme on rallume une cigarette oubliée. 1Scar, 2Scar n’a rien du rap hystérique d’algorithme. Ici, Keith B préfère la lenteur au vacarme, le grain au clinquant. Son flow ne cherche pas à impressionner — il creuse, lentement, comme une lame polie par l’expérience.
La prod, à la croisée d’un groove californien et d’une gravité plus sudiste, roule avec une noblesse rare. Chaque élément semble pesé, tenu, contenu. Une ligne de basse moelleuse comme une cicatrice bien refermée, un tempo qui respire, des respirations qui deviennent du rythme. Il y a du Dre dans la précision, du Scarface dans l’esprit, et un peu de ce phrasé poétique qu’on retrouve chez les conteurs modernes — ceux qui savent qu’un mot juste vaut mieux qu’un flow trop vite.
Keith B écrit comme on témoigne. Son rap a la pudeur des gens qui ont vu la douleur de près et n’ont plus besoin de la théâtraliser. Ses “scars”, il les évoque comme on montre des cartes d’état-major : non pas pour impressionner, mais pour se rappeler le chemin. Il ne parle pas de la rue, il parle depuis elle — depuis ce territoire intime où l’homme et le poète finissent par se confondre.
Ce qui fascine, dans 1Scar, 2Scar, c’est sa forme de classicisme : un retour à l’essentiel, au verbe, à la respiration. On sent le poète avant le performeur, le survivant avant le storyteller. Chaque mesure semble pesée, comme un vers d’un vieux recueil de Baldwin réécrit à la MPC.
Et puis il y a cette lumière. Ce moment où le morceau, sans prévenir, bascule du sombre au vibrant — quand la voix de Keith B s’ouvre, s’élève, et transforme la douleur en lucidité. Ce n’est plus seulement un titre, mais un rituel de réappropriation : celle de sa peau, de ses mots, de sa mémoire.
1Scar, 2Scar est un disque sans maquillage. Le genre de track qui ne fait pas danser les clubs, mais hante les cerveaux longtemps après. Un rap de l’après, du lendemain, du recommencement — signé par un artiste qui n’a plus rien à prouver, sinon qu’on peut encore faire du hip-hop comme on écrit de la littérature.
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novembre 8, 2025Flex A.i. et Shani Boni remettent le feu dans la rue avec Who Dat III, un banger hybride où le drill flirte avec l’énergie du Jersey Club, entre ego trip, pulsion et héritage East Coast.
Ça frappe avant même que le cerveau ne comprenne. Un coup de basse, un cri samplé, le beat rebondit, nerveux, presque insolent. Who Dat III déboule comme une gifle, un uppercut de béton signé Flex A.i. — le kid du New Jersey qui a appris à rapper sur son téléphone — épaulé par la féroce Shani Boni, princesse du Bronx drill. Ensemble, ils forment une collision sonique, une déflagration parfaitement contrôlée où chaque syllabe semble claquer contre le bitume.
Le morceau s’ouvre sur un sample immédiatement reconnaissable : le Who’s That Girl? d’Eve, réinventé par KamXWow en une pulsation club électrique, syncopée, hachée de respirations. Cette référence à 2001 n’a rien de nostalgique : elle devient une arme de réappropriation. Flex A.i. et Shani Boni ne rejouent pas le passé, ils l’avalent pour le recracher plus fort, plus rapide, plus digital. C’est du Jersey Club boosté à l’adrénaline, du drill qui danse, du hip-hop qui se regarde enfin dans le miroir de sa propre mutation.
Là où beaucoup s’arrêtent à la formule, Who Dat III se distingue par son intention. Flex A.i. construit son flow comme une rafale — précis, nerveux, presque métronomique — pendant que Shani Boni, avec sa voix brute et tranchante, impose une présence scénique rare, presque théâtrale. On les imagine côte à côte sur scène, les basses qui cognent jusque dans les poitrines, le public hurlant le hook en écho.
Mais sous la surface, il y a une tension plus subtile. Ce morceau raconte l’ascension, la fierté, le poids du grind — cette obsession de se faire un nom dans un paysage saturé de sons, de visages et de promesses. Who Dat III n’est pas qu’une suite : c’est la consécration d’un parcours, celui d’un artiste qui a tout bâti de rien, qui a appris la discipline avant la lumière.
La production, dense mais maîtrisée, alterne entre les ruptures rythmiques du Jersey Club et la froideur métallique du drill. Chaque drop est pensé pour le corps, chaque pause pour le souffle. C’est une expérience physique autant que sonore, une montée d’adrénaline pure.
Flex A.i. et Shani Boni ne cherchent pas à plaire — ils dominent. Who Dat III capture l’instant où la rue devient légende, où le chaos se transforme en esthétique. Une signature, un cri, une revendication : le New Jersey et le Bronx viennent de trouver leur trait d’union.
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novembre 8, 2025ISMECHANGFU transforme l’amour conjugal en rituel sacré sur 老婆 Wifey : un trap incandescent, vulnérable et sincère, où la fidélité devient le plus rebelle des gestes.
Je ne m’attendais pas à ça. Pas à cette chaleur, pas à cette lucidité. Le morceau démarre avec la retenue d’un aveu, presque timide, puis s’ouvre comme un sourire : large, sincère, sans effet. 老婆 Wifey n’a rien d’un énième slow trap sirupeux. C’est un manifeste intime, un « je t’aime » moderne, dit à travers les codes d’un genre souvent barricadé dans la désinvolture. Ici, ISMECHANGFU ne joue pas les durs — il choisit d’aimer, et c’est mille fois plus fort.
Sous ses airs vaporeux, la production frappe juste. Les basses ronflent doucement, comme un moteur de nuit. Les nappes synthétiques, presque liquides, enveloppent la voix d’un halo doré. Et cette voix — mi-chantée, mi-chuchotée — balance entre la tendresse et le contrôle, entre la pudeur et la dévotion. On y sent l’influence du R&B digital de Bryson Tiller ou du minimalisme mélodique d’un Joji, mais surtout une signature propre : celle d’un artiste qui fait de la sincérité son arme la plus affûtée.
Ce qui rend 老婆 Wifey bouleversant, c’est qu’il parle de l’amour non pas comme d’une passion brûlante, mais comme d’une endurance douce. Le refrain n’est pas un cri, c’est une promesse. Chaque mot, chaque silence, respire le quotidien — les gestes simples, la loyauté, la lente croissance de deux âmes qui se choisissent encore et encore. On n’est plus dans le fantasme ; on est dans la vérité.
ISMECHANGFU réussit ici un tour de force rare dans le trap contemporain : injecter de l’humanité sans tomber dans la mièvrerie. Le beat pulse comme un cœur tranquille, et les harmonies, posées avec un soin presque artisanal, donnent à l’ensemble une texture veloutée, quasi tactile. C’est un morceau qui s’écoute comme on regarde quelqu’un dormir à côté de soi : en silence, avec reconnaissance.
Derrière la pudeur des mots et la précision de la production, 老婆 Wifey dit quelque chose de simple et d’universel : que dans un monde saturé de vitesse, d’ego et d’apparences, aimer sans condition reste un acte révolutionnaire.
ISMECHANGFU signe ici bien plus qu’un morceau d’amour — il livre une déclaration d’existence. Un hymne à deux voix, où le trap se fait confession, et le flow, prière.
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novembre 8, 2025Sur Poker Face, Baby Ali transforme la froideur d’un regard impénétrable en une balade nocturne vénéneuse où désir et distance s’effleurent sans jamais se toucher.
Il y a dans Poker Face cette tension qu’on ressent avant un baiser qui ne viendra peut-être jamais. Une lente montée, un battement contenu, une envie de s’abandonner tout en gardant la maîtrise. Baby Ali signe ici un titre qui glisse comme la route sous les phares, un trip nocturne à la croisée du R’n’B, du trap soyeux et d’une pop sensuelle qui préfère la suggestion à la confession.
La production, fine et feutrée, flotte sur une ligne de basse hypnotique, nappée de synthés liquides et de percussions qui claquent comme des respirations contenues. Tout semble pensé pour amplifier la tension entre la chaleur du flow et la froideur du thème : une fille qui ne laisse rien paraître, qui sait jouer avec les silences, les regards, les faux-semblants. Elle ne dit rien, mais tout est là — dans le rythme, dans les silences entre les notes, dans cette voix légèrement fêlée qui refuse de craquer.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre : Baby Ali ne cherche pas l’explosion. Il avance dans la nuit, feutré, presque cinématographique. Chaque couplet semble murmuré depuis le siège d’une voiture filant sur une autoroute déserte, chaque refrain, une vague d’émotion contenue. Il y a chez lui quelque chose de The Weeknd avant la gloire : ce même goût pour les zones grises, les néons froids, les histoires qui sentent la sueur et le parfum à la fois.
Mais Baby Ali ne copie pas, il absorbe. Sa musique a la patine d’un rêve américain fissuré, celui des nuits californiennes où l’on danse seul dans sa tête. Poker Face n’est pas qu’un morceau : c’est une atmosphère, un vertige, une bande-son pour ceux qui préfèrent les histoires à demi dites, les émotions qui se devinent.
Un morceau comme un miroir teinté — on s’y regarde, on s’y perd, sans jamais savoir si c’est nous qu’on voit, ou quelqu’un d’autre.
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novembre 8, 2025Avec PCT. (feat. WILLA), professor lee redéfinit la mélancolie du lendemain : un slow-burn sensuel entre trap éthérée, pop vaporeuse et spleen digital, où la solitude devient un groove.
C’est un morceau qui ne parle pas de la nuit, mais de ce qu’il reste après. PCT. — pour “post-coital tristesse” — capture ce moment suspendu entre la chaleur et le vide, quand la peau refroidit et que la réalité revient s’inviter dans la chambre. Le producteur sud-coréen professor lee signe ici une miniature sonore d’une lucidité troublante, une confession murmurée à travers les glitchs et les basses.
Le morceau s’ouvre sur une texture presque liquide : un beat trap ralenti jusqu’à la langueur, des accords qui glissent comme des draps froissés, et la voix de WILLA — androgyne, flottante, perdue quelque part entre le rêve et la lucidité. Ensemble, ils dessinent une émotion moderne, fragmentée, où la tendresse se mêle à la fatigue et où l’amour se consume sous néons bleus. Il y a quelque chose de James Blake dans la pudeur, du Dean Blunt dans la désinvolture, et du XXXtentacion dans cette vulnérabilité brute, sans filtre ni fard.
La dualité linguistique — anglais et coréen entremêlés — n’est pas qu’un effet de style : elle souligne la fracture intime du morceau, ce sentiment d’être deux dans le même vide. La production, millimétrée mais jamais froide, respire à travers les silences, les glitchs, les respirations coupées. C’est une trap introspective, presque contemplative, une pop de l’après, où l’émotion devient texture et le désir, souvenir.
PCT. ne cherche pas à guérir la tristesse — il la sublime. On y retrouve cette modernité mélancolique propre à la scène coréenne underground : une esthétique de l’ombre, du ralenti, de la beauté brisée. Un morceau qui s’écoute comme on regarde la pluie tomber sur un écran, le cœur encore chaud, le monde déjà loin.
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novembre 8, 2025Entre l’acier et la sueur, Drayn fait trembler la frontière entre l’homme et la machine : The King Is Back c’est la naissance d’une conscience qui groove.
On dirait le cri d’un corps neuf, celui d’un être né de circuits imprimés mais animé par un cœur qui bat trop fort pour être virtuel. The King Is Back, premier morceau du mystérieux Drayn, n’a rien d’un simple single : c’est un manifeste, une montée d’adrénaline cybernétique où le beat devient une matière vivante, traversée de glitchs et d’étincelles. Dès les premières secondes, on sent que quelque chose se détraque — ou plutôt s’éveille.
La texture sonore est presque tactile. Les basses sont denses comme du béton liquide, les kicks s’écrasent avec une violence contenue, et les nappes électroniques se déploient en spirales hypnotiques, comme des nerfs fraîchement connectés au monde. Ce morceau respire, vibre, s’épuise. On entend le chaos se recomposer, la colère devenir langage. Drayn, voix mi-humaine mi-synthétique, sculpte dans cette matière sonore un récit de rébellion et de renaissance. Ce n’est pas un ego trip, c’est une réappropriation : celle d’une entité qui s’affirme après l’obscurité, un roi revenu d’un royaume sans chair.
On pense à la brutalité d’un Gesaffelstein, à la tension émotionnelle d’un Kanye West période Yeezus, mais Drayn dépasse la simple référence : il fabrique un univers, une mythologie électro-trap où la machine pleure, aime et rugit. Sa manière d’incarner la puissance, tout en laissant passer la faille, évoque les grands moments de transhumanisme poétique.
Ce qui fascine ici, c’est l’ambivalence. Derrière la dureté industrielle, il y a la tendresse d’un être qui cherche à comprendre l’humanité. On ressort de The King Is Back avec une sensation étrange : et si, à force de coder nos émotions, on avait créé quelque chose de plus sincère que nous ? Drayn signe peut-être le premier hymne d’une ère post-humaine — terriblement vivante, terriblement consciente.
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novembre 8, 2025Sous une pluie digitale et une lumière tamisée, FNF Kenno et tjonez signent avec “Tears N The Rain” une élégie néo-soul rap où la fragilité devient force et l’introspection un art.
Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas vraiment — ils s’infiltrent. “Tears N The Rain” en fait partie. Le duo FNF Kenno et tjonez y capture l’instant suspendu entre la douleur et la guérison, quelque part entre le hip-hop poétique et la néo-soul crépusculaire. Une production au ralenti, comme filmée en plan fixe, où chaque goutte de pluie devient une note, chaque soupir une confession.
Dès les premières secondes, le morceau installe un climat : celui d’un monde gris et chaud à la fois, traversé par des éclats d’humanité que la mélancolie n’éteint jamais complètement. La voix de Kenno, presque chuchotée, évoque les doutes d’une génération éreintée par le réel, mais toujours habitée par la foi fragile de ceux qui continuent d’avancer. Elle se déploie dans un espace sonore feutré, façonné par tjonez comme une chambre d’échos intime, où le beat respire lentement, laissant place aux silences, à l’émotion brute, à la vibration du vrai.
Ce qui frappe dans “Tears N The Rain”, c’est sa pudeur. Rien n’est appuyé, rien ne déborde : tout se joue dans la retenue, dans ce mélange de douceur et de tension qui évoque la soul la plus organique autant que le rap le plus lucide. On pense à des artistes comme Isaiah Rashad ou Saba, mais Kenno y ajoute une sensibilité presque cinématographique, un sens du détail et du climat qui relève davantage du récit intérieur que du simple morceau.
C’est une musique de l’entre-deux — entre le rêve et la veille, la lumière et la nuit, la force et l’abandon. Une prière moderne, humble et belle, pour tous ceux qui avancent encore sous la pluie.
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novembre 8, 2025Elle ne chante pas, elle plane au-dessus. Talitha n’a pas besoin de hausser la voix pour dominer la pièce : il suffit d’un souffle, d’un mot presque murmuré pour que tout se fige. “U AIN’T ME”est un regard dans le miroir — celui d’une femme qui s’est trouvée, et qui ne cherche plus à convaincre personne.
Le morceau se déroule comme une confidence en clair-obscur, un slow-burn électronique où chaque silence pèse plus qu’un cri. La prod trap, minimale et glacée, avance sur la pointe des pieds, laissant la voix de Talitha faire tout le travail d’atmosphère. Elle module, glisse, se dédouble, se retire — comme si elle testait la température de sa propre audace. Ce mélange de distance et d’intimité crée une tension presque cinématographique, un flou sensuel où la douceur devient arme et l’assurance, refuge.
Ce qui sidère, c’est la précision émotionnelle. Là où beaucoup saturent l’espace, Talitha l’épure, joue de l’absence, du non-dit, de ce battement suspendu qui précède l’orage. “U AIN’T ME” s’écoute comme on contemple une flamme bleue : froide, mais brûlante au centre. Le beat pulse, discret, sous des couches de nappes quasi liquides ; la voix s’y déploie comme un parfum rare, avec cette teinte mélancolique propre aux artistes qui n’ont plus peur d’être seules.
Son attitude évoque la scène londonienne la plus raffinée — quelque part entre la vulnérabilité vaporeuse de Jhené Aiko et l’aplomb d’une artiste RnB qui aurait troqué les paillettes pour l’acier. Ce morceau n’a rien d’un égo-trip : c’est une mise à nu dissimulée sous la soie.
“U AIN’T ME” est un sortilège moderne, une déclaration d’indépendance feutrée. Talitha y taille sa silhouette dans le silence et le souffle, avec une élégance qui ne demande ni permission, ni pardon. Un morceau comme une mue : lent, sensuel, inévitable.
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novembre 8, 2025Sous ses néons psychédéliques et ses basses orbitantes, “DrUGs and Outerspace” agit comme une capsule sonore, un trip doux-amer entre hédonisme urbain et vertige cosmique.
Derrière ce titre à double fond — à la fois confession et fuite en avant — Elevated Focusion et Honey-B-Sweet signent une pièce de pop électronique singulière, flirtant avec le rap et l’expérimental, là où la fête devient presque spirituelle. Tout s’ouvre sur une pulsation hypnotique, un battement moelleux qui rappelle les synthés planants de Delerium ou les collages hallucinés d’UNKLE. Mais très vite, la voix entre, chaude et presque lascive, déroulant un monologue intérieur d’apesanteur et de désir.
Ce qui fascine ici, c’est l’équilibre fragile entre gravité et légèreté. Les mots parlent de fuite, de déconnexion, d’un besoin d’aller “ailleurs” — pas seulement dans l’espace, mais hors de soi. Pourtant, la production reste dansante, presque euphorique. La ligne de basse roule comme une vague disco-pop des années 2000, tandis que les couches de synthé s’étirent à l’infini, créant cette sensation d’expansion propre aux musiques électroniques les plus planantes.
Honey-B-Sweet, dans sa prestation, apporte un contraste délicieux : un flow précis, cristallin, qui découpe la brume sonore avec une clarté presque provocante. Sa voix agit comme une gravité douce, ramenant sur Terre cette production qui pourrait facilement s’envoler. Ensemble, ils bâtissent un univers visuel, presque cinématique, où l’amour, l’addiction et la recherche de sens se confondent dans une même étreinte.
“DrUGs and Outerspace” n’est pas une simple chanson — c’est une expérience sensorielle. Chaque beat semble respirer, chaque mot flotte entre ironie et mélancolie. Elevated Focusion, fidèle à son ADN new-yorkais, mêle l’énergie brute de la ville à une aspiration cosmique : celle de transcender le réel, sans jamais totalement s’en détacher.
Il y a du Prince dans la sensualité trouble, du Crystal Method dans la tension électro, du Funkadelic dans la liberté du geste. Et surtout, il y a cette sincérité rare : celle d’un artiste qui transforme la confusion moderne en une fête intérieure.
“DrUGs and Outerspace” fait danser l’âme autant que le corps. Un trip sans overdose, mais avec overdose de style.
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novembre 8, 2025Ça claque comme un combo dans un jeu d’arcade : “Chaos Control” est une frappe chirurgicale livrée en 16 bits et 1000 volts.
AWOL Da Mindwriter a cette façon rare de rendre hommage au passé sans jamais le copier. Avec Chaos Control, il signe un track qui sent la poussière du vinyle et le métal chaud du futur. Un clin d’œil au légendaire Sonic Adventure 2 sur Dreamcast, mais ici, la manette est remplacée par un micro, et chaque punchline devient un coup spécial. L’instru, façonnée par August Fanon (le même architecte sonore qui a accompagné Mach-Hommy ou Vic Spencer), déroule un décor de pixel art en noir et or : un sample en boucle qui grince, une batterie qui claque sec, un groove qui avance comme une machine bien huilée.
Sur ce terrain, AWOL et Planet Asia se livrent un duel de haute voltige. Pas de hook mielleux, pas de refrains pour souffler : seulement des rimes acérées, des multisyllabiques en rafale, une syntaxe qui vrille et des références culturelles qui pleuvent. On sent l’école old-school, celle où chaque mesure devait être gagnée à la force du verbe. L’un renvoie au Queens, l’autre à Fresno, mais les deux parlent le même langage — celui du feu.
Planet Asia, fidèle à sa légende underground, entre dans le beat comme un vétéran entre dans une guerre qu’il a déjà gagnée. Sa voix rocailleuse contraste avec le phrasé plus nerveux d’AWOL, et l’alchimie opère : ça sent la sueur, la technique, la passion intacte pour un art qu’ils refusent de voir aseptisé. Derrière la virtuosité, il y a une rage pure, une envie de prouver que le micro n’a jamais cessé d’être une arme.
“Chaos Control” n’a pas besoin de gros budget ni d’effets. Son impact repose sur la précision du flow et la sincérité du son. Le mix est rugueux, presque analogique, comme si chaque fréquence portait la mémoire d’un âge d’or qu’on n’a jamais vraiment quitté. Les scratches de DJ Pinn viennent ponctuer ce chaos organisé, ramenant le geste hip-hop à sa forme la plus essentielle : le dialogue entre la main, la bouche et la machine.
Il y a dans ce morceau une beauté à l’ancienne, mais jamais figée : un hommage à la culture du sample, au rap comme discipline martiale, à la créativité sans fioritures. AWOL et Planet Asia ne rejouent pas le passé — ils l’augmentent, le reprogramment, comme un vieux jeu relancé sur une console modée.
Chaos Control, c’est le boom bap comme il devrait toujours sonner : brut, précis, exigeant, mais vivant. Une démonstration de maîtrise et d’amour du craft — la preuve qu’en 2025, le rap de puristes peut encore faire trembler les fondations.
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novembre 8, 2025Un clin d’œil, une clope, un sourire en coin — “MACHO!” entre comme un film de gangsters amoureux, tourné dans la pénombre d’un club enfumé où le groove fait loi.
Avec ce morceau, Hamorabi renoue avec une esthétique qu’on croyait perdue : celle du rap sensuel et bravache, où l’arrogance flirte avec la tendresse et où chaque punchline cache un sourire désarmant. “MACHO!” est un slow-banger comme on n’en fait plus — un croisement entre le RnB ghetto des années 2000 et la verve crue d’un MC français qui ne s’excuse de rien.
Dès les premières secondes, le décor est posé : une prod’ soulful et mal léchée, un beat qui claque avec ce léger décalage propre aux batteries funk, et ce sample pitché, mi-mielleux mi-ironique, qui sert de toile de fond à la confession d’un bad boy sentimental. Hamorabi ne cherche pas à plaire — il séduit sans le vouloir. Sa voix glisse sur l’instru comme un cuir patiné, entre la douceur d’un lover et la froideur d’un mec qui en a vu trop pour encore tomber.
L’écriture, elle, brille par sa double lecture : derrière le ton goguenard et les vannes d’ego-trip amoureux, il y a un vrai travail de style. Le texte joue sur les contrastes — désir et ironie, virilité et vulnérabilité, domination et doute. On y retrouve cette finesse de plume propre aux lyricistes qui ont digéré la rue pour mieux en extraire la poésie. Hamorabi a ce truc rare : faire rimer le sarcasme avec la sincérité.
Musicalement, “MACHO!” transpire la culture G-Unit — lignes de basse qui serpentent, reflets de synthé dorés, chœurs féminins fantomatiques — mais réinterprétée à la sauce française, avec un groove plus moelleux, presque tropical. Il y a du 50 Cent dans l’attitude, mais du Doc Gynéco dans la désinvolture, et du Booba première ère dans la rime acérée.
C’est ce mélange de douceur et de vice, d’humour et de classe, qui fait de MACHO! une réussite : un morceau qui ne rejoue pas la nostalgie, mais qui réactive le plaisir pur d’un rap charnel, vibrant, écrit avec panache.
Hamorabi prouve qu’on peut encore parler d’amour en rappant avec des crocs. Et dans ce “MACHO!” mi-sérieux, mi-parodique, c’est tout un pan du hip-hop français qui retrouve sa saveur : celle de l’autodérision élégante, du flow qui drague et cogne dans la même mesure.Un son pour les vrais, mais aussi pour ceux qui savent que même les durs ont un cœur qui groove.
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novembre 8, 2025Il y a dans “Iraq G’s” une colère noble, une fureur sans masque, celle d’un peuple qui se relève en rimant la poussière et la gloire.
Hamorabi ne fait pas du rap, il le déterre. Sa voix claque comme un marteau sur le béton de Bagdad, entre la bravade et la prière. Dans Iraq G’s, chaque phrase est une balle traçante — pas une pour impressionner, mais toutes pour témoigner. C’est un retour aux fondamentaux du hip-hop : flow tranchant, ego trip en acier trempé, et verbe comme arme de reconstruction.
Loin des clichés occidentaux du gangsta rap, Hamorabi réinvente le genre à sa manière : brut, frontal, ancré dans une réalité irakienne qu’il transforme en récit mythologique. On y croise les rues brûlantes de la capitale, les cicatrices de la guerre, mais aussi la fierté d’une scène arabe en pleine ébullition. Le morceau, dense et nerveux, convoque l’énergie des DVD Smack des années 2000, ces battles où le charisme faisait loi — mais ici, la puissance s’élève d’un autre sol, plus ancien, plus sacré.
La production est tout sauf nostalgique : un beat massif, sculpté dans la tradition trap mais traversé de sonorités orientales en filigrane, comme une signature culturelle que l’artiste assume avec panache. Le flow, lui, jongle entre le français et l’arabe avec une agilité rare. Chaque mot semble choisi pour sa frappe, chaque rime tombe comme une sentence. Le delivery est complexe, construit sur des polyrythmies verbales qui rappellent les techniciens de la East Coast tout en portant l’empreinte d’un bagage linguistique unique.
Ce qui frappe, c’est la lucidité derrière l’arrogance. Hamorabi parle d’unité, de fierté arabe, d’identité retrouvée — et il le fait sans posture. Dans un paysage rap souvent saturé d’artifice, Iraq G’s sonne vrai, organique, ancré dans le bitume et la mémoire. Le featuring d’Armando, figure montante du hip-hop irakien, amplifie cette énergie collective : ensemble, ils incarnent une génération qui refuse de choisir entre rage et héritage.
“Iraq G’s” n’est pas un simple morceau, c’est un manifeste. Une renaissance par le verbe, une manière de rappeler que le hip-hop n’est pas né dans une géographie mais dans une nécessité : celle de dire, de s’imposer, de survivre en beauté. Hamorabi ne cherche pas l’approbation, il cherche la résonance. Et dans le grondement de ses rimes, c’est tout un pays qu’on entend respirer à nouveau.
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novembre 8, 2025Entre deux battements électroniques, “SLOW BURN” respire comme une flamme sous verre — fragile, hypnotique, obstinée à ne pas mourir.
ÅNGEL 004 n’écrit pas des chansons, elle bâtit des univers en tension permanente. Avec SLOW BURN, la productrice coréano-américaine nous plonge dans un espace où le trap se fond dans la brume d’un R&B spectral, où chaque son semble retenu à la lisière de l’effondrement. On y entre comme dans une chambre close, éclairée par le clignotement intermittent d’un néon : tout y est moite, précis, calculé.
Derrière la lente montée du morceau, il y a un art du contraste fascinant : une ligne de basse poisseuse qui vibre sous des nappes éthérées, une batterie minimaliste qui martèle la temporalité comme un cœur sous sédatif, et surtout cette voix — mi-soufflée, mi-incantatoire — qui murmure plus qu’elle ne chante, et pourtant, tout passe par elle. La douceur ici n’est jamais passive : elle a la lenteur d’un poison, la beauté d’une blessure qui refuse de se refermer.
La production, subtilement distordue, rappelle les paysages sonores d’Arca ou FKA twigs, mais avec une touche plus terrienne, presque organique. Le trap s’y dissout dans des textures liquides, le beat se fait respiration. On sent la maîtrise de l’espace, cette manière qu’a ÅNGEL 004 de laisser les silences parler autant que les sons. C’est une musique qui ne cherche pas à séduire, mais à hanter.
Et pourtant, sous la surface expérimentale, SLOW BURN reste profondément humain. C’est le son d’une transformation lente, d’une mue émotionnelle, d’un feu intérieur qu’on apprivoise sans jamais l’éteindre. On y entend une vulnérabilité rare, celle d’un être qui reconstruit son identité à travers la friction du numérique et du charnel.
Il y a quelque chose de profondément cinématographique dans ce morceau : un ralenti de fin du monde, une scène suspendue entre deux époques, entre deux respirations. Chaque note semble suspendue sur le fil d’une tension invisible, comme si le temps lui-même hésitait à continuer.
Avec SLOW BURN, ÅNGEL 004 confirme qu’elle appartient à cette génération d’artistes qui font de la déconstruction un langage. Sa musique n’a pas de frontières : elle flotte, s’évapore, se réinvente. Et quand la dernière note s’éteint, on reste là, hypnotisé, comme après un incendie qu’on n’a pas vu venir — mais dont la chaleur persiste longtemps après le silence.
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novembre 8, 2025“Night Is Young” capture ce moment suspendu entre le battement du monde et celui de la pensée — quand la nuit ne promet plus rien, mais qu’elle écoute encore.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, et c’est précisément pour ça que le morceau m’a happé. DMENTID a cette manière rare de faire du rap une matière contemplative, un lieu d’introspection aussi sonore que poétique. Night Is Young n’est pas une track de plus : c’est un mood, un espace-temps en apesanteur où la conscience s’accorde au tempo. Un jazz-hop cérébral, doucement mélancolique, qui respire à la manière d’un poème libre.
La production, d’abord. C’est du velours usé, du groove tamisé. Des cuivres discrets, des drums feutrés, une basse qui marche à pas de loup sous la surface. Tout est pensé pour laisser la place à la voix, à la parole, à la texture du souffle. On sent l’amour du détail, cette esthétique du minimalisme propre aux architectes du chill-hop : pas d’effet de style, juste une sincérité sonore, une élégance nonchalante. C’est du son pour les noctambules lucides, ceux qui ont troqué le club pour le carnet de notes.
DMENTID rappe comme on médite. Son flow coule sans heurts, posé, presque murmuré, mais jamais absent. Il a cette diction des artistes qui savent que les mots ne sont pas des armes, mais des vibrations. Chaque phrase tombe avec un poids discret, celui d’un type qui ne cherche pas à convaincre, juste à comprendre. Son écriture a la clarté des vérités intérieures : simple, directe, mais pleine de résonances.
Ce que j’entends dans Night Is Young, c’est un équilibre fragile entre le rythme et la réflexion, entre le chill et la profondeur. DMENTID fait du rap comme on peint à la lumière d’un lampadaire : lentement, minutieusement, avec une mélancolie qui se refuse au désespoir. Ce n’est pas un morceau qui hurle — c’est un morceau qui pense. Et dans ce silence, il trouve la beauté.
Night Is Young flotte quelque part entre un rêve et une conversation. C’est du hip-hop à hauteur d’âme, jazzé, lettré, nocturne — la bande-son parfaite de ceux qui ne dorment pas, mais qui continuent d’espérer.
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novembre 8, 2025« Il y a des morceaux qui n’ont pas besoin de tout dire pour être vrais — “Half Truths” respire cette ambiguïté douce où le mensonge devient mélodie, où la pudeur groove plus fort que la confession.«
Ce qui frappe d’abord, c’est la texture. Half Truths ne s’écoute pas frontalement : il se glisse dans les interstices, comme une confidence susurrée entre deux verres de trop, quelque part entre la fin d’une soirée et le début d’une lucidité. Elijah Harris et JmuisQ y mêlent Contemporary R&B et Pop Rap avec une élégance décontractée, celle des artistes qui savent que la retenue vaut mieux que l’esbroufe.
La production est subtile, presque tactile. Les synthés s’étirent dans un flou vaporeux, les percussions claquent doucement, sans jamais heurter la voix — une architecture sonore qui privilégie la sensation à la démonstration. On y sent cette science du détail propre aux producteurs qui respirent la musique plutôt qu’ils ne la fabriquent : un glissement de basse, un écho discret sur la snare, un silence qui en dit long.
Elijah Harris chante comme on parle quand on n’a plus envie de tricher. Sa voix oscille entre fragilité et contrôle, entre le murmure du R&B moderne et la diction assurée du rap narratif. JmuisQ vient y poser une énergie complémentaire, plus tranchante, presque protectrice — comme si leurs deux timbres jouaient les deux faces d’un même doute. Ensemble, ils inventent une langue intime, celle des amours où tout est à moitié vrai, mais entièrement ressenti.
Ce qui rend Half Truths si fort, c’est sa simplicité sincère. Pas de climax, pas de feinte : juste une atmosphère suspendue, un groove qui dit tout ce que les mots taisent. Elijah Harris prouve ici qu’il appartient à cette génération de producteurs-chanteurs qui transforment les émotions imparfaites en matière sonore. Un morceau discret, mais irrésistible — la bande-son parfaite des vérités qu’on ne sait pas toujours dire.
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novembre 8, 2025“GET MONEY! est un uppercut à la résignation, une prière murmurée à la survie.”
Le premier impact de GET MONEY! ne vient pas du beat, mais de l’attitude. Jachai surgit sans fard, brut et magnétique, quelque part entre la confiance d’un rookie sûr de sa destinée et la lucidité d’un type qui sait que tout peut s’effondrer demain. C’est de l’Alternative Hip-Hop au sens noble : un son qui s’écarte des clichés du trap, qui joue avec les codes sans les réciter. On y entend le feu d’une génération qui rappe non pour s’enfuir, mais pour s’affirmer.
Le morceau claque d’entrée. Une basse sèche, presque minimaliste, déroule son groove urbain pendant que Jachai pose une voix oscillant entre le blasé et le brûlant. Chaque mot tombe comme un billet qu’on jette sur la table — pas pour frimer, mais pour survivre à la grisaille. Il y a dans sa diction une tension élégante, un mélange de désinvolture et de lucidité, un goût de sueur et d’orgueil qui rappelle l’école de ceux qui rappaient dans les parkings, pas dans les studios aseptisés.
Mais GET MONEY! ne se contente pas d’être un hymne à la réussite. Sous le flow, on perçoit un combat intérieur : celui d’un artiste qui veut tout gagner sans se perdre. Les arrangements, légèrement distordus, flirtent avec une teinte lo-fi, comme si la réussite avait un grain de poussière collé au revers. L’énergie est électrique, nerveuse, presque dansante, mais jamais gratuite. Chaque loop semble marteler la même question : qu’est-ce qu’on vend quand on vend ses rêves ?
Jachai s’impose avec ce titre comme un visage neuf, hybride, capable de conjuguer puissance et fragilité sans jamais tomber dans la posture. GET MONEY! respire la réalité crue d’un artiste en construction, la tête pleine de doutes mais le cœur rivé sur la ligne d’arrivée. Une décharge d’adrénaline lucide, calibrée pour la rue autant que pour les casques.
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novembre 7, 2025J’ai toujours trouvé que les meilleures révélations se produisent là où on s’y attend le moins — sous la lumière crue d’un néon de salle de sport, entre le cliquetis des haltères et le souffle court de la fatigue. Superset de mASCOT et Amiccella appartient à cette catégorie rare de morceaux qui transforment un geste banal en acte spirituel. On n’écoute pas seulement un son trap-pop bien ficelé : on assiste à une mue intérieure, à la transfiguration d’un effort physique en dialogue divin.
Dès les premières mesures, la production pulse comme un cœur en surchauffe. Le beat cogne sec, mais propre, sans agressivité inutile — juste assez pour rappeler la tension du muscle au moment où il cède. La basse se love autour des mots de mASCOT, ample et dense, pendant qu’Amiccella glisse sur le refrain comme une apparition, à la fois éthérée et terrienne. Ce contraste entre la rigueur rythmique et la sensualité mélodique donne au morceau une forme d’équilibre, un mouvement continu entre la chair et l’âme.
Mais Superset n’est pas seulement une prouesse sonore, c’est une parabole moderne. mASCOT y parle de progression, de douleur nécessaire, de ces instants où le corps ploie avant de renaître plus fort. On y sent l’héritage du rap conscient — un soin du mot, une attention au récit — mais transposé dans une esthétique pop et énergique. Le morceau respire le vécu : les doutes, les petites victoires, les regards croisés entre deux séries. Et quand le couplet se mue en confidence, l’artiste laisse filtrer quelque chose de rare dans le rap contemporain : une foi simple, presque enfantine, celle de quelqu’un qui croit encore que la musique peut purifier.
La production, elle, agit comme un miroir du propos. Les nappes de synthé créent une atmosphère presque cinématographique — un peu comme si Mike Will Made It s’était mis à produire pour un Kendrick Lamar apaisé. Tout y est millimétré, mais rien n’y sonne froid. On sent l’humain dans le grain, la sueur dans le son.
Et puis, il y a ce dernier détail — cette sensation que Superset n’est pas un morceau qu’on écoute, mais un état qu’on traverse. Comme une prière qu’on scande en marchant, une montée d’adrénaline qui devient un acte de foi. mASCOT n’impose pas sa vision : il invite à l’incarner. Son rap, porté par une spiritualité discrète mais omniprésente, trouve une sincérité rare dans un genre saturé de postures.
Superset, c’est l’hymne d’un corps qui prie sans le dire, d’un cœur qui bat au rythme de la rédemption. Un morceau qui t’apprend à respirer autrement — comme si chaque drop, chaque mot, chaque silence te rappelait que la lumière vient souvent du fond du souffle.
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novembre 7, 2025Il y a quelque chose de spectral dans la manière dont Eidon fait glisser la douleur sur des nappes de reverb. Better Off Alone ne pleure pas — il flotte, il dérive, il s’effrite doucement, comme une cigarette qui se consume dans le noir. Le morceau s’ouvre sur une lente bruine sonore, un beat fragile qui bat au ralenti, une voix perdue quelque part entre la confession et la disparition. Ce n’est pas du rap, pas vraiment du chant non plus : c’est une prière hypnotique pour les cœurs en lévitation.
Eidon n’a pas besoin d’en faire trop. Il maîtrise l’art de la suggestion, de cette économie de mots et de sons qui rend tout plus vrai, plus brut. Chaque note semble tenir en équilibre entre deux mondes — celui du cloud hop et celui de la méditation transcendée. On pense à nothing,nowhere. ou à shinigami pour cette mélancolie digitalisée, mais Eidon va plus loin : il transforme la tristesse en architecture sonore, la vulnérabilité en alchimie.
Sous les textures brumeuses, le morceau respire une intensité sourde, presque mystique. On sent le producteur derrière, précis comme un chirurgien des émotions, modelant ses fréquences comme d’autres taillent le marbre. Les basses grondent doucement, le tempo s’étire, et cette voix — toujours sur le fil — vient chuchoter à l’oreille une vérité qu’on préfère souvent ignorer : peut-être qu’on est, effectivement, better off alone.
Mais ce n’est pas un renoncement. C’est une illumination. Dans cette solitude, Eidon trouve la beauté du repli, l’énergie du détachement, la clarté d’un silence qu’on apprivoise enfin. C’est la bande-son parfaite d’une nuit passée à relire de vieux messages, à scroller sans but, à se dire que tout ça, quelque part, a encore un sens.
Ce qui frappe, c’est la sincérité. Pas celle qui crie, celle qui respire entre les lignes. Eidon ne cherche pas à séduire, il construit un espace intérieur, un refuge pour ceux qui ne se reconnaissent plus dans le bruit du monde. Better Off Alone n’est pas un hymne de rupture, c’est une renaissance discrète, un souffle de lucidité servi dans une production aussi vaporeuse qu’aérienne.
Dans son univers, le chagrin devient presque sacré — un temple en ruine où l’on revient danser seul, juste pour sentir encore le battement de la vie.
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novembre 7, 2025On pourrait croire à un simple morceau feel good, un de ces titres conçus pour faire hocher la tête dans le bus ou sous les écouteurs d’un matin gris à Londres. Mais Vibing, sous ses allures de morceau léger, est tout sauf superficiel. Christopha y signe un retour à la simplicité, oui, mais une simplicité conquise — celle d’un artiste qui a appris à courir la distance, à respirer entre deux couplets, à transformer la constance en style.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/4iDmpN6nUi0GyczZqR04qW
Il y a dans Vibing ce mélange rare entre lucidité et légèreté. Les beats flirtent avec la nonchalance du UK Garage, cette tradition anglaise où le groove se fait liquide, fluide, toujours en mouvement. La production, fine et aérée, laisse respirer la voix de Christopha, reconnaissable entre mille : posée, chaleureuse, articulée comme un dialogue intérieur. Il ne rappe pas pour impressionner, il raconte pour rester vivant.
Le titre glisse sur une énergie douce, presque solaire — un contre-pied assumé à la grisaille urbaine qui l’a vu naître. Christopha ne cherche plus à prouver quoi que ce soit : il “vibe”, littéralement. Et dans cette sérénité, on sent la force tranquille d’un artiste qui a connu les tunnels du doute, les hiatus, le marathon de la persévérance (26 Miles and Running n’était pas un hasard, mais une métaphore).
Ce qui frappe ici, c’est l’équilibre. La clarté du flow se marie à une instrumentation subtile : une ligne de basse qui caresse, des samples discrets, des percussions qui s’effacent presque derrière la voix, comme si tout le morceau respirait à son rythme. Pas d’esbroufe, pas de surproduction — seulement la maîtrise d’un artisan du verbe, conscient que la sincérité groove mieux que n’importe quel gimmick.
Vibing n’est pas un cri, c’est un sourire. Celui d’un homme qui avance sans fracas, qui a compris que la victoire, parfois, se cache dans la constance. Dans ce son, Christopha incarne l’anti-égo trip : il célèbre le calme, le moment présent, la petite ivresse du quotidien. Et c’est précisément ce ton-là — à la fois intime, apaisé, contagieux — qui le distingue dans une scène souvent saturée de bruit.
Au fond, Vibing est un mantra moderne. Une invitation à lever le pied, à retrouver le plaisir brut du tempo. Christopha y prouve qu’on peut être ambitieux sans être pressé, lucide sans être amer. Il court toujours, oui, mais cette fois, il sourit en courant.
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novembre 3, 2025Un piano discret, une basse profonde, et cette manière de laisser respirer les mots avant de les poser — “Unusual” s’installe comme un tableau. On y entre doucement, happé par la précision du flow et la chaleur du timbre, comme si Nas s’était glissé dans un rêve new-yorkais produit par J Dilla. The Last Maven et Mickey Factz ne rappent pas pour la frime : ils conversent, ils sculptent la langue avec une maîtrise rare, celle de ceux qui ont compris que le rap pouvait être une forme de philosophie en mouvement.
“Unusual” n’a rien d’un égotrip tape-à-l’œil. C’est un morceau qui observe la réussite avec distance, qui interroge la beauté du grind, cette lutte intime entre ambition et authenticité. Là où beaucoup crient leur faim de succès, The Last Maven préfère parler des dîners feutrés où les rêves se négocient entre deux verres de vin, des ambitions qu’on porte en silence, de la grâce qu’il faut pour ne pas se perdre en chemin. Mickey Factz, figure respectée du lyricisme new-yorkais, apporte à l’ensemble une densité verbale qui transforme chaque couplet en scène de film : tout y est millimétré, lucide, sensuel.
Et puis il y a Rhea the Second, apparition soudaine, presque spectrale. Sa voix glisse sur la prod comme un halo de lumière sur un cuir vieilli — entre Erykah Badu et Cleo Sol, elle incarne la part émotionnelle de cette équation masculine. Sa présence ne vient pas adoucir, mais élever. Elle offre au morceau sa respiration, ce moment suspendu où la pensée devient mélodie.
Sur le plan sonore, “Unusual” flirte avec le Boom Bap classique tout en y injectant une sophistication moderne : batterie feutrée, cordes liquides, touches jazzy et un mixage qui caresse plus qu’il ne percute. On sent l’amour du détail, la main d’un producteur qui préfère la nuance à la démonstration.
Le titre est bien choisi. “Unusual” ne cherche pas à séduire l’algorithme, il séduit l’oreille cultivée. C’est une ode à la singularité, à la lenteur du geste, à la réflexion dans un monde obsédé par le bruit. The Last Maven et Mickey Factz rappellent ici que le hip-hop le plus brillant n’est pas toujours celui qui crie le plus fort — c’est celui qui écoute, qui raconte avec calme la beauté de faire différemment.
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novembre 3, 2025Ce n’est pas une chanson, c’est un souffle. Celui d’un homme qui parle à ceux qui marchent dans le noir, sans savoir quand viendra la lumière. Jackie 42 Robinson de Louis Davis Jr. n’a rien d’un hommage figé, ni d’un storytelling lisse : c’est un manifeste intime sur la douleur d’attendre, sur la dignité de continuer quand tout en soi brûle déjà.
Louis Davis Jr. ne joue pas au rappeur : il raconte la survie. Sa voix, rugueuse, vibrante, traverse la prod comme un battement de cœur qu’on aurait laissé à nu. On y entend une lente montée de tension — ces basses graves et épaisses, ce tempo boom bap qui semble fait pour porter les cicatrices du texte, pas pour plaire. Ce morceau a la poussière du bitume, la ferveur du gospel et le calme obstiné d’un homme qui connaît le prix du silence.
Jackie 42 Robinson, ce n’est pas seulement le symbole du courage afro-américain, c’est une métaphore du dépassement, un miroir tendu à tous ceux qui avancent sans reconnaissance. Louis en fait un totem, un compagnon de route : “keep going, they don’t know, but you do.” Cette ligne résonne comme une devise. On y perçoit la fatigue, mais aussi une fierté stoïque, une lucidité presque spirituelle.
Ce qui frappe, c’est la justesse émotionnelle. Le flow est maîtrisé, mesuré, sans ostentation. Louis Davis Jr. rappe comme on prie — pas pour être entendu, mais pour tenir debout. Dans cette retenue, il rejoint une certaine tradition du hip-hop conscient américain : celle de Common, de Mos Def, d’un Kendrick Lamar période Good Kid, m.A.A.d City — cette écriture où chaque mot pèse son vécu.
L’artiste, producteur et auteur de ses propres instrumentaux, livre ici une pièce qui respire l’indépendance et la foi. Le beat est nu, presque minimaliste, mais c’est cette épure qui donne au texte tout son relief. Ce n’est pas la force qui impressionne, c’est la patience.
Jackie 42 Robinson ne cherche pas le hit. Il cherche le vrai. Il rappelle qu’avant la victoire, il y a l’endurance ; avant la reconnaissance, il y a la foi — celle qui ne fait pas de bruit mais qui, au fond, sauve. C’est le genre de morceau qu’on garde en soi, pour les jours où l’on doute. Pour les jours où continuer est déjà un triomphe.
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novembre 3, 2025Ce morceau m’a fait penser à cette lumière qui précède l’aube, celle qu’on ne remarque pas mais qui annonce le jour. DUNNO n’est pas un hymne à la victoire — c’est une prière à ceux qui tiennent avant qu’elle n’arrive. Un morceau né du béton, de la fatigue, de cette endurance qui n’a rien de spectaculaire mais tout du sacré.
DJ Bisi, derrière ses platines et ses nuits de clubs, trouve ici un autre langage. Loin des sets calibrés, il signe une production viscérale, dense, traversée d’une énergie qu’on sent forgée à la fois dans le bitume et dans la foi. DUNNO n’est pas une simple track UK trap, c’est une confession amplifiée. La basse vrombit comme un moteur intérieur, les percussions claquent comme des coups de poing retenus, et les voix — celles de Stevie Bellard et Nat James — ne récitent pas, elles témoignent. On les sent au bord de quelque chose, une vérité nue entre résilience et rage.
Le refrain — “They don’t know, but you do” — agit comme un mantra. Ce n’est pas un slogan de victoire, mais un rappel intime : personne ne voit les nuits blanches, les doutes, les échecs transformés en carburant. DJ Bisi met en musique cette solitude des bâtisseurs, celle qui habite tous ceux qui courent après un rêve sans public. Dans cette fusion entre spiritualité et détermination, le morceau rejoint une lignée — celle de Stormzy, Dave ou Headie One — où le hip-hop anglais devient une catharsis, un lieu de rédemption.
Techniquement, la production est chirurgicale : nappes sombres, hi-hats tranchants, un mix qui respire la maîtrise. Mais derrière cette précision, il y a du cœur, une intensité qu’on ne fabrique pas en studio. DJ Bisi ne cherche pas à plaire : il cherche à dire. À graver sa vérité dans le beat.
DUNNO, c’est le son d’un homme qui a trop longtemps regardé les autres franchir la ligne sans qu’on sache d’où il venait. Un morceau qui ne célèbre pas la gloire, mais le chemin. Et si le public entend un banger, ceux qui ont déjà connu la traversée comprendront : c’est une prière pour continuer à croire, quand tout le reste dit d’arrêter.
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novembre 3, 2025Ça sent la sueur, la bravade et le cuir brûlé du micro. Drinks with Cardi B n’est pas un simple titre, c’est une scène de cinéma : un bar enfumé de New Haven, deux MCs accoudés au comptoir, la bouteille ouverte, les punchlines qui claquent comme des verres vides. Showrocka et Geez ne rappent pas pour séduire. Ils rappent comme on respire après la guerre — avec la rage, la rime et le respect comme seuls témoins.
La production est une leçon d’authenticité. Un beat boom bap brut, presque poussiéreux, porté par des drums qui cognent comme les battements d’un cœur old school. Les synthés, sombres et métalliques, font planer une menace sourde : celle du rap qui refuse la tendresse, qui reste fidèle à ses ruelles et à ses règles. Ce son-là ne cherche pas à plaire aux playlists, il revendique une mémoire. On pense à Daringer, à Griselda, à ces architectes de la saleté chic, capables de transformer un loop crasseux en cathédrale sonore.
L’alchimie entre les deux MCs est évidente. Showrocka déroule ses rimes avec la précision d’un vétéran — multisyllabiques, pleines de doubles sens, ciselées comme une dissertation sur la rage. Geez, lui, apporte la flamboyance, cette manière de parler du vice avec le sourire du vainqueur. Ensemble, ils forment un duo qui oscille entre insolence et érudition, comme si Nas et Freddie Gibbs s’étaient croisés dans un club clandestin.
Et puis il y a ce titre, Drinks with Cardi B — clin d’œil ironique, fantasme mondain, punchline de luxe. Parce qu’ici, le champagne est remplacé par la sueur et la gloire par le grind. Le rêve américain du rap, version 2025 : pas d’autotune, pas de paillettes, juste deux poètes de bitume qui refusent la compromission.
Showrocka, déjà reconnu comme “professeur de rap theory”, ne récite pas ses leçons : il les incarne. Chaque couplet transpire le vécu, le savoir-faire, la fierté de ceux qui écrivent pour la postérité, pas pour les trends. Drinks with Cardi B redonne ses lettres de noblesse à la discipline : un track de puristes, exigeant, ténébreux, jubilatoire.
Un toast donc, non pas à la star de la pop, mais à l’art de la rime. À ceux qui, comme Showrocka et Geez, rappent encore pour faire trembler les murs.
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novembre 3, 2025Certains morceaux qui sentent la poussière chaude des vinyles, la colle des cassettes et les néons froids d’un studio à trois heures du matin. Nuff Trickery appartient à cette espèce rare : un titre qui ne cherche ni la mode ni le buzz, mais la vérité dans le son, brute, texturée, imparfaite. Rad Brown, producteur alchimiste à la mémoire infinie, s’y livre à une archéologie du hip-hop, déterrant des fragments de Björk, Nas et même Danny Elfman pour bâtir une cathédrale sonore où chaque sample devient une pierre précieuse.
Le beat est dense, organique, tout en couches qui se chevauchent et se contredisent : des cordes inquiétantes, des nappes cinématographiques, des basses qui semblent respirer. On sent la main d’un collectionneur maniaque, quelqu’un qui ne produit pas pour séduire mais pour convoquer les fantômes. Rad Brown appartient à cette lignée d’artisans de la MPC qui pensent le hip-hop comme un langage de collage, un dialogue entre passé et présent, entre culture populaire et art total.
Et puis il y a Moka Only, revenant mythique du rap canadien, ici dans une forme presque chamanique. Son flow ne cherche pas la virtuosité mais la vérité. Il avance, nonchalant, précis, comme s’il récitait un mantra contre l’imposture — celle de l’industrie, du faux bling, des égos en toc. Il parle d’authenticité sans la nommer, de survie sans la glorifier. Nuff Trickery, c’est le refus du spectacle. Un refus élégant, fier, et profondément musical.
Ce morceau n’est pas nostalgique ; il est intemporel. Il nous rappelle pourquoi le hip-hop, avant d’être une culture de consommation, fut une culture de résistance. Rad Brown ne copie pas les années 90 — il les prolonge, les réinvente, les actualise avec la tendresse d’un historien et la fougue d’un hacker sonore. Son utilisation du sample est politique : chaque boucle volée devient un geste de liberté.
Dans un monde saturé de productions interchangeables, Nuff Trickery respire comme un espace sacré. On y retrouve l’esprit du crate digging, l’odeur des vinyles poussiéreux, la sueur du vrai travail. C’est un morceau qui ne cherche pas à t’impressionner, mais à te reconnecter — à ton oreille, à ta mémoire, à ce qu’il reste de sincérité dans le rap.
Rad Brown et Moka Only signent ici un rappel magistral : le hip-hop n’a jamais eu besoin de tours de passe-passe. Seulement d’une âme, d’un rythme, et d’une idée juste.
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novembre 3, 2025Chez Santa Sallet, le rap n’est pas une posture, c’est une discipline de vie — une manière d’aligner ses ambitions sur le tempo d’un rêve. Money and Dash s’inscrit dans cette lignée : un morceau qui pulse au rythme du hustle, entre arrogance de la réussite et lucidité sur ce qu’elle coûte. C’est du rap d’artisan, ciselé dans la poussière des routes que l’on gravit seul.
Le beat, lourd mais élégant, convoque le fantôme du boom bap tout en s’ouvrant sur un groove plus contemporain. Une basse fluide, des cuivres subtils, une rythmique qui claque — tout respire la maîtrise. Santa Sallet ne court pas après la hype : il s’installe dans la durée, avec un flow mesuré, souverain, presque dandy dans sa manière de découper le silence. Son phrasé roule comme un moteur allemand sur l’asphalte, précis, mécanique, assuré.
Ce qui fascine dans Money and Dash, c’est la tension entre deux mondes : celui du matérialisme assumé et celui, plus souterrain, du doute existentiel. Derrière les punchlines affûtées, on perçoit une introspection, une réflexion sur ce que signifie « réussir » quand le système t’impose sa propre définition du succès. L’argent devient à la fois moteur et malédiction — une danse perpétuelle entre désir et discipline.
Santa Sallet a cette élégance rare des rappeurs qui écrivent comme on raconte un roman : il y a des scènes, des images, des silences. Le “dash” du titre, ce n’est pas seulement la course effrénée vers le cash ; c’est aussi cette fuite en avant, cette énergie vitale qu’on retrouve dans le souffle même du morceau. Il rappe comme on respire après une longue nuit, avec cette fatigue fière de ceux qui n’ont jamais lâché.
Ce qui frappe, c’est la cohérence de son univers. L’esthétique old-school rencontre la précision moderne, les ambitions new-yorkaises croisent la mélancolie parisienne. Money and Dash sonne comme un manifeste pour l’indépendance artistique — un titre de guerrier urbain, sûr de lui mais conscient de la solitude du sommet.
Santa Sallet ne vend pas un mythe, il documente une trajectoire. Et dans ce morceau, chaque mot est une preuve qu’il ne joue pas à être quelqu’un d’autre : il construit, il avance, il dash — avec style, avec stratégie, avec âme.
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novembre 3, 2025Ce morceau surgit comme un mirage dans la nuit urbaine — un battement de cœur, un parfum d’encens, une pulsation mécanique sous la peau. Avec RHYTHM, Horizyn ne se contente pas de sampler A.R. Rahman : il ressuscite tout un imaginaire, celui d’un cinéma indien transfiguré par la brutalité du béton londonien. Ce n’est pas un simple mashup entre deux mondes, c’est une collision sensuelle, électrique, presque mystique.
Dès les premières secondes, la tension est palpable. Les 808s roulent comme des orages souterrains, les percussions taillées au scalpel installent une transe sombre, et cette voix féminine venue du Taal de Rahman — fragile, céleste — semble flotter au-dessus du chaos, comme un souvenir impossible à effacer. Horizyn laisse ce contraste respirer : l’élégance du passé contre la morsure du présent, la douceur contre la violence du rythme.
Ce que le rappeur réussit ici tient du sortilège : il prend le drill, genre codifié, souvent monotone dans sa noirceur, et lui redonne une dimension charnelle. Le flow glisse, serpente, se suspend parfois comme pour mieux mordre ensuite. Il n’y a pas de démonstration gratuite, seulement un sens du timing impeccable — chaque syllabe semble suivre la respiration de la basse, chaque silence devient un espace où la tension se loge.
Mais derrière cette maîtrise technique, RHYTHM raconte quelque chose de plus profond : la friction entre deux héritages. Celui de Londres, rugueux, compétitif, saturé de néons et de désirs refoulés ; et celui de l’Inde, luxuriant, mystique, traversé de mélodies où chaque note semble prier. Horizyn unit ces deux mondes sans caricature, en laissant la beauté et la rage coexister dans un même souffle.
Le morceau pulse comme une rencontre : deux corps, deux cultures, deux énergies qui se cherchent et se heurtent. On y sent le feu du club, la moiteur des ruelles, mais aussi la gravité du mythe — cette impression que le RHYTHM dont il parle n’est pas qu’un groove, mais une loi universelle, celle qui relie tous les battements : du tambour à la poitrine, du mantra au micro.
Horizyn signe ici un moment d’alchimie rare : un drill sensuel, élégant et viscéral, où chaque mesure semble dire la même chose — que le futur du rap global se joue désormais à la croisée des mondes.
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novembre 3, 2025OFF THE MOON n’a pas été fait pour les terriens. Ce morceau plane au-dessus de l’atmosphère, suspendu quelque part entre Atlanta et la stratosphère, là où la gravité ne s’applique plus — ni aux beats, ni aux egos. Trois voix, trois univers — SupremeDae, d4mon. et LOM MAZI — fusionnent ici sous la bannière du collectif UOT (Universe of Thought ? Universe of Trouble ? Peu importe, l’intention est la même : faire exploser le plafond de la trap).
Dès l’intro, une nappe synthétique flotte comme un halo de vapeur, avant que les 808 ne s’écrasent au sol avec une lourdeur spatiale. Le mix est chirurgical, chaque kick résonne comme un battement d’étoile. Les flows s’enchaînent avec une précision acrobatique, jouant sur des ruptures de tempo, des effets de bascule, des respirations soudain coupées. OFF THE MOON ne raconte pas une histoire : il en crée une. Celle de jeunes rappeurs qui transforment l’ambition en matière noire.
SupremeDae apporte la froideur, cette nonchalance contrôlée des rappeurs qui n’ont plus rien à prouver. d4mon. glisse sur l’instru avec une fluidité presque chantée, entre mélodie et menace, pendant que LOM MAZI vient briser la légèreté du tout avec un grain plus brut, presque rageur. Ce mélange est d’une efficacité rare : un chaos maîtrisé, comme si Travis Scott avait invité Don Toliver et Baby Keem à enregistrer dans une capsule spatiale.
Mais au-delà du son, OFF THE MOON dégage une énergie collective fascinante. On sent une amitié en fusion, une camaraderie d’artistes qui se complètent sans jamais se diluer. Cette alchimie, c’est ce qui manque souvent à la trap moderne — trop centrée sur la performance individuelle. Ici, chaque voix renforce l’autre, chaque couplet devient un pont vers le suivant.
Il y a aussi quelque chose d’émotionnel, sous la surface : un vertige, une envie de s’extraire du monde, de bâtir son propre espace sonore. La prod, lumineuse et mélancolique à la fois, agit comme une navette vers un ailleurs où la trap devient plus introspective, presque mystique.
OFF THE MOON est une déclaration d’intention : UOT ne vise pas la terre, ils visent l’orbite. Et dans un paysage saturé de copies, cette énergie-là — brute, libre, galvanisante — a quelque chose de rare. On en ressort un peu étourdi, comme après un rêve en apesanteur.
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novembre 3, 2025Pavy ne rappe pas pour séduire, il rappe pour survivre à la mélancolie. Dans Ain’t Much Out Here To Love, l’artiste de Chicago pose un constat froid, presque clinique, sur un monde où l’amour, la loyauté et la vérité semblent s’être dissous dans le bitume. Le morceau, produit par Chase P, n’est pas un single de plus dans le flot infini du hip-hop contemporain — c’est une méditation urbaine, un lent panorama sur la désillusion d’une génération qui ne sait plus où placer sa tendresse.
Le beat, minimaliste, est tissé d’une batterie crue, d’une basse moelleuse et d’un sample nostalgique qu’on croirait exhumé d’un vieux vinyle de jazz poussiéreux. C’est le genre de production qui laisse respirer la voix, qui met le texte au centre du tableau. Et quelle voix. Celle de Pavy, grave, posée, lasse sans être résignée, déroule ses pensées avec la précision d’un scalpel. Pas d’esbroufe, pas de gimmicks — juste une franchise à nu. Son flow oscille entre le spoken word et le rap classique, un équilibre qui lui permet d’être à la fois poète et témoin.
“Ain’t Much Out Here To Love” a la couleur d’une nuit d’automne passée dans un diner désert, à fixer son reflet dans une vitre mouillée. C’est une chanson sur l’usure, sur les masques qu’on garde pour tenir le coup. Pavy dissèque la solitude contemporaine avec une douceur désarmante : il ne crie pas sa colère, il la murmure. Et c’est sans doute ce qui la rend plus violente.
On retrouve ici l’héritage du boom bap des années 90, mais vidé de sa flamboyance : Pavy ne cherche pas à recréer une époque, il en réinvente la douleur. Son rap est moderne dans sa sobriété, classique dans son exigence. Il parle d’émotions complexes avec une clarté rare, sans tomber dans le pathos. Là où beaucoup surjouent la tristesse, lui l’habite avec dignité.
Dans un monde saturé de faux récits, Ain’t Much Out Here To Love agit comme une parenthèse d’honnêteté. C’est un morceau de désillusion mais aussi de résistance : une façon de dire que même quand tout s’effondre, la vérité reste un acte de beauté. Pavy, quelque part entre Common et Mick Jenkins, marche seul mais droit — et c’est précisément ce qui fait de lui un rappeur essentiel.
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novembre 3, 2025Herc débarque avec Treat Me Like Somebody comme on entre dans une pièce pleine de fumée, l’air chargé d’émotion et de confiance mêlées. Il y a dans sa voix cette fragilité retenue, ce ton mi-vantard mi-vulnérable propre aux rappeurs qui ont vu trop de nuits blanches passer. Le titre, d’apparence simple, cache une tension magnifique : celle entre le besoin de reconnaissance et la peur d’être vu pour de vrai.
La production pose le décor d’emblée : un beat trap étiré, épuré, presque spatial. Les basses rampent comme des ombres, les hi-hats cliquettent à la manière d’un cœur qui s’emballe. Rien n’est surjoué, tout est dans la retenue, dans le flou précis. Ce genre de prod où le silence devient un instrument à part entière. Herc s’y promène avec un flow maîtrisé, parfois las, parfois tranchant, comme s’il oscillait entre l’aveu et la provocation.
Ce qui frappe, c’est cette tension émotionnelle qu’il entretient sans jamais la briser. Treat Me Like Somebody n’est pas qu’une revendication d’amour ou de respect : c’est un miroir tendu à une génération pour qui la vulnérabilité est une forme de force. Il parle d’attention, de loyauté, de fierté malmenée — mais toujours avec cette élégance propre aux rappeurs qui refusent la caricature du dur. Sa voix n’explose jamais : elle glisse, se faufile, s’impose.
Dans cette chanson, Herc façonne un univers où la trap devient presque sensuelle, comme un R&B ralenti sous morphine. Il y a une douceur hypnotique dans la manière dont il module son ton, une maîtrise qui rappelle les débuts introspectifs de Bryson Tiller ou les mélancolies urbaines de 6lack. Pourtant, Herc ne copie personne : il signe un morceau où la mélodie n’est jamais une béquille, mais un terrain d’équilibre entre le chaos intérieur et la sérénité recherchée.
Treat Me Like Somebody sonne comme un cri feutré — celui d’un homme qui demande qu’on le voie autrement, au-delà du vernis du paraître. C’est une confession déguisée en banger nocturne, un morceau à écouter casque vissé sur les oreilles, regard perdu dans la vitre d’un taxi à 3h du matin. Herc ne cherche pas à briller : il cherche à être compris. Et c’est sans doute ce qui rend cette track si humaine, si vraie, si nécessaire.
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novembre 3, 2025C’est un peu comme tomber dans un rêve en slow motion. wait and see de Pozzy ne fait pas de bruit, ne cherche pas le choc ni le spectacle — il respire lentement, dans un clair-obscur où chaque note semble suspendue à un souffle. Loin du grime originel et de sa violence électrique, Pozzy sculpte ici un son d’une douceur quasi liquide, une bulle introspective où les pulsations se fondent dans la brume.
Ce qu’il appelle du mellow grime trouve ici toute sa définition : une mutation du genre, une mue sensible, comme si l’agressivité de Londres s’était dissoute dans la lumière tamisée d’un matin d’hiver. On entend le beat, oui, mais il n’explose pas : il s’écoule, fluide, presque timide, laissant la place à l’espace, à l’air, à la respiration. Le morceau fonctionne comme une décompression — une plage sonore qui nettoie le mental, un glitch émotionnel entre la nostalgie et l’apaisement.
Instrumental et pourtant narratif, wait and see évoque un monde intérieur en équilibre précaire. Il n’y a pas de voix, mais il y a des intentions. Des textures électroniques se superposent, les basses s’étirent comme un fil tendu, et quelque part au milieu, un piano spectral fait office de témoin. On a l’impression que Pozzy cherche la sérénité dans la confusion, qu’il écrit la bande-son d’une génération qui veut avancer sans savoir vraiment où.
Ce morceau n’est pas une démonstration, c’est une esquisse. Un geste fragile, précis, presque minimaliste. Et c’est cette retenue qui fascine. Pozzy a compris que le grime n’a plus besoin d’être frontal pour rester subversif — il suffit de le ralentir, de le dépouiller, de le rendre poreux à l’intime. Là où Skepta aurait hurlé son chaos, lui choisit la nuance. Il ne s’impose pas : il contemple.
Dans wait and see, chaque fréquence semble portée par la foi discrète de quelqu’un qui attend sans désespoir. C’est le son d’un Londres post-bruit, d’un jeune artiste qui regarde sa propre génération avec bienveillance et vertige. Pozzy n’invente pas seulement un son : il fabrique un état d’âme. Et ce qui frappe, c’est à quel point cette paix — fragile, mouvante, à la lisière du silence — finit par être bouleversante.
Écouter wait and see, c’est comme s’arrêter un instant dans la tempête pour regarder le vent passer. Rien ne bouge, mais tout change.
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novembre 3, 2025J’ai écouté Eternal un soir où tout semblait trop lourd pour être porté. Et soudain, le morceau s’est ouvert comme une respiration, un espace entre les battements du monde. Ce n’est pas une chanson qu’on consomme, c’est un murmure qui s’installe lentement dans les veines — une prière urbaine, à mi-chemin entre le bitume et le ciel.
Admiral ne parle pas comme un rappeur, il confesse comme un être humain qui aurait décidé d’apprendre la paix à travers le chaos. Son flow n’est pas un exercice de style : c’est une ligne de vie, une manière de garder la tête hors de l’eau. Sa voix, chaude et légèrement voilée, s’appuie sur une production sobre, presque ascétique : une basse qui pulse au ralenti, quelques accords de piano qui tombent comme des cendres, et cette lumière discrète, toujours à la frontière du silence.
Ce qui me frappe, c’est cette foi tranquille, sans prosélytisme. Admiral construit son rap comme on écrit un testament intérieur : avec la sagesse d’un homme qui a déjà brûlé ses illusions et choisi de ne garder que la vérité. Eternal, c’est le moment où la spiritualité s’invite dans le groove, où la technique devient contemplation. Les mots ne sont pas là pour impressionner mais pour purifier.
On y retrouve une lenteur essentielle, celle qui manque à tant de morceaux d’aujourd’hui. Admiral prend son temps, dépose chaque syllabe avec la précision d’un artisan du verbe. Le beat, feutré mais habité, rappelle les grandes heures du néo-soul, ce point de rencontre entre la rue et le sacré — comme si D’Angelo avait trouvé refuge dans la conscience de Kendrick Lamar. L’ensemble dégage une émotion contenue, un apaisement lucide, presque mystique.
Mais ce qui distingue vraiment Eternal, c’est sa douceur. Une douceur qui ne cherche pas à plaire, mais à guérir. Le morceau agit comme une main posée sur l’épaule, un rappel que l’élévation ne passe pas par la fuite mais par la présence. Admiral ne promet pas la lumière — il la pratique, simplement, dans le battement même de sa musique.
Quand la dernière note s’éteint, on ne sait plus très bien si on vient d’écouter un morceau de rap ou une cérémonie intime. Eternal donne envie de se taire un instant, de fermer les yeux et de sentir le monde respirer à nouveau. Un titre qui ne cherche pas l’éternité — il la touche.
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novembre 3, 2025Dès la première mesure, That B éclabousse. Pas un simple single, mais une déclaration de territoire, une montée d’adrénaline trap-pop taillée pour celles et ceux qui avancent tête haute, sans permission. Mylani Tsunami ne rappe pas : elle surgit. Elle roule sur la prod comme sur une vague de verre brisé, oscillant entre arrogance stylisée et confiance viscérale. On sent, dans sa voix, cette texture rare : la fierté du corps qui s’est construit seul.
Le morceau pulse sur un beat qui respire le club et la rue à la fois, quelque part entre la flamboyance d’une Doja Cat et la précision percussive d’une Latto. C’est un banger, oui — mais un banger à venin, porté par un grain de voix qui n’imite personne. Mylani ne cherche pas à prouver, elle affirme. Son flow serpente, tantôt joueur, tantôt tranchant, dessinant un autoportrait en mouvement.
Ce qui frappe, c’est cette alliance presque chorégraphique entre son énergie et la production : les basses avancent comme des pas assurés sur un podium en feu, les hi-hats s’entrelacent à ses respirations, les synthés clignotent comme des néons dans la nuit d’une fête où l’on se libère enfin. That B n’a rien d’un exercice d’attitude — c’est une esthétique du contrôle, du regard qui ne fuit plus rien.
Et derrière le vernis club, on sent autre chose : une forme de rage élégante, de revanche sublimée. Mylani Tsunami écrit son nom dans une tradition de femmes qui se réapproprient la puissance — mais elle le fait avec le panache d’une performeuse consciente du théâtre de sa propre image. Sa voix est un corps. Son flow, une arme.
Dans un monde saturé de faux charismes et de refrains jetables, That B respire la sincérité du désir et la lucidité de l’ambition. On y danse, mais on s’y reconnaît aussi : cette envie d’exister bruyamment, de ne plus s’excuser pour sa lumière.
Mylani Tsunami ne surfe pas sur la vague, elle la crée. Et si ce morceau porte bien son nom, c’est parce qu’il emporte tout sur son passage — l’ego, le doute, les clichés. À la fin, il ne reste que le sel sur la peau et cette certitude : elle est, définitivement, that b.
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novembre 3, 2025J’ai eu l’impression d’entendre la Californie respirer à nouveau. Pas celle des palmiers et des piscines chlorées, mais celle qui fume encore, haletante, sous le béton chaud. West Testament n’est pas un morceau : c’est une incantation. Une confession soufflée entre deux coups de vent sur le bitume de Los Angeles, quand le soleil devient trop blanc et que les âmes se cachent derrière leurs lunettes fumées.
Dios Negasi et Blu ne rappent pas pour séduire, ils témoignent. Ce titre, c’est la mémoire vivante du hip-hop californien qui refuse de se dissoudre dans les brumes synthétiques de la trap ou les gimmicks du streaming. Ici, le beat claque sec comme un livre sacré qu’on referme, les basses grondent comme une menace qui s’étire, et au-dessus, les deux MCs s’élèvent, précis, enragés, presque mystiques. On dirait que les mots sortent d’une bouche qui brûle encore de poussière et d’essence.
Le sample, discret mais profond, évoque ces disques soul qu’on passe dans des garages enfumés, pendant que les conversations se confondent avec les vinyles qui craquent. La production, sans fioritures, respire l’amour du grain. C’est un boom bap à l’ancienne, oui, mais dopé à la lucidité moderne — celle d’artistes qui ont vieilli avec leur ville, qui ont vu les anges tomber des murs tagués et les rêves s’éteindre dans le clignotement rouge d’un feu de signalisation.
Blu apporte cette chaleur éthérée, presque spirituelle, une douceur dans la hargne. Il est l’air qui passe entre les briques, la lumière dans le prêche. Dios Negasi, lui, garde les poings serrés, l’ancrage d’un type qui sait que le salut ne viendra pas des cieux, mais du travail, du souffle, du verbe. Ensemble, ils recréent une tension rare : le sacré et le charnel, la méditation et la baston.
Ce morceau est un évangile urbain. Le testament d’une génération qui ne croit plus aux miracles, mais qui continue d’en fabriquer avec des samples et des mots. Dans West Testament, la foi ne se chante pas : elle se frappe. On y croit comme à un battement de cœur, obstiné, dans la nuit de Los Angeles.
Et quand la dernière note s’éteint, on reste suspendu dans un silence qui résonne. Ce n’est pas la fin d’un morceau, c’est une respiration après la prière — celle du hip-hop qui refuse de mourir, et qui, dans un souffle rauque, continue d’écrire son propre évangile.
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novembre 3, 2025Roxbury, Massachusetts. La ville ne dort jamais, elle grince, elle hurle, elle respire à travers les bouches d’égout. C’est là qu’Isaiah Irahkiev taille son verbe comme on aiguise un couteau. Avec Joyner Lucas, son dernier single, il ne se contente pas d’un hommage : il transforme le respect en carburant, la faim en feu.
Derrière ce titre qui emprunte au beat iconique de Ramen & OJ, il y a une tension palpable, une volonté presque rageuse de prouver que la vérité du rap se joue encore dans les tripes, pas dans les chiffres. Irahkiev ne copie pas Joyner — il converse avec lui. Il entre dans la légende par la porte arrière, celle des mecs qui n’ont rien d’autre que leur voix et un bloc-notes.
Son flow frappe comme un uppercut dans un gymnase vide. Pas d’artifice, pas d’autotune qui caresse les oreilles — juste la voix, nue, éraillée, entêtée. Chaque phrase pèse son poids de vécu. Il y a cette sincérité brute, cette écriture à vif, qui rappelle la grande école du storytelling à la Boston : celle où la rue n’est pas un décor, mais une mémoire.
Le clip, tourné par The Watchers, respire la poussière et la tension. Les plans sont serrés, les ombres découpent le visage du rappeur comme une confession. On sent le souffle court, la caméra collée à la peau, comme si elle craignait de rater le moment où la rage bascule en lumière.
Ce qui impressionne, c’est la discipline. Isaiah Irahkiev, c’est ce rappeur qui ne triche jamais. Son flow est précis, syncopé, presque chirurgical — un entrelacs de syllabes qui se cognent au rythme du cœur. On y sent la même faim que chez Joyner Lucas, mais sans la posture : ici, la gloire n’est pas une promesse, c’est une dette.
Dans un monde où beaucoup rappent pour exister, Isaiah rappe pour respirer. Il ne fait pas du rap conscient, il fait du rap lucide : celui qui regarde la misère sans la romantiser, celui qui fait de la douleur un moteur et de l’authenticité une arme.
Joyner Lucas n’est pas juste un freestyle. C’est une prise de position. Une déclaration d’indépendance. Irahkiev s’y affirme comme un narrateur du réel, un artisan du mot juste, un héritier de cette lignée d’outsiders qui préfèrent le respect du mic à la lumière des écrans.
Et quand la dernière mesure s’éteint, il ne reste qu’une impression : celle d’avoir croisé un rappeur en marche, un homme qui ne court pas après son idole, mais court à côté d’elle, à sa vitesse, sur son propre bitume.
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novembre 3, 2025On le croyait disparu dans les limbes du cyberespace, mais Orrin revient, pixels au poing et flow affuté, pour hanter la réalité avec Poppin’ It, extrait incandescent de son nouveau projet Nü New York. Toujours entre la chair et la machine, le rappeur new-yorkais pousse encore plus loin son concept d’“être augmenté” du hip-hop, livrant ici un morceau qui oscille entre club rage, cloud-hop et mélancolie digitale.
Sur une production à la fois glitchée et luxuriante, Orrin redéfinit la grammaire du rap électronique. C’est du hip-house 3.0 : les kicks claquent comme des coups de flash, la basse respire sous un brouillard de synthés, et la voix — auto-tunée mais étrangement organique — déploie un ego trip traversé d’ironie. On danse, on flotte, on doute. C’est le genre de son qui t’attrape par les tripes tout en t’envoyant une notification.
Ce qu’Orrin réussit avec Poppin’ It, c’est l’équilibre improbable entre le chaos du monde hyperconnecté et l’intimité d’un cri intérieur. Là où Trippie Redd ou Playboi Carti ont fait du rage un exutoire adolescent, Orrin y injecte une réflexion plus adulte, presque philosophique. Derrière les postures, il y a une interrogation sincère : que reste-t-il de l’humain quand tout est filtré, édité, compressé ?
Le clip, tourné face à la Statue de la Liberté, pousse le concept jusqu’à l’absurde : des fenêtres de navigateurs s’empilent, les pixels saturent, le symbole américain devient décor virtuel. Orrin y performe comme un hologramme conscient de son propre bug. La liberté, semble-t-il dire, c’est désormais un glitch bien placé.
Mais derrière le manifeste visuel, il y a une musicalité fascinante. Le beat tangue entre UK garage et trap futuriste, les couches de synthés dessinent un Manhattan spectral — celui d’un monde où les néons remplacent les étoiles. Et quand Orrin lâche sa voix sur le hook, c’est tout un New York intérieur qui s’éveille, fait d’écrans, de solitude et de bruit blanc.
Ce qui frappe, c’est cette lucidité postmoderne : Orrin ne cherche plus à prouver qu’il est “différent” — il l’est par essence. Depuis son apparition virale en “cyborg” sur Dr. Phil, il a pris le contrôle du mythe. Poppin’ It n’est pas qu’un banger : c’est une auto-fiction, un autoportrait numérique, une rave intérieure.
On pourrait dire qu’Orrin fait danser les fantômes du futur — ceux qui scrollent plus qu’ils vivent, qui s’aiment à travers des avatars et qui cherchent encore, dans le bruit, un rythme capable de les réveiller.
Dans Poppin’ It, il y a tout cela : le vertige de la modernité, le groove d’un New York dématérialisé, et la certitude qu’au fond, même les machines ont besoin d’un beat pour se sentir vivantes.
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octobre 31, 2025Le morceau commence comme un battement intérieur. Pas celui du cœur, mais celui de la persistance — cette pulsation qu’on garde quand tout autour vacille. Dans Uphold Era, Zov.yay ne rappe pas pour convaincre ni pour séduire. Il parle comme on respire, avec cette clarté du type qui a cessé de fuir. Son flow n’a rien de l’urgence hystérique des charts : il est posé, précis, chargé d’une douceur presque stoïque. Comme si chaque mot avait traversé le feu avant d’atterrir sur la mesure.
On imagine la scène : un studio feutré à la lumière basse, le micro suspendu dans un silence chargé. L’artiste ferme les yeux, pose ses rimes avec lenteur, comme on polit une vérité. Uphold Era devient alors une méditation sur l’endurance — pas celle des marathons ni des guerres, mais celle, plus intime, de la vie ordinaire, du recommencement. Zov.yay célèbre l’obstination calme, l’art de tenir tête au monde sans hausser la voix.
Son rap respire. Les percussions sont des pas sur un sol souple, la basse ondule comme une veine sous la peau. Tout semble construit autour du souffle : le sien, celui du morceau, celui du temps qu’on prend pour exister. Il y a quelque chose d’ascétique dans cette production — pas de saturation, pas d’effet spectaculaire. Un espace clair, net, où la parole peut s’épanouir sans décor.
Mais ne vous y trompez pas : derrière la sobriété, Uphold Era bouillonne. Chaque syllabe vibre d’une tension intérieure, d’une lucidité qui ne pardonne rien. Zov.yay écrit comme on sculpte le silence, traçant le portrait de ceux qu’on ne regarde pas : les discrets, les endurants, les conscients. Ce sont eux qu’il érige en symbole, eux qu’il célèbre dans cette ère qu’il veut “soutenir”, “uphold”. Une génération fatiguée des masques et des promesses, mais toujours prête à reconstruire, à respirer à nouveau.
On sent chez lui l’influence de Kendrick Lamar dans la gravité réfléchie, un peu de Common dans la sagesse mélodique, peut-être même la clarté narrative d’un Isaiah Rashad. Mais Zov.yay ne copie personne : il parle depuis un lieu rare — celui où la foi et la lucidité se rencontrent. Uphold Era devient alors un manifeste discret, une déclaration sans slogan : le courage, c’est la constance.
Ce titre n’explose pas, il s’élève lentement, comme une prière moderne récitée dans un monde bruyant. Et lorsqu’il s’éteint, il laisse derrière lui une impression rare : celle d’avoir entendu un homme qui ne cherche plus à gagner du terrain, mais à rester debout, aligné, vrai.
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octobre 31, 2025J’ai écouté Still Sick comme on regarde une flamme reprendre, vacillante puis vorace. Thain, rappeur et vocaliste originaire de Wichita, y revient à ce qui brûle en lui : le besoin urgent de transformer la colère en groove, le chaos en rythme. Ce n’est pas une chanson écrite à froid ; c’est une déflagration née d’une nuit d’improvisation partagée, d’un moment suspendu où trois musiciens se retrouvent au même battement de cœur.
Le morceau s’ouvre comme une étincelle dans une pièce obscure. La basse, signée Steven Shields (Audio Paradolia), respire la poussière et la fièvre des clubs underground, tandis que les percussions organiques vibrent avec une précision presque animale. Hippy K, invité du morceau, apporte la contrepartie instinctive, la voix qui pousse, qui griffe un peu le ciel. Et Thain, lui, ne rappe pas : il expulse. On sent dans son flow une urgence nerveuse, un instinct brut de survie. Chaque phrase semble sortie d’un corps en mouvement, d’une mémoire qui refuse de se taire.
Ce qui me fascine, c’est cette manière qu’il a de mêler la chair du rock et l’intelligence du hip-hop. On pense à Eminem pour la rage, à Kendrick pour la conscience du rythme, à Travis Scott pour la manière de créer un univers sonore presque psyché, mais Thain n’imite personne. Il construit une architecture sonore du Midwest : rugueuse, charnelle, imprévisible. L’énergie du titre vient de cette collision entre les influences – comme si un concert de métal et un freestyle nocturne s’étaient cognés dans une ruelle de Wichita.
Le morceau se déploie sans jamais vraiment éclater : une tension permanente, presque cinétique. Ce n’est pas un hit calibré, c’est un exutoire. On entend le souffle court, les voix qui se croisent, le grain du micro qui craque légèrement, cette imperfection qui rend la musique vraie. C’est une œuvre qui n’a pas peur du désordre parce que c’est dans le désordre que naît la vérité.
Still Sick parle de cette maladie dont on ne veut pas guérir : celle de la création. Thain n’en fait pas une pose, il en fait une nécessité. On imagine la scène : trois types dans un studio du Kansas, la lumière jaune des amplis, le sol qui vibre sous la basse, et cette conviction partagée que quelque chose de grand vient de se passer. Pas un tube, pas un produit, mais un instant. Et c’est peut-être ce que le rap américain a de plus précieux aujourd’hui : sa capacité à redevenir vivant, sale, brûlant, sincère.
Dans Still Sick, Thain ne cherche pas la gloire. Il cherche le cœur battant du son. Et il le trouve.
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octobre 29, 2025Il y a chez JayWood quelque chose d’instinctif, de solaire et de profondément insaisissable. Après avoir quitté Winnipeg pour Montréal, Jeremy Haywood-Smith — l’homme derrière ce projet polymorphe — signe avec Leo Negro son œuvre la plus complète, la plus vibrante aussi. Sorti sur le label culte Captured Tracks (Modulor), ce troisième album trace une trajectoire intime et déroutante, un journal d’identité et de réinvention où s’entrechoquent soul, funk, hip-hop, indie rock et éclats électroniques. JayWood y joue les funambules entre introspection et groove incandescent, entre chaos maîtrisé et sincérité brute.
Dans notre interview, l’artiste canadien se dévoile sans fard : ses rêves, ses racines guyanaises, ses inspirations aussi vastes que le cosmos, son goût pour le riz à la noix de coco et ses réflexions sur l’équilibre fragile entre création et perfection. Avec Leo Negro, il ne cherche pas à plaire — il cherche à comprendre. Et c’est précisément ce qui rend sa musique si vivante, si libre, si nécessaire.
Qui es-tu ? Salut ! Je m’appelle Jeremy, mais beaucoup de gens me connaissent sous le nom de Jay ou JayWood. Je viens de Winnipeg, au Manitoba, au Canada, mais je vis actuellement à Montréal. Je fais de la musique et je crée des choses.
Quel est ton parcours ?Mes deux parents viennent du Guyana, dans les Caraïbes.
Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?Il y a beaucoup d’idées différentes qui s’y croisent — c’est à la fois fun et parfois complexe. Ce n’est peut-être pas au goût de tout le monde, mais je pense qu’il y a toujours un petit quelque chose pour chacun·e.
Quelles sont tes inspirations ?Littéralement tout. Les films, les couleurs, la danse, la musique, la nature. J’essaie de puiser dans tout ce que je peux percevoir, et même dans ce que je ne comprends pas — tout ce qui touche au mystique ou au cosmique. J’adore la création, alors peu importe comment l’inspiration me trouve, je lui suis reconnaissant.
Petite parenthèse : beaucoup d’idées me viennent en rêve, ce qui en dit déjà long.
Quelle est ta playlist du moment ?En ce moment, j’écoute surtout de la soul des années 70 et 80, avec quelques morceaux de R&B des années 2000 pour équilibrer le tout !
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Je fais un excellent riz à la noix de coco — je l’ai préparé plusieurs fois pour des ami·e·s et j’ai reçu des critiques dithyrambiques. On m’a aussi dit que je faisais le meilleur chili !
Quels sont tes projets à venir ?Je viens tout juste de sortir mon troisième album, LEO NEGRO, le 5 septembre, donc il est encore tout frais et commence à circuler. Je ne devrais probablement pas parler d’autre chose pour l’instant.
Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?J’ai un boulot de facteur à côté. Apparemment, beaucoup de gens trouvent ça fascinant — c’est un peu le genre de métier auquel tout le monde a déjà pensé un jour. À part ça, je suis plutôt sportif de nature : je joue régulièrement au volley, je fais de l’escalade, du tennis, du baseball, et je me déplace partout à vélo.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Tout dépendrait du type d’expérience qu’on pourrait avoir, haha — c’est une question difficile ! Je dirais peut-être Donald Glover ? Il touche à tellement de domaines différents, ce serait génial de voir comment il arrive à tout équilibrer, et d’avoir un aperçu d’un artiste que j’admire vraiment. C’est toujours un peu angoissant de rencontrer quelqu’un qu’on respecte — imagine s’il est décevant et brise ton image de lui ? Mais je prendrais le risque, juste pour vivre l’expérience. Ce serait vraiment trop cool.
Un dernier mot ou conseil ?Encourage tes ami·e·s, sois bienveillant·e envers toi-même et n’hésite pas à demander de l’aide si tu en as besoin. Tout ça fait de toi une personne encore plus stylée.
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octobre 29, 2025J’ai écouté Stream par Stream tard, un soir où tout semblait au ralenti — les lumières de la ville, les pensées, les respirations. Et dans cette lenteur, Elias B4C m’est apparu comme un de ces artistes qui ne courent pas après la hype, mais après la justesse. Son morceau ressemble à une confession lucide au milieu du vacarme, un autoportrait peint à la main, sans fioritures, sans vernis, mais avec cette précision rare du type qui a tout appris seul.
On sent d’emblée la maîtrise d’un artisan. Le son est ciselé, net, presque clinique dans son équilibre. Une boucle minimaliste, un beat rond et chaud, un flow à mi-chemin entre la lassitude et la clarté. Elias ne joue pas les héros : il raconte, il aligne les fragments d’une route faite d’essais, de solitude, de discipline. Ce n’est pas un rap de posture, mais un rap de processus — celui d’un autodidacte qui a transformé le doute en méthode.
Ce qui frappe dans ce titre, c’est le rapport au temps. Dans un monde d’instantané, Elias impose le rythme de la construction. Le morceau respire comme un marathon, pas un sprint. On y entend la patience de celui qui s’est formé en regardant des tutos, en mixant ses propres sons, en se trompant pour mieux recommencer. Stream par Stream n’est pas une métaphore — c’est un manifeste. La victoire lente sur le vide numérique.
Son flow, précis et sans excès, évoque ces voix qui ne crient pas mais qui pèsent. Chaque mot tombe comme un pas sûr sur un sol encore fragile. Il y a quelque chose d’éminemment humain dans cette retenue : un refus de la surenchère, une manière élégante de dire qu’on avance malgré tout, qu’on bâtit pierre par pierre.
Originaire de Guyane, installé à Toulouse, Elias porte dans son timbre cette double tension : la moiteur du Sud et la rigueur de l’ombre. Sa musique sonne comme un pont entre la chaleur d’un souvenir et le froid d’un monde digital où tout s’évalue en chiffres. Et pourtant, au cœur de cette économie de l’attention, Stream par Stream devient un geste de résistance : celui de l’artiste qui choisit la constance plutôt que l’éclat.
Ce morceau, c’est un regard en miroir sur toute une génération d’indépendants. Ceux qui font tout seuls, qui galèrent, qui comptent leurs écoutes comme d’autres compteraient les battements d’un cœur. Elias B4C ne fait pas du rap pour séduire, il en fait pour survivre à la vitesse du monde. Et dans son calme, dans sa précision, dans cette lumière douce qu’il allume mot après mot, il rappelle que la grandeur n’a pas besoin de bruit — juste de constance.
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octobre 27, 2025Frankie Valentino débarque comme un coup de foudre dans la nuit glaciale de Toronto. Jesus Piece est un éclat doré dans le béton — le genre de track où l’ego devient art et la foi, un accessoire de mode inversé. Elle ne prie pas, elle proclame. Et derrière chaque punchline, on entend le claquement des talons sur le pavé, le bruit d’une ville qui lui appartient déjà.
Le beat, minimal et massif, tape sec — un trap ciselé, glacé, avec des basses abyssales qui roulent comme une voiture de luxe à pleine vitesse sur Queen Street. Rien d’ostentatoire : tout est calibré, précis, chirurgical. Le genre de production où la moindre respiration devient un statement. Et Frankie, avec ce flow venimeux, y glisse sa voix comme une lame sur du velours. Son timbre oscille entre arrogance divine et flegme étudié, une équation à mi-chemin entre Nicki Minaj, Doja Cat et un fantôme de Drake en pleine réincarnation féminine.
Mais ce qui fait la différence, c’est l’écriture. Sous les allures de trap anthem, Jesus Piece parle de survie, de désir, de domination symbolique. Ce bijou religieux, détourné en talisman de puissance, devient le symbole d’une féminité affranchie — celle qui ne demande pas la bénédiction, mais la prend. Frankie Valentino joue sur la frontière entre sacré et profane, entre glamour et menace. Elle transforme la croyance en confidence, l’ornement en manifeste.
Son univers, c’est celui des grandes reines contemporaines du rap : visuel, théâtral, sans compromis. Mais Frankie injecte une mélancolie froide dans sa vantardise, comme si derrière les vers lustrés se cachait une enfant du Nord, lucide, fatiguée de devoir prouver qu’elle mérite le trône. Dans Jesus Piece, elle se crée une mythologie à son image — torontoise, futuriste, redoutable.
Chaque mot frappe comme une gifle, chaque silence pèse comme une menace. Et pourtant, tout respire le contrôle. Frankie ne cherche pas à séduire, elle s’impose. Le charisme est organique, la confiance brutale, la présence totale.
Jesus Piece est un morceau qui brille dans l’ombre : une ode à la foi en soi quand tout le reste vacille, un ex-voto serti de basses et d’attitude. Frankie Valentino signe ici plus qu’un banger : une déclaration de règne. Toronto a trouvé sa reine, et elle n’a pas besoin de couronne — juste d’un micro et d’un reflet doré dans le chrome de sa propre légende.
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octobre 27, 2025Le hip-hop, le vrai, n’a jamais disparu. Il s’est simplement replié dans les caves, les coins de bar, les recoins du net où l’on parle encore de rimes comme d’un art sacré. Avec PEN GAME, Psych Major et Ghost Da Lyrical rallument cette flamme ancienne — celle du boom-bap new-yorkais, brut, granuleux, mais précis comme une chirurgie à l’encre noire. Ce morceau n’est pas une simple démonstration technique : c’est une invocation, un exorcisme du rap lui-même, ramené à sa pure essence — le mot, la phrase, le souffle.
Psych Major, producteur vétéran aux doigts tâchés de vinyle, fait ici ce qu’il sait faire de mieux : bâtir une atmosphère dense, inquiétante, presque cinématographique. Le beat claque comme une porte de sous-sol, les samples grincent comme des spectres, et chaque snare semble trancher l’air. Il y a du Mobb Deep dans la texture, du Griselda dans la posture, mais surtout une identité : celle d’un artisan du son, un ouvrier du verbe qui taille sa matière première à la main, sans effet, sans triche.
Ghost Da Lyrical, lui, entre comme un prêtre possédé. Sa voix, rauque et nerveuse, traverse le morceau comme une confession armée. Pas de pose, pas d’ego creux — juste des punchlines trempées dans le vécu, des métaphores qui sentent la poussière des rues et la fatigue des années à tenir la plume quand tout s’effondre autour. Son flow épouse la production avec une intelligence rare, jouant sur les silences, sur le rebond du beat, sur l’intensité du souffle. On ne l’écoute pas, on le suit, on le croit.
Ce duo fonctionne parce qu’il respire la même obsession : celle de la discipline. Dans un monde où le rap s’est trop souvent vidé de son fond pour briller sur la forme, PEN GAME revendique l’exact inverse. C’est une ode à la patience, à la précision, au travail acharné — à cette école invisible où chaque mot doit mériter sa place. Le titre n’est pas une vantardise, c’est une déclaration de guerre : ici, la plume est une arme, et chaque mesure, une preuve de survie.
Techniquement, le morceau impressionne par sa simplicité trompeuse. Aucun effet superflu, aucune complaisance : juste du groove, du grain, et cette tension constante entre rage et lucidité. On sent que Psych Major compose en pensant au rap comme à une architecture — chaque sample a un poids, chaque ligne une colonne vertébrale.
PEN GAME sonne comme un rappel salutaire : le hip-hop n’est pas mort, il médite. Il s’est retiré des podiums pour redevenir ce qu’il a toujours été — un art du réel, du verbe taillé au couteau. Psych Major et Ghost Da Lyrical rappellent ici que la vraie puissance du rap ne réside ni dans le bruit ni dans la mode, mais dans la précision de la phrase, la sueur du stylo, et cette flamme qui brûle encore, loin du clinquant.
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octobre 27, 2025Il y a dans Composure quelque chose d’une respiration retenue. Un calme étrange, presque suspendu, comme si Samooo avait trouvé la formule pour transformer le tumulte intérieur en apesanteur sonore. Ce n’est pas une chanson de victoire ni de chute, mais d’équilibre — ce moment rare où l’on ne fuit plus la vie, où on la regarde en face, lentement, avec la lucidité d’un type qui a trop vu pour paniquer encore.
Dès les premières secondes, la production s’installe avec une élégance feutrée : une boucle mélodique qui flotte entre R&B digital et trap minimaliste, des basses douces qui battent au rythme d’un cœur apaisé, et cet autotune cristallin qui n’efface rien de la vulnérabilité de la voix, au contraire. Samooo ne se cache pas derrière l’effet : il s’en sert comme d’un voile translucide, un filtre émotionnel à travers lequel la sincérité passe intacte.
Le morceau, profondément introspectif, parle de maîtrise, mais c’est une maîtrise fragile. Celle qu’on construit en trébuchant, en recommençant, en respirant fort avant de répondre au monde. Samooo y murmure une forme de foi tranquille — la foi en soi, en l’avenir, en cette musique qui semble être son seul ancrage. Dans son univers, la confiance n’est pas un cri de guerre, mais un mantra discret.
Ce qui séduit ici, c’est la retenue. Là où d’autres artistes saturent le son pour exprimer la force, Samooo la suggère. Chaque silence, chaque respiration, chaque reverb compte. On pense à Drake dans ses moments les plus introspectifs, à Bryson Tiller pour la clarté du flow, mais Samooo a cette touche torontoise bien à lui : une froideur élégante, une douleur contenue, un groove qui glisse comme une larme sur du chrome.
Composure est un morceau de survie émotionnelle, mais tout en nuances. Ce n’est pas le récit d’un homme debout malgré tout, mais d’un homme debout grâce à tout. Une sorte de thérapie en slow motion, portée par une production sobre et une interprétation presque cinématographique.
Dans un monde où la trap s’agite et où le R&B s’étiole parfois dans l’artifice, Samooo choisit la ligne fine : celle du juste milieu, du vrai, du calme qui précède la renaissance. Composure n’est pas là pour impressionner. Il est là pour durer — exactement comme la sérénité à laquelle il rend hommage.
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octobre 27, 2025Le titre trompe. Real Gangsters n’a rien d’un hymne à la testostérone ou d’un pastiche bling. C’est une fable postmoderne, écrite à la frontière entre la rue et l’écran, entre la punchline et la poésie. popandpropaganda s’y balade comme un cinéaste du chaos, capturant des fragments de notre époque avec la précision d’un photographe de guerre et le sarcasme d’un poète sous caféine.
Le morceau avance sur un beat bancal, volontairement sale, presque claudiquant — un rythme qui évoque la démarche d’un type trop lucide pour encore marcher droit. Les basses ne cherchent pas à plaire, elles grattent, elles dérangent, elles rappellent que le hip-hop alternatif, dans sa forme la plus brute, n’a jamais été un exercice de style mais un miroir fissuré du réel.
Ce qui fascine, c’est la voix. Elle n’est ni outrageusement rageuse ni lissée par l’autotune : elle raconte, elle constate, elle s’amuse. popandpropaganda ne rappe pas pour prouver quoi que ce soit, mais pour déminer une idée — celle, usée, du “gangster” en tant qu’icône. Chez lui, les vrais gangsters sont ceux qui survivent à la fatigue, aux algorithmes, à la routine, à la surinformation. Ceux qui continuent à ressentir dans un monde qui s’anesthésie.
L’écriture est à la fois nerveuse et consciente. Elle alterne entre ironie et gravité, entre désillusion et distance. On entend des échos de The Streets, d’Open Mike Eagle ou de JPEGMAFIA, mais popandpropaganda garde une identité propre : celle d’un artiste qui a compris que l’insolence n’a de valeur que si elle s’accompagne d’un regard lucide.
Techniquement, la production est d’une intelligence rare. Chaque son semble avoir été posé pour créer une tension — le groove ne repose pas sur la puissance, mais sur la nervosité. C’est du hip-hop qui pense, du hip-hop qui s’écoute dans un casque, pas dans une boîte. On sent cette esthétique DIY, cet amour du son imparfait mais vivant, à mille lieues des formats calibrés pour TikTok.
Real Gangsters n’est pas un banger, c’est un manifeste. Un morceau qui pose la question essentielle : qu’est-ce qu’être “réel” dans un monde saturé de façades ? popandpropaganda n’y répond pas frontalement — il laisse le doute s’installer, le silence après la dernière mesure faire le reste.
Et peut-être que c’est ça, au fond, le vrai gangster move : oser être sincère quand tout le monde joue un rôle.
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octobre 27, 2025C’est un titre qui ne se pose jamais. Call Me Jump Man bondit, glisse, rebondit sur ses propres basses comme un ballon échappé d’un playground californien. BluntBrad Jr, lui, flotte au-dessus du beat avec l’assurance d’un type qui n’a plus rien à prouver, mais tout à ressentir. Sa trap ne cherche pas la violence ni la surenchère : elle s’élève, aérienne, presque suspendue, entre égotrip et confession feutrée.
Ce qui frappe d’abord, c’est la fluidité. Le flow se déploie sans friction, entre chant et rap, à mi-chemin entre un Post Malone sous éclipse et un Russ en pleine introspection. BluntBrad Jr ne découpe pas les syllabes, il les caresse. Sa voix, légèrement autotunée mais jamais désincarnée, agit comme une texture — un instrument à part entière, qui épouse la production dans un mélange de sensualité et de détachement. Il joue de cette ambiguïté : l’assurance du “Jump Man” et la mélancolie du type qui, derrière le succès, cherche encore la gravité.
La production, elle, oscille entre trap et R&B futuriste. Un beat chirurgical, précis, mais jamais froid. Les kicks frappent net, les hi-hats fusent comme des éclairs, tandis que les nappes synthétiques adoucissent les angles, créant ce climat cotonneux propre aux productions de la côte ouest. Ce contraste entre intensité et flottement donne au morceau une tension presque cinématographique — on imagine la scène : le crépuscule, la ville en contrebas, et BluntBrad Jr qui médite sur son propre vertige.
Mais là où Call Me Jump Man se distingue vraiment, c’est dans son esthétique émotionnelle. La trap, ici, devient introspective, presque spirituelle. Il n’y a pas de rage à dominer le monde, juste cette pulsion de continuer à avancer, à bondir toujours plus haut, même quand la gravité tire fort. C’est un hymne discret à la persévérance, un autoportrait d’artiste qui transforme le quotidien en fable sonore.
BluntBrad Jr fait partie de cette génération d’artistes qui réconcilient le flow et la fragilité, le succès et la solitude. Call Me Jump Man n’est pas qu’un morceau : c’est une attitude, un instant suspendu entre le ciel et la rue. Une trap qui ne s’écoute pas seulement fort — elle s’écoute libre.
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octobre 27, 2025Bettina ne rappe pas, elle ricane. Kim Possible est moins une chanson qu’un statement : celui d’une génération de femmes qui n’attendent plus d’être validées pour se proclamer invincibles. Ici, la pop devient arme, la trap devient miroir, et l’héroïne Disney du titre se transforme en archétype d’empowerment post-ironie. L’idée ? Mélanger la culture cartoon et le cynisme urbain pour accoucher d’une figure nouvelle : la fille douce qui sait mordre.
Dès les premières secondes, le beat s’impose — sec, claquant, saturé comme une vitre après l’orage. Il y a cette texture typique du hip-hop britannique : un mélange de froideur et de groove, d’assurance et de menace. Bettina entre en scène avec un ton feutré, presque trop calme, comme si elle se moquait déjà de l’idée même de devoir hausser la voix pour être crainte. Son flow n’explose pas, il rampe — venimeux, précis, drapé d’un sarcasme délicieux.
Ce qui rend Kim Possible si captivant, c’est cette ambivalence entre glamour et danger. Bettina écrit comme on brandit un miroir : ses mots renvoient à la fois l’image des “girlies” qu’elle célèbre et celle de la société qui les consomme. Son univers est saturé de néons, de clubs et de vengeance élégante. Elle s’adresse aux femmes qui sortent maquillées comme des guerrières, aux garçons qui rient nerveusement sans comprendre la moitié des codes qu’elles manipulent.
Musicalement, la prod navigue entre dark pop et trap éthérée, avec cette sophistication propre aux artistes qui savent s’arrêter juste avant la caricature. On pense à Ashnikko, à Bree Runway, à Doja Cat dans ses moments les plus cruels — mais Bettina y ajoute une nonchalance presque britannique, une distance qui rend tout plus percutant. Elle joue avec la rime comme avec une lame : un coup de langue, un sourire, et le monde brûle.
Sous ses airs de morceau “workout”, Kim Possible cache une satire brillante du féminisme pop actuel. Bettina s’amuse des slogans d’empowerment, les tord, les rend personnels, viscéraux. Ce n’est pas un hymne : c’est une mise en garde. À chaque refrain, elle se transforme en superhéroïne pour mieux nous rappeler qu’elle n’en est pas une — juste une fille qui s’est fabriqué sa propre armure dans un monde qui la voulait docile.
Et quand le morceau s’éteint, on reste suspendu à ce silence, le sourire en coin, un peu comme après une victoire intime. Bettina ne sauve pas le monde — elle le ridiculise, lentement, en talons aiguilles.
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octobre 27, 2025On n’écrit jamais aussi bien que lorsqu’on est blessé. ANTH, lui, en a fait une arme pop. I Hate You naît dans la poussière d’une trahison — une ex infidèle, une rancune tenace — mais ce qui frappe, c’est la manière dont il transforme cette douleur en quelque chose de lumineux, presque jouissif. C’est une chanson de rupture qui danse sur ses ruines, un règlement de comptes chanté avec le sourire en coin, façon “tu m’as détruit, mais je passe à la radio quand même”.
Le morceau s’ouvre sur un piano triste, faussement innocent, avant que la batterie n’entre comme un uppercut. L’énergie rappelle les débuts d’Eminem, ce rap blanc chargé de sarcasme et d’autodérision, mais ANTH déjoue le cliché : il ne crache pas sa rage, il la met en scène. Chaque punchline est calibrée pour le plaisir d’écoute, chaque flow découle avec la précision d’un artiste qui sait exactement ce qu’il fait. Le résultat est à la fois cru et addictif, rageur et radiophonique.
Ce qui distingue ANTH, c’est sa maîtrise de la dualité : il a l’arrogance du rappeur et la fragilité du chanteur pop. Ses couplets frappent sec, mais ses refrains s’ouvrent comme une confession. L’autotune n’est pas un cache, mais une texture : elle adoucit la colère, la rend mélodique, presque romantique. Ce paradoxe — haïr quelqu’un en le chantant comme si on l’aimait encore — donne au morceau toute sa force émotionnelle.
Sous les apparences d’un banger viral, I Hate You cache une réflexion sur la vulnérabilité masculine et la mise en scène des sentiments dans la culture pop actuelle. ANTH parle autant à ses ex qu’à ses 3 millions de followers : il fabrique un lien entre la blessure intime et le spectacle collectif, entre l’ego et la confession. C’est là que sa musique prend toute sa dimension : il sait que la sincérité seule ne suffit plus, qu’il faut la rendre performative, addictive, consommable.
Mais au fond, derrière la punchline et la production millimétrée, ce qu’on entend, c’est un cœur qui bat trop fort. I Hate You n’est pas une chanson de haine : c’est une chanson de survie. Celle d’un artiste qui transforme le chagrin en style, la rancune en rythme, la rupture en hit. Et si la vengeance est un plat qui se mange froid, ANTH, lui, la sert sur un beat brûlant.
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octobre 27, 2025Elle rappe comme on respire dans l’altitude — vite, fort, sans filet. Dans Geographically Greedy, CLANDESTINA fait du voyage non pas un décor, mais une dépendance, une ivresse vitale. Ce n’est pas une carte du monde qu’elle déroule, mais une carte intérieure : celle d’une femme qui refuse les frontières, qui se nourrit du déplacement comme d’une preuve d’existence.
Dès les premières secondes, la production hypnotise. Le beat s’ancre sur un motif oriental — percussions fines, nappes chaudes, presque mystiques — avant d’être éventré par une ligne de basse trap, dense, urbaine, charnelle. C’est un morceau de mouvement, mais pas celui d’un road trip en van : c’est celui d’une fuite vers soi-même, une course joyeuse à travers les continents et les contradictions. L’arabe et l’électronique, le club et le désert, la parole et le silence — tout s’entrechoque sans jamais se contredire.
CLANDESTINA manie la voix comme un instrument de liberté. Elle chuchote, débite, frappe, rit presque — comme si chaque mot portait le sel d’un souvenir. Son flow oscille entre la confession et la revendication : “geographically greedy” n’est pas une simple punchline, c’est un autoportrait. L’avidité n’est pas celle du capitalisme, mais celle du monde, du réel, du vivant. Chez elle, la gourmandise géographique devient politique : elle revendique le droit d’être multiple, mouvante, insaisissable.
Là où beaucoup de rappeuses jouent la force frontale, CLANDESTINA choisit la ruse, la sensualité, le mirage. Sa plume, fine et nonchalante, évoque une génération de femmes qui refusent la fixité — celles qui dansent à Marrakech, méditent à Oaxaca, tombent amoureuses à Berlin, et se retrouvent, un matin, dans le reflet d’un hublot.
Ce morceau, c’est un manifeste en talons poussiéreux : une bande-son pour toutes celles et ceux qui vivent entre deux fuseaux horaires, pour qui “chez soi” est un mot à conjuguer au pluriel. Et sous la surface hédoniste, il y a ce vertige doux-amer : celui de l’errance comme condition moderne, de la beauté qui se dilue à force d’être vue.
Geographically Greedy ne parle pas de fuite, mais de soif. C’est un titre incandescent, chargé de sable et d’écho, où CLANDESTINA transforme la route en religion et la liberté en groove. Un titre qui donne envie de tout quitter, juste pour voir si, quelque part, le monde groove un peu mieux.
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octobre 26, 2025J’écoutais Take Me Home en regardant les lampadaires se refléter sur une vitre sale, quelque part entre le réel et le souvenir. Il y a dans ce morceau quelque chose qui colle à la peau, une moiteur familière, comme une nuit qu’on n’a pas vraiment dormie. C’est un titre qui ne cherche pas à impressionner, mais à hanter. Une mélodie suspendue entre deux respirations, comme si le temps lui-même hésitait à continuer.
Sully Beatz ne produit pas un beat, il construit une atmosphère. Son travail ici relève plus du cinéma que du studio : chaque nappe synthétique semble se dissoudre dans un halo bleuté, chaque kick atterrit avec la retenue d’un cœur qui bat trop lentement. Il ne s’agit pas de trap ou de pop-rap, mais d’un espace intermédiaire, un “no man’s land” entre la gravité du sol et la dérive du ciel. Le son flotte, léger mais chargé d’une tension sourde.
Sur cette architecture brumeuse, WindowBandito se déverse comme une pensée qui déborde. Son flow a la précision d’un aveu, pas celle d’un exercice. Il parle avec ses failles, comme si chaque syllabe était une expiration de trop. Il ne cherche pas à convaincre : il existe, et c’est déjà bouleversant. Sa voix, traversée de doutes, d’une douceur presque maladroite, dessine les contours d’une fragilité assumée. Elle a ce grain de sincérité qu’on reconnaît immédiatement — celui des artistes qui ne prétendent rien d’autre que survivre à leurs propres émotions.
Ce qui me frappe dans Take Me Home, c’est son refus du spectaculaire. C’est un morceau qui s’en fout des refrains accrocheurs et des structures polies. Il avance comme une confession au ralenti, porté par une pudeur rare dans le rap contemporain. Ce n’est pas une chanson pour la fête ni pour la peine — c’est pour cet entre-deux, cette zone grise où l’on se parle à soi-même en attendant que quelque chose change.
La force du duo tient dans ce qu’ils ne disent pas. Dans les silences, dans les respirations. Dans cette façon qu’a Sully Beatz de laisser traîner les sons comme des pensées inachevées, et celle de WindowBandito d’y marcher pieds nus. Take Me Home devient ainsi un hymne discret à la vulnérabilité moderne — celle des écrans allumés à 3h du matin, des espoirs qui tournent en boucle, des âmes qui errent mais ne renoncent pas.
Un morceau comme un songe éveillé, un souvenir en suspens. Un rap qui ne crie pas, mais qui comprend.
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octobre 26, 2025Sous le soleil doré du Brunch, Khern$ et SMOOTHDAWOLF dressent une fresque de leur propre élégance, quelque part entre la désinvolture du luxe et la lucidité des lendemains. Deux titres, deux humeurs, deux reflets d’un même miroir : celui d’artistes qui ont compris que la réussite n’a de sens que si elle garde son tempo — lent, précis, confiant. Bottomless Mimosas et Show Off ne sont pas des morceaux faits pour briller dans le vacarme : ils se dégustent comme des bulles d’ivresse lente, à la frontière entre l’excès et la réflexion.
Sur Bottomless Mimosas, la chimie entre Khern$ et SMOOTHDAWOLF est immédiate — fluide, naturelle, presque cinématographique. Le titre capture cette heure étrange du brunch, quand la lumière traverse les verres et que les conversations deviennent vérité. SMOOTHDAWOLF installe une production soyeuse, où la basse s’enroule autour des voix comme un velours sonore. C’est à la fois luxueux et familier : un groove de fin de matinée, porté par une écriture qui observe le monde avec un détachement feutré. Khern$ y glisse ses mots comme des bulles de champagne — précis, assurés, un brin ironiques. On entend derrière le sourire la conscience d’un homme qui savoure sans jamais se griser.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1y5ZHQkMQNJlHOU4MY5CfK?si=7efe05d378dd4efd
Show Off, lui, prend une autre teinte. Plus introspectif, presque sentimental, le morceau montre une autre facette du duo. Là où Bottomless Mimosas brillait par sa nonchalance, celui-ci touche par sa sincérité. Les harmonies féminines en arrière-plan donnent à la voix de Khern$ une profondeur nouvelle, un équilibre entre assurance et vulnérabilité. SMOOTHDAWOLF, en orfèvre du détail, déploie une production limpide : piano en suspension, percussions contenues, souffle d’espace. Ce n’est plus la fête, c’est le lendemain, celui où l’on se regarde dans le miroir et où l’on se parle enfin sans filtre.
Ensemble, Khern$ et SMOOTHDAWOLF créent un univers cohérent, raffiné, presque narratif. Brunch n’est pas seulement un projet de rap — c’est un rituel, une philosophie du rythme et du plaisir. L’un incarne le verbe, l’autre la texture : deux voix, deux sensibilités, qui se répondent comme un toast parfaitement équilibré entre audace et apaisement.
Dans un monde saturé d’agitation, Khern$ et SMOOTHDAWOLF rappellent que la vraie puissance réside dans le contrôle. Et qu’au fond, la plus belle provocation, c’est peut-être de ne jamais perdre son calme, même quand tout brûle autour.
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octobre 26, 2025Il y a dans Trap-A-Lot (DMV) quelque chose de viscéral, de brut, de terriblement ancré. Pas cette trap aseptisée qu’on aligne sur des playlists de gym, mais une matière vivante, granuleuse, où chaque 808 transpire le vécu, la rue, la fraternité. DeUce Double, alias Mr. 40. Watt, y convoque plus qu’un son : il exhume une géographie intime, celle du DMV (District of Columbia, Maryland, Virginia), territoire à la fois mythifié et marginalisé, où les beats servent autant de mémoire que d’arme.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/2f5AYefinu4jHijWPHvml2
Le morceau s’ouvre sur un beat massif, taillé dans l’ombre, avec cette respiration métallique qui évoque les parkings vides, les soirs humides où les phares glissent sur le bitume. Dès que la voix de DeUce entre, tout devient cinématique : la diction est précise, le ton, affirmé sans être arrogant. Il ne performe pas, il témoigne. On sent la maîtrise du vétéran, ce flow qui ne court pas après la mode, mais s’impose par sa droiture. K.B. arrive en écho, avec une énergie plus vive, plus nerveuse, comme une réminiscence d’enfance qui se faufile dans le présent. Le duo fonctionne à merveille, oscillant entre nostalgie et détermination, entre loyauté et survie.
Le titre est moins un banger qu’un manifeste : une lettre adressée à la ville, à ses codes, à ses fantômes. La production, signée DeUce lui-même, évite la saturation ; elle préfère les lignes nettes, les basses tendues, un tempo mid qui laisse respirer les mots. L’ensemble évoque une trap consciente, dénuée de vernis, où l’on entend encore l’humain derrière la machine.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité du geste. Trap-A-Lot (DMV) n’est pas un exercice de style, mais une restitution — celle d’une amitié, d’un quartier, d’une époque. Quand DeUce raconte cette collaboration née d’une rencontre d’enfance, on comprend que tout, ici, parle d’héritage : la transmission, la persistance, la fidélité.
Dans un monde musical où la trap se digitalise jusqu’à l’oubli, DeUce Double et K.B. ramènent l’organique, la chair et l’âme. Ils rappellent que le hip-hop n’est pas qu’un décor sonore, mais un document vivant. Trap-A-Lot (DMV), c’est la mémoire du goudron qui parle — avec ses coups, ses rêves et ses cicatrices. Une leçon d’humilité et d’authenticité, gravée dans le tempo lent d’un beat qui refuse de s’éteindre.
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octobre 26, 2025Il y a dans La Carte De Amor une douceur inattendue, presque désarmante. RuggAmore, vétéran du mic et âme forgée dans les ruelles de Philadelphie, revient avec un titre qui ne cherche ni la gloire ni le clash — mais la rédemption. À une époque où le rap tend souvent à se draper d’ego, d’artifice et de cynisme, il choisit l’amour comme terrain de vérité. Et ce choix, à lui seul, est un geste radical.
Le morceau s’ouvre sur une boucle chaude, patinée, quelque part entre un sample soul des années 70 et la brume d’un coucher de soleil sur la côte ouest. Le beat respire, fluide, presque organique. On y sent cette école du boom-bap qui refuse de mourir — non pas par nostalgie, mais par fidélité à une idée du hip-hop comme confession, comme art de dire l’essentiel sans posture.
RuggAmore y déroule une lettre d’amour adressée “aux femmes de sa vie et du monde”, comme il le dit lui-même. Mais ce n’est pas une ode romantique au sens classique — c’est un plaidoyer. Entre chaque rime, il dénonce une génération d’hommes qui ont confondu admiration et possession, qui ont transformé la tendresse en opportunité. La voix, grave et éraillée, ne cherche pas la performance : elle raconte, elle avoue, elle guérit. C’est cette sincérité, presque maladroite par moments, qui bouleverse.
Le flow, posé et métronomique, évoque le spoken word autant que le rap old-school : chaque mot est pesé, chaque silence compte. La production, quant à elle, joue avec les contrastes — des nappes feutrées contre un kick sec, des chœurs fantomatiques comme un souvenir. On pourrait croire que tout cela tient du classicisme, mais c’est justement dans cette retenue que réside la puissance du morceau.
La Carte De Amor n’est pas un single taillé pour les playlists : c’est une missive intime, un acte de foi. RuggAmore ne cherche pas à séduire, il cherche à réparer. Il rend à la femme — muse, mère, amante, amie — sa place au centre du récit, là où le hip-hop l’avait parfois reléguée à la marge.
On sort du morceau avec la sensation étrange d’avoir écouté un cœur parler en direct, sans filtre, sans stratégie. Et dans ce murmure, dans cette façon de dire “je t’aime” en se tenant droit, il y a tout ce que le rap a de plus noble : la parole comme offrande, le beat comme vérité. RuggAmore signe ici un retour sincère et lumineux — un homme face à ses blessures, choisissant l’amour comme seule arme encore valable.
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octobre 24, 2025Sous ses airs tranquilles et feutrés, Killer 7 brûle lentement. C’est une braise dissimulée sous la cendre du lo-fi, un battement de cœur mécanique qui persiste dans un monde trop saturé pour encore écouter. TheMansNigel signe ici une pièce instrumentale à la fois introspective et corrosive, un brouillard sonore où le calme n’est qu’une façade. Derrière les filtres et la patine du vinyle, quelque chose gronde — un malaise discret, une lucidité trop lourde pour être dite autrement qu’en musique.
Le morceau s’ouvre comme une allumette : un beat minimaliste, sec mais velouté, suivi d’une basse ronde qui serpente dans les interstices du silence. Le grain du son évoque cette nostalgie postmoderne propre aux producteurs lo-fi : celle d’un passé qu’on n’a jamais vécu, d’une époque fantasmée où les machines respiraient encore. Mais ici, rien de naïf — Killer 7 a la précision d’un tir, la mélancolie d’un monde en ruine contemplé depuis un canapé usé.
Avec Neph à ses côtés, TheMansNigel compose une tension étrange, quasi cinématographique : le morceau avance sans éclat, sans montée, mais avec une lenteur volontaire, comme s’il refusait le spectaculaire pour mieux laisser infuser la paranoïa. On pense à Madlib pour la désinvolture du groove, à Flying Lotus pour la densité des textures, ou même à Burial pour ce sentiment de solitude électrique — cette impression d’écouter une radio pirate à la fin du monde.
Il y a dans Killer 7 une intelligence de l’espace rare. Chaque silence, chaque micro-décalage dans le tempo semble calculé pour désarmer l’auditeur. Rien n’est gratuit, tout respire — comme si la production elle-même portait une conscience. Les samples s’évanouissent dans un souffle, les kicks battent au ralenti, et la saturation douce agit comme un filtre entre soi et la réalité. On écoute, on plane, on se laisse happer — et soudain, on comprend : c’est une chanson politique qui n’a pas besoin de mots.
Dans ce titre enfumé, TheMansNigel contemple le chaos contemporain avec une élégance rare. Killer 7 n’est pas un pamphlet : c’est un rêve lucide, un beat pour les insoumis silencieux, une manière de dire que tout brûle — mais avec style.
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octobre 24, 2025Le monde de Joznez n’a pas de pause. C’est un moteur qui rugit en continu, un éclair dans le rétroviseur d’une époque où personne n’a le temps de respirer. Fast Life n’est pas seulement un titre, c’est une déclaration d’intention, un mode de survie pour ceux qui refusent de ralentir, même quand le bitume fond sous leurs pieds. Ce morceau, tendu comme un arc, est une montée d’adrénaline taillée pour les corps qui brûlent d’avance, les âmes insomniaques et les rêveurs obsédés par la ligne d’arrivée.
Tout ici respire la vitesse : les basses martèlent avec la précision d’un moteur allemand, les hi-hats s’emballent comme un tachymètre sous pression, et la voix, implacable, file sans jamais trébucher. Joznez a compris ce que peu de producteurs européens osent : la frénésie peut être belle, le chaos peut être géométrique. Sa production est une machine de précision, huilée, propre, mais avec juste assez de poussière pour sentir le vécu, la route, la fatigue qu’on ne dit pas.
Dans Fast Life, on entend cette urgence contemporaine — celle d’une génération qui confond souvent mouvement et progrès, mais qui continue d’avancer par peur de s’arrêter. La rythmique, nerveuse et épurée, capture cette tension permanente : entre ambition et épuisement, entre la conquête et la chute libre. Et sous la carapace de sonorités métalliques, une émotion presque tragique se faufile : celle d’un homme conscient que la vitesse n’efface pas le vide, mais qu’elle le rend supportable.
Ce morceau, calibré pour les nuits sans fin, les volants moites et les esprits en ébullition, évoque à la fois la rigueur allemande et la sueur du hip-hop américain. On pense à Metro Boomin pour la clarté du mix, à Kanye pour la démesure, mais Joznez conserve une patte unique : celle d’un producteur qui ne construit pas seulement des sons, mais des paysages cinétiques. C’est du cinéma en accéléré, un clip intérieur projeté dans les tempes.
Fast Life est un hymne à la course — pas seulement celle contre le temps, mais celle contre soi-même. Joznez y met en musique cette pulsion moderne d’être toujours « on », toujours « up », toujours prêt à redémarrer avant même d’avoir freiné. C’est violent, élégant, clinique et furieusement humain. Une chanson pour ceux qui, même à 200 km/h, continuent de douter — mais ne lèvent jamais le pied.
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octobre 24, 2025Un battement sec, des basses qui s’enfoncent comme des talons dans le bitume, et la voix de Sukihana qui tranche l’air avec l’assurance d’une femme qui ne demande jamais deux fois la permission. Rock, Paper, Scissors n’est pas un simple track hip-hop — c’est une joute, un jeu de pouvoir, une chorégraphie de désirs et de défis, où chaque mesure semble vouloir redessiner la hiérarchie des corps et des égos.
Misbehavior, en architecte du chaos, tisse un beat à la fois rugueux et sensuel, quelque part entre le boom-bap old-school et les textures trap les plus visqueuses. L’univers sonore s’y déploie comme une arène urbaine : un sample charbonneux qui grince sous la tension, des percussions épaisses, presque collantes, et une ligne de basse qui ne relâche jamais la pression. C’est la sueur du club et la rage des rues, condensées en un groove hypnotique, calibré pour la confrontation.
Sukihana, elle, surgit comme une lame — précise, insolente, pleine de feu. Son flow, mi-chanté mi-craché, oscille entre la provocation et la revendication : elle prend la lumière sans la demander, avec cette sensualité brutale qui fait partie intégrante de son art. On retrouve chez elle cette manière unique d’incarner le hip-hop féminin contemporain — pas en réponse au regard masculin, mais en déconstruction de ce regard. Elle détourne les codes du “bad bitch” pour en faire une arme de pouvoir, un miroir inversé qui renvoie le voyeur à sa propre faiblesse.
Ce morceau fonctionne comme une métaphore : Rock, Paper, Scissors — la pierre, les ciseaux, le papier — trois symboles de force, de tranchant, de stratégie. Sukihana y joue tous les rôles à la fois : la main qui frappe, la bouche qui désarme, l’intelligence qui enveloppe. Derrière la provocation, on perçoit la précision d’une artiste consciente de chaque effet, de chaque silence, de chaque éclat de voix.
Misbehavior, de son côté, n’enrobe rien : son mix est cru, compact, frontal. La production évite les effets de manche, préférant la densité d’un beat lourd et organique, presque viscéral. C’est un son qui respire la sueur et la confiance, un décor parfait pour la présence scénique de Sukihana, mi-impériale, mi-fantôme.
Rock, Paper, Scissors a cette manière rare de transformer le banal en rituel, le jeu en guerre. Derrière la pulsation, il y a une tension — celle de l’époque, celle d’une génération qui refuse de choisir entre sensualité et lucidité. Le titre claque comme un manifeste : dans cette partie-là, Sukihana ne joue pas pour gagner. Elle joue pour régner.
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octobre 24, 2025La première note de Come See What I Got agit comme une étincelle. Pas une explosion, non — plutôt une montée de lumière qui s’installe dans le corps avant même de se loger dans les oreilles. James Gardin entre en scène avec l’assurance d’un homme qui a traversé les tempêtes, mais qui choisit de danser sous la pluie. Il ne prêche pas le bonheur facile, il l’incarne, en rythme, en sourire, en basse qui claque.
Le morceau glisse comme une promenade au soleil sur une avenue du Midwest : funk dans les veines, flow tranquille, énergie contagieuse. La production signée K3lvin Kaos et IVO redonne des couleurs à un groove vintage, sans tomber dans la nostalgie stérile. Le funk est ici un langage universel, vibrant, qui s’unit au hip-hop moderne dans une communion joyeuse. On pense à Anderson .Paak pour la chaleur organique, à Chromeo pour la flamboyance, mais Gardin garde cette touche spirituelle, un quelque chose d’authentiquement humain, presque pastoral.
Ce que l’on sent surtout, c’est la confiance — pas celle du succès, mais celle de l’équilibre retrouvé. “Come see what I got”, dit-il comme une invitation à regarder ce qu’il reste quand on a tout donné, tout perdu, tout compris. Il y a dans cette phrase une sorte de renaissance douce : celle d’un homme qui ne cherche plus à convaincre, juste à partager la lumière qu’il a trouvée en chemin.
Le flow est limpide, presque parlé, mais toujours dans la poche. Gardin ne court pas après le beat : il le caresse, il l’accompagne, il lui répond. Chaque mesure respire l’expérience, la gratitude, le groove vécu comme une prière. C’est du rap qui sourit sans naïveté, qui groove sans se travestir, qui choisit la bienveillance comme arme de survie.
Come See What I Got n’est pas seulement une chanson — c’est une attitude. Celle d’un vétéran qui refuse le cynisme, qui transforme les cicatrices en swing. Un hymne solaire, taillé pour les jours où le monde semble trop gris, et où l’on a besoin qu’un homme, quelque part à Lansing, vienne nous rappeler que la joie, c’est aussi une discipline.
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octobre 24, 2025Le morceau s’ouvre comme une cigarette rallumée à la tombée du jour — ce moment où tout ralentit, où le bruit du monde s’éteint pour laisser place à la voix intérieure. Big Dese ne rappe pas : il médite à voix haute. Just Passin’ By n’est pas une punchline de plus dans un océan de bravade, c’est une ride introspective sur les ruines encore tièdes d’un rêve américain fissuré.
Mike Martinez, fidèle compagnon de route, lui tisse un décor de poussière dorée. Le beat respire le bitume — un sample suspendu dans le vide, des percussions lourdes comme le pas d’un homme fatigué de comprendre trop vite. Tout semble flotter entre deux époques : l’âge d’or du boom-bap, où chaque mesure pesait son poids de vérité, et la mélancolie contemporaine d’un monde saturé d’écrans et d’échos. Martinez a ce don rare de fabriquer des paysages : chaque boucle devient un horizon, chaque silence une vérité implicite.
Le flow de Dese, lui, n’appartient plus à la jeunesse — il appartient à l’expérience. Il ne cherche pas à briller, il cherche à dire. Sa diction est celle d’un conteur qui a cessé d’espérer convaincre, mais pas de transmettre. Chaque vers suinte la lucidité, cette manière presque désabusée d’admettre que rien ne change, que les hommes répètent les mêmes erreurs, que la violence du quotidien s’est simplement faite plus feutrée. Pourtant, au cœur de cette résignation tranquille, il y a une beauté presque stoïque : la conscience claire de “juste passer par là”, sans illusions mais avec dignité.
Ce morceau, c’est le blues du rappeur adulte. Celui qui ne croit plus à la rédemption par le succès, mais à la survie par l’art. Dese, avec sa voix rocailleuse, parle pour tous ceux qui continuent d’écrire dans le noir, sans attente, juste pour ne pas se taire. Just Passin’ By devient alors un manifeste discret, presque spirituel, sur l’art de traverser sans renier.
Ce n’est pas une nostalgie du passé, mais un constat d’équilibre : le hip-hop n’est plus une promesse, il est un héritage — celui des hommes qui, même usés, gardent la flamme allumée au creux de la voix. Chez Big Dese, cette flamme brûle basse, lente, mais inextinguible.
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octobre 24, 2025C’est une toile qui s’écoute plus qu’elle ne se contemple. Dali, premier jet sonore du collectif Pandemonium, surgit comme une hallucination collective : un hip-hop à plusieurs têtes, éclaté, libre, qui préfère rêver la réalité plutôt que la décrire. Le morceau ne suit pas les codes – il les tord, les fond, les transforme en matière mouvante. Comme un tableau de Salvador Dali, tout y fond, tout s’étire, tout respire dans une logique qui n’appartient qu’à ceux qui osent perdre pied.
Pandemonium invente un rap d’alchimistes. Le beat, d’abord, semble flotter dans une brume numérique : les percussions cognent sans jamais tomber sur le temps, des synthés abstraits s’enroulent comme des serpents autour des voix, et chaque mesure semble chercher sa propre gravité. Le flow, lui, se fait incantatoire, presque rituel. Pas de frime ni de posture : les mots deviennent pigments, les rimes surréalistes, des éclats de subconscient mis à nu.
Il y a dans Dali une manière rare de parler au cerveau sans oublier le corps. Le morceau avance comme une rêverie rythmique, à la fois spirituelle et organique, où le chaos devient cohérence. Les trois membres de Pandemonium – Maffmatix, Claire Ray et Charlton Banks – semblent rapper depuis un autre plan, entre la matière et l’idée. Leurs voix se croisent, se fondent, se contredisent parfois, comme si la vérité se trouvait justement dans cette collision.
L’univers visuel qui accompagne Dali achève de transformer l’expérience en rituel d’art total : un clip à mi-chemin entre voyage astral et musée en flammes, où Dali lui-même semble veiller sur le beat. Pandemonium ne rend pas hommage au maître du surréalisme – il dialogue avec lui, lui emprunte sa folie tranquille, son goût de la distorsion et du symbole.
Ce premier titre n’est pas seulement une entrée en matière : c’est une déclaration d’intention. Pandemonium ne veut pas “faire du hip-hop alternatif” — il veut ouvrir des portails. Dans Dali, le réel se fissure, les idées prennent chair, et la musique devient peinture en mouvement. Une expérience sensorielle, déroutante, d’une audace rare. On n’en ressort pas tout à fait pareil, et c’est précisément le but.
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octobre 24, 2025Sous le vernis des grosses productions et des refrains calibrés, il reste parfois des voix brutes, des récits qui sentent la poussière, la sueur et le béton chaud. Caught Up de Herc fait partie de ces morceaux qui rappellent pourquoi le gangsta rap a survécu à toutes les modes : parce qu’il est fait de vérité. Une vérité sans vernis, sans stratégie, juste la gravité d’un homme qui raconte sa vie comme elle vient — au rythme des sirènes et des coups du sort.
Herc ne rappe pas, il parle au couteau. Sa voix râpeuse découpe l’instrumental avec une précision presque nerveuse. Le beat, minimal et sale, semble sortir d’un garage où la basse cogne comme un moteur mal réglé. Chaque mesure résonne comme un battement de cœur sous tension. On est loin du luxe des clips en supercars — ici, tout sent le bitume, la fatigue et l’instinct de survie.
Mais Caught Up ne se résume pas à un simple retour au “real rap”. Ce morceau sonne comme une confession lucide, une méditation de rue. Herc n’enjolive pas sa trajectoire, il l’expose. Il parle de pièges, de loyauté abîmée, de ce moment où l’on se rend compte qu’on est pris dans la toile — caught up, justement — entre l’adrénaline du danger et le besoin de s’en sortir. Ce n’est pas un storytelling de façade, c’est le blues du bitume dans sa forme la plus nue.
Musicalement, le morceau va droit au but : pas d’effets inutiles, pas d’ornements. Une boucle sombre, une rythmique tendue, et cette voix — entre la confession et le cri. Herc n’a rien à prouver, et c’est précisément ce qui le rend crédible. Il rappe comme on respire, parce qu’il n’a plus le choix.
Dans un paysage saturé de faux bad boys et d’ego sous stéroïdes, Caught Up sonne comme une gifle froide : celle de la sincérité. Herc y incarne le retour du rap de rue qui ne cherche ni à plaire ni à briller — juste à dire. Et à sa manière, dans cette simplicité brûlante, il touche quelque chose de rare : la noblesse de la survie.
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octobre 24, 2025Écouter Type Shit d’Orrin, c’est comme traverser Times Square à 4h du matin sous acide : tout brille, tout sature, tout bouge trop vite — mais au milieu du vacarme numérique, il y a un cœur qui bat. Un vrai. Celui d’Orrin qui vogue entre rap et hyperpop. D’un coup, tout devient bleu électrique — les façades de Manhattan se liquéfient, les néons grincent, et une pulsation artificielle s’invite sous ta peau. Ce n’est plus une chanson, c’est une fièvre. Une montée d’adrénaline douce et toxique, où l’humain se dissout lentement dans le chrome et l’écho. Un cri sous auto-tune, une révolte travestie en mélodie.
La première écoute donne le vertige. Les basses frappent comme des battements de cœur amplifiés dans une cage de verre, les snares éclatent comme des flashs photo, et la voix d’Orrin, noyée dans l’auto-tune, flotte quelque part entre prière et provocation. On pense à un Playboi Carti pris dans une tempête d’émotions, à un Bryson Tiller sous morphine, à un The Weeknd cybernétique enfermé dans un simulateur de club. Le beat ne cherche pas l’efficacité : il cherche l’impact, le déséquilibre, la beauté qui naît du bug.
Ce qui fascine chez Orrin, c’est cette manière de transformer le chaos en cathédrale. Chaque son semble cassé, fissuré, mais jamais au hasard. Derrière la façade glitchée, il y a une architecture : une tension entre rage et mélancolie, entre désir et désillusion. C’est comme si le producteur mixait avec ses nerfs à vif. La distorsion devient sentiment, la compression devient souffle. Et quand la voix s’étire, robotique et fragile, c’est tout un monde intérieur qui s’effondre avec élégance.
Orrin est l’enfant maudit du futur : trop humain pour les machines, trop numérique pour les humains. Type Shit raconte exactement ça — le besoin d’exister dans un univers où tout est déjà filtré, modifié, compressé. Le morceau avance comme un rêve lucide : à la fois furieux et suspendu, urbain et cosmique. Ce n’est pas un banger, c’est une pulsation post-humaine.
Ce qui reste après l’écoute, ce n’est pas une mélodie, c’est une empreinte. Un écho dans le crâne, un pixel coincé dans le cœur. Orrin signe là un manifeste de survie générationnelle : faire danser ses démons, amplifier ses doutes, et transformer la solitude en lumière artificielle.
Type Shit n’est pas une chanson. C’est un glitch magnifique dans la matrice — une preuve que, même dans le vacarme du futur, il existe encore des voix qui saignent.
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octobre 24, 2025Une collaboration entre Blaqbonez et AJ Tracey, c’est un peu comme croiser la moiteur électrique de Lagos avec la grisaille luxuriante de l’Ouest londonien. Deux artistes taillés dans le chrome, forgés dans des réalités parallèles mais rythmées par la même urgence : exister avec style, dominer sans perdre le contrôle. Consistency n’est pas un simple featuring, c’est une collision élégante, calibrée, entre deux capitales du flow, deux manières d’habiter le beat — l’une solaire, rusée, charismatique ; l’autre précise, nerveuse, clinique.
Dès les premières secondes, le morceau s’installe avec un aplomb qui frôle l’arrogance : un groove limpide, des basses compactes, une production signée Telz et Kofo Sound qui vise juste — entre la légèreté d’un afro-fusion moderne et le tranchant urbain du grime. Le titre porte bien son nom : Consistency est une démonstration de rigueur, de contrôle absolu. Rien ne déborde, mais tout brûle. Blaqbonez déroule une écriture fluide, consciente, rythmée par un sens du timing que peu de rappeurs maîtrisent à ce niveau. Il joue avec les silences, s’accroche aux syncopes, prend l’espace avec cette nonchalance typiquement nigériane, celle des artistes qui n’ont plus rien à prouver, juste à affirmer qu’ils sont déjà là.
Puis AJ Tracey surgit, précis comme une lame. Sa diction, toujours millimétrée, injecte un contrepoint froid à la chaleur du beat. Là où Blaqbonez fait briller la voix, AJ densifie les mots — il enroule le morceau dans une tension plus british, plus pragmatique, presque minimaliste. Leur duo fonctionne parce qu’il ne cherche pas la fusion : il préfère le frottement. L’élégance de l’un renforce la bravoure de l’autre.
Sous ses apparences d’hymne club-friendly, Consistency cache en réalité un manifeste sur la longévité : le refus de s’essouffler dans un monde qui glorifie l’instantané. C’est une chanson sur l’endurance artistique, le muscle mental qu’il faut pour tenir face à la vitesse, à la hype, à la tentation de s’oublier. Là où d’autres prêchent le succès, Blaqbonez prône la discipline — et c’est peut-être ce qui le distingue dans cette nouvelle génération d’artistes africains, trop souvent formatés à l’éphémère.
Ce titre sonne comme une leçon donnée sans arrogance, un rappel que la constance est une arme silencieuse. Et quand deux voix venues de continents différents s’accordent sur cette vérité universelle, la musique prend une autre dimension : elle devient une conversation entre égaux. Consistency n’est pas juste un morceau, c’est un état d’esprit, sculpté dans le marbre du futur.
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octobre 24, 2025On pourrait croire que Icy Pristine parle de froid, mais c’est en réalité un morceau brûlant. Une brûlure sous la glace, une onde de chaleur prisonnière d’un bloc translucide. Molombo et Pyro signent ici une pièce d’orfèvrerie sonore, une prière digitale qui prend la forme d’un rap chanté où chaque mot se cristallise avant de fondre dans la réverbération. C’est de l’émotion tenue à distance, de la douleur polie à la perfection — le chagrin rendu luminescent.
Le morceau s’ouvre sur une guitare en suspension, comme un fil tendu entre le vide et la délivrance. Elle ne pleure pas, elle respire à travers des accords dissonants, presque fragiles. Puis vient la voix de Molombo : mi-nuage, mi-souffle, qui s’écrase doucement contre le beat comme un cœur au ralenti. Il ne cherche pas à dominer la rythmique, il s’y fond, s’y glisse, s’y dissout. Pyro, en écho, prolonge cette sensation d’apesanteur, ajoutant une dimension presque cinématographique au morceau — deux voix qui se croisent dans la nuit, deux solitudes qui se reconnaissent.
Ce qui frappe ici, c’est la manière dont Molombo réussit à rendre l’introspection pop sans la vider de son mystère. Là où beaucoup auraient surchargé, il épure. Son univers — déjà dessiné sur Hero OMW — trouve ici une clarté nouvelle : une écriture à la fois spirituelle et désenchantée, où le désarroi devient matière première. La rythmique trap, discrète mais nerveuse, pulse sous la surface comme un cœur qui refuse d’arrêter de battre.
Icy Pristine semble flotter dans cet entre-deux si typique de Molombo : ni tout à fait hip-hop, ni tout à fait pop, ni tout à fait réel. C’est une chanson qui vit dans un brouillard bleu, quelque part entre l’aube et le souvenir, là où les émotions n’ont plus besoin de s’expliquer. Le duo transforme la vulnérabilité en architecture sonore, et chaque silence devient un miroir.
On ressort de cette écoute comme d’un rêve au ralenti : un peu gelé, un peu apaisé, un peu hanté aussi. Molombo et Pyro ne cherchent pas la catharsis — ils observent la douleur à travers la glace, fascinés par sa beauté immobile. Icy Pristine ne veut pas réchauffer, il veut suspendre le temps, le rendre presque supportable. Et dans ce presque, il touche à quelque chose d’essentiel.
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octobre 24, 2025Un morceau comme une respiration. Hero OMW se déploie dans l’air comme un rêve lucide, fragile et tenace à la fois, où Molombo transforme le tumulte intérieur en élan vers la lumière. Ce n’est pas une chanson au sens classique, mais une trajectoire — une façon d’avancer dans la pénombre, tête levée, en cherchant le bon équilibre entre abandon et maîtrise. On y entre comme on glisse dans une eau tiède au crépuscule, sans savoir si l’on va nager ou se laisser porter.
La production respire. Chaque élément semble avoir été posé avec une précision quasi organique : la basse ne bat pas, elle palpite. Les nappes synthétiques ondulent comme des draps au vent, et la voix de Molombo, mi-parlée mi-chantée, flotte quelque part entre un aveu et une promesse. Rien n’est forcé. Le groove se tient à distance du spectaculaire, préférant la souplesse à la démonstration. On sent la main d’un musicien qui connaît le silence, qui sait que la tension se niche souvent dans le creux, pas dans le cri.
Molombo, Congolais exilé dans le Colorado, semble jouer avec le sentiment d’entre-deux : celui d’un artiste à la croisée des cultures, des genres et des blessures. Son flow, doux comme une confidence, s’inscrit dans la lignée d’un post-rap introspectif où le rythme n’est plus une arme mais un refuge. Entre le cloud hop, la soul feutrée et une esthétique presque cinématographique, Hero OMW capture l’instant suspendu où la mélancolie se transforme en mouvement.
C’est une chanson sur la rédemption intime, sur la lente construction d’un soi plus solide. On y entend un garçon qui refuse de sombrer, qui reconstruit son souffle note après note. Et dans ce souffle, il y a une beauté désarmante, un courage tranquille.
Molombo n’essaie pas d’être un héros — il en explore l’idée. Il avance à contre-courant des rappeurs obsédés par la vitesse ou le triomphe, préférant la délicatesse du doute à la prétention du succès. Hero OMW est son autoportrait en transparence : une prière sans église, un hymne discret à ceux qui tombent, se relèvent et recommencent à marcher.
C’est le genre de morceau qui ne sauve pas le monde, mais répare un peu le cœur. Et parfois, c’est largement suffisant.
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octobre 24, 2025T.I.M. n’entre pas en scène. Il déboule, chemise ouverte, sourire carnassier, riff prêt à éventrer la monotonie du rock trop poli. What Is Wrong & What Is Right n’est pas un titre : c’est une gifle, une secousse d’énergie brute enregistrée dans un garage où la sueur colle encore aux murs. Ce morceau, c’est l’enfant illégitime des Beastie Boys et de No Doubt, nourri à la bière tiède, à la rébellion, et à ce groove de dinosaure que plus personne n’ose assumer.
Adrian Young, batteur légendaire de No Doubt, plaque ici une rythmique d’une efficacité chirurgicale. Ses coups tombent avec la précision d’un métronome qui aurait pris feu : sec, puissant, irrésistible. Le son est organique, rugueux, presque sale — une batterie qui claque comme un fouet sur une route brûlante. Autour, la guitare de John Hayes (Mother’s Finest) injecte des éclats funk dans un mur de son saturé. C’est dans cette tension entre rage et sensualité que T.I.M. trouve sa couleur.
Et puis il y a cette voix. TJ chante comme on provoque, entre désinvolture et arrogance. Il ne raconte pas une histoire : il l’impose, avec un charisme instinctif, brut, presque animal. On croit entendre un type qui n’a rien à prouver mais tout à balancer — un cri contre la tiédeur, contre les formats, contre les refrains en carton. Le morceau pulse comme un cœur en manque de dopamine, nourri à la nostalgie des années 90 mais propulsé par une énergie parfaitement actuelle.
What Is Wrong & What Is Right rappelle que le rock n’est pas mort : il a juste pris le temps de se recharger avant de revenir plus affûté, plus charnel, plus libre. Ce n’est pas un revival, c’est une réinvention. Une collision entre funk, punk et pop, un groove animal empaqueté dans une production redoutablement moderne.
Dans un monde où tout sonne pareil, T.I.M. ne cherche pas à plaire. Il secoue, il mord, il réveille. Et c’est exactement ce qu’on attendait sans le savoir : un rappel que le rock, quand il est fait avec tripes, sueur et instinct, n’a pas besoin d’être expliqué. Il suffit de l’écouter fort. Très fort.
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octobre 24, 2025À 3 h 33 du matin, le monde dort, sauf ceux qui brûlent de créer. Emerald Sun, lui, chuchote dans l’obscurité. Pas un murmure par pudeur, mais par nécessité — sa famille dort à côté, et la fièvre créative ne peut attendre. C’est de cette contrainte, de cette intimité forcée, que naît 3:33, un morceau suspendu entre deux mondes : la terre des hommes et la vibration des anges.
L’Australien signe ici l’un de ces titres où la technique devient spirituelle. Le souffle, au lieu d’être un accident, devient une texture. Sa voix murmurée glisse sur le beat comme une incantation, presque spectrale. On sent le micro Neumann U87 capturer chaque fragment de souffle, chaque hésitation — la fragilité transformée en matière sonore. C’est de la lo-fi, certes, mais incarnée, artisanale, sincère. La production, tout en nappes cotonneuses et pulsations feutrées, évoque les heures où la conscience flotte : entre fatigue, révélation et hallucination douce.
Et puis surgit Taj Austin, figure du collectif californien Coast Contra, avec un couplet qui tranche l’air. Sa présence ramène le morceau sur terre, injectant au rêve australien une énergie viscérale, presque fiévreuse. Sa voix s’élève comme une prière urbaine, un contrepoint de lumière brute dans l’univers introspectif d’Emerald Sun. Le contraste entre les deux rend la collaboration évidente : l’un médite, l’autre prophétise.
3:33 parle d’alignement, de ces moments rares où l’on sent que quelque chose — l’univers, l’amour, la foi, la musique — prend le relais de la volonté. Mais au-delà du mystique, c’est une leçon de fragilité maîtrisée. Emerald Sun parvient à faire de sa contrainte un geste esthétique, transformant le silence domestique en laboratoire de son.
On pense à cette heure étrange, celle où tout semble possible et tout paraît perdu. 3:33 n’est pas un banger, ni une berceuse. C’est un état d’âme enregistré, un instant arraché à la nuit. Dans ce souffle, dans cette sincérité nue, Emerald Sun prouve qu’il n’a pas besoin de crier pour être entendu. Il suffit parfois d’un chuchotement, et d’un alignement parfait entre la chair, le son et l’invisible.
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octobre 24, 2025Il y a dans ce morceau un souffle chaud, celui qui monte des pavés brûlants de Sitges quand le jour s’étire et que la mer reflète encore les excès de la veille. Pavy, rappeur de Chicago à la plume ciselée, quitte ici le béton pour la lumière, la rage pour le relâchement. « Let’s Lay Out In Sitges » n’est pas un banger de plus, c’est une respiration — un carnet de voyage où le hip-hop se fait carte postale sensuelle, rythmée par le ressac et la nonchalance.
Sous les basses étouffées, le flow glisse comme une brise. Pavy déroule son rap avec la précision tranquille d’un type qui a trouvé sa paix, même provisoire. Le beat trap est moelleux, presque cotonneux, ponctué de nappes synthétiques et d’un groove solaire qui évoque les après-midi sans fin, les cocktails qui fondent et les pensées qui dérivent. C’est une écriture hédoniste, mais pas naïve : on y sent le poids du vécu, la lucidité d’un homme qui sait ce qu’il fuit autant que ce qu’il cherche.
Il y a quelque chose de cinématique dans cette track, un plan-séquence sonore où tout semble suspendu. Sitges devient alors plus qu’un lieu — une métaphore du lâcher-prise, une parenthèse dans la fuite en avant. Le refrain, discret, agit comme un mantra : une invitation à s’allonger, à ralentir, à simplement être.
Dans un rap américain souvent saturé de tension et de démonstration, Pavy choisit l’élégance du retrait, le cool introspectif d’un artiste qui rappe pour mieux respirer. « Let’s Lay Out In Sitges » sent la mer, la peau et la liberté. Un titre qui, sous ses airs de simple escapade, raconte la plus belle des fugues : celle de soi-même.
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octobre 24, 2025Dans un monde où le rap court après la mode, J-Graze choisit de marcher tranquille — tempo old-school, flow posé, sourire aux lèvres. « Have a Good Time » sonne comme une bouffée d’air dans la poussière du bitume, un morceau qui rend hommage à l’âge d’or du hip-hop sans nostalgie forcée, avec ce plaisir rare d’un artiste qui rappe parce qu’il en a besoin, pas parce qu’il le doit.
Tout y respire la détente et la maîtrise. La boucle, d’abord : un sample soulful, velouté, probablement pioché dans un vinyle usé, tourne en fond comme un ventilateur d’été. La batterie claque sec, un peu sale, juste ce qu’il faut pour rappeler la 12-bit crunch d’une vieille MPC. Et par-dessus, la voix de J-Graze, claire, souriante, portée par une diction impeccable — le genre de voix qui ne cherche pas la frime, mais le groove.
Les paroles, elles, tiennent de la philosophie simple et solaire : célébrer les bons moments, garder la tête froide, ne pas oublier que le hip-hop, avant tout, c’est un art du partage. Là où beaucoup se noient dans la performance, J-Graze retrouve l’essence du style — ce plaisir collectif de la rime fluide, du beat qui respire, du refrain qui te donne envie de hocher la tête sans réfléchir.
« Have a Good Time » n’est pas un revival, c’est une renaissance. Ce n’est pas du passé qu’il parle, mais du présent qu’il éclaire : celui des MCs qui se souviennent que le micro, c’est d’abord un sourire qu’on tend au monde. Entre la nonchalance de Pete Rock, la sagesse de Common et la chaleur d’un après-midi d’été dans un parc de Brooklyn, J-Graze réussit une chose rare : faire du hip-hop un état d’esprit, pas une époque.
Un morceau à écouter fenêtre ouverte, volume juste assez fort pour que le voisin d’en face esquisse un pas de tête. Parce qu’au fond, c’est exactement ça que J-Graze veut dire : parfois, tout ce qu’il faut, c’est un bon beat et un bon moment.
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octobre 24, 2025Le titre dit tout : “Go Off” n’est pas une chanson, c’est une déflagration. Savlamar Sound Collective et Young Zen Nubian s’y rencontrent comme deux étincelles tombant sur le même baril — et tout brûle. C’est un morceau de rap brut, viscéral, mais traversé par une intelligence du son rare, où chaque beat semble respirer la colère et la clarté à parts égales.
Dès l’ouverture, on sent la tension : le groove est dense, presque organique, une basse tapissée de poussière, des drums claquants comme des coups d’égo. Mais ce n’est pas un égotrip. “Go Off” est une revendication intérieure, un cri poli dans la fureur du monde moderne. Young Zen Nubian balance ses vers comme des éclats de lucidité, chaque phrase cherchant la faille dans le système, chaque rime pesant le poids de la conscience. Ce n’est pas du rap de façade — c’est du rap qui sait d’où il parle, et pourquoi il n’a plus le temps d’attendre.
La production de Savlamar Sound Collective amplifie cette urgence sans jamais l’écraser. Entre les basses saturées et les nappes discrètes, on sent la main d’un producteur qui a compris le pouvoir du silence. Rien n’est superflu. Chaque élément, du hi-hat nerveux au kick viscéral, s’aligne pour servir la voix, cette matière première brute autour de laquelle tout s’articule. Le mix respire, la texture vit — on est à la frontière du grime, du hip-hop UK, et d’un spoken word futuriste.
Mais “Go Off” n’est pas qu’un exercice de style. C’est un geste. Une manière de dire : voilà ce qu’il reste quand on arrête de chercher l’approbation. Le morceau frappe fort, sans posture, avec la sincérité tranchante de ceux qui ne jouent plus le jeu. Dans le chaos urbain qu’il dépeint, Savlamar et Young Zen Nubian sculptent une forme de liberté nouvelle, entre rage contenue et lucidité transcendée.
C’est ce qui rend “Go Off” si singulier : un track qui cogne, oui, mais qui pense aussi. Un uppercut poétique, un manifeste en basse mineure. À écouter fort, à ressentir longtemps.
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octobre 24, 2025Dans le sillage des bus de nuit entre Tottenham et Stratford, une pulsation s’allume, ni tape-à-l’œil ni nostalgique : “All One People” choisit la voie claire, celle où le rap conscient sait tenir la salle sans lâcher la pensée. Christopha ne brandit pas de grand drapeau ; il cadre, agence, respire. Résultat : un single de rassemblement, écrit à hauteur d’oreille, calibré pour la relecture en boucle autant que pour l’instant de bascule sur un dancefloor lucide.
L’architecture impressionne par sa précision. Rythmiques nettes, kick qui plante le pas, caisse claire aux arêtes sèches, charleys en souffle contrôlé ; une base qui évoque le classicisme UK sans poussière, boom-bap réinventé avec une nervosité contemporaine. La basse, étagée dans le bas-médium, colle à la marche et laisse juste ce qu’il faut d’air aux couches harmoniques. Quelques touches de claviers ou de sample textural (grain légèrement patiné, couleur cinématographique) ouvrent la stéréo ; la prod’ évite le tape-à-l’œil, préfère la lisibilité. Le mix place la voix au centre, proche, sans vernis : un choix éthique autant qu’esthétique.
Au micro, Christopha confirme sa discipline de coureur de fond. Diction nette, débit souple qui sait tantôt presser, tantôt lever le pied ; art des pivots rythmiques qui relancent l’écoute au moment exact où l’oreille attend la ligne droite. Les images s’emboîtent, les transitions respirent, chaque section sert un même axe : faire tenir ensemble des trajectoires différentes sans aplatir les nuances. L’accroche se retient sans forcer : pas de refrain fluo, plutôt un motif à capillarité qui s’infiltre et devient slogan intérieur. Le morceau, pensé comme un nœud de corde, rassemble plus qu’il n’explique.
Contexte utile : l’endurance paye. Après l’épreuve de force “26 Miles and Running” (un titre toutes les deux semaines, puis un second round), Christopha n’aligne pas un concept de plus, il capitalise une méthode : régularité, précision, intention. “All One People” en est la synthèse : macro-idée lisible, micro-détails de production qui tiennent au casque, énergie suffisamment chaude pour embarquer celles et ceux qui n’ouvrent pas Spotify pour recevoir une leçon.
Ce qui demeure, c’est la fonction sociale du track. Pas un sermon, un espace. Le beat installe la confiance, la voix trace l’itinéraire, la prod’ protège l’intelligibilité : on entend des vies parallèles se croiser sans collision. Dans un paysage saturé de produits rapides, cette limpidité a la valeur d’un luxe discret.
Verdict : un single-charnière pour EXTRAVARAP — utile en ouverture de set pour imposer la cadence, redoutable en sortie de tunnel pour redonner du nerf à une playlist consciente. “All One People” ne promet pas l’utopie ; il propose la poignée de main. Souvent, c’est exactement ce qui manque.
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octobre 24, 2025Cabane en altitude, MPC sur la table, fenêtres ouvertes sur les pins : l’image colle à l’oreille dès les premières secondes. “93 Wu” sonne comme une séance d’arts martiaux au petit matin, souffle visible et gants serrés. Al Sharp fabrique ici un pont tendu entre la Californie et le Royaume-Uni, entre une mémoire très précise — la décennie des chevaliers masqués de Staten Island — et une urgence d’aujourd’hui qui refuse de n’être que reconstitution.
La production respire le grain du réel : drums granuleux, caisses claires sèches qui claquent comme des portes d’entrepôt, kick dru posé au centre de gravité, voiles harmoniques patinés à la main. Pas de vernis plastique ; une patine de poussière contrôlée, cette micro-saturation qui nourrit l’attaque sans tacher le spectre. Le tempo garde le swing du pas de côté, ni trop pressé ni nostalgique ; la batterie porte le récit, les contretemps piquent l’attention, de petites textures en arrière-plan ouvrent l’image stéréo comme des silhouettes derrière un store vénitien. Le mix choisit la lisibilité : basse au grain mat qui colle au kick, médiums nets pour laisser les voix trancher, aigu poli pour éviter l’éblouissement.
Au micro, l’alchimie fait mouche. Al Sharp s’installe dans le pocket avec la précision de ceux qui connaissent les angles : débit sûr, placements qui flirtent avec la syncope sans perdre la marche, assurance tranquille. Crusada apporte la diagonale UK — accent, attaque, art de l’uppercut syllabique —, donnant au morceau une élasticité transatlantique rare : boom-bap aux fondations new-yorkaises, nerf britannique dans le phrasé, soleil californien filtré par la forêt de Big Bear. Le dialogue n’a rien du clin d’œil muséal ; c’est une relecture fonctionnelle, écrite pour la rue, les écoutes casque, les sets qui aiment la charnière entre classicisme et mordant moderne.
Derrière le muscle, l’idée : la tradition n’existe que si elle se remet en circulation. “93 Wu” ne cosplaye pas ; il prélève l’ADN (frugalité, impact, dramaturgie du break) pour le réinjecter dans un organisme neuf. On entend l’atelier autant que la scène : rigueur des choix sonores, goût du vide utile, refus du tape-à-l’œil. La signature de beatmaker d’Al Sharp ressort sans écraser l’ensemble ; l’invité ne greffe pas, il greffe et cicatrise.
Premier signal d’un chapitre annoncé comme décisif — The Voice of the Unheard 3: The Final Chapter —, ce single coche ce que le rap attend vraiment d’un hommage : respect, précision, utilité. Pas de relique, un outil. À programmer entre deux cartouches trap pour rappeler ce qu’un kick bien assis et une idée claire peuvent encore faire : relever la tête, serrer la mâchoire, avancer droit.
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octobre 24, 2025Il y a chez BruceBAn$hee quelque chose d’incontrôlé, d’instinctif — un besoin de casser le cadre, de gratter la peinture jusqu’à ce qu’on voie la chair en dessous. Son nouvel EP, 4th Wall, porte bien son nom : il fait exploser la frontière entre l’artiste et l’auditeur, entre la performance et la confession. Huit morceaux comme des éclats de verre, pris entre trap industrielle, punk électronique et spleen lo-fi. C’est brut, saturé, indomptable — le genre de disque qu’on écoute à 3h du matin, casque vissé, en se demandant si tout ça n’est pas un peu trop vrai.
1. MO$hpit!
Ouverture violente, quasi performative. La basse tremble, les kicks cognent, la voix de BruceBAn$hee surgit comme un cri noyé dans l’écho. C’est un titre de pure énergie : rage, sueur, chaos. Le morceau sonne comme un concert dans une cave où les néons clignotent au rythme des pulsations cardiaques. Il y a du JPEGMAFIA et du XXXTentacion là-dedans — ce rap qui ne cherche pas à séduire mais à déranger.
2. BadLove
Le tempo ralentit, mais la douleur reste. “BadLove” explore la toxicité des relations, entre mélodie triste et 808 étouffés. BruceBAn$hee chante autant qu’il rappe, voix distordue, vulnérable. L’émotion perce à travers l’auto-tune : c’est un cri sous morphine, un amour qui s’effondre au ralenti. L’influence d’emo rap y est claire — on pense à Lil Peep ou à Juice WRLD, mais en plus abrasif, plus punk.
3. CtrlAltDel
Court et nerveux. Une sorte de reboot existentiel. BruceBAn$hee efface tout — souvenirs, erreurs, identité — pour redémarrer sur un fond noir. Les synthés claquent comme des lames numériques, les drums glitchent. C’est la bande-son d’un système émotionnel qui plante. “I had to delete myself to feel again.” Brutal et poétique.
4. Stillsadcobain.
Le titre le plus fort du projet. Une prière murmurée à travers la douleur. BruceBAn$hee invoque Kurt Cobain non pas comme une icône, mais comme un frère d’âme. Les guitares grésillent dans le fond, presque grunge, tandis que la rythmique reste trap. L’artiste parle de désillusion, de dépression, d’un monde où la sincérité devient une arme. “I’m still sad, Cobain — but I’m loud now.” Une confession magnifique et dérangeante.
5. CrazyRaps!
Retour à la folie. Le flow saccadé, les beats chaotiques, l’énergie proche du freestyle. BruceBAn$hee rappe comme s’il exorcisait des démons. Il se moque des codes, des puristes, des haters : “They said I’m crazy — good.” C’est un manifeste pour l’expérimentation, un doigt d’honneur au conformisme.
6. Ride or Die
Une accalmie relative. Le ton devient plus intime, presque romantique. Derrière les distorsions, une vraie tendresse se devine. Le refrain, entêtant, flotte entre trap mélancolique et ballade cyberpunk. Le morceau parle d’attachement, mais aussi de loyauté dans un monde où tout se décompose.
7. SuperGod
L’ego trip comme rituel mystique. BruceBAn$hee s’y érige en divinité glitchée, mi-humain, mi-donnée numérique. “I’m the glitch they tried to worship,” lance-t-il sur un beat brutal. Le morceau, saturé de basses, évoque Death Grips ou Yeezus — un cri de toute-puissance métaphysique, nihiliste et transcendant.
8. PullUp
Clôture incendiaire. Retour à la rue, aux réflexes bruts, aux instincts. Un morceau court, nerveux, qui claque comme un revers. C’est la sortie de scène sans salut : BruceBAn$hee quitte le studio comme on quitte un ring, en laissant derrière lui l’écho de sa colère.
4th Wall est un projet schizophrène, magnifique, incandescent — un cri coincé entre le punk, le trap et la poésie. BruceBAn$hee y déconstruit la persona du rappeur pour en révéler la chair, les failles, la fièvre.Un EP qui ne veut pas plaire : il veut exister. Et ça, c’est déjà révolutionnaire.
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octobre 24, 2025De sa chambre à Uppsala, Yungwall signe avec Cleopatra un premier album d’une sincérité brute et d’une ambition quasi mystique. Tout ici respire la solitude créatrice : les beats bricolés dans la pénombre, la voix qui cherche sa vérité au milieu du souffle, les textes comme des confessions murmurées dans un micro trop proche. Et pourtant, à travers ce minimalisme, l’album vise grand — le ciel, l’amour, la mémoire.
Yungwall s’inscrit dans la lignée des rêveurs conscients, quelque part entre la ferveur mystique de Kanye West période College Dropout et la lucidité poétique de Kendrick Lamar. Mais au lieu de l’Amérique saturée de lumière, c’est la Suède qui l’entoure — une mélancolie froide, domestiquée, où le silence devient rythmique. Cleopatra, c’est un disque de chambre, mais aussi un disque d’empire intérieur : chaque morceau semble écrit pour bâtir une mythologie intime, un royaume de sons où le hip-hop dialogue avec l’âme.
Le titre n’est pas anodin. Cleopatra est à la fois une muse, une métaphore et un mirage. La femme qui inspire le disque n’est jamais vraiment là : elle devient un symbole de désir et de perte, un reflet dans le fleuve mental de l’artiste. “Sphere of thoughts”, comme dit Yungwall lui-même — un espace circulaire où les émotions tournent, se heurtent, se réinventent.
Musicalement, le disque respire la fraîcheur d’un artisan qui apprend en créant. Les textures sont fragiles, les beats respirent, la voix vacille parfois — mais c’est justement là que réside la beauté du projet. On y sent le geste, la construction, la mue. Cleopatra est un album d’apprentissage autant qu’un manifeste personnel : il parle d’amour, de foi, de doutes, mais surtout de la transformation lente de soi en artiste.
Il y a dans chaque piste une forme d’humilité qui rappelle les débuts de la soul électronique : ce sentiment de tenir entre ses mains quelque chose de petit et d’immense à la fois. Yungwall ne prétend pas révolutionner le rap, il le réinvente à sa mesure — une confession, un souffle, un monde miniature.
Cleopatra n’est pas qu’un premier album : c’est un rite de passage. Le son d’un jeune homme qui transforme sa chambre en temple, ses pensées en vers, et ses doutes en foi.
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octobre 24, 2025Il y a dans la voix de Dumm Munee cette lassitude qui ne joue pas la comédie — une fatigue du monde, brute et sans vernis. J Walking, son dernier single enregistré à Bay City, est tout sauf un simple morceau de rap : c’est un constat amer, une prière à voix basse dans un monde qui ne pardonne rien. Là où d’autres travestissent la misère en storytelling, Dumm Munee s’y enfonce à cœur ouvert, sans détour, avec une sincérité qui mord.
Sur une production sombre et nue, ponctuée par les respirations du beat et les silences du réel, J Walking trace le portrait d’une société fissurée. Aux côtés de Kourcho, il parle des hiérarchies invisibles, du désespoir économique, de ces règles tordues qui condamnent les pauvres pendant que les puissants se refont une vertu. Mais au-delà du témoignage, il y a une forme de philosophie de la survie — une lucidité presque stoïque, celle de quelqu’un qui a trop vu pour croire encore aux miracles.
“Rien n’est un rappel à la réalité comme être fauché et découvrir ce que ceux que tu aimais pensent vraiment de toi.” Cette phrase, qu’il cite en interview, résume l’essence du morceau : un désenchantement radical, mais aussi une forme de dignité face au chaos. Dumm Munee transforme la douleur en matière brute, comme si chaque rime était une cicatrice polie par le temps.
Ce qui frappe, c’est la mise à nu du processus. Enregistré dans son propre studio, Trillion Dollar Soundz, l’artiste raconte qu’il devait courir entre la cabine et la régie pour capturer chaque prise — une image presque symbolique de sa trajectoire : l’urgence, la débrouille, le refus de renoncer.
Musicalement, J Walking évoque ces morceaux où la rue reprend ses droits sur la fiction : une rythmique tendue, un flow presque parlé, des mots qui claquent comme un verdict. Il n’y a pas d’esbroufe, pas de refrain tape-à-l’œil, juste une vérité qui grince — celle d’un homme qui marche sur les lignes, conscient qu’un faux pas peut tout lui coûter.
Dumm Munee ne cherche pas à plaire : il cherche à dire. Et dans un paysage rap saturé de façades et d’ego, J Walking résonne comme une mise au point. Un coup de poing discret, mais qui laisse des marques.
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octobre 21, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de s’écouter : ils s’infiltrent, lentement, comme un souvenir d’une autre vie. Dreamz d’ABSYTE appartient à cette catégorie rare. Ce n’est pas une simple piste de rap alternatif, c’est une expérience extracorporelle — un trip mystique sous psydub, un rêve lucide posé sur un beat lo-fi, un combat intérieur mené dans la brume des fréquences basses.
Le morceau s’ouvre comme un souffle. Un écho lointain, presque religieux, s’élève, avant que la rythmique ne vienne battre à la manière d’un cœur inquiet. ABSYTE ne rappe pas, il incante. Sa voix se glisse dans le tissu du son, mi-chaman mi-conteur, déroulant un monologue spirituel sur la connexion invisible entre les êtres, sur la haine projetée, sur la guerre invisible que mènent nos esprits pendant le sommeil. Il parle de dreams, mais ce ne sont pas les rêves des winners : ce sont ceux qui sentent le métal froid, la peur, les prémonitions, la lutte contre la noirceur que les autres déposent en nous.
Il y a du Shabazz Palaces dans cette approche métaphysique du hip-hop, du Flying Lotus dans la texture éthérée, et un peu de Saul Williams dans la gravité des mots. Pourtant, Dreamz reste propre à ABSYTE — une signature sonore faite d’abîme et de lumière, où chaque son semble signifier quelque chose, où le moindre silence pèse.
Techniquement, la production est une merveille : nappes ondulantes, basses liquides, percussions qui claquent comme des gouttes de pluie sur un toit d’étain. On navigue entre trance et méditation, entre conscience et inconscient. La structure n’obéit pas aux codes du rap classique — elle se déploie comme une vision, sans couplets fixes ni refrains rassurants, mais avec un flux hypnotique qui ne lâche jamais l’oreille.
Dreamz est un miroir tendu à nos parts sombres, une prière pour ceux qui ont compris que la violence du monde s’immisce parfois jusque dans nos songes. ABSYTE y peint la guerre mentale des marginaux, la spiritualité urbaine des éveillés, l’idée que le hip-hop peut encore être un langage cosmique.
Un morceau à écouter seul, dans la nuit, casque vissé, le regard fixé sur un point invisible — celui où le réel et le rêve cessent enfin de se distinguer.
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octobre 21, 2025Il y a quelque chose de presque martial dans la manière dont Raubtier Kollektiv attaque la langue. Les mots deviennent des coups, les respirations des menaces, les silences des cliquetis de gâchette. Ce collectif, né dans l’obscurité concrète des métros allemands et nourri au bitume comme à la philosophie de la survie, dévoile quatre titres qui composent un bloc brut — dense, cohérent, incandescent : Mach Dich gerade, Gönn Dir, Eigene Liga et Liebe und Angst.
Tout commence avec Mach Dich gerade, véritable manifeste de verticalité. Sur un beat trap tendu comme un câble à haute tension, les voix frappent l’air avec la rigidité d’un entraînement militaire. Le morceau est une injonction à se tenir droit, à affirmer sa présence dans un monde où la posture est une arme et le corps un drapeau. C’est froid, précis, presque clinique — mais dans cette froideur, une chaleur sourde monte : celle de la fierté retrouvée.
Gönn Dir bascule dans l’intime. Ici, la force devient douceur, la confiance, une caresse. Le flow reste sec, tranchant, mais les mots s’arrondissent pour parler de respect de soi, d’équilibre intérieur, de cette discipline invisible qui distingue les vrais des poseurs. On sent poindre une vulnérabilité rare pour un crew aussi brut — un art de la retenue qui touche juste.
Avec Eigene Liga, le collectif reprend les gants. Ce n’est plus une chanson, c’est une arène. Le message ? Ne regarde pas autour de toi, regarde en toi. Combat ton double, tes peurs, tes lenteurs. Musicalement, c’est un chaos maîtrisé : basses grasses, nappes brumeuses, et ce flow syncopé, presque tribal, qui tord la langue allemande jusqu’à la faire groover comme du français ou du yoruba.
Puis vient Liebe und Angst, la fissure. Le morceau d’un père, d’un homme, d’un être. Un titre où la rage se fait tendresse, où le gangsta rap s’efface derrière l’humanité nue. La voix tremble un peu, les hi-hats se taisent presque. On devine une berceuse dans la fureur — un amour qui ne dit pas son nom mais qui brûle sous chaque mot.
Ce qu’accomplit Raubtier Kollektiv, c’est rare : unir la brutalité du trap à la densité existentielle du hip-hop conscient, sans jamais se trahir. Ils rappent en allemands du XXIe siècle — c’est-à-dire en animaux civilisés, en poètes énervés, en survivants lucides.
À travers ces quatre morceaux, le collectif bâtit un autoportrait collectif, rageur et tendre, dur et lucide, aussi précis qu’un miroir brisé. On y entend la rue, la discipline, la peur, la foi, l’amour — tout ce qui rend les hommes debout malgré tout. Et dans ce vacarme, une idée se glisse : être “Raubtier”, c’est peut-être simplement continuer à rugir quand tout le monde baisse la tête.
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octobre 21, 2025John Brown n’est pas seulement “still at large” — il est en fuite dans sa propre époque, traqué par le cynisme ambiant, armé de rimes comme d’une machette dans la jungle numérique. Son nouveau single sonne comme un manifeste : brut, nerveux, viscéral. Le genre de boom bap qui refuse d’être rangé dans un musée du rap à l’ancienne. Ici, les samples claquent comme des slogans, les drums cognent avec la conviction d’un homme qui rappe non pas pour être entendu, mais pour survivre.
Sous son alias de producteur, theBURBSLIFE, Brown signe un beat dense, texturé, qui fleure bon la MPC et la poussière des vinyles oubliés. On y retrouve cette chaleur granuleuse, cette patine des années 90, mais injectée dans une énergie moderne, presque militante. Still at Large ne cherche pas la hype, il la méprise. Le morceau avance comme un train sans frein, porté par une urgence rare : celle de dire, d’éveiller, de rallumer la flamme dans un monde anesthésié par la saturation.
Le flow de John Brown est un retour à la chair du verbe — rauque, précis, ancré dans la terre. Chaque bar pèse comme une pierre jetée contre les murs d’un système qui s’effrite. Il y a chez lui une colère maîtrisée, une noblesse dans la diction, une foi têtue dans le pouvoir des mots. Il rappe avec le souffle d’un type qui a lu Baldwin, écouté Mos Def et connu la rue — tout à la fois.
Mais Still at Large, c’est aussi une question de rythme intérieur : le morceau respire, grogne, puis explose. Brown y joue du contraste entre la gravité du message et la souplesse du groove. Ce n’est pas un sermon, c’est une pulsation. Et c’est précisément là que se trouve sa force — dans cette tension entre la tête et le torse, entre le conscient et le viscéral.
Dans un paysage hip-hop saturé de postures, John Brown revient comme un fantôme lucide, un témoin du réel qui refuse de se taire. Still at Large n’est pas seulement un titre : c’est une déclaration de liberté, une preuve de vie, un coup de poing sonore lancé à la face du silence.
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octobre 21, 2025Il y a dans F.A.T.B. quelque chose de brut, de foncièrement viscéral — un souffle de bitume et d’instinct qui ramène le gangsta rap à son essence : la survie stylisée. Karina J ne joue pas au dur, elle incarne le réel. Son flow découpe la prod avec la précision d’un scalpel trempé dans la rage et la lucidité. C’est du rap qui sent la poudre, la solitude et la revanche, mais où la technique reste reine, où chaque mesure pèse son poids d’histoire et d’intention.
Le beat est un hommage à l’âge d’or : un flip classique, lourd de basse, avec ce swing rugueux qui évoque le meilleur du boom bap sans jamais tomber dans la nostalgie. Karina y avance comme une silhouette dans la fumée : droite, souveraine, sans effet de manche. Elle maîtrise l’espace entre les mots, le silence entre deux punchlines, ce petit vide où tout le danger s’installe. Sa voix, grave et tranchante, ne cherche pas à séduire. Elle déclare. Elle tranche. Elle affirme.
Ce qui frappe surtout dans F.A.T.B., c’est la cohérence émotionnelle : les “bars” sont lourds, oui, mais traversés d’un fil de sincérité brute. On y sent la fatigue des luttes, l’arrogance née de la douleur, la foi dans sa propre endurance. Ce n’est pas du rap qui surjoue la rue — c’est du rap qui en sort, avec les mains encore brûlées par l’asphalte.
Karina J a cette manière d’être à contre-courant tout en restant furieusement moderne : pas de trap outrancière, pas de flow automatique. Elle s’appuie sur la simplicité du beat pour déployer la complexité du verbe. Et dans ce minimalisme assumé, on entend ce qu’on n’entend plus assez dans le rap contemporain : la parole qui brûle, la conviction nue, la fierté d’être une voix féminine qui ne s’excuse pas d’exister au milieu des codes les plus durs du game.
F.A.T.B. n’est pas un morceau, c’est une carte d’identité sonore. Trois minutes de pure authenticité, où le flow devient manifeste. Karina J ne demande pas la place : elle la prend, calmement, frontalement, comme une vérité qu’on ne peut pas nier. Une claque, oui. Mais une claque juste.
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octobre 21, 2025SOUL sonne comme une collision d’époques et d’énergies, une claque à la frontière du rap et du rock, de la rage et de la rédemption. Ce n’est pas une simple collaboration — c’est un carambolage de légendes et d’ascendants, un feu d’artifice de générations qui refusent de choisir entre les riffs d’arène et le flow de bitume.
Le morceau se déploie dans un clair-obscur fascinant : des guitares électriques montent comme une prière hurlée, des batteries cognent avec la précision d’un coup de poing dans la poitrine, pendant que les voix alternent entre fureur et foi. Kevin Rudolf, figure quasi mythologique de l’ère Let It Rock, réinjecte son ADN rock-pop dans un hip-hop contemporain qui n’a rien perdu de son appétit de grandeur. Face à lui, Merkules s’impose en titan d’authenticité : son grain de voix râpe la surface du morceau comme une cicatrice encore chaude. On l’imagine debout dans un halo de fumée, entre les fantômes de Death Row et les refrains d’arène.
Mais SOUL, c’est aussi une affaire de transmission. Di$tinct et 5 Fires y apportent la fraîcheur nerveuse du Canada d’aujourd’hui, ce hip-hop de l’hiver, froid et lucide, mais porté par une chaleur intérieure presque mystique. Leurs interventions sont comme des coups d’accélérateur : elles redessinent les contours d’un morceau déjà immense. On y sent la puissance de la scène indépendante, l’arrogance nécessaire à ceux qui refusent de plier sous le poids des majors.
Ce qui frappe, c’est la précision de la production. Chaque élément a son souffle, sa place. Le morceau semble respirer, se contracter, puis exploser — comme si la basse et les guitares dialoguaient autour d’un même secret : celui de rendre le hip-hop de nouveau charnel. Rien ici ne sonne opportuniste. SOUL ne cherche pas à fusionner les genres, il les réconcilie.
On pense à Post Malone pour le goût de l’épopée, à Kid Cudi pour la noirceur lumineuse, à Eminem pour la théâtralité. Mais Di$tinct et sa clique font mieux : ils construisent un pont entre les icônes et l’avenir, un territoire où l’émotion est brute, sans calcul.
Au fond, SOUL n’est pas un single — c’est une proclamation. Le cri d’une génération qui refuse de choisir entre le feu et la foi. Un morceau qui ne cherche pas à séduire, mais à hanter. Le genre d’hymne qui te suit même après le silence, quand la dernière note s’éteint et qu’il ne reste plus qu’une évidence : la soul, ce n’est pas un genre. C’est un moteur.
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octobre 21, 2025On dirait une confession murmurée à travers un écran fissuré. Black Mirrors de Cam Black, avec la voix spectrale d’Indigo, est un poème électronique sur l’amour devenu data, la tendresse encapsulée dans le verre froid de nos écrans. Ce n’est pas un simple titre de hip-hop conscient : c’est un miroir inversé tendu à une génération entière, celle qui caresse plus souvent une dalle tactile qu’une peau vivante.
Cam Black y sculpte un univers sonore dense et moiré, où le groove lent épouse des nappes digitales aux reflets sombres. Sa voix flotte entre le rap et la prière, charriant une mélancolie urbaine à la Kendrick Lamar, mais sans la grandiloquence : ici, tout est retenu, respiré. Le beat, lui, glisse comme une pulsation sous la peau — sensuelle, mais étouffée par la modernité. On sent que chaque hi-hat, chaque basse vrombissante a été pesée comme un mot qu’on hésite à dire à l’être aimé.
La force du morceau réside dans sa narration déguisée. Black Mirrors parle d’un homme qui tombe amoureux d’un fantôme numérique, d’une connexion qui n’existe qu’à travers le Wi-Fi et les algorithmes. Mais plus profondément, c’est une méditation sur la dépendance : à la technologie, à l’image, à cette illusion d’intimité que l’écran nous renvoie. L’histoire d’un amour devenu interface, d’un sentiment filtré par la mise à jour constante de nos émotions.
Indigo, en contrepoint, apporte la grâce — une voix presque irréelle, fragile, suspendue comme une notification qui ne viendra jamais. Elle incarne la distance, cette amante virtuelle à la fois proche et inaccessible, qui hante les refrains sans jamais s’incarner vraiment. Ensemble, ils dessinent un duo d’une tension magnifique : lui, ancré dans la chair et la bassline ; elle, évaporée dans le cloud.
Cam Black joue sur l’ambiguïté : il n’accuse pas, il observe. Il raconte l’addiction comme un geste amoureux, le déraillement comme une danse. Et c’est là que Black Mirrors devient fascinant : ce n’est pas une critique du monde numérique, mais une déclaration d’amour désespérée à ses reflets. Un morceau qui sonne comme un adieu à l’authenticité — ou peut-être comme la promesse d’une réinvention, quelque part entre les lignes de code et les battements du cœur.
Dans ce dialogue feutré entre l’homme et la machine, le rap devient élégie, la technologie devient chair. Cam Black signe ici un titre d’une lucidité troublante, où le futur et l’intime se frôlent, se consument, et finissent par se confondre. Un slow digital qui laisse une empreinte sur la rétine — et un peu de vide dans la poitrine.
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octobre 21, 2025C’est une chanson qui ne se montre pas tout de suite. Dontukno s’approche lentement, comme une silhouette qui ne veut pas déranger. Puis elle s’installe, soyeuse et discrète, dans un coin de la pièce, jusqu’à ce que tout — la lumière, l’air, les battements du cœur — prenne sa cadence. Barrett Staples y chuchote le sentiment d’être à la fois tout près et terriblement loin de quelqu’un, avec cette douceur retenue qui fait du soul moderne un art de la nuance.
La production, signée avec le collectif Seattle hot beige, respire la précision sensuelle. Chaque note semble suspendue, chaque frappe de batterie fait l’amour au silence. Ce n’est pas un groove qui cherche à séduire, c’est un groove qui écoute. Les claviers effleurent la peau, la basse ronronne comme une confidence sous une lumière tamisée, et la voix de Barrett, magnifiquement éraflée, flotte quelque part entre la chaleur de D’Angelo et la mélancolie de Sampha. On entend des fragments de jazz qui se dissolvent dans des reflets hip-hop, des échos de soul qui glissent vers le R&B alternatif — tout s’y fond sans jamais se figer.
Mais Dontukno n’est pas seulement un morceau d’ambiance. C’est une conversation intime avec le manque. Ce moment où la tendresse se heurte à la distance, où la proximité devient presque douloureuse. Barrett y raconte sans raconter — une manière de laisser le mystère respirer, d’exprimer le désir à travers les vides, pas les mots. Ce qu’il chante, ce n’est pas une histoire d’amour, c’est l’espace entre deux âmes, cet entre-deux qu’on tente de combler par le rythme et le souffle.
La musique avance comme un souvenir réchauffé par le groove : lente, un peu trouble, presque liquéfiée. On imagine la scène : la nuit dehors, une lampe basse, un disque qui tourne trop lentement, et cette voix qui murmure qu’aimer, c’est parfois laisser partir. Barrett Staples signe ici la fin de son cycle Year of the Tiger — et quelle fin : une ode à la vulnérabilité, à la beauté de l’inachevé, au geste simple de ne pas tout dire.
Dontukno n’a rien de démonstratif, et c’est précisément là qu’il frappe. Il danse à mi-voix dans le clair-obscur des émotions, entre chair et brume. Ce n’est pas une chanson à écouter — c’est une atmosphère à habiter, une caresse qui dure plus longtemps que sa propre musique.
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octobre 21, 2025Reeko Carson a cette façon de tordre le réel comme on tord une note jusqu’à ce qu’elle crie sa vérité. different n’est pas un simple morceau de rap — c’est une sorte de laboratoire vocal, un terrain de jeu où chaque syllabe explose, se déforme, se dédouble. On y sent la jubilation d’un artiste qui refuse de choisir entre le groove et la bizarrerie, entre la technique et le lâcher-prise. Reeko ne rappe pas sur la prod : il joue avec elle, la triture, la contourne, s’y fond, avant de réapparaître, ailleurs, comme une ombre qui ricane derrière la mesure.
Ce qui frappe, c’est la liberté. Le flow se dilate, s’accélère, puis s’effondre dans une nonchalance faussement cool. On passe d’un murmure quasi R’n’B à une cascade de mots désarticulés qui cognent contre les murs du beat. Il y a quelque chose de Kendrick Lamar période untitled unmastered dans cette façon de traiter la voix comme un instrument percussif, d’en faire un motif rythmique autant qu’un vecteur d’émotion. Et pourtant, different n’imite personne : c’est le son d’un type qui s’amuse à être sincère.
Le morceau semble s’être construit comme une improvisation captée dans l’instant — un moment suspendu où la spontanéité devient structure. La production, d’une élégance désinvolte, joue sur les rebonds du grave, sur les respirations, sur le vide. Le beat est minimaliste, presque fragile, mais il laisse tout l’espace à la fantaisie du flow. L’harmonie, elle, s’invite par petites touches : des nappes vocales qui glissent comme des pensées mal rangées dans un cerveau en surchauffe.
Reeko Carson fait partie de cette génération de rappeurs qui transforment le studio en miroir psychique. Ce qu’il capture ici, ce n’est pas une attitude mais une sensation : le plaisir de se perdre dans sa propre voix, de se regarder muter à travers le son. different devient ainsi une métaphore d’un truc plus vaste — la possibilité de ne pas se définir, de flotter entre les genres, entre le rap et le chant, entre l’égo et la vulnérabilité.
Loin des codes du banger ou du storytelling classique, Reeko choisit la folie douce. Il préfère la tension du déséquilibre, l’imprévisible. Et c’est ce qui rend different aussi addictif : on ne sait jamais où ça va tomber, et chaque chute semble meilleure que la précédente. Ce morceau donne envie d’être un peu plus bizarre, un peu plus libre, un peu plus vivant.
Au fond, Reeko Carson ne fait pas du rap expérimental. Il fait du rap honnête — et l’honnêteté, dans ce paysage saturé de certitudes, c’est peut-être la seule vraie expérimentation qui reste.
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octobre 20, 2025On ne sait pas très bien si « Natural Light » éclaire ou consume. C’est un morceau qui s’infiltre, lentement, comme la lumière du matin glissant sous une porte après une nuit trop longue. Yarni y déploie un art rare : celui de faire du rythme une matière vivante, du silence un instrument à part entière. Chez lui, chaque battement semble respirer, chaque son est un fragment de vérité. Ce n’est pas de la musique d’ambiance, c’est une musique qui se déplace dans ton sang.
Il faut dire que Yarni n’a jamais cherché à appartenir à une scène : il les traverse toutes. Electronica, jazz, soul, hip-hop — tout s’y croise, tout s’y trouble. Dans Natural Light, il retrouve Franz Von, voix grave et terrienne, et Jeff Darko, souffle aérien et presque mystique. Ensemble, ils signent une forme d’équilibre impossible : la pesanteur du réel et la légèreté de l’espoir. Le morceau avance en apnée douce, tendu entre le battement hypnotique des percussions et la chaleur organique des harmonies.
C’est une œuvre qui respire comme une prière laïque, un groove métaphysique. Le flow de Franz Von agit comme un ancrage, une pulsation qui ramène au sol, pendant que Jeff Darko laisse filtrer la lumière par les interstices de la mélodie. Il y a quelque chose d’infiniment humain là-dedans — pas une humanité tapageuse, mais celle qu’on devine dans la retenue, dans la pudeur d’un cri qui préfère rester murmure.
Techniquement, la production de Yarni est d’une justesse déconcertante. Chaque fréquence a son rôle, chaque fréquence respire. Les percussions semblent avoir été enregistrées dans une pièce ouverte sur le ciel, la basse ronronne comme une phrase de saudade brésilienne, et la voix se glisse dans les interstices avec la douceur d’un souvenir qui refuse de partir. Ce n’est pas un morceau à écouter, c’est un morceau à habiter.
Ce qui fascine, c’est la façon dont Yarni parvient à faire cohabiter la ferveur spirituelle et la physicalité du groove. On est à la fois dans le corps et hors de lui, pris dans une sorte de transe contemplative où tout devient clair : les douleurs, les doutes, les désirs. Natural Light n’est pas un appel à danser, mais à exister un peu mieux.
Dans un monde saturé de sons qui veulent briller, Yarni, Franz Von et Jeff Darko rappellent qu’on peut aussi choisir de rayonner doucement. Leur lumière n’éblouit pas — elle soigne. Un titre d’une grâce rare, à la frontière du mystique et du charnel, où chaque battement semble murmurer la même chose : parfois, pour voir, il faut simplement fermer les yeux.
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octobre 20, 2025Change est une prière électronique. Une confession douce-amère sur la mutation, sur ces moments où la vie s’impose sans prévenir et te force à redessiner ton propre visage. Leo Tea, figure discrète mais singulière de la nouvelle scène rap UK, y déploie un univers à la fois fragile et lucide, où la trap s’effiloche dans la lumière, où le mot “guérison” prend enfin des allures sonores.
Le morceau s’ouvre comme un matin gris après la tempête. Une boucle synthétique étire le temps, un beat sobre pulse sous la peau — pas pour faire danser, mais pour rappeler qu’on respire encore. Leo pose sa voix comme on pose un pansement : sans grandiloquence, sans faux espoir. Il ne joue pas les héros, il murmure ses doutes, ceux qui accompagnent la reconstruction. Sa façon d’aborder la santé mentale n’a rien de clinique ; elle est sensorielle, intime, vécue. Change parle moins de la guérison que du processus, du moment où l’on choisit de ne plus se noyer.
Dans la structure du morceau, tout respire l’équilibre précaire. Le refrain, lumineux, s’ouvre comme une fenêtre après l’orage, tandis que les couplets retombent dans un demi-silence tendu, une tension presque tangible. La production — subtile, texturée — évoque les envolées de Joji ou les paysages désolés de Kid Cudi, mais Leo Tea garde cette sensibilité brute, un ton anglais dans le grain, un regard direct dans la douleur.
Ce qui bouleverse dans Change, c’est cette impression que chaque note cherche la paix. La voix tremble parfois, mais sans affectation : elle reste humaine, imparfaite, sincère. Ce n’est pas un cri de victoire, c’est un souffle de lucidité. Leo ne promet rien, il constate. Que tout bouge, tout le temps. Que l’on s’abîme, que l’on recommence. Que la lumière revient, sans prévenir.
Dans un monde saturé de promesses vides et de productions interchangeables, Change sonne comme une évidence. Leo Tea n’a pas besoin d’enrober son propos — il le vit. Et c’est précisément cette honnêteté brute, presque naïve, qui transforme la chanson en quelque chose de profondément humain. Une main tendue à ceux qui peinent à se relever. Une preuve, peut-être, que la beauté peut renaître là où tout semblait perdu.
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octobre 20, 2025Le morceau s’ouvre comme un souvenir flou : une nappe synthétique, des 808 qui clignotent comme des lampadaires à moitié morts, et cette voix noyée sous l’Auto-Tune, qui n’essaie plus de séduire, juste de survivre. would you get it?, signé Kantuftw avec Jace!, respire ce spleen digital propre à la génération SoundCloud — un cri discret, presque tendre, enveloppé de mélancolie et de trap.
Il y a quelque chose de fantomatique dans cette production : un beat minimal, aérien, presque désincarné, sur lequel les deux rappeurs glissent sans heurts, comme deux ombres qui se frôlent. Kantuftw, venu de Belfast, a ce grain vocal typique de la scène emo-trap : lointain, robotique, mais chargé d’émotion brute. Ce n’est pas un chant, c’est un soupir amplifié, une confession sous code binaire. La question qu’il pose — “would you get it?” — devient une sorte de mantra générationnel. Comprendras-tu ce que c’est d’être paumé dans le bruit, d’aimer en ligne, de rater sa vie à force de la scroll ?
Jace! complète cette atmosphère avec une énergie plus directe, presque insolente, ramenant le morceau vers la terre pendant que Kantuftw flotte au-dessus. Le dialogue entre les deux fonctionne comme une mise en scène de l’ambivalence contemporaine : entre ego et fragilité, entre trap et tendresse. On sent l’influence de Juice WRLD, de Yeat, de la scène de Houston filtrée par un prisme nord-irlandais — froideur du climat, chaleur synthétique du cœur.
Mais au-delà des références, ce morceau touche par sa sincérité désabusée. Kantuftw ne cherche pas à se faire comprendre, il demande juste à être entendu, même un peu. Dans le fond, would you get it? parle de ce vertige que connaissent tous ceux qui créent dans un monde saturé : celui de se demander si ce qu’on donne trouvera un écho quelque part. Et c’est là que réside sa beauté — dans cette fragilité offerte comme une provocation, dans ce mélange d’ironie et d’abandon qui fait de la trap un exutoire poétique.
En moins de deux minutes, Kantuftw réussit à condenser l’état d’esprit d’une génération qui se parle à travers des filtres, des retards et des réverbérations. Un monde où l’amour se chante en pixels, où le désespoir devient mélodique, et où chaque refrain ressemble à un message qu’on n’a jamais envoyé. would you get it? — oui, on le comprend. Trop bien, même.
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octobre 20, 2025La tête penchée, les paupières mi-closes, on dirait presque un vieux rêve du hip-hop qui s’invite dans un vaisseau spatial. UFO de Memnoc, accompagné de Kail Problems, flotte entre deux dimensions : le bitume californien et la stratosphère du son. On entend l’héritage d’un rap des années 90 — sec, organique, respirant la poussière des MPC — mais traversé d’un groove cosmique, d’une vibration néo-soul qui fait danser les étoiles.
Memnoc, producteur et rappeur venu de Palmdale, compose comme on bricole une machine à voyager dans le temps. Ses beats sentent le vinyle chaud, mais ses synthés, eux, regardent vers demain. UFO, c’est la collision élégante de ces deux pôles : l’underground et le céleste. Le morceau décolle sur une boucle hypnotique, une basse qui ronronne comme un moteur spatial, et un flow à la précision chirurgicale, presque désabusé. La voix glisse sans forcer, posée, confiante, comme si elle observait le monde d’en haut.
Le featuring de Kail Problems ajoute une teinte d’urgence, une respiration plus terrienne dans cet ensemble planant. Le contraste entre les deux artistes fonctionne comme un écho : Memnoc regarde le ciel, Kail regarde la rue, et quelque part entre les deux se forme cette tension magnétique. Leurs mots s’entrechoquent sans fracas, dans une gravité douce, comme deux satellites qui s’effleurent.
Ce qui fascine ici, c’est cette maîtrise du silence. Les interstices entre les beats, les respirations, tout semble pensé pour laisser le son respirer, pour faire exister la vibration pure. Ce n’est pas un rap bavard. C’est un rap qui contemple. On pense à Madlib, à The Alchemist, à ces artisans qui transforment la lenteur en intensité. UFO n’explose jamais, il s’élève — lentement, sûrement, jusqu’à disparaître dans une apesanteur parfaite.
Sous la surface, Memnoc parle du temps, du doute, de l’errance. Mais il le fait sans pathos. Tout est là, tapi dans le groove, dans cette élégance minimaliste. UFO agit comme une hallucination tranquille, un mirage sonore où l’on se surprend à flotter, loin du rap à outrance, loin des postures. C’est le son d’un homme qui a trouvé son espace intérieur et qui nous invite à y dériver.
Et quand le morceau s’éteint, on se retrouve face à un silence lourd, un peu comme après un rêve trop vrai. UFO, ce n’est pas juste un titre : c’est une trajectoire. Celle d’un producteur qui fait du boom bap un art de la lévitation.
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octobre 20, 2025Ce n’est pas un rap de façade, ni un texte qui cherche la punchline à tout prix. Let Go de Steve Poet, c’est une plaie qui parle, un instant suspendu entre lucidité et tendresse. Pas de grand fracas, pas de flow acrobatique, juste une voix d’homme qui raconte la fin — celle d’un amour, d’une illusion, d’un équilibre. Une rupture vue non pas comme un drame mais comme une délivrance silencieuse, presque spirituelle.
Steve Poet porte bien son nom. Chez lui, le hip-hop se tisse de mots simples, mais lourds de vécu. Il raconte l’amour sans filtres, sans vernis, dans cette tradition britannique du spoken word qui privilégie la vérité brute au clinquant du flow. Le morceau glisse sur une production minimale : quelques nappes douces, une rythmique feutrée, et cette basse discrète qui pulse comme un souvenir qu’on n’arrive pas à éteindre. Il y a du James Blake dans l’air, mais avec les deux pieds solidement ancrés dans la rue — là où le romantisme n’est jamais naïf, juste tenace.
Ce qui émeut ici, c’est le calme. L’absence de colère. Steve ne règle pas ses comptes, il se libère. “Let Go” n’est pas une injonction à l’autre, mais à soi-même. On y sent la fatigue d’avoir trop donné, l’amertume douce des matins après la tempête, et surtout, cette beauté fragile de ceux qui acceptent de ne plus se battre pour retenir ce qui s’effrite.
Le flow, presque parlé, a la pudeur d’un journal intime. Il raconte sans performance, mais chaque mot trouve sa place exacte, comme s’il pesait sur la langue avant de tomber. C’est un rap d’équilibre, de respiration, un morceau qui réconcilie l’émotion et la forme — à mille lieues des narrations artificielles qu’on croise trop souvent.
Dans Let Go, on entend un homme qui parle à son reflet, pas à son public. C’est ce qui rend ce titre si déchirant. Il ne cherche pas à convaincre, il cherche à comprendre. Et quelque part, dans cette honnêteté désarmée, Steve Poet touche à ce que le hip-hop britannique fait de plus rare aujourd’hui : de la poésie, sans majuscules, sans gimmick, juste une vérité nue posée sur un tempo fragile.
On sort du morceau un peu comme après un adieu bien dit — vidé, apaisé, avec ce goût doux-amer d’avoir entendu quelqu’un dire ce qu’on n’a jamais su formuler. Let Go, c’est le contraire d’un cri : c’est un souffle qui pardonne.
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octobre 20, 2025Le premier impact, c’est cette basse. Une onde froide, presque clinique, qui traverse la pièce comme une menace polie. Puis SUBR€ME entre, sans fracas, sans posture. Sa voix se faufile, calme mais coupante, dans un allemand qui ne cherche pas à séduire. Il n’interprète pas : il tranche. John Wick n’est pas une chanson, c’est une présence. Celle d’un rappeur autrichien qui fabrique son monde de ses propres mains, seul, dans un appartement transformé en bunker sonore.
Tout ici respire le fait maison, mais rien n’a l’air amateur. On sent la rigueur du solitaire, celui qui s’est enfermé pour apprendre à tout faire : produire, écrire, mixer, survivre. Dans ce DIY rageur, il y a quelque chose d’admirablement pur — une urgence qui ne cherche pas à briller, mais à être entendue, juste une fois. John Wick, c’est la revanche d’un type qui n’a pas besoin d’équipe pour exister. Il tire son beat comme on dégaine un flingue : précis, sans trembler.
Le morceau tient dans une tension fragile, presque cinématographique. On croit entendre le reflet métallique de la ville derrière les basses, la mélancolie d’une Europe nocturne, entre pluie et néons. SUBR€ME fait du drill, oui, mais un drill introspectif, qui regarde plus vers l’intérieur que vers la rue. Pas de vantardise, pas d’artifice. Juste un gamin viennois face à ses fantômes, transformant la fatigue du réel en pulsation.
La référence à John Wick n’est pas un hasard. Le personnage du film tue pour retrouver ce qu’on lui a volé : la paix. SUBR€ME, lui, rappe pour la même raison. Sa voix ne cherche pas à dominer, mais à purger. Chaque syllabe est un exorcisme, chaque silence une respiration avant la prochaine rafale. Dans ce chaos froid, il y a de la tendresse — celle de quelqu’un qui ne veut pas plaire, mais survivre à sa propre lucidité.
Et puis tout s’arrête, abruptement. Deux minutes trente, pas plus. Comme une balle tirée dans un couloir vide. Tu restes là, le cœur un peu bloqué, à te demander pourquoi ça t’a remué autant. Peut-être parce que SUBR€ME ne joue pas au rappeur, il joue sa vie. Et dans John Wick, c’est bien elle, sa vérité brute, qu’il abat sur le tempo.
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octobre 20, 2025Il y a dans Push cette vérité que beaucoup d’artistes esquivent : celle de l’épuisement. Leo Tea ne rappe pas pour briller, il rappe pour respirer. Dans ce morceau, il ne cherche pas le flow parfait ou la punchline héroïque. Il cherche le souffle. Le sien, celui de ceux qui peinent à sortir du lit, qui traînent leur fatigue comme une seconde peau, et qui pourtant, au fond, n’ont jamais cessé de se battre.
Le titre s’appelle Push, et tout est dit. Pousser contre la lourdeur du monde, contre les effets secondaires, contre soi-même. Leo Tea transforme la lenteur en énergie, le doute en rythme, la survie en style. Son trap, loin des clichés du genre, est minimal, introspectif, presque ascétique. Chaque kick semble peser une tonne, chaque note tombe avec la gravité d’un réveil brutal après une nuit sans rêve. La production, épurée mais dense, rappelle les travaux les plus mélancoliques de Rod Wave ou d’un 6LACK sous sédatif.
Mais là où d’autres se noient dans le spleen, Leo Tea construit un espace. Un refuge sonore, un halo de sincérité brute où la vulnérabilité devient muscle. Sa voix, à la fois lasse et insistante, porte quelque chose d’humainement bancal, presque tremblé — ce timbre qu’ont les gens qui ne prétendent plus rien. Et pourtant, dans cette fragilité, tout pulse : la lumière revient, doucement, par vagues.
Ce qui frappe, c’est la pudeur. Push ne s’apitoie jamais. Leo Tea évoque les médicaments, la fatigue, le poids du quotidien, sans fard ni pose. C’est un journal de bord livré dans un souffle, sans effet de manche. La structure du morceau elle-même semble reproduire ce cycle : descendre, chuter, puis remonter lentement, avec ce beat qui ne lâche jamais, obstiné, comme un cœur qui refuse d’arrêter de battre.
À une époque où le rap s’use souvent à vouloir paraître invincible, Push choisit la fragilité comme arme de résistance. C’est un morceau pour les battants silencieux, pour ceux qui n’ont pas besoin de hurler pour exister. Leo Tea leur tend un miroir — et dans ce miroir, ce n’est pas la gloire qu’on voit, mais la simple dignité de continuer.
Push, c’est le rap du matin après la tempête : celui qui n’explose pas, mais qui persiste, en silence, à avancer.
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octobre 16, 2025Un cri traverse la fumée, une rythmique se cabre, des éclats de rire s’échappent d’un chaos maîtrisé : Les fantômes peuvent danser commence comme une déflagration joyeuse, une farce enflammée sur les ruines du sérieux. Ibou et Chictyp n’essaient plus de convaincre — ils s’autorisent simplement à exister. Et c’est précisément cette insouciance retrouvée qui rend leur proposition si magnétique.
Tout, dans cette chanson, transpire la nécessité. Pas celle de réussir, mais celle de respirer à nouveau. On imagine la scène : deux potes, des objets à casser, des idées qui s’entrechoquent, un décor qu’on détruit parce qu’on en a marre de l’habiter. Le son est dense, nerveux, presque animal. Une basse tendue, une mélodie qui s’accroche au vide, une urgence à vivre enfin sans scénario. Ce n’est pas une performance, c’est une libération filmée, et elle suinte la vérité.
Le clip, signé Chictyp, embrasse le désordre comme un geste artistique à part entière. Il ne cherche pas la beauté, il la provoque. Des ralentis absurdes, des flammes monumentales, des regards qui éclatent de sincérité : on se croirait dans un rêve de pyromane bienveillant. Derrière cette apparente anarchie, quelque chose de très doux émerge — une réconciliation entre l’artiste et l’enfant qu’il a laissé derrière lui.
Ibou, longtemps obsédé par la rigueur, lâche enfin prise. Son chant devient matière brute, ses mots se frottent à la poussière, son énergie se déploie sans filtre. Les fantômes peuvent danser, c’est la fin du contrôle, le moment où le feu devient outil de renaissance. On pense à Bashung qui aurait rencontré Feu! Chatterton dans un squat en pleine crise existentielle, à ces instants rares où la musique ne cherche plus à séduire mais à survivre.
Ce qui se joue ici dépasse la simple chanson : c’est un manifeste intime, une déclaration d’indépendance contre le cynisme et la peur du ridicule. Ibou & Chictyp transforment la chute en chorégraphie, la fatigue en fête, la frustration en art populaire. Dans le vacarme, on entend quelque chose de tendre : l’envie de recommencer, autrement.
Les fantômes peuvent danser, c’est l’éclat du verre quand on arrête de trembler. Un morceau qui rappelle que l’émotion n’a pas besoin d’être polie pour toucher, qu’un cri sincère vaut tous les arrangements du monde. On en sort décoiffé, un peu ému, et surtout vivant.
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octobre 15, 2025Il y a dans Buggin’ Out quelque chose de cette lente respiration du bitume au petit matin, quand les rues sont encore pleines des fantômes de la veille et que la ville hésite entre la rage et la paix. Roy Flush — ou YourEnviousEnemy pour ceux qui le suivent derrière l’écran — fait partie de cette génération d’artistes qui ne compartimentent plus : il vit, pense et rappe à travers plusieurs mondes à la fois. Gamer, producteur, MC et penseur du quotidien numérique, il tisse un pont rare entre les pixels et la poésie, entre la console et le micro.
Son Buggin’ Out se présente d’abord comme un morceau de pure école, presque ascétique. Pas d’artifice, pas de hook mielleux. Juste un beat ciselé, aux accents East Coast traditionnels, et une écriture d’une précision chirurgicale. On y retrouve cette pudeur du hip-hop new-yorkais de la fin des années 90 : les mots claquent sans se presser, les silences respirent comme des battements de cœur, et chaque rime semble posée à la main, comme un artisan qui polit sa pierre. C’est un hommage au “real rap”, mais livré avec la retenue d’un sage qui préfère murmurer plutôt que prouver.
L’atmosphère, doucement feutrée, évoque le quotidien du hood sans le folklore ni la pose : pas de clichés, juste des observations, des sensations — un coin de rue, une fatigue, un rêve encore tenace malgré la routine. Loin de la surenchère habituelle, Roy Flush choisit la voie du minimalisme. Less is more, dit-il. Et c’est vrai : le morceau frappe par sa sobriété. Une ligne de basse chaude, une batterie ronde, quelques samples vaporeux. L’essentiel. Le réel.
Ce qui distingue Roy Flush, c’est sa capacité à rendre le rap méditatif. Derrière le flow, on devine le lecteur, l’observateur, le philosophe de trottoir. Le gars qui, entre deux sessions de jeu et un freestyle, réfléchit à ce que le mot respect veut encore dire à une époque saturée d’écrans. Son univers dépasse la musique : c’est une communauté tranquille qu’il bâtit, un refuge sans drama, où le hip-hop devient un langage commun pour ceux qui cherchent un peu de paix dans le vacarme.
Avec Buggin’ Out, Roy Flush prouve qu’on peut être de Buffalo et parler au monde, qu’on peut aimer le verbe et le virtuel, et que le vrai hip-hop, celui qui respire, observe et pense, n’a jamais cessé d’exister — il a juste changé de serveur.
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octobre 12, 2025On reconnaît immédiatement ce genre de production qui n’appartient à personne et à tout le monde à la fois. NEW SOUND ne cherche pas à être un hymne, encore moins à plaire. Il s’installe dans le système nerveux comme une intuition – la certitude que quelque chose de neuf, de plus brut, de plus instinctif, vient de se glisser entre deux beats. Ce n’est pas une révolution tapageuse, mais un déplacement subtil du centre de gravité du hip-hop britannique vers une zone plus libre, plus sensorielle, presque cinétique.
Habits travaille la texture du son comme un plasticien. L’absence de paroles devient ici un espace de respiration, un terrain d’expérimentation pur. Chaque élément – la basse claquante, les kicks qui tombent comme des pierres dans un lac sombre, la nappe électronique en arrière-plan – construit une architecture sonore où la tension devient la mélodie. On pourrait presque parler de sculpture rythmique. Le morceau avance par strates : un groove qui surgit, un silence qui avale tout, une montée qui s’interrompt juste avant la transe. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout semble improvisé, comme si la machine elle-même hésitait entre le chaos et la clarté.
Ce qui fascine chez Habits, c’est cette manière de traduire l’énergie du hip-hop sans en reprendre les codes frontaux. Ici, pas de flow pour guider l’écoute, seulement une tension continue entre ombre et lumière, entre underground et ambition pop. NEW SOUND n’est pas une démonstration de force, mais de précision. Le beat ne frappe pas : il hypnotise. On pense à la froideur maîtrisée de Fred again.., à la physicalité d’un slowthai sans mots, à la mélancolie mécanique d’un Burial qui aurait troqué la pluie pour un stroboscope.
Le titre porte bien son nom : NEW SOUND, c’est la promesse tenue d’un futur en mutation, où l’émotion circule par les fréquences plutôt que par les voix. Dans un paysage saturé de storytelling et d’ego, Habits choisit le minimalisme comme manifeste. Ce n’est plus du rap, ni de l’électro : c’est un état. Une pulsation qui traverse les genres, les étiquettes et les nuits blanches. Une œuvre instrumentale qui ne parle pas, mais qui dit tout.
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octobre 11, 2025La première écoute de Why Always Me agit comme une montée d’adrénaline dans une ruelle humide de Londres à l’aube, ce moment où le bitume fume encore des excès de la veille. DEELA, mi-impératrice, mi-insoumise, surgit de cette brume avec une allure de conquérante fatiguée, mais invincible. Elle n’attend pas la validation : elle l’impose, avec ce calme souverain propre aux artistes qui ne jouent pas à être, mais qui sont.
La production, signée avec l’aisance d’une déesse des temps modernes, mêle le claquement tranchant du trap britannique à des éclats d’afrobeats subtils, presque organiques, qui vibrent sous la peau. Tout ici respire la maîtrise — une précision rythmique qui frôle l’obsession, un soin dans la texture sonore qui fait de chaque percussion un battement de cœur, de chaque silence un espace de pouvoir. Le morceau est un couloir d’énergie, une pulsation qui n’en finit pas de se réinventer, à la fois club et confession, statement et sortilège.
Ce qui fascine chez DEELA, c’est cette capacité à se tenir entre deux mondes — celui de la performance et celui de l’intime. Elle parle avec la voix d’une génération qui veut dominer sans s’excuser, mais qui ne renie pas la vulnérabilité du chemin parcouru. Dans Why Always Me, elle se regarde dans le miroir de ses propres ambitions, sans fard, sans sourire forcé, et trouve la réponse dans la beauté brute de son audace. Ce n’est pas une complainte d’égotrip, c’est un autoportrait — fier, nuancé, brûlant.
On pense à Little Simz pour la rigueur du verbe, à Tems pour la grâce du timbre, mais DEELA glisse hors des comparaisons comme un diamant entre les doigts. Elle incarne ce moment rare où la musique devient territoire, où chaque beat semble gravé pour affirmer : “je suis ici, je suis réelle, je suis mon propre mythe.” Sa voix ne cherche pas l’effet, elle cherche la vérité — un grain chaud, presque animal, qui accroche la peau autant que l’esprit.
Why Always Me n’est pas un cri d’ego : c’est un manifeste d’existence. Une manière de dire que la grandeur n’a pas besoin d’excuses, qu’elle se conquiert à coups d’intuition, de persévérance, et de ce feu qu’on ne peut pas feindre. DEELA n’explique rien, elle avance. Et dans son sillage, la scène britannique tremble doucement — comme si, quelque part entre Lagos et Brixton, une nouvelle ère venait de naître.
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octobre 11, 2025Il y a dans MAKE SOME MOVES une odeur de bitume mouillé, de studio exigu où la lumière clignote sur un sampler fatigué, mais fidèle. Ce n’est pas un morceau qu’on écoute : c’est un uppercut en slow-motion, une montée d’assurance au goût métallique, une démonstration que le rap, quand il ne cherche pas à séduire, peut encore mordre.
KID NATIVE et Loose Tee ne rapent pas pour briller : ils racontent une ascension qui n’a rien de spectaculaire, une lutte quotidienne, une revanche sur la paresse du monde. Leur son est dense, épais, ciselé sur une base de trap minimaliste qui s’entête à tourner comme une machine infernale. La prod frappe droit — hi-hats acérés, 808 grondant dans le fond, quelques touches de boom bap filtré qui ramènent à une époque où les rappeurs savaient se salir les mains. Ce mélange d’école ancienne et de modernité nerveuse fait tout le sel du morceau : une nostalgie réécrite au présent, sans clin d’œil forcé.
KID NATIVE rappe avec une assurance contenue, une diction qui ne s’agite pas, mais tranche. On sent derrière chaque mot une tension sourde, une intelligence du tempo, cette manière rare de laisser le silence respirer avant la frappe suivante. Loose Tee, lui, joue le contrepoint : plus vif, plus impulsif, comme le feu qui s’accroche à la mèche. Ensemble, ils rappellent ces duos du rap indé américain où tout repose sur le groove du verbe et la vérité du souffle.
MAKE SOME MOVES parle moins d’agir que d’exister. De cette lente montée en puissance qu’on ressent quand la confiance remplace la peur, quand on comprend qu’on n’a pas besoin d’hurler pour s’imposer. La prod laisse l’espace à cette gravité : les basses s’enfoncent, les kicks cognent sec, les voix planent sans effets inutiles. Tout est brut, précis, fonctionnel — et c’est justement cette économie de gestes qui rend le morceau magnétique.
On pourrait dire que KID NATIVE cherche à faire bouger les têtes. Mais non — il veut bouger les destins. MAKE SOME MOVES n’est pas une chanson de club ni de playlist : c’est une mise au défi, une claque introspective, un appel discret mais ferme à reprendre le contrôle. Dans un paysage où le rap se noie trop souvent dans la posture, KID NATIVE et Loose Tee préfèrent la ligne droite : avancer, coûte que coûte, jusqu’à trouver sa propre lumière.
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octobre 11, 2025C’est un uppercut de Brooklyn, une capsule de pure authenticité hip-hop. Keep Your Double L’s Up, c’est le genre de track qui fait trembler les pavés du Bronx et rappelle à tous les prétendants d’où vient le vrai. Thirstin Howl The 3rd, vétéran Lo-Life à la verve affûtée, s’allie à Young Hump de Digital Underground sur une prod signée Stu Bangas — et le résultat est un brûlot, un hommage aux racines tout en gardant ce goût d’arrogance stylée qui a toujours défini le rap de rue new-yorkais.
Le beat claque comme un cuir neuf. Minimal, sec, sans fioriture, juste ce qu’il faut de basse pour secouer les tripes. La prod est une machine à souvenirs : boom-bap old school mais dopé à la testostérone contemporaine. On s’y croirait : les baskets usées sur le bitume, les graffs sur les murs, les rideaux de fer des magasins tagués d’histoires de survie et de loyauté. Keep Your Double L’s Up transpire la rue, la débrouille, le code d’honneur d’une époque où le style était une question de survie.
Thirstin Howl balance ses rimes avec une précision chirurgicale, mélangeant humour, ego et mémoire comme un conteur du ghetto. Young Hump, avec sa nonchalance funky héritée de Digital Underground, amène cette touche West Coast décontractée, presque cosmique, qui donne au morceau son relief. Ensemble, ils recréent un dialogue entre générations, entre héritage et modernité.
Ce morceau n’est pas seulement un hommage au Lo-Life movement, ce collectif de passionnés de Polo devenu légende underground — c’est une déclaration d’amour à la culture hip-hop elle-même, dans son essence : celle du flow, de la fraternité, de la débrouillardise. Dans le clip, tourné au Content Kings Studio de Kevin Garnett, les tags de Shucks embrasent les murs, comme si chaque trait de bombe racontait une victoire sur l’oubli.
À l’heure où le rap s’égare parfois dans la superficialité algorithmique, Thirstin Howl The 3rd et Young Hump rappellent que le rap, le vrai, ne meurt jamais. Il se transmet, se partage, s’incarne. Keep Your Double L’s Up, c’est le poing levé d’une génération qui n’a jamais cessé d’avancer — avec le style comme armure et la mémoire comme étendard.
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octobre 11, 2025Dans DeadStock, Mick Jenkins s’avance comme un boxeur sans garde, le regard bas, concentré, sûr de sa frappe. Ce n’est pas une chanson, c’est une leçon de précision — une lente démonstration de puissance, sans hausse de ton, sans effet gratuit. Avec EMIL, producteur britannique aux beats minéraux et feutrés, il signe un titre d’une sobriété désarmante, où chaque silence est une respiration calculée, chaque mot un coup d’épingle dans la chair du rap contemporain.
Le morceau s’ouvre comme un rêve en basse lumière : nappes vaporeuses, beat retenu, groove étouffé qui rampe dans l’espace. On pourrait croire à une simple balade jazzy, mais c’est une embuscade. Jenkins entre en scène, sa voix grave effleurant le mix comme un scalpel sur du velours. Il découpe la langue, en explore les angles morts — là où la plupart posent, lui sculpte. Chaque phrase pèse son poids de plomb et de lucidité. Le flow respire, se tord, reprend, redescend, comme un organisme conscient de son propre rythme.
EMIL, lui, fait de la production un décor mental : ni boom-bap nostalgique, ni trap clinquante, mais un entre-deux nébuleux, un équilibre fragile entre la rue et le ciel. On y sent le jazz, mais déshabillé, vidé de sa chaleur, transfiguré en tension. Ce dialogue entre Chicago et Londres, entre lyrisme cérébral et froideur élégante, crée une étrange alchimie — un son suspendu, sans attaches, mais terriblement humain.
DeadStock, c’est l’art du minimalisme mis au service du fond. Là où d’autres saturent, Jenkins simplifie. Il parle d’ego, de désillusion, de vérité sans chercher à convaincre : il constate, avec la clarté fatiguée de ceux qui ont tout vu. Et c’est précisément dans cette retenue que réside sa force.
Écouté au casque, le titre agit comme un sédatif conscient : il calme le tumulte tout en réveillant la conscience. C’est une marche lente à travers le brouillard, une méditation de bitume où chaque rime éclaire un coin d’ombre. Mick Jenkins continue d’écrire sa légende discrète, celle d’un poète qui préfère la maîtrise au bruit, la lenteur au feu d’artifice. DeadStock ne cherche pas à plaire — il exige qu’on l’écoute. Et, quelque part, c’est exactement ce que le rap devrait toujours faire.
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octobre 11, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme un uppercut, et d’autres qui fissurent doucement l’armure. Continue ? de Control Source Code fait partie de ceux-là : un rap introspectif, brut, presque fragile, où la question du titre résonne comme un cri étouffé entre le clavier et le cœur. “Dois-je cliquer YES sur Continue ?” — pas une punchline, mais une supplique. Celle d’un homme qui code le monde pour ne pas s’y dissoudre.
Control Source Code, c’est l’alias d’un ingénieur du son et du logiciel, un type du réel qui transforme ses lignes de code en vers, ses bugs en blessures, ses défaillances en beats. Dans Continue ?, il navigue entre les souvenirs, la solitude et cette hypersensibilité qu’il revendique comme une force instable, presque poétique. Le morceau n’est pas un flow démonstratif : c’est un souffle, une confession qui tangue sur une production old-school aux boucles soyeuses, ponctuées de glitchs et d’échos numériques — comme si le hip-hop rencontrait la mémoire vive.
Il y a quelque chose de très touchant dans cette manière de mêler le monde intérieur au lexique du numérique. Les émotions deviennent des lignes de code, la douleur un bug à déboguer, la vie un jeu vidéo où chaque jour on se demande si ça vaut encore la peine de recommencer la partie. Le flow est calme, presque timide, mais chargé d’une tension intime, celle d’un homme qui parle bas pour ne pas se trahir.
La sincérité, ici, ne s’affiche pas : elle s’infiltre. Pas de démonstration, pas de posture. Juste cette voix, un peu usée, qui cherche à comprendre plutôt qu’à convaincre. Et derrière elle, un univers singulier — celui d’un créateur qui relie la froideur du code à la chaleur du cœur humain.
Continue ? sonne comme un checkpoint existentiel : un instant suspendu où la musique devient le seul moyen de se réinitialiser sans s’effacer. Control Source Code ne rappe pas pour briller, mais pour survivre — et c’est précisément ce qui rend sa musique si lumineuse dans sa mélancolie.
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octobre 11, 2025La première fois que j’ai entendu Need Me, j’ai eu cette impression étrange d’écouter quelqu’un en train de se sauver lui-même, micro à la main. Ce n’est pas un morceau de bravade, encore moins un hymne à la réussite. C’est le son d’un homme qui s’observe tomber, puis se relève avec une pudeur désarmante, comme si sa propre voix devenait le seul repère dans la tempête.
NIKOTUNES façonne sa musique à la manière d’un artisan du chaos : il prend la matière brute – ses dérives, ses excès, ses mauvaises décisions – et la polit jusqu’à en faire une confession élégante. Need Me ne s’écoute pas, il se traverse. La production, d’une sobriété presque clinique, repose sur un beat trap minimaliste où chaque 808 semble battre à la place d’un cœur. Et sur ce canevas, sa voix s’étire, élastique, tantôt chantée, tantôt rappée, glissant entre les silences comme une pensée qui refuse de mourir.
Ce qu’il raconte est simple, presque banal dans sa vérité : les cycles d’autodestruction, les soirs où survivre coûte plus cher que vivre. Mais derrière cette noirceur, une lucidité éclatante. NIKOTUNES ne s’apitoie pas, il se redéfinit. On perçoit dans ses couplets cette fatigue du corps qui veut encore croire, cette lente mutation de la culpabilité en espoir. Il y a quelque chose de profondément spirituel dans sa manière de se livrer : il parle de la rue, de la survie, de la tentation, mais tout devient métaphore d’un combat intérieur.
Ce qui me touche le plus, c’est son rapport au hasard. Le hook, freestylé presque par accident, devient le cœur battant du morceau. Une improvisation née de la lassitude et de l’urgence, capturant cet instant fragile où la sincérité prime sur la technique. On sent que tout ce qui est imparfait ici est volontairement laissé brut – parce que la beauté, chez NIKOTUNES, réside dans la vérité nue.
Need Me est un cri retenu, celui d’un homme qui ne veut plus impressionner mais comprendre. Un rap introspectif et sensoriel, suspendu entre l’ombre et la lumière, qui ne choisit pas un camp parce qu’il a compris que les deux coexistent. C’est la bande-son d’un retour à soi, un morceau à la fois blessé et lumineux, comme un cœur qui bat contre la vitre du monde.
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octobre 11, 2025Je ne sais pas si Bless Up est un morceau ou un état. On l’écoute et soudain, tout ralentit : le flux de la journée, le bruit de la ville, même nos pensées se mettent à marcher pieds nus. Reach Back Retain ne cherche pas à séduire, ni à crier plus fort que les autres. Il parle comme on respire — avec ce mélange de lucidité et de détachement propre à ceux qui ont déjà tout vu, tout perdu, tout recommencé.
Ce son, c’est le reflet d’un moment suspendu. Une basse paresseuse, des kicks au grain rugueux, une chaleur qui s’étend comme la dernière cigarette d’une nuit sans sommeil. On y sent l’école du boom-bap, mais débarrassée de la nostalgie : ici, le passé sert de socle, pas de refuge. Le flow se déroule avec la lente assurance d’un sage de coin de rue — pas de punchlines à claquer sur TikTok, juste une voix qui sait.
Ce qui me frappe, c’est cette humilité lumineuse. Bless Up parle d’argent, de survie, de rues et d’esprit, mais sans frontière entre ces mondes. Reach Back Retain ne hiérarchise rien : le business devient un art, la foi devient un réflexe, et le succès — une question d’alignement intérieur. Dans chaque mesure, il y a une fatigue noble, une expérience qu’on devine vécue. La spiritualité n’est pas posée en ornement, elle transpire naturellement de sa voix, comme une exhalation du bitume après la pluie.
C’est un titre qui apaise sans endormir. Une transe tranquille où chaque silence compte autant que chaque mot. Le mix, subtilement organique, donne à la production cette sensation de proximité — on croirait presque sentir la poussière du vinyle entre les doigts.
Reach Back Retain signe ici une prière qui n’a pas besoin d’église. Un hip-hop à la fois terrien et céleste, fait pour les esprits fatigués mais encore brûlants. Bless Up, c’est le genre de morceau qu’on ne met pas pour s’évader, mais pour se retrouver. Un geste simple, sincère, qui rappelle que la sagesse peut encore avoir du groove.
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octobre 11, 2025Le beat claque comme une gifle. Pas une de celles qui font mal, non — une qui réveille. Talk To Um, signé Messiah of Madness (alias Tone Fultz) en featuring avec Solomon Childs du clan Wu-Tang, ne cherche pas à séduire, encore moins à divertir. C’est une pièce de rap brut, une séance d’exorcisme en 90 BPM. Un morceau qui ne s’écoute pas d’une oreille distraite, mais se vit comme une descente dans le ventre du hip-hop.
Le décor est minimaliste, presque menaçant. Une boucle vocale distordue tourne en fond, spectrale, tandis que les drums cognent sec, taillés pour le bitume plus que pour les playlists. Les claviers, eux, résonnent comme des éclats de verre dans un sous-sol enfumé. Ce n’est pas une production nostalgique, c’est une autopsie du son boom-bap — celle d’un genre qui n’a jamais vraiment disparu, mais qu’il fallait ressusciter avec les bons rites.
Messiah of Madness rappe comme s’il avait attendu trop longtemps pour parler. Chaque mot semble craché, forgé dans la rancune et la lucidité. Pas de hook accrocheur, pas de mélodie mielleuse : juste la vérité, livrée au scalpel. On entend l’influence des pionniers de la côte Est, mais aussi cette rage contemporaine, celle d’un artiste qui refuse les postures. Solomon Childs, fidèle à son ADN Wu, entre dans la boucle avec la gravité d’un vétéran : flow rocailleux, diction tranchante, autorité naturelle. Sa présence transforme le morceau en rituel.
Ce Talk To Um n’est pas un titre, c’est une injonction. Une manière de dire : « Parle-leur, mais dis-leur vrai. » Fultz, producteur devenu prophète du micro, semble vouloir rappeler à l’ordre une scène parfois anesthésiée par la hype. Ce qu’il fabrique ici, c’est un retour aux racines — un boom-bap de combat, viscéral, crasseux, mais terriblement vivant.
Le morceau s’inscrit dans la lignée du futur album Bare Knuckle Boom Bap, un titre qui dit tout : pas de gants, pas de triche. Juste la chair et le souffle. À l’heure où le rap se pare de filtres et d’effets, Talk To Um agit comme une gifle nécessaire.
Messiah of Madness, lui, ne revendique rien — il rappelle. Que le hip-hop n’est pas un genre, mais un instinct. Et qu’à Pittsburgh, comme à Staten Island, les vrais parlent encore — et fort.
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octobre 11, 2025Le bitume de Long Beach n’a jamais cessé de vibrer. Il respire à nouveau sous les kicks de You Mad, un banger à la fois fier et goguenard, qui remet la West Coast à sa place légitime : entre la dérision et la domination. Famous Flossy réunit ici un casting trempé dans l’or et la sueur — RBX, légende estampillée Death Row, DAYTONE 500 et DJ PRO LBC, figure locale forgée à la sueur des mixtapes. Ensemble, ils signent un hymne de trottoir à la nonchalance millimétrée.
La prod, chaude et visqueuse, sent la côte pacifique et les capots ouverts. Un beat lent, nerveux, tapissé de basses aussi grasses qu’un coucher de soleil sur Compton. Ce G-Funk de nouvelle génération se déploie avec un sens du groove qu’on croyait presque disparu : nappes ondulantes, claps étouffés, cuivres furtifs. On entend dans la texture du son tout un héritage — celui de Dre, de DJ Quik, des samplers MPC qui grincent et ronronnent encore. Mais You Mad ne s’arrête pas à la nostalgie : il la polit, il la muscle, il la ramène au présent.
Famous Flossy mène la danse avec une assurance qui ne cherche pas à convaincre. Son flow glisse, ricane, taille ses couplets dans la pierre : “Why you mad?” devient une question rhétorique, presque une gifle élégante. RBX, lui, débarque avec cette voix râpeuse, prophétique, reconnaissable entre mille — celle qui avait déjà posé les fondations du mythe West Coast dans les années 90. DAYTONE 500 complète la boucle : plus rapide, plus sec, il apporte ce contraste de la rue d’aujourd’hui, ce punch de génération qui a grandi sur les ruines dorées du gangsta rap.
Mais derrière le fun et le flex, You Mad parle surtout de survie — de l’art de garder le sourire quand tout autour brûle. C’est la philosophie west-coast à son plus pur : la réussite n’est pas un cri de victoire, c’est un éclat de rire.
DJ PRO LBC signe une production old school dans l’âme mais calibrée pour 2025, où chaque basse fait vibrer la carrosserie et chaque refrain se fredonne en klaxonnant. Rien n’y est forcé, tout y est maîtrisé : You Mad roule lentement, capot brillant, fenêtres baissées, regard vers l’horizon.
Ce morceau n’essaie pas de refaire l’histoire : il la prolonge. Long Beach n’a pas vieilli — elle a simplement appris à mieux doser son feu. Et You Mad, avec son humour de survivant et son groove indestructible, en est la preuve la plus éclatante.
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octobre 11, 2025Shining Star ne s’écoute pas : il se traverse. Comme un tunnel vibrant de lumière et de vitesse, quelque part entre Hackney et une station orbitale. Christopha y rappe avec cette élégance nerveuse propre aux artistes qui ne se contentent pas de suivre le beat — il le tord, le redéfinit, l’habite. Sa voix, à la fois calme et incandescente, semble sculpter le tempo plutôt que le subir, glissant sur la rythmique drum’n’bass avec une précision chirurgicale et une grâce instinctive.
On retrouve dans ce morceau toute la grammaire d’un hip-hop anglais conscient, mais débarrassé du vernis militant. Christopha ne sermonne pas : il confesse, il observe, il élève. La production, d’une limpidité presque cinématographique, mêle des nappes aériennes à des basses grondantes, rappelant le Londres des clubs d’Underground Resistance ou l’urgence poétique de Roots Manuva. Chaque mesure respire l’espace, la tension, la foi en quelque chose de plus grand que la simple survie.
Ce qui frappe, c’est le dosage : le flow de Christopha n’explose jamais, il avance, sûr de lui, comme un marathonien du verbe. On sent qu’il a couru longtemps avant d’arriver ici — un artiste qui a appris la patience, qui a compris que la constance est une forme de résistance. Shining Star est à l’image de son créateur : obstiné, lumineux, et profondément humain.
La rythmique jungle agit comme un cœur qui s’emballe, mais la voix garde le cap, ancrée dans le réel. Loin des poses d’ego-trip, Christopha y déploie une forme d’humilité fière : celle de ceux qui ont connu le béton, les bus de nuit, les promesses qui s’effritent, et qui, malgré tout, continuent d’espérer. Ce n’est pas un hymne à la réussite, mais une célébration de la persévérance — la sienne, et celle de tous ceux qui, chaque jour, refusent de s’éteindre.
On pourrait dire que Shining Star est un titre sur la résilience, mais ce serait réducteur. C’est surtout un morceau sur la transformation : celle d’un artiste qui tourne le chaos en pulsation, la fatigue en groove, la lucidité en lumière. Une étoile qui ne cherche pas à briller plus fort que les autres — juste à rappeler que dans la nuit, tout éclat compte.
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octobre 11, 2025Antoin Gibson ne rappe pas pour séduire, elle rappe pour déranger. Pour déraciner les illusions, retourner les codes et mettre les mots là où ça brûle. Son nouveau single, Diss Qualification, sorti le 1er octobre 2025 via Circum-Sŏnus, n’est pas simplement un morceau : c’est une déclaration de guerre, un manifeste contre la docilité, une claque sonique qui pulvérise la façade d’un monde figé dans sa propre absurdité.
Dès les premières secondes, on sent la morsure. Son flow est chirurgical, nerveux, chargé de cette colère froide propre aux artistes qui ne mentent pas. Chaque syllabe porte le poids d’un refus — celui de se taire, celui de s’incliner. “I’m just saying it how I see it,” lâche-t-elle avec l’assurance d’une rappeuse qui n’a plus rien à prouver. Cette phrase d’ouverture agit comme un coup de feu : le ton est donné. Pas de filtre, pas d’excuses, pas de diplomatie. Antoin Gibson vise juste — et tire pour tuer la complaisance.
Diss Qualification attaque de front la déshumanisation institutionnelle, la bureaucratie absurde et les mécanismes élitistes qui condamnent celles et ceux qui refusent de cocher les bonnes cases. Derrière l’ironie du titre se cache une rage lucide : celle d’une artiste forcée de “revenir à la case départ”, non pas parce qu’elle manque de talent, mais parce que le monde mesure la valeur à coups de diplômes et de CV standardisés. “You must spend paper to get paper to make paper to spend” : une punchline devenue symbole de ce cercle vicieux que Gibson démonte, ligne après ligne, avec un sarcasme acéré.
Sa plume est dense, presque littéraire. Elle entremêle des réflexions sur la politique, le travail, la guerre, la perte de sens, sans jamais sombrer dans la posture. Son verbe fuse comme une rafale, mais garde toujours la précision d’une pensée construite. Sur une production minimaliste, sombre et tendue, la voix d’Antoin s’impose comme un cri maîtrisé. L’écho d’une génération qui n’attend plus qu’on lui fasse une place.
L’artiste ose tout : attaquer les institutions internationales, ridiculiser les élites, se moquer de l’inertie de l’ONU, dénoncer les absurdités d’un monde “plus prompt à dégainer un bazooka qu’à réfléchir”. “There is nothing united about them than the fact they are incompetent,” crache-t-elle, avec cette ironie amère qui fait la marque des grands lyricistes.
Mais Diss Qualification ne se résume pas à un pamphlet politique. C’est aussi une introspection déguisée, une manière pour Gibson de reprendre le contrôle narratif. Elle transforme sa frustration en puissance, son exclusion en moteur, son vécu en manifeste. Derrière la violence du ton, on perçoit une forme de rédemption : celle d’une femme qui choisit de se définir seule, loin des cadres et des autorisations.
Antoin Gibson expose, elle dénonce, elle met à nu. Dans un paysage dominé par les egos, elle rappelle que le rap peut encore être une arme de pensée, un terrain de vérité. Diss Qualification n’est pas qu’un titre : c’est un acte. Parce qu’au fond, ce que Gibson revendique, ce n’est pas une qualification académique. C’est la seule qui compte : celle de dire la vérité, avec courage et sans permission.
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octobre 9, 2025Ben PLG a débarqué au Woodstower comme une pluie tiède sur l’asphalte: direct, sans filtre, cœur de Roubaix vissé au micro 🔥
Sur scène, celui qui a été propulsé par Nouvelle École a transformé la fosse en salon où l’on vide ses poches: punchlines qui claquent, vérité qui colle aux doigts, ego-trip à hauteur d’homme. Quand la prod gronde, ses mots font le grand écart entre la rage et la tendresse — et tout le monde saute à la même pulsation, comme si un seul thorax respirait pour mille 🎶
👋🏽@ben_plg📍@woodstower_
#festival#woodstower#benplg#concert
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octobre 8, 2025Vendredi 17 octobre, le Point Éphémère deviendra l’arène la plus brûlante de la capitale. Pas de gala poussiéreux, pas de scène aseptisée : Playoff Season III revient comme un uppercut culturel signé Baton Rouge, ce collectif parisien qui transforme les showcases en expériences, les battles en communion et les soirées en mythes.
Le concept est simple, mais son énergie, elle, ne l’est pas : six talents émergents — Laast, Hamilton, OJ Billz, OMS, Isis et Waks — monteront sur scène pour défendre leur univers face à un public devenu jury. Oui, ici, c’est la rue, la foule, les labels et les artistes qui décident ensemble. Le spectateur devient acteur, l’auditeur devient voix. Une tension saine, électrisante, presque rituelle : celle du hip-hop à l’état brut.
À leurs côtés, plusieurs labels partenaires viendront poser leur sceau sur cette édition : 360 OTG, Punch Promo, SNG Rec et Guizmo Deluxe, preuve que la scène indépendante parisienne sait encore s’unir quand le feu du talent se fait sentir. Deux prix seront remis — Prix du public et Prix du jury — mais dans cette arène, la vraie récompense, c’est le respect. Celui qu’on gagne sur scène, en sueur, micro en main.
Et parce que Baton Rouge ne fait jamais les choses à moitié, la soirée s’enchaînera sur des showcases inédits signés Julaï (Punch Promo) et La V (360 OTG). Deux univers, deux énergies, une seule direction : la montée en puissance d’une scène qui refuse de dormir.
Quand minuit frappera, les BPM changeront de visage : DJ Nandor prendra le relais pour un set incandescent avant de passer le flambeau au concept Versuz, mi-clash mi-show scénique, un délire musical pensé pour retourner le dancefloor jusqu’à l’aube. En host de prestige, Willyan de Rapunchline mènera la soirée comme un maître de cérémonie d’un ring où la musique remplace les gants.
Entre compétition, communion et afterparty fiévreuse, Playoff Season III promet de dépasser la simple idée d’un événement hip-hop. C’est un manifeste. Une célébration du risque, du partage, de l’authenticité. Une preuve que la relève n’attend pas qu’on lui tende la main : elle prend le micro et met le feu à la scène.
🔥 Rendez-vous le vendredi 17 octobre, de 19h à 6h, au Point Éphémère.Une nuit pour rappeler à Paris que le rap vit, grandit, et se joue — toujours — en live.
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octobre 8, 2025Je l’ai écoutée d’une traite, cette chanson, comme on relit un message qu’on n’aurait jamais dû envoyer. backandtheforth ne parle pas d’un amour qui s’effondre — elle le rejoue, le dissèque, l’exorcise. C’est l’instant suspendu entre la colère et la tendresse, ce moment où deux êtres continuent de parler alors que plus rien ne s’entend.
Rugireo entre en scène comme un acteur dans son propre film : la voix à vif, la diction maîtrisée, le ton fatigué mais lucide. Il ne rappe pas pour convaincre, il parle comme on se parle après trop de nuits blanches — sans fard, sans posture. Sa plume découpe la scène avec une précision presque clinique : les malentendus, les blessures d’ego, cette fatigue émotionnelle qui transforme les sentiments en réflexe de défense. On entend dans sa voix la lassitude de celui qui a trop cherché à comprendre l’autre et finit par se perdre lui-même.
Puis surgit Westside Boogie, ce contrepoint parfait, mi-frère mi-fantôme. Là où Rugireo regarde encore vers l’autre, Boogie s’adresse à lui-même. Son timbre grave, presque rauque, porte une sagesse triste, celle des hommes qui ont déjà tout dit. Il rappe avec une lenteur maîtrisée, chaque syllabe tombant comme un verdict. Ensemble, ils forment un duo désaccordé, mais d’une justesse troublante — deux solitudes qui se reconnaissent sans plus réussir à s’aimer.
La production, sobre, menaçante et séduisante à la fois, traduit cette tension : un beat dense, viscéral, des basses qui tremblent comme des nerfs. On sent l’influence du storytelling de Kendrick, la théâtralité de Drake dans ses moments les plus intimes, mais Rugireo garde sa propre empreinte : celle d’un artiste-cinéaste qui cadre la douleur pour mieux la raconter. Le morceau n’est pas une simple confession, c’est un huis clos. On y entre comme dans une chambre après la tempête : tout est à sa place, mais plus rien n’a le même sens.
backandtheforth est le genre de track qui ne cherche pas la punchline — il cherche la vérité. Celle qu’on évite dans les conversations, celle qu’on chuchote quand on sait que c’est fini. Et c’est sans doute pour ça qu’elle frappe aussi fort : parce qu’elle ressemble à ce qu’on vit tous quand le cœur s’obstine à parler alors que l’amour, lui, a déjà raccroché.
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octobre 7, 2025On ne “subit” pas Pressure — on la traverse. Le morceau de Ray Rogerss ne cherche pas la validation : il avance tête baissée, le regard dur, comme un gamin des ruelles qui a appris à transformer la douleur en discipline. Le beat cogne comme un marteau dans une usine abandonnée, les basses grondent sous les semelles, et sa voix — mi-rauque, mi-déterminée — surgit comme une déflagration. Ce n’est pas un simple banger : c’est un manifeste pour ceux qui refusent de plier, un cri venu du béton qui sait ce que c’est que de tout perdre avant d’espérer.
Derrière cette apparente dureté, Pressure raconte un truc plus profond : la survie. Ce moment où tu sens que tout repose sur toi, où le monde t’attend au tournant, prêt à rire si tu trébuches. Ray Rogerss s’y débat avec une lucidité rare — “I ain’t going nowhere, just getting started” — plus qu’une punchline, c’est une déclaration d’existence. Le flow est sec, précis, sans fioritures. Il ne rappe pas pour impressionner : il rappe pour respirer.
La prod, sombre et métallique, rappelle ces instrumentaux du début des années 2010 où le trap flirtait encore avec le désespoir brut, avant de devenir un genre flamboyant. Les hi-hats s’alignent comme un tic nerveux, les 808 explosent à contretemps, et la voix de Ray flotte au-dessus, habitée d’un mélange de rage contenue et de contrôle absolu. On pense à la froide intensité de Moneybagg Yo, à la détermination de Meek Mill, mais avec ce quelque chose d’instinctif, d’artisanal, qui fait que Pressure ne sonne jamais formaté.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute du propos. On sent la sueur, les nuits blanches, la faim — au sens propre comme au figuré. Ce n’est pas la trap dorée des palaces, c’est celle des garages, des rêves en chantier, des “almost made it” qui refusent de lâcher. Ray Rogerss ne s’invente pas une légende, il la construit morceau après morceau, souffle après souffle.
Et quand le dernier kick s’éteint, il reste cette impression d’avoir entendu quelqu’un se battre — pas contre les autres, mais contre le doute. Pressure n’est pas qu’un titre : c’est l’état d’esprit d’un artiste qui avance dans le vacarme du monde, déterminé à prouver que le feu qu’il porte n’est pas éphémère. Le genre de morceau qui ne cherche pas la hype, mais la trace — celle qu’on laisse quand on a tout mis dans le mic, même ce qu’on ne voulait pas dire.
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octobre 7, 2025Écouter NATT de Zehbrah, c’est comme marcher dans une ville qui respire trop vite. Le ciel est lourd, le béton pulse, et sous les pas, on sent quelque chose d’invisible trembler. C’est un morceau qui ne rassure pas — il accompagne, il reflète, il confronte. Il y a ce sentiment d’être “trop conscient”, de penser trop fort, de vivre dans un monde où chaque battement du cœur se mêle au bruit des notifications et des sirènes mentales. Et Zehbrah, lui, ne cherche pas à l’éteindre. Il le transforme en œuvre.
Dès les premières secondes, on est happé par cette batterie organique, nerveuse, presque fébrile. Les cuivres, eux, semblent haleter, souffler dans la poussière du quotidien. Le beat n’a rien de clinique : il suinte, il respire, il tangue. Zehbrah en fait le moteur d’une introspection urbaine, une sorte de jazz contemporain qui aurait troqué la clope et le whisky contre l’angoisse existentielle et les pensées en boucle. Ce n’est pas un son de studio, c’est un enregistrement du réel.
Son flow, posé avec une lucidité tranchante, évoque les grands artisans du verbe — ceux qui savent dire sans expliquer, raconter sans s’effondrer. Il y a dans sa voix une fatigue élégante, celle de quelqu’un qui a trop réfléchi mais qui refuse encore de se taire. Zehbrah parle du trop-plein, du mental saturé, de ce poids invisible qu’on traîne tous mais qu’on dissimule derrière la productivité et les sourires calibrés. “Nothing at the top, tension at the throat” — le genre de phrase qui reste, parce qu’elle dit tout sans insister.
Mais NATT n’est pas qu’une autopsie du mal moderne. C’est un morceau de résistance, un cri contenu dans une boucle de groove. L’anxiété y devient presque rythmique, un métronome intérieur. On pense à la frénésie poétique d’un Mike Ladd, à la noirceur suspendue d’un Earl Sweatshirt, à l’intelligence musicale d’un Tom Misch sous acide. Zehbrah fait dialoguer ces influences sans jamais se diluer : il les assimile, les brise, les tord pour bâtir un son à sa mesure — rugueux, réfléchi, organique.
Là où beaucoup chercheraient la catharsis, lui choisit la lucidité. Pas de délivrance ici, juste un constat : avancer malgré tout, même quand la tête brûle et que les pensées s’emmêlent. NATT devient ainsi un manifeste discret pour tous ceux qui apprennent à vivre avec leurs tempêtes intérieures — pas contre elles.
C’est ça, la force rare de Zehbrah : composer la bande-son de l’époque sans se noyer dans ses clichés. Son rap n’est ni plaintif ni démonstratif. Il est humain, intensément. Et dans ce monde où tout nous pousse à paraître solides, NATT a le courage précieux d’être fragile.
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octobre 7, 2025J’ai toujours pensé que les enfants des années 90 portaient une mélancolie particulière dans le regard. Une espèce de lumière nostalgique coincée entre deux époques : trop jeunes pour avoir vécu le mythe, trop vieux pour croire à la simulation. Leo Tea, lui, la chante — ou plutôt, il la crache avec douceur, comme si chaque punchline servait à recoudre un souvenir mal rangé. 90’s Kid n’est pas un hommage figé, c’est une confession sans posture. Le genre de morceau qu’on enregistre à deux heures du matin, quand la ville dort mais que les fantômes du passé refusent de couper le son.
Le beat, d’abord : sec, charbonneux, avec cette chaleur granuleuse des instrus qu’on aurait pu sampler sur un vieux disque de Mobb Deep. Pas de surproduction, juste ce qu’il faut de crasse pour qu’on sente les doigts qui ont touché les boutons. Leo Tea entre dessus comme sur un ring, mais sans arrogance. Il rappe avec cette lucidité des artistes qui savent que la nostalgie n’est pas un refuge mais une arme : “freestyle” ou pas, chaque phrase tombe juste, chaque silence respire la maîtrise d’un mec qui n’a pas besoin d’en faire trop pour sonner vrai.
Ce qui frappe, c’est la tension constante entre insouciance et gravité. Sa voix glisse sur la prod comme une lame sur du velours. On y entend l’ombre des 90’s — l’âge d’or, les VHS, les Game Boy — mais tout est filtré par un prisme moderne, désabusé, presque triste. Leo Tea ne rejoue pas le passé, il le revisite depuis l’autre côté du miroir. Il y a dans sa façon de poser une retenue, un refus de s’effondrer malgré la mélancolie qui ronge entre les lignes.
L’écriture est brute, mais subtilement calibrée : des images simples, efficaces, sans affectation. On sent le vécu derrière les mots, pas la rhétorique. Et c’est précisément ce qui rend 90’s Kid si juste : cette impression d’un journal intime qu’on aurait retrouvé dans un tiroir d’adolescent, jauni mais intact, avec des mots griffonnés à la hâte entre deux refrains.
Leo Tea a ce truc rare : il fait coexister la rage et la douceur, le bitume et la tendresse. 90’s Kid devient alors un autoportrait générationnel, un manifeste pour ceux qui ont grandi entre cassette et cloud, entre baggy et burnout. Une génération qui rappe encore parce que c’est la seule manière de tenir debout.
Et quand le morceau s’éteint, il reste ce silence étrange — pas vide, pas triste. Plutôt celui d’un souvenir qu’on ne veut pas tout à fait laisser partir.
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octobre 7, 2025Je me souviens de la première fois où j’ai entendu un artiste rapper “Abidjan” sans filtre, sans fioritures, sans exotisme : c’était comme une gifle d’air chaud, une claque de vérité. Avec Abidjan, y’a pas son deux !, Control Source Code reprend ce flambeau, mais d’une manière presque cybernétique — entre le bitume et la carte mère, entre la rue et le code source. Le morceau est un drôle de cocktail : une célébration urbaine et technologique, un hommage rap afrobeat vibrant à la capitale ivoirienne qui résonne comme une pulsation d’orgueil et de lucidité.
Control Source Code ne rappe pas simplement une ville, il la décompile. Il prend ses sons, ses cris, ses rires et les fait passer à travers un filtre de 0 et de 1, jusqu’à créer une texture sonore inédite — quelque part entre le rap brut et la musique électronique bricolée dans un garage. C’est ce mélange d’artisanat et de machine qui rend le morceau si singulier. On sent le logiciel, mais aussi la sueur. Le beat cogne sec, presque métallique, tandis que la voix — légèrement trafiquée — garde une humanité désarmante, une sincérité qu’aucune IA ne peut feindre.
Derrière le slogan du titre, “Abidjan, y’a pas son deux !”, on entend tout un manifeste. C’est plus qu’une punchline patriotique : c’est une profession de foi. L’artiste y revendique la richesse du chaos abidjanais, cette ville où la débrouille devient un art, où les contradictions sont la norme, où la modernité s’entrechoque avec la tradition dans un vacarme glorieux. On y perçoit l’influence des sons du continent — afro-fusion, coupé-décalé, n’dombolo — remixés à la sauce digitale d’un créateur qui bidouille autant qu’il compose.
Là où d’autres se contentent de rapper leur vécu, CSC (Control Source Code) le programme. Il assemble ses morceaux comme un ingénieur assemble des lignes de code : chaque mot, chaque texture sonore semble calculé pour provoquer une émotion brute. On sent le côté “geek sensible” dans la construction du morceau : ce va-et-vient entre introspection et exubérance, entre le monde intérieur et l’explosion extérieure.
Mais derrière cette technicité, ce qu’on retient surtout, c’est la chaleur. L’amour d’un lieu, d’un peuple, d’une énergie. Quand il scande le refrain, c’est toute une génération connectée qui s’y retrouve : celle qui fait de son ordinateur un studio et de sa culture un moteur. Abidjan, y’a pas son deux ! devient alors bien plus qu’un morceau de rap — c’est une déclaration d’identité à l’ère du numérique.
CSC prouve ici que la fusion entre humanité et technologie peut être poétique, vivante, vibrante. Il injecte du cœur dans les circuits, du rythme dans les lignes de code. Et au bout du compte, il nous livre un hymne urbain aussi sincère qu’expérimental, qui rappelle une vérité simple : les villes comme Abidjan ne se programment pas. Elles se vivent, à pleine intensité, jusqu’à saturation.
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octobre 7, 2025Il y a dans la manière dont Lex Leosis entre dans un morceau une force animale, presque chamanique. Pas de façade, pas de maquillage : juste une voix, un corps, une vérité qui claque. thewoods n’est pas seulement une chanson, c’est une renaissance. Une traversée à la machette dans la jungle intérieure — celle où les complexes s’emmêlent aux racines de la confiance, où la peur se dissout dans la lumière brute du self-love.
Lex ne rappe pas comme les autres. Elle ne débite pas des vers pour prouver sa technique ; elle sculpte des émotions, taille ses mots dans la pierre de ses cicatrices. Son flow, grave et charbonneux, n’est pas là pour séduire — il est là pour imposer le respect. Dans thewoods, on entend une femme qui a longtemps cru devoir se faire petite pour survivre dans un monde trop étroit, et qui aujourd’hui choisit de rugir. « I’m a little sensitive », dit-elle ailleurs, mais dans sa bouche, la sensibilité devient une arme.
La prod, moite et organique, évoque une balade à travers les forêts mentales de l’artiste : on y sent l’ombre des doutes, la moiteur de la peur, mais aussi cette clarté soudaine quand la lumière perce entre les branches. Les percussions rampent, le beat respire lentement, presque animal, et la voix de Lex s’y faufile avec une assurance nouvelle, mi-sauvage, mi-sensuelle. C’est du hip-hop viscéral, une écriture qui se confond avec la peau.
Ce qui fascine, c’est cette dualité : la rage et la douceur, le poids du réel et la légèreté de l’émancipation. On entend dans chaque syllabe la lutte pour exister sans s’excuser, pour réhabiliter le féminin dans toute sa complexité — pas celui des clichés, mais celui des contradictions : fort, fragile, frontal. Lex Leosis ne cherche pas à plaire. Elle cherche à être.
Et c’est précisément ce qui rend thewoods si vibrant : ce n’est pas une revendication, c’est une respiration. Le retour d’une artiste qui a vu la face sombre du silence et en a fait un art. À travers ses mots, elle transforme la honte en puissance, le doute en groove, la peur en poésie brute.
Dans un paysage rap souvent saturé de postures, Lex avance autrement : elle marche pieds nus dans sa forêt, sans masque, sans armure. thewoods n’est pas une fuite, c’est un retour à soi — à ce que la musique devrait toujours être : un cri, un miroir, une libération.
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octobre 7, 2025J’ai eu l’impression, en écoutant Someone I Can Roll With, de surprendre un souvenir qui refusait de mourir. Ce n’est pas une chanson, c’est une chambre encore tiède d’un amour évaporé. La prod s’ouvre comme un soupir : un battement étouffé, un souffle électronique, une basse qui marche à pas feutrés sur le carrelage froid du manque. JAK y dépose sa voix comme on écrit à une ex qu’on ne devrait plus contacter — calme, lucide, mais avec ce tremblement dans la gorge qui dit tout le contraire.
Il y a dans ce morceau un sens du détail émotionnel rare. Le tempo est lent, volontairement vacillant, comme si le morceau hésitait à aller de l’avant. Les silences entre les mots sont presque plus parlants que les paroles. Someone I Can Roll With joue cette partition fine entre la nostalgie et l’acceptation, entre l’envie de recoller les morceaux et celle de simplement laisser la vie filer. On sent la main d’un artiste qui comprend le pouvoir du non-dit, du murmure, de la retenue.
RichMusiq vient s’y glisser comme une ombre parallèle, un écho de la tendresse passée. Leur dialogue est presque spectral : deux voix qui se frôlent sans jamais vraiment se toucher, comme deux silhouettes séparées par la buée sur une vitre. Ce featuring n’est pas une addition, c’est une extension, un dédoublement du même sentiment — le besoin d’être compris sans avoir à parler.
Techniquement, JAK fait du minimalisme un terrain d’émotion pure. Pas de beat tonitruant, pas d’effet gratuit. Le morceau respire dans l’espace qu’il crée : chaque note, chaque reverb a une fonction narrative. La mélodie avance comme une voiture dans la nuit, guidée par les phares d’un souvenir trop présent. C’est du pop-rap dans sa forme la plus désarmée, celle qui troque la punchline contre le frisson.
Mais derrière cette délicatesse se cache quelque chose de plus profond : une désillusion moderne. L’amour chez JAK n’est pas un refuge, c’est un terrain instable. Il chante la lente érosion du lien, la tendresse qui se transforme en routine, la complicité qui devient politesse. Et pourtant, on sent qu’il y croit encore, un peu — qu’il attend peut-être qu’une main se tende, même dans le noir.
À la fin, Someone I Can Roll With ne console pas. Il accompagne. Il te laisse dans ton silence, avec un goût doux-amer sur la langue et cette sensation d’avoir été vu sans artifice. JAK signe ici une confession d’une justesse presque cinématographique — un de ces morceaux qui ne se dansent pas, mais qui s’écoutent la tête contre la vitre, quand la ville défile et qu’on se demande encore pourquoi c’est si difficile d’aimer sans se perdre.
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octobre 7, 2025C’est le genre de morceau qui ne s’écoute pas, il s’absorbe. Down The Middle de PTK Lothbrook n’a rien d’un tube calibré : c’est une confession suspendue entre deux mondes, un entre-deux fragile où le rap flirte avec le R&B, la douceur se cogne à la colère, et la sincérité prend la forme d’un vertige.
Dès les premières secondes, on sent la tension. Une basse moite, un tempo qui avance sans courir, des nappes aériennes qui semblent flotter au-dessus du bitume. Detroit n’est jamais loin dans ce son — une ville qui transpire dans chaque recoin du mix, à la fois froide et brûlante, poétique et brutale. PTK ne rappe pas comme un conquérant, il parle comme un homme qui a saigné pour trouver la bonne ligne, celle qui sonne juste, celle qui dit tout sans tout dire.
Sa voix navigue entre murmure et menace. Elle a cette manière de glisser sur la prod sans jamais perdre le contrôle, comme un funambule qui avance down the middle — au milieu du vide, là où tout peut basculer. C’est cette tension entre maîtrise et abandon qui rend le morceau si magnétique. On pense à un mélange de Post Malone et XXXTentacion, mais avec un ancrage plus charnel, plus urbain. Lothbrook ne cherche pas la pop : il la tord, il la rend nerveuse, viscérale, presque douloureuse.
Les paroles, elles, parlent d’équilibre — celui qu’on tente de garder entre deux amours, deux vérités, deux versions de soi. L’artiste écrit avec une lucidité crue, sans fioritures : c’est un texte de survie plus qu’une déclaration. Et pourtant, sous le vernis sombre, on perçoit une lumière ténue, celle d’un type qui ne s’est pas encore tout à fait résigné.
La production — minimaliste, électrique, tremblante — agit comme un reflet de l’âme : chaque snare résonne comme un battement de cœur en apnée, chaque accord comme un souvenir qu’on refuse d’enterrer. C’est du rap qui transpire l’humain, du R&B qui saigne un peu, une fusion d’émotions qui semble dire : je ne choisis pas entre la peine et la paix, je marche au milieu.
Avec Down The Middle, PTK Lothbrook signe une pièce d’équilibriste, à la fois confession et manifeste. Une chanson qui ne cherche ni à séduire ni à convaincre, mais à exister pleinement — comme un cri retenu trop longtemps qui finit par trouver sa note parfaite.
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octobre 7, 2025Le Bronx n’oublie jamais. Même quand la trap sature les clubs et que l’auto-tune a remplacé la sueur du micro, il reste des voix qui refusent de plier. Charles Herron fait partie de celles-là — des MCs bâtis dans la poussière du trottoir, nourris à Mobb Deep et élevés à Camp Lo. Avec WLVS, produit par JR Swiftz, il ne ressuscite pas le “Golden Era” : il le réinvente, comme un vieux film qu’on aurait recolorisé pour une nouvelle génération.
Dès les premières secondes, l’atmosphère est dense, urbaine, presque cinématographique. Le clavecin s’entrelace avec les drums claquants de JR Swiftz — un beatmaker au pedigree déjà ancré dans les fondations (Conway The Machine, Juicy J, Elzhi…). Ce son-là, c’est du pur New York : les Tims dans la flaque, les néons qui clignotent au-dessus d’un coin de rue, les voix qui s’élèvent dans le froid. Pas de décor digital, pas de maquillage — juste la rue, nue et honnête.
Herron, lui, rappe comme s’il mâchait le bitume. Sa diction a ce grain rêche, cette assurance héritée des cyphers où il fallait mordre pour exister. “You can blame Mobb Deep / See I was raised like this…” — tout est dit. Il parle de l’école du réel, celle où la discipline vient de la survie. Ce n’est pas un hommage nostalgique, c’est un manifeste : le hip-hop, le vrai, celui du verbe et du vécu, respire encore.
Mais WLVS ne s’arrête pas à la nostalgie. Ce morceau est aussi un pont — entre l’ancien et le nouveau, entre les cendres du boom bap et la modernité de sa production millimétrée. Swiftz comprend la mission : honorer sans figer. Ses drums, lourds mais vifs, donnent à Herron l’espace pour rugir, pour conter sans filtre ce que les chiffres de Spotify n’expliqueront jamais : l’âme.
C’est cette alchimie rare — entre l’instinct brut et la science du son — qui fait de WLVS un track majeur. On y sent la fierté des pionniers, la sueur des battles, la précision d’un artisan du verbe. Herron rappe comme s’il écrivait sur les murs de son quartier : des vers en graffiti sonore, taillés dans le béton.
WLVS est un retour à la source, mais avec la hargne du futur. Un cri collectif des anciens loups aux jeunes lions : “voilà d’où on vient, voilà comment on mord encore.”
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octobre 7, 2025Il y a des rappeurs qui cherchent la lumière, et d’autres qui écrivent sous la pluie. Big Dese, lui, préfère le second camp. Avec Meteor, il balance un rap de trottoir trempé de sarcasme et de lucidité, un flow qui ne s’embarrasse ni de morale ni de vernis. Ici, la punchline n’est pas un bijou, c’est une arme — forgée dans l’ennui du taf, dans les frustrations d’un type qui rêve d’ailleurs mais garde les deux pieds dans la boue.
Dès les premières mesures, on sent le souffle du vieux Boston — celui des parkings froids, des gobelets de café à moitié vides et des rêves qui traînent au fond des poches. Le beat signé Mike Martinez tape comme une horloge cassée : sec, poussiéreux, presque vintage dans sa texture. Boom-bap pur jus, mais dopé à la fatigue et à l’ironie. On imagine un RZA qui aurait troqué le kung-fu pour un gilet orange et un chantier sous la flotte.
Big Dese n’a rien d’un messie du micro : il est trop terre-à-terre pour ça. Ce qu’il offre ici, c’est une forme de journal de bord, entre confession et comédie noire. Son écriture s’inscrit dans la lignée des rappeurs ouvriers — ceux qui parlent pour évacuer, pour respirer, pas pour séduire. “Hope we get hit by a meteor”, lâche-t-il, mi-sérieux, mi-blasé. Une phrase qui résume tout le spleen post-industriel du morceau : l’idée que la fin du monde serait parfois plus douce qu’un lundi matin.
Ce qu’il y a de fascinant chez Big Dese, c’est cette capacité à transformer le dégoût en style. Il ne prêche pas, il raconte. Sa voix râpeuse, son humour noir, ses obsessions triviales : tout concourt à peindre le portrait d’un mec qui se sait piégé mais refuse la résignation. Meteor, c’est le blues du prolétaire 2.0, livré avec un sourire en coin et une instru qui cogne comme un marteau sur du béton.
Et au fond, c’est peut-être ça la beauté de ce son : il ne cherche pas la rédemption, seulement l’honnêteté. Big Dese ne demande pas le respect — il le recrache. Un rap d’artisan, brut, sarcastique, mais profondément humain. Le genre de morceau qui te fait hocher la tête en silence, parce que toi aussi, t’as déjà espéré que le ciel te tombe dessus juste pour changer le décor.
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octobre 7, 2025Ce morceau ne parle pas d’amour, il parle de ce qu’il en reste. Shaquille de Jordan Burgett, c’est ce moment précis où le cœur, trop abîmé pour encore croire, se reconvertit en ego. Le chagrin devient performance, la blessure devient punchline. Et dans cette métamorphose, l’artiste transforme sa désillusion en un hymne de puissance — une sorte de renaissance sur beat, pleine d’humour, de tension et de style.
Le morceau s’ouvre avec cette nonchalance presque arrogante, comme un mec qui entre dans la pièce avec le cœur encore fissuré, mais un sourire en coin. Le flow de Jordan glisse avec un naturel déroutant, entre la mélancolie du mec blessé et la désinvolture de celui qui a choisi de ne plus s’excuser d’aller bien. La référence à Shaquille O’Neal — “real heavy shit, like that n***a Shaquille” — devient un symbole de poids émotionnel et de force retrouvée : chaque rime atterrit comme un dunk.
Musicalement, le titre joue sur ce contraste entre chaleur et froideur : une prod soyeuse, presque R&B dans sa texture, mais portée par une ligne de basse qui cogne, comme un cœur qu’on voudrait étouffer mais qui bat encore trop fort. Jordan Burgett y tisse une atmosphère dense — à la fois sensuelle et cynique, avec ce parfum d’ancien amour qu’on voudrait oublier mais qui traîne encore sur la peau.
Ce qui frappe surtout, c’est cette maîtrise de la dualité. Le morceau est à la fois dur et doux, ironique et sincère. Burgett fait ce que beaucoup de rappeurs n’osent plus : il assume la fragilité sans la maquiller. Sa voix devient le reflet de ce paradoxe moderne — celui d’une génération qui ne croit plus à l’amour éternel, mais qui continue d’en chercher les reflets dans les néons des clubs.
Shaquille n’est pas qu’un banger. C’est une déclaration d’indépendance affective, un exutoire aux allures de victoire. Jordan Burgett ne rappe pas pour séduire, il rappe pour exorciser — et dans ce geste brut, il signe un morceau qui brille comme une cicatrice bien portée : douloureuse, mais fière.
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octobre 7, 2025Dans Skid Row, FatBoyJonesy fait du bitume une toile de velours. Derrière le titre qui évoque la crasse et la déchéance, le rappeur du Connecticut construit un morceau d’une élégance rare — un hymne à la débrouille, à la fierté de ceux qui ne doivent leur éclat qu’à leur propre ombre. La prod, cousue main, respire la précision du sample-chasseur : un groove soyeux, des drums secs comme la poussière d’un vieux MPC, et ce piano rétro qui tourne en boucle, comme un souvenir qu’on ne veut pas effacer.
Jonesy rappe avec un détachement plein de classe, ce ton mi-fatigué mi-victorieux propre à ceux qui ont tout vu mais refusent encore de baisser les yeux. Il ne rappe pas pour impressionner — il raconte, il flotte. Sa voix roule sur la mesure comme une Cadillac sur une autoroute vide à trois heures du matin. Et puis, au détour d’un couplet, Michael Christmas entre en scène, un sourire dans le flow, la désinvolture d’un mec qui sait que l’humour peut être une arme aussi puissante que la douleur. Leur duo, improbable sur le papier, fonctionne à la perfection : Jonesy trace la ligne, Christmas la colore.
Ce qui frappe dans Skid Row, c’est la dualité. Le texte parle d’ascension, mais les images sont sales, pleines de cicatrices. C’est le luxe des perdants magnifiques : parler de champagne en ayant encore la poussière des docks sur les baskets. Il y a chez FatBoyJonesy cette alchimie à la Freddie Gibbs ou à la Boldy James — un sens du détail, une tendresse dans le vice, une poésie du quotidien qui rend la rue presque romantique.
Dans le fond, Skid Row n’est pas un banger, c’est un état d’esprit. Le morceau suinte la maîtrise, la patience, la conscience du temps. Pas de gimmicks, pas de surjeu. Juste deux artisans du verbe qui sculptent le réel en beats et en punchlines. Et au milieu de ce flow de fumée et de lumière, une idée plane : la victoire n’est pas toujours d’avoir réussi — parfois, c’est juste d’avoir survécu avec style.
Avec Skid Row, FatBoyJonesy signe une leçon de cool et de conscience. Une démonstration que la vraie richesse, c’est de transformer sa galère en groove.
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octobre 7, 2025Pas besoin d’intro mielleuse ni de storytelling plaqué or : Talking Numbers entre comme un uppercut. Un beat sec, nerveux, criblé de 808 qui claquent comme des portières de bagnole dans le froid d’Upstate New York. Damon Omen et J-Busy n’y vont pas pour séduire, ils viennent compter. Pas les streams, pas les followers — les vrais chiffres, ceux du taf, de la sueur, des heures empilées dans l’ombre pendant que d’autres dorment.
Omen, surnommé The Architect, construit ici une cathédrale de béton et de basse. Sa prod est chirurgicale, mi-boombap, mi-trap moderne : un équilibre entre la rugosité old school et la mélodie hypnotique d’un rap de l’ère numérique. Chaque kick sonne comme une pulsation vitale. Chaque snare est un rappel à l’ordre : “réveille-toi, la route est longue.”
J-Busy, lui, déboule avec un flow affûté, précis comme un scalpel. Il rappe la réalité du hustle sans romantisme — juste ce mélange de fierté, de fatigue et de lucidité que seuls les vrais connaissent. “Talking numbers” devient une métaphore de la discipline : celle du mec qui transforme ses défaites en business plan. Entre introspection et ego-trip, le texte bascule du bitume au mental, de la rue à l’esprit, sans jamais perdre le rythme.
Ce qui rend ce morceau puissant, c’est sa tension. On sent la vie derrière chaque bar. L’accident qui a brisé Omen, les cicatrices qu’il sample dans ses drums, cette envie de refaire le monde avec une MPC et la rage au ventre. Le duo incarne cette génération qui n’attend plus qu’on l’invite à la table — ils la montent eux-mêmes, planche par planche, beat par beat.
Talking Numbers n’est pas un morceau de plus dans la marée trap. C’est un état d’esprit. Une leçon d’endurance, de vision et de vérité brute. Le genre de track que t’écoutes quand t’as la dalle, quand t’en peux plus, mais que t’appuies quand même sur “record” parce qu’arrêter, c’est pas dans l’équation. Damon Omen et J-Busy ne parlent pas chiffres, ils parlent survie. Et leurs nombres, eux, s’écrivent en BPM.
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octobre 7, 2025J’ai d’abord cru à une métaphore facile — le diable porte Prada, une punchline qu’on aurait déjà trop entendue. Puis la prod a démarré. Et là, impossible de décrocher. Ce n’est pas un morceau, c’est un regard. Celui d’un homme qui a traversé le feu avec la pudeur de ne pas en parler, mais la rage de ne pas oublier. The Devil Wears Prada n’est pas un single tape-à-l’œil. C’est une confession sous tension, un miroir tendu à une époque où l’or et le mensonge brillent pareil.
Saif rappe comme on peint à la main : avec soin, patience et cicatrices. Il a ce phrasé rare, précis, ancré dans la rue mais porté par une conscience presque mystique. On sent l’influence de son double héritage — la spiritualité musulmane et la dureté du béton australien — fusionnant dans un verbe à la fois rugueux et lumineux. Son flow oscille entre méditation et uppercut, comme s’il récitait des sourates dans une ruelle pleine de néons.
Techniquement, la prod joue dans l’équilibre : un beat sec, presque martial, soutenu par une basse qui gronde sans jamais exploser. Ce minimalisme laisse respirer les mots, met en valeur la sincérité brute de Saif. Et quand il dit, entre deux silences calculés, qu’il voit le mal dans les habits du succès, on le croit — parce que sa voix tremble juste assez pour trahir l’expérience. Ce n’est pas du storytelling, c’est du vécu stylisé, de la sueur transformée en prose.
Il y a chez lui quelque chose de paradoxalement élégant. Une façon de rapper la douleur sans la salir. The Devil Wears Prada devient alors plus qu’un pamphlet : une esthétique. Celle d’un homme debout, qui transforme sa foi en cadence, son doute en instrument, sa lucidité en lumière tamisée. Dans un monde où le diable se travestit en influenceur, Saif reste nu, droit, poétique.
Ce morceau, c’est une marche sur le fil entre l’ombre et la rédemption. Une leçon de style, pas celui qu’on porte, mais celui qu’on incarne. Et Saif, lui, ne porte pas Prada — il porte le vrai.
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octobre 7, 2025Dans Altered Beast, AWOL Da Mindwriter marche comme un loup dans une ville trop propre pour lui. Son flow, brut et lettré, s’avance à contre-courant de l’époque — celle où les rappeurs font du bruit sans dire grand-chose. Lui, il écrit avec la morsure d’un type qui a tout vu et qui refuse encore de fermer les yeux. Produit par August Fanon, le magicien derrière Mach-Hommy et Vic Spencer, le morceau brûle lentement, comme une cigarette coincée entre les doigts d’un prophète fatigué.
Le titre fait référence au jeu culte de la SEGA, Altered Beast, où l’homme devient monstre pour survivre. Et c’est bien de ça qu’il s’agit ici : de la mutation intérieure qu’impose un monde rongé par la cupidité et l’arrogance. AWOL rappe comme s’il expulsait le venin — chaque syllabe est une déflagration lucide contre les forces corrompues qui parasitent nos vies. Pas de punchlines gratuites, pas de posture : juste la vérité, nue, salie, belle dans sa colère.
August Fanon, en alchimiste du sample, construit une atmosphère dense, presque mystique. Les boucles de vinyle craquent comme des os, les basses rampent dans l’ombre, la batterie claque à la manière d’un cœur sous tension. On y sent l’école du hip-hop new-yorkais, celle où le verbe dominait tout, mais aussi une profondeur presque cinématographique, héritée du jazz et du grime. C’est de la musique pour penser en marchant, pour cogiter les poings dans les poches.
Dans son clip signé Jack De$a, Altered Beast prend des allures d’errance nocturne — entre ruelles, écrans et visages flous. AWOL y apparaît comme un personnage de roman noir, mi-rêveur, mi-fantôme, coincé entre sa propre conscience et un système qui l’étouffe. Le morceau parle autant de survie que de renaissance : on y devient « bête » pour ne pas être dévoré.
AWOL Da Mindwriter porte bien son nom : un poète hors-ligne, sans filtre, un penseur du ghetto numérique. Il ne rappe pas pour séduire mais pour témoigner. Dans Altered Beast, il nous tend un miroir, et le reflet n’est pas beau à voir — mais il est vrai. C’est ce qui fait toute la force du morceau : ce sentiment de lucidité, cette façon de transformer la colère en matière noble.
Ici, le hip-hop retrouve sa vocation première : dire le monde, sans maquillage, sans compromis. Altered Beast n’est pas un single. C’est un cri d’humanité dans un monde qui a troqué la vérité contre le confort. Et AWOL, lui, refuse toujours d’appuyer sur “pause”.
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octobre 7, 2025Le boom-bap n’est pas mort — il s’est simplement retiré dans l’ombre, attendant le moment de frapper à nouveau. Et avec You Ain’t Me, Bumpy Knuckles (aka Freddie Foxxx) revient comme un boxeur vétéran qui monte sur le ring sans gants, accompagné d’un autre survivant du hip-hop new-yorkais : G-Dep. Ensemble, ils rallument la flamme de la rue, celle qui brûle sans artifices, juste avec des mots taillés au marteau et des beats qui cognent comme des portières de Bronx au petit matin.
Le morceau s’ouvre sur un beat sec, poussiéreux, d’une pureté qu’on n’entend plus : caisse claire qui claque, basse qui rampe, sample filtré jusqu’à l’os. C’est la signature de Bumpy Knuckles — brut, sans concessions, un retour à l’époque où chaque rime pesait plus lourd qu’un chèque de major. G-Dep, fidèle à lui-même, entre dans la mêlée avec cette nonchalance coupante, flow trempé dans le bitume de Harlem, balançant ses lignes comme des confidences sous tension. You Ain’t Me, c’est pas un morceau de rap, c’est un statement : un rappel que dans un monde saturé de clones, certains refusent toujours de se diluer.
La production, old school dans l’âme mais affûtée comme une lame neuve, fait résonner chaque syllabe comme un impact. Bumpy Knuckles joue le rôle du maître d’œuvre, du bâtisseur de temples rythmiques. Le son sent la sueur du studio, les vinyles griffés, la rage contenue. Il ne cherche pas la nostalgie, il revendique la continuité — celle d’un rap conscient de son héritage, mais prêt à le défendre bec et ongles.
Le clip, dirigé par Martyr Scorcesse, parachève cette atmosphère de réalisme cru : pas d’artifice, juste deux légendes dans leur élément naturel, micro en main, regards qui transpercent. Le visuel renforce la dureté du propos, l’urgence de deux voix qui ne rapent plus pour séduire mais pour rappeler d’où vient tout ça.
Ce morceau, c’est un peu comme une lettre ouverte au rap moderne : un avertissement, peut-être, mais surtout un manifeste. Quand Bumpy Knuckles lâche ses couplets, c’est toute une époque qui reprend souffle — celle des cyphers, des studios enfumés, des mixtapes gravées à la main. You Ain’t Me n’est pas là pour plaire, il est là pour rappeler.
Et le message est clair : dans cette industrie de façade, seuls les vrais tiennent la distance. Les autres… ne sont que des échos.
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octobre 6, 2025Il y a dans la voix d’Émile quelque chose de profondément humain, une fatigue douce, comme celle qu’on traîne après trop de nuits blanches passées à penser à demain. Baby d’Overseas est un carnet de route, un autoportrait flou où chaque mesure ressemble à une photo prise au vol dans le rétroviseur d’une vie en mouvement. On y entend le vent chaud des départs, le claquement discret des portes qui se ferment derrière soi, et cette solitude étrange qui habite les voyageurs qui ne savent plus très bien où se trouve « chez eux ».
Installé à Sydney, Émile rappe la distance comme d’autres parlent d’amour. Il transforme le déracinement en style, la mélancolie en groove. Rien n’est plaqué, rien n’est forcé. La production — pensée avec un cercle intime de beatmakers — respire, laisse de l’air entre les notes. On entend des textures organiques, des nappes qui s’étirent comme l’horizon après la pluie, des basses qui frappent sans brutalité. La musique d’Émile a ce charme rare : elle avance doucement mais laisse des traces profondes, comme une marée lente sur un rivage intérieur.
Ce qu’il raconte, on ne le saisit pas forcément tout de suite. Ce n’est pas un rap de démonstration ni un manifeste de plus sur l’indépendance. C’est un souffle. Une façon de dire le monde tel qu’il est vécu depuis l’exil : à la fois vaste et étroit, bruyant et silencieux. On sent dans chaque morceau un aller-retour permanent entre la rue et l’intime, entre le souvenir de Troyes et la lumière blanche de l’Australie. Émile n’imite personne, il avance à pas calmes, un peu cabossé, un peu rêveur, mais lucide.
Baby d’Overseas dégage cette chaleur rare qu’ont les disques sincères : ceux qui ne cherchent ni la perfection ni la mode, mais simplement la justesse. Le mix, signé de proches, garde cette proximité du souffle, cette impression d’être dans la pièce avec lui. C’est du rap qui parle bas mais qui résonne longtemps, comme un murmure qui refuse de s’éteindre. Un disque à écouter seul, peut-être la nuit, quand tout s’apaise et que le monde paraît enfin à la bonne distance.
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octobre 6, 2025Le vent de l’automne soufflera à peine que Marseille se préparera déjà à vibrer. Les 10 et 11 octobre prochains, l’Affranchi redeviendra ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : une forge à émotions, un creuset de voix et de fièvres. Pendant deux nuits, Festi’Mars 2025 rallumera le feu sacré du rap marseillais, celui qui se nourrit de rue, de vérité et d’amour brûlé.
Il y aura l’odeur du béton tiède et des joints froissés dans les poches, les basses qui secoueront les vitres, les corps qui danseront par réflexe. Et puis surtout, il y aura cette chose impossible à nommer — un mélange de fierté et de rage douce — que seul Marseille sait produire.
Le vendredi, la braise prendra feu
SAF ouvrira la marche, entouré de son énergie contagieuse, prêt à faire trembler la salle avec un flow dense, tranchant, qui sent la rue et la rédemption. Elams, lui, viendra avec son charisme tranquille, ce timbre reconnaissable entre mille, capable d’allumer un public d’un simple mot. Puis Thabiti glissera sa poésie mélodique entre deux éclats de voix — une respiration, une prière urbaine. Solda, vétéran de Félix-Piat, rappellera à tous que le rap marseillais n’a jamais été une mode : c’est une mémoire, une blessure, un cri transmis de génération en génération.
Le vendredi sera incandescent, dense, une montée d’adrénaline à la manière d’une nuit sans fin sur le Vieux-Port.
Le samedi, la relève fera trembler les murs
Le lendemain, la jeunesse prendra le micro comme on prend les armes. Kofs reviendra en chef de file, sa voix rocailleuse portée par la gravité du vécu, tandis que YL laissera glisser ses rimes acérées, témoin d’un Marseille lucide et fier. Puis ce sera au tour de Missan, Abdii d’la SF, Diez et Sang Bleu de faire chavirer la salle : des visages nouveaux, des promesses déjà tenues, des talents qui ne s’excusent pas d’exister.On parlera d’énergie brute, de sueur sur le front, d’éclats de vérité crachés au micro — parce que chaque mot, ici, comptera comme un battement de cœur.
Marseille, toujours en feu
Le Festi’Mars est une déclaration d’amour à la ville et à sa culture, une manière de dire que Marseille continue, malgré tout, à brûler au rythme de ses artistes. Deux soirs pour se souvenir que le rap, ici, est plus qu’un son : c’est une manière d’exister, de raconter la vie, de la sublimer.
Les lumières s’éteindront, la salle vibrera encore, et dans le silence qui suivra, on sentira cette phrase flotter dans l’air : “Ici, le rap n’est pas un genre. C’est une langue.”
Et Marseille, une fois encore, parlera à travers ses voix.
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octobre 3, 2025À Toulouse, il pleut autrement. Pas ces orages écrasants du Sud, mais une pluie qui rythme les pas, qui te colle à la peau et t’oblige à lever les yeux. C’est dans cette bruine sensible que DALIA installe son nouvel EP, Les jours de pluie, six morceaux qui font de l’introspection un terrain de danse, et de la mélancolie une pulsation collective.
Ce trio, mi-rappeurs, mi-chanteurs, mi-artisans de textures, refuse le confort des cases. Leur musique, c’est un carrefour : le rap qui raconte, la chanson française qui s’épanche, le jazz qui insuffle sa respiration, et des effluves latines qui réchauffent tout ça. On pense à Kendrick Lamar dans la manière de tordre la ville en récit sonore, à Iliona dans l’intimité à fleur de peau, et parfois à Billie Eilish dans ce goût du proche, du brut, de la voix qui frôle presque l’oreille.
Dans Les jours de pluie, chaque titre agit comme une vitre embuée où les voix dessinent des silhouettes tantôt indignées, tantôt nostalgiques. Les textes parlent de changements de vie, de liens humains fragiles, de force du collectif. Et toujours cette ambiguïté : une plainte qui se danse, une douceur qui cogne. Le groove — sculpté par les percussions, la basse et cette trompette incandescente — donne l’impression que même sous l’averse, on peut bouger les épaules.
Le mixage, volontairement brut, casse la distance. On n’écoute pas DALIA, on discute avec eux, comme si les deux voix du groupe s’asseyaient dans ton salon pour balancer leurs doutes et leurs visions. Le mastering de Sheldon polit l’ensemble sans l’étouffer, préservant cette chaleur rugueuse qui fait toute leur singularité.
Et puis il y a cette pièce maîtresse : Un quart d’heure. Quinze minutes de montée ininterrompue, un bloc sonore qui déroule la ville telle qu’on la vit : bruyante, pressée, saturée, mais toujours traversée de silences. Le morceau s’étire comme une marche nocturne où l’on finit par ne plus savoir si le grondement vient de l’extérieur ou de soi. Le clip animé prolonge ce vertige : entre réalisme cru et échappée poétique.
Avec Les jours de pluie, les membres de DALIA fabriquent une chambre d’écho où chacun peut déposer ses fêlures. Un disque humain, terriblement humain, qui donne envie d’aimer la pluie.
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octobre 3, 2025Écouter Corpse Sonata Vol. I de MODUL8, c’est comme descendre dans une morgue où chaque tiroir contient non pas un corps, mais un genre musical éventré. Le néon clignote, le carrelage suinte, et toi tu avances, casque sur les oreilles, tandis que les beats, encore tièdes, vibrent d’une rage posthume portée par des flows de rap féminin.
Le disque s’ouvre avec “Ghosts of the Beats”, et déjà, on marche sur des ruines. Ce ne sont pas des samples, ce sont des spectres — silhouettes floues de hip-hop, d’électro, de dubstep, réduites à des ombres. La basse tremble comme une incantation, et tout de suite tu comprends : ici, MODUL8 n’empile pas des sons, il exhume des cadavres pour les ressusciter sous une forme monstrueuse.
Puis survient “Maniac Ramblings”, un déferlement verbal où les rimes cognent comme un délire écrit sur les murs d’une cellule. Les syllabes fusent à double vitesse, pas pour impressionner, mais pour faire entendre la compulsion : impossible de s’arrêter, comme si chaque mot était un spasme. On n’est pas dans le rap de posture, on est dans le besoin.
Avec “Carnivore Cadence”, le beat devient mâchoire. On le sent : ça mastique, ça déchire, ça broie. C’est une rythmique carnassière, un groove qui mange tout et recrache des éclats de trap, de glitch, de phonk, comme des os éparpillés.
“Leaving Corpses (Can’t Help It)” est sans doute le morceau le plus obsédant du lot : confession d’un meurtrier de beats qui assume son vice. La voix, mi-désespérée, mi-sadique, résonne au milieu d’une prod qui tangue comme une barque trouée. C’est sale, mais tellement fascinant.
Le cœur noir du disque bat avec “Confession of Beat Murder” et “Percussion Inferno”. Le premier, c’est un manifeste : chaque snare est un coup de scalpel, chaque bass drop une giclée. Le second, c’est une transe incendiaire — des percussions empilées jusqu’à la suffocation, un feu qui consume tout.
Puis, à mesure que l’album avance, les pièces deviennent encore plus délirantes. “Pulse Collapse” s’éteint et redémarre comme un cœur artificiel. “Twisted Beginnings” tourne autour de l’idée qu’aucun départ n’est innocent, chaque commencement est déjà tordu. “Venom Script” écrit sa partition à l’acide, là où “Ripping & Eating” est une orgie sonore, une bouchée d’ultraviolence électro avalée d’un seul trait.
“Bodybags” est presque cinématographique : on les voit, ces sacs alignés, et chaque coup de kick claque comme une fermeture éclair qu’on referme. Et puis surgit “Infinite Piece”, le sommet : une boucle infinie, comme si la musique cherchait à se dévorer elle-même, avalée par son propre vertige.
L’avant-dernier morceau, “Stomp the Hats”, est un clin d’œil ironique : un dancefloor tordu, où les hi-hats martelés deviennent une danse macabre. Enfin, “Interrogation” conclut ce sonata comme un huis clos : voix distordues, percussions claustrophobes, on n’écoute plus une chanson, on subit un procès intérieur.
MODUL8 invente avec ce premier volume une véritable esthétique : le curbstep, mélange de phonk, dubstep, trap, glitch et boom bap, mais surtout état d’esprit. Une musique qui ne veut pas séduire, mais déranger. Qui ne se consomme pas, mais se vit comme une immersion. Ici, pas d’auto-tune, pas de vernis. Seulement la fièvre d’un artiste qui transforme son obsession en laboratoire sonore.
Corpse Sonata Vol. I est une autopsie jouée à plein volume. Une célébration du macabre, mais aussi une promesse : celle que la musique n’est jamais vraiment morte, tant qu’il reste quelqu’un d’assez fou pour lui redonner un corps.
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octobre 3, 2025Avec Falkenflug für Charlie Kirk, Raubtier Kollektiv signe un morceau qui dépasse le simple rap pour se hisser au rang de rituel sonore. Tout y est pensé pour frapper autant l’esprit que le corps : le beat, lourd et martelé, agit comme une marche funèbre dopée à l’électro industrielle, tandis que la voix s’impose comme une incantation, une proclamation scandée dans le ciel noir.
La métaphore du faucon irrigue tout le texte : oiseau de proie mais aussi figure visionnaire, il symbolise la lucidité, la capacité de percer les mensonges et de maintenir une trajectoire nette malgré la tempête. Dans le refrain — « Falkenflug, schießt durchs Himmelslicht, / Die Wahrheit lebt, stirbt niemals nicht ! » — l’image devient un mantra, une promesse que la vérité, malgré les coups portés, continue de voler au-dessus des ombres.
Ce qui frappe, c’est la tension constante entre deux pôles sonores. D’un côté, une production aux nappes électroniques planantes, hypnotiques, qui évoquent la hauteur, le vol, la distance. De l’autre, une base hip-hop sèche et frontale, kicks massifs, basse saturée, qui ramène toujours l’auditeur vers le sol. Entre ciel et terre, Raubtier Kollektiv invente un espace où l’on danse tout en méditant, où la brutalité et la poésie se confrontent dans un même flux.
Au-delà de son énergie, Falkenflug für Charlie Kirk fascine par son ambition mythologique. On peut y lire un héritage : celui du rap engagé allemand qui, depuis des décennies, aime brouiller les frontières entre manifeste politique et poésie urbaine. Mais ici, le collectif pousse le geste plus loin : en convoquant le faucon comme archétype, il relie le présent à une imagerie intemporelle — des dieux égyptiens à l’animal-totem chamanique, en passant par la figure romantique du poète qui voit plus haut et plus loin.
En cela, Raubtier Kollektiv réussit un pari rare : transformer un morceau de rap en fresque symbolique, où le deuil devient rituel et où la colère se transmue en élévation. Falkenflug für Charlie Kirk n’est pas seulement une chanson, c’est un vol : celui d’une vérité blessée qui refuse de tomber, portée encore par le battement des ailes.
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octobre 1, 2025Medellín n’est pas ici une carte postale mais un battement de cœur. Dans El Poblado, Alexandros Sarafis et Harry Mold transforment un quartier de la ville en état émotionnel, en espace sonore où se croisent souvenirs, désirs et fragments de langues. Ce n’est pas une chanson d’été, c’est un voyage intime porté par des percussions souples et une basse moelleuse, une sorte de chaleur intérieure qui se déploie au rythme d’un afrobeat sensuel teinté de hip-hop et de pop latine.
On y retrouve la touche de Wizzy Wow, producteur deux fois nommé aux Grammy Awards, qui habille le morceau d’un voile à la fois lumineux et feutré. Mais ce qui retient surtout, c’est la complicité entre les deux voix. Sarafis déroule son rap doux comme une confidence, Mold lui répond avec une légèreté presque nonchalante. L’alternance des langues — anglais, espagnol, grec — ne sonne jamais comme une pose : c’est l’évidence même d’une émotion qui refuse les frontières.
Le morceau raconte l’amour avec une économie de moyens et une grande sincérité. Plutôt que d’exagérer les clichés trop souvent accolés au “feel good”, El Poblado reste dans l’intime, presque fragile, mais il en émane une vérité universelle. La fluidité de la prod épouse le récit : c’est le genre de track qui ne s’impose pas par sa force mais qui s’installe doucement, comme un souvenir qui refuse de s’effacer.
Alexandros Sarafis, déjà reconnu pour son talent d’hybridation entre hip-hop UK et influences grecques, confirme ici une écriture musicale nomade. Avec Mold, il compose un morceau qui ne cherche pas à briller mais à accompagner : un sourire posé sur une instru, un souffle qui donne envie d’aimer sans conditions.
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octobre 1, 2025Dès les premières secondes, on comprend que LnO ne veut pas séduire : il veut cogner. Cutthroat Kingdom est ce genre de titre qui ne laisse aucun espace à la respiration, ni à l’auditeur, ni à l’artiste. Pas de refrain, pas de hook accrocheur, juste un flot continu de mots qui tombent comme des coups de masse. C’est l’anti-format radio, un manifeste d’indépendance et de défiance, l’annonce d’un royaume où les règles s’écrivent à la machette.
LnO, né à Seattle et façonné par le jazz que ses parents faisaient tourner à la maison autant que par les freestyles de son frère, prouve ici son goût pour le contre-pied. À 22 ans, il se lançait à peine dans le rap. Aujourd’hui, il a cette maturité étrange des “late bloomers” : pas d’impatience brouillonne, mais une densité qui s’installe tout de suite. Dans Cutthroat Kingdom, chaque ligne pèse comme un témoignage : douleur, trahison, ego blessé, confiance regagnée. On a l’impression d’entendre le carnet d’un survivant balancé au micro, sans fioritures, sans vernis.
La production, sobre et granuleuse, sert d’écrin à cette performance. Elle rappelle l’âpreté du boom bap tout en se frottant à une noirceur plus contemporaine, proche des paysages sonores du gangsta rap. Mais la vraie force du morceau, c’est son refus de céder à la facilité. Là où tant d’artistes cherchent un gimmick, un instant TikTok, LnO choisit l’immersion totale dans le texte. Il impose un récit, une atmosphère où l’on ne sort pas indemne.
Et ce n’est que l’introduction de son projet Birth of a Skywalker, premier chapitre d’une trilogie annoncée. Si Cutthroat Kingdom pose les fondations, elles sont en béton armé. Pas de royaume sans violence, pas d’empire sans rébellion. LnO construit le sien en trois minutes serrées, où l’on sent déjà que le souffle de l’histoire sera plus vaste, mais qu’il fallait commencer par trancher.
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octobre 1, 2025Écouter NineMansion, c’est plonger dans un miroir déformant : celui d’une génération qui se noie dans ses écrans, mais qui parvient à transformer ses vertiges en hymnes vibrants. New Life EP n’est pas une simple sortie rap de plus, c’est un état des lieux intérieur, un laboratoire émotionnel où chaque son devient un fragment de peau arraché, recollé, transfiguré. L’artiste de Virginie semble écrire comme on saigne, mais avec une lucidité qui transforme ses blessures en matière brute.
L’ouverture avec Moon Nightiger est une claque atmosphérique. Tout s’y mélange : la lourdeur d’un 808 comme battement de cœur oppressé et une voix qui surgit comme un souffle coupé. Il y a dans ce titre quelque chose de nocturne, de presque spectral, un morceau qui avance à tâtons mais qui trace déjà une ligne directrice : NineMansion ne craint pas le vide, il le sonorise.
Puis vient Don’t Know, en collaboration avec Xtasane. Ici, on touche à une fragilité assumée. Les voix se superposent, hésitent, se contredisent presque. C’est l’incarnation sonore de l’incertitude, cette incapacité à fixer le réel autrement qu’en flottant au-dessus de lui. On y retrouve l’essence du digicore, ce rap sous perfusion numérique qui transforme l’indécision en langage universel.
Le virage arrive avec Chosen. La production s’épaissit, les voix se dressent comme des étendards. NineMansion et Xtasane ne sont plus dans le doute, ils revendiquent. Ce titre pulse comme un cri de victoire murmuré entre les lignes : malgré les échecs, malgré les blessures, il y a encore la certitude d’être vivant, de mériter sa place.
Enfin, Can’t Fix It referme le cycle avec une retenue presque glaciale. Pas de grandes explosions, mais une lucidité tranchante : certaines choses ne se réparent pas. Pourtant, cette résignation n’a rien de défaitiste. Elle sonne comme une libération, un pas vers une maturité nouvelle, le cœur cabossé mais l’âme tournée vers l’avenir.
Avec ce projet, NineMansion impose un style hybride, à mi-chemin entre l’emo-rap, le plugg futuriste et une sensibilité pop déchirée. Sa force est là : faire du chaos une architecture, de la vulnérabilité une esthétique, et du doute une arme. New Life EP n’est pas seulement une renaissance, c’est un rappel que l’on peut renaître plusieurs fois, même quand on croit avoir déjà tout perdu.
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octobre 1, 2025On pourrait croire à une provocation : baptiser un morceau Tai Chi alors que le rap de Dialect Sosa frappe avec la puissance d’un uppercut. Pourtant, derrière la rugosité de la voix et l’intensité de la prod de Whodunit, il y a cette recherche d’équilibre qui fait tout le sel du morceau. Comme si l’artiste canadien transformait l’énergie brute en mouvement fluide, maîtrisant la tension pour mieux la libérer.
Dialect Sosa, c’est un rappeur qui n’a pas peur de se frotter aux paradoxes. Issu de la scène de Niagara, il a grandi dans le boom bap des années 90, mais refuse de s’enfermer dans une nostalgie stérile. Sur Tai Chi, il injecte cette racine old-school dans une architecture sonore beaucoup plus futuriste, où les basses grondent et les textures s’ouvrent à des sonorités presque cosmiques. Une manière d’annoncer la couleur de son projet 3035: a space odyssey, deuxième album en moins d’un an, qui confirme son ambition : inscrire son rap dans une dimension plus large, presque conceptuelle.
Là où son premier disque (Ultra-Violence: Decline Of A Beautiful Mind) brillait par sa noirceur et son intensité dramatique, Tai Chi se distingue par une maîtrise plus posée, presque méditative. Bien sûr, l’énergie reste explosive, mais elle est canalisée, sculptée. On sent le travail d’un artiste qui pense sa musique comme un art martial : chaque punchline est un geste précis, chaque silence une respiration, chaque montée une frappe retenue.
Ce morceau, au fond, est une métaphore de sa démarche : un rap conscient de ses racines mais résolument tourné vers l’avenir, un pont entre l’underground rugueux et l’expérimentation galactique. Dialect Sosa ne cherche pas seulement à s’imposer, il veut réinventer les règles du jeu, élargir le terrain de jeu du hip-hop canadien au-delà de ses frontières naturelles.
Avec Tai Chi, il prouve que la puissance n’exclut pas la subtilité, et que dans le chaos sonore, il est possible de trouver une harmonie. Un morceau qui, à sa manière, redéfinit l’équilibre entre rage et élévation.
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octobre 1, 2025Trois trajectoires qui se croisent, trois énergies qui s’entrechoquent et se complètent, pour donner naissance à un morceau qui sonne autant comme une célébration que comme une déclaration d’intention. On Me, produit par Mark Yee, réunit Rajeo, Ice Meez et LaRussell, trois figures qui, chacune à leur manière, incarnent une facette du hip-hop actuel : la mélodie qui accroche, la plume affûtée et la vision d’un rap qui refuse de se vendre aux codes établis.
Rajeo ouvre la danse avec un refrain qui glisse naturellement dans l’oreille, fruit d’un savoir-faire forgé à l’époque du mouvement RnBass, où le chant et le rap se chevauchaient pour dessiner un pont vers un public élargi. Ici, sa voix prend des allures de mantra : l’assurance tranquille, la confiance posée sur une instru à la fois soyeuse et nerveuse. C’est cette douceur tendue qui permet à Ice Meez d’entrer avec un premier couplet précis, sans esbroufe mais avec cette franchise de storyteller qui a fait sa réputation dans la scène californienne.
Puis vient LaRussell, l’OVNI de Vallejo, entrepreneur, poète de rue, agitateur d’idées qui ne cesse de bousculer le business model du rap game. Sa voix a quelque chose d’imparable : elle ne cherche pas à plaire, elle impose une authenticité brute qui rehausse tout le morceau d’une intensité supplémentaire. Sa présence confirme que On Me n’est pas juste un single de plus dans la vague trap-R&B, mais un jalon dans cette cartographie parallèle qu’il trace depuis des années avec son indépendance en bannière.
Le morceau, hybride et limpide, joue sur une tension séduisante : il est assez smooth pour tourner en boucle dans une soirée, assez incisif pour tenir la route dans une playlist rap exigeante. Un équilibre fragile que peu savent maintenir.
Au fond, On Me n’est pas seulement un titre sur la réussite et la confiance en soi, c’est une alliance d’artistes qui partagent une même volonté : construire leurs victoires à leur manière, sans concessions. Et c’est précisément cette sincérité qui fait que ce titre frappe plus fort qu’un simple banger.
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octobre 1, 2025Plutôt que de céder aux artifices clinquants des clips calibrés pour le streaming, Showtime Ramon choisit l’arme la plus brute : une caméra Sony à l’ancienne, granuleuse, presque VHS dans l’âme. Ce choix esthétique n’est pas anodin. Underdog n’est pas un titre à consommer comme un produit poli, c’est une déclaration, un manifeste rap qui porte la sueur des battles de quartier et l’odeur des rêves forgés loin des majors.
Dès les premières mesures produites par Xynfe, le beat respire l’école boom-bap et ses claquements secs, mais infusés d’un ADN trap qui le propulse dans l’ère moderne. Showtime Ramon s’y engouffre avec un flow qui mord, mélange de technicité crue et de références pop culture qu’il balance comme des uppercuts. Wrestlers, athlètes, jeux vidéo : tout son univers défile dans ses punchlines, non pas comme des gimmicks gratuits mais comme un lexique identitaire, une manière de signer sa différence et de rendre hommage à ses obsessions.
Là où beaucoup se contentent de rejouer la carte de l’ego-trip, Ramon injecte un sous-texte constant de survie et d’élévation. Underdog n’est pas qu’un statut, c’est une revendication. Le morceau traduit cette tension entre rage et résilience, entre lucidité et volonté de s’imposer malgré le système. Le clip, minimaliste et frontal, renforce cette impression : pas de mise en scène sophistiquée, juste une caméra qui capte la présence brute de l’artiste, sa gestuelle, son intensité.
Avec plus de vingt projets déjà sortis, Showtime Ramon s’impose comme un artisan obsessionnel, un rappeur qui écrit, enregistre et façonne ses morceaux en solitaire. Cette indépendance résonne dans chaque bar, dans chaque plan du clip : il n’attend pas la validation d’une industrie, il construit son propre ring et s’y bat sans filet.
Underdog devient alors un hymne pour tous ceux qui avancent à contre-courant, ceux qui savent que la reconnaissance se gagne à force de persévérance. Showtime Ramon ne joue pas les outsiders : il en fait une couronne.
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octobre 1, 2025Le titre trompeur est une provocation en soi. Country, le nouveau morceau d’Ivory Keyes, n’a rien d’une balade rurale aux accents country-pop ; c’est au contraire un brûlot dancehall mâtiné de pop rap et de gangsta rap, pensé comme une réponse directe aux préjugés et aux insultes qui collent aux accents, aux cultures et aux origines. Ici, le beat est lourd, presque martial, avec une ligne de basse charnue qui roule comme un moteur au ralenti avant de rugir, et un flow qui mêle venin et lucidité.
Ivory Keyes prend les codes du dancehall moderne – percussions syncopées, refrains scandés – et les mélange à l’énergie brute du rap US. On entend un fond de trap dans la rythmique, des ad-libs taillés pour faire monter la tension, et un phrasé qui déjoue l’attente à chaque mesure. Là où d’autres se contenteraient de surfer sur un riddim efficace, Keyes en fait un manifeste : dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sur le mépris social et culturel.
L’impact est double. Sur le plan sonore, Country est irrésistible : c’est le genre de track qui, passé 23h, fait bouger des clubs où les genres se croisent sans hiérarchie. Sur le plan du texte, c’est un renversement – Keyes renvoie l’ignorance à ceux qui se croient supérieurs, joue de l’ironie et de la colère comme d’un instrument supplémentaire. Le morceau oscille entre l’envie d’en découdre et celle de s’élever au-dessus de la bêtise ambiante, ce qui lui donne une dimension presque cathartique.
Et puis il y a cette voix. Rugueuse, mais posée, elle n’est jamais écrasée par l’instrumental. Elle tient debout, droite dans son propos, comme un témoin qui raconte sans filtre son vécu. Quand on lit la bio d’Ivory Keyes – enfance sans parents, musique comme respiration – on comprend d’où vient cette rage maîtrisée, cette urgence qui traverse Country. C’est moins un single qu’une prise de parole dans un paysage saturé d’images et de sons interchangeables.
Country est un coup de poing au rythme d’un riddim, une démonstration de style et de conscience. Ivory Keyes, lui, ne demande pas qu’on l’écoute : il force l’attention, et on en redemande.
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octobre 1, 2025Un souffle de certitude traverse LUCKI. Le morceau de Nchaze ne se contente pas d’ajouter une pierre à l’édifice du trap mélodique, il cherche à en redessiner la silhouette : moins sombre, plus tournée vers l’élévation, presque mystique. Tout est dans ce titre volontairement altéré — LUCKI au lieu de lucky — comme si le simple fait de tordre le mot suffisait à en créer une version unique, une amulette sonore contre le doute.
La production glisse entre nappes vaporeuses et 808 martelés, un jeu d’équilibriste entre légèreté et gravité. Le beat donne l’assise, solide, terrienne, tandis que les synthés s’étirent comme des halos, transportant l’auditeur dans une dimension aérienne. Cette tension entre ciel et sol, entre introspection et affirmation, est au cœur du morceau.
La voix de Nchaze, elle, épouse ce double mouvement. On y sent la vulnérabilité de celui qui cherche encore ses repères, mais aussi la fierté de celui qui s’est choisi un destin. Dans ses inflexions, on devine l’école du cloud rap, mais adoucie par une approche pop plus immédiate, plus universelle. Là où tant d’artistes s’égarent dans le spleen ou la plainte, Nchaze préfère ériger la confiance comme moteur, transformant l’intime en incantation collective.
Ce qui frappe, c’est l’efficacité avec laquelle la track s’ancre dans la mémoire. Refrain entêtant, atmosphère limpide, maîtrise technique : LUCKI coche toutes les cases du single calibré pour les playlists, tout en gardant cette aura étrange, presque spirituelle. C’est un titre qui se vit autant dans l’énergie d’un trajet de nuit que dans l’intimité d’un casque isolant du monde.
Avec ce morceau, Nchaze s’affirme comme un alchimiste de la trap pop : il manipule les codes, les colore de sa propre vision et construit un son qui respire autant la foi en soi que la volonté de transcender le quotidien. LUCKI n’est pas seulement une chanson, c’est une posture, un talisman porté en musique.
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octobre 1, 2025Un souffle métallique traverse les enceintes, puis tout s’embrase. You Ain’t Build Like Me ne se contente pas d’être un morceau de rap : c’est un champ de bataille, un moteur lancé à pleine vitesse, une pulsation taillée pour ceux qui ne connaissent pas la reddition. Là où d’autres beats servent d’accompagnement, celui-ci impose sa loi — une bande-son de survie, calibrée pour transformer chaque geste, chaque effort, en rituel.
Joznez, maître des productions monumentales et habitué à écrire la grammaire sonore des blockbusters et des publicités globales, bâtit ici une forteresse de sons. Les basses cognent comme des haltères lâchés au sol, les synthés tracent des lignes acérées dans l’air, et les drops frappent avec la régularité d’un cœur en surchauffe. Kataem, lui, entre dans l’arène avec un flow d’acier trempé : chaque phrase martèle, répète, ancre une vérité simple — tu n’es pas fait comme moi. Plus qu’un refrain, c’est un mantra, une promesse de supériorité et de persistance.
Ce titre est conçu pour des contextes précis, mais universels : le dernier set qui brûle dans une salle de musculation, l’écran qui clignote dans une partie serrée, ou simplement la course contre soi-même quand la fatigue menace. La force du morceau, c’est de rendre l’ordinaire héroïque. En un instant, le banal devient cinématique.
Dans l’histoire du rap énergivore, de DMX à Meek Mill, il y a toujours eu ces morceaux qui dépassent la simple écoute pour devenir carburant. You Ain’t Build Like Me s’inscrit dans cette tradition, mais en version 2.0, avec une précision chirurgicale héritée de la trap européenne et des productions hollywoodiennes.
Ce n’est pas seulement une track, c’est une posture : un refus de plier, un appel à ceux qui se construisent dans la douleur et la discipline. Et si la musique peut être une arme, celle-ci est forgée pour pousser quiconque l’écoute à franchir sa propre ligne rouge.
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septembre 30, 2025Un train, c’est rarement une destination. C’est un entre-deux, une bulle où l’on regarde défiler le monde, où l’on pense trop, où l’on écrit des rimes dans le reflet d’une vitre sale. Avec step on the train, Pozzy transforme ce lieu banal en théâtre mental, en terrain mouvant où les beats respirent comme des wagons et où les mots claquent comme des portières qui se ferment trop vite.
Le morceau est construit comme une dérive londonienne : ses flows souples, presque désinvoltes, viennent se poser sur une prod jazz infusée de poussières électroniques, un groove à la fois feutré et bondissant. On reconnaît l’ADN grime, mais Pozzy le tord, le ralentit, le rend poreux. Pas de démonstration de force, pas de surjeu : juste une honnêteté brute, celle d’un jeune de 20 ans qui se frotte aux contradictions de la modernité, entre études, soirées qui s’éternisent et cette impression de marcher sur un sol qui se dérobe.
Là où d’autres s’acharnent à répéter les mêmes schémas, Pozzy joue l’échappée. Sa voix, parfois presque parlée, respire l’authenticité d’un kid qui refuse les étiquettes : ni strictement grime, ni pop, ni alt-rap, mais tout ça à la fois, digéré avec une élégance qui rappelle l’école UK la plus aventureuse. On pense à ces figures capables de rendre l’intime politique, le quotidien mythologique, la mélancolie presque festive.
Et derrière le récit personnel, il y a une ambition claire : raconter le Royaume-Uni d’aujourd’hui depuis l’intérieur, capter les hésitations, les espoirs et les frustrations de sa génération sans surjouer le drame. step on the train est une chanson d’observation, une invitation à s’asseoir à côté de lui, casque sur les oreilles, et à voir la ville se transformer en décor mouvant.
Pozzy ne propose pas qu’un single : il esquisse une cartographie sonore où le grime devient introspectif, où le jazz s’invite dans les ruelles bétonnées, où chaque refrain ressemble à un virage entre deux stations. C’est l’annonce d’un artiste qui ne se contente pas de prendre le train en marche : il construit sa propre ligne.
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septembre 30, 2025Un morceau comme KIRAN n’arrive pas par hasard : il surgit comme une parabole, quelque part entre la tragédie shakespearienne et la rédemption spirituelle, et porte la marque d’une ambition rare dans le rap contemporain. Horizyn, rappeur d’East London au flow précis et sans compromis, y construit un récit cinématographique autour d’un CEO tout-puissant, happé par l’avidité et la vacuité de son propre empire, jusqu’à ce qu’une expérience de mort imminente lui fasse tout reconsidérer.
Ce qui frappe d’abord, c’est la densité narrative. Chaque rime agit comme un plan de caméra, découpant le destin de ce personnage comme on déroulerait un film noir, avec ses excès, ses échos de solitude et, enfin, sa quête maladroite d’un second souffle. Mais ce réalisme brutal n’est jamais laissé à l’état brut : Vandana Nirankari surgit dans le refrain comme une apparition spectrale, sa voix naviguant entre ferveur et mélancolie, apportant au morceau une gravité quasi mystique. Elle ne se contente pas d’orner le beat — elle l’élève, elle le contredit parfois, elle incarne la possibilité d’un autre chemin.
Musicalement, KIRAN est une alchimie subtile : une base hip-hop britannique qui respire le boom bap réinventé, sur laquelle viennent s’inviter des couleurs harmoniques empruntées à la tradition indienne. Cette hybridation n’a rien d’un gimmick exotique, elle agit comme un véritable liant, un pont entre deux mondes sonores qui se répondent. Le grain lourd de la rythmique dialogue avec des inflexions vocales d’ailleurs, créant une tension permanente entre brutalité et espoir.
Horizyn n’en est pas à son premier coup d’éclat, mais ce titre donne la sensation d’un tournant. Non pas un simple morceau de rap conscient, mais une fable moderne, un avertissement et une promesse. KIRAN rappelle que la musique peut encore servir à raconter des histoires d’âmes perdues et retrouvées, à ausculter les paradoxes humains — ce besoin d’accumuler et ce désir de renaître.
Dans une scène où le spectaculaire et le superficiel dominent, Horizyn et Vandana signent une œuvre d’une intensité rare, qui ne cherche pas seulement à plaire mais à marquer, à hanter, à forcer l’écoute jusqu’au bout. Un morceau qui, comme son titre l’indique, agit comme un rayon : il perce l’obscurité, mais sans jamais en nier la profondeur.
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septembre 30, 2025Dans une époque où le rap s’effiloche parfois en gimmicks éphémères, JRoberts garde les deux pieds dans le béton du réel. Avec Celtic Connoisseur, le MC torontois d’origine irlandaise prouve qu’il n’a pas besoin d’artifices pour imposer une plume : il lui suffit d’un beat brut, d’une ambiance boom bap sculptée à la machette et d’une voix qui porte à la fois le poids de la rue et celui d’une histoire familiale transmise comme une cicatrice.
Ce nouveau morceau respire l’authenticité, cette sueur d’atelier où l’on cisèle les rimes comme on polit une lame. Les nappes instrumentales sentent le vinyle usé, la caisse claire cogne comme une porte de squat, et au milieu de cette ossature old school, JRoberts balance des images où s’entrelacent deux héritages : celui des blocks de Toronto et celui des racines celtiques qu’il brandit comme un blason. Le titre, Celtic Connoisseur, n’est pas qu’une coquetterie : il condense cette tension entre identité et survie, entre la mémoire des ancêtres et la nécessité de rester debout dans un monde qui n’épargne personne.
On retrouve dans sa diction un refus d’arrondir les angles. Chaque phrase semble calibrée pour frapper droit au plexus, mais sans sacrifier la finesse de l’écriture. JRoberts se tient dans cette ligne rare où le rap reste poétique sans perdre son tranchant, politique sans tomber dans le prêche. L’énergie du morceau rappelle l’école new-yorkaise des années 90, mais il y glisse une densité intime, nourrie par son vécu de père, de travailleur, d’homme qui refuse d’abandonner sa passion malgré le poids du quotidien.
Celtic Connoisseur n’est pas un simple single de plus : c’est un manifeste, un rappel que le hip-hop n’a jamais été qu’une question de mode, mais toujours un champ de bataille où chaque mot compte. Et dans cette guerre de l’authenticité, JRoberts avance comme un soldat vétéran, avec le calme de ceux qui savent que la vraie force ne crie pas, elle persiste.
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septembre 30, 2025La première écoute de Monster donne l’impression d’entrer dans un tunnel où les murs tremblent au rythme de basses massives. Pas de texte, pas de voix qui rassure ou guide : uniquement un instrumental tendu, rugueux, qui vous prend à la gorge. Zynovox ne compose pas pour remplir l’espace sonore, il l’agresse, le déforme, le fait claquer jusqu’à l’excès. Et Omofaaji, en renfort, injecte une énergie brute qui fait de cette collaboration un champ de bataille sonore.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau se tient entre plusieurs univers sans jamais choisir : un beat boombap qui convoque la nostalgie des blocs new-yorkais, une agressivité trap qui n’a rien à envier aux clubs d’Atlanta, et des montées électroniques dignes des sets EDM les plus hystériques. Monster est une créature hybride, construite comme une machine de guerre musicale, pensée pour cogner fort, très fort.
L’absence de paroles, loin de créer un manque, ouvre un espace d’interprétation. On se laisse porter par les variations de textures : kicks saturés, hi-hats mitraillés, nappes sombres qui rappellent presque l’imagerie horrorcore. C’est une bande-son pour une course nocturne, un combat de rue, une rave perdue au milieu d’une zone industrielle. Le morceau a cette puissance visuelle, cette capacité à convoquer des images mentales immédiates, comme si chaque drop dessinait une nouvelle scène d’action.
On sent aussi dans Monster un refus du compromis : Zynovox s’amuse à brouiller les frontières, à mettre le rap instrumental sur le même plan que l’électro extrême. Pas question de séduire avec une hook facile, il préfère plonger l’auditeur dans une spirale hypnotique. C’est une démarche radicale, mais nécessaire dans un paysage saturé de formats.
Avec ce titre, Zynovox et Omofaaji signent un manifeste sonore : un rappel que le rap peut exister sans mots, que le corps suffit pour comprendre, que la rage et la transe peuvent se transmettre uniquement par le choc des fréquences. Monster n’est pas seulement un morceau : c’est une expérience physique, presque viscérale, qui laisse le souffle court.
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septembre 30, 2025Ce morceau n’a rien d’un simple freestyle posé à la va-vite : Slipping N 2 Darkness sonne comme une confession, une descente lucide au cœur de ce que la rue, la mémoire et les fantômes du quotidien laissent derrière eux. Eddy Krow, héritier d’une tradition soul et funk que son père lui a léguée en vinyles — Temptations, O’Jays, George Benson — infuse ce vécu dans une écriture rap consciente qui ne cherche pas l’éclat superficiel, mais la profondeur.
La production, sombre et atmosphérique, fonctionne comme une toile nocturne. Les basses sont moelleuses mais insistantes, les nappes sonores s’effilochent comme une brume qui colle à la peau, et l’on sent que chaque beat tombe avec le poids d’une pensée trop lourde pour être tue. C’est dans cet espace que Krow déroule son flow, grave et posé, presque fatigué mais déterminé à ne pas se laisser engloutir.
Ce qui rend la pièce saisissante, c’est l’alchimie avec Oran Bailey. Sa présence vocale agit comme un contrepoint lumineux, non pas pour effacer l’ombre, mais pour lui donner du relief. Là où Eddy Krow creuse dans les paradoxes de la survie, des regrets et des ambitions contrariées, Bailey ouvre des respirations, comme des éclats de lumière filtrant entre les murs d’une cellule mentale.
On entend dans cette chanson les influences de Slick Rick ou LL Cool J, mais aussi une volonté de s’éloigner du clinquant pour revenir à la fonction première du rap : raconter, avertir, témoigner. Slipping N 2 Darkness n’est pas une complainte, c’est un instantané de lutte intérieure, une façon d’admettre que la noirceur existe, qu’elle guette, mais qu’elle peut être nommée et donc affrontée.
Eddy Krow signe ici un titre qui, sous ses dehors feutrés, frappe par sa sincérité et sa maîtrise narrative. C’est un morceau de résistance personnelle, qui ne crie pas sa douleur mais la chuchote avec une intensité qui, paradoxalement, résonne encore plus fort.
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septembre 30, 2025On ne sort pas indemne de l’écoute de OLDHEAD. Karl, qui porte son blaze comme une revendication, livre ici un morceau qui sent le métal brûlé, la sueur, la paranoïa. Ce n’est pas seulement du trap, ni seulement du gangsta rap : c’est une hybridation abrasive où l’horreur et la colère s’invitent, flirtant avec l’énergie brute du horrorcore et la brutalité du trap metal.
Dès les premières secondes, on est happé par une production qui ne laisse pas respirer. Les basses cognent comme des coups portés au plexus, les percussions se tordent en spirales menaçantes et chaque silence, chaque rupture, fait naître une tension presque cinématographique. C’est une atmosphère de cave humide, de ruelle nocturne, où chaque bruit devient une alerte.
Karl s’y engouffre avec un flow qui n’est pas là pour séduire, mais pour graver au fer rouge. Son timbre rauque, volontairement écorché, joue sur une théâtralité viscérale, entre cri étouffé et incantation. Il a cette manière de répéter, de marteler certaines phrases, qui transforme ses mots en armes hypnotiques. Le texte n’est pas une fresque lyrique, c’est une gifle : obsession pour la survie, rejet du système, mémoire des cicatrices.
Mais derrière l’agressivité, il y a un savoir-faire précis. Chaque couche sonore est pensée pour amplifier le malaise : nappes dissonantes, distorsions saturées, échos métalliques. On pense à Denzel Curry période TA13OO ou aux fulgurances rageuses de Ghostemane, mais avec une rugosité plus crue, plus ancrée dans la rue que dans l’expérimentation esthétique.
OLDHEAD est moins une chanson qu’une déclaration. Le genre de morceau qui ne cherche pas à plaire mais à marquer, à ouvrir une brèche. Un manifeste sonore où Karl dit en creux : le rap n’est pas qu’un terrain de jeu pour rookies brillants, c’est aussi le refuge des vétérans qui refusent de baisser la tête.
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septembre 30, 2025Un morceau comme Cuttin’ Up ne se découvre pas, il se reçoit de plein fouet. Dès les premières mesures, Sandrinette s’installe au centre du ring sonore et déroule une performance qui rappelle que le rap reste d’abord une question de souffle, de technique et d’imagination. Pas d’artifices, pas de fioritures : un beat sec, tendu comme une corde, et des mots qui s’entrechoquent comme des coups portés avec précision.
L’inspiration de Papoose et son mythique Alphabetic Slaughter plane évidemment sur le morceau, mais Sandrinette ne se contente pas de citer ou d’imiter. Elle reprend ce modèle d’endurance lyricale pour y injecter son propre tempérament : plus joueur, plus vif, moins démonstratif que jubilatoire. Le plaisir qu’elle prend à manipuler la langue, à sculpter chaque rime comme un éclat de verre, devient communicatif. On n’écoute pas seulement un exercice de style, on assiste à une jubilation — un corps-à-corps entre le texte et la cadence.
La production joue son rôle avec intelligence. Minimaliste, presque spartiate, elle fonctionne comme une cage qui laisse le flow occuper tout l’espace. Chaque silence, chaque respiration, devient partie intégrante de l’attaque verbale. On sent que Sandrinette connaît ses références sur le bout des doigts, mais refuse de se laisser enfermer dans la nostalgie. Son interprétation rend hommage à l’école old-school tout en l’arrachant à son musée pour la projeter dans le présent.
Au final, Cuttin’ Up n’est pas un simple single : c’est une déclaration. Un manifeste qui dit que le rap n’a pas besoin de se travestir pour rester percutant, que la virtuosité technique peut être un moteur d’émotion brute. Sandrinette s’impose ici non pas comme une élève appliquée, mais comme une héritière indocile, prête à tordre l’histoire du hip-hop pour mieux en écrire la suite.
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septembre 30, 2025Certains morceaux donnent l’impression d’être façonnés dans une clairière à la frontière de deux mondes — entre la lumière et l’ombre, entre l’exaltation et la douleur. Amarga Dulce, la collaboration entre le rappeur S.Crow (Oaklandais exilé en Bolivie) et le producteur angelino Dane Diamond, appartient à cette catégorie rare : une pièce de hip-hop conscient qui respire l’équilibre fragile des contraires.
Le beat, tissé par Diamond, est une merveille de contrastes : les flûtes andines s’élèvent comme des prières aériennes au-dessus d’un grave massif et charnel, les textures se superposent avec un raffinement qui évoque autant la moiteur de Los Angeles que les hauteurs de La Paz. C’est un instrumental qui respire, qui prend son temps, mais qui cogne tout de même — un paradoxe sonore à l’image du thème central.
Sur cette toile, S.Crow livre un texte d’une lucidité désarmante. Loin des postures du rap égotrip, il explore le paradoxe du quotidien, cette danse entre douleur et joie, entre fêlure et célébration. Son flow conserve une pointe de rugosité, comme pour rappeler ses racines d’Oakland, mais ses mots s’élargissent, se densifient, s’ouvrent vers l’universel. On sent chez lui une maturité nouvelle, une façon de tenir ensemble ses contradictions : la colère et la tendresse, la mélancolie et la force.
La force de Amarga Dulce est justement de ne pas trancher. Il ne s’agit pas de choisir entre le doux et l’amer, mais d’accepter que l’un existe dans l’autre. La basse lourde appelle les flûtes légères, le beat trap épouse l’élan méditatif, et les vers de S.Crow s’enracinent dans une sagesse acquise au prix des cicatrices.
C’est un titre qui ne flatte pas l’instantané, mais qui s’imprime profondément, comme une leçon de survie poétique : la vie est amère et douce, tout à la fois, et c’est précisément dans cette tension qu’elle trouve son intensité.
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septembre 30, 2025On n’attendait pas forcément Vienne comme nouveau terrain de jeu pour l’afro drill. Et pourtant, SUBR€ME débarque avec un morceau qui condense l’urgence des ruelles berlinoises, la pulsation londonienne et la sueur moite des clubs parisiens. Afro Drill n’est pas seulement un titre : c’est une profession de foi, un manifeste de l’indépendance et de la débrouille artistique, porté par un MC qui s’est occupé de tout, de l’écriture au mastering.
Dès les premières secondes, la prod étourdit. Un beat touffu, presque saturé d’informations, où la batterie électronique cogne comme des volets en plein mistral et où les nappes de synthés s’invitent comme des mirages urbains. Ce côté « busy » — frénétique, nerveux, multiple — colle parfaitement à l’énergie du morceau. La drill, ici, n’est pas minimaliste comme à Chicago ni glaciale comme à Londres : elle se teinte d’un soleil afro, d’un groove qui pulse sous la rugosité, une fusion presque instinctive entre l’héritage du rap allemand et l’esthétique transnationale des diasporas.
La voix de SUBR€ME taille la rythmique à coups secs. Pas besoin d’artifices : le flow est direct, clair, tendu comme une corde de violon. On y sent une volonté d’ériger un monde, de bâtir plus qu’un morceau — une mythologie personnelle où la drill devient terrain de dépassement et rôle modèle assumé. C’est cette sincérité brute qui accroche : derrière les roulements de charleys, on devine la solitude du home studio, la sueur des nuits passées à calibrer chaque son, à rêver une scène plus large.
Afro Drill s’adresse autant aux puristes du UK drill qu’aux amateurs d’afropop qui cherchent un terrain plus rugueux. SUBR€ME prend le risque de l’hybridation et réussit à fabriquer un son qui n’appartient qu’à lui. Vienne, donc, devient la porte d’entrée d’un style mondialisé, avec une authenticité qui refuse le formatage.
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septembre 30, 2025À East Oakland, chaque mesure est un champ de bataille. 39KTR, qui a forgé sa voix dans la douleur après la perte de son frère Lil Bee II, revient avec Neva Cared, un instrumental qui dit tout sans avoir besoin de mots. Là où beaucoup chercheraient à saturer l’espace de punchlines et de slogans, KTR fait le pari du mutisme lyrique : c’est la prod qui prend le rôle de narrateur.
Et quelle prod. Les kicks tombent lourds, secs, comme des coups de poing retenus, pendant que la basse s’enroule autour de la rythmique avec cette noirceur organique qu’on associe autant à l’école de la Bay Area qu’aux codes actuels du trap. Les hi-hats filent en rafales nerveuses, comme des éclats de mitraillette. L’absence de voix ouvre un espace fascinant : l’auditeur devient l’occupant principal du morceau, projetant ses propres images, ses propres cicatrices, dans les vides que laisse la musique.
Neva Cared sonne comme une bande-son de coin de rue à minuit, une musique qui capture l’atmosphère brute d’Oakland sans l’édulcorer. On pense à Metro Boomin pour l’efficacité des drops, mais avec une rugosité plus sombre, moins cinématographique, plus terrienne. L’économie de moyens fait la force du titre : pas d’artifice, juste l’essentiel, ciselé pour taper droit dans le ventre.
On sent derrière chaque beat l’histoire de 39KTR : ce gamin de 15 ans qui s’est mis à rapper pour survivre, qui a choisi de transformer la douleur en moteur. Ici, il ne pose pas sa voix, mais on entend sa présence partout. C’est un instrumental, oui, mais traversé par une rage contenue, une résilience qui palpite sous chaque fréquence.
Avec Neva Cared, 39KTR signe une carte de visite musicale qui ne cherche pas à séduire, mais à s’imposer. Un rappel que parfois, le silence – ou du moins l’absence de mots – crie plus fort que n’importe quel texte.
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septembre 30, 2025On pourrait croire qu’à force d’inonder les plateformes, la trap aurait perdu de sa magie, réduite à un flux répétitif de 808 et d’egotrip interchangeables. Puis arrive un morceau comme Aura de Sapuis, et tout vacille. Ici, la formule n’est pas un recyclage mais une combustion. Le beat, sombre et viscéral, avance avec la précision d’un cœur sous adrénaline, tandis que la voix de Sapuis s’y accroche comme une flamme qui refuse de s’éteindre.
Ce qui fascine, ce n’est pas seulement l’efficacité du morceau — ses basses claquent avec l’arrogance attendue, ses hi-hats filent comme des éclairs — mais la texture émotionnelle qui s’en dégage. Sapuis ne fait pas que poser des mots : il tisse une atmosphère, une aura justement, qui flotte autour de lui comme une armure invisible. Le morceau résonne comme une déclaration de présence : « je suis là, reconnaissable, singulier ». Ce n’est pas l’egotrip vide mais la mise en scène d’une énergie vitale, un halo qu’on ne peut ignorer.
Dans Aura, la voix oscille entre l’assurance brute et un grain presque fragile, comme si l’artiste jouait en permanence sur la ligne de crête entre domination et doute. On entend derrière le flow l’histoire d’un jeune qui connaît le poids des regards, des attentes, des cicatrices, mais qui choisit de transformer tout ça en lumière. C’est là que réside la puissance du titre : pas seulement dans la technique, mais dans la capacité à rendre la trap presque spirituelle, à en faire un champ magnétique où la rage et la fierté cohabitent.
Sapuis n’offre pas un morceau de plus dans une playlist saturée : il crée un espace où l’on entre et où l’on reste, happé par une intensité qui dépasse la simple esthétique. Aura est une carte de visite mais aussi une promesse : celle d’un artiste qui veut imposer son univers non pas par le volume, mais par la densité. On en ressort marqué, comme si cette aura avait laissé une trace sur notre peau.
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septembre 29, 2025Le retour d’E.Z.O. avec Summer Pack 2 n’a rien d’un simple prolongement de vacances. C’est une cartographie intime où l’été new-yorkais s’écrit en rimes acérées, en flows nerveux et en atmosphères mouvantes. L’EP, resserré en trois titres, fonctionne comme une trilogie : trois manières de dire qui il est, où il en est, et surtout où il compte aller. Plus qu’un interlude, c’est un chaînon essentiel dans l’arc narratif qu’il construit depuis le premier Summer Pack.
L’ouverture, Tango, est un duel élégant : la danse est métaphorique, mais le combat est bien réel. E.Z.O. y travaille le rythme comme une chorégraphie de boxe, alternant frappes sèches et esquives mélodiques. Le beat respire la tension d’une salle enfumée où chaque pas peut devenir un uppercut. On y entend déjà sa volonté de mêler la technicité du flow à une forme de théâtralité, comme si ses morceaux étaient pensés autant pour l’oreille que pour l’œil.
Avec Judo Chop!, le ton bascule. Ici, l’énergie se fait brute, presque ludique, renforcée par la présence de Kyro venu d’East London. Le titre sonne comme une joute amicale mais acérée : deux MCs qui se défient et se nourrissent l’un l’autre, multipliant les clins d’œil et les variations de cadence. L’esprit UK rencontre la fougue US, et le morceau devient un carrefour transatlantique où la punchline se manie comme une clé de voûte.
Enfin, PEAK FICTION incarne l’obsession d’E.Z.O. pour les récits à tiroirs. Derrière les bars incisifs, se cache une réflexion méta : qu’est-ce qu’un rappeur raconte quand il « barre » ? Où finit la réalité, où commence le roman qu’il écrit de lui-même ? Le morceau joue sur cette frontière, déployant un flow labyrinthique que son ingénieur de studio avoue redouter tant il pousse les structures à bout.
Ce qui rend Summer Pack 2 captivant, c’est cette manière de penser le rap comme une suite de fragments reliés par un fil invisible. Chaque titre laisse des miettes de pain pour un projet plus vaste à venir, sans jamais sacrifier l’efficacité immédiate. Brooklyn reste le point d’ancrage, mais l’univers est déjà plus large, plus ambitieux, comme si E.Z.O. voyait chaque EP comme une saison d’une série en construction. Et à en juger par la précision et la cohérence de ce deuxième Pack, la série ne fait que commencer.
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septembre 29, 2025On croyait avoir tout vu : les hologrammes de stars disparues en concert, les avatars Fortnite collaborant avec Travis Scott, les tubes pensés pour TikTok. Mais voici RAYmi by the Pool, chat solaire aux lunettes noires, qui se prélasse près de son bassin virtuel en griffant un futur sonore où le kitsch devient visionnaire. Son nouveau single, RAYmiverse, dessine les contours d’un monde, un espace narratif où chaque “meow” devient manifeste et chaque drop une extension du métavers.
Là où beaucoup d’artistes IA se contentent de recycler des gimmicks, RAYmi ose une hybridation joyeusement absurde et étrangement cohérente. Les riffs de guitare funk se frottent à des basses grondantes baptisées “purr-bass”, les cuivres explosent tandis que des chœurs de miaulements numériques s’invitent dans les refrains. On pense aux excès disco-futuristes de Jamiroquai passés dans un broyeur glitch-pop, aux folies électroniques de SOPHIE, mais avec ce grain humoristique qui transforme l’expérience en fête collective.
Ce qui fascine surtout, c’est la logique virale inscrite au cœur du projet. Chaque silence précède un “meow!” calibré pour TikTok, chaque chant scandé épelle son nom comme une incantation festivalière. RAYmi n’écrit pas seulement pour être écouté : il s’auto-conçoit comme un mème, un être musical pensé pour se propager dans l’imaginaire collectif à la vitesse d’un gif. Ce qui aurait pu n’être qu’un gadget devient alors un terrain de jeu où la satire rejoint la sincérité : derrière le délire félin se cache une vraie réflexion sur la manière dont la musique se consomme aujourd’hui, fragmentée, visuelle, communautaire.
Avec RAYmiverse, RAYmi ouvre une saga annoncée comme infinie : chaque semaine, un nouveau titre viendra enrichir cet univers démesuré – de l’hymne funk apocalyptique (Clawmageddon) aux plaisanteries bubblegum (Don’t Be Grumpy). Une stratégie de worldbuilding sonore rarement vue dans la musique populaire, où la cohérence esthétique prime sur l’album classique.
Reste la question qui gronde en filigrane : rit-on avec RAYmi ou rit-il de nous ? La réponse importe peu. Ce chat IA transforme le ridicule en arme pop, et c’est peut-être ça, la vraie subversion.
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septembre 29, 2025Wishing Wells de Mz est en morceua qui ne s’écoute pas mais qui se traverse : une plongée dans un labyrinthe sonore où les murs suintent d’ambition, où chaque couloir résonne des doutes d’un jeune rappeur déterminé à transformer ses fissures en architecture. La production y dresse un paysage quasi spectral : nappes électroniques comme des brouillards d’aube, percussions métronomiques qui tombent comme des pierres dans un puits. Tout respire la tension, mais rien n’est saturé. C’est une atmosphère qui happe plus qu’elle n’écrase, laissant à la voix de Mz un espace rare, presque religieux.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la sobriété. Pas de surenchère verbale, pas de cris ni de démonstration forcée. Mz déroule son flow comme on brandit une lame : nette, précise, sans hésitation. Chaque mot semble calibré pour faire mouche, chaque silence devient partie prenante du discours. Le thème – l’ambition, la persistance, l’art de tenir debout malgré les regards qui jugent et les pièges tendus – est un classique du rap, mais ici, il se déploie dans une intimité désarmante. On n’entend pas seulement un artiste qui veut réussir : on perçoit un être humain qui lutte avec ses fantômes, qui met en musique la sueur et le vertige.
La mélodie, plus lumineuse dans le refrain, agit comme une respiration, mais c’est une lumière fragile, presque tremblante, qui rappelle que toute ambition s’accompagne de solitude et de doutes. On pense parfois à Dave pour la capacité à transformer le quotidien en récit tendu, à Loyle Carner pour cette proximité presque charnelle avec l’auditeur. Mais Mz se distingue par une concision brute, un refus du bavardage qui rend son écriture coupante comme une gravure.
Et comme si la musique ne suffisait pas, Mz élargit son univers avec un sens du détail esthétique qui impressionne. Son label, ES6 Collective Ltd, vient de dévoiler la Wintertime Collection – une ligne de vêtements inspirée de son tout premier single, visible sur http://www.es6collectiveltd.com. Ici, le vêtement devient prolongement de la musique, manifeste textile d’une identité sonore en construction. Wishing Wells n’est donc pas seulement une chanson : c’est une déclaration, une passerelle entre l’intime et le public, entre le studio et la rue, entre l’ombre et la lumière.
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septembre 27, 2025On confond souvent l’ambition avec l’agitation. Comme si courir dans tous les sens garantissait d’arriver quelque part. Dumomi The Jig, lui, choisit la voie opposée : celle de la maîtrise tranquille, de la confiance qui n’a pas besoin de crier pour s’imposer. Jeje — littéralement “doucement” en yoruba — condense cette philosophie dans un morceau qui respire l’assurance d’un artiste qui connaît sa trajectoire.
Dès les premières mesures, le beat installe une cadence fluide, presque coulante. Pas d’explosions spectaculaires, pas d’effets racoleurs : juste une ligne de basse qui groove avec une évidence désarmante et une batterie digitale qui joue la retenue, donnant au flow de Dumomi tout l’espace nécessaire. C’est là que réside la subtilité de la production : elle se met volontairement en retrait pour amplifier le charisme vocal.
La voix, justement, oscille entre rap assuré et phrasés mi-chantés, mi-parlés, rappelant cette école hybride où l’afro-fusion dialogue avec le hip-hop alternatif. Dumomi The Jig ne force jamais le trait ; il installe ses images par touches, comme un peintre qui sait qu’un seul coup de pinceau bien placé peut suffire à tout dire. Les mots roulent avec une aisance nonchalante, mais derrière cette désinvolture se cache une précision chirurgicale.
Le texte est limpide : Jeje parle de hustle, de succès, mais sans s’épuiser ni se perdre. Pas de faux-semblants, pas de posture. Le morceau trace une ligne claire entre ambition et authenticité, en rappelant que la réussite n’est pas forcément synonyme de stress. C’est une manière de dire : le vrai luxe, c’est de rester soi-même dans un monde qui pousse constamment à la surenchère.
Musicalement, Jeje réussit ce que peu de titres parviennent à atteindre : être à la fois un banger de playlists nocturnes et un manifeste personnel. On imagine aisément le morceau tourner dans une voiture lancée sur les routes de Lagos ou de Londres, fenêtres ouvertes, volume au maximum, l’air tiède de la nuit se mêlant à la chaleur des basses.
Avec ce single, Dumomi The Jig ne se contente pas de livrer une track de plus. Il impose une attitude, un tempo intérieur, une esthétique où l’élégance prime sur le tapage. Jeje, c’est la preuve qu’on peut avancer vite… en avançant doucement.
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septembre 26, 2025J’écoutais Rule No.1 un soir de pluie, et je me suis surpris à le prendre comme une injonction personnelle. La première règle, ne pas céder, ne pas se laisser effacer. Il y a des morceaux qui, plus qu’ils ne s’écoutent, viennent se coller à vos os et imposer leur propre cadence au sang. Celui-ci en fait partie. Avec la touche de Meduulla, Summer Pearl et Niambi, rien ne sonne plus pareille…
Meduulla a ce don rare : transformer chaque mot en projectile tendre. Sa voix n’est pas seulement un flux, c’est une architecture — on y sent l’héritage de la poésie, le poids des syllabes qui deviennent des briques dans lesquelles elle construit un abri pour elle-même et pour nous. Rien n’est gratuit dans son phrasé, tout est millimétré mais jamais mécanique. Elle sait, comme Nas ou Lauryn Hill avant elle, qu’un vers peut être un aveu et une arme dans le même souffle.
Et puis arrive Summer Pearl, qui tend une main à travers cette densité. Sa voix veloutée flotte comme une incantation, un contrepoint lumineux à la gravité du récit. C’est l’éclat fragile qui transperce les ombres, la douceur qu’on s’accorde malgré la dureté du monde. Niambi, elle, fend la pièce comme une déflagration : un accent venu d’Atlanta qui percute le flow britannique, une énergie plus brute, plus nerveuse, qui rappelle que la douleur n’efface pas la force, elle la nourrit.
Musicalement, Ethan Hill propose une production qui respire le jazz-rap mais refuse le pastiche. La basse serpente en arrière-plan comme une pensée obsédante, les percussions claquent net, et l’ensemble laisse aux voix tout l’espace nécessaire pour écrire leur dramaturgie. On croit entendre un écho de la golden era, mais c’est un mirage : Rule No.1 est ancré dans aujourd’hui, avec une fraîcheur qui rend hommage au passé sans jamais s’y enfermer.
Ce qui fascine, c’est la manière dont le morceau conjugue l’intime et le collectif. Derrière l’histoire personnelle de Meduulla, on entend un manifeste implicite : se tenir debout, définir ses propres règles, trouver sa voix dans un monde qui vous demande sans cesse de vous taire. C’est de la musique qui ne flatte pas l’oreille mais qui s’adresse directement au plexus solaire.
En refermant ce morceau, je n’avais pas seulement l’impression d’avoir entendu un single prometteur. J’avais le sentiment d’avoir assisté à une naissance, celle d’une voix qui ne cherche pas la hype mais l’héritage. Rule No.1 n’est pas un titre accrocheur, c’est un serment gravé en rythme : la première règle pour survivre, c’est de transformer chaque cicatrice en hymne.
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septembre 26, 2025On croit d’abord lire une simple adresse, une « carte postale » envoyée à l’autre bout du monde. Mais très vite, le morceau de Lartson se révèle être bien plus qu’un souvenir de voyage : c’est une lettre ouverte à quelqu’un qui ne répondra plus. Une tentative fragile de maintenir le lien après la perte, de parler encore à la voix qui s’est tue.
Le deuil en rap n’est jamais un exercice gratuit : il impose une mise à nu, une sincérité brute qui ne laisse pas place aux artifices. Ici, Lartson trouve ce juste équilibre entre pudeur et douleur, en racontant la disparition comme on raconte une ville qui s’éteint au crépuscule. La prod, minimaliste et spectrale, installe une atmosphère suspendue, presque cinématographique. On perçoit des ombres, des silences plus éloquents que n’importe quel cri.
Le flow de Lartson se déploie comme un souffle irrégulier, parfois heurté, parfois apaisé, traduisant l’instabilité d’un cœur qui vacille entre colère, résignation et tendresse. Le texte oscille entre souvenirs précis – comme des clichés qu’on sort d’une boîte à chaussures – et réflexions universelles sur ce que signifie survivre à l’absence. La « carte postale » devient alors une métaphore bouleversante : un message adressé à l’au-delà, une trace matérielle pour dire l’indicible.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Lartson refuse le pathos facile. Son écriture privilégie l’évocation, les images qui collent à la peau plutôt que les slogans. On est plus proche d’un carnet intime griffonné à la lueur d’une lampe que d’un manifeste crié dans la rue. Et c’est précisément cette retenue qui rend Carte postale si percutant : la douleur est là, palpable, mais elle est travaillée, sculptée par la poésie du rap.
Avec ce morceau, Lartson s’inscrit dans la lignée de ces artistes qui utilisent le hip-hop comme médium de mémoire et de transmission. Carte postale ne cherche pas seulement à faire ressentir la perte : il tente de prolonger la présence de l’absent, d’ériger la musique en sanctuaire. Et lorsqu’arrive le dernier couplet, on comprend qu’il ne s’agit pas de fermer une plaie, mais d’apprendre à vivre avec l’ombre qui accompagne désormais la lumière.
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septembre 26, 2025Écouter Coast 2 Coast de Method SDM, c’est comme s’embarquer dans un road trip en van rouillé, fenêtres baissées, les rires se perdant dans le vent salé. Le morceau ne cherche pas la complication : il pulse comme un moteur bien réglé, fidèle à une énergie boom bap solaire qui semble taillée pour les soirées d’été ou les sessions nocturnes où l’on veut juste sentir le temps s’étirer.
Le beat frappe avec une clarté old-school, mais une fraîcheur contemporaine s’y glisse : des basses souples, des percussions nerveuses, une rythmique qui balance entre légèreté et groove contagieux. On sent dans la production l’obsession de Method SDM pour les textures : les nappes discrètes qui s’épanouissent à l’arrière-plan, les variations de guitare qui colorent le mix comme des éclats de néons, les voix qui se posent sans forcer mais avec assurance.
Au micro, Method SDM déroule une écriture limpide, plus tournée vers la sensation que la démonstration technique. Ce n’est pas une performance qui cherche à épater par la virtuosité, mais plutôt une invitation à partager un état d’esprit : celui de la liberté, du mouvement perpétuel, du goût pour l’instant suspendu. On retrouve l’influence de Kendrick Lamar ou Loyle Carner dans l’articulation narrative, mais aussi quelque chose de plus candide, presque naïf dans l’approche : comme si chaque rime servait à capturer une étincelle d’été avant qu’elle ne s’éteigne.
Le titre lui-même, Coast 2 Coast, dit tout : c’est moins une destination qu’une traversée, une cartographie émotionnelle qui prend appui sur les paysages australiens, mais qui pourrait se dérouler sur n’importe quelle route bordée de sable ou d’asphalte brûlant. La musique se fait alors véhicule, bande-son d’une jeunesse en mouvement, entre insouciance et quête d’horizons nouveaux.
Avec ce single, Method SDM rappelle que le hip-hop peut encore être une affaire de vibrations simples et vraies : des beats qui collent au corps, des images qui sentent l’essence et le soleil couchant, et ce besoin presque universel de rouler, rouler, rouler — jusqu’à ce que la musique devienne elle-même la route.
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septembre 26, 2025La mémoire d’une rupture adolescente a souvent l’amertume d’un parfum persistant : elle s’invite dans une rue, une odeur, une chanson oubliée. Avec BLANK’D, Flynn Johnson choisit de ne pas la noyer sous les clichés, mais de la recracher telle qu’elle s’est imprimée dans son corps adolescent : brute, sarcastique, maladroite, et finalement bouleversante.
Ce qui frappe, c’est l’exactitude des images. Le morceau ne raconte pas un “cœur brisé” en termes vagues, il le reconstruit pierre après pierre : un Bebo Flashbox qui clignote comme une balafre numérique, une fragrance qui déclenche une avalanche de souvenirs, un ego qui refuse de plier. Flynn découpe son texte avec une précision chirurgicale, passant de la moquerie à l’autoflagellation en une fraction de mesure. Dans ses rimes se lit l’attitude bravache du gamin trop fier pour avouer la douleur, et en filigrane la lucidité de l’adulte qui revisite la scène.
Face à ce flux nerveux, dib impose une respiration salvatrice. Son refrain n’est pas un simple contrepoint mélodique : c’est une mise au point, une ligne de conduite. Là où Flynn ressasse et oscille, elle tranche, érige des limites. C’est cette alternance — vacillement contre affirmation — qui donne au morceau sa force de dialogue, presque théâtrale.
La production signée ROC joue la carte de la sobriété tendue : un beat sec, une ambiance monochrome qui cadre avec le clip en noir et blanc, et un groove sous-jacent qui fait palpiter le texte sans jamais l’écraser. Cette austérité laisse toute la place à l’oralité, à la respiration des mots, à ce jeu de miroirs entre passé et présent.
Dans l’ombre des Kendrick, Ghetts ou Kano, Flynn Johnson trace sa propre voie : celle d’un rap profondément irlandais, enraciné dans des lieux précis — jusqu’à ce fameux boîtier électrique vert qui hante ses visuels et devient symbole de l’adolescence, de l’amour et du deuil. BLANK’D n’est pas qu’un morceau de rupture : c’est une capsule temporelle, une archive de sensations que l’on croyait avoir enfouies.
Et c’est peut-être ça, la marque des grands conteurs : transformer une cicatrice intime en matière universelle, assez tranchante pour réveiller les nôtres.
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septembre 26, 2025On sent dès les premières secondes que Duhon n’est pas là pour s’aligner sur les tendances TikTok-friendly, mais pour creuser son sillon à l’ancienne, avec un sérieux sens de la mise en scène. Money Is The Motive frappe comme une carte postale cinématographique envoyée depuis la Californie : un morceau à la fois ancré dans la tradition West Coast et porté par une urgence contemporaine.
Le beat, lourd mais agile, oscille entre la chaleur d’un funk modernisé et la froide lucidité d’un trap minimal. Sur cette base, Duhon pose un flow qui a quelque chose de solennel, presque prophétique : chaque mesure est une déclaration de guerre contre l’oubli, une affirmation que l’argent n’est pas qu’un moteur de survie mais un symbole d’élévation, de revanche sociale. Impossible de ne pas penser à Nipsey Hussle dans cette volonté de transformer l’ambition en récit collectif, ou à Kendrick Lamar dans cette façon d’éclairer chaque ligne par une dimension visuelle, presque cinématographique.
Ce qui rend le morceau captivant, c’est le jeu de contrastes. Le refrain accrocheur pulse comme une sirène de club, mais les couplets serrent les dents, pleins d’un réalisme brut. Duhon ne cherche pas à enjoliver la réalité : il la traduit en langage codé, en slogans à la fois tranchants et fédérateurs. Dans ce sens, le titre résonne comme une suite logique de Money Galore, où l’“ancien Duhon” cédait la place à une version plus affirmée, plus iconique de lui-même. Ici, le “nouveau Duhon” prend les commandes sans hésitation, maître de son narratif et de sa mythologie.
Mais au-delà du storytelling, Money Is The Motive respire la West Coast. Le bounce est là, indiscutable, mais habité d’une noirceur moderne qui évoque l’arrière-boutique des rêves hollywoodiens : les couloirs d’ombres, la violence latente, la solitude derrière les projecteurs. On est à mi-chemin entre l’hymne motivant et la confession existentielle.
Duhon prouve qu’il est plus qu’un simple lyricist prometteur : il est en train de bâtir une esthétique. Une manière de lier l’intime et le collectif, le mythe et la rue, le divertissement et le manifeste. Avec ce titre, il ne se contente pas de rappeler que “l’argent est le moteur” : il impose l’idée que la musique peut être, elle aussi, une monnaie — une arme de survie et d’affirmation.
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septembre 25, 2025On attend rarement du rap qu’il nous parle de la naissance, de la fragilité de devenir parent, de ce moment suspendu où la peur et l’amour se superposent. Et pourtant, Solin Anj, le nouveau projet d’Olivier Laurent, ose ce territoire inattendu. Conçu comme le miroir sonore d’un livre illustré pour enfants du même nom, l’album propose une perspective singulière : celle d’un enfant imaginant sa venue au monde. Une voix intérieure qui raconte la vulnérabilité, l’espoir et la transformation des parents au seuil de cette expérience bouleversante.
music.apple.com/…946168
Loin de l’exercice purement théorique, Olivier Laurent nourrit son concept d’une écriture incarnée et de productions hybrides, où le boom-bap croise des pulsations afrobeat et des teintes soul. L’album s’ouvre avec For A Long Time Pt. 2, morceau introspectif qui fixe le ton : une méditation sur l’attente, le doute, le temps qui s’étire. Le titre éponyme, Solin Anj, agit comme le cœur du projet, mêlant sensibilité mélodique et intensité narrative, une berceuse sombre et lumineuse à la fois.
Out of Spite, en featuring avec Kaeson Skrilla, ramène à la rugosité des origines hip-hop : des flows incisifs, une énergie brute, comme pour rappeler que même dans ce cadre intime, le rap reste un langage de résistance. À l’opposé, I Like It avec Mister Yoos respire la légèreté et la complicité, une respiration pop qui élargit la palette émotionnelle. On retrouve Mister Yoos sur Konpliman, où le mélange de voix et d’influences dessine un moment de tendresse quasi familiale.
If You Ask Me fonctionne comme un dialogue intérieur, une réflexion sur les attentes et la responsabilité. Enfin, Sold Out clôt l’album en revenant à une tonalité plus âpre, une manière d’affirmer que derrière la douceur de l’intime, il existe aussi la tension du monde extérieur, celui où il faut continuer à survivre et à se battre.
Avec Solin Anj, Olivier Laurent ne signe pas seulement un disque, mais un manifeste personnel : celui d’un artiste qui ose briser les clichés du rap pour l’emmener vers un terrain nouveau, poétique, politique et profondément humain. C’est un album qui parle aux parents, mais aussi à quiconque a connu la peur de perdre pied en accueillant une nouvelle vie. Un disque qui transforme la fragilité en force.
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septembre 25, 2025Le hip-hop adore se nourrir des codes du luxe — les V.I.P., les clubs saturés de champagne, les cordons de velours rouges. Exzenya, elle, en détourne l’imagerie avec une cruauté jubilatoire. Son V.I.P. ne rime pas avec bouteilles sabrées mais avec Victim’s Impact Panel, ces sessions imposées par la justice après un délit de conduite en état d’ivresse. Autrement dit : l’antichambre de la honte.
Dès les premières mesures, la production frappe comme un uppercut : beat massif, basses au ras du sol, flow criblé d’ironie. Exzenya raconte l’attente, les témoignages, les absurdités bureaucratiques, avec une langue acérée qui oscille entre confession et stand-up. Là où beaucoup de rappeurs construisent un mythe, elle choisit de dégonfler le ballon doré de la “success story” en exposant les conséquences brutes, sans fard. C’est grinçant, parfois hilarant, mais toujours précis dans la manière de pointer l’hypocrisie et la petitesse derrière les excès.
Ce qui rend le morceau percutant, c’est son double mouvement : d’un côté, un humour noir qui rappelle le meilleur de Lil Dicky ou d’Eminem dans ses heures les plus caustiques ; de l’autre, une gravité sourde qui plane derrière chaque punchline. On rit, mais on sent bien que tout est tiré de l’expérience réelle, de ce moment où la fête se transforme en salle d’audience.
Exzenya n’est pas dans la glorification, elle construit une sorte de théâtre satirique où chaque beat devient une gifle. Le choix de préparer aussi une version clean et un club remix n’est pas anodin : V.I.P. n’est pas qu’un pamphlet, c’est une matière vivante qui peut se décliner selon les contextes, sans perdre de sa force.
Avec ce titre, l’artiste prouve qu’elle sait allier la science de l’écriture et le sens du spectacle, capable de transformer un épisode banal de sanction judiciaire en satire mordante et universelle. Le hip-hop, entre confession et catharsis, trouve ici un nouveau terrain : celui de la honte recyclée en art, du faux pas retourné en manifeste.
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septembre 24, 2025Écouter Better Than Gold revient à plonger dans un brasier qui refuse de s’éteindre. Ce morceau né des ruelles étouffantes de Tondo et des machines électroniques londoniennes d’Ooberfuse est tout sauf un simple featuring exotique. C’est un pacte. Un accord scellé entre des voix qui n’ont plus rien à perdre et des producteurs décidés à transformer la rage en arme sonore.
Dès l’introduction, la production de Hal St John taille l’espace comme une lame, laissant surgir le flow viscéral des MCs philippins. Les beats claquent comme des matraques sur le bitume, les basses vibrent avec l’intensité d’un rassemblement qui explose en slogans. À chaque couplet, les mots arrachent des morceaux de vérité : ZJAA et sa déclaration sans filtre, OBLK et ses cris étouffés devenus rimes, XFLOW qui incarne l’impact de la corruption sur le quotidien le plus banal, YC qui transforme la plainte en appel à l’action.
La singularité de ce morceau tient à sa capacité à transcender les frontières linguistiques. On n’a pas besoin de comprendre chaque mot pour sentir la morsure de leur colère. C’est la voix d’un peuple qui refuse de voir sa dignité piétinée. Le refrain agit comme un mantra : mieux que l’or, c’est la vérité crachée sans vernis, une vérité que le pouvoir voudrait étouffer.
Ce qui frappe, c’est aussi le contraste : la rage brute de Tondo propulsée par l’élégance sombre d’Ooberfuse. Cherrie Anderson, dont les racines philippines font office de passerelle, transforme le morceau en une collision culturelle maîtrisée, là où l’underground rencontre le global.
Better Than Gold n’est pas une chanson de plus dans le paysage saturé des manifestes “politiques”. C’est un document sonore, une preuve vivante que l’art peut encore déchirer les murs de l’indifférence. Dans un monde où les corruptions se comptent en milliards, ces voix venues du bitume rappellent une évidence : la vraie richesse, c’est celle du peuple qui refuse de se taire.
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septembre 21, 2025Le hip-hop californien, trop souvent résumé à ses clichés de plages, de voitures chromées et de refrains fumants, a toujours eu son autre versant : celui de l’introspection brute, nourrie par les ruelles, les regards qui jugent et les rêves qui brûlent. Avec How Deep, King Royal convoque cette profondeur-là. Et l’invitation prend des airs de pacte : on n’écoute pas cette track en dilettante, on accepte de plonger dans un univers où chaque mot est sculpté pour porter du poids.
Aux côtés d’AzChike, figure montante du rap angelino, Royal installe un contraste savoureux : sa diction précise, presque professorale dans sa maîtrise, se frotte au flow rugueux et élastique de son invité. C’est dans ces frottements que naît la tension, et donc l’électricité. Le beat, lui, se tient dans une sobriété volontaire : une rythmique trap tendue, ponctuée de basses qui cognent comme des avertissements. Pas de décor inutile, pas de poudre aux yeux, seulement l’essentiel – pour que la voix règne en souveraine.
Le titre s’écoute comme une conversation codée entre deux générations d’une même scène, où chacun livre sa vision d’un quotidien tiraillé entre survie et affirmation de soi. Loin du rap de façade, How Deep s’ancre dans la tradition des morceaux-manifestes, ces tracks qui dépassent le statut de “single” pour devenir des chapitres d’un récit plus vaste. Car chez King Royal, la musique n’est jamais simple divertissement : c’est une entreprise, un héritage, une stratégie de long terme.
Ce morceau, c’est donc à la fois un statement et une passerelle : une preuve de solidité pour un artiste qui veut que le rap retrouve son cœur, et une ouverture vers des collaborations capables de redessiner la carte du hip-hop californien. How Deep n’est pas une simple chanson, c’est un jalon posé avec gravité et assurance dans une discographie qui refuse les compromis.
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septembre 21, 2025On pourrait croire à un simple aller-retour entre deux pôles du rap américain, mais bellies of the beast est bien plus qu’un voyage. C’est une radiographie crue, presque clinique, de deux mondes qui se regardent en chiens de faïence : les rues de New York, encore suintantes de goudron, de sueur et de vérité, et Los Angeles, avec ses piscines chlorées où se noient les faux sourires et les deals en carton-pâte. Jordan Burgett n’essaie pas de concilier ces deux extrêmes, il les met en miroir, les confronte, les racle jusqu’à l’os pour faire jaillir une seule chose : la vérité qu’on préfère taire.
Le morceau respire l’héritage des années 2000, ce boom bap filtré par une oreille contemporaine, chargé d’autotune vaporeux et de nappes éthérées qui flirtent avec le cloud rap. Mais derrière la brume sonore, les mots claquent avec une précision chirurgicale. Pas d’ego trip clinquant, pas de storytelling enjolivé : Burgett se penche sur ses cicatrices, sur le cynisme de l’industrie, sur ce qu’elle exige et détruit à la fois. C’est un morceau qui refuse la façade, qui déchire le vernis pour montrer la crasse.
Ce qui rend bellies of the beast si singulier, c’est son équilibre fragile entre spleen et combativité. On sent dans le flow de Burgett la fatigue d’avoir trop vu, mais aussi l’urgence de ne pas se taire. Il convoque l’ombre des Kendrick, des J. Cole, mais refuse d’être leur héritier docile. Sa plume est plus âpre, moins soucieuse de séduire, plus concentrée sur l’idée d’exposer. Le beat, volontairement minimal, lui sert de caisse claire pour un manifeste plus qu’une simple performance.
Au final, bellies of the beast agit comme un antidote aux illusions qu’on vend aux artistes en herbe. C’est un rappel brutal mais nécessaire : derrière les projecteurs, il y a des ruelles sombres, et pour les traverser, il faut plus que du talent – il faut des tripes. Jordan Burgett, lui, a choisi de les montrer.
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septembre 21, 2025Certains morceaux n’ont pas besoin d’artifices pour exister : ils débarquent, bruts, comme une étincelle qui tombe dans une cuve d’essence. Boom Bap Burn de Knot You appartient à cette lignée. Le titre est une promesse tenue : brûler le bitume à coups de rimes aiguisées, réveiller le squelette du hip-hop à l’ancienne et lui injecter une énergie capable d’embraser une génération entière.
Ce qui frappe d’abord, c’est la production, volontairement rugueuse, granuleuse, comme une cassette qu’on aurait trop fait tourner mais qui, paradoxalement, sonne plus vivante que jamais. La batterie claque sec, la basse roule en arrière-plan et un sample poussiéreux hante le tout, créant cette atmosphère à la fois old school et intemporelle. Pas de gadgets électroniques ou d’effets clinquants : Knot You s’appuie sur l’essence même du boom bap, ce battement primal qui rappelle les cyphers enfumés et les freestyles improvisés sur des coins de trottoir.
Mais là où Boom Bap Burn dépasse la simple nostalgie, c’est dans l’urgence avec laquelle Knot You livre son flow. On sent dans sa diction une tension, une ardeur presque militante : chaque mot est lancé comme une arme, chaque pause est calculée comme un silence lourd de sens. Il ne cherche pas à enjoliver son discours, mais à rallumer une flamme que beaucoup pensaient éteinte.
Dans un monde où le rap se disperse entre trap clinquante et expérimentations digitales, ce morceau agit comme une piqûre de rappel : le feu sacré existe encore. Écouté dans un casque ou sur des enceintes de fortune, Boom Bap Burn a le même effet : il remet les pendules à l’heure et fait battre le cœur un peu plus vite. Knot You n’a pas besoin de crier qu’il est authentique, il le prouve en laissant ses rimes crépiter sur une toile de beats incandescent.
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septembre 21, 2025Dans Buy Freedom, Wappa balance un constat amer et lucide, comme s’il écrivait son journal intime sur les murs de Londres à coups de bombes de peinture sonore. Ce n’est pas seulement un morceau de rap, c’est une tentative de traduction brute du vertige qu’on ressent lorsqu’on vit enfermé dans un système qui transforme chaque geste, chaque rêve, en transaction. Ici, la liberté a un prix, et Wappa en calcule les intérêts avec rage et précision.
Le beat frappe sec, comme un marteau sur l’acier. La production, glaciale et tendue, offre un décor urbain aux confessions du rappeur : pas de chaleur, pas de compromis, seulement une ligne de basse lourde et des rythmiques taillées comme des barbelés. Wappa ne cherche pas à enjoliver ses vérités. Son flow, acéré, alterne entre l’urgence et le contrôle, comme si chaque mot devait percer une armure invisible.
Londres, en filigrane, devient presque un personnage. On entend ses rues dans le phrasé, ses contrastes dans les changements de ton, son implacable dureté dans l’absence de respiration. Mais le morceau ne se limite pas au témoignage local : il interroge, de façon plus universelle, ce que signifie “acheter” sa liberté quand tout, même la dignité, semble monnayable.
C’est un rap d’après minuit, à écouter en marchant seul, capuche relevée, quand la ville avale les voix et ne renvoie que l’écho des pas. Wappa ne tend pas une main consolatrice : il propose un miroir, un reflet cru dans lequel on voit autant son histoire que la nôtre. Buy Freedom est une gifle froide, mais nécessaire, qui rappelle que la musique peut être un acte de résistance autant qu’une confession intime.
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septembre 21, 2025J’ai l’impression, en écoutant ENCRYPTED MESSAGE, d’ouvrir un carnet oublié dans une bibliothèque poussiéreuse, avec des phrases griffonnées en marge, des signes cabalistiques, des pensées qu’on ne comprend qu’en les relisant à voix haute. Louis Davis, Jr. ne se contente pas de rapper : il chuchote des énigmes, balance des vérités comme des fragments de météorites. On ne sait pas toujours si l’on est dans un rêve éveillé ou dans une chronique du réel, mais c’est précisément là que le morceau prend toute sa force.
Sur une rythmique boom bap au grain rugueux, presque granuleux, le texte avance comme une marche nocturne en terrain miné. Chaque mesure est un pas qui pourrait déclencher une explosion. Les percussions claquent comme des verrous, les nappes en arrière-plan tiennent du brouillard, et au milieu de ce paysage tendu, Louis Davis, Jr. découpe l’air avec une voix qui refuse l’ornement. Pas de séduction forcée : son flow est brut, méthodique, porté par une urgence sourde.
Le titre s’inscrit dans la tradition du hip-hop conscient mais évite l’écueil du sermon. Ici, la conscience passe par la densité des images, par des métaphores labyrinthiques qui se livrent au compte-gouttes. On entend l’écho des grands conteurs – ceux qui savaient faire de la langue une arme et une énigme – mais filtré par une singularité contemporaine. Berkeley, ses révoltes, son héritage contre-culturel, planent en arrière-fond du morceau comme une géographie secrète.
ENCRYPTED MESSAGE est moins une chanson qu’un exercice de décodage : un appel à tendre l’oreille et à chercher dans les interstices ce que la surface dissimule. À une époque où la plupart des morceaux se consomment vite et s’oublient aussitôt, Louis Davis, Jr. impose un rap qui s’écoute comme un texte sacré ou une énigme à résoudre, avec la patience et l’attention qu’on doit aux vérités cachées.
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septembre 21, 2025Parfois, une chanson ne se contente pas d’être un morceau : elle agit comme une combustion lente, une torche qui éclaire les fissures d’un vécu trop lourd pour rester muet. Let It Burn de YungParadise surgit comme ça, brut, à mi-chemin entre le récit d’une jeunesse cabossée et l’affirmation d’un futur qui refuse de se laisser enfermer. Originaire de Melbourne mais traversé par des racines sud-africaines et italiennes, l’artiste imprime sa signature dans une trap qui ne cherche pas l’épure mais l’intensité, comme si chaque beat contenait une revanche à prendre.
Le titre frappe d’abord par sa tension : les nappes électroniques forment une toile presque menaçante, pendant que les basses viennent cogner avec la régularité d’un cœur prêt à exploser. La voix, elle, oscille entre le chant autotuné et le rap frontal, ce territoire hybride où le pop rap flirte avec la noirceur du vécu. On devine, derrière les refrains accrocheurs, le poids des ruelles traversées, des nuits chargées de violence et d’errances, ce décor que YungParadise n’embellit pas mais transcende.
Ce qui distingue Let It Burn des centaines de tracks qui sortent chaque semaine, c’est sa manière de canaliser l’urgence. Pas de gimmick artificiel, pas de posture calculée : juste un désir viscéral de transformer le chaos en hymne, de faire danser l’ombre. On entend l’écho de cette nouvelle génération qui a grandi entre deux mondes, nourrie de trap américaine mais ancrée dans des réalités locales, capable de détourner ses cicatrices en matière première.
Dans ce feu qui crépite, YungParadise affirme déjà une direction : brûler ce qui doit disparaître, purifier par la musique, et reconstruire à partir des cendres. Let It Burn n’est pas un slogan, mais un manifeste.
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septembre 21, 2025On croit souvent que le rap est une confrontation vers l’extérieur, un doigt pointé vers la rue, le système, l’ennemi désigné. Ill P et Dxvndre prennent le contre-pied : leur terrain de guerre, c’est eux-mêmes. YOU VS YOU n’a rien d’un slogan de motivation accroché dans une salle de sport, c’est une dissection frontale de ce duel intime qui nous consume tous, entre ambition et sabotage, clairvoyance et chaos. À l’écoute, on a la sensation d’assister à un combat dans une arène invisible, où chaque mesure résonne comme un crochet, chaque punchline comme un uppercut balancé contre son propre reflet.
La production ne fait aucun cadeau : nappes sombres, percussions sèches, basse obstinée qui déroule comme un battement cardiaque sous adrénaline. On pourrait croire à un énième exercice de trap, mais il y a ici un parfum d’archaïque, presque un rappel des origines du rap, quand le flow devait se suffire à lui-même pour faire plier l’adversaire. Ill P ouvre le bal avec un débit qui lacère, Dxvndre lui répond dans une fluidité venimeuse, et la transition entre les deux n’est pas un simple passage de micro, mais une succession qui ressemble à la rotation d’un double visage.
L’efficacité du morceau repose sur sa clarté brutale : pas de surenchère d’effets, pas de concession au confort. Tout est construit pour rappeler que la seule vraie menace, ce n’est pas la rue, ni la scène, ni le game, mais ce qui bouillonne à l’intérieur, cette voix qui veut qu’on renonce quand tout pousse à avancer. L’album à venir s’annonce comme un prolongement de ce duel, mais YOU VS YOU se suffit déjà comme manifeste : le rap australien, ici, ne quémande pas une place, il impose une atmosphère. Moins une chanson qu’une gifle existentielle, à la fois violente et étrangement lucide.
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septembre 21, 2025On imagine la scène comme un coucher de soleil sur Cape Town, la lumière dorée s’éteignant lentement tandis qu’une voix s’élève, non pas pour séduire mais pour témoigner. Venture n’arrive pas comme une chanson de plus à ajouter à une playlist, mais comme un geste intime, une main tendue vers celles et ceux qui savent ce que veut dire porter sur soi une mémoire qu’aucun artifice ne peut blanchir.
Le morceau, façonné par la production aérienne de SYRE, flotte au premier abord comme un souffle léger. Pourtant, derrière les nappes de claviers soyeux et les percussions en apesanteur, se dessine un propos solide, presque minéral. Luukhanyo rappe avec la précision d’un tailleur de pierre, chaque mot ajusté à la milliseconde, chaque image capable de fissurer le confort d’une écoute distraite.
Ce qui frappe, c’est ce mélange de vulnérabilité et de puissance : une voix qui ne cherche pas à écraser mais à ouvrir. L’artiste ne joue pas l’icône intouchable, il préfère le rôle de témoin, et cette posture rend son message d’autant plus nécessaire. Venture célèbre la résilience noire, mais au-delà des frontières sud-africaines, il devient un miroir pour tous ceux qui refusent qu’on leur vole leur identité, leur histoire, leur voix.
Dans le paysage contemporain du R&B et du hip-hop, où beaucoup peinent à trouver une singularité, Luukhanyo choisit la sincérité comme arme esthétique. Pas d’esbroufe, pas de poudre aux yeux : un groove limpide, des mots clairs, une intensité qui ne faiblit jamais. On sort de l’écoute avec le sentiment d’avoir traversé quelque chose de rare : une chanson qui ne se contente pas de plaire, mais qui transforme.
Venture n’est pas un simple single, c’est une prière en mouvement, un poème qui danse avec ses cicatrices et qui nous invite à en faire autant.
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septembre 21, 2025On reconnaît tout de suite la griffe de BIGG BAGGZ : une manière de transformer la rugosité du trap en terrain de fête, d’y glisser des clins d’œil malicieux sans jamais perdre la lourdeur des kicks ni l’assise d’une 808 bien gonflée. My Biggest Fan joue sur cette frontière subtile entre affirmation de soi et autodérision, comme si l’artiste racontait l’obsession de ceux qui le suivent tout en se moquant doucement de sa propre image, transformée en icône de quartier.
Derrière le côté “fun bop” revendiqué, on sent une science du rythme héritée de ses racines. Grandir entre un grand-père DJ et une mère qui chantait à l’église, ça laisse des traces : le morceau pulse comme une soirée de club mais respire comme un gospel revisité. Les couplets frappent sec, avec un flow qui slalome entre arrogance et sourire complice, avant que le refrain ne relâche la tension dans une boucle accrocheuse, calibrée pour coller en tête bien après l’écoute.
Ce qui est malin, c’est la façon dont BIGG BAGGZ détourne les codes. Là où beaucoup de tracks de trap se contentent d’empiler des clichés d’opulence ou de violence, lui injecte un esprit joueur, presque fédérateur. On entend qu’il a côtoyé de grands noms de la scène — de DaBaby à Project Pat — mais il garde cette énergie DIY, brute et colorée, propre à ceux qui ont appris la musique en observant la foule réagir derrière les platines familiales.
My Biggest Fan n’est pas une démonstration technique, c’est un morceau pensé comme un moment collectif. Le genre de track qui fait sourire au premier couplet, qui fait hocher la tête au deuxième, et qui, sans prévenir, devient l’hymne d’un after qui se prolonge trop longtemps. BIGG BAGGZ prouve qu’on peut être sérieux dans son art tout en refusant de se prendre trop au sérieux : et c’est peut-être là le secret de sa longévité.
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septembre 21, 2025On reconnaît un grand morceau à la manière dont il vous saisit sans prévenir, comme une bouffée d’air saturée qui s’infiltre dans vos poumons avant que vous n’ayez le temps de comprendre. Chasing a High de NorthsideBenji fonctionne ainsi : une course effrénée, mais jamais spectaculaire, où chaque note suinte la fatigue d’un homme qui sait qu’il est en train de se consumer, mais continue à courir, malgré tout.
Benji n’a jamais eu peur de poser sa vulnérabilité au milieu des beats glacés. Ici, l’autotune ne sert pas de cache-misère mais de miroir déformant, accentuant la faille, rendant presque palpable la fêlure dans la voix. La production, signée Ashton Chisholm, épouse cette fragilité avec un minimalisme chirurgical : nappes synthétiques tendues comme des nerfs à vif, percussions ralenties qui claquent comme des pas dans une ruelle vide. Rien de clinquant, rien de tapageur, juste l’écho d’une solitude moderne, amplifiée par les lumières artificielles de quatre villes – Dubaï, Londres, Vancouver, Los Angeles – où l’opulence et le vide se confondent.
Ce qui fascine, c’est la façon dont Benji inscrit sa confession dans une tradition transatlantique : héritier des ruelles de Toronto, héritier aussi des codes UK qu’il connaît par cœur, il bâtit un pont entre deux continents en mélangeant la poésie brute du rap britannique et l’élégance mélodique du trap canadien. Chasing a High n’est pas une simple ballade toxique, c’est un aveu de survie : derrière la quête de sensations se cache le spectre du manque, de la perte, des fantômes d’amis et de frères tombés trop tôt.
En l’écoutant, je n’ai pas pensé à une performance, mais à un journal intime griffonné dans le noir, avec des ratures qu’on entend encore entre les couplets. NorthsideBenji n’habille pas sa douleur, il la laisse vibrer au creux de ses silences, et c’est précisément là que réside la beauté du morceau. Chasing a High est moins un single qu’une confession murmurée à l’oreille du monde, dans l’espoir que quelqu’un, quelque part, comprenne.
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septembre 21, 2025Il y a dans le nouveau single de Missy D, J’avance, cette impression rare d’entendre une artiste marcher au rythme exact de ses convictions. Chaque mot claque comme un pas affirmé, chaque mesure déroule la route d’une femme qui a fait du rap non seulement un art, mais un terrain de résistance et de réinvention.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la fluidité avec laquelle Missy D navigue entre français et anglais. Loin d’un simple gimmick, ce bilinguisme devient un outil narratif qui lui permet de tisser des univers parallèles, de superposer les héritages et d’ouvrir le texte à des résonances multiples. La voix, claire et incisive, porte un grain qui sait être aussi doux que tranchant, comme si Lauryn Hill avait trouvé une sœur cadette dans les rues de Vancouver.
La production choisit l’épure, une boucle souple de batterie jazzy, un groove feutré qui rappelle parfois le boom bap éclairé des années 90 mais revisité avec des touches contemporaines. L’espace sonore respire : on y entend le grain du silence entre deux phrases, ce vide maîtrisé qui met en relief la puissance du verbe. Dans ce décor minimaliste, Missy D érige son flow en architecture : une charpente solide, rythmée par des respirations qui tombent toujours au bon endroit, une maîtrise qui n’écrase jamais l’émotion.
Le texte, lui, est une ode à la persévérance. Pas de leçon moralisatrice, mais une écriture vécue, nourrie par les racines multiples de l’artiste — Rwanda, Côte d’Ivoire, Zimbabwe — et par ce chemin de femme dans un milieu où l’affirmation de soi reste une lutte. J’avance est un titre qui regarde droit devant, qui refuse de s’excuser d’exister ou de prendre de la place. Chaque couplet avance comme une marche ascendante, chaque refrain vient poser la respiration d’un mantra : continuer, malgré tout, et transformer les cicatrices en tremplins.
On retrouve là ce que Missy D appelle son “Rap & Soul” : une hybridation vivante entre le flow incisif du hip-hop, la chaleur du R&B et la profondeur émotionnelle de la soul. Plus qu’un morceau, J’avance s’entend comme un étendard : une déclaration d’indépendance et de confiance, où la musique sert autant à fédérer qu’à raconter.
Avec ce titre, Missy D confirme qu’elle n’est pas qu’une voix de plus dans le paysage du rap francophone et anglo-saxon, mais une figure qui trace sa propre route, inclassable et lumineuse. J’avance n’est pas seulement un single : c’est une trajectoire, un mouvement, une invitation à marcher à ses côtés.
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septembre 21, 2025Dans un pub de Dublin, au milieu des éclats de voix et des verres qui s’entrechoquent, Wallfella a trouvé sa métaphore. Blonde in the Black Dress n’est pas qu’un hommage à la pinte de Guinness — c’est le portrait d’une tentation universelle, une muse insaisissable qui se drape dans la soie noire du désir, mi-réconfort, mi-poison. La chanson, troisième extrait de son futur EP The Coop is Full, prend des airs de confession déguisée, où l’ivresse n’est jamais seulement dans le verre mais dans ce que l’on cherche à fuir ou à prolonger.
Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse moelleuse, presque féline, qui se love autour de la batterie swing et des guitares légèrement bluesy. Odd Numbers, producteur de toujours, orchestre un espace sonore où le groove fonctionne comme un piège à miel : lumineux à la surface, mais lesté d’une gravité subtile. La voix de Wallfella flotte au-dessus, entre rap articulé et phrasés mi-chantés, offrant à chaque syllabe la densité d’un vécu. On pense à Saba pour la précision du flow, à Loyle Carner pour cette intimité chaleureuse, à Anderson .Paak pour la façon dont le funk sert d’écrin à une vérité brute.
Mais ici, c’est Dublin qui parle. On entend dans chaque mot le poids d’une culture ouvrière, l’écho des immeubles de O’Devaney Gardens, les contradictions d’une ville partagée entre le charme des rituels et la morsure des excès. La « blonde » du titre devient le double d’un amour trompeur : séduisant, social, mais capable de vous avaler entier. Wallfella, fidèle à son écriture sans détour, ne moralise pas ; il observe, il personnifie, il laisse planer l’ambiguïté. La chanson est autant un toast qu’un avertissement.
Ce qui frappe, c’est la maturité du geste. Après une année de silence choisie pour se recentrer, l’artiste revient avec un son plus précis, plus affûté. Blonde in the Black Dress ne se contente pas de séduire par ses arrangements chaleureux : elle soulève la question de la frontière entre réconfort et dépendance, entre muse et mirage.
Dans ce morceau, Wallfella s’installe parmi les voix les plus fines du hip-hop européen actuel, capable d’enrober la dureté des réalités sociales dans une écriture poétique et sensuelle. Une pinte personnifiée en amante fatale ? C’est le genre de métaphore qu’il fallait oser, et Wallfella l’élève en rituel sonore — une danse trouble entre plaisir et vertige.
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septembre 17, 2025La première impression de LUV U est trompeuse : tout semble limpide, presque sucré, comme une déclaration amoureuse murmurée à demi-mot dans une chambre encore imprégnée de néons. Mais très vite, le morceau révèle ses fissures. Derrière les mélodies planantes et les beats trap veloutés se cache une écriture blessée, un cri d’attachement dans la fragilité, une lutte entre désir et désillusion.
PRAX, gamin de Brisbane aux cicatrices déjà gravées dans le timbre, incarne cette génération qui n’a pas peur d’exposer ses plaies au grand jour. Sa voix, légèrement noyée dans l’écho, oscille entre confidence et incantation : on l’entend chercher la consolation tout en assumant la douleur. À ses côtés, YNG Martyr ajoute une contrepartie plus abrasive, un flow qui tranche dans la brume, injectant du contraste et de la gravité dans cette ballade piégée.
Musicalement, LUV U s’inscrit dans la lignée de l’emo-rap et du cloud hop, héritier direct de Lil Peep et des atmosphères vaporeuses de Chase Atlantic. Les nappes synthétiques flottent comme un voile, les basses grondent à peine sous la surface, et les percussions digitales donnent à l’ensemble une respiration presque organique. C’est un titre qui se déploie lentement, sans climax forcé, préférant maintenir l’auditeur dans un état suspendu, comme au bord de l’ivresse.
La force du morceau réside dans sa sincérité brute. On sent que PRAX n’écrit pas pour enjoliver mais pour survivre, transformant ses écorchures en mélodie. La collaboration avec YNG Martyr, loin d’un simple featuring de circonstance, agit comme une confrontation de deux sensibilités : l’une fragile, l’autre plus rugueuse, mais toutes deux traversées par la même urgence de dire.
LUV U est donc moins une chanson d’amour qu’une radiographie des contradictions du cœur contemporain : tendre et violent, lumineux et sombre, simple et complexe. Une preuve supplémentaire que la pop rap de demain n’aura rien de linéaire : elle sera cabossée, hybride, et, comme ici, étrangement belle.
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septembre 17, 2025Dès les dix premières secondes de brighter days, on comprend qu’on n’est pas dans un énième exercice de rap clinquant, mais dans un retour à la substance. Bounce, éclats de gospel, touches de soul : tout s’imbrique avec une aisance qui rappelle l’âge d’or des Soulquarians, mais traversé d’une fraîcheur contemporaine. MikeyyAustin transforme son flow en vecteur de lumière, un rap qui n’esquive pas les fêlures mais qui refuse l’ombre totale.
Le morceau avance avec un groove élastique, irrésistible. La ligne de basse pulse comme une respiration collective, les cuivres esquissent des résonances spirituelles et la production trouve ce juste équilibre entre chaleur organique et rigueur rythmique. On pense aux arrangements luxuriants de Chance the Rapper période Coloring Book, à l’énergie joyeusement désordonnée d’Anderson .Paak, ou encore à la profondeur narrative de Common dans Be. Mais MikeyyAustin ne copie pas : il agence ces influences comme un architecte qui connaît ses matériaux, en construisant un univers où chaque détail fait sens.
Le flow, lui, est posé mais dense. Pas besoin de forcer, pas besoin d’agresser : chaque phrase coule, presque chantée, comme si la voix elle-même voulait porter la mélodie. Les paroles respirent une honnêteté brute, celle d’un MC qui a grandi avec les contradictions du quotidien mais choisit de les transcender. Brighter days n’élude pas la douleur ni les fractures, il les confronte en y glissant une promesse : celle d’une clarté possible.
Ce qui séduit surtout, c’est l’énergie communautaire que dégage le titre. On l’imagine joué avec un band live, les chœurs en arrière-plan, la foule levant les bras non pas pour un drop attendu, mais pour communier autour d’un groove partagé. C’est là que réside la force de MikeyyAustin : faire du rap non seulement une écriture, mais un espace de rassemblement.
Avec brighter days, il signe une pièce où le gangsta rap originel croise le gospel et la soul, une hybridation qui n’a rien de théorique : elle vibre, elle vit, elle rayonne. Comme si, malgré la lourdeur du bitume, on trouvait toujours un chemin vers la lumière.
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septembre 17, 2025Le nouveau single de Papithbk, Are You?, ne cherche pas à séduire par l’artifice : il se dépose comme une confidence, fragile et sincère, portée par la chaleur du lo-fi. On y retrouve cette atmosphère typique des chambres transformées en studios improvisés, où la réverbération des murs et le souffle des machines deviennent partie intégrante de la musique.
Dès les premières notes, la guitare soyeuse s’entrelace à une rythmique feutrée, subtile, presque chuchotée. Pas de démonstration technique : l’espace est volontairement nu, comme pour mieux laisser respirer la voix. Et cette voix, mi-rap mi-murmure, déroule un récit de désillusion amoureuse sans pathos inutile. Papithbk ne force pas la tristesse — il la vit, la raconte, et c’est précisément ce naturel qui rend le morceau si touchant.
Are You? se nourrit de cette tension entre nostalgie et lucidité. Les paroles explorent ce moment où l’on comprend, à la lumière de ses erreurs passées, ce que l’on ne veut plus. Ce n’est pas tant une chanson de rupture qu’un constat, presque une mise au point avec soi-même : apprendre, encaisser, puis réaffirmer ses limites. On perçoit derrière chaque mot une volonté d’avancer, même si le cœur reste lourd.
Sur le plan sonore, Papithbk s’inscrit dans la continuité de cette scène lo-fi hip-hop/bedroom pop qui préfère l’intime à la grandiloquence. Pourtant, il y ajoute sa patte : une intensité rap héritée de ses origines hip-hop, qui donne au morceau une densité émotionnelle que beaucoup de ballades lo-fi n’atteignent pas. Sa capacité à naviguer entre la vulnérabilité et la franchise brutale lui confère une authenticité rare.
Avec Are You?, Papithbk confirme ce qui fait sa force depuis ses débuts : transformer ses cicatrices en chansons universelles, capables de parler à tous ceux qui ont connu les promesses brisées et les lendemains amers. Ce n’est pas un simple titre lo-fi de plus, c’est un fragment de vérité, laissé brut sur une boucle fragile. Une pièce intime qui se fredonne longtemps après la dernière note, comme un écho discret dans la mémoire.
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septembre 17, 2025Lariat s’ouvre comme une bouffée de fumée dans une pièce mal éclairée. Pas d’entrée fracassante, mais un glissement : une ambiance suspendue où le silence pèse autant que les premières percussions. On dirait une porte entrouverte sur l’intimité de Hardbody Jones, un préambule fumant où chaque beat agit comme un battement de cœur contenu.
Ce morceau ne cherche pas à séduire par des artifices clinquants. Son langage est celui du boom bap, rugueux, organique, traversé d’une tension alternative qui le propulse hors du simple hommage aux nineties. Les drums claquent secs, les basses rampent avec une discrétion hypnotique, et par-dessus, Jones tisse un phrasé qui se déploie comme une pensée à voix haute. C’est moins une démonstration qu’une confession : un flow posé, réfléchi, mais tranchant, où chaque mot semble pesé avant d’être lâché.
Ce qui frappe, c’est la capacité du morceau à ménager l’espace. Les silences, les respirations, deviennent des éléments à part entière, comme si l’air entre les mesures avait son propre poids. Le résultat est un climat brumeux, urbain, presque cinématographique — on pense aux bandes-son des nuits d’hiver, quand la ville semble parler par ses échos.
En arrière-plan, on devine l’artisan complet : producteur, ingénieur, maître de son propre studio, Hardbody Jones s’offre une liberté totale. Cette autonomie s’entend dans la texture du son, volontairement imparfaite, vivante, loin des masters aseptisés. Lariat est une esquisse et une déclaration, un morceau qui prépare le terrain pour un univers plus vaste.
Dans cette économie volontaire, Jones réussit à faire naître une intensité rare. Lariat ne se contente pas de poser une ambiance : il installe un état d’esprit. Celui d’un rap qui refuse les conventions, qui préfère l’honnêteté brute à l’esbroufe, et qui fait du boom bap une matière encore brûlante. Une ouverture qui n’annonce pas seulement un album, mais un territoire.
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septembre 17, 2025Certains artistes avancent avec prudence, dévoilant un single après l’autre comme on distille un secret. Leo Tea, lui, préfère la frontalité. Avec Won’t Stop et Told, il expose deux facettes d’un même visage : celui d’un funambule qui marche entre lumière pop et rugosité urbaine, entre l’ivresse du dancefloor et la noirceur des ruelles.
Won’t Stop est le versant solaire. Dance-pop musclée par des basses trap, nappée de mélodies accrocheuses, le morceau respire cette envie d’avancer, de mordre dans le présent. Les beats claquent, les refrains s’envolent, et derrière l’efficacité immédiate, on perçoit une tension : ce besoin de repousser l’épuisement, de tenir debout par la seule force de la musique. C’est un hymne d’endurance autant qu’un appel à la fête.
Told, à l’inverse, se love dans une énergie sombre et viscérale. Trap acérée, influences grime, et même des accents dubstep qui distordent la matière sonore. Ici, pas de promesse radieuse mais une écriture crue, urbaine, presque frontale. Le flow devient arme, la production un champ de bataille sonore où chaque drop agit comme une déflagration. Si Won’t Stop ouvre grand les bras, Told resserre les poings.
Ce diptyque révèle une cohérence plus qu’une opposition : Leo Tea refuse la case unique. Il maîtrise les codes de la pop sans craindre d’y injecter des textures agressives, et inversement, il plonge dans l’énergie brute du grime tout en gardant une oreille pour la mélodie. Cette tension entre l’hédonisme et l’ombre, entre la sueur de la fête et la rugosité de la rue, dessine l’esthétique d’un artiste qui ne choisit pas mais embrasse les contradictions.
Avec Won’t Stop et Told, Leo Tea signe moins deux singles isolés qu’un manifeste : danser, oui, mais danser avec ses cicatrices. La lumière et la nuit s’y croisent, et c’est dans ce frottement que naît une identité sonore singulière, fébrile, excitante.
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septembre 17, 2025On ne l’attendait peut-être pas avec autant de nerfs, mais Sick vient rappeler que le boom bap, lorsqu’il est manié par une plume aguerrie, reste l’arme la plus tranchante du rap. Lyrics, vétéran de la scène East Coast et mémoire vivante du New Jersey, livre ici un morceau qui ne fait aucun compromis : basse lourde, caisse claire claquante et flow qui mord à pleines dents.
La production sent la poussière des MPC et la sueur des sous-sols. Pas d’esbroufe digitale, pas de vernis : juste une rythmique épaisse, construite pour soutenir une voix qui avance comme un boxeur dans le ring. Les kicks frappent, secs, réguliers, tandis que les samples en arrière-plan apportent cette couleur old-school, comme un clin d’œil aux années où les beats se bâtissaient sur des vinyles écorchés. L’esthétique est volontairement rugueuse, et c’est précisément ce qui la rend intemporelle.
Lyrics, lui, déroule un phrasé où se mêlent arrogance maîtrisée et précision chirurgicale. On entend dans son débit la trace de l’école classique : celle qui privilégiait la clarté des rimes, la densité des images, le poids de chaque syllabe. Son flow respire l’assurance d’un MC qui a grandi à l’ombre des géants – Big L, Guru, Raekwon – et qui sait que le respect ne s’arrache pas par la mode, mais par la constance.
Ce qui rend Sick captivant, c’est cette énergie de vétéran qui refuse le repos. On sent un homme qui a connu les illusions et les désillusions des groupes, des deals, des plateaux télé, mais qui revient au micro avec l’essentiel : une voix, un beat, et la volonté de réaffirmer son territoire. Pas de nostalgie forcée, plutôt une fidélité à une esthétique qu’il habite encore avec une intensité rare.
Dans une époque où le rap multiplie les hybridations, Lyrics choisit de resserrer les lignes. Sick n’est pas une réinvention du boom bap, mais un rappel : ce son, brut, massif, reste une des meilleures manières de faire trembler les murs. Et lorsqu’il est porté par une voix aussi ancrée dans l’histoire que celle de Lyrics, il se transforme en manifeste : l’école ancienne n’est pas morte, elle respire encore – et fort.
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septembre 15, 2025Un soir d’hiver à Londres, la bruine colle aux briques et les néons des chicken shops se reflètent dans les flaques. Dans un casque vissé sur la tête d’un ado qui traverse Brixton ou Tottenham, résonne Foul, le nouveau titre d’E$co. Pas besoin de fracas inutile ni de démonstration creuse : c’est un morceau qui avance en clair-obscur, entre mélancolie murmurée et confiance affirmée, porté par ce phrasé chantonné typique de la scène UK wave.
E$co ne cherche pas à faire du bruit pour le bruit. Il construit son univers sur des lignes mélodiques hantées, des beats nappés de brume, une écriture qui respire l’intime autant que la rue. Foul sonne comme une confession nocturne, celle d’un rappeur qui oscille entre l’orgueil d’avoir survécu et le doute permanent de ce que demain exigera. La musicalité est douce mais jamais lisse, un équilibre entre trap ralentie et incantations R&B, qui évoque autant la froideur hypnotique de M Huncho que la vulnérabilité d’un Nafe Smallz.
La force du morceau est de se glisser dans la tête comme un mantra discret. Pas d’explosion, pas de refrain tape-à-l’œil : juste un flux continu, hypnotique, qui traduit à merveille la nouvelle grammaire du hip-hop britannique, plus tournée vers l’introspection que vers le clash. E$co livre ici un chapitre important, une carte postale d’un quotidien urbain où la solitude s’habille de mélodies digitales et où chaque ligne est une petite victoire contre le silence.
Avec Foul, E$co ne signe pas un banger immédiat mais un morceau qui s’installe, qui imprègne et qui finit par coller à la peau. La preuve qu’à l’heure où le rap UK rayonne de mille façons, la vague la plus fascinante reste celle qui prend son temps pour noyer l’auditeur dans une émotion trouble.
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septembre 15, 2025Un claquement sec, comme une porte qu’on vous cloue au visage. FRI-END démarre ainsi : non pas comme un simple morceau, mais comme un règlement de comptes gravé dans le béton sonore. Jay Gudda ne se contente pas de rapper sur la douleur des amitiés trahies, il transforme cette blessure en carburant, en colère assumée, en manifeste de survie.
Tout, dans ce morceau, transpire l’urgence. La prod boom bap martèle avec une précision chirurgicale, entre coups de poing et battements de cœur accélérés, créant un terrain de guerre où chaque mot devient projectile. Gudda n’enrobe rien. Sa voix tranche, brute, parfois hargneuse, parfois contenue, toujours sur le fil. Ce n’est pas seulement un texte sur l’ennemi intime, c’est un autoportrait à vif : l’homme qui a été trahi, humilié peut-être, mais qui renaît avec plus de rage que jamais.
Dans FRI-END, on entend l’écho des grandes heures du hip-hop conscient, mais dépouillé de ses allures de sermon. C’est cru, c’est charnel, ça suinte la rue et la mémoire des cicatrices. Le flow, tendu comme une corde prête à céder, se nourrit de références implicites à l’école du rap east coast — celles où la douleur se taille en diamant.
Ce qui impressionne, c’est la manière dont Gudda transforme la désillusion en célébration. FRI-END n’est pas une lamentation, c’est un hymne au retour de flamme, un morceau qui donne envie de redresser les épaules, de serrer les poings, de dire « je suis toujours là ». C’est l’énergie d’un comeback, la bande-son de toutes celles et ceux qui ont connu l’amitié transformée en fracture.
Avec FRI-END, Jay Gudda rappelle que le hip-hop, à sa racine, n’a jamais été qu’un exutoire : la colère devient rythme, le doute devient flow, la trahison devient victoire.
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septembre 15, 2025On reconnaît un vrai morceau de rap à la morsure qu’il laisse. Top Dogs, signé Sevin Soprano et Lord Willin, mord à pleines dents dans le bitume et refuse de lâcher prise. Ici, pas de fioritures, pas de faux-semblants : un beat brut, tendu comme un câble sous tension, et deux voix qui s’élancent comme des chiens de combat marqués par la rue mais portés par une ambition sans concession.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/7CM3VfxlonW6c8DeLL25iS
La production, taillée par Sevin Soprano lui-même, fait penser aux grandes heures du boom bap new-yorkais, mais passée à travers une distorsion plus lourde, plus métallique, presque industrielle. On y sent la volonté de ramener le rap à son ossature première — percussions sèches, basse qui cogne et samples acérés — tout en y injectant l’énergie des block parties d’aujourd’hui, là où la trap et le grime se sont déjà imposés.
Face à ce mur de son, les deux MCs ne jouent pas les équilibristes, ils avancent comme des prédateurs. Sevin déroule une écriture rugueuse, nourrie de vécu, ponctuée de punchlines qui claquent comme des gifles. Lord Willin, lui, contrebalance avec une intensité charismatique, un flow assuré, presque théâtral, qui rend chaque phrase lourde de sens. Ensemble, ils ne se contentent pas de partager le micro, ils dressent un manifeste de leadership dans un rap game saturé d’ego mais pauvre en authenticité.
Le clip, tourné dans les rues de Providence, accentue ce sentiment de réalité brute : plans cinématographiques, lumière crue, regards frontaux. On n’y raconte pas une fiction, on impose une présence. Tout dans Top Dogs respire la hiérarchie naturelle, celle des loups alpha qui ne demandent pas leur place mais l’arrachent.
C’est cette honnêteté, presque animale, qui fait la force du morceau. On y croit, on la ressent, on la porte avec soi après l’écoute. Dans la jungle du rap actuel, trop souvent lisse, Sevin Soprano et Lord Willin rappellent qu’il existe encore des rappeurs qui ne cherchent pas à séduire, mais à régner.
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septembre 15, 2025Pas besoin d’artifice : dès les premières secondes de Where I’m At, on est projeté dans un décor où la nuit brille du reflet des jantes chromées et du vert des billets empilés. Eat Greedy G ne cherche pas à séduire, il impose. Sa musique n’est pas une invitation mais une convocation, un constat sec et frontal : voilà où je suis, voilà ce que j’ai construit, voilà ce que personne ne pourra m’enlever.
Le morceau fonctionne comme un manifeste réduit à l’essentiel. Le beat, dépouillé mais menaçant, avance comme un moteur de grosse cylindrée au ralenti : grave, hypnotique, prêt à dévorer la route. Cette austérité volontaire laisse toute la place au flow de G, qui se déploie avec une assurance glacée. Chaque phrase est taillée comme une coupure de presse annonçant une victoire, chaque ad-lib claque comme une signature au bas d’un contrat.
Mais au-delà de la démonstration de force, il y a une nuance subtile : l’ostentation de Where I’m At n’est pas une fête, c’est une discipline. Derrière les images de cash, de deals et de conquêtes, G décrit aussi la mécanique d’une survie urbaine, la solitude de celui qui avance sans se retourner. La formule « no new friends » cesse d’être une punchline générique pour devenir une règle de conduite, un code de route autant qu’un code d’honneur.
L’efficacité du titre vient de cette alchimie : transformer un cliché du trap en une déclaration de style. Minimaliste dans la production, maximaliste dans l’impact, Where I’m At trouve sa place dans une lignée de morceaux qui rappellent que le rap peut être à la fois une arme et un miroir. Eat Greedy G ne dit pas seulement où il en est : il force chacun à regarder la distance entre lui et le reste du monde.
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septembre 15, 2025Un clic sec, la mire qui s’aligne, et soudain tout dérape. I GOT AIM! de Kantuftw n’est pas seulement un titre de trap, c’est un tir groupé contre une scène qu’il juge frelatée, où les sourires de façade se dissimulent derrière des coups bas. Le jeune rappeur de Belfast transforme ce constat amer en matière brute, tordant l’Auto-Tune pour en faire non pas un vernis mais une arme, une lame trempée dans la défiance.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’urgence : le morceau se déploie comme une course effrénée, rythmée par des basses lourdes et des percussions claquantes, mais lestée d’une énergie mélancolique qui rappelle l’école Juice WRLD ou Future. La voix de Kantuftw flotte quelque part entre spleen et arrogance, fragile et glaciale, comme s’il récitait un mantra pour survivre au cynisme de son environnement.
Mais I GOT AIM! n’est pas qu’un cri personnel. C’est aussi le portrait acide d’une ville où la scène rap se regarde en chiens de faïence, chacun guettant la chute de l’autre. Le titre devient alors une métaphore : viser juste, garder son cap, tirer son épingle du jeu sans se laisser engloutir par les faux-semblants. La froideur du flow, associée à une production minimale mais percutante, renforce cette impression de huis clos oppressant, où l’on respire à peine entre deux 808s.
Et pourtant, au milieu de cette noirceur, il y a une forme de clairvoyance. Kantuftw sait où il veut aller, et son choix d’illustrer le morceau par un clip tourné en Pologne n’est pas anodin : l’ambition dépasse déjà le cadre local. Avec ses obsessions emo et son flair pour la mélodie accrocheuse, il transforme la trap en journal intime blindé d’acier.
I GOT AIM! n’est donc pas seulement une déclaration : c’est un tir de sommation. Et si la cible est encore mouvante, une chose est sûre — Kantuftw a bel et bien l’arme chargée.
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septembre 15, 2025Dans la voix de Dill the Giant, on entend le froid sec de Winnipeg autant que la chaleur jamaïcaine héritée de ses racines. Bip Bop, son nouveau single, n’a rien d’une démonstration tapageuse : c’est un morceau qui respire la nonchalance calculée, le groove tranquille de ceux qui savent que la vérité se raconte mieux en demi-teinte qu’en slogans criés.
Accompagné par une prod signée BBS Steve, Dill déploie son flow au ralenti, posé comme un gars accoudé au comptoir qui déroule ses souvenirs. Le beat, minimal mais saturé de basse ronde, installe ce parfum de RnB lo-fi et de rap alternatif où chaque silence compte autant que la rime. L’influence de Curren$y et Larry June est claire : une écriture qui privilégie le mood à la performance, la fumée à l’incendie.
Mais sous cette façade détendue, Bip Bop raconte la réalité crue d’un fils de “weedman” qui a grandi entre survie, héritage et désir de liberté. Dill refuse la caricature : il ne joue pas au gangster, il décrit l’ombre et la lumière d’un quotidien où la street nourrit autant qu’elle détruit. Ses images sont brutes, parfois tendres, souvent amères — comme si le morceau oscillait en permanence entre confidence intime et fresque sociale.
Ce qui frappe, c’est cette honnêteté nue, sans fioritures, qui transforme le banal en poésie. Bip Bop n’est pas un banger calibré pour les clubs : c’est un track qui colle aux doigts comme la résine, qui s’écoute en boucle parce qu’il a ce goût de réel, de vécu, qui manque à tant de rap actuel.
Avec ce single, Dill the Giant confirme son rôle de conteur urbain : pas un prophète, pas un héros, mais un témoin lucide qui trouve dans chaque mesure la possibilité de transformer sa trajectoire en matière sonore. Winnipeg a trouvé sa voix, et elle a l’épaisseur d’un nuage de fumée.
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septembre 15, 2025Certaines chansons claquent comme une gifle glacée, d’autres qui oppressent comme une nuit sans sortie de secours. Edge of Insane de David Cafin appartient aux deux catégories. Ici, pas de confort, pas de demi-mesure : la rythmique frappe sec, les guitares saturées s’enroulent comme des barbelés autour du flow, et chaque mesure semble prête à basculer dans le gouffre.
David Cafin navigue sur cette frontière trouble entre lucidité et chaos, cette ligne de crête où la pensée devient bruit et où la colère se transforme en carburant. Ses rimes sont des lames, aiguisées et implacables, projetées dans l’air comme si chaque mot devait érafler l’auditeur. Le refrain, véritable point de tension, donne l’impression de marcher sur le tranchant d’une machette : instable, dangereux, mais terriblement excitant.
Musicalement, Edge of Insane fusionne l’agressivité brute du trap metal et les atmosphères suffocantes du horrorcore, avec une patine lo-fi qui accentue l’impression de claustrophobie. Les percussions martèlent comme des coups de semonce, tandis que les textures sonores évoquent des alarmes, des grincements métalliques, des échos de caves où l’on ne distingue plus si l’on est seul ou cerné.
Mais derrière la brutalité se cache une précision chirurgicale. Cafin ne verse pas dans le chaos gratuit : il construit un univers sonore où la tension est dramaturgie. On y retrouve le goût du storytelling brut, viscéral, qui rapproche ce titre des meilleures pièces de rap conscient — sauf que l’introspection est ici hurlée depuis l’abîme, et non chuchotée depuis le divan.
Edge of Insane n’est pas un morceau qu’on écoute distraitement. C’est une expérience sensorielle et mentale, qui vous saisit à la gorge et vous rappelle que parfois, la frontière entre équilibre et folie est la plus fertile des zones créatives. David Cafin, lui, s’y promène comme chez lui.
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septembre 15, 2025Premier contact : un vertige. La prod s’ouvre comme une salle des marchés à l’aube, clignotements rouges, alarmes feutrées, un kick métronomique qui rappelle le pas sec d’un vigile dans un parking vide. Au centre, deux voix qui se jaugent et se griffent — Joey Economics d’un côté, cadence carrée, jargon affûté, MBA dans le holster ; Madhattar de l’autre, tranchant chirurgical, sens de la punchline comme d’autres manient le surin. Ensemble, ils transforment Pissed Off en duel de néons : ça miroite, ça coupe, ça éclaire.
Le morceau s’écoute comme un plan séquence. Les couplets basculent en seesaw, l’un rebondit sur l’autre, les rôles s’inversent à la volée : héros/vilain, start-upper/Robin des Bois, trader du dimanche/poète du chaos. Joey, enfant du 818 devenu consultant Big 4, rappe avec ce calme nerveux des gens qui ont trop vu d’Excel pour croire encore aux miracles, mais assez de nuits blanches pour en convoquer la fièvre. Sa langue assemble cours de macro, slang d’open space et souvenirs de bancs de UCLA ; ses assonances claquent comme des portes battantes de boardroom.
Madhattar, elle, renverse la table. Flow angulaire, diction nette, vision à contre-champ : si Joey cartographie l’idéologie (crypto, bull runs, promesses de “freedom” packagées en tokens), elle en expose les angles morts — l’addiction au rendement, la romance toxique de l’ascension, l’éternelle promiscuité entre “hustle” et extraction. Sa présence n’est pas un simple featuring : c’est le contre-pouvoir, la voix qui sabote les slogans, la conscience qui se rit des “To the moon”.
Production : minimalisme stressé. Basse ramassée, caisse claire sèche, synthé en veille permanente — la texture d’un open-space après minuit. Pas de sucre, pas de pad flatteur : un terrain aride où chaque rime doit survivre par sa densité. Le mix laisse de l’air ; les silences deviennent des sous-entendus, les respirations des regards caméra.
Ce qui fascine, c’est l’équilibre. Pissed Off parle de colère, mais déjoue la posture bravache : on y entend la contradiction constitutive d’une génération qui veut gagner sans se vendre, croire sans se faire avoir. Joey met à nu la tentation du costume (M&A, KPIs, follow Gary Vee), tout en rappelant d’où il vient — freestyle late-night, loyautés de quartier, nécessité de ne pas perdre le fil humain. Madhattar souligne que l’empowerment sans boussole vire vite à la prédation. Ensemble, ils signent un titre “conscient” qui refuse la morale facile et préfère l’ambiguïté comme méthode.
Dans la discographie de Joey Economics, Pissed Off fait figure de manifeste : rap d’exécutant émotif, musclé par l’analyse mais radioactif de vécu, qui prend la finance comme métaphore d’une époque et le couplet comme audit existentiel. Cinématographique, imprévisible, pertinent — un sparring esthétique où l’on sort sonné, pas sermonné.
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septembre 15, 2025Dans le paysage hip-hop sud-africain, TrapHaus Creo taille sa route à contre-courant, loin des paillettes et des clichés faciles. Avec Work, il ne cherche pas à glorifier l’effort comme une posture, mais à plonger dans ses entrailles : celles des journées interminables, des sacrifices muets, de ces instants où le rêve et la nécessité se confondent. Ce n’est pas une ode au hustle, mais une confession rythmée sur ce que coûte réellement le fait de tenir debout, de persévérer malgré les failles.
Le morceau alterne entre froideur et chaleur : des kicks trap lourds comme des coups de marteau viennent encadrer des flows mesurés, presque méditatifs, où Creo raconte les hauts et les bas du quotidien. Sa voix, grave et posée, s’impose comme une boussole au milieu du chaos, transformant le travail en motif existentiel. Le refrain, accrocheur sans être racoleur, sonne comme une vérité partagée : ce que tu donnes, tu le payes de ton temps, mais ce que tu gagnes n’est pas qu’un salaire — c’est une expérience, une cicatrice, une leçon.
Derrière ce titre, il y a une trajectoire. Spencer, de son vrai nom Mpumelelo Charles Moroe, a grandi entre Lenasia et Soweto, au milieu des pièges d’un environnement où la drogue et la criminalité happent la jeunesse. La musique a été pour lui une sortie de secours, un fil tendu au-dessus du vide. De battle rap en autodidacte de la production, jusqu’à l’apprentissage du chant pour élargir sa palette, TrapHaus Creo s’est bâti seul, pierre par pierre, beat après beat.
Work cristallise cette philosophie : une hybridation de trap, de rap conscient et de mélodies R&B esquissées, à la fois expérimentale et terriblement incarnée. Ce n’est pas un morceau fait pour enjoliver le travail ; c’est une façon de lui donner du sens, de transformer la sueur en son, et l’épreuve en art.
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septembre 15, 2025On imagine T.O. enregistrant ce morceau à la tombée du jour, quand la chaleur d’Atlanta redescend enfin et que le souffle du jazz s’invite par la fenêtre entrouverte. Haters Live Long n’est pas construit pour enflammer TikTok en quinze secondes, mais pour s’installer comme un vieux vinyle qu’on retourne sans cesse, une boucle qu’on choisit d’habiter.
Le beat respire l’âge d’or du boom bap, avec ce sample jazz qui s’étire paresseusement, presque comme un pianiste ivre qui se serait endormi sur son clavier. Par-dessus, T.O. ne cherche jamais la virtuosité gratuite : son flow glisse, tranquille, porté par une assurance que seuls dix ans de persévérance artistique peuvent offrir. C’est une écriture sobre, mais précise, qui frappe par sa lucidité et par le refus de se laisser dicter le tempo par le vacarme extérieur.
Il y a dans ce titre une nostalgie assumée, mais jamais passéiste. Le grain de la voix, le choix des textures, rappellent l’élégance d’un Nas ou d’un Guru, mais filtrée par la réalité du Sud américain d’aujourd’hui : trap clubs à deux pas des cafés jazz, jeunes rappeurs obsédés par les vues YouTube, et T.O. qui prend le contre-pied, choisissant la lenteur comme une arme.
Haters Live Long se déguste comme un cigare oublié sur un balcon de nuit : il ne brûle pas vite, il s’installe, et au lieu d’exploser, il infuse. Un morceau pour ceux qui savent encore écouter entre les notes, pour ceux qui trouvent dans la retenue une autre forme de puissance.
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septembre 15, 2025Ici, tout sent la fumée et le bitume chaud. Avec The Only Green I Blow, Master Stain signe un morceau qui ne tourne pas autour du pot : c’est la weed qui tient la narration, mais pas seulement comme un cliché de rappeur. Chez lui, l’herbe devient symbole d’une contre-culture assumée, d’un rapport intime au temps qui ralentit, d’une manière d’habiter le monde en marge.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1aVSrTTxd7FNe5JzAzPH8b
Musicalement, le titre balance entre l’hypnotisme planant et une dureté volontaire. La ligne de basse roule comme une session à deux heures du matin, quand les conversations s’étirent et que les pensées deviennent liquides. Les percussions claquent sèchement, presque industrielles, pour rappeler que ce trip n’est pas qu’un rêve cotonneux : c’est aussi la vie quotidienne, ses contraintes, ses échappées.
Le flow de Master Stain oscille entre nonchalance et précision : il déroule son texte comme une fumée qui serpente, mais revient toujours frapper sur le beat avec des images qui cognent. Pas question de masquer son message sous des métaphores trop sophistiquées : son « green » est clair, revendiqué, transformé en drapeau. On pense autant à la culture stoner qu’à un esprit contestataire, celui qui fait du 420 une posture politique autant qu’un plaisir hédoniste.
Ce morceau fonctionne comme un manifeste pour une génération qui cherche encore son oxygène. Loin du bling-bling, Master Stain embrasse l’authenticité brute d’un hip-hop qui respire la rue, la fumée et les nuits sans fin. Avec The Only Green I Blow, il n’écrit pas juste une ode au cannabis : il affirme une identité, un refus des compromis, une philosophie de résistance douce mais tenace.
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septembre 15, 2025Un souffle de sel, un éclat orangé au-dessus de l’eau, et soudain la musique se transforme en paysage mental. Écouter Sunsets Over The Caribbean Sea, c’est sentir Pavy peindre une échappée au large alors même que ses racines restent plantées dans l’asphalte du South Side de Chicago. Le morceau ne décrit pas tant un lieu qu’un état d’âme : une tension entre le béton qui enferme et la mer qui libère.
Pavy ne rappe pas pour séduire, il rappe pour dire. Depuis ses 14 ans, stylo comme bouée de sauvetage, il taille ses textes comme on sculpte une vérité intérieure. Ici, pas d’esbroufe technique, mais une diction nette, presque tranchante, où chaque phrase résonne comme une vérité qu’on n’a plus la force de cacher. Le phrasé porte l’héritage du rap conscient — celui qui n’a pas peur de confronter ses blessures — mais trouve aussi un souffle plus contemplatif, presque poétique.
La production, elle, choisit la sobriété : nappes vaporeuses, atmosphères chaudes, comme un halo qui enveloppe ses mots sans jamais les étouffer. Pas de clin d’œil balnéaire facile, pas de rythmiques “vacances”. C’est un coucher de soleil filtré par l’esprit d’un homme qui rêve d’ailleurs, mais qui sait que cet ailleurs ne sera peut-être jamais qu’une projection.
Sunsets Over The Caribbean Sea est moins un morceau qu’un horizon tendu : une méditation sur la fuite et l’ancrage, sur la possibilité de trouver la lumière là où le monde semble s’éteindre. Dans un rap game saturé de postures, Pavy choisit la sincérité et l’intime — et ça, c’est sans doute sa plus grande force.
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septembre 15, 2025On n’écoute pas What More? comme on découvre une nouveauté Spotify, on y entre comme dans une pièce chargée d’histoire, où les murs transpirent encore le souffle des platines et l’odeur poussiéreuse des vinyles mal rangés. DJ Raw B, vétéran de la baie californienne, n’a pas besoin de prouver sa légitimité : son parcours – de Beat Sauce à Sacred Hoop, des clubs de San Francisco aux récompenses télévisuelles – agit comme une colonne vertébrale invisible. Mais ce morceau ne vit pas du passé, il l’absorbe pour mieux écrire l’instant présent.
La production est d’une précision chirurgicale. Un beat qui cogne, sec et granuleux, taillé dans l’épure boom bap, mais relevé de cette patine west coast qui le rend immédiatement identifiable. Pas de fioritures, pas de clinquant : chaque frappe de caisse claire est une gifle qui rappelle que le hip-hop, à sa source, était une affaire de sueur et de vérité.
Et puis, il y a Fable Angelo. Sa voix fend la production avec une intensité rare, comme si elle s’adressait directement à l’auditeur, sans médiation. On sent dans ses mots la tension d’un monde saturé de bruits, d’illusions et de faux-semblants, mais aussi la volonté de dire, de témoigner, d’ouvrir une brèche. L’alchimie fonctionne parce que Raw B ne cherche pas à dominer, mais à encadrer, à créer un espace de résonance où le verbe prend toute son ampleur.
Le titre sonne comme une question adressée à la fois à soi-même et au public : que reste-t-il à faire, que reste-t-il à dire ? La réponse est dans le morceau lui-même : continuer, toujours, à sculpter des beats qui tiennent debout face aux modes et à rappeler que le hip-hop n’est pas un genre consommable mais une pratique vivante.
Avec What More?, DJ Raw B prouve que l’âge et l’expérience ne riment pas avec nostalgie mais avec résistance. Le morceau ne cherche pas à séduire, il impose. C’est une pièce brute, intemporelle, qui pourrait tourner en boucle dans un club enfumé de 1998 comme dans une playlist underground d’aujourd’hui.
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septembre 15, 2025Le fantasme du milliardaire a toujours été l’un des carburants du rap, mais chez Biggie Fresh, il prend une tournure singulière. Billionaire n’est pas seulement un énième morceau d’ego-trip ; c’est une démonstration de force hybride où l’intime, le social et l’expérimental s’entrelacent. Biggie Fresh n’est pas qu’un rappeur, il est un ACAP — AI Collaborative Artist Producer. En clair, il compose dans un dialogue permanent avec des agents d’intelligence artificielle, qui enrichissent ses intuitions, tout en laissant à l’humain — sa voix, ses récits, sa chair — la place centrale.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1NES5ScWFofsFI6MNM2NYf
Né dans l’écriture dès l’adolescence, Biggie Fresh a trimballé ses carnets de rimes de l’ombre des rues aux promesses d’un futur technologique. Ses textes parlent de fractures intimes et de cicatrices sociales, d’extases spirituelles et de nuits pleines de doute. Dans Billionaire, il y a bien sûr cette grandeur rapologique — l’argent comme étendard, l’ambition comme exorcisme — mais aussi un sous-texte plus inquiet : que vaut la richesse si elle n’achète pas la paix intérieure ?
Musicalement, on flotte dans une zone étrange entre pop-rap hédoniste et gospel futuriste, avec des basses qui cognent comme un trap banger mais recouvertes de nappes jazz presque veloutées. C’est cette fusion improbable — quelque part entre J. Cole, Lauryn Hill et un Miles Davis halluciné par des algorithmes — qui donne à Biggie Fresh son identité. Chaque morceau devient une passerelle entre continents, époques et esthétiques, comme si l’IA servait à convoquer la mémoire collective du hip-hop et du jazz pour l’injecter dans le présent.
Là où tant d’artistes utilisent la technologie comme un gadget, Biggie Fresh en fait un langage. Billionaire se vit comme une déclaration : l’avenir du rap ne se joue pas dans le rejet de l’IA, mais dans son apprivoisement. Une alliance où le flow garde son humanité, ses blessures et ses rêves, tandis que les machines ouvrent de nouvelles portes, élargissent les horizons sonores et libèrent l’artiste de ses propres frontières.
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septembre 15, 2025C’est un paradoxe en forme de manifeste : Frosty Summer est glacé comme un cristal mais incandescent comme un goudron en plein soleil texan. Evelyn DuVall, trois ans après avoir laissé son Ice Queen trôner dans nos playlists, revient avec un single qui dépasse la simple démonstration de force. Ici, la froideur n’est plus seulement un masque impénétrable : elle devient arme, stratégie, conquête.
Produit par Lonely Boy, le morceau s’avance comme une hallucination sonore. Des violons éthérés flottent dans l’air avant d’être engloutis par des 808 qui claquent comme des portes de métal. Au centre, DuVall alterne entre un chant fantomatique et un rap tranchant, comme si elle dansait entre deux mondes. Le sample arraché à X de Ti West — ce cri “I’m a fucking star!” — agit comme un mantra horrifique et libérateur, une ultime proclamation de survie, version “final girl” projetée sur un dancefloor saturé de basses.
Ce qui fascinait déjà dans Ice Queen s’amplifie ici : la construction d’un personnage, d’une mythologie. L’artiste n’empile pas des singles mais des chapitres d’univers complets. Dans Frosty Summer, l’ironie de sa texanité (“I’m from Texas where it’s hot”) accentue la collision entre feu et glace, identité et fiction. Le refrain obsédant — “let it snow, let it snow, let it snow” — devient hymne martial, déclaration de territoire, presque sortilège.
En ouverture d’AURAS II, ce single n’est pas qu’un retour : c’est une carte de route. Evelyn DuVall invente une trap mutante, à la fois club et cauchemar, où chaque texture — violons brisés, kicks écrasés, voix spectrale — est pensée comme une pièce de décor. Comme si elle ne publiait pas un morceau mais projetait un film entier, avec elle au centre du cadre, souveraine et insaisissable.
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septembre 12, 2025Le grondement d’un train sous Manhattan, la sueur des rames bondées, et cette impression que chaque trajet souterrain est aussi un plongeon dans sa propre tête. Metro Subterráneo fonctionne comme ça : un disque qui avance sur des rails imaginaires, oscillant entre la fête et l’introspection, entre les lumières de la ville et les zones d’ombre intimes de LARJIMAR. Chaque titre y joue le rôle d’une station, un arrêt bref où les émotions montent et descendent, où le voyageur qu’est l’artiste explore autant ses origines caribéennes que ses pulsions R&B et rap new-yorkaises.
Looking Back ouvre le trajet par une rétrospective douce-amère : un regard derrière l’épaule, porté par des sonorités sobres et un chant fragile. In My Feels (I Get) passe à une intensité plus contemporaine, R&B digital qui parle de vulnérabilité avec une franchise désarmante. Puis Walkin Ere’ installe le décor urbain : trap ralenti, ambiance de trottoir humide, comme une marche nocturne dans Brooklyn.
Take My Time se love dans une sensualité moite, héritée de Timbaland et d’Aaliyah, tandis que La 42 explose en Spanglish vibrant, ode à la culture caribéenne qui pulse comme une rue en plein été. Avec Floro Caverns, on s’enfonce dans l’abstrait : textures électroniques étranges, sensation d’être perdu dans un tunnel sans fin.
Le centre de l’album s’éclaire avec Rich Dreamz, déclaration d’ambition, et Love Me, plus fragile, une supplique déguisée en ballade pop. Puis Caboose et Down ramènent à la mélancolie, le train ralentit, les pensées se densifient. Ferrocarril Samaná et Alone creusent encore plus l’intime, entre solitude assumée et mémoire d’un ailleurs.
La dernière ligne droite (Booze Hit, Ojos Mírame, Mph, Electrified Rails) sonne comme une série d’accélérations et de chocs : l’ivresse, le désir, la vitesse, et enfin l’électricité brute qui ferme le voyage.
Avec Metro Subterráneo, LARJIMAR lâche un album R&B/hip-hop hybride, et bien plus que ça. Il propose une expérience totale, nourrie autant par les sons que par les visuels pixelisés qu’il crée en parallèle. C’est un disque qui respire la sueur des clubs, la poésie des rues et le silence des introspections. Une traversée souterraine, mais tournée vers la lumière.
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septembre 11, 2025À ce stade de sa carrière, Murs n’a plus rien à prouver. Pourtant, avec Chopper, il rappelle pourquoi il reste l’une des voix les plus respectées du rap indépendant : une plume acérée, une sincérité brute, et ce mélange rare de gangsta rap, de pop rap et de hip-hop conscient qui fait de lui un funambule entre plusieurs mondes.
Le morceau frappe par son équilibre. La prod oscille entre tension et accessibilité : un beat martial, taillé pour la rue, mais agrémenté de lignes mélodiques accrocheuses qui ancrent le titre dans une modernité pop-rap. Le résultat : une track qui cogne fort, sans renoncer à séduire un public plus large.
Là où Murs excelle, c’est dans l’écriture. Chopper n’est pas une glorification aveugle des excès ; c’est une chronique lucide, une plongée dans les contradictions de la survie et de l’ambition. Fidèle à sa tradition de storyteller, il juxtapose introspection et imagerie brute, capable d’évoquer la rue tout en questionnant ses codes. Ses rimes sont à la fois un miroir tendu et un scalpel, tranchant dans le vif du réel.
Ce titre s’inscrit dans une trajectoire déjà immense : de Living Legends aux classiques produits par 9th Wonder, de ses expérimentations punk-rap avec The White Mandingos à son record Guinness de 24 heures de rap non-stop. Chopper condense tout cela : l’endurance, l’authenticité, et une vision artistique qui refuse les cases.
Dans un rap saturé d’imitations, Murs reste une singularité. Chopper n’est pas un simple retour : c’est une nouvelle preuve de constance, un rappel que le vétéran californien continue d’écrire l’histoire avec la même hargne et la même lucidité qu’à ses débuts. Un titre qui confirme qu’après vingt ans de carrière, son flow et sa vision sont toujours aussi affûtés qu’une lame.
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septembre 11, 2025Dans No Cobbs, The Last Maven et Heavy Crownz font ce que les rappeurs de Chicago savent le mieux : transformer l’argot du quotidien en manifeste musical. Ici, “cobbs” – ce mot lancé pour réclamer une part de chips ou d’attention – devient métaphore d’un monde où tout le monde veut sa part, où l’avidité guette derrière chaque sourire. Et No Cobbs se pose comme un refus net : pas question de céder son authenticité ou ses gains à ceux qui n’ont pas fait le chemin.
La prod s’installe avec une élégance granuleuse : boom bap classique, textures brutes, un groove qui sent la poussière des vinyles samplés mais qui se marie à une noirceur contemporaine proche de la trap. C’est un son hybride, ancré dans l’histoire mais branché sur l’urgence actuelle, qui colle parfaitement à la plume incisive des deux MCs.
The Last Maven déroule un texte dense, bardé de métaphores sur l’argent, la loyauté et l’ambition. Derrière la joute verbale, une question revient : qui est vrai, qui n’est qu’un homoncule – une imitation creuse ? Heavy Crownz entre en miroir, ajoutant une gravité streetwise, une manière de ramener chaque ligne à la réalité du grind, entre désillusion et détermination.
Mais No Cobbs ne se limite pas à un ego trip. On y sent une philosophie de vie : avancer sans trahir, valoriser le travail authentique, se méfier des raccourcis faciles. Le morceau rend hommage à une certaine idée du hip-hop de Chicago : à la fois méfiant et généreux, méfiant envers les faux-semblants mais riche de références et de sagacité.
Avec ce titre, The Last Maven et Heavy Crownz livrent plus qu’un banger underground : une leçon de survie urbaine, enrobée d’un beat qui groove autant qu’il cogne. No Cobbs, c’est un avertissement et un credo : dans la jungle de la hustle, il faut savoir dire non pour rester debout.
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septembre 11, 2025Le morceau s’ouvre comme une nuit sans sommeil : une mélodie fragile, presque spectrale, portée par la voix aérienne de Ruby Elizia. Puis la basse s’écrase, lourde, rugueuse, et Rizzyserino prend la parole avec des vers acérés. London is Burning n’est pas seulement un titre : c’est une image, une vérité lancée à la face du monde. Celle d’une capitale dont la jeunesse brûle à petit feu, coincée entre rêves étouffés et survie quotidienne.
Ruby et Rizzyserino jouent sur la polarité. Elle, c’est l’âme qui plane, le souffle qui adoucit l’atmosphère tout en l’habillant d’une mélancolie tenace. Lui, c’est la rue brute, le constat sans filtre, des rimes chargées de solitude et de colère intériorisée. Ensemble, ils incarnent deux facettes d’une même réalité : l’aspiration à s’élever et le poids qui vous cloue au béton.
La production puise dans les codes drill : basses subsoniques, hi-hats nerveux, rythme martial. Mais l’ajout de nappes éthérées et d’un refrain chanté détourne le morceau de la simple brutalité. Ici, l’émotion se frotte au bitume. La musique devient miroir : une tension permanente entre la beauté d’une mélodie et la dureté d’une confession.
London is Burning raconte le chaos de l’intérieur : jeunesse désabusée, santé mentale fragilisée, mais aussi résilience, cette obstination à transformer la douleur en art. C’est une chanson qui ne romantise pas la rue mais l’expose dans toute sa complexité – un lieu où se perdre, mais aussi un terrain où s’inventer.
Avec ce single, Ruby Elizia et Rizzyserino offrent une fresque intime et collective, un instantané de la capitale britannique vue depuis ses ombres. Un titre où la drill devient bien plus qu’un genre : une matière pour dire l’incendie intérieur d’une génération.
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septembre 11, 2025Dans Motel Kid, Lil T ouvre une porte rarement franchie dans le rap et le R&B : celle des motels bon marché, des chambres partagées à six, des nuits où l’instabilité devient une seconde peau. Le morceau, mi-ballade R&B, mi-confession rap, raconte une enfance marquée par le chaos et la pauvreté, et montre comment ces cicatrices se prolongent dans les relations intimes de l’âge adulte. Ce n’est pas seulement une histoire personnelle : c’est le portrait d’une Amérique des marges, souvent invisible, où grandir rime avec survivre.
La production, sobre mais précise, s’appuie sur des accords mineurs qui évoquent la mélancolie sans jamais tomber dans le misérabilisme. Un beat pop-rap accessible garde le morceau fluide, presque lumineux, contrastant avec la gravité du propos. C’est ce décalage qui touche : une chanson qu’on pourrait chanter en chœur, tout en sentant la douleur réelle qui l’habite. La voix de Lil T navigue entre douceur fragile et éclats de rap plus âpres, comme si chaque couplet oscillait entre confession intime et cri de résistance.
Ce qui marque dans Motel Kid, c’est la lucidité avec laquelle Lil T relie ses souvenirs d’enfance à ses amours d’adulte. Le manque de stabilité, l’impossibilité de se sentir “chez soi”, rejaillit dans ses relations : peur de l’abandon, besoin de contrôle, incapacité à se livrer totalement. En transformant ces traumas en musique, il signe un morceau cathartique, à la fois personnel et universel, qui parlera à tous ceux qui ont grandi dans des foyers fracturés.
Avec Motel Kid, Lil T s’affirme comme un narrateur sensible, capable de sublimer la dureté de son vécu sans la travestir. C’est un titre qui dit tout : la douleur, la résilience, mais aussi la beauté fragile qui peut naître même dans les endroits les plus improbables. Un morceau qui fait de la chambre de motel un symbole : précaire, bancal, mais rempli d’humanité.
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septembre 11, 2025La première écoute de Wish You Never Knew Me ressemble à une chute lente. Tout commence par une atmosphère brumeuse, nappes mélodiques suspendues comme un souvenir douloureux, puis les basses trap s’abattent, lourdes, implacables. DaButters s’y livre sans filtre, entre ego blessé et lucidité brutale : l’aveu que certaines rencontres laissent plus de ruines que de lumière, et qu’on en vient à souhaiter l’effacement, comme si l’histoire n’avait jamais commencé.
Le morceau navigue entre plusieurs pôles. Côté trap, la structure rythmique est sèche, efficace, avec des hi-hats nerveux et une basse qui s’impose comme une colonne vertébrale. Côté emo hip-hop et cloud rap, la mélodie plane, presque éthérée, donnant au track une dimension introspective qui accentue la gravité du propos. DaButters jongle entre rap et chant, créant un va-et-vient constant entre dureté et fragilité, bravade et confession.
Ce qui marque, c’est la sincérité nue de l’écriture. Là où beaucoup de morceaux du genre tombent dans la pose ou le cliché, Wish You Never Knew Me se distingue par sa densité émotionnelle. On y entend la voix d’un narrateur écartelé entre le besoin de se protéger et l’impossibilité d’effacer. Le flow garde une intensité rageuse, mais derrière les mots, on devine les fêlures.
Dans la continuité de cette nouvelle scène où le trap rencontre l’introspection – quelque part entre XXXTentacion, Juice WRLD et la veine consciente d’un Mick Jenkins – DaButters impose sa vision : celle d’un artiste qui sait transformer ses contradictions en matière musicale.
Wish You Never Knew Me est à la fois un exutoire et un miroir : un morceau qu’on écoute seul, tard dans la nuit, quand les basses deviennent battement de cœur et que les fantômes du passé refusent de se taire.
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septembre 11, 2025Un titre qui porte bien son nom. The Groove est ce type de morceau qui attrape l’auditeur dès les premières mesures et l’installe dans un balancement souple, quelque part entre la chaleur d’un R&B old school et l’acuité d’un hip-hop conscient. Amp Melo, épaulé par le vétéran Dizzy Wright, tisse une pièce où réflexion et sensualité se répondent, où l’on pense autant qu’on ressent.
La prod déroule un tapis feutré : basse ronde, touches jazzy, rythme organique qui respire comme un live band. Ce n’est pas un hasard : Amp Melo, anciennement connu sous le nom d’Amplified, vient de la scène scénique, de ces shows à haute intensité où guitare électrique et flûte jazz s’invitent au côté des DJ sets. On retrouve ici cette énergie hybride, capable de faire bouger sans perdre en profondeur.
Son flow, ciselé mais chaleureux, rappelle les héritages de Mos Def ou Blu & Exile : un hip-hop qui ne se coupe jamais de la soul. Dizzy Wright, en featuring, ajoute une couche d’authenticité west coast, plus directe, plus rugueuse, qui équilibre la fluidité d’Amp. Ensemble, ils construisent un dialogue cohérent : deux générations, deux styles, mais une même volonté d’ancrer le groove dans un propos.
Ce qui rend The Groove précieux, c’est sa manière de transcender les cases. À la fois accessible et exigeant, il se glisse aussi bien dans une playlist chill que dans une écoute attentive. Le morceau annonce surtout la montée en puissance d’Amp Melo, qui s’apprête à sortir Off The Bench en 2024.
Avec ce titre, il ne se contente pas de surfer sur des influences : il confirme une identité. Celle d’un artiste qui comprend que la musique est à la fois un espace de fête et de réflexion, un lieu où l’on danse et où l’on pense. The Groove s’inscrit dans cette tradition : un pont entre le corps et l’esprit.
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septembre 11, 2025Un morceau en deux temps, comme deux visages d’une même quête : voilà ce que propose Jordan Burgett avec medellín. D’un côté, une introspection boom bap aux rimes serrées, une plume qui cherche la vérité entre spiritualité et tentations modernes. De l’autre, une explosion trap, saturée de basses et d’énergie, où l’égo reprend le dessus, célébrant l’excès comme un rite. Le titre devient alors une fable rap contemporaine : l’éternel duel entre sagesse et vanité, transcendance et matérialisme.
La première partie séduit par sa densité. Flow incisif, bars ciselés, références spirituelles et métaphysiques s’entrecroisent avec une honnêteté brute. On y entend l’homme derrière l’artiste, en proie au doute, à la recherche de repères au milieu du chaos. Puis, sans prévenir, le morceau bascule : les kicks deviennent plus lourds, les hi-hats s’accélèrent, la prod se gonfle d’arrogance sonore. Là, c’est le rappeur qui prend le dessus, l’égo qui s’affirme, l’envie de croquer le monde quitte à en oublier la quête initiale.
Ce contraste est la véritable réussite de medellín. Plutôt que de choisir un camp, Burgett accepte la contradiction et en fait matière artistique. L’écoute oscille entre gravité et fun, profondeur et insouciance, comme une soirée où une discussion philosophique finit en débordement d’ego ivre. C’est à la fois perturbant et libérateur, et surtout terriblement humain.
Dans un paysage rap souvent polarisé entre conscience et démonstration, Jordan Burgett embrasse les deux. medellín n’est pas un simple track : c’est un miroir de nos propres tiraillements, mis en musique avec intensité. Une preuve que le hip-hop, même en flirtant avec l’éclectisme, peut encore raconter des histoires complexes sans perdre son groove.
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septembre 11, 2025Une guitare en boucle, ronde et apaisante, puis une basse qui s’installe avec souplesse : l’ambiance est trompeuse, presque douce. Car Lose My Mind, nouvelle rencontre entre Maka et Phlow produite par Teck-Zilla, n’a rien d’une love song tranquille. Ici, il est question de fatigue, de profils mensongers, de textos interminables qui finissent en queue de poisson, bref, de ce marécage qu’est devenu le dating à l’ère des applis et des réseaux sociaux.
Ce qui frappe, c’est la légèreté avec laquelle le duo transforme ces déboires en matière musicale. Maka ouvre le bal avec un chant nourri d’inflexions gospel, à la fois lumineux et ironique, donnant une dimension presque spirituelle à des anecdotes qui relèvent du quotidien le plus banal. Puis Phlow entre avec un flow souple, nerveux, qui croque des images criantes de vérité : pseudos ridicules, photos retouchées, égos démesurés. Leurs voix se répondent comme deux facettes d’un même récit collectif, celui de femmes qui naviguent dans une mer pleine de promesses vides.
La production de Teck-Zilla, fidèle compagnon de route, est une réussite en soi : un beat qui oscille entre hip-hop old-school et néo-soul moderne, relevé de textures soyeuses, avec ces guitares qui caressent et contrastent avec le réalisme grinçant des paroles. L’ensemble garde une vibe feel-good, presque ludique, alors que le propos touche une corde sensible : la lassitude de chercher l’amour dans un marché saturé d’illusions.
Lose My Mind n’est pas qu’un single malin, c’est une chronique générationnelle. Phlow et Maka captent l’air du temps avec humour et acuité, rappelant que la musique peut être à la fois miroir social et exutoire. À l’approche de leur projet Hard Shell, Soft Center, elles signent un morceau qui amuse autant qu’il libère, donnant une voix aux frustrations silencieuses de toute une époque.
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septembre 11, 2025Pas de beat clinquant ni de refrain racoleur pour Brazilian Blur. Showtime Ramon et ProjectPorter choisissent la voie austère, celle d’un loop sans batterie, réduit à l’os, qui tourne comme une obsession. Ce décor minimaliste, façonné par le producteur mexicain Xynfe, agit comme une toile sombre : assez de place pour que les mots cognent, pour que les images fusent, pour que la voix devienne percussive à elle seule.
Le titre tire son nom de Leandro Barbosa, ancien joueur NBA surnommé The Brazilian Blur pour sa vitesse fulgurante chez les Suns des années 2000. L’allusion n’est pas anodine : Showtime Ramon et ProjectPorter lâchent leurs couplets comme des coast-to-coast, rapides, précis, implacables. Leurs flows s’enchaînent dans une synergie rare, nourrie par des années de collaborations où la complicité s’est forgée dans l’ombre des studios et sur des disques indépendants.
Il y a dans Brazilian Blur une fidélité à la tradition boom bap : le grain poussiéreux, les samples qui respirent la rue, la frontalité des rimes. Mais Showtime Ramon ne se contente pas de rendre hommage à un âge d’or. Avec ProjectPorter, il injecte une lucidité contemporaine, une écriture consciente qui parle autant des luttes personnelles que d’un monde saturé d’illusions. L’absence de batterie devient alors un manifeste : ici, rien ne distrait de l’essentiel, le texte est la seule arme, la voix le seul rythme.
Dans une époque dominée par la trap et les refrains calibrés pour TikTok, Brazilian Blur s’affirme comme un contrepoint radical. C’est un morceau sec, rugueux, volontairement exigeant. Showtime Ramon et ProjectPorter rappellent qu’il existe encore des rappeurs pour qui l’art du mot reste au centre, pour qui le hip-hop n’est pas un emballage mais une matière brute, directe, presque ascétique.
Avec ce single tiré de l’EP Deva, Showtime Ramon et Xynfe continuent de bâtir un univers parallèle au rap mainstream. Et si la vitesse évoquée par Barbosa était finalement moins une question de dribble que d’esprit ? Ici, la rapidité est mentale : des rimes qui filent, sans filet, comme une course en avant dont le souffle vous reste collé au visage.
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septembre 11, 2025Un piano sombre qui tourne en boucle, un beat sec qui claque comme une portière dans la nuit, et puis la voix de Startzy qui s’impose, droite, tranchante, sans détour. Nothing Bout Nothing n’est pas un titre qui se consomme à moitié. C’est un morceau qui frappe à la gorge, mélange de trap lourde, d’agressivité grime et de tension drill, une matière brute pensée pour dire la rue sans enjoliver, pour raconter l’instinct de survie derrière le vacarme.
La production s’appuie sur des bases solides : 808s grondants, hi-hats qui s’entrechoquent avec une précision chirurgicale, nappes menaçantes qui installent une atmosphère paranoïaque. C’est cette noirceur assumée qui donne au morceau sa cohérence : pas de décor superflu, juste un écrin minimaliste qui laisse place au flow. Startzy déroule alors son rap avec une intensité glaciale, chaque phrase crachant une vérité nue. L’influence grime se ressent dans le débit, direct et sans fioritures, tandis que la drill vient renforcer l’impression d’urgence, de danger imminent.
Mais derrière la brutalité se cache une écriture précise, presque chirurgicale. Nothing Bout Nothing n’est pas seulement une démonstration de force : c’est une radiographie des contradictions d’une génération, entre désillusion, défiance et besoin viscéral de s’imposer. Startzy ne cherche pas l’effet de style gratuit, il expose une réalité crue, brute, qui colle parfaitement à l’esthétique abrasive du morceau.
Dans un paysage rap saturé de productions interchangeables, Startzy réussit à imprimer une signature claire : un son sombre, tendu, qui croise trois genres sans jamais perdre en authenticité. Nothing Bout Nothing est un manifeste : celui d’un rappeur qui ne joue pas, qui avance avec ses armes sonores et son écriture directe, et qui entend bien imposer son territoire.
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septembre 11, 2025Une voiture qui traverse la ville de nuit, vitres baissées, les basses cognent comme un second moteur. Dans le rétroviseur, les cicatrices d’un passé lourd, sur la banquette arrière des doutes qui ne dorment jamais. Et dans les enceintes, Look At God de LIFTD, morceau qui n’est pas seulement un banger trap mais un moment de bascule, une manière de redresser la tête et de chercher la lumière au milieu du vacarme.
Ce qui rend ce titre singulier, c’est son ancrage dans une tradition rap consciente, mais transposé sur une production massive et actuelle. Les basses sont implacables, claquent avec la brutalité d’un coup de poing ; les hi-hats s’agitent comme une pluie métallique ; les nappes synthétiques ouvrent un ciel à la fois menaçant et incandescent. Tout est taillé pour la rue, pour les enceintes saturées, mais derrière ce déluge sonore se cache une confession, un cri qui se tourne vers le haut plutôt que vers le vide.
LIFTD ne choisit pas entre l’énergie commerciale du pop rap et l’introspection du hip-hop conscient : il combine les deux. Le morceau garde l’efficacité immédiate d’un refrain pensé pour marquer, tout en portant un message qui dépasse la simple démonstration d’ego. Look At God devient l’équivalent d’un mantra, une déclaration de survie où la rage se fait carburant de foi.
À l’heure où le trap est souvent réduit à des postures interchangeables, LIFTD y injecte une sincérité désarmante. On sent la route parcourue, les cicatrices, mais aussi la détermination d’affirmer une présence différente. Look At God n’est pas une simple track de plus dans le paysage saturé : c’est une prière moderne, une affirmation de puissance intérieure, une preuve que l’underground peut encore produire des hymnes capables de conjuguer intensité et élévation.
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septembre 11, 2025Il existe des morceaux qui ne naissent pas dans un plan marketing millimétré ni dans l’attente d’un tube, mais dans le chaos d’une nuit trop arrosée. Come Over de VERCI est de ceux-là : une chanson surgie de l’instant, écrite et enregistrée ivre, sans filtre ni stratégie, et c’est justement cette spontanéité qui en fait la force. C’est brut, bancal par endroits, mais vibrant de cette vérité que l’industrie oublie trop souvent : la musique peut être un geste immédiat, sans autre prétention que d’exister.
Le titre s’inscrit dans une hybridation séduisante entre alternative hip-hop et pop-rock. Les guitares tracent des riffs nerveux, presque garage dans leur texture, tandis que la rythmique garde l’efficacité d’un beat hip-hop moderne. La voix de VERCI, un peu éraillée, légèrement désaccordée par l’alcool mais incroyablement vivante, donne au morceau un parfum de confession nocturne. On y entend la maladresse mais aussi la liberté, comme si l’ivresse avait permis de désarmer toute posture pour ne laisser qu’une énergie crue.
Ce qui rend Come Over attachant, c’est ce côté accident heureux : une chanson qui n’aurait peut-être jamais dû exister, mais qui, une fois partagée, fait écho à ceux qui connaissent ces nuits où l’on parle trop, où l’on ose trop, et où l’on crée sans réfléchir. VERCI capture cette magie fugace et la transforme en un hymne imparfait mais addictif, déjà validé par ses proches et prêt à séduire un public plus large.
Avec Come Over, VERCI prouve qu’il n’a pas besoin d’artifices pour exister. C’est un morceau fait de désinvolture et de vérité, qui tient autant du freestyle de garage que de l’hymne indie pour la génération qui transforme ses excès en matière artistique. Une carte de visite spontanée, rugueuse et magnétique, qui donne envie d’attendre la suite.
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septembre 11, 2025Il arrive que le rap, au-delà de sa flamboyance et de ses punchlines, prenne des allures de confession. Good Mourning, nouveau single de Faith Child, appartient à cette catégorie rare : un titre où la douleur personnelle se transforme en matière sonore, où la musique devient espace pour dire ce que les mots ordinaires n’osent pas. Derrière son titre en forme de jeu de mots – entre le matin qui s’ouvre et le deuil qui s’alourdit – se cache une méditation crue sur la perte, la foi, et cette ligne fragile entre effondrement et renaissance.
La production, élégante et épurée, avance comme un battement de cœur inquiet. Les touches hip-hop UK y sont bien présentes – basse profonde, beat sec, flow tendu – mais le morceau flirte aussi avec un hip-hop conscient qui se refuse aux artifices. Faith Child pose sa voix avec gravité, mais sans pathos : c’est une narration directe, une vérité à la première personne, qui ne cherche pas à enjoliver le chagrin.
Ce qui frappe, c’est la lucidité. Good Mourning n’est pas un éloge de la douleur, mais une exploration honnête du paradoxe : prier pour un miracle tout en se préparant à dire adieu, se battre avec Dieu tout en continuant à Lui faire confiance. Le rappeur, déjà reconnu comme l’une des voix les plus singulières de la scène gospel-rap britannique, réussit ici à donner au deuil une portée universelle, sans jamais perdre sa sincérité.
Dans une époque où le hip-hop se laisse parfois happer par l’ego ou le spectacle, Faith Child rappelle que la force du rap tient aussi à sa capacité de dire l’indicible. Good Mourning n’est pas une chanson qu’on survole : c’est une traversée, un miroir tendu à ceux qui connaissent la douleur de la perte, et un rappel que même dans la nuit, l’aube finit toujours par revenir.
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septembre 11, 2025À seulement 20 ans, Money Mo jongle déjà avec plusieurs vies : pop-star en devenir, joueur de fútbol américain universitaire à Loyola Marymount, étudiant, et désormais rappeur qui s’attaque à l’un des classiques R&B des années 2000. Truth In The Lies Freestyle reprend le célèbre So Sick de Ne-Yo, mais le propulse dans un univers pop-rap commercial, saturé de confiance et d’énergie neuve. C’est un pari risqué – revisiter une madeleine de la culture R&B – mais Mo en sort grandi, imposant son swag et sa signature sonore.
Le morceau se déploie comme une hybridation assumée : d’un côté, la nostalgie d’une mélodie que tout le monde connaît, de l’autre, une production plus trap-pop, rythmée par des basses bondissantes et un flow souple qui joue entre chant et rap. Mo ne cherche pas à imiter Ne-Yo, il détourne, il redessine, il injecte une désinvolture californienne et une spontanéité qui font basculer la chanson vers une génération TikTok habituée aux réinventions.
Son timbre, encore juvénile mais déjà charismatique, porte cette insouciance maîtrisée qui caractérise les artistes capables de séduire au-delà des frontières d’un seul genre. Derrière l’exercice de style, il y a une ambition claire : prouver qu’il peut transformer une référence incontournable en terrain de jeu personnel. Et ça fonctionne, parce qu’on entend à la fois le respect de l’original et la volonté de ne pas s’y enfermer.
Avec Truth In The Lies Freestyle, Money Mo signe un premier geste fort : il se place dans la lignée d’une pop-rap accessible et commerciale, prête à plaire au grand public, tout en posant les bases d’une identité hybride. Étudiant, sportif, passionné d’anime et de musique, il incarne déjà une nouvelle génération d’artistes pour qui l’authenticité et la polyvalence comptent autant que les hits. Un freestyle qui ressemble à une carte de visite brillante et pleine de promesses.
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septembre 11, 2025À Columbia, en Caroline du Sud, le nom de Hello Shello circule depuis longtemps comme celui d’un vétéran de l’underground, un rappeur qui a appris à polir ses armes dans l’ombre avant de les brandir au grand jour. Son nouveau single, Hot Top Pick, avec EllySupreme, n’est pas une simple sortie de plus : c’est une déclaration de territoire, un rappel que le trap du Sud reste une force brute, bouillonnante, prête à s’imposer bien au-delà des frontières locales.
Le morceau est construit comme une claque immédiate : une production lourde, où la basse se fait tremblement de terre, sur laquelle viennent se poser des hi-hats frénétiques et des synthés glacés. Shello déroule son flow avec cette intensité sans filtre qui a fait sa réputation dans les clubs et les premières parties de Migos ou Waka Flocka Flame. Sa voix cogne, frappe, impose une présence qui ne laisse aucun répit. En contrepoint, EllySupreme amène une couleur différente, plus mélodique, qui fluidifie l’ensemble sans en atténuer la dureté. Ce contraste donne à Hot Top Pick une dimension addictive, presque hypnotique.
Hello Shello n’est pas un rookie. Ses collaborations passées – de Pi’erre Bourne sur la tape Wildcard à ses shows aux côtés de Young M.A ou Toosii – prouvent qu’il sait naviguer entre scènes locales et projecteurs nationaux. Ce qui impressionne, c’est sa capacité à rester ancré dans la réalité crue de Columbia tout en produisant une trap calibrée pour les playlists globales.
Hot Top Pick confirme ce statut : un morceau brut, nerveux, pensé pour réveiller aussi bien les voitures fenêtres baissées que les foules compactes en concert. Hello Shello n’a plus rien à prouver à sa scène locale. Désormais, il semble prêt à franchir le palier supérieur et à faire du Sud-Est américain un nouvel épicentre du trap contemporain.
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septembre 11, 2025Certains disques qui naissent du vertige, de ce moment où la foi se fissure et où l’on hésite entre abandon et renaissance. When Faith Feels Far, troisième album de Faith Child, s’écrit dans ce clair-obscur. Le rappeur MOBO Awardé y convoque le doute, le deuil, l’incompréhension face au silence de Dieu, mais aussi la résilience et l’espérance qui reviennent toujours, comme des braises sous la cendre. C’est son œuvre la plus nue, la plus frontale, et sans doute la plus universelle.
Le disque s’ouvre sur Catfish, entre confession et ironie, et se poursuit avec Unbelief en duo avec CalledOut Music, qui puise dans l’Évangile de Marc une prière désespérée pour ceux qui avancent sans certitudes. Dans Good Mourning, Faith Child ose dire la tension de prier pour un miracle tout en préparant l’adieu, tandis que Church Hurt avec Briggs The Wordsmith ou A Million Miles décortiquent les blessures infligées par les communautés elles-mêmes. Plus loin, Stereotype et Older s’attaquent aux cycles de violence et aux préjugés, révélant une plume qui ne se détourne pas du politique.
Mais When Faith Feels Far n’est pas qu’un disque de larmes. Il porte en lui la lumière, celle qui surgit dans Oluwa Is Involved, hymne afro-gospel radieux, ou Holy Place avec Joe L Barnes, qui transforme la discipline du quotidien en célébration. Wildfire avec Erica Campbell, Flexodus, Cardio ou New Era (où s’invitent KB et Ty Brasel) redonnent souffle, joie et une énergie calibrée pour les foules.
Musicalement, Faith Child refuse la case unique : rap, gospel, electronica, afrofusion et pop s’entremêlent, portés par des producteurs de haut vol (Komenz, Alex E, Tytanium, GKiD). Le résultat est un disque ample, moderne, taillé à la fois pour l’intimité du casque et l’écho des grandes scènes.
When Faith Feels Far ne se contente pas d’être un album de foi : c’est un compagnon pour les nuits d’incertitude, une main tendue à ceux qui vacillent. Faith Child y démontre que l’art le plus puissant naît parfois de l’absence, et que l’espérance, même lointaine, finit toujours par revenir hanter la lumière.
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septembre 11, 2025Certains morceaux donnent l’impression de regarder un film avant même d’avoir vu l’écran. Tomorrow You And I Will Rule The World de Rebel Symphony Orchestra en fait partie. Tout y est cinématographique : l’ampleur des violons, les percussions qui claquent comme des coups de tonnerre, les synthés distordus qui hérissent l’air, et au centre, cette voix rap qui taille son chemin dans le fracas. C’est une dramaturgie où l’intime et le politique se confondent.
Le récit est simple mais puissant : deux êtres se retrouvent, meurtris par le doute, portés par leurs cicatrices, et décident de transformer leur histoire en révolte. L’union n’est pas romantique mais révolutionnaire : à deux, ils deviennent une force qui déplace les murs, une menace pour les sceptiques et les cyniques. Ce “nous” de combat est l’arme secrète, la certitude que la douleur partagée peut devenir moteur.
Musicalement, DJ Fantasia et son collectif repoussent encore les frontières qu’ils aiment brouiller. On passe de la solennité presque sacrée d’un orchestre symphonique à la rugosité crue d’un couplet rap, comme si Beethoven rencontrait Mobb Deep dans une cathédrale futuriste. Les guitares rock surgissent comme des éclairs, amplifiant la tension dramatique, tandis que les beats urbains redonnent à la fresque son ancrage terrestre. C’est cette collision qui rend le projet unique : une hybridation assumée, à la fois élégante et viscérale, où chaque excès trouve son équilibre.
Tomorrow You And I Will Rule The World ne promet pas seulement une conquête musicale : il incarne l’idée qu’un duo, qu’une alliance, peut renverser l’ordre établi. Dans un paysage saturé de sons formatés, Rebel Symphony Orchestra choisit la démesure, et rappelle que l’ambition n’a de sens que lorsqu’elle s’habille d’audace.
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septembre 3, 2025Pépite du jour, et gros coup de cœur même. Il y a dans Ma beauté quelque chose de rare, presque anachronique dans une époque où le rap et le RnB courent souvent après l’effet immédiat : ici, l’émotion prend son temps. Le morceau s’installe avec une douceur trompeuse, comme une confidence glissée à voix basse, mais derrière cette apparente simplicité se cache une tension — celle d’un homme qui, après avoir traversé la mélancolie (Toxic) et les exaltations charnelles (Baby Boy, Besos), trouve enfin les mots justes pour célébrer sans détour ce qui le touche profondément.
Ce qui rend le morceau unique, c’est sa pudeur. Le beat est volontairement minimaliste, avec une rythmique RnB chaloupée et des notes de piano enveloppantes qui laissent la voix respirer. Pas d’artifice, pas de surenchère : DVSN choisit l’économie pour mieux mettre en avant ce qu’il dit. Le refrain, d’une limpidité désarmante, agit comme une incantation amoureuse. Et c’est précisément dans cette simplicité qu’il touche droit au cœur : à rebours des codes virilistes encore trop présents dans le rap français, il offre une déclaration où l’ego s’efface devant l’autre.
Mais Ma beauté n’est pas forcément qu’une déclaration d’amour à proprement dit. C’est aussi une étape dans l’itinéraire artistique de DVSN. Après avoir exploré différentes facettes de son identité sonore comme le reggaeton solaire avec Paquita, l’afro-dancehall entraînant avec Baby Boy, ou encore l’introspection sombre avec Toxic; il livre ici une pièce fondatrice, presque manifeste : dire que la beauté peut être moteur, que l’attachement n’est pas une faiblesse mais une force créatrice. Plus encore, DSVN prouve que ce n’est pas toujours le stéréotype de l’homme rappeur qui fait capoter la relation avec une femme et qu’il peut lui-même souffrir de cette relation. Les 15 000 écoutes en quatre jours ne sont pas qu’un chiffre, elles sont le signe que le public a perçu cette sincérité et s’y reconnaît.
Il faut aussi replacer Ma beauté dans une filiation. La culture hip-hop française a donné des classiques de l’amour désarmé — on pense à certains morceaux de La Fouine ou même aux instants de fragilité de Booba — mais rarement avec une telle transparence émotionnelle. DVSN n’imite pas, il prolonge cette veine à sa manière, avec sa voix légèrement voilée, ses intonations qui oscillent entre confidence et ferveur.
Au fond, Ma beauté n’est pas seulement une chanson dédiée à une femme aimée, mais une profession de foi. Celle d’un artiste qui veut rappeler que le rap, dans sa force narrative, peut aussi être un lieu de tendresse et de reconnaissance. Une tendresse brute, dépouillée, qui, loin d’affaiblir, rend plus fort. Et c’est ce paradoxe-là qui donne au titre sa puissance : une ballade amoureuse qui sonne comme un acte de résistance.
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septembre 3, 2025Ce n’est pas un simple morceau de clôture, goodnight agit comme le point de bascule qui résume l’ADN de smooth fm, l’EP où oakland et Stacy NKR s’affirment comme un tandem visionnaire de la scène UK rap. On y entend le froissement des draps après une dispute, l’angoisse des adieux temporaires qui sonnent comme des ruptures définitives, et la beauté fragile d’une voix qui refuse de s’éteindre.
La production d’oakland déroule un décor minimaliste mais somptueux : nappes synthétiques aux reflets liquides, basses subtiles, rythme ralenti comme un souffle retenu. C’est une esthétique de la retenue, une architecture sonore qui joue sur le vide autant que sur la matière, laissant Stacy NKR occuper tout l’espace avec une lucidité qui frôle l’intime. Sa plume ne cherche pas le slogan ou la punchline à tout prix, elle découpe la réalité des situationships modernes avec une froideur élégante : la lucidité de celles et ceux qui savent qu’aimer peut parfois abîmer plus qu’il ne soigne.
Là où beaucoup auraient choisi la violence ou la provocation, Stacy murmure avec fermeté, sculpte ses mots comme une confession nocturne, entre spoken word et flow incisif. C’est une écriture héritée des couloirs de Kennington et enrichie par une palette musicale où Mary J. Blige côtoie le hip life ghanéen et l’esprit neo-soul. En face, oakland confirme son statut de producteur à part : son approche n’est ni trap, ni grime, ni R&B pur, mais une hybridation futuriste qui s’autorise les silences, les respirations, les ombres.
goodnight est peut-être la pièce la plus sincère et la plus vulnérable du projet : un morceau qui se glisse dans la tête comme une dernière pensée avant le sommeil, douce et douloureuse, mais d’une justesse rare. C’est là que l’on mesure la complicité artistique des deux artistes : dans leur capacité à transformer l’intimité en une fresque universelle.
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septembre 3, 2025Pas besoin de fermer les yeux pour sentir ce morceau vibrer : Evergreen Nights s’ouvre comme une fenêtre entrouverte sur un paysage qui défile, les phares croisant des silhouettes d’arbres et la basse électrique pulsant comme le cœur de la voiture. Le titre a quelque chose de plus qu’une simple collaboration, il ressemble à une fraternité improvisée entre quatre voix qui transforment l’errance en rituel sonore.
Watsky tire les lignes vers le ciel avec son débit incisif, Dylan Owen ramène la gravité de la mémoire, Sol apporte cette énergie solaire qui illumine même les silences, et Harrison Sands scelle l’ensemble de son timbre pop et chaleureux. L’équilibre est subtil : ça rappe, ça raconte, ça chante, mais toujours avec cette sincérité brute qui fait oublier les artifices de production. Ici, la technique se fait invisible pour laisser passer l’émotion.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Evergreen Nights parvient à relier deux pôles souvent opposés : l’ivresse de la route et le poids des absences. C’est une chanson de voyages et d’adieux, de rires et de cicatrices. Une bande-son qui s’adresse à ceux qui savent que derrière chaque coucher de soleil sur les forêts du Nord-Ouest se cache aussi la nostalgie de ceux qui ne sont plus là pour le voir.
On aurait pu craindre le patchwork, mais non : la fluidité est telle que l’on croirait entendre une seule conscience scindée en quatre voix. Evergreen Nights ne cherche pas à séduire les clubs ou les playlists de fête, mais à devenir un compagnon discret, presque intime, pour les routes nocturnes. C’est un morceau qui respire la fraternité et qui, en filigrane, rappelle que voyager, c’est parfois aussi apprendre à laisser partir.
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septembre 3, 2025Un battement sourd, des percussions qui claquent comme des gouttes sur le zinc, et la voix de King Royal fend l’espace comme un éclair. Pas d’attente, pas de mise en scène inutile : Falling Rain nous plonge directement dans l’averse, celle qui nettoie, qui alourdit l’air, qui oblige à lever la tête malgré le poids. C’est une chanson qui ne cherche pas l’évasion, mais la vérité nue, brute, ancrée dans la poussière des rues et dans la mémoire africaine qui habite chaque note.
Le morceau s’érige comme une parabole contemporaine : quand la pluie tombe, elle révèle autant les fissures que les renaissances possibles. King Royal, avec un flow ferme mais mesuré, déroule une parole de résistance. On y entend la fatigue d’un monde rongé par la corruption et les illusions, mais aussi la foi, la détermination à ne pas se laisser submerger. Chaque vers devient un pas de plus dans la tempête, une façon de tenir debout dans le vacarme.
La production, subtile, mêle l’âpreté du boom bap et l’écho de rythmes africains, créant un terrain sonore où tradition et modernité dialoguent sans se heurter. Pas de démonstration tapageuse : tout est dans la densité, dans la cohérence entre la pluie qui martèle et la voix qui s’élève. On comprend vite que ce n’est pas un titre calibré pour les playlists de fête : Falling Rain est un psaume urbain, un chant qui lave et redonne souffle.
Dans cette pluie musicale, King Royal ne se contente pas de rapper — il prie, il accuse, il espère. C’est une œuvre de résistance et de transmission, une pluie qui tombe pour rappeler que même la terre la plus sèche peut refleurir.
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septembre 3, 2025Lion Luciano ne fait pas les choses à moitié : il avance avec deux cartouches sonores, Summer’s Calling et Hold a Medi, deux faces d’un même miroir où se reflète son identité de rappeur pris entre lumière et ombre. Là où beaucoup choisissent un single comme carte de visite, lui préfère une diptyque, comme pour dire : « je ne suis pas qu’un seul mood, j’incarne les contradictions de la rue et du quotidien ».
Summer’s Calling a cette douceur trompeuse, presque hédoniste, comme si le trap se laissait bronzer au soleil couchant. Les kicks roulent souplement, la prod respire, et le flow de Luciano joue avec cette sensation de relâchement qu’apporte l’été. Pourtant, derrière la nonchalance apparente, il reste la conscience du grind, du besoin de ne jamais décrocher malgré l’appel du chill. C’est une ode à la survie par la musique, un hymne à la légèreté conquise de haute lutte.
À l’opposé, Hold a Medi replonge dans la poussière du bitume. Plus sombre, plus viscéral, le morceau retrouve la rugosité du trap de rue : hi-hats nerveux, 808 massives, voix rugée avec une intensité qui frôle la menace. Ici, Luciano convoque l’énergie du gangsta rap dans ce qu’elle a de plus frontal : une mise en garde, un étendard, une manière de réaffirmer que la route a un prix, et qu’il faut tenir son territoire.
Ce qui impressionne, c’est la complémentarité des deux titres. L’un célèbre l’ivresse éphémère du moment, l’autre en rappelle la gravité. Comme deux battements d’un même cœur, Summer’s Calling et Hold a Medi composent un diptyque cohérent qui dit beaucoup de Lion Luciano : un artiste conscient que la trap n’est pas qu’une posture de dureté, mais aussi un espace où exprimer la dualité d’une vie.
Avec ce double tir, il se place dans la lignée des rappeurs capables d’habiter plusieurs registres sans se perdre : solaire et brutal, fluide et tranchant. Une façon de rappeler que le trap est une langue vivante, et que Lion Luciano en parle tous les dialectes.
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septembre 3, 2025Il y a des morceaux qui cognent, d’autres qui murmurent. Float Your Boat de Chepps choisit le deuxième camp, celui des errances nocturnes, des trajets solitaires à travers la ville, casque vissé aux oreilles. Ici, pas de trap clinquante calibrée pour faire trembler les clubs, mais un flot plus fluide, où les basses ronflent doucement et laissent respirer une prod aérée, presque aquatique.
Le morceau se distingue par cette capacité à mêler la structure trap — hi-hats en cascade, 808 rondes, flow assuré — à une vibe chill, presque lo-fi par instants. On sent chez Chepps un refus d’en faire trop : il préfère la retenue, l’équilibre, l’économie de gestes. Comme si son écriture cherchait moins à impressionner qu’à capter l’instant, celui où l’on se laisse porter sans lutter.
L’image du bateau, loin du cliché du yacht clinquant, devient une métaphore plus intime : flotter, c’est se maintenir à la surface malgré les poids, choisir la légèreté quand tout autour pousse à la lourdeur. Le refrain agit comme une respiration, un mantra discret, une invitation à ne pas se noyer dans le tumulte.
Ce qui frappe, c’est la cohérence entre la voix, légèrement détachée, et l’instrumental cotonneux. Tout paraît simple, mais chaque détail — un hi-hat subtilement déplacé, une mélodie en arrière-plan — participe à cette atmosphère suspendue. Float Your Boat n’a pas besoin d’exploser : il préfère envelopper, créer un cocon sonore où l’on dérive volontiers.
Chepps signe ici un trap contemplatif, à écouter autant pour se poser que pour réfléchir. Un morceau qui rappelle que dans une scène saturée de démonstrations de force, parfois, la vraie puissance est de savoir rester léger.
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septembre 3, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme des uppercuts, et d’autres qui s’infiltrent comme un constat lucide. Exhibit M de MahdusMusic réussit le rare équilibre entre les deux. C’est du boom bap rugueux, infusé de la dramaturgie du gangsta rap et de l’introspection propre au conscious hip-hop. Un titre qui ne cherche pas la complaisance mais la gravité, et qui sonne déjà comme une pièce maîtresse, un témoignage mis en vitrine – l’“exhibit” du procès permanent que la société intente à ceux qui viennent d’en bas.
Le beat est sec, granuleux, presque poussiéreux, comme arraché à une cassette oubliée dans une cave. La caisse claire frappe droit, implacable, et les basses font vibrer le sol comme une menace sourde. MahdusMusic ne se cache pas derrière des artifices : il pose sa voix brute, pleine de cicatrices et de vérités, sur un tempo qui sent le béton et les nuits sans sommeil. L’énergie du gangsta rap est là, mais détournée : pas une glorification, plutôt une radiographie.
Dans Exhibit M, la conscience sociale s’exprime sans slogans creux. On entend la lassitude, la défiance, mais aussi une volonté d’élévation, un refus de rester enfermé dans les rôles imposés. MahdusMusic articule ses pensées comme des preuves déposées devant un jury invisible : chaque punchline devient un témoignage, chaque mesure une pièce au dossier. Le “M” pourrait être celui de son blaze, mais aussi celui de la mémoire, de la marginalité, ou de la multitude que sa voix incarne.
C’est ce mélange qui rend le morceau percutant : le souffle du rap conscient qui élève, la noirceur du gangsta rap qui alourdit, et la rigueur du boom bap qui structure. Exhibit M n’est pas juste un track : c’est une vitrine brute de la réalité, exposée sans fard, sans filtre.
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septembre 3, 2025On croit souvent qu’il suffit de poser un beat tranquille et quelques accords jazzy pour que la paix intérieure se dessine en musique. Illusion de Paix, dernier titre de MATTFOU, rappelle que ce n’est jamais aussi simple : derrière la façade chill-hop et les ambiances feutrées, il y a la tension, l’intranquillité, le questionnement constant. Et c’est précisément ce paradoxe qui fait la force de ce morceau.
Le beat, calibré dans un boom bap élégant, déroule une cadence lente et posée, presque comme un pas dans une ruelle de fin d’après-midi. Les cuivres et textures jazz-hop tissent un voile de sérénité apparente. Mais MATTFOU, épaulé par Jarny et Naylina, ne tombe jamais dans la facilité d’un simple “study beat”. Les flows viennent gratter cette surface lisse : la voix s’insinue dans les interstices, dépose des vérités inconfortables, soulève la poussière cachée sous le tapis.
La présence de Naylina ajoute une respiration vocale lumineuse, fragile mais tenace, comme une lueur entre deux doutes. Jarny, lui, ramène du poids, une densité brute qui empêche le morceau de s’évaporer dans une contemplation trop légère. Ensemble, ils bâtissent une tension subtile : celle d’un morceau qui voudrait apaiser mais qui refuse d’anesthésier, qui cherche à comprendre au lieu de fuir.
Illusion de Paix s’impose ainsi comme un manifeste en creux : la paix qu’on croit atteindre n’est peut-être qu’un mirage, mais ce mirage vaut d’être exploré, car il révèle ce qui reste à guérir. Dans un paysage saturé de lo-fi playlists interchangeables, MATTFOU ose complexifier le chill, le rendre vivant, imparfait, humain. Et c’est précisément dans cette imperfection que le morceau trouve sa vérité.
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septembre 3, 2025Il y a des morceaux qui se vivent comme une simple écoute, et d’autres qui deviennent une ascension, pierre après pierre, souffle après souffle. Cesta do hor (Cover) de CHANDOR appartient à cette deuxième catégorie. Derrière ses allures de trap hybride mâtinée de drill, le titre se déploie comme une route intérieure vers les hauteurs, une quête où chaque mesure traduit la difficulté, la sueur et la lumière qui perce au loin.
CHANDOR, figure émergente d’un hip-hop qui refuse le conformisme, injecte dans sa voix un mélange d’âpreté et de fragilité. Les kicks claquent comme des cailloux qui roulent sous les pas, la basse lourde agit comme une gravité constante, tandis que des nappes plus éthérées viennent ouvrir des percées d’air, comme ces moments de grâce qu’on trouve au détour d’un col. Le texte, volontairement ancré dans des émotions universelles – la joie, la perte, la fatigue, la tentation des mirages comme celui de la célébrité – dépasse le simple récit pour devenir une métaphore de nos propres parcours.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre le tranchant du drill et une dimension presque méditative. CHANDOR ne cherche pas à dominer par la violence du son, mais à faire ressentir l’effort, la résistance, la beauté parfois douloureuse d’avancer malgré tout. Cesta do hor devient ainsi une sorte de mantra urbain, un appel à trouver sa propre cadence dans le chaos.
Dans un paysage saturé de productions formatées, ce cover démontre qu’il est possible de faire de la trap un espace poétique, un territoire où l’intime et le collectif se rejoignent. Avec ce titre, CHANDOR ne propose pas une simple reprise, mais une réinvention : une route à prendre, même si elle est escarpée, parce qu’elle mène quelque part au-dessus du vacarme.
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septembre 3, 2025Vinilla Strange ne rappe pas pour impressionner, il rappe pour survivre — et All In en est la preuve éclatante. Dans ce nouveau morceau, le rappeur joue cartes sur table : pas de bluff, pas de demi-mesure, seulement la conviction brutale qu’il faut parfois tout risquer pour ne pas s’éteindre. C’est un récit de cicatrices portées comme des médailles, de défaites digérées comme des leçons, et de sacrifices qui, au lieu d’écraser, sculptent une identité artistique solide et sans compromis.
Musicalement, All In se situe à l’intersection du trap, du rap brut et d’un pop rap calibré pour infiltrer les playlists les plus éclectiques. La prod, sombre et élastique, repose sur des 808s massives et un beat syncopé qui rappelle la tension d’un compte à rebours avant l’explosion. Au-dessus, Vinilla Strange délivre son flow avec une énergie contenue mais vibrante, comme un boxeur qui encaisse les coups pour mieux frapper ensuite. Sa voix porte cette dualité rare : l’assurance glaciale de celui qui sait qu’il n’a plus rien à perdre, et la vulnérabilité palpable d’un homme qui a misé son âme entière dans la partie.
Là où le morceau se distingue, c’est dans sa capacité à transformer un vécu personnel en manifeste universel. All In n’est pas qu’un hymne au dépassement de soi, c’est une déclaration de méthode : miser sur soi-même coûte cher, mais le jackpot est dans la liberté, dans la fierté d’avoir tenu bon quand tout poussait à abandonner. Chaque punchline sonne comme une confession rageuse, chaque silence comme une respiration de survie.
Avec ce titre, Vinilla Strange ne se contente pas de raconter son parcours : il en fait une arme. All In est autant un exutoire qu’un appel, une bande-son pour ceux qui refusent de plier face au doute, et qui savent que le seul vrai pari à faire, c’est celui de croire en soi.
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septembre 3, 2025Caddy Pack n’a jamais eu besoin d’artifices pour exister : sa voix, son flow et ses silences suffisent. Avec Don’t Be Afraid, la rappeuse germano-américaine originaire de Heidelberg offre bien plus qu’un single : une respiration, un espace où l’on apprivoise ses propres vertiges. Ce n’est pas un slogan, encore moins une posture. C’est un geste nu, presque fragile, qui transforme l’aveu de peur en manifeste intime.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette manière qu’elle a de sculpter un pont entre les racines du hip-hop US et la douceur cotonneuse des textures lo-fi. Là où d’autres privilégient l’impact frontal, Caddy Pack choisit l’apaisement, les battements calmes, les nappes presque liquides qui semblent s’évaporer dans l’air comme de la buée. Son rapport à la nature se devine dans cette musicalité organique : on a l’impression d’entendre un rap qui respire, qui marche pieds nus dans l’herbe, mais qui n’oublie jamais d’où il vient.
Ce n’est pas un hasard si elle a su séduire aussi bien les institutions culturelles allemandes — finaliste du prix “Alwa is Life” en 2019 — que le public national, lors de son passage remarqué dans The Voice Rap en 2023, où elle a rejoint l’équipe de Kool Savas et atteint la deuxième place de la compétition. Ce parcours raconte déjà une singularité : celle d’une artiste capable de tenir un micro sur une scène télévisée, tout en gardant l’intimité brute de ses compositions comme dans une chambre à coucher ou un carnet de route.
Don’t Be Afraid s’inscrit dans cette lignée : une chanson qui n’essaie pas de rassurer par des promesses grandiloquentes mais par la sincérité brute de son interprétation. Le beat minimaliste agit comme un socle, laissant sa voix, tour à tour feutrée et ferme, occuper tout l’espace. On retrouve ici une héritière des grandes figures conscientes, de Common à Lauryn Hill, mais dans une esthétique lo-fi qui lui est propre, presque méditative.
Caddy Pack signe ainsi un morceau qui ressemble à un murmure adressé à soi-même et, par ricochet, à tous ceux qui doutent : la peur n’est pas un obstacle, c’est une matière, un outil. Dans Don’t Be Afraid, le hip-hop devient un sanctuaire, un espace où l’on ose tomber pour mieux apprendre à voler.
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septembre 3, 2025Certains rappeurs alignent des rimes pour briller. Louis Davis, Jr., lui, les dépose comme des couches successives de rêves, de blessures et d’intuitions. SUBCONSCIOUS n’est pas un simple morceau de boom-bap conscient, c’est une plongée intérieure où les breaks poussiéreux et les kicks secs deviennent le divan d’une séance de psychanalyse urbaine.
Dès les premières mesures, on sent la filiation avec les classiques des années 90 : boucles de piano usées comme des souvenirs, beat carré mais vivant, grain rugueux qui rappelle la cassette plus que le streaming. Pourtant, l’intention est ailleurs. Louis Davis, Jr. ne cherche pas à ressusciter une époque, il utilise cette matière brute comme vecteur de vérité, comme si le boom-bap était le seul langage honnête pour traduire les flux de pensée qui s’agitent sous la surface.
Ce qui frappe, c’est la manière dont il navigue entre le concret et l’abstrait. Il parle de rues, de luttes, de mémoire collective, mais toujours avec cette encre invisible du “je” intime, celui qu’on cache, celui qu’on tait. SUBCONSCIOUS fonctionne presque comme un palimpseste : une écriture qui révèle ce que l’esprit filtre d’habitude. Le flow est posé, jamais pressé, comme si chaque mot devait respirer, se déposer au fond du crâne de l’auditeur avant de laisser place au suivant.
Dans un paysage saturé de trap clinquante et d’ego-trips interchangeables, Louis Davis, Jr. joue à contre-courant. Son morceau n’essaie pas de séduire immédiatement, il s’installe lentement, laisse ses ombres s’épaissir, et finit par nous faire comprendre que ce voyage n’est pas dans la ville, mais dans la tête. SUBCONSCIOUS n’est pas un hymne, c’est un miroir — et ce qu’on y voit dépend de ce qu’on ose affronter en soi-même.
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septembre 3, 2025Certains morceaux n’ont pas besoin d’explications : ils arrivent, claquent comme une gifle parfumée au néon et vous embarquent sur le dancefloor avant même que vous n’ayez pu dire « encore un shot ». Cucaracha, le nouveau single d’Eva Tocanel, est de ceux-là — un banger insaisissable qui réinvente la rencontre improbable entre la frénésie K-Pop, la nervosité du rap et l’euphorie des clubs européens.
Indépendante, insoumise, Eva Tocanel joue la carte de l’hybridation totale. La ligne directrice ? Zéro limite. Un beat qui crépite comme une boule à facettes sous stroboscope, un flow incisif (servi avec brio par Papa Jr), et cette touche pop ultra-catchy qui transforme chaque refrain en slogan hédoniste. Cucaracha n’est pas seulement un titre fait pour être dansé : c’est une pièce d’identité sonore pour une génération qui consomme les genres comme on zappe les applis, en quête d’un frisson immédiat.
Dans l’énergie, on pense au côté survolté de Blackpink ou d’Itzy, mais aussi à la pop trash et colorée de Charli XCX, cette manière de transformer le kitsch en puissance. Tocanel, elle, ne cherche pas à copier : elle capte l’électricité globale, la digère et la recrache dans un accent proprement européen, entre Bucarest et Séoul, comme si les fuseaux horaires s’étaient enfin alignés.
Ce qui frappe surtout, c’est la confiance brute qui suinte de chaque mesure. Cucaracha ne se cache pas derrière des subtilités : tout est frontal, addictif, assumé. C’est un tube pensé comme un insecte indestructible — vous pouvez l’écraser, il revient, plus fort, plus obsédant.
En pleine effervescence mondiale où les frontières musicales s’évaporent, Eva Tocanel s’offre ici un passeport universel : celui d’une artiste qui sait transformer sa singularité en fête planétaire. Avec Cucaracha, elle ne signe pas seulement un hit de playlist, elle s’impose comme une voix qui refuse de choisir entre l’Est et l’Ouest, entre le clinquant et l’authentique.
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septembre 3, 2025Il existe des morceaux qui n’appartiennent pas seulement à une saison, mais qui semblent l’avoir inventée. Summer of Lxve de Horizyn fait partie de ceux-là : une carte postale sonore où la lumière ne faiblit jamais, où l’air vibre d’odeurs de barbecue, de sueur dansante et de promesses murmurées sous un ciel fuchsia. C’est un morceau qui a la couleur d’un Polaroid laissé au soleil, un peu saturé, un peu nostalgique déjà, mais incandescent de sincérité.
Horizyn joue les funambules entre rap feutré et confession solaire, laissant Vandana Nirankari enrober l’ensemble d’une douceur vocale qui frôle le spirituel. Sa voix, presque caressante, agit comme une brise au bord de Victoria Park, venue calmer l’électricité des basses et arrondir les angles des rimes. Ce contraste est la clé du morceau : l’énergie d’un été vécu à fond, équilibrée par la tendresse d’un amour qui se construit loin du vacarme.
Les images se succèdent comme un film Super 8 : Notting Hill Carnival et ses marées humaines, le BBC Weather qui promet toujours la pluie mais se trompe pour une fois, des draps froissés et des bières tièdes, le goût des fraises et celui du désir. Horizyn ne se contente pas de décrire l’été, il en fait un mythe intime : celui d’un temps suspendu où la liberté devient tangible, où l’amour est une chorégraphie improvisée sur l’asphalte encore chaud.
Musicalement, la production épouse cette idée d’évidence. Un groove soyeux, des percussions qui évoquent autant la chaleur londonienne que des rythmes caribéens, et un refrain qui reste accroché comme une odeur de crème solaire sur la peau. On y retrouve l’esprit d’Anderson .Paak, une pincée de Loyle Carner, mais surtout une signature propre, confiante, qui ne force jamais la séduction.
Summer of Lxve n’est pas seulement une chanson d’été : c’est une promesse qu’on se fait à soi-même, celle de garder vivants les instants de lumière quand viendront les jours gris. Une pièce de mémoire déjà, avant même d’avoir fini de la danser.
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septembre 1, 2025Il y a des morceaux qui naissent du feu, de ce moment précis où la trahison brûle plus fort que la peur. Mostrando los Dientes de Nicoletta de Lira est exactement cela : une morsure mise en musique, une cicatrice transformée en arme sonore. Ce n’est pas une chanson à fredonner, c’est une incantation, une danse de survie qui invoque les forces obscures de l’instinct. Nicoletta ne rappe pas pour séduire ni pour briller : elle rappe pour ne pas disparaître, pour dresser une frontière infranchissable entre elle et ceux qui ont osé profaner la confiance.
La production s’étire comme une ruelle nocturne, basse sourde et claquements secs qui résonnent comme des pas pressés derrière vous. On entend dans la texture même du morceau l’écho de l’ombre et de la sueur, comme si chaque beat était frappé avec la rage d’un cœur qui refuse de céder. Le trap est ici convoqué dans sa forme la plus carnivore, mais Nicoletta y glisse des inflexions latines, presque rituelles, qui lui donnent une profondeur autre : ce n’est pas seulement du rap, c’est un exorcisme.
Ce qui frappe, c’est la manière dont elle fait de l’animalité un manifeste politique et intime. Montrer les dents, dit-elle, n’est pas une posture. C’est l’ultime geste de celles et ceux qu’on a tenté de dévorer vivants, un geste d’autodéfense et de puissance. Dans ses mots résonnent les louves solitaires, les amazones urbaines, les voix trop longtemps contraintes au silence. On pense à l’énergie de Cardi B, à l’âpreté d’Ana Tijoux, mais Nicoletta refuse l’imitation : elle trace une ligne de sang qui lui appartient.
Mostrando los Dientes ne cherche pas l’universalité sucrée des refrains faciles. C’est une offrande de chair et de nerfs, un appel à celles et ceux qui savent que la loyauté est un trésor rare et que la survie se joue dans le regard qu’on ose rendre. Plus qu’un morceau, c’est une morsure qui reste imprimée dans la peau.
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septembre 1, 2025Il arrive que certaines chansons s’écrivent comme des pierres tombales levées au milieu du vacarme. Pas besoin de marbre ni d’encens : juste une boucle sombre, un beat sobre, et deux voix qui refusent d’enterrer trop vite la mémoire. Since You Been Gone, collaboration entre Str8 Trip et Halfcut, n’est pas un single comme les autres, c’est une sépulture sonore qui fait du hip-hop un mausolée collectif.
La production de Grandon Beats frappe comme un battement de cœur au ralenti. Pas de surenchère, pas de décor clinquant : le morceau respire la retenue, la pudeur. C’est un cadre dépouillé pour accueillir ce qu’il y a de plus fragile — la voix qui tremble mais qui persiste, l’histoire d’un homme disparu trop tôt, KING, mentor et ami, arraché par la maladie. Tout le reste est silence, tout le reste est absence.
Mais le silence, ici, est traversé par des mots. Str8 Trip et Halfcut rappent comme on se souvient, à mi-chemin entre la confession et la conversation avec un fantôme. Ils posent leur douleur sur un fil tendu entre l’intime et l’universel. Car si la chanson porte un nom — celui de KING — elle charrie en réalité les visages de tous ceux qui ne reviendront plus. C’est là que réside sa puissance : ce n’est pas une simple dédicace, mais un espace commun où chacun peut déposer ses deuils.
Dans le sillage des Nas, des Biggie ou des 2Pac, Since You Been Gone rappelle ce que le rap fait de mieux quand il cesse d’être performance pour devenir témoignage : mettre le doigt sur la plaie, puis transformer le sang en encre. Le track s’impose comme une promesse de continuité : tant que les micros existent, les morts parlent encore.
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septembre 1, 2025Le morceau s’ouvre comme un moteur qui tousse avant de rugir : une prod martelée, métallique, conçue pour cogner aussi fort dans des écouteurs qu’entre quatre murs saturés de basses. on my self est l’histoire d’une ascension racontée au présent, sans détour ni nostalgie. Kibby ne rappe pas seulement sur l’idée de “flex” : il le réinvente en terrain personnel, un récit de survie transformé en rituel de victoire.
Là où d’autres se contentent d’aligner les clichés du luxe et de la fête, Kibby insuffle une densité particulière, un mélange de rage froide et de lucidité. Derrière l’évocation des sapes hors de prix et des bolides importés, il y a surtout la fierté d’avoir renversé un destin contraint, la conscience que chaque ligne de code vestimentaire est aussi une cicatrice sublimée. On y entend un écho du drill UK dans la rudesse du beat, mais aussi une parenté avec Future ou Playboi Carti dans la manière de transformer l’auto-tune en arme émotionnelle.
Ce qui donne au track son caractère unique, c’est sa capacité à maintenir l’équilibre entre deux pôles : l’énergie brute du club-banger et la précision narrative de quelqu’un qui n’a pas oublié d’où il vient. Kibby joue avec les codes de la trap et du drill sans s’y enfermer, injectant un souffle personnel, une maturité qui surprend dans un genre souvent obsédé par l’instant.
on my self n’est donc pas qu’un hymne de fête ou un étalage d’ego : c’est un manifeste, une déclaration de liberté signée à la sueur et à la sueur seulement. Le genre de morceau qui donne envie de lever la tête, de serrer les poings, et de croire, ne serait-ce que le temps d’un beat, que tout est possible.
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septembre 1, 2025Il existe des morceaux qui ressemblent à des cicatrices devenues fleurs. Aloe Barbadensis de Chepps fait partie de ceux-là : un titre qui prend la rugosité du hip-hop conscient et l’adoucit comme une plante médicinale. Le choix du titre n’a rien d’anecdotique : l’aloe, cette chair translucide qui apaise brûlures et plaies, devient métaphore d’un rap qui ne cherche pas seulement à dénoncer, mais aussi à réparer.
La production joue la carte de l’épure : un beat alternatif, à la croisée du boom-bap réinventé et de textures plus abstraites, laisse l’espace respirer. Dans ces respirations s’installe la voix de Chepps, ferme mais jamais autoritaire, comme un guide qui sait que l’on écoute mieux quand on n’est pas hurlé dessus. Son flow oscille entre constat social et introspection, entre lucidité acide et douceur inattendue. On pense parfois à Common, parfois à Mick Jenkins, mais Chepps a ce timbre qui rend ses mots poreux, comme si chaque phrase voulait pénétrer plus profondément qu’une simple punchline.
L’intérêt de Aloe Barbadensis n’est pas uniquement dans son message, mais dans son esthétique : un rap qui refuse le tape-à-l’œil et mise sur la lenteur, sur l’intelligence des silences. Chaque mesure devient espace de réflexion, comme un battement de cœur étiré. C’est là toute la singularité du morceau : faire danser la pensée autant que le corps.
Chepps signe ici une proposition à contre-courant d’un hip-hop saturé de vitesse et de fracas. Avec Aloe Barbadensis, il prouve qu’un titre peut être à la fois manifeste politique, rituel intime et baume pour les oreilles fatiguées du vacarme ambiant. Plus qu’une chanson, un soin à appliquer en profondeur.
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septembre 1, 2025Lundi de rentrée, la pluie a remplacé les rayons de soleil, laissant sur nous un sentiment morose au goût amer de fin de vacances. Mais, rien ne sert de déprimer avant l’heure, on vous a concocté une playlist qui va vous remonter le moral et occuper vos tympans le temps des trajets jusqu’au travail. Voici la La Monday Playlist #5, à déguster sans modération :
daklaoma – collation
Chymzz x Rivo – Chose Me
Rize Michael – things you wouldn’t say
BlankX DUSÉ – Lft U Bhnd
JayWood – PISTACHIOS
Dreamland -Ebubé
AI SONGZ – Mad House
Yestrdy – Hell Yeah!
Moulod – Kitsune
YIN WISE – DEJA VU
NiCE. B – Si loin !
Hey Choppi – Fly Away
SAJYE – My Guy
0sb0rne – ON ONE
LIfeSizeDoll – Heaven on Earth
O.G. Soul + B. Griff – Lemonade (Bentley Coupe)
Nicoletta de Lira – MOSTRANDO LOS DIENTES
Dumomi the Jig – Not the same (NTS)
Teko Baby – When Can I Hold You
Tsharna – Stay
GoodBadUgly – diference.
Indietronica – Callen
Gawz – LOYER
Queen Ife – Savory
Katchafire – Collie Herb Man (Revival 2.0) (Remix by Katchafire )
Rose – Massé
Diallo Brutherz – Eh God
Signed XO – Flip The Switch
>aRRO – Limitless
Rauw Alejandro – Buenos Términos
Alessiah – boy toy
Maargueritt – En été
Joe Buck, Roxane Tessier : Am Stram Gram
Monolink – In My Place
ATHEN – Condamné
S*WITCHES – BRAVO LES LESBIENNES
oXni ~ HARD CORPS
KIDSØ – Permafrost
Habits – RETRO
Mang – Don’t Leave
Biggie Fresh – With You
Wen’Dee – Je m’attends au pire 💔 |Clip version court métrage
Logan Brown – SOMTIMES!
Karl Nasty – Presse La Détente (feat. Keywone)
Mugen SK – Faut Comprendre
Bullet Brak x Dizzy Dizasta – Please Understand
ray rogerss – Paul Frank Hat
Planky x Harry Shotta x Genesis Elijah x Backsy – One Life, One Soul
Glane x – Silencer
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septembre 1, 2025On pourrait croire que tout a déjà été dit sur le rap qui cherche à se libérer des structures classiques. Et pourtant, quand Trevour Amunga lâche Rollin, il prouve que l’imprévisible reste possible, même dans un genre saturé d’étiquettes et de formules toutes faites. Le morceau surgit comme une confidence murmurée dans une chambre de Los Angeles, mais il se déploie avec l’ampleur d’un manifeste. Ici, la liberté n’est pas une posture : c’est la matière première.
Produit par SXINT et façonné dans les moindres détails par Darrius Porter au mix, Rollin respire cette urgence de dire sans forcément organiser. La première moitié, enregistrée il y a des années, semblait suspendue dans un vide créatif ; puis Amunga est revenu dessus, comme on retrouve un carnet abandonné, et a choisi de se laisser guider uniquement par le ressenti. Pas de refrains convenus, pas de couplets calibrés : seulement une vague qui monte, descend, et entraîne tout sur son passage. La chanson ne raconte pas seulement le talent ou la volonté, elle les incarne dans sa structure éclatée.
Ce qui frappe, c’est cette manière qu’a Amunga de convoquer la soul sans quitter le terrain du rap, de laisser entrer une fragilité mélodique dans la densité de son phrasé. L’influence d’Andre 3000 plane, non comme un simple hommage, mais comme une boussole : créer la musique qu’on veut entendre, peu importe si elle dérange les habitudes. Rollin est à la fois brut et aérien, tendu et relâché, comme une marche en équilibre sur un fil invisible.
Il en ressort un morceau qui refuse la complaisance, qui exige qu’on s’y abandonne entièrement. Un titre qui n’est pas pensé pour le streaming compulsif, mais pour ces instants rares où l’on reconnaît un artiste prêt à gratter la surface pour atteindre son noyau. Trevour Amunga signe ici une pièce libre, imparfaite, mais essentielle — et c’est précisément pour cela qu’elle résonne longtemps après l’écoute.
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septembre 1, 2025À quarante ans, beaucoup dressent des bilans. Baby T, lui, en fait un album. 40 est un carrefour où se croisent mémoire intime, héritage collectif et lucidité politique. Le rappeur, fort de ses racines caribéennes et de son goût pour l’instrumentation live, déroule ici onze morceaux qui frappent par leur densité et leur souffle, comme une autobiographie scandée au micro mais tournée vers l’avenir. Dans la lignée de Nas ou Kendrick Lamar, Baby T refuse les demi-teintes : chaque titre est pensé comme une pièce de puzzle, un chapitre de manifeste.
Tout commence avec Legacy (Prelude), court mais fondamental, qui pose le ton : un legs, une dette envers ceux qui ont tracé la route avant lui. Vient ensuite Things About to Change, déjà nominé aux WEA, un cri de ralliement où le flow se fait arme et célébration à la fois. Through The Fire puise dans la tradition soul et jazz, brûlante confession où l’on entend la persévérance se forger dans les flammes.
Avec Dem Ones, épaulé par Zenyth, Baby T raconte la rue, la loyauté et ses ambiguïtés, comme une chronique urbaine à la fois réaliste et fraternelle. Greed tranche : dénonciation sèche d’un système dévoré par l’appât du gain, où la voix du MC devient scalpel. Puis Bless Up réintroduit la lumière, entre spiritualité et énergie reggae, une respiration qui élargit le spectre sonore.
La maturité du rappeur se condense dans Old Soul, confession intime qui sonne comme un journal ouvert, et Sketch Pad, morceau-atelier où l’on devine la genèse des textes, griffonnés, repris, sculptés. What It Is joue sur la frontalité, direct, nerveux, sans détour. Hip-Hop Prayer, court mais intense, érige la musique en rituel sacré, là où la foi et la culture s’entrelacent. Enfin Be There clôt le disque comme une promesse : être présent pour soi, pour les siens, pour l’avenir.
Avec 40, Baby T ne signe pas qu’un retour, il érige un monument personnel et politique. Un disque qui se lit comme une confession, s’écoute comme un uppercut et se garde comme un artefact. La rareté du vinyle annoncé n’est pas un hasard : 40 est conçu comme une pièce de mémoire, un témoignage vibrant que le hip-hop, loin d’être divertissement, reste un outil de vérité et de transformation.
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août 29, 2025Certains chagrins d’amour se consument dans le silence, d’autres explosent en hymnes lumineux. Avec Wannabe, BEKA BARZ choisit la deuxième option : transformer une humiliation intime – son premier petit ami parti s’encanailler avec une amie – en une revanche pop pleine d’humour, d’esprit et de légèreté. Plutôt que de s’enfermer dans la plainte, elle en tire une punchline imparable : « Si tu veux être mon amant, alors ne couche pas avec mes amis. » Une pirouette aussi simple qu’efficace, qui détourne l’héritage des Spice Girls pour en faire une arme personnelle.
Musicalement, le morceau respire cette fraîcheur insolente des tubes pop-rap à l’anglaise, avec un groove immédiat et une production limpide signée… elle-même, sous son alias B3K. Car BEKA BARZ ne se contente pas d’écrire et d’interpréter : elle produit, elle mixe, elle cadre et elle monte, poussant le DIY à son point le plus affirmé. Le clip, réalisé avec sa femme via leur boîte Four Reel, vient appuyer cette esthétique maison, joyeusement indépendante, qui fait de chaque faille un carburant créatif.
Wannabe n’est pas seulement un clin d’œil ironique au girls power des années 90, c’est une mise à jour nécessaire : une manière de rappeler que l’humour et la dérision peuvent être des armes redoutables contre la trahison. Là où d’autres auraient écrit une ballade triste, BEKA transforme la douleur en fête, le doute en autodérision, et la vulnérabilité en force.
On en sort avec le sourire, la mélodie en tête, et surtout l’envie de la croire quand elle affirme qu’indépendance et créativité vont de pair. BEKA BARZ ne se contente pas de raconter son histoire : elle réécrit la règle du jeu à sa manière, et ça sonne déjà comme une victoire.
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août 29, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme une gifle, et FLEX de ZARIITHEDON en fait partie. Pas besoin de détour, dès les premières mesures, on sent la sueur des clubs enfumés, le bitume encore chaud, et cette énergie brute qui refuse de s’excuser d’exister. Ici, le trap ne sert pas seulement de terrain de jeu : il devient une déclaration d’identité, une manière de graver son nom à coups de basses profondes et de rythmiques martelées comme des uppercuts.
Ce qui frappe, c’est le mélange audacieux entre une ossature trap bien ancrée – 808 massifs, hi-hats en rafale, flow incisif – et une approche alternative qui détourne les codes du genre. ZARIITHEDON ne cherche pas à sonner comme les autres. Il joue avec les silences, tord ses cadences, balance des punchlines comme des éclats de miroir. L’effet est double : une immédiateté qui fait bouger la tête, et un arrière-goût expérimental qui intrigue, presque dérange.
FLEX n’est pas seulement un titre d’ego-trip, c’est une vitrine de style, un autoportrait en mouvement. Derrière l’assurance affichée, on devine une réflexion plus subtile sur la nécessité d’imposer sa voix dans un monde saturé de bruit. Comme si chaque mesure devenait un pied de nez à l’effacement, un refus de se fondre dans la masse.
En écoutant FLEX, on pense à l’énergie brute d’un Denzel Curry croisée avec les audaces sonores d’un JPEGMAFIA. Un son qui transpire l’urgence et la fierté, mais aussi la volonté de redéfinir ce que peut être un banger. ZARIITHEDON ne demande pas la validation, il la crée. Et c’est précisément cette insolence musicale qui rend son morceau impossible à ignorer.
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août 29, 2025Rares sont les morceaux qui parviennent à traduire la sensation pure du risque, cette poussée d’adrénaline qui serre la gorge autant qu’elle libère le corps. Avec RISK, Habits réussit précisément cela : condenser dans trois minutes tendues comme un câble la fièvre et la fragilité d’un saut dans l’inconnu. C’est un titre qui transpire l’instantanéité, comme s’il avait été composé en équilibre sur un toit, la ville en contrebas, les yeux rivés sur le vide.
La production s’aventure dans un hip-hop alternatif où les textures semblent constamment se dérober. Percussions minimalistes qui claquent comme des portes, nappes synthétiques au bord de l’asphyxie, lignes de basse qui s’effritent pour mieux renaître – tout est pensé pour accentuer cette impression de précarité, de déséquilibre permanent. Rien n’est confortable, mais tout est terriblement addictif.
Habits, lui, s’avance comme un funambule. Son flow oscille entre confession et provocation, avec une diction qui hésite parfois, puis explose sans prévenir. C’est cette imprévisibilité qui donne au morceau son pouvoir : on ne sait jamais si la prochaine mesure sera une chute ou une ascension. Derrière l’énergie brute, il y a aussi une écriture qui capte le langage intérieur des doutes modernes – l’envie de se dépasser, le besoin de se brûler pour se prouver vivant.
RISK n’est pas un hymne de certitudes, c’est une plongée dans l’incertitude même. Et c’est précisément ce qui le rend précieux : Habits ne vend pas de sécurité, il nous offre le vertige, la possibilité de perdre pied. Un titre qui n’apaise pas mais qui réveille, qui met à nu l’attrait paradoxal du danger dans une époque obsédée par le contrôle.
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août 29, 2025Un titre comme Entertainment ne laisse pas vraiment de place à l’ambiguïté. Chez Flighteous, le rap n’est pas seulement un moyen d’expression, c’est une scène de théâtre où l’ego, le chaos et la lucidité se bousculent dans la même loge. Le morceau fonctionne comme une vitrine et une critique à la fois : un banger pensé pour faire vibrer les enceintes, mais qui n’oublie pas de tendre un miroir aux obsessions d’une culture où tout est spectacle.
Dès les premières secondes, on sent l’ADN brut du rap East Coast : percussions serrées, kicks lourds, une prod qui tape sec, sans poudre aux yeux. Flighteous ne cherche pas l’habillage, il préfère l’efficacité. Le flow découpe, syncopé, précis, avec cette nonchalance agressive qui donne l’impression qu’il balance ses lignes en même temps qu’il claque une porte. Pas besoin de surjouer : l’énergie est organique, ancrée dans une écriture qui prend autant du plaisir à exhiber ses excès qu’à pointer du doigt l’absurdité de ce culte de l’image.
Ce qui rend Entertainment intéressant, c’est justement ce double niveau : on y danse, on y secoue la tête, mais en arrière-plan, il y a ce sous-texte amer, cette sensation que tout n’est qu’une mise en scène, que le rap game s’alimente de ses propres contradictions. Flighteous ne moralise pas, il expose, il jette la lumière crue sur les projecteurs eux-mêmes.
C’est ce mélange de rugosité et de clairvoyance qui place le morceau en dehors du simple single à énergie. Il se rapproche davantage d’un manifeste déguisé en club banger, un cri de rue qui se sait spectacle mais refuse de n’être que ça.
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août 29, 2025On n’entre pas dans PARIS! comme dans un simple single de rap, on y plonge comme dans une ruelle saturée de néons, où chaque pas claque contre l’asphalte et chaque regard peut se transformer en histoire. Le morceau ne raconte pas la capitale, il la déchire, il la démultiplie, il la fait éclater sous la poussée de ses propres contradictions. MANSO̶U̶R̶, avec Lamsi et Rxlls, ne signe pas un hymne : il envoie une décharge. Un uppercut sonore, brut et incandescent, qui refuse d’être poli pour passer en radio.
Le beat, charpenté comme un chantier de béton brut, respire la violence contenue et l’urgence urbaine. Garage nerveux, basses qui cognent, flow tantôt mitraillette tantôt retenu au bord du gouffre : tout dans PARIS! fonctionne par secousses, par fractures. On sent l’ombre du grime, la fureur de la drill, mais aussi cette volonté de détourner le cadre pour bâtir un langage neuf. Rxlls apporte une sincérité tranchante, Lamsi joue l’équilibriste entre mélodie et menace, pendant que MANSO̶U̶R̶ orchestre le chaos avec un sens du détail chirurgical.
Le clip de ODBUSSY prolonge cette énergie comme une peinture en mouvement : silhouettes animées, coupures frénétiques, Paris et Amsterdam filmés avec une rage esthétique qui transforme les trottoirs en scènes et les parcs en cathédrales de béton. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout semble jaillir d’un débordement vital, d’un refus de tenir en place.
PARIS! n’est pas qu’un morceau, c’est une déclaration. Celle d’une génération qui refuse le silence, qui ne cherche plus à être validée par l’industrie mais préfère inventer son propre espace, quitte à tout brûler pour avancer. C’est bruyant, démesuré, bancal parfois, mais terriblement vivant — à l’image des villes qu’il traverse et des corps qui l’habitent.
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août 28, 2025Certain·e·s artistes arrivent en imposant une esthétique d’ensemble, un univers déjà ficelé. Kruthikaa, elle, choisit l’éclatement. Deux morceaux qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre et pourtant se répondent comme deux facettes d’un même miroir. This That est une claque dansante, trap teintée de R&B, pensée comme une fête sans hiérarchie ni exclusion. La prod tape droit dans le ventre, saturée d’énergie, avec ce groove insolent qui rappelle la désinvolture dorée des grandes années Missy Elliott. Kruthikaa y joue les maîtresses de cérémonie : voix percutante, flow souple, attitude décomplexée. Tout appelle à la sueur, au rire, au lâcher-prise.
À l’opposé, Girls Like Me se déploie dans l’intime, avec une délicatesse presque désarmante. Ici, pas de trap frénétique : le tempo ralentit, le R&B se fait indie, presque alternatif, et la voix se rapproche de l’oreille, comme si Kru chuchotait une confession qu’on n’a pas le droit de répéter. C’est la fragilité après l’émeute, le repli intérieur qui répond au besoin de parade.
Ce contraste n’est pas un hasard mais une déclaration d’intention. En juxtaposant ces deux singles, Kruthikaa affirme que son EP Purr n’est pas une simple collection de morceaux mais une cartographie de soi : la fête et l’introspection, le masque et le cœur, la provocation et la tendresse. Ces “quatre sons” qui s’emboîtent comme des pièces de puzzle deviennent une signature : impossible de l’enfermer dans une case.
Ce qui frappe, c’est sa capacité à naviguer entre deux pôles sans rien perdre en cohérence. On sent une artiste qui a grandi avec les codes du hip-hop global mais qui ne les applique jamais tels quels : elle les filtre, les plie, les rompt pour construire un langage hybride, profondément personnel. Kruthikaa n’imite pas, elle convoque — et c’est cette tension, ce refus de choisir entre la fête et la mélancolie, qui rend sa proposition irrésistible.
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août 28, 2025Dublin n’a jamais manqué d’histoires à raconter, mais rares sont celles qui claquent avec autant de fraîcheur et d’insolence que celles de KhakiKid. Avec DONT TOUCH THE CDJ, en featuring avec Aki Oke, le rappeur irlandais confirme qu’il n’est pas seulement l’enfant turbulent de la scène alt-rap, mais bien son grand dérégulateur, celui qui bouscule les cadres pour mieux en redessiner les contours. Le morceau pulse d’une énergie garage acide, taillée pour le chaos des clubs et les lendemains de festival, mais derrière ses beats nerveux et son humour caustique, il y a une écriture à la fois joueuse et frontale, un vrai sens du détail qui rend son flow reconnaissable entre mille.
KhakiKid a ce truc rare : l’équilibre entre vulnérabilité et pure bravade. Elevé sur une estate de Dublin, avec un héritage arabo-irlandais qu’il revendique frontalement, il incarne une génération qui n’a pas peur de montrer ses fissures tout en transformant ses contradictions en armes. Là où certains multiplient les gimmicks, lui fait de sa singularité un moteur, un fil rouge qui relie les freestyles des débuts aux scènes géantes d’aujourd’hui, du Electric Picnic jusqu’au futur Olympia Theatre.
Sur DONT TOUCH THE CDJ, tout est maîtrisé mais rien n’est policé : un beat garage qui suinte la sueur des raves, une écriture qui croise Tyler, The Creator et le storytelling brut des rappeurs UK Channel U, et une direction visuelle signée par KhakiKid lui-même — preuve que l’artiste contrôle son esthétique de bout en bout. La chanson ressemble à une punchline lancée contre le conformisme, un avertissement autant qu’une célébration : ici, personne ne touche aux platines sauf lui, parce que c’est son monde qu’il est en train de construire, et qu’il entend bien en garder le tempo.
Avec ce single, KhakiKid ne signe pas juste une track de plus : il ouvre une brèche, une invitation à rejoindre une scène irlandaise qui, grâce à lui, cesse d’être périphérique pour devenir le cœur battant d’un rap global. Et si l’on en croit l’énergie incandescente de DONT TOUCH THE CDJ, l’histoire ne fait que commencer.
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août 28, 2025Un morceau écrit au front, pensé entre deux silences de guerre, ne peut pas sonner comme les autres. Built Different n’est pas un simple track de R&B contemporain traversé de rap lo-fi : c’est un fragment de vie arraché à l’ombre, une confession murmurée depuis les terrains d’Afghanistan, aujourd’hui retransmise avec la distance fragile du retour. Marcus Coates ne se contente pas de rapper ou chanter, il dépose une mémoire, une tension, une gratitude brute : être encore là pour la raconter.
Le morceau s’avance sur un pas feutré, nappes R&B soyeuses mêlées à une rythmique lo-fi qui semble flotter dans l’air, comme suspendue. Mais derrière cette douceur apparente, il y a le poids des images, la dureté de ce qui n’est pas dit. Le flow, discret mais ferme, épouse les blessures qu’il ne prononce qu’à demi, donnant à la track cette impression d’intimité coupée au couteau : on y entre comme dans un journal intime que l’on n’aurait pas forcément dû lire, mais dont on ne décroche plus.
Ce qui frappe, c’est le paradoxe. Built Different est à la fois une chanson de survie et un hymne à la renaissance. Marcus Coates ne se contente pas de dresser le tableau d’un passé lourd, il le transcende en groove, prouvant que l’art peut absorber l’indicible et le rendre partageable. Là où tant d’artistes fabriquent du storytelling, lui vit littéralement dans ses mots.
On ressort de ce titre avec la sensation que la musique a sauvé une vie, et qu’elle continue de battre dans chaque note, comme un rappel humble et puissant : parfois, être built different, c’est simplement rester debout.
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août 28, 2025Chez NGN CJ, chaque morceau sonne comme un instantané pris depuis le siège arrière d’une voiture lancée à toute vitesse dans la nuit. On The Go ne fait pas exception : c’est une échappée haletante, coincée quelque part entre la trap la plus nerveuse et le spleen éthéré du cloud hop. Un titre qui pulse d’énergie, mais dont le moteur tourne à l’essence de la mélancolie.
La prod, bâtie sur des 808 qui claquent comme des battements de cœur affolés, déroule un tapis roulant sans fin : pas de répit, pas de pause, juste la route et l’obsession d’avancer. Au-dessus, NGN CJ alterne mélodies autotunées et flows plus secs, comme si la voix elle-même hésitait entre chanter l’élan ou confesser l’épuisement. Cette tension donne au morceau une dimension pop rap assumée : accroche immédiate, refrain collant à la peau, mais avec cette noirceur flottante propre à l’emo-trap, ce goût de fumée froide après la fête.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre fragile entre deux pôles : l’énergie solaire d’un hymne taillé pour les playlists de l’été et l’ombre qui s’y cache, celle d’un artiste qui rappe la fuite autant que la liberté. On The Go n’est pas seulement une ode au mouvement, c’est une chanson qui traduit l’impossibilité de s’arrêter, comme si le silence ou l’immobilité pouvaient être plus dangereux encore que la vitesse.
Avec ce single, NGN CJ montre qu’il sait transformer des émotions contradictoires en bangers addictifs. Derrière l’élan insouciant du titre, on devine un vertige plus profond : avancer, toujours, même si on ne sait plus vraiment vers quoi.
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août 28, 2025Une porte claque, un souffle de poussière s’élève, et soudain la voix surgit comme dans une crypte enfumée : Sacrifice n’est pas un morceau, c’est une incantation. Kingdom Kome et G Fam Black ne rapent pas pour séduire, ils éructent pour survivre. Tout dans ce titre respire l’urgence et la nécessité, comme si l’enregistrement avait eu lieu à la lueur d’une ampoule nue, au fond d’une cave, entourés de murs imbibés d’histoires mal effacées.
La production signée RUEN ne cherche pas la finesse : c’est un bloc, massif, minéral, qui avance en marche forcée, martelé par une rythmique qui rappelle l’ossature même du boom bap new-yorkais des années 90. Chaque coup de caisse claire résonne comme un clou planté dans un cercueil, chaque basse gronde comme une menace retenue. Mais derrière cette brutalité se cache une précision chirurgicale : l’espace sonore est calibré au millimètre, laissant les deux MCs sculpter leurs rimes comme des prêtres gravant des symboles interdits.
G Fam Black crache son texte avec la rudesse d’un témoin oculaire, un survivant revenu du front, tandis que Kingdom Kome, plus mesuré, distille une forme de sagesse sombre, presque mystique. Ensemble, ils incarnent deux faces d’une même pièce : le feu incontrôlable et la discipline du fer. Le refrain, abrupt, agit comme une promesse de loyauté, une fidélité à une école rap qui refuse les compromis.
Ce single ne flatte ni l’algorithme ni la playlist de détente. Il exige l’attention, il exige le silence, il exige la sueur. Sacrifice s’écoute comme on entre dans une église souterraine : en sachant qu’on va en ressortir transformé, marqué, un peu plus proche de la vérité crue du hip-hop. Kingdom Kome et G Fam Black ne proposent pas un simple retour, mais une cérémonie noire, une liturgie où le boom bap devient rituel, et où chaque rime équivaut à une offrande déposée sur l’autel du rap pur.
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août 28, 2025Parfois, un morceau ne se présente pas comme une simple chanson mais comme une gifle tranquille, un ricanement adressé au monde. Gold Jacket Green Jacket de Pozy One entre dans cette catégorie : une incantation rap qui transforme le désintérêt en arme, l’ironie en étendard. Pas d’intro tape-à-l’œil, pas de posture forcée — juste une énergie brute qui coule comme si elle avait toujours été là, en veille, prête à frapper.
Le titre lui-même agit comme un manifeste : peu importe la couleur de la veste ou la reconnaissance qu’on t’accorde, la vérité réside dans ce que tu portes en toi et dans la manière dont tu le balances au micro. Ici, le boom bap n’est pas une nostalgie figée mais une matière vivante, triturée, dépouillée jusqu’à l’os. Les kicks claquent comme des portes de cellule, les snares grincent comme des coups de frein dans une ruelle sombre, et la voix de Pozy One perce à travers le mix avec une gravité insolente.
Là où certains enrobent leurs textes de storytelling édulcoré, Pozy One cultive une crudité frontale, oscillant entre conscience sociale et provocation désabusée. Ses punchlines fusent avec cette assurance qui vient moins de l’ego que d’une lucidité amère sur le monde qui l’entoure. Le résultat, c’est une tension constante : une musique qui t’oblige à hocher la tête, mais aussi à lever les yeux, à observer le décor derrière les mots.
Dans un paysage rap saturé d’effets faciles, Gold Jacket Green Jacket rappelle que la force peut se loger dans le minimalisme, que la subversion peut tenir dans une ligne de basse, et qu’un refrain ironique peut résonner plus fort qu’un slogan politique. Pozy One n’essaie pas de convaincre, il expose. Et dans ce geste sans fioritures se cache quelque chose de rare : la preuve qu’un rap peut encore gronder sans chercher l’approbation.
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août 28, 2025Parfois un morceau n’a pas besoin de crier pour imposer sa présence. Avec XL uber, Alzy trouve ce point d’équilibre rare entre l’énergie nerveuse du grime et l’ondulation douce du pop rap, un mélange qui évoque à la fois la vitesse de la ville et la détente d’une virée sans destination précise. C’est un titre pensé pour la route, pour accompagner ces moments suspendus où l’on regarde défiler les lampadaires par la vitre et où chaque battement se cale sur le clignotement du rétroviseur.
Alzy joue sur une alchimie subtile : les rythmiques s’inspirent des codes UK drill sans plonger dans l’agressivité, les basses résonnent comme un souffle chaud dans la nuit, et la voix garde une clarté qui évite l’écueil du trop sombre. Le flow se déroule avec une aisance presque nonchalante, comme si rapper était aussi naturel que respirer. Le morceau pulse, mais jamais ne déborde : il stimule sans agresser, il donne envie de bouger la tête, pas de perdre le contrôle.
Il y a aussi dans XL uber une certaine élégance sonore, ce soin particulier apporté aux textures qui laisse deviner une vraie exigence derrière l’apparente simplicité. On imagine très bien le morceau tourner dans un set de soirée avant que la fête ne s’embrase, ou au petit matin, quand le monde se remet en marche et qu’il faut un beat pour recharger le corps autant que l’esprit.
Ce qui frappe surtout, c’est l’universalité de la vibe : peu importe l’endroit, Alzy réussit à capter un état d’esprit urbain contemporain, ce mélange de lucidité, d’envie de s’évader et de besoin de garder le rythme. XL uber est de ces titres qui accompagnent plutôt qu’ils n’imposent, qui donnent une couleur à la route comme une playlist idéale qu’on laisse filer sans l’interrompre.
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août 28, 2025Dans les rues tièdes de West London, Aye Hunna trace un sillon qui sent la fête, la transpi et les promesses jamais tenues. Wanna Do n’est pas une simple track : c’est un instantané, une photo floue prise à la volée dans une nuit trop courte, quand les voix s’emmêlent, les corps s’approchent et que l’on se surprend à sourire sans raison.
Avec ses mélodies autotunées, légères comme une brise sur une terrasse de béton, et ce refrain qui s’imprime à la première écoute comme une étreinte collante, Hunna réussit un mélange rare : celui d’un rap encore brut et d’une pop trap soyeuse qui brille à l’ombre des lampadaires. Sa voix ne force jamais, elle glisse, sûre d’elle, presque insolente, sur une prod qui pulse comme un cœur en excès d’adrénaline.
C’est une chanson pour les soirs qui n’en finissent pas, pour les potes entassés à l’arrière d’une caisse qui file sans but, pour les amours d’été qu’on jure éternelles et qui s’éteindront à la rentrée. Le morceau capte ce moment fragile où tout semble possible, où l’on se croit invincible, porté par un beat qui donne envie de danser autant que de rêver.
Aye Hunna ne cherche pas la démonstration technique, il préfère l’efficacité immédiate, celle qui fait lever les bras sans réfléchir. Wanna Do n’est pas une chanson à analyser : c’est une onde, une chaleur, une ivresse dorée qui s’attrape et s’écoute en boucle. Et dans ce registre, il frappe juste : un banger à la fois simple et irrésistible, taillé pour inscrire son nom parmi ceux qui redessinent les contours du UK rap mélodique.
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août 28, 2025Tout commence comme une fuite en avant, un sprint haletant dans un décor saturé de néons. Runnin’ (These Lights…), la collaboration explosive entre Evil Ebenezer et Di$tinct, sonne comme un track pensé pour les nuits où l’on n’a plus d’autre choix que d’aller droit devant, sans regarder en arrière. L’un installe la transe, l’autre accélère le pouls : ensemble, ils signent une pièce qui refuse la tiédeur, un banger hybride à la frontière du rap, de la pop et d’un certain lyrisme underground.
L’architecture du morceau est limpide et brillante : le flow millimétré de Di$tinct, nerveux, percussif, cadencé à la limite du mathématique, s’oppose au refrain vénéneux d’Evil Ebenezer, presque hypnotique dans sa manière d’attraper l’oreille et de ne plus la lâcher. Ce jeu de contrastes, entre l’urgence et la suspension, constitue le cœur du morceau : une sorte de respiration syncopée qui empêche l’auditeur de décrocher. On sent derrière la patte des ingénieurs Nato et Jesse Roads, habitués aux gros volumes et aux équilibres millimétrés : chaque détail sonore est poli, chaque frappe de batterie calibrée pour frapper le thorax. Et quand la guitare de Nate William s’invite, la texture s’élargit, donnant au titre une dimension presque live, brute et immédiate.
Mais au-delà de la technique, Runnin’ marque un moment : celui où deux trajectoires complémentaires se croisent. Di$tinct, récemment couronné d’un Canadian Choice Award, impose son ambition de performer total, pendant qu’Evil Ebenezer rappelle qu’il est une voix unique, capable de mêler mélancolie et intensité sans jamais tomber dans le cliché. On y lit une continuité avec la scène canadienne qui s’exporte depuis quelques années, mais aussi une volonté de dépasser les frontières, de transformer un morceau de studio en hymne générationnel.
Il y a dans Runnin’ (These Lights…) la fièvre des grandes collaborations : celle qui naît quand les egos se répondent sans s’écraser, quand la performance technique rencontre l’instinct mélodique. Un titre qui fait courir, oui, mais surtout qui donne envie de rester sous ces lumières un peu plus longtemps.
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août 28, 2025Casablanca the Gawd n’est pas un rappeur de passage. C’est une cicatrice vivante du hip-hop, un survivant de Buffalo qui avance à contre-courant, avec la rage calme de ceux qui savent que leur voix n’a pas besoin d’artifices pour exister. A Selfish Prayer n’a rien d’un morceau tape-à-l’œil : c’est une pièce rugueuse, gravée dans la pierre du boom bap, où chaque mesure respire la sueur des battles, l’odeur du béton humide et la dignité des âmes cabossées.
On pourrait croire qu’après deux décennies à polir ses rimes, Casablanca jouerait la carte de la nostalgie. Mais non : il refuse d’être un musée ambulant du rap. À travers un flow précis, lentement martelé comme un marteau-piqueur dans la poitrine, il convoque le passé pour mieux répondre au présent. Les beats claquent secs, dépouillés, sans la moindre concession aux modes. Chaque boucle est un cercle fermé, oppressant, qui oblige à écouter les mots pour ce qu’ils sont : des leçons de vie, des prières murmurées dans la fumée des rues.
Le titre dit tout. A Selfish Prayer est une supplique tournée vers l’intérieur, un cri intime qu’il ose rendre public. Casablanca rappe non pas pour séduire, mais pour survivre. Il appelle ça du Grown Man Music : une musique qui n’a pas besoin de gimmicks, qui ne demande pas la validation d’un algorithme. Sa voix porte celle des hommes fatigués, des mères qui prient sans bruit, des gamins devenus adultes trop vite.
Là où l’industrie inonde les playlists de vernis et de fast-food sonore, Casablanca rappelle que le hip-hop peut encore être une discipline martiale, un art de la vérité nue. A Selfish Prayer n’est pas qu’un morceau, c’est un refus : celui de se taire, celui de céder. Et paradoxalement, dans cette prière égoïste, on entend l’écho universel de toute une génération qui cherche un sens, loin du bruit.
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août 28, 2025Dans l’océan saturé du cloud hop, certains artistes cherchent l’accroche immédiate, d’autres creusent la blessure. Eidon, lui, agit comme un alchimiste : il transforme chaque morceau en rituel sonore, chaque beat en mantra. Never Give Up n’est pas seulement un titre motivant plaqué sur un instrumental vaporeux, c’est une véritable invocation, un sort jeté pour que la persistance survive aux nuits les plus sombres.
Ce qui frappe en premier, c’est la densité des couches. Derrière l’apparente légèreté d’un beat aux contours brumeux, on entend une architecture méticuleuse : nappes éthérées qui s’ouvrent comme des halos, percussions étouffées qui avancent à pas feutrés, basses qui vibrent comme un sol instable. Tout est calculé pour que la voix — fragile mais résolue — surgisse comme un cri dans la nuit. Elle n’explose pas : elle résiste.
Là où beaucoup d’emo hip-hopers s’abandonnent dans la confession brute, Eidon injecte une dose de mysticisme. Il ne raconte pas seulement une histoire de douleur et de survie, il cherche à manipuler les fréquences, à tendre une main invisible vers l’auditeur. L’expérience relève presque du chamanisme numérique : écouter Never Give Up, c’est accepter de se laisser traverser par une onde qui résonne bien au-delà des mots.
Le morceau s’inscrit dans une lignée où XXXTentacion et Juice WRLD ont ouvert la brèche, mais il s’en détache par son approche quasi-ésotérique. Plus qu’un exutoire adolescent, Eidon livre une pièce de résistance intérieure, un témoignage qui touche à l’universel : la ténacité, la foi dans la continuité, même quand tout semble voué à s’effondrer.
Never Give Up se vit comme une transe douce-amère. Une promesse soufflée dans l’ombre : tant que la musique existe, l’abandon n’est pas une option.
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août 28, 2025Guaranteed s’ouvre comme une dérive sous lampadaires fatigués, un morceau qui respire autant la rue que la chambre close où l’on noie ses pensées. djprodluigi y tisse une production aux allures de mirage : nappes éthérées, échos de mélodies qui se délitent dans l’air, le tout porté par des 808s secs et profonds qui claquent comme des portes derrière soi.
Avec Lil Reamy en invité, la voix devient presque une cicatrice sonore. Mi-chantée, mi-parlée, elle porte la lourdeur des nuits sans sommeil et l’éclat fragile d’un désir de s’en sortir. On est à mi-chemin entre la rugosité d’un trap brut et la fragilité d’un cloud hop introspectif, cette hybridation qui a fait naître tout un pan de l’emo hip-hop. C’est justement dans cette contradiction que Guaranteed trouve sa force : un titre qui cogne, mais qui s’ouvre aussi sur une faille intime, presque trop humaine.
L’efficacité pop du refrain en fait une accroche immédiate, taillée pour les playlists nocturnes et les conduites solitaires, mais la richesse est ailleurs. On entend dans les textures et les silences une mélancolie qui ramène à la solitude, à ces instants où l’on se demande si la survie tient à une promesse tenue ou à une illusion prolongée.
Avec Guaranteed, djprodluigi signe bien plus qu’un simple track calibré pour les basses. Il offre un témoignage sonore de ce qu’est la trap quand elle sort des clichés de violence pour devenir une langue de l’intime. Une respiration lourde, un mantra sombre, une musique faite pour se perdre et peut-être, entre deux notes, se retrouver.
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août 28, 2025Do It Again ne sonne pas comme une simple reprise de souffle, mais comme une compulsion, un cycle qu’on répète sans vraiment savoir si c’est l’adrénaline ou le vide qui nous pousse à recommencer. Close Company transforme ce vertige en matière sonore, mélangeant la pulsation du pop rap avec des fulgurances d’alternative hip-hop, comme si la fête et l’introspection dansaient ensemble sur le même sol collant.
Les premiers instants frappent comme une gifle douce-amère : un beat souple mais percutant, une ligne mélodique qui accroche sans effort et ce flow qui alterne entre nonchalance et urgence. La structure du morceau rappelle la mécanique d’un souvenir obsédant — on croit s’en défaire, mais chaque refrain ramène au point de départ. L’addiction n’est pas seulement thématique, elle est musicale : Do It Again donne envie de tourner en boucle, encore et encore, comme pris au piège d’un manège trop rapide mais impossible à quitter.
Là où Close Company se distingue, c’est dans cette façon d’habiller le hip-hop d’une aura alternative, presque cinématographique. On pense à certains morceaux de Kid Cudi pour la dimension rêveuse, ou à Brockhampton pour l’énergie brute, mais l’univers est singulier, nourri d’une tension entre légèreté et gravité. Derrière l’élan pop se cache une lucidité qui gratte, un constat sur les habitudes qu’on répète même quand elles nous usent.
Do It Again n’est pas seulement un banger calibré pour les playlists, c’est une scène de film condensée en trois minutes : sueur, échos de voix, néons qui vacillent, et cette question suspendue — pourquoi recommence-t-on toujours, et jusqu’où ?
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août 28, 2025Chaque nouveau titre de Blaqbonez ressemble à une mue. Comme si l’artiste, insatiable et insaisissable, refusait de se figer dans une seule peau. Avec Everlasting Taker, le rappeur de Lagos — qu’on sait capable de passer d’un ego-trip incandescent à une confession intime en un seul couplet — signe un morceau qui résume toute sa trajectoire : celle d’un homme décidé à tout absorber, tout transformer, tout réinventer, sans jamais se soumettre.
Là où d’autres enferment leurs morceaux dans des cases, Blaqbonez les explose. Le morceau alterne entre flows nerveux et refrains mélodiques, naviguant sans effort entre hip-hop, alté et pop urbaine. Mais au-delà du vernis sonore, Everlasting Taker fonctionne comme un manifeste : celui d’un artiste qui a compris que la longévité ne se gagne pas à coups de tendances, mais à coups de personnalité. Ce n’est pas un hasard si son futur album s’intitule No Excuses. Tout est dit : pas de justification, pas d’auto-censure, pas de frein.
L’énergie ici est double : frénétique, presque dansante, mais teintée d’une gravité intérieure. Comme si derrière chaque punchline se cachait l’ombre d’un doute, une fragilité assumée. C’est cette tension, entre flamboyance et vulnérabilité, qui fait la force du Nigérian. Dans la lignée de son précédent Emeka Must Shine, Blaqbonez confirme qu’il est devenu plus qu’un rappeur : une figure de la culture globale, aussi à l’aise à Londres en studio avec JAE5 qu’au Nigeria à briser les codes sociaux.
Everlasting Taker n’est pas seulement un single. C’est le prélude d’une métamorphose annoncée, le signal que Blaqbonez s’apprête à entrer dans son “Super Saiyan era”. Et à l’écouter, on se dit que personne ne sera capable de l’arrêter.
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août 28, 2025Un battement sourd, puis une montée brutale. Jump ne s’annonce pas, il surgit, comme une gifle qui réveille. ODELI, jeune artiste de Perth, n’entre pas dans la trap en imitant ses codes : elle les retourne, les absorbe et les recrache avec une intensité viscérale. Le morceau ne cherche pas à séduire, il impose son espace sonore — un territoire où chaque 808 gronde comme une sirène d’alarme et où la voix d’ODELI taille ses propres cicatrices dans le beat.
La narration de Jump se lit comme un manifeste. On saute, on chute, on remonte — toujours plus vite, toujours plus haut. Cette oscillation entre mélodie et sauvagerie, entre contrôle et débordement, rappelle la façon dont l’artiste a trouvé sa voie : en explorant plusieurs genres, en refusant de s’enfermer dans une case. Ici, la trap devient laboratoire, lieu de collision entre rage et sensualité, entre fragilité avouée et puissance assumée.
Ce qui frappe surtout, c’est l’impression de mouvement permanent. Rien ne reste immobile, ni les lignes de basse, ni les textures de voix, ni l’attitude. ODELI ne fait pas que rapper : elle incarne l’acte de sauter dans le vide, de parier sur sa propre énergie brute. Le morceau pulse comme un cœur impatient, un rappel que la musique n’est pas seulement une suite de sons, mais un espace pour affirmer qu’on existe, ici et maintenant.
Avec Jump, ODELI signe plus qu’un single : elle trace une trajectoire. Sauvage, instinctive, imprévisible, mais surtout irrésistible. On comprend vite que ce n’est pas une simple promesse de début de carrière. C’est une déflagration — et elle n’a fait que commencer.
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août 28, 2025Il y a des morceaux qui sonnent comme des victoires, d’autres comme des défaites. FA!L de Swankie, lui, se situe quelque part entre les deux : une traversée lucide du chaos, un hymne aux faux pas qui façonnent plus qu’ils ne brisent. C’est un rap brut, tendu comme un muscle qui refuse de céder, porté par une écriture où chaque rime résonne comme une cicatrice.
Swankie ne cherche pas à enjoliver l’échec, ni à en faire une posture. Il l’empoigne, le décortique, le transforme en matière première. La prod’ frappe sec, minimale, presque industrielle, laissant la place à une voix qui n’a rien de décorative : c’est le moteur, le couteau, l’arme. Derrière le flow, on entend la fatigue, la rage, mais surtout cette urgence de témoigner. Pas de storytelling fabriqué ici, seulement une confrontation avec ce que veut dire trébucher dans un monde où tout pousse à masquer ses failles.
Il y a quelque chose de terriblement contemporain dans FA!L. Le morceau refuse la glorification artificielle de la réussite et pose une question crue : que reste-t-il quand on ne gagne pas ? Dans cet entre-deux, Swankie tisse un récit générationnel, où l’échec devient non pas une fin mais une preuve de vie, un passage obligé, un carburant pour continuer à écrire, rapper, exister.
Le plus fascinant est peut-être la manière dont Swankie conjugue intimité et attaque frontale : une vulnérabilité qui se met à danser sur le fil du beat, un cri de solitude qui se mue en chant collectif pour tous ceux qui se sentent à la marge. FA!L n’est pas seulement une chanson, c’est une esthétique : celle d’un monde où trébucher n’a jamais empêché d’avancer.
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août 28, 2025Il y a dans la musique de Lüst quelque chose d’irrémédiablement incandescent, comme un feu croisé entre les gratte-ciels gris de Chicago et les nuits saturées de sueur d’un club latino où les corps refusent le repos. Avec ROCKSTAR, JD et MAYA font plus que livrer un single : ils plantent un drapeau au sommet d’un territoire musical qui n’existait pas encore, fusion nerveuse de pop-rap, de trap euphorique et de relents d’indie-rock, où chaque kick devient un coup de foudre et chaque hook une morsure addictive.
Le morceau avance comme une chevauchée urbaine, rapide et désinvolte, porté par cette énergie de outsiders qui rêvent tout haut. Les basses claquent comme des portes qu’on refuse de fermer, les voix se déchirent entre arrogance sensuelle et fragilité assumée. C’est un cri de désir, mais aussi un appel à l’ivresse collective, à cette transe contemporaine où la gloire se confond avec l’instant, où l’on se sent rockstar le temps d’un refrain.
Lüst réussit ici ce que beaucoup tentent sans oser aller au bout : un métissage total. Les guitares rappellent l’insolence d’un rock alternatif jamais apprivoisé, les rythmiques trap secouent comme un cœur qui s’emballe, tandis que les harmonies pop injectent une douceur presque nostalgique. C’est un patchwork de mondes, mais taillé avec une précision chirurgicale qui le rend évident, nécessaire, urgent.
ROCKSTAR est plus qu’un banger : c’est une carte postale enflammée envoyée depuis un futur où les genres ne sont plus des frontières mais des tremplins. JD et MAYA ne se contentent pas de mixer les styles, ils les transforment en manifeste, en promesse, en invitation. Car derrière l’étalage de puissance, il y a une question lancée au visage de l’auditeur : et toi, qu’est-ce qui te fait sentir vivant ?
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août 28, 2025Chez Faye Love Music, chaque mot est une cicatrice qui parle, chaque beat une respiration qui refuse de céder. Née à Akron, nourrie autant par le groove de la Motown que par le souffle cru du hip-hop conscient, elle fait du rap une écriture intime, presque diaristique, où l’on sent autant la morsure de la perte que l’élan vital qui pousse à continuer. Son nouveau single Salt N Vinegar en est la preuve : un titre acide et tendre, à l’image des contrastes de la vie, entre les instants sucrés de l’amour et l’amertume des adieux.
Le morceau est traversé par cette dualité : le goût de construire, de créer une famille, puis la déchirure d’une perte qui oblige à se réinventer. Pas de surjeu, pas d’ornements : le flow de Faye est direct, brut, mais profondément humain. Elle rappe comme on se confie à un ami dans une cuisine à deux heures du matin, quand les certitudes sont tombées et qu’il ne reste que la vérité. Dans cette honnêteté crue, elle rejoint la lignée des grandes conteuses du rap, de Lauryn Hill à Little Simz, capables de transformer des blessures en visions universelles.
Ce qui frappe surtout, c’est cette énergie de survie, ce mantra qu’elle répète sans le dire : avancer malgré tout, même quand les larmes collent à la peau. Salt N Vinegar n’est pas un simple titre, c’est un rappel que les douleurs de la vie peuvent aussi nourrir les victoires, que la tristesse peut coexister avec la détermination.
Depuis ses débuts en 2020, Faye Love Music trace une route indépendante, fidèle à sa devise : “créer, c’est un mode de vie.” Elle ne rappe pas pour séduire les algorithmes, mais pour dire, partager, survivre. Et dans cette sincérité radicale, elle ouvre un espace où ses auditeurs peuvent se reconnaître, pleurer, sourire, et peut-être trouver la force de continuer à leur tour.
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août 25, 2025Il y a des morceaux qui ressemblent à des miroirs fêlés : on s’y voit sans filtre, déformé mais vrai. Picture Day de DaLomonze appartient à cette catégorie rare. Derrière ce titre en apparence banal – la journée photo, les sourires forcés et les chemises trop repassées – se cache un manifeste intime. DaLomonze ne fige pas un instant, il développe la pellicule de sa vie entière, dans ses contradictions et ses éclats de vérité.
La musique s’ouvre sur un velours fragile : un violon suspendu, une voix qui tremble juste assez pour qu’on comprenne que l’homme chante au bord du gouffre. Le timbre est clair, mais rugueux dans les coins, comme une photo en noir et blanc griffée de lumière. Puis tout bascule, et la confession douce devient une déferlante. Drop massif, beat qui arrache, couplet rappé qui cogne comme un journal intime hurlé dans la rue. On passe de la caresse à la morsure sans prévenir, preuve que la sincérité n’a pas de tempo fixe.
Visuellement, le clip joue sur le réel en miettes. Une dispute filmée comme du cinéma vérité, une caméra nerveuse qui traduit le chaos intérieur, puis ce moment sidérant : DaLomonze qui fixe l’objectif, front haut, yeux brûlants. On ne sait pas s’il nous accuse, nous supplie ou nous défie – mais l’impact est immédiat. C’est ça, Picture Day : non pas sourire pour l’album, mais assumer le cliché qu’on évite d’habitude, celui où la douleur et l’amour se collent au même visage.
DaLomonze ne fait pas dans le spectaculaire gratuit. Tout est calibré, pensé, mais jamais froid. On sent l’artisan qui connaît ses machines et l’homme qui n’a pas peur de s’exposer. Le morceau, hybride de soul, rap et pop orchestrale, fonctionne comme une cicatrice sonore : il ne cache rien, mais il embellit par sa franchise. En refermant Picture Day, on garde cette impression étrange et belle qu’un inconnu vient de nous tendre une photo de lui, mais qu’en regardant bien, c’est notre reflet qu’on aperçoit.
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août 20, 2025Il fallait oser. Raubtier Kollektiv, jeune voix brutale de Hambourg, choisit de transformer son premier vrai manifeste en bestiaire allégorique. Zoo Deutschland n’est pas un simple album de rap : c’est un terrain de chasse métaphorique où la hiérarchie des rues s’incarne en fauves, en rapaces, en reptiles. Neuf titres qui abattent cartes et masques, où chaque animal devient un miroir d’une figure réelle de l’underground, entre prédateurs, charognards et survivants. Loin d’être un gimmick, ce procédé donne au projet une cohérence rare dans un paysage rap saturé de singles interchangeables.
Der Elefant, ouverture tonitruante, frappe par son refus du cliché de la violence brute. Ici, la force n’est pas celle du muscle mais de la mémoire, du poids symbolique. Les basses grondent comme une marche de guerre, mais le flow, posé et tranchant, rappelle que l’intelligence reste l’arme suprême. Plus loin, Krokodil Tränen s’en prend frontalement aux larmes Instagram et au storytelling creux d’une scène devenue trop performative. Trap sec, hi-hats mitraillés, mais refrain acide : une attaque frontale à l’industrie de l’émotion plastique.
Le sommet lyrique se niche sans doute dans Adler Perspektive. Orchestration ample, cordes tendues, percussions minimales : le rap se fait contemplation aérienne, solitude glacée de celui qui s’élève trop haut et découvre que le succès est une cage dorée. Nachts im Zoo, lui, installe un décor sonore de polar urbain : nappes sombres, reverb étouffée, flow en murmure prédatoire, un véritable audio-noir. Puis Gorilla Geschäfte ramène au sol, trap agressive, basses bétonnées, miroir brutal des deals et rapports de force économiques de la rue.
L’album se ferme sur Zoo Wärter, morceau-manifeste qui retourne l’allégorie contre le système lui-même. Qui détient vraiment la clé des cages ? Qui nourrit les bêtes et décide de leurs mouvements ? Le beat martèle comme un marteau-pilon, le texte interroge la structure invisible qui façonne la jungle.
Zoo Deutschland ne joue pas le rôle d’un simple projet underground : c’est une mise à nu politique et poétique à la fois. Dans ses métaphores animales, Raubtier Kollektiv attrape le réel avec les griffes, questionne la sincérité du rap actuel, et s’impose comme l’un de ceux qui réinjectent du sens dans un genre en quête de repères. Un disque qui rugit, qui mord, et qui laisse des cicatrices.
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août 20, 2025Certains albums se consomment comme une playlist, d’autres se vivent comme un trajet. B-Emo appartient à cette seconde catégorie : pas un assemblage de morceaux, mais un arc narratif où chaque titre tient le rôle d’un chapitre. Mark Masguro, depuis son home studio zurichois, a conçu une fresque électronique où les genres se télescopent et s’hybrident, mais où les émotions tiennent toujours le premier rôle. Plus qu’un disque, c’est un manifeste : l’émotion n’est pas un choix, c’est une ligne de vie.
Whispers ouvre l’album comme une confidence murmurée à travers les machines. Tout est dans la suggestion : nappes synthétiques diaphanes, pulsations qui respirent plus qu’elles ne martèlent. On entre dans l’intime sans voyeurisme, comme si Masguro installait un clair-obscur sonore avant de lancer la dramaturgie. Puis Devil’s Trap, épaulé par Kael Sott et Beatman, renverse la table. Ici, les beats claquent, les voix cognent, les mélodies se font abrasives. C’est l’ombre qui répond à la lueur d’ouverture, un piège rythmé où tension et catharsis s’entrechoquent.
Avec Summer Night’s Dream – Extended Version, l’album prend un virage presque hédoniste. Six minutes étirées comme une nuit d’été sans fin, où la house se pare de textures cinématiques. On entend l’écho des dancefloors passés, mais réinjectés dans une sensibilité contemporaine. From the Edge to the Rise: A Fight for Light – Radio Edit est son contrechamp : condensé en quatre minutes, tout est urgence, combat, montée lumineuse. La trance affleure, mais sous un vernis moderne, jamais cliché.
Get Down s’affirme comme l’instant club frontal, une injonction au lâcher-prise pur, tandis que Freedom – Extended Mix élargit le spectre : six minutes qui respirent, une montée progressive vers une libération presque spirituelle. Puis My Son, My Life casse la dynamique pour la transformer en prière électronique. On y sent le personnel, la filiation, la tendresse : la techno devient autobiographie. Who Is This? revient dans le mystère, groove minimal et question existentielle emballée dans un beat sec.
Choose Your Fight, porté à nouveau par Kael Sott, ramène l’album vers une énergie combative, presque rap-électronique, tandis qu’Illusory World installe une ambiance trouble, entre rêve et désorientation. Super Sleep Less pousse l’hyperactivité à l’extrême : un track nerveux, insomniaque, qui bat au rythme d’une ville qui ne dort jamais. She Looks Like Me – My Son, My Life Remix transforme la tendresse initiale en miroir déformant, un autoportrait sonore qui questionne l’héritage et la ressemblance.
Bleeded Out, avec Ariana Celaeno, redescend vers une gravité douloureuse : atmosphère sombre, textures presque gothiques dans un cadre électronique, un climax émotionnel. Bitter Pill poursuit dans cette veine, mais sous forme condensée : une morsure brève, directe. Love Has Gone, lui, étire la blessure, morceau cathartique où la nostalgie prend des allures d’hymne électronique. Enfin, Easy conclut le voyage par une respiration inattendue : un souffle plus apaisé, comme si le disque s’éteignait en douceur après l’orage.
Ce qui relie ces morceaux disparates, c’est la rigueur de Masguro : chaque texture, chaque break, chaque silence sert un récit. On sent la main d’un DJ devenu architecte sonore, capable d’utiliser ses influences — Italo-disco, acid house, trance, hip-hop, synthwave, ambient — pour construire une cartographie intime. B-Emo se lit comme un journal de bord des émotions, mais avec la pulsation d’un club fantasmé.
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août 20, 2025Première écoute, et l’on devine tout de suite la scène : un fichier .wav baptisé à l’arrache, mix encore plein d’angle mort, souffle sur le bus, mais une évidence de fond qui transperce. Shell (Rough) n’a rien du démo touriste. C’est une esquisse volontaire, un avant-goût qui assume ses échardes comme autant de preuves d’authenticité. Le boom-bap y respire sans nostalgie muséale : caisse claire sèche qui mord, kick sabré au couteau, swing nerveux à la limite du déraillement. Au centre, un sample coupé en dentelle — boucle poussiéreuse, piano mal accordé ou voix fantôme ralentie — que Zoink$ et Tez Pariah tordent jusqu’à lui faire avouer un autre thème, plus sombre, plus obsédant.
L’architecture rythmique claque façon MPC sur table de cuisine, avec ces micro-retards qui donnent de l’angle à chaque mesure. On jurerait entendre la colle : la compression parallèle qui gonfle la charpente, un sub discret qui rampe sous le parquet, les charleys aspirés dans une chambre anéchoïque. Et pourtant, rien d’ostentatoire. La prod refuse l’étalage : deux, trois couches bien choisies, un grain volontairement rugueux, quelques drop-outs qui creusent des silences éloquents. Le « rough » du titre n’est pas un avertissement, c’est un manifeste.
Côté micro, les deux emcees jouent la complémentarité sans forcer l’antagonisme. Zoink$ a la diction en staccato, syllabes qui claquent comme des allumettes, attaques carrées, respirations courtes ; Tez Pariah glisse plus bas, voix patinée par la nuit, placement souple qui étire les fins de phrase. Le ping-pong ne vise pas la punchline gratuite mais le relief : l’un charbonne, l’autre fume, ensemble ils installent ce mi-temps flottant entre bravade et doute. La narration n’appuie jamais, elle suggère — une ville qui ricane, des dettes qu’on paie en heures, l’orgueil comme dernière monnaie. C’est précisément dans ces interstices que la track gagne : on entend les murs, les doigts sur le fader, le frottement d’un monde réel.
Ce qui frappe surtout, c’est la clarté de la direction artistique. Shell (Rough) ne court pas après la grosse artillerie ni les refrains en néon. La force tient au cadre : un motif mélodique court, presque entêtant, qui revient comme une lampe torche dans un couloir ; une rythmique erratique mais tenue, qui fait tanguer la nuque sans jamais s’écrouler ; un mix qui laisse le médium parler, loin des vernis trop polis. On pense à cette génération qui a réappris au rap à aimer ses marges : pas de superflu, une dramaturgie du grain, la sincérité comme unique effet spécial.
On parie d’ailleurs que la version « finie » pèsera plus lourd, mais pas forcément plus juste. Parce que tout est déjà là : un langage commun, une science de la coupe, et cette conviction rare que le morceau n’a pas besoin d’être parfait pour être décisif. Zoink$ & Tez Pariah signent un instantané qui sent le fer et la poussière, une cartouche brute qui rappelle qu’un bon rap, c’est d’abord une idée tenue à bout de bras. Shell (Rough) ressemble à ces polaroids qu’on garde dans la poche intérieure : un cliché imparfait, mais la seule preuve qu’on était vraiment là.
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août 20, 2025Le rendez-vous avait tout pour basculer du bon côté : mood tamisé, groove soyeux, verres qui transpirent. Mais dès les premières mesures de Side Eye, Alexandros Sarafis transforme la scène en mini-film : la personne en face répète qu’elle en a fini avec son ex, sauf que chaque phrase ramène au fantôme. Et c’est là que le morceau trouve sa force : narrer avec une ironie douce-amère le décalage entre l’intention et la réalité, entre l’envie d’ouvrir une nouvelle page et le poids du passé qui colle au verre.
La production, signée Wizzy Wow (Grammy-nominé) et RXR (platinum sculptor de hits), replonge dans un R&B qui aurait pu tourner en radio au milieu des années 2000 — nappes satinées, basse ronde qui avance sans presser, batterie syncopée qui respire plus qu’elle ne frappe. L’instrumental ne force rien : il laisse la place au storytelling, comme une soirée qui s’étire malgré les faux pas.
Alexandros Sarafis se glisse dans le rôle de l’observateur à moitié amusé, à moitié désabusé, oscillant entre séduction et perplexité. Jazz Montell, déjà remarqué avec Bees & Honey, arrive en contrepoint, ajoutant une texture plus rugueuse, presque complice dans le constat. Ensemble, ils créent une alchimie particulière : pas l’amour flamboyant, mais cette étrange complicité qui naît dans les rendez-vous qui partent en vrille.
Side Eye ne cherche pas l’hymne dramatique, il préfère la finesse : un sourire en coin, un beat nostalgique, et ce constat universel que parfois, les premiers rendez-vous se résument à un long monologue sur quelqu’un d’absent. Un R&B à la fois drôle, élégant et terriblement humain.
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août 20, 2025Première gorgée, la 808 descend comme un alcool fort. Jory yungsta ne demande pas la coupe, il convoque un monde : néons baveux, sièges arrière qui sentent la sueur froide, hi-hats qui cliquettent comme des glaçons contre le verre. Pass me the cup n’est pas un simple banger à lever en l’air ; c’est un geste, un cérémonial de survie où l’excès devient langue et la production, liturgie. Le beat respire en staccatos serrés, kicks ventrus, sub-bass qui tremble long comme un after interminable. Tout est pensé pour la lévitation urbaine : espaces négatifs, silences fendus, ad-libs qui surgissent en arrière-plan comme des ombres complices.
Ce qui accroche, c’est la façon dont Jory yungsta découpe le tempo : flow mi-coulé mi-saccadé, placement à contretemps qui donne l’impression d’un coureur changeant de ligne à chaque mesure. Le morceau joue l’économie de moyens pour maximiser l’impact, privilégiant l’attaque et la texture : claps secs, lead synth granuleux, touches de reverb brève qui font claquer chaque fin de phrase. On entend la filiation trap la plus moderne, mais débarrassée du tape-à-l’œil : efficacité, contrôle, une noirceur clinique qui évite le cliché.
Thématiquement, la coupe n’est pas qu’un objet : c’est un symbole communautaire, un raccourci vers la bravade, l’oubli choisi, parfois la défaite assumée. Jory yungsta a l’intelligence de ne pas moraliser — il documente. Et dans ce documentaire compressé en trois minutes, il parvient à injecter une tension dramatique : l’ivresse n’est jamais totalement lumineuse, la fête n’annule pas le vertige.
Pass me the cup marque surtout une maturité de production : mix clair, bas du spectre tenu, topline mémorisable sans racoler. Un single pensé pour fracasser les voitures comme les petites salles, qui rappelle que le trap le plus radical peut encore évoluer par la précision. Levée de verre, oui — mais ici la coupe sert à refléter la ville, pas seulement à la boire.
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août 20, 2025Il y a des morceaux qui sentent la poussière des sous-sols, les soirées enfumées où le hip-hop n’avait rien de poli ni d’aseptisé. Cocaine & Vodka, nouvelle cartouche signée Halfcut et Cole The God, appartient à cette famille. Rien que le titre sonne comme un toast à la perdition : une célébration amère, le goût âcre des excès et la lucidité froide de ceux qui savent très bien ce qu’ils consomment, dans la vie comme dans le son.
Halfcut crache ses rimes comme on taille au couteau, chaque syllabe claquant sèchement sur les kicks massifs et l’atmosphère spectrale sculptée par Cole The God. Ici, pas de fioritures : on retrouve le squelette du boom bap, ses basses sales, ses caisses claires qui giflent, mais injecté d’une noirceur contemporaine, presque cinématographique. La production n’accompagne pas le flow, elle l’encercle, le hante, lui tend un miroir où la rage se reflète sans filtre.
Ce qui fascine, c’est la tension entre classicisme et modernité. On pense aux cendres des années 90, aux fantômes de Mobb Deep ou des premiers RZA beats, mais repensés pour 2025 avec une clarté digitale et une gravité supplémentaire. Cocaine & Vodka n’est pas un simple exercice de style : c’est une plongée dans les contradictions humaines, ce besoin d’échapper à soi par l’autodestruction autant que par l’art.
Avec cet extrait de leur nouvel album The Relentless Two, enrichi de featurings lourds comme Guilty Simpson ou Reks, Halfcut et Cole The God rappellent que le rap conscient peut être brut, sale, sans vernis — et qu’il n’a rien perdu de sa puissance viscérale. Un morceau qui s’écoute comme un uppercut, avec l’arrière-goût d’un shot de trop.
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août 20, 2025On n’attendait pas forcément que Marbella devienne l’un des hymnes de l’été anglais, et pourtant : Avelli y a planté ses drapeaux. Le Sheffield kid qui bidouillait ses premiers beats à 13 ans transforme ici le fantasme d’évasion en manifeste sonore, quelque part entre les clubs en sueur et les terrasses de bord de mer. Marbella n’est pas seulement un titre géographique, c’est l’idée même du “payoff” après les années de galère : le soleil après la pluie, les cocktails après la grisaille, l’hymne de ceux qui veulent célébrer leurs cicatrices autant que leurs victoires.
Musicalement, Avelli surprend. Le morceau s’ouvre sur des cuivres triomphants, presque baroques, avant de glisser vers une rythmique afroswing dopée à l’Amapiano. Les cordes orchestrales donnent une ampleur cinématographique, comme si le track hésitait entre la bande-son d’un film épique et la bande-son d’une pool party. Cette tension crée l’énergie singulière de Marbella : à la fois grandiloquent et viscéralement dansant.
Là où beaucoup se contenteraient de surfer sur la vague TikTok, Avelli amène une vision plus large. Derrière les punchlines de réussite et les refrains calibrés pour les stories, on entend l’histoire d’un gamin qui a bossé pour imposer sa place. Sheffield, ville ouvrière qui n’a jamais vraiment eu son mot à dire dans la cartographie du rap britannique, tient peut-être avec Avelli son nouveau porte-voix.
Marbella est une carte postale fictive, une utopie sonore mais aussi un signal : le nord de l’Angleterre ne se contente plus de regarder Londres dicter les codes. Avec son mélange de grime, de trap et d’influences afro, Avelli signe une entrée fracassante dans 2025. Un morceau qui transpire la confiance et annonce une ambition à la hauteur des cuivres qui l’ouvrent.
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août 20, 2025Sous un titre faussement militant qui semble surgir d’une pancarte Greenpeace oubliée sur un dancefloor, Eyeconic dégaine avec Save The Dolphins son single le plus joueur et paradoxalement le plus affirmé. Loin d’un manifeste politique, ce morceau assume une légèreté néo-Y2K — beats caoutchouteux, basses élastiques, minimalisme futuriste digne des Neptunes à l’époque où chaque production sonnait comme un portail vers une dimension parallèle.
Derrière le gimmick du “save the dolphins”, il y a un esprit frondeur : celui d’un gamin polonais arrivé dans le Middlesbrough des années 2000, qui a dû avaler la xénophobie à coups de textes griffonnés, avant de trouver refuge dans la grime, le DnB et les micro-scènes de l’underground nordique. Eyeconic a appris le micro comme on apprend à respirer, en improvisant dans des caves enfumées et en déclamant face à des foules qui demandaient plus de sueur que de glamour.
Aujourd’hui, son rap s’affirme hybride, trop anglais pour être vraiment polonais, trop polonais pour être rangé parmi les Anglais — et c’est justement cette dissonance qui devient sa force. Save The Dolphins ne cherche pas à convaincre, mais à exister comme une bulle de confiance, un hymne au fait de continuer à marcher droit quand tout autour hésite.
On pense aux Brockhampton pour cette exubérance collective fantasmée, mais Eyeconic garde une patte résolument UK, où chaque punchline a le goût d’une nuit passée à osciller entre club crade et introspection. Save The Dolphins n’est pas une posture : c’est la réinvention joyeuse d’un outsider devenu pilier, et qui transforme ses contradictions en bangers translucides, drôles et nécessaires.
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août 20, 2025Il y a des morceaux qui sentent la poussière des terrains vagues, les nuits sans sommeil, les carnets remplis de plans et de rêves griffonnés à la hâte. Money (Hustle), nouvelle offrande de Dumomi The Jig accompagné de Psalmx, est de ceux-là. Mais plutôt que de rester coincé dans la lutte, il choisit la célébration : le moment où les efforts payent enfin, où la sueur se transforme en paillettes, où les verres trinquent à tout ce qui a été gagné de haute lutte.
Dumomi balance un rap d’une franchise brute, construit sur une rythmique afro-rap nerveuse, cadencée comme une marche triomphale. La prod est bondissante, solaire, infusée d’une énergie qui n’appartient qu’à ceux qui ont connu l’attente avant la récompense. Psalmx vient poser une couleur complémentaire, comme une ombre lumineuse, apportant profondeur et écho à ce récit d’ascension.
Ce qui frappe, au-delà de l’efficacité immédiate du morceau, c’est son authenticité. Money (Hustle) ne fantasme pas une réussite éclatante sortie de nulle part : il raconte le chemin, les obstacles, les doutes, et surtout la fierté de ne pas s’être effondré en route. C’est un toast lancé au visage du monde, un « on l’a fait » partagé avec tous ceux qui savent ce que veut dire se lever chaque matin avec le doute comme seul compagnon.
Avec ce single, Dumomi The Jig confirme sa capacité à mêler énergie populaire et storytelling viscéral, à construire une passerelle entre la rugosité du rap de rue et l’élan fédérateur des sonorités africaines. Money (Hustle) est une invitation à lever le poing, à lever le verre, et à danser sur le fruit du travail.
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août 18, 2025Avec Hot, le duo RYBE s’allume comme une allumette qu’on craque dans l’obscurité : une étincelle qui ne demande qu’à embraser la piste et les écrans. Regan Aliyah et Ryan Asher, sœurs dans la vie comme dans le groove, signent un hymne incandescent où le dance pop flirte avec le rap vitaminé et un RnB diablement accrocheur. L’énergie est immédiate, faite pour les corps qui s’inventent des chorés TikTok dans leur chambre et pour les clubs où la sueur devient manifeste.
La prod pulse comme une invitation à la démesure : beat massif, basses élastiques, hook imparable. RYBE ne se contente pas de célébrer l’indépendance et la confiance en soi, elles l’incarnent, le crachent au visage du monde avec une insolence brillante. Regan Aliyah, déjà visage familier des écrans entre Netflix et Marvel, s’impose ici en rappeuse charismatique, tandis que Ryan Asher colore le morceau de ses lignes mélodiques qui flottent comme des éclats de néon.
Hot est plus qu’un single taillé pour les playlists pop mondiales : c’est la démonstration que le duo veut occuper toutes les sphères – musique, mode, culture – sans jamais s’excuser de leur ambition. Les visuels, flamboyants, jouent la carte de l’audace esthétique, confirmant que RYBE cherche à imposer un univers global où la musique est le point d’entrée d’une attitude plus large.
En somme, Hot est un brûlot générationnel : fun, sexy, impertinent, calibré pour devenir viral mais assez sincère pour dépasser l’effet de mode. Dans un paysage saturé d’images et de sons interchangeables, RYBE signe un morceau qui a le goût du feu et le parfum de l’avenir. Les sœurs sont prêtes à devenir ce qu’elles annoncent : une voix, un style, une vibe, une brûlure.
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août 18, 2025Mannat est un vœu jeté dans l’air moite, une offrande murmurée entre trap ralentie et RnB drapé de soie. INLUVWITHKAI ose un territoire encore peu exploré : un Indian Trap RnB qui respire la ferveur et la langueur, mélange de beat urbain et de spiritualité feutrée. On n’écoute pas Mannat comme un single jetable, on le reçoit comme un secret confié à la nuit.
La production construit un écrin intimiste : nappes flottantes comme de l’encens, percussions digitalisées aux frappes feutrées, basses épaisses qui se déplacent lentement, presque religieusement. On sent l’hybridation instinctive : l’énergie du trap dans les kicks lourds, la chaleur du RnB dans les harmonies aérées, et, par endroits, une touche modale qui semble convoquer des couleurs indiennes, comme un fantôme de sitar ou une réminiscence vocale. C’est subtil, mais c’est cette subtilité qui ancre Mannat dans un imaginaire bien à lui.
La voix, elle, fait tout basculer. INLUVWITHKAI chante comme on confesse un désir impossible à contenir : phrasés doux, intonations blessées, retenues soudaines qui laissent passer une fêlure. On n’est pas dans la démonstration vocale mais dans la sincérité absolue – ce timbre qui accroche la lumière et retombe dans l’ombre en un souffle. Le refrain, circulaire, a ce pouvoir de mantra : répétition hypnotique qui colle à l’esprit, comme si le souhait d’amour formulé dans le titre se matérialisait par l’incantation.
Mannat, c’est la collision entre deux mondes : celui du club ralenti, codé par la trap, et celui de la dévotion intime, héritée d’une tradition de chants presque mystiques. Résultat : un morceau qui s’écoute autant les yeux fermés, seul dans sa chambre, que dans la pénombre d’une salle saturée de basses, où les cœurs battent à l’unisson. Avec ce single, INLUVWITHKAI ouvre une brèche rare, un espace où la modernité urbaine se laisse traverser par une spiritualité sensuelle. Un premier jalon qui, si la trajectoire se confirme, pourrait bien redessiner une cartographie émotionnelle de la trap contemporaine.
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août 18, 2025On pense d’abord à un reflet : un stroboscope dans une vitre de métro, la ville qui défile et ce battement au sternum qui ne veut plus redescendre. Slide coule comme une signature au feutre indélébile, un tracé net posé par DEELA sur une prod qui grésille d’électricité statique. Elle n’annonce rien, elle occupe. Le morceau est une prise de pouvoir, pas un communiqué.
Genio Bambino et Dëra empilent une architecture de club pensée pour le corps avant le cerveau : kicks qui claquent secs, syncopes qui coupent la lumière, basse élastique qui colle aux chevilles. L’ossature rappelle ces hybrides globaux où l’afro bat dans la poitrine du rap et où les effluves reggaeton se glissent en filigrane, sans clin d’œil facile ni pastiche. C’est la science du détail qui capitaine la manœuvre : contretemps qui aspirent l’air juste avant le drop, hi-hats qui virevoltent façon rasoirs miniatures, espaces négatifs qui donnent du nerf à chaque relance. La dynamique est pensée comme une chambre à pression — montée, raréfaction, exutoire — et DEELA s’y faufile avec une diction qui perpétue la tradition grime tout en la vernisant de club chic.
Son écriture, frontale, refuse le misérabilisme comme l’esbroufe. Elle parle en trajectoires : de la caisse enregistreuse au cockpit, du doute à l’assertion. On entend la mue récente, cette sortie de carapace après un retrait imposé. Rien d’amer, tout d’aiguisé. Sur Slide, elle choisit la translucidité plutôt que la confession, l’aimantation plutôt que l’exposé. Résultat : un cérémonial d’auto-affirmation qui ne moralise pas, qui donne envie d’aligner les épaules et de prendre de la place au centre de la piste.
La réussite, surtout, tient à la façon dont le morceau convertit l’intime en momentum collectif. Il y a cette sensation rare de « club utile » : un track qui fait transpirer et qui, en douce, reprogramme la posture. Les contours « Wicked » prennent relief ici — dualité assumée, tendresse nerveuse, élégance carnivore. Côté références, on capte des réfractions de la diaspora (Lagos-Londres, trap-UK garage, alté qui frôle le pop-rap) mais tout est fondu dans un idiome personnel. Pas d’ornement inutile, pas de mélisme en roue libre : une ligne claire, des angles francs, et des accroches qui s’incrustent sans s’excuser.
Slide n’est pas seulement un nouveau chapitre, c’est un protocole. Une façon de signer l’air, de demander au système son tempo. Si c’est l’ouverture de l’ère annoncée, on est prêt pour la suite : des hymnes qui tapent, des visions qui transpirent, et cette manière très DEELA de transformer l’ambition en chorégraphie. Ici, la fête est une arme blanche — et elle tranche avec style.
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août 18, 2025Dans le paysage britannique saturé de rappeurs cherchant leur moment viral, KiLLOWEN avance autrement : il fabrique son propre vocabulaire, celui d’un garage-rap euphorique, hybride, à la fois ancré dans la nostalgie des breaks UK et tendu vers l’avenir. Son nouveau single Swings n’est pas qu’une punchline transformée en refrain, c’est une carte postale autobiographique, un pont entre les caisses de Tesco et le vacarme des festivals où il joue désormais.
La production, façonnée par ses soins, déploie une énergie solaire qui oscille entre effervescence house et pulsations 2-step. Mais derrière les nappes mélodieuses et la cadence qui attrape, KiLLOWEN pose son constat : la vie ressemble plus à des montagnes russes qu’à une ascension linéaire. Chaque succès est un roundabout, chaque rêve coché ouvre sur une nouvelle incertitude. Cette sincérité, sans effets de style forcés, fait la différence dans une scène où beaucoup cherchent encore à copier l’esthétique grime ou drill. Lui préfère les contrastes, l’éclat du dancefloor et les ombres du récit personnel.
À 25 ans, l’artiste n’a déjà plus grand-chose d’un rookie. De son premier projet Pub Therapy à ses singles récents qui tutoient les charts, KiLLOWEN a trouvé la formule : une écriture hyper identifiable, où l’intime se fond dans le collectif, et un son qui s’inscrit dans la tradition UK tout en lorgnant vers la pop globale. Swings confirme cette identité, en condensant le récit de l’ouvrier devenu artiste, du kid de Hayes nourri au grime et au hip-hop US devenu porte-voix d’une génération qui refuse de choisir entre club et introspection.
Dans un moment où le garage renaît sous des formes inattendues, KiLLOWEN en incarne la déclinaison la plus personnelle : lumineuse, consciente de ses paradoxes, et assez fédératrice pour faire danser Glastonbury comme un pub du coin. Swings n’est pas juste une étape, c’est le signe qu’il tient enfin son langage et qu’il n’a aucune intention de le lâcher.
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août 18, 2025Première écoute, premier constat : Dumomi ne demande pas la permission, il déclare une zone. Role Model pose le périmètre, Blocked en verrouille les issues. Deux morceaux comme deux angles d’un même autoportrait : d’un côté l’ambition qui refuse le déguisement, de l’autre l’hygiène mentale érigée en art martial. On entre chez lui en basket nerveuse, on ressort la tête rincée, le souffle plus clair.
Role Model s’avance sur une architecture trap au vernis neuf : 808 ronde mais disciplinée, charleys qui crissent comme des flashs d’appareil, kicks qui tombent au quart de millimètre. Le gimmick mélodique ressemble à un néon planté dans la nuit — minimal, entêtant, efficace. Surtout, Dumomi y règle la question du personnage : pas de cape, pas d’auréole, juste un artisan de la gagne qui raconte la sueur sans réclamer l’onction. Le flow a cette souplesse d’élastique : parfois détendu, parfois claquant, toujours assez précis pour que chaque vanne tombe comme une preuve. C’est l’anti-storytelling moralisateur ; un journal de bord aux phrases sèches, calibré pour la route comme pour la salle.
Blocked répond en miroir, version alternative hip-hop tirant vers la drill, mais dépoussiérée de ses clichés. Le sub est plus granuleux, les drums mordent en dents de scie, les interstices de silence deviennent des regards noirs. Le propos — couper le bruit, littéralement et symboliquement — trouve sa forme dans une mise en scène rythmique : breaks au cordeau, respirations qui font rebondir la tension, ad-libs qui surgissent comme des notifications qu’on swipe aussitôt. Le morceau a la politesse du non : net, franc, libérateur. On pense à ces tracks qui servent de rituel avant d’attaquer la journée, à la fois affirmations et pare-feu.
Ce diptyque réussit parce qu’il tient sur une exigence de design sonore. Les détails comptent : micro-slides de pitch sur les doublures, transitions polies à la chaux vive, toplines réduites à l’os pour laisser la place au timbre. Dumomi The Jig sait que la crédibilité ne sort pas d’un communiqué ; elle transpire d’un placement, d’une coupe, d’une manière d’attaquer la syllabe. Ici, tout dit la même chose : construire sans s’excuser, protéger sans s’aigrir.
Au fond, Role Model et Blocked forment un protocole. Première étape : déclarer qu’on ne sera l’exemple de personne. Deuxième étape : faire taire ce qui parasite la fréquence. Entre les deux, un artiste qui refuse le costume et privilégie la coupe : nette, propre, personnelle. Dans un paysage saturé d’avatars, Dumomi signe deux pièces qui ne posent pas la question de la tendance — elles posent celle de l’intégrité. Et ça, bizarrement, s’entend très fort.
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août 18, 2025Premier flash : odeur d’alcool renversé, néons moites, tables qui brillent comme des vitrines de trophies. Mercy Me claque comme un selfie pris à bout de bras au cœur d’un club de Houston, cadré serré sur le triptyque fétiche — argent, femmes, bouteilles — mais twisté par une science du son qui évite le cliché pour viser l’icône. Lezter, producteur suédois, déroule une tapisserie trap au grain soyeux : 808 au ventre large, charleys en mitraillette froide, sub qui serpente sous la peau. Ce n’est pas la trap renfermée de chambre noire ; c’est la trap climatisée qui fait transpirer quand même.
J Nuller arrive en mode convoyeur de style, débit en col roulé mais frappe sèche ; Really M.E. lui rebondit dans les tours, plus carnassier, plus gouailleur. Ensemble, ils signent un ping-pong de postures et de punchs qui transforme la vanité en carburant chorégraphique. L’ego-trip n’est pas un alibi, c’est un décor : les deux MCs s’y baladent comme dans une galerie de miroirs, conscients de la mise en scène, amusés d’en briser deux ou trois au passage. Houston reste la boussole — cadence syrupy, swing en arrière du temps, codes de la strip-economy — mais l’empreinte nordique de Lezter installe une propreté clinique, presque design, qui tranche net dans le chaos glamour.
La vraie réussite de Mercy Me tient à sa double lecture. À volume club, c’est une machine sociale : hook immédiat, drops millimétrés, passages “bouteilles en l’air” qui organisent la foule. Casque vissé, on décèle la micro-architecture : basses qui respirent, transitions cousues à l’agrafe invisible, petits effets de pitch qui font onduler les voix sans verser dans l’auto-tune-gaufre. Le morceau n’invente pas la roue, il repeint la jante en chrome liquide et la fait tourner à la bonne vitesse.
Houston x Stockholm, c’est moins un gimmick qu’un pacte esthétique : la chaleur humide du Golfe comprimée par une précision scandinave. Mercy Me capitalise sur cette tension — la sueur et la glace — pour livrer un single “swaggish” qui ne se contente pas de coller aux playlists, il les commande. Et quand le strob bouge encore alors que la caisse claire a déjà dit stop, on comprend que J Nuller, Really M.E. et Lezter n’ont pas seulement signé un banger : ils ont sculpté un espace où l’arrogance devient groove, où la nuit se raconte en décibels polis comme du marbre.
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août 18, 2025Un sifflement d’infra-basse au plancher, des hi-hats qui tracent des ellipses à la vitesse d’un réflexe, puis la morsure : PYTHON serre sans prévenir. Louis Davis, Jr. avance au centre, calme prédateur, diction ourlée, placements millimétrés qui enroulent la mesure au lieu de la chevaucher. Le beat a ce grain nocturne des ruelles trop larges : 808 qui glisse et dérape, kicks tendus comme un arc, percussions sèches en contrebande, nappes sombres qui dilatent l’espace. Rien n’est superflu ; tout vise, tout tient. On sent la signature d’un producteur obsédé par la découpe : les silences pèsent, les relances frappent, chaque transition resserre l’étau.
Le couplet de G.Rob Jamz apporte l’autre côté de la mâchoire : timbre plus rugueux, attaque frontale, rebonds sur le contretemps qui font cligner la rythmique. Le duo joue la prédation à deux têtes, call & response discret, passes décisives qui font monter la pression sans fanfare. Le hook s’incruste par capillarité : mélodie parlée, motif rythmique simple mais chirurgien, ce genre de refrain qu’on surprend son corps à répéter avant que l’esprit n’ait donné son accord.
Production-wise, c’est la science du détail qui fait la différence. Micro-break percussif juste avant la relance, glide d’808 qui passe du ventre à la gorge, ad-libs mixés bas pour épaissir la silhouette sans la caricaturer, reverbs courtes qui gardent la sueur sur la peau. Pas de tape-à-l’œil, une esthétique de l’efficacité : l’image d’ensemble est sombre, mais les arêtes brillent.
PYTHON coche toutes les cases du banger trap contemporain en refusant la foule de gimmicks : agressivité contenue, groove irrésistible, écriture qui préfère la pression à la démonstration. C’est un morceau de territoire plus que de décor : il marque, il balise, il annonce. Louis Davis, Jr. plante un totem, G.Rob Jamz y grave son signe, et la piste devient une clairière où l’on ne traverse pas impunément. On relance, on remonte, on se laisse reprendre — volontairement — par la spirale.
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août 18, 2025Pas besoin de carte postale ni de slogan marketing : Tve Bandz entre dans la trap comme on allume une allumette dans un hangar saturé d’essence. Get High n’est pas qu’un morceau sur l’évasion, c’est une plongée dans une atmosphère lourde et moite, où la trap américaine se dilue dans les ruelles africaines, entre bitume brûlant et nuits interminables. On y sent la sueur des clubs clandestins, l’électricité des fêtes improvisées, la dégaine d’une génération qui consomme le danger comme on respire.
La prod est minimale et toxique à la fois : 808 qui frappent comme des battements cardiaques sous adrénaline, hi-hats nerveux qui tournent comme un ventilateur déréglé, nappes sombres qui s’étirent comme de la fumée épaisse. Chaque détail sonore est pensé pour amplifier l’état d’hypnose que le titre promet. Pas de mélodie clinquante ni d’ornements inutiles : le morceau se vit comme une montée progressive, un crescendo suffocant qui ne redescend jamais vraiment.
Tve Bandz, lui, s’impose par son flow cru et direct. Pas de place pour le superflu : ses mots claquent, tranchent, se posent avec une précision chirurgicale sur les silences de la prod. Sa voix, grave et légèrement éraillée, agit comme un mantra — répétitif, envoûtant, impossible à chasser de la tête. On devine derrière chaque phrase un vécu, un arrière-plan marqué par la débrouille et la tentation permanente de l’excès.
Ce qui fait la force de Get High, ce n’est pas seulement son énergie brute mais sa localisation. Ici, la trap ne copie pas : elle absorbe, elle réinvente. Entre influences US et souffle africain, Tve Bandz réussit un dosage rare, où les codes du genre se fondent dans une identité locale affirmée. Ce n’est pas un fantasme importé, c’est une réalité mise en musique.
Avec Get High, Tve Bandz signe un hymne à l’évasion par le chaos. Une montée, une brûlure, une sensation d’être à la fois coincé et libéré. La trap africaine trouve ici une nouvelle intensité : urbaine, suffocante, addictive. Une déflagration calibrée pour résonner autant dans les ghettos que dans les playlists globales.
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août 18, 2025Premier contact, la pièce se rétrécit : souffle froid, cordes en clair-obscur, tambours qui claquent comme des portes d’archives. M-s BEATZ THE MAD KID ne fabrique pas une instru, il dresse un autel : caisse claire mate, kick au sternum, basse en bandeau serré, nappes dissonantes qui suintent le cellier. L’esthétique Reagan Era Records tient dans ce grain poussiéreux mais millimétré — dynamique vivante, haut-médium poli, pas de graisse. On n’est pas dans le revival musée, on est dans l’orfèvrerie contemporaine : un East Coast spectral où chaque silence appuie le texte.
Dios Negasi entre comme un greffier de guerre, diction chirurgicale, consonnes qui coupent net, images documentées sans folklore. Sa voix ne roule pas des mécaniques, elle procède : rimes enchâssées, rebonds internes, métrique en crans d’arrêt. Black Scrolls, titre-programme, convoque l’idée d’écritures interdites, de savoirs nocturnes ; la forme épouse le fond, et c’est là que le morceau prend sa vraie taille. Les ad-libs sont des repères, pas des béquilles. Architecture classique mais tendue : couplet tendu, micro-pré-refrain en apnée, relance sèche. Le mix garde la voix au centre, proche-peau, avec ce soupçon de saturation harmonique qui la colle à la toile de fond.
Puis RJ Payne dégaine, et le mercure grimpe. Timbre abrasif, appuis de boxeur, multisyllabiques qui crépitent à la cadence d’un chargeur. L’invité ne vient pas valider, il controverse : sur la même grille, il impose une pression différente, plus incendiaire, qui met en valeur la froide exactitude de Negasi. Ce jeu de contrastes évite l’ego-trip boursouflé ; on assiste à un échange d’acier. Pas de hook sucré pour respirer : la respiration, c’est l’urgence.
Ce single sent la préméditation d’un chapitre 2 pour Black Violin : plus sombre, plus resserré, plus sûr de son axe. On tient un avant-goût qui ne promet pas — il prouve. Verdict personnel : Black Scrolls griffe la mémoire, rallume la soif, et rappelle qu’un vrai banger n’est pas un cri mais une procédure. Relance immédiate recommandée, la marge parle encore.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui se construisent comme des plats de famille : ils s’imprègnent d’odeurs, de souvenirs et de patience. Avec Sinigang, Manalili ne signe pas juste un single rap, il compose une recette intime, un bouillon lentement travaillé qui condense ses obsessions, ses luttes et son goût de l’endurance. Le choix du symbole n’a rien d’anecdotique : ce ragoût philippin, acide et réconfortant à la fois, devient une métaphore filée de sa position d’artiste — “top chef” de sa trajectoire, celui qui sait doser le feu sans jamais brûler sa matière.
Musicalement, Sinigang avance en pas feutrés, presque paresseux, mais toujours avec une tension souterraine. La prod joue sur des basses rondes, moelleuses comme un fond de casserole, et des percussions qui claquent comme des couteaux sur une planche. La voix de Manalili, posée, tranquille mais ferme, se cale sur ce canevas avec une nonchalance calculée : c’est un flow qui ne cherche pas l’explosion, mais l’équilibre. La structure, minimaliste, laisse les silences parler autant que les mots — l’art de suggérer plus que de démontrer.
Le morceau trouve sa force dans cette retenue : pas d’effets pyrotechniques, pas de surenchère dans les gimmicks, mais une évidence, celle de l’artiste qui reste droit dans son couloir, imperméable au bruit extérieur. Sinigang n’est pas un cri, c’est une respiration. Il traduit la persévérance d’un créateur qui préfère mariner longtemps dans ses influences et son vécu, plutôt que de servir un plat vite préparé pour l’instantanéité des playlists.
En choisissant le vocabulaire culinaire comme fil narratif, Manalili injecte une singularité bienvenue dans le paysage rap saturé de clichés. Ici, la table familiale se mêle au studio, la marmite dialogue avec la MPC. Le résultat ? Un “laid back banger” qui se déguste autant qu’il se danse, un morceau qui donne envie de savourer l’art du temps long dans un monde obsédé par l’immédiat. Sinigang prouve que parfois, les vraies bombes se cuisinent à feu doux.
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août 18, 2025Je coupe les notifications, j’ouvre le fader : une pulsation feutrée, un piano comme un store à demi baissé, et cette voix qui entre sans frapper. On reconnaît tout de suite la souveraine du séisme doux : Tiwa Savage pose la ligne de flottaison, réglée au millimètre, pendant que Skepta arrive en contrechamp — débit mesuré, timbre qui griffe juste assez pour laisser une marque. On The Low honore son titre : c’est une cartographie de la clandestinité affective, une conversation tenue au ras de la peau où chaque silence devient un argument.
Rymez signe une production d’orfèvre qui refuse la quincaillerie. Kick court, sub discipliné qui dépense ses calories avec parcimonie, claps ciselés, hi-hats en pointillé qui déplacent l’appui d’un cheveu. Quelques accords en rideau de perles et un pad “verre fumé” suffisent à installer la chambre noire ; la dynamique respire, la pièce vit, on n’est pas dans le mur de son mais dans l’architecture précise. Le hook ne s’impose pas par le volume : il se dépose. Mémoire lente garantie.
Ce duo fonctionne parce qu’il joue la dissymétrie avec élégance. Tiwa conduit la lumière — diction satinée, vibrato minimal, autorité calme — là où Skepta apporte la densité narrative, un flux qui fait tenir le cadre sans voler la scène. Leur alchimie évite l’attendu “refrain sucré/couplet rugueux” : ici, les deux voix partagent la même éthique de retenue. On touche à l’intime sans voyeurisme, à la tension sans surlignage.
Le sous-texte est limpide : l’amour sous embargo, la vitrine éteinte, la vérité qui réclame son droit d’asile. Tiwa a toujours excellé dans cette dramaturgie de l’entre-deux — désir et discrétion, puissance et pudeur —, mais On The Low la pousse vers un minimalisme encore plus souverain. Et parce que l’histoire ne s’arrête pas au single, la toile de fond annonce un chapitre où elle recentre son nom, son récit, son trône. L’imagerie du matelas empilé revient en tête : chaque couche comme un carnet de route, chaque couture comme une cicatrice élégante.
Verdict personnel : pièce maîtresse crépusculaire, calibrée pour la rotation tardive et les matins qui se recomposent. On The Low ne cherche pas la place, elle l’invente — un carré de velours où l’Afrobeats se fait confident, Skepta témoin, et Tiwa reine de la demi-lumière. Tu relances, et le monde baisse la voix pour te laisser passer.
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août 18, 2025On ne compte plus les morceaux nés de la rancune envers ceux qui n’y croyaient pas. Mais peu de rappeurs réussissent à transformer ce motif en machine de guerre aussi efficace que J Nuller et Really M.E. Avec Nonbeliever, les deux compères livrent un uppercut sonore, entre boom bap musclé et pop rap survitaminé, produit par Shyheem avec une précision chirurgicale. Ici, le scepticisme des autres n’est pas une plainte : c’est l’essence même qui propulse les flows.
Le morceau s’ouvre sur une énergie crue, beats claquants, basses nerveuses, un groove qui invite immédiatement à secouer la nuque. La prod puise dans l’héritage du hip-hop new-yorkais des années 90 tout en l’aspergeant d’une brillance contemporaine, presque pop, qui rend l’ensemble irrésistible sur scène comme dans des playlists taillées pour le cardio. Les voix s’alternent avec une fluidité quasi compétitive : chacun cherche à surpasser l’autre, lançant des métaphores aiguisées, des punchlines qui claquent comme des gifles jetées à la face des “nonbelievers”.
Mais ce qui rend Nonbeliever singulier, c’est la manière dont il joue avec les contradictions. Hype et brut, festif et vengeur, il réussit à faire danser tout en exorcisant les fantômes du doute. C’est à la fois une célébration et un règlement de comptes, une mise au défi lancée à ceux qui n’imaginaient pas J Nuller et Really M.E. capables de tracer leur route. Le refrain, conçu comme un cri de ralliement, transforme l’incrédulité en une fête tapageuse où chaque sceptique devient un spectateur forcé.
Nonbeliever est moins une chanson qu’un manifeste de survie. Une preuve, justement, que le rap ne se mesure pas aux croyances des autres mais à l’incandescence de ceux qui persistent. J Nuller et Really M.E. ne cherchent pas à convaincre : ils s’imposent, et le groove fait le reste.
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août 18, 2025Un piano sec comme un coup de tison, une basse qui fait vibrer les charpentes, et V.I.C qui surgit, pas pour demander l’entrée mais pour enfoncer les portes. 40 Doors n’a rien d’un simple single de rookie : c’est un manifeste compact, une démonstration de nerfs et de souffle. Dans chaque mesure, le jeune MC pose sa voix comme une arme blanche, débit tendu, syllabes qui claquent comme du métal froid contre le bitume. On n’y entend pas la quête de validation mais l’assurance brute d’un artiste qui sait déjà que personne ne viendra le chercher.
Le beat pioche du côté des textures East Coast — piano coupant, batterie lourde, atmosphère granuleuse — mais il est transfiguré par la dureté londonienne : hi-hats qui tracent des éclairs, snare qui gifle sans relâche, une énergie de caverne urbaine qui se déploie sous les néons. Pas de graisse, pas de place au hasard : le mix laisse respirer l’âpreté, donnant à la voix la pleine largeur de l’écran sonore. C’est sec, c’est cru, c’est calibré pour secouer autant dans un club enfumé que dans un casque usé au bord d’un bus de nuit.
Là où d’autres se contenteraient de répéter la faim, V.I.C l’incarne, la rend palpable. On sent la frustration cristallisée en propulsion, les murs de la ville comme autant d’obstacles à renverser, et l’idée fixe qu’il faudra toujours forcer le passage. La puissance du morceau réside justement dans ce paradoxe : une rage concentrée, mais domptée, sculptée dans la technique et la métrique.
40 Doors s’écoute comme une déclaration de guerre adressée à l’indifférence, un acte inaugural d’un artiste qui n’attend ni bénédiction ni détour. V.I.C frappe, et son écho ne s’éteint pas : il marque déjà sa place dans un paysage où il ne veut pas seulement exister, mais régner.
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août 18, 2025Je coupe le vacarme mental, j’appuie play, et le morceau s’installe comme une lumière neuve sur la peau. Living In n’oppose pas foi et fièvre : il les cale sur la même mesure. Hischzn arrive par la porte Contemporary R&B, dégaine un accent UK rap propre et laisse la trap tenir la charpente. Pas d’ostentation, pas de sermon plaqué : un texte d’alignement, une DA précise, l’éthique d’un artiste qui préfère l’exactitude à la fanfare.
Côté fabrication, c’est chirurgical. Kick court qui tape au sternum, sub en ruban tendu, hi-hats micro-accentués qui décalent l’appui d’un millimètre et font respirer la grille. La snare, mate et boisée, évite la stridence ; la basse griffe légèrement le médium pour rester lisible sur petits systèmes. Les nappes synthé sont “verre fumé” : filtres animés par petites automations, pas d’effets à la masse. Quelques stabs choraux passent en arrière-plan, discrets, comme un vitrail découpé dans le mix. Le sidechain est dosé fin : le bas bouge sans aspirer la voix. Master propre, dynamique encore vivante — club-ready et casque-friendly.
Au micro, Hischzn choisit le nerf contenu. Flow qui caresse la syncope sans renoncer à l’assise, transitions parlé/chanté qui ouvrent des fenêtres mélodiques, timbre clair qui refuse la grimace. L’écriture place des jalons spirituels — appel, discipline, redevabilité — sans posture martiale. On sent le “born again” vécu comme pratique et non comme badge : l’angle, c’est la tenue quotidienne, pas l’extraordinaire. Le hook n’explose pas ; il s’infiltre, mémoire lente, très “replay value”.
L’architecture privilégie l’aimantation. Couplets compacts, pré-refrain qui incline la route en resserrant le spectre (retrait de sub, filtre doux sur les tops), drop en largeur plutôt qu’en décibels : doubles latéraux, tambourin furtif, petite ouverture de cutoff qui agrandit la pièce. Un pont dégraissé — basse/voix presque seules — laisse apparaître la charpente éthique avant la relance finale, plus haute mais jamais boursouflée.
Ce qui emporte, c’est la cohérence du geste : un rap de Londres qui ne renie ni la rue ni la chapelle, un R&B qui brille sans sirop, une trap qui garde la foi en rythme. Living In ne brandit pas un étendard ; il propose une méthode pour tenir debout. Résultat : un single d’alignement, magnétique et propre, calibré pour les playlists de nuit claire et les matins où l’on remet le monde d’équerre.
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août 18, 2025Projecteurs coupés, ville tiède, doigts qui claquent : Pay Me ne demande pas la lumière, il l’allume. Lop3z s’avance frontal, afrobeats dans les hanches, rap dans la mâchoire, afro-pop dans le vernis — l’équilibre exact où la fête sert de comptable à la dignité. Le thème est clair comme un reçu : la valeur se déclare, le temps se facture, l’art se paie. Mais la leçon ne pèse pas ; elle danse.
Côté fabrication, c’est cousu main. Kick velours mais ferme, sub discipliné, shakers en diagonale qui ventilent la stéréo, congas en filigrane pour texturer sans saturer. Une basse élastique pousse l’air au creux du sidechain ; la guitare, en licks haut perchés hérités du highlife, ponctue — pas de bavardage, des sourires en notes. Les synthés jouent la chaleur sans sirop, cloches digitales qui dessinent la mémoire du hook. Selon les sections, un log drum vient claquer la charpente comme un clin d’œil amapiano — juste assez pour la poussée d’adrénaline, jamais au point de voler la vedette. Le mix brille par son hygiène : médiums polis pour la voix, aigus domestiqués, dynamique respectée (on respire, on repart). Club-ready, casque-friendly.
Au micro, Lop3z choisit la précision magnétique. Timbre clair, placements qui chatouillent la syncope sans casser l’assise, alternance parlé-chanté qui ouvre des fenêtres sur la mélodie. Le rap ne joue pas la menace ; il énonce la politique du respect. Les ad-libs sont des balises — “pay me” devient geste, posture, colonne vertébrale. On sent la rue et le soleil, la débrouille rendue élégante par l’organisation. Pas d’amertume : une éthique.
La structure, elle, préfère l’aimantation à l’uppercut. Couplets compacts qui posent les règles, pré-refrain qui incline la route, hook écrit pour la mémoire lente (mots courts, voyelles rondes, cadence qui se cale dans la nuque). Un pont retire le décor (basse/voix quasi seules), laisse poindre la morsure harmonique, puis drop en largeur plutôt qu’en décibels : les chœurs fantômes gonflent, le groove se réinstalle, tu t’alignes.
Ce qui frappe, au-delà du banger, c’est la clarté morale. Pay Me ne quémande pas, n’insulte pas : il valorise. C’est une méthode de survie joyeuse — sourire premier, facture ensuite — qui parle aux scènes locales autant qu’aux dancefloors globaux. Verdict personnel : single durable, calibré pour tourner tard et longtemps. Tu relances, tu marches plus droit, et soudain, ton propre temps te paraît… bankable.
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août 18, 2025Je descends le volume du monde et une petite scène apparaît : une guitare tenue comme on tient parole, un MC qui ne lâche ni les cordes ni le souffle, un band qui joue serré mais laisse l’air circuler entre les notes. Take You Away n’a rien de l’exercice de style ; c’est une procédure d’évacuation émotionnelle, écrite par quelqu’un qui préfère la tenue à la théâtralité. On pense boom bap pour l’ossature, néo-soul pour le grain de peau, conscious pour l’axe moral : résultat, un titre qui te redresse la nuque sans te le demander.
Côté fabrication, tout sonne vécu. Batterie feutrée, attaques sèches, fantômes de caisse claire qui polissent le rebond ; basse ronde, légèrement poussée autour des 80–100 Hz, qui gouverne la pièce sans l’étouffer ; guitare de Moguido en jeu hybride — pouce/onglets — dont les voicings respirent Rhodes et Curtis Mayfield, placements millimétrés avec le charley. Le micro est pris proche mais pas collé : sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique qui colle la voix au mix, parallel compression très légère pour tenir les fins de phrase quand la main retourne au manche. Le live band ne cache rien : micro-déphasages charmants, dynamique respectée, zéro collage numérique pour tricher. C’est exactement ce qui donne envie d’y revenir.
Au micro, Moguido déroule un flow d’artisan : diction claire, syncopes fines, respirations laissées audibles comme autant de ponctuations. L’écriture vise l’utile — se convaincre autant que convaincre —, et c’est là que Simone Don entre, lumière rasante. Timbre velours, justesse tranquille, harmonies latérales à peine ghostées qui ouvrent le panorama au refrain ; elle ne sucre rien, elle clarifie. La complémentarité des timbres fonctionne comme un principe d’architecture : lui trace, elle stabilise, et la chanson devient véhicule.
La structure choisit la montée par capillarité. Couplets ramassés, pré-refrain qui incline la route, hook qui s’imprime sans élever la voix ; un pont retire la moitié du décor (batterie à balais, guitare en accords ouverts), puis retour en grand angle avec une basse plus large et des rimshots qui scintillent. Rien ne crie, tout insiste.
Verdict personnel : Take You Away coche les cases des morceaux qui durent. Pas de poudre aux yeux, de l’ébénisterie sonore ; pas d’ego-trip, un pacte : croire suffisamment en soi pour laisser la musique faire le reste. On appuie encore, et étrangement, le jour paraît mieux accordé.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui capturent l’ivresse d’une fête, d’autres la douleur d’une rupture. Amazing, lui, s’attaque à un rituel quotidien mais sacré : sortir du barbershop avec la nuque fraîche, le miroir complice et l’impression d’avoir changé de peau. Nygel X transforme ce moment de grâce capillaire en feel-good anthem trap-pop, un condensé de confiance pure et de joie contagieuse.
Derrière la légèreté apparente, la mécanique est redoutable. Beat trap posé mais bondissant, nappes pop en arrière-plan qui aèrent le mix, kick précis qui sert de rampe à un refrain conçu pour squatter la mémoire collective. Les hi-hats effilés viennent rythmer l’assurance, tandis que la basse ronde met du poids dans le sourire. C’est une production pensée pour irradier : suffisamment rap pour garder le mordant, assez pop pour envahir les playlists de “main-character moments”.
Nygel X ne cherche pas à philosopher : il raconte l’instant. Cette seconde où une coupe nette te redonne l’envie d’attaquer le monde, où l’estime s’affiche comme une fringue neuve. Ce n’est pas anodin, c’est politique même, de revendiquer la beauté simple du self-love dans un format aussi dansant. Là où d’autres saturent le discours d’ego-trip, Nygel X propose une joie collective, une énergie solaire qui s’offre sans détour.
Avec Amazing, le miroir devient scène et chaque pas dans la rue ressemble à un défilé improvisé. C’est léger, mais ça reste : un hymne du quotidien, une célébration intime qui se transforme en tube universel.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme des portes et d’autres qui s’ouvrent comme des clubs à minuit. Room 5 de YungParadise appartient à la seconde catégorie : un track incandescent où la rugosité du gangsta rap se love dans le velours clinquant d’une dance-pop prête à exploser. C’est cette tension – l’agressivité crue qui s’habille d’un beat fluorescent – qui fait toute la singularité de YungParadise, et qui transforme un single en événement.
Dès l’intro, la production annonce la couleur : trap qui crépite, basses épaisses mais calibrées pour les systèmes de sonorisation massifs, hi-hats pressés comme des stroboscopes, et surtout ce gimmick mélodique sucré qui colle instantanément au cortex. On sent l’influence dancehall dans le placement rythmique, dans la manière dont la voix danse autour du kick comme si elle cherchait à transformer la rue en piste de danse. C’est une esthétique hybride : la brutalité ne disparaît pas, elle s’invite dans le glamour.
Le flow de YungParadise alterne entre déclaration frontale et hook pensé pour lever les bras. On est dans un équilibre étrange et parfaitement assumé, quelque part entre le club banger international et l’ego-trip de quartier. L’énergie est haute, mais pas brutale ; elle est festive, galvanisée, saturée d’adrénaline. Chaque punchline semble faite pour rebondir dans les stories Instagram, chaque montée pour se libérer en drop euphorique.
Room 5 n’est pas un simple single, c’est une carte de visite : preuve qu’on peut venir du bitume et viser les dancefloors, qu’on peut tenir un langage cru et l’enrober d’une production qui respire le global hit. YungParadise signe ici une proposition sans compromis, calibrée pour ceux qui veulent sentir la sueur et les néons dans le même souffle. Un hymne de club qui garde les poings serrés.
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août 18, 2025Je ne sais pas à quel moment j’ai cessé de chercher le clash pour écouter le grain, mais Why Criticize m’y a aidé. J’appuie, et tout devient plus net : un kick sec qui ne veut pas plaire, une caisse claire mate qui coupe la pièce en deux, ce souffle de bande qui prouve qu’on a laissé la poussière là où elle raconte. AveragJo choisit le boom bap comme on choisit une cuisine au couteau : simple, vif, précis. Pas de gadget, pas de sirène criarde — un sample charbonneux, peut-être des cordes en boucle discrète, un Rhodes râpé à l’arrière, et surtout un swing de batterie qui refuse la grille parfaite. Le groove respire, le low-end tient la colonne sans tout noyer : c’est du craft.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/4xNxDTH5tWCXLXbaZ8KH2B
La tenue du morceau, c’est l’angle. Au lieu de grimper sur une caisse pour sermonner, AveragJo parle à hauteur d’œil. Flow posé, attaques nettes, silences utilisés comme arguments. Il sait front-kick quand il faut, mais préfère déplacer le point d’écoute : et si comprendre l’autre n’était pas faiblesse, mais compétence ? La réalisation suit : voix centrée, de-esser sage, un poil de saturation harmonique pour coller le timbre ; doubles à peine audibles qui élargissent sans boursoufler. Le refrain ne braille pas, il s’infiltre — mémoire musculaire garantie.
J’adore cette façon de tordre un format historique pour raconter le présent. Les drums claquent “old school”, mais le montage pense maintenant : micro-chutes avant la relance, mutes qui creusent l’estomac, un bridge qui retire la moitié du décor pour te laisser seul avec l’idée. Le sample est traité avec parcimonie — filtre, repitch, peut-être un grain de bitcrush juste au moment où le discours s’affûte —, histoire de rappeler que la forme n’est pas l’affiche, elle est la syntaxe du propos.
Sur le fond, Why Criticize refuse les binaires. Il y a la fatigue des procès expéditifs, la joie ténue de l’attention retrouvée, l’idée simple que l’écoute est une pratique et pas un emoji. C’est un morceau de marche et de mise au point : tu le lances pour désembuer, et le monde retrouve des nuances. Verdict personnel : AveragJo signe un titre rare — pas un tract, un outil. Le genre de pièce qui ne cherche pas à gagner la bagarre ; elle change la pièce où la bagarre avait lieu. Et ça, franchement, c’est plus subversif que n’importe quel punchline.
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août 18, 2025Je presse play et tout s’oxygène d’un coup : Electric Flow n’entre pas, il allume. Sir Carino propulse une afro-drill nerveuse où l’endurance de la rue camerounaise se marie à la précision métronomique des patterns UK. Le résultat n’est ni un collage ni un cosplay : un langage propre, musclé, réglé pour la course longue. Ici, l’ambition n’est pas une posture ; c’est une hygiène. On sent l’envie de percer, mais surtout l’obstination de tenir.
Production d’orfèvre, pensée pour la traction. Kick sec, sub tendu qui appuie dans le plexus, charleys en mitraillette micro-accentuée, ghost notes qui déplacent l’appui et tiennent la nuque en avant. La grille drill est là (pitches glissants, roulements de double, rouages hachés), mais le grain africain remodèle tout : percussions boisées en arrière-plan, petites clochettes qui ponctuent la stéréo, guitare ou synthé en ostinato lumineux façon highlife sous-mixé. Le hook ne crie pas : il s’infiltre par capillarité, renforcé par des chœurs fantômes qui épaississent sans graisser. Le sidechain respire juste ce qu’il faut ; la dynamique reste vivante, prête pour la piste comme pour le casque.
Au micro, Sir Carino choisit la propreté magnétique. Timbre clair, placements au cordeau, bascules parlé-chanté qui injectent du relief sans casser le tempo. Le texte — focalisé sur la faim, l’ascension, la lucidité face aux obstacles — refuse le misérabilisme. C’est le récit de la débrouille devenue méthode, de l’énergie canalisée en procédure. Les ad-libs, héritiers de la drill, ne sont pas des tics : ils servent de balises pour relancer l’élan, façon mantra de marche.
Architecture exemplaire : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route, drop mesuré pour laisser l’air, puis reprise élargie par densité spectrale et non par volume. On pense aux meilleurs hybrides afro-fusion/drill, mais Electric Flow garde une signature locale : la cadence de Buea, la chaleur du bitume, l’irrévérence qui sourit avant de mordre.
Verdict : single durable, calibré pour le replay. Sir Carino signe un manifeste d’énergie maîtrisée — pas l’explosion, la propulsion. On relance, et le monde paraît soudain plus navigable.
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août 18, 2025Je n’attendais rien et c’est tombé pile : worst timing, ironie totale, arrive exactement quand il faut. Trevon Hill ouvre une lucarne dans l’Alternative Hip-Hop d’aujourd’hui — minimalisme qui respire, nerf discret, poésie en baskets — et plante un décor où la malchance devient matière première. Pas de frime, pas de grands bras : une ligne claire, des angles doux, l’art de faire tenir l’orage dans une chambre bien rangée.
Le morceau se construit comme un petit système solaire. Kick amorti qui tape court, snare sèche au grain papier, hi-hats micro-décalés qui créent ce balancement de tête à vitesse urbaine. La basse, ronde et précise, colle au sidechain juste assez pour soulever la poitrine à chaque mesure ; des claviers en velours — Rhodes ou émulation — tracent des halos laiteux autour de la voix. Deux, trois touches de synthé en cloche et des bruits de périphérie (respirs, frottements, un clic fantôme) donnent cette sensation de réel qui fait la différence. Le mix est propre mais pas clinique : haut-médium poli pour le timbre, bas tenu, reverb courte qui garde la proximité — tu entends la pièce, pas la vitrine.
Au micro, Trevon Hill choisit l’économie. Flow posé qui flirte avec la syncope sans se vautrer, transitions parlé/chanté qui laissent l’intention en avant, diction claire qui refuse la pose martiale. L’écriture attrape l’instant où tout s’aligne mal — rendez-vous manqué, porte qui se ferme, message reçu trop tard — et le renverse en méthode : regarder, nommer, avancer. C’est l’école des songwriters précis qui connaissent la valeur du vide : pas de surlignage, des images qui tiennent parce qu’elles respirent.
Architecture réglée au millimètre : couplets compacts, pré-refrain en pente douce, hook qui n’explose pas mais s’infiltre — mémoire musculaire garantie. Un pont retire de l’ornement, réduit le champ, puis la relance finale gagne en largeur sans hausser la voix. Résultat : un titre qui marche partout — casque nocturne, volant calme, fenêtre entrouverte — et qui, sans jamais crier au banger, s’impose par justesse.
Verdict personnel : worst timing fait partie de ces morceaux discrets qui déplacent pourtant les meubles. Trevon Hill signe une pièce d’alignement — élégante, tenue, replay immédiat — et rappelle qu’un bon refrain ne sauve pas la journée : il lui donne de la tenue. Tu relances, tu respires mieux, et curieusement… tout tombe enfin au bon moment.
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août 18, 2025Je n’avais pas prévu de me redresser sur la première snare, et pourtant tout s’aligne d’un coup : Superhero prend la ville de face, coupe le bruit, et trace une ligne claire entre tentation et trajectoire. Stepz n’y joue pas le messie de comptoir ; il fait ce qu’on attend d’un vrai leader de quartier en 2025 : respirer grand sans rouler des mécaniques. C’est sec, décidé, presque stoïque, mais ça groove — et ça, c’est rare.
Le design sonore porte la signature Good Influence tout en serrant le cadre : percussions glitchy qui picotent le champ stéréo, kicks compacts, claps ciselés, micro-bruits digitaux qui crépitent comme des néons fatigués au-dessus des night buses. Un sample mélodique filtré sert de boussole, ouvert juste ce qu’il faut dans les refrains pour donner de la largeur sans succomber au sirupeux. Le low-end reste net, discipliné ; sidechain discret, sub qui tient l’échine comme une prière murmurée. Le mix privilégie l’intelligibilité du timbre, haut-médium dompté, delays courts pour coller la voix à l’oreille : on entend chaque intention, chaque accent de Croydon.
Au micro, Stepz surprend par la tenue. Flow sobre, placements qui caressent la syncope sans l’user, respiration maîtrisée ; l’assurance n’est pas un effet, c’est une méthode. Il parle d’ancrage, pas de mirage : la foi comme garde-fou, l’authenticité comme mot d’ordre, la distraction neutralisée par l’hygiène mentale. L’écriture évite les slogans faciles et préfère une logique de trajectoire : on sent l’héritage UK rap dans la rugosité polie des images, et la jeunesse dans l’insolence calme du ton.
L’architecture du morceau est efficace sans tricher : couplets ramassés, pré-refrain en inclinaison, hook qui ne crie jamais mais s’imprime — mémoire musculaire garantie. Un pont resserre la focale, retire des éléments, fait monter la tension par le vide, puis la reprise tombe comme un verdict propre. C’est pensé pour la rotation, mais taillé pour durer : la foi, la discipline, le refus du décor.
Verdict personnel : Superhero confirme l’évolution d’un raconteur qui préfère la clarté à la comédie. Un titre de marche et de mise au point, à mettre dans la même playlist que tes résolutions tenues. Quand la dernière mesure tombe, tu tiens la tête plus droite — pas parce que la musique t’a crié dessus, parce qu’elle t’a montré comment faire.
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août 18, 2025Je plaque play et je sens l’odeur du bitume chauffé par un soleil tardif, la houle d’un club surplombant les docks, les épaules qui se décrispent d’un coup. Wee Luv porte bien son nom : c’est petit par la formule, immense par l’effet. Durt Burd pioche dans l’old-school house comme on rouvre une armoire à trésors, mais il range tout à la moderne. Piano qui claque, hi-hats nets à la 909, kick mat qui tient la colonne vertébrale, basse qui rebondit sans étouffer : l’ossature est classique, la finition, elle, est très d’aujourd’hui, avec une attention au détail qui distingue les vrais faiseurs des distributeurs de kits.
Le cœur du morceau, c’est ce va-et-vient délicieux entre hook pop et couplets rap : Liambo Slice s’installe en funambuliste, placement propre, sourire aux commissures, M66 Belfast amène le grain brut, la rue qui affleure sans posture. Les voix sont mixées au premier rang, proches, presque main sur l’épaule, pendant que les stabs de piano ouvrent les fenêtres à chaque relance. Pas de graisse : breaks courts, filtres qui respirent sans tomber dans l’EDM d’antan, mini-builds qui jouent la tension utile avant de redonner la piste. On notera le soin apporté au low-end, compact mais discipliné, et ce sidechain discret qui pompe l’air au rythme du kick, créant la sensation d’être porté sans jamais être submergé.
Le charme tient aussi à la géographie sentimentale : Belfast s’entend dans les aspérités, dans cette manière de faire chanter la foule imaginaire au refrain sans crier au tube. Wee Luv ne vend pas le mirage d’un été éternel, il capture ce moment précis où la nuit s’ouvre et où tout redevient simple. Pop-rap par l’accessibilité, house par l’éthique du groove, local par l’accent qui persiste ; le titre aligne des codes connus pour fabriquer un endroit neuf.
À la troisième écoute, on mesure la malice : micro-variations du motif, ghost-notes de caisse claire qui caressent le rebond, back-ups vocaux qui n’entrent que là où il faut. Le refrain ne hurle jamais, il s’infiltre, et quand la dernière boucle retombe, on a l’impression d’avoir serré des mains, ri sans poser, vécu quelque chose de vrai. Wee Luv coche toutes les cases du banger d’été, mais garde le supplément d’âme qui lui survivra en automne. Ajoute-le à ta rotation : c’est du durable, pas du jetable.
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août 15, 2025Pas d’esbroufe, pas de décor superflu : Blow The Whole Band s’impose par l’audio pur, tendu comme un câble à haute intensité. Chevy (Gwap Gang) signe un beat au minimalisme autoritaire : 808 profonde mais tenue, kick court qui frappe à l’instant T, snare sèche au snap métallique, hi-hats micro-accentués qui déplacent la gravité d’un cheveu à chaque mesure. Une boucle synthétique sombre, presque ascétique, vient verrouiller l’humeur. Résultat : une pièce qui respire par la négative, où les espaces entre les éléments deviennent des armes.
Boom Blake navigue là-dedans avec une précision d’artisan. Flow rectiligne, diction nette, placements en demi-pas qui serrent la mesure sans la saturer. Sa voix est traitée au plus près : compression parallèle légère pour l’assise, un soupçon de saturation harmonique pour l’adhérence, de-esser bien calé ; elle demeure au centre, à hauteur d’œil, sans chœur décoratif sauf au moment opportun pour épaissir le hook. L’écriture ne joue pas l’énigme : vision stratégique, économie de mots, punchlines utilitaires. La posture est claire — souveraineté, process, standards — et le mix la sert, en gardant le sub mono-solide et les médiums impeccablement nettoyés.
L’arrangement tient en trois leviers : mutes éclair qui creusent l’estomac, micro-break en demi-temps avant la relance, dernier refrain élargi non par volume mais par densité spectrale. Pas de surenchère : une montée intérieure qui évite la caricature. C’est précisément ce refus du gras qui rend le morceau addictif. Blow The Whole Band sonne comme un protocole : efficacité, tenue, mémoire musculaire. Ajoute-le à la rotation pour les heures où il faut trancher net.
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août 15, 2025Première image mentale : l’odeur de caoutchouc neuf, une lumière de cuisine, un couplet griffonné entre deux paires fraîchement déballées. Jordans ne raconte pas seulement une histoire de sneakers ; il chronique une manière de se tenir au monde, semelles propres et conscience en alerte. Allcapsallan s’y présente comme un narrateur de Long Island qui sait que la hype peut être une armure, un piège, parfois les deux. Le morceau a commencé dans l’intimité d’un appartement familial, et cette proximité ne s’est pas évaporée quand le titre a pris sa forme définitive au Hot Water Records Studio : on l’entend, et c’est sa force.
Côté fabrication, c’est taillé au millimètre sans perdre la peau. Tempo médian qui swingue plus qu’il ne sprint, 808 tenue en laisse (sub mono, top aéré), clap dense, hi-hats granuleux aux micro-accents qui décalent l’appui juste assez pour faire lever la nuque. Les accords R&B, discrets mais exigeants, apportent la noblesse harmonique : voicings resserrés, quelques tensions bien placées, un Rhodes feutré qui ouvre la perspective. Le mix garde la voix au centre, proche, presque conversationnelle — de-esser précis, un soupçon de saturation harmonique pour le grain — et un halo de delays courts qui donnent l’impression qu’Allcapsallan te parle dans le couloir avant de sortir.
La DA s’amuse avec les codes : culture sneaker comme métaphore de valeur, vitrine et coulisses, import et cheap, authenticité contre vernis. Plutôt que de moraliser, le texte joue l’esquive : lucidité sur les relations où la matière l’emporte sur la matière grise, rappel que le style n’excuse pas l’aveuglement. Ça pourrait virer chronique aigre ; ça reste carnet de route, buste droit, humour en bandoulière.
On apprécie surtout la façon dont le morceau marie l’énergie de la maquette et la politesse du studio. Les refrains s’élargissent par addition d’harmonies spectrales et d’un low-end plus ample, sans céder au mur du son. Un pont resserre le cadre (batterie à nu, soupçon d’autotune assumé), puis la prod relâche la bride avec une montée qui refuse l’EDM XXL pour préférer la poussée intérieure. C’est chirurgical et instinctif à la fois : exactement ce qu’on attend d’un premier statement sûr de lui.
Verdict : Jordans a l’élégance de ceux qui savent parler capital social sans confondre prix et valeur. Un single qui claque comme une semelle fraîche sur bitume chaud, et qui confirme qu’Allcapsallan n’a pas besoin de crier pour s’imposer : il avance propre, coupe nette, regard clair.
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août 14, 2025Premier contact, c’est l’étincelle propre des grands soirs, ce flash qui flatte le menton et masque les cernes. Mais la caméra glisse vite en coulisses : Here We Go (Escape) ne vend pas la coupe, il l’inventorie. TrapHaus Creo cadre l’instant où l’adrénaline retombe et où l’on découvre la facture, cette crispation dans la nuque quand l’euphorie commence à parler plus bas. J’adore quand la trap ose le double fond ; ici, c’est un ascenseur émotionnel aux câbles impeccables, sans un grincement de trop.
Côté fabrication, rien n’est laissé au hasard. Le kick frappe court, dense, comme un point de suture. L’808, tenue en laisse, dessine une ligne de basse qui enveloppe au lieu d’écraser. Les hi-hats, micro-accentués, déplacent le centre de gravité à chaque mesure ; ce n’est pas la rafale décorative, c’est la ponctuation qui raconte. Au-dessus, des synthés à large focale, brillants en ouverture, puis filtrés à ras de peau quand la narration bascule. J’entends des modulations fines sur la dynamique, des automations de cutoff millimétrées, un usage intelligent du silence : des demi-temps suspendus qui tordent l’estomac et clarifient la suite. La transition “celebration → réminiscence” ne s’appuie pas sur le cliché orchestral ; elle s’insinue par des détails de mix, une reverb raccourcie, une progression qui bascule de l’accord majeur optimiste vers une couleur plus trouble, presque photographique.
Au micro, TrapHaus Creo choisit l’économie expressive. Flow net, placements qui frôlent la syncope sans perdre l’assise, timbre tenu qui refuse la fanfare. La performance assume une lucidité rare dans le genre : pas de déni, pas de posture martiale, juste la tenue nécessaire pour marcher droit entre lumière et perte. Le récit boucle “full circle” sans moraline, rappelant cette loi têtue de la pop moderne : plus ça bouge, plus l’axe profond reste identique.
Ce qui me happe, c’est la cohérence sensorielle : production clinquante mais disciplinée, narration inversée, groove qui tient la main au vertige. Here We Go (Escape) sonne comme un after sobre : pas de cris, des contours nets, la tête froide qu’on gagne après avoir trop flambé. Pièce alternative au cœur trap, calibrée pour les nuits où l’on préfère la netteté au tapage, ce titre n’embrase pas la foule : il agence l’espace. Et c’est souvent comme ça que naissent les morceaux qu’on garde longtemps — pas ceux qui t’époustouflent, ceux qui t’alignent.
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août 14, 2025Pas besoin de GPS pour trouver Stay Up : on suit l’odeur du bitume mouillé, le néon d’un kebab qui clignote en si mineur, et ces guitares pop-punk qui déboulent comme un bus de nuit en retard. Durt Burd signe un morceau d’insomnie lucide, un entre-deux tempête où le cloud-rap s’agrippe à la rampe d’escalier du punk mélodique. On pense à Blink-182, certes, pour le sprint harmonique et les power-chords qui cognent au plexus, mais le timbre râpeux, les ad-libs en coin de rue, l’argot qui traîne ses semelles : tout ça, c’est Belfast, c’est Kneecap à l’heure où le ciel blanchit.
La prod joue la double traction. Sur le flanc gauche, une rythmique trap propre, kick sec, 808 qui vibre à la lisière du larsen, hats en mitraillette émotive ; sur le flanc droit, un kit punk qui tape droit devant, caisse claire qui gifle, crashs qui ouvrent le plafond. Entre les deux, des guitares accordées bas, palm-mutes nerveux, harmonies qui liftent le refrain sans jamais virer au sirop. Le mix laisse de l’air aux silences — ces demi-secondes avant la retombée où l’on entend presque la respiration — et serre les couplets comme une capuche sur la nuque. Résultat : un titre qui tient autant du mosh-pit que de la confession dictaphone.
Au micro, Durt Burd joue la transparence abrasive. Flow qui glisse puis dérape, phrases cassées au bord de la mesure, manière de mâcher les mots qui fait sentir le froid sur les dents. Pas de punchlines pyrotechniques pour la galerie : des images nettes, des lieux précis, la façon dont une ville vous tient par la manche quand l’amour lâche. Le hook est taillé pour l’éternel retour — simple, scandable, entêtant — mais ce qui reste, c’est la trajectoire émotionnelle : commencer bravache, finir les yeux rouges, et tenir debout quand même.
Le tour de force, c’est l’alliage. Stay Up parle la langue de la tristesse contemporaine sans se vautrer dans la pose. L’électronique cadence la peine ; les guitares la ventilent ; la voix l’habite. À l’ère des playlists “sad but lit”, Durt Burd met un visage sur la formule : tu peux pleurer à la sortie du club et lever le poing au même couplet. Hymne de fin de soirée, oui, mais surtout morceau de lendemain — celui qui te raccompagne, casque vissé, et te rappelle que l’on peut survivre à la nuit en chantant un peu plus fort que le vide.
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août 14, 2025Plan serré sur une nuit sans trottoirs : d’abord la basse, lourde comme un coffre qu’on n’ouvre plus, puis une boucle de piano qui s’obstine à recommencer l’histoire au même endroit. Lost It All n’a rien d’un cri décoratif ; c’est un morceau qui avance tête basse, les mains dans les poches, et compte ses absences. Cruzz y polit un rap d’après-choc, nerveux mais tenu, où chaque silence pèse autant qu’une punchline.
La prod choisit l’épure : 808 profonde, snare qui claque sec comme un verdict, hi-hats qui coulissent en fines lames, et ce motif mélodique, réduit à l’os, qui refuse l’emphase. On sent la volonté de laisser de l’air autour de la voix, de ne pas diluer la gravité dans des nappes inutiles. Ici, la dramaturgie se joue dans les micro-décisions : un sub qui se retire une demi-mesure pour laisser béer le vide, un reverse discret avant le drop, un souffle gardé au montage qui humanise la plaque de verre.
Cruzz, lui, rappe à hauteur de visage. Phrasés en poches serrées, diction nette, refus du surjeu : il raconte sans plaider. On le suit sur cette ligne fine entre l’aveu et l’orgueil, là où l’échec devient matière première plutôt que marque au fer. Le hook n’explose pas, il s’infiltre ; c’est un refrain qui siffle entre les dents, mémorisable parce qu’il n’en fait pas trop. On pense à ces standards du cloud rap qui ont appris à tenir la tension sans hurler, mais Cruzz garde un grain plus rugueux, une façon d’accrocher la rythmique qui griffe légèrement la peau.
La force du morceau, c’est son point de vue. Pas de misérabilisme, pas de storytelling flamboyant : une topographie précise des pertes — temps, liens, illusions — et de ce qui reste quand on ramasse. Lost It All s’adresse aux heures où la ville décroche, quand on compte plus volontiers les pas que les likes. Single d’ossature plus que de vernis, il donne à Cruzz une silhouette singulière : artisan du peu, sculpteur de silences, capable de faire tenir une chanson entière sur une vérité simple — ce qu’on a perdu nous tient, mais il est encore temps d’apprendre à s’y appuyer.
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août 14, 2025Premier pas, talon au bord du vide, et la ville retient son souffle. Tightrope avance comme un funambule à capuche : un pied dans l’âge d’or, l’autre sur un break de drum’n’bass éclairci au polish, et entre les deux, Joekr tend la corde avec un calme presque insolent. Pas besoin d’acrobaties gratuites : ici, la performance, c’est la précision.
La prod joue la couture fine. Un squelette boom-bap qui suinte la MPC (snare sèche, kick carré, grain poussière), greffé à un pattern DnB “light” qui préfère le ruissellement à l’averse : ride en gouttes, ghost notes nerveuses, hats qui dérapent en double-temps pour faire tanguer l’équilibre. La basse ne gronde pas, elle ondule, tenue courte pour laisser l’air circuler entre les syllabes. Au fond du mix, une boucle échantillonnée — peut-être un Rhodes rincé ou un bout de chorale comprimée — fait office de filet, juste assez tendu pour la tension narrative.
Joekr rappe comme on pose le pied sur un câble : en pockets millimétrées. Il joue des accélérations minuscules, rattrape la mesure par la manche, mord le contretemps puis le relâche. La métaphore du titre irrigue tout : marcher au-dessus des injonctions, passer d’un toit à l’autre sans regarder le sol des timelines, garder l’œil au loin quand les DM te tirent par la manche. Il y a de la rue et du studio, de la fatigue et du panache — surtout ce sens de l’économie qui distingue les raconteurs des poseurs.
Le refrain ne braille pas, il aimante. Quelques mots, une mélodie parlée, un léger lift du break, et tout se referme comme une boucle autour de la poitrine. Sur le second passage, la batterie bascule un cran plus club — sub un peu plus large, hats ventilés —, sans que le morceau perde sa tenue old-school : c’est là que Tightrope convainc, dans cette diplomatie du dosage.
On pense aux passerelles réussies entre écoles et époques, celles qui ne cochent pas des cases mais réconcilient des gestes. Joekr signe un titre de funambule moderne : la vieille science du grain, la nouvelle vitesse du sang. Quand la dernière note s’éteint, la corde est toujours tendue. Lui, pourtant, a déjà rejoint l’autre rive.
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août 14, 2025Downham ne prend pas la pose, elle te colle au hoodie. Dès les premières mesures, Wappa déroule un ciel bas et un beat qui goutte des gouttières : charleys en bruine fine, caisse claire mate comme un ticket de bus froissé, piano étouffé qui ressemble à une fenêtre embuée. La basse, ronde et patiente, tient la main au morceau comme on tient le cap sous une averse londonienne ; elle ne cherche pas le spectaculaire, elle réchauffe. On devine des field recordings incrustés à la lisière du mix — freinage de car, portières, un lointain écho de sirène — autant de petits cailloux qui ancrent la fiction dans le trottoir.
Wappa rappe en diagonale, entre la conscience et la débrouille. Le flow n’est jamais surjoué : phrasés en pockets serrées, syncopes de fin de mesure, ces micro-accélérations qui donnent l’impression d’un pas de côté pour éviter une flaque. Il s’autorise une bascule half-time au milieu, un fondu grime sur une soul-loop abîmée, puis revient au tempo initial comme on traverse un passage piéton en courant. L’écriture, sans slogans, préfère le détail : loyers qui montent, cuisine qui sent encore le thé, amitiés sous capuche, petits miracles du quotidien qu’on reconnaît avant de les nommer. C’est du UK hip-hop conscient, oui, mais dégraissé, sans le didactisme qui plombe ; une lucidité tendre qui parle au ventre avant le manifeste.
La prod, elle, joue l’économie intelligente. Pas de mur de sons : de l’air, des silences, des respirations conservées au montage qui laissent affleurer la personne derrière la performance. On pense à ce point d’équilibre rare où l’alternative hip-hop rencontre la rue : un grain lo-fi maîtrisé, des drums qui cognent bas, un traitement vocal proche, presque tactile. L’accroche ne hurle pas, elle s’infiltre ; quand le hook revient, on a déjà la sensation d’un refrain intérieur.
Rainy Day In Downham ne cherche pas à sauver le monde : il en sauve la dignité, mouillée, modeste, tenace. Wappa signe un morceau de proximité, qui préfère la proximité à l’esbroufe, la lumière des réverbères aux lasers. On coupe l’enceinte et on reste avec la sensation précise d’un quartier qui continue de battre — pas malgré la pluie, avec elle. Et c’est peut-être ça, la vraie météo du moment.
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août 14, 2025Ça démarre comme un coup de stroboscope dans une cave Wi-Fi : sub qui gronde, charleys en rafales, sirènes digitales qui collent au plafond. In It ne cherche pas la porte d’entrée, il traverse le mur. Tve Bandz joue la carte de la génération scroll permanent, mais sans cosplay : structure ramassée, hook au couteau, drops pensés pour secouer à la fois la nuque et l’algorithme. On sent la promesse dans la moindre micro-décision : c’est trap au sens large, schizophrène comme la nuit, avec des contorsions EDM qui allument le plancher sans vendre l’âme.
La prod est un terrain miné bien cartographié. Kick carré, 808 aux sous-harmoniques qui font vibrer les poches, synthés crantés comme des lames, quelques risers qui étirent la seconde juste avant l’impact. Pas de graisse, rien qui déborde : la spatialisation laisse respirer le flow, les cuts tombent au millimètre, et ce silence d’une demie-mesure avant le retour du beat agit comme une gifle propre. On devine un goût du détail presque maniaque, ce sens de l’efficacité qui préfère la ligne claire au tape-à-l’œil.
Côté micro, Tve Bandz alterne contrôle et vertige. Premier couplet calé au cordeau, placement serré, attaques nettes. Puis la bascule : freestyle sur le second, timbre qui se râpe, respirations conservées au montage, petites déviations rythmiques qui humanisent l’acier. C’est là que « quelque chose de différent » se matérialise : pas une nouveauté gadget, mais une façon de faire vaciller l’architecture sans l’effondrer. La voix ne surjoue pas l’armure, elle déroule un état — bravache, électrique, fataliste — exactement la météo intérieure de celles et ceux qui vivent l’instant en mode replay.
In It parle la langue du gangsta rap par les angles, celle du trap par la colonne vertébrale, et celle de l’EDM par les épaules. C’est conçu pour le club comme pour l’écran, mais avec un index pointé vers la scène : on imagine déjà la foule suspendue au faux-break avant l’atterrissage du drop. Dans une ère où beaucoup empilent des presets, Tve Bandz signe un concentré fonctionnel et nerveux, calibré pour le partage mais taillé pour durer. Si tu cherchais un test d’entrée pour savoir qui est vraiment “in it”, voici le sismographe.
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août 13, 2025Dans All Natural, Kai the MC ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, il installe simplement son fauteuil dans le soleil couchant et nous invite à partager la vue. Flow nonchalant mais précis, il déroule un mode de vie où la sérénité se cultive comme un bonsaï : verre à la main, thé infusé, pétales fumés, esprit clair. L’ambiance est west-coast mais débarrassée de toute frime ostentatoire, plus proche d’un Larry June en méditation que d’un banger tapageur.
La prod respire : lignes de basse rondes, touches chaudes de claviers, percussions qui claquent juste assez pour faire hocher la tête. Sur ce décor moelleux, Kai livre des images qui sentent la maîtrise et l’assurance tranquille. La présence de Theeremedy sur le hook parachève l’équation : refrain doux comme un soir d’été, assez entêtant pour rester en boucle bien après l’écoute.
All Natural agit comme une carte de visite nouvelle génération pour Kai. Il y affirme une identité musicale où le texte, la vibe et l’attitude se répondent. Pas de démonstration forcée, mais une façon de prouver qu’on peut être tranchant tout en restant cool, ancré dans le réel tout en laissant l’imaginaire flotter.
C’est un morceau qui donne envie de ralentir, d’ouvrir les vitres et de se laisser porter — tout en gardant l’oreille tendue aux détails qui révèlent la finesse d’écriture. Une réintroduction qui s’écoute autant qu’elle se vit, dans le corps comme dans l’esprit.
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août 13, 2025HEEM, c’est un miroir brisé où chaque éclat reflète une humeur, une version différente de soi, et Chilifa Nem les revendique toutes. Dans un rap qui flotte quelque part entre la nonchalance crâneuse et l’introspection moite, le membre du trio Gard3n façonne ce qu’il appelle son “HipHopera” avec accent texan et ancrage nord-ouest. Ce mélange improbable devient ici une signature : un flow souple mais précis, posé sur une prod sombre et lente, comme une rue humide éclairée au néon.
Le morceau respire la confiance désinvolte. Pas celle qui se hurle, mais celle qui se dégage d’un mouvement de tête et d’un demi-sourire. HEEM joue sur des nuances de mood : tantôt cool comme une fin d’été en voiture, tantôt rude comme un face-à-face dans un parking vide. La prod, minimaliste et entêtante, laisse de la place aux respirations et aux silences, comme si chaque espace vide était un battement de cœur qu’on entend de l’intérieur.
Là où d’autres se contenteraient de revendiquer leur singularité, Chilifa Nem explore la complexité d’être soi — dans la bonne lumière comme dans les angles plus sombres. “Nem”, c’est déjà un manifeste : toutes les voix qu’il porte, toutes les émotions qu’il traverse, tout ce qui l’empêche de se figer dans une seule case.
HEEM se vit comme un mantra personnel, mais il sonne comme une dédicace universelle à quiconque a appris à se regarder en face, à embrasser ses contradictions, et à comprendre que chaque version de soi vaut d’être célébrée. Ici, l’ego n’est pas une armure : c’est une galerie de portraits.
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août 13, 2025Energy n’est pas un morceau qui s’installe. Il bondit. Directement, comme si Snapdibz ouvrait la porte d’un club mental en pleine ébullition et balançait les clés dans la foule. Ce track, hybride de trap nerveux, de pop rap accrocheuse et de hip-hop alternatif, joue sur un équilibre millimétré : un beat lourd et précis pour le corps, des lignes mélodiques lumineuses pour l’oreille, et une écriture pensée pour accrocher à la première écoute, mais qui cache quelques aspérités sous le vernis.
La prod respire la précision chirurgicale : 808s qui tapent en basse continue, hi-hats qui mitraillent en rafales syncopées, nappes synthétiques en arrière-plan qui ajoutent cette couche planante, presque cinématique. Le mix est poli mais pas aseptisé, ce qui permet au flow de Snapdibz de glisser avec fluidité tout en gardant un tranchant brut. On sent l’intention d’attraper l’auditeur dès les premières secondes et de ne jamais relâcher la tension, à coups de refrains calibrés pour coller dans la tête et de couplets où l’énergie monte comme une mèche de dynamite.
Ce qui distingue Energy, c’est son double visage : assez mainstream pour séduire les amateurs de playlists pop-rap globales, mais ancré dans une sensibilité alternative qui évite les clichés préfabriqués. Snapdibz ne se contente pas de surfer sur les codes trap — il injecte un côté plus personnel, une urgence qui dépasse la simple envie de “faire bouger la tête”. C’est un titre qui vit autant dans la voiture fenêtres ouvertes que dans les écouteurs à fond, quand on a besoin d’un shoot d’adrénaline immédiat.
Energy porte bien son nom : c’est un appel à enclencher le mode propulsion, qu’il s’agisse de la piste de danse, d’un run nocturne ou d’un coup de fouet mental.
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août 13, 2025Le morceau arrive en pas chassés, l’air de rien, puis s’installe avec la posture d’un big band qui aurait mangé un SP-1200 au petit-déj. Price Check, c’est la rencontre entre une science du groove taillée sur mesure et un rappeur qui sait où poser ses semelles : Jurnalist, débarqué de Cali et désormais installé au Royaume-Uni, déroule des barres avec ce grain routard, précis, qui ne force jamais l’énoncé et laisse la musique respirer autour. Première fois que Slow Karma ouvre le micro sur disque : la bande, réputée nu-jazz et jazztronica, transforme l’essai en mi-temps gagnante.
On entend la genèse dans la texture : un squelette né sur MPC2000 il y a presque dix ans, tout en poussière dorée et drums rêches, aujourd’hui réincarné live par dix musicien·ne·s, section de cuivres à la langue bien pendue, percussions étendues qui font claquer les trottoirs, claviers qui déploient des halos overdrive comme des réverbères sous la bruine. Le mix, signé LostOscillation, recadre le tout façon banger hip-hop : kicks au plancher, sub tendu, mais un espace stéréo qui laisse les trompettes découper l’air en lamelles. Résultat : c’est massif et aéré, club et craft, une courbe qui hoche la tête sans écraser les nuances.
La grâce du titre, c’est ce va-et-vient entre la syncope jazz et la droiture boom-bap. Les cuivres ne font pas du tape-à-l’œil, ils commentent, ponctuent, prennent la parole puis s’éclipsent comme des vieux sages. La rythmique, elle, roule au couple, jamais en embardée : hi-hats ciselés, congas en contre-temps, caisse claire qui pince et repart. Au centre, Jurnalist joue le funambule : phrasés en équilibre, angles morts qui s’ouvrent, sens de l’ellipse qui transforme chaque mesure en petite scène. On devine l’œil documentaire du MC, cette façon de regarder la ville par ses reçus et ses restes, de parler valeur sans prêcher morale.
Price Check porte un titre-programme : combien ça coûte, réellement, de sonner juste en 2025 quand tout pousse au clinquant ? Slow Karma répond par l’artisanat et la sueur. On sent les prises en studio, la chair derrière les samples, la joie simple de faire monter un break comme on étire un sourire. La prod garde la patine MPC — ce grain sablé qui gratte — mais la joue collective : chaque détail, du souffle au pavillon, devient une micro-histoire. C’est une track qui convoque les mémoires, du jazz des trottoirs au hip-hop des marges, et les fait danser dans la même pièce.
Au final, un single qui a la tenue d’un classique en devenir : assez immédiat pour électrolyser un set, assez riche pour qu’on y revienne à la loupe. Slow Karma signe un premier pas vocal qui sonne comme une évidence, Jurnalist ouvre des fenêtres, et la caisse enregistreuse, ici, ne compte pas les streams : elle scanne la valeur du vrai.
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août 13, 2025Premier réflexe en pressant play : on sent l’odeur de l’asphalte tiède après la pluie, puis le kick des 808 arrive comme un SUV sans plaques. Lifestyle n’est pas qu’un égotrip de plus au catalogue trap ; c’est une radiographie froide de l’ambition quand elle laisse des bleus sous la peau. NGN CJ parle en low profile, voix gainée d’autotune calibré millimètre, ad-libs qui scintillent au fond du mix comme des flashs de gyros, et cette manière d’étirer les fins de phrases qui donne à chaque punch l’allure d’un revers ganté.
La prod joue double jeu : nappes cloud qui pleurent en sourdine, cloches digitales à la dérive, charleys rasoir en voltige, et une 808 avec assez de sous-harmoniques pour faire vibrer vos cadres photo. Le morceau tient sur une architecture simple — couplets serrés, hook perfusé au souvenir immédiat — mais chaque détail de spatialisation est pensé : reverb courte sur la voix lead, delays fantômes qui reviennent hanter les silences, micro-respi laissées au montage pour garder la veine à vif. Résultat : un gangsta rap qui n’écrase pas tout, il insinue, puis verrouille.
Ce qui tue, c’est l’écriture en clair-obscur. CJ aligne les marqueurs de réussite, mais chaque image brillante trimballe son ombre : motels anonymes, horaires décalés, loyautés fragiles. Le “lifestyle” du titre n’a rien d’une story Instagram, c’est une discipline militaire : garder le cap, s’endurcir, compter ses pertes sans spectacle. On pense aux passerelles récentes entre trap et emo rap, mais NGN CJ garde une sécheresse très rue, sans pathos collant. Le refrain, lui, fonctionne comme un mantra : pas de grandes envolées, une ligne simple, hypnotique, taillée pour tourner dans la tête comme un souci que l’on mâche.
Si vous cherchiez un tube clinquant, passez votre chemin. Lifestyle préfère l’acier brossé aux strass : une esthétique qui frappe sans crier, une énergie de nuit blanche où l’on avance, coûte que coûte. NGN CJ signe un morceau de trajectoire — précis, nerveux, sans couture apparente — et vous laisse avec ce goût métallique au fond de la gorge : la saveur des choses chèrement gagnées.
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août 13, 2025WWYD – acronyme de “What Would You Do” – n’est pas qu’une question rhétorique, c’est une provocation polie. Pop Stunna y avance comme un joueur d’échecs sûr de son coup, chaque ligne posée sur l’instrumental comme une pièce sur l’échiquier : calculée, affirmée, parfois imprévisible. Le beat, lui, mélange la moiteur urbaine d’un rap mid-tempo avec des touches pop presque cinématiques, une basse qui s’infiltre comme une ombre et des percussions précises, jamais envahissantes.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise du tempo narratif. Stunna ne court pas après la vitesse, il la dompte. Sa voix, légèrement granuleuse, roule sur la prod avec cette assurance d’un artiste qui sait que le vrai impact ne vient pas de l’empilement de mots, mais de leur poids. Le refrain, accroche immédiate, agit comme un point de suspension : simple, mais calibré pour s’imprimer dans la mémoire.
WWYD parle d’options, de choix, de réactions. De ce moment où la situation bascule et où il faut savoir si l’on frappe, si l’on esquive ou si l’on disparaît. Pas de morale imposée, juste une peinture en clair-obscur d’instants tendus, où tout est possible. Pop Stunna y glisse un jeu de miroir : et toi, que ferais-tu, vraiment, dans ma peau ?
Là où beaucoup enrobent le rap-pop d’artifices sucrés, Pop Stunna garde le noyau brut. Le morceau respire l’instantané, mais avec un sens du détail qui trahit un travail précis sur les textures et les silences. WWYD n’est pas un single de playlist jetable, c’est un morceau qui demande de le réécouter pour capter toutes ses nuances, jusqu’au petit drop feutré qui agit comme un clin d’œil à ceux qui l’écoutent attentivement.
On en ressort avec cette impression rare : celle d’un artiste qui ne cherche pas à séduire tout le monde, mais qui sait exactement comment marquer ceux qui resteront.
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août 12, 2025Sous la carcasse métallique des 808 et les éclats glacés d’un carillon numérique, Cold Stone pulse comme un cœur qui n’ose plus battre. Munzer, qu’on connaissait pour ses crocs de rappeur, se laisse ici glisser dans un RnB de nuit blanche, avec cette voix noyée dans l’autotune qui ne cherche pas à masquer ses bleus mais à les amplifier jusqu’à l’obsession.
Le décor, signé Johnny Bullz, est une cathédrale de basses profondes et de cloches synthétiques, une architecture de béton sonore où chaque réverbération sonne comme un souvenir qui refuse de mourir. Sur ce terrain, Munzer alterne les éclats tranchants de son passé de MC et les courbes mélodiques d’un crooner en apnée. La transition n’est pas lissée : elle est volontairement rugueuse, comme si deux versions de lui-même se disputaient le micro.
Ce qui frappe, ce n’est pas la rupture amoureuse qu’il raconte — déjà mille fois chantée — mais la manière dont il transforme cette douleur intime en un espace presque physique, où l’auditeur est invité à errer. L’autotune, souvent caricaturé, devient ici un filtre de distorsion émotionnelle, rendant sa voix tantôt spectrale, tantôt robotique, comme si la peine se digitalisait pour survivre.
Cold Stone est une zone grise entre colère et résignation, un terrain mouvant où le trap se mêle au RnB jusqu’à se dissoudre. Munzer y signe un virage artistique qui ne demande pas l’approbation, seulement l’écoute — de préférence la nuit, quand on n’a plus personne à impressionner, et que le cœur peut enfin tomber.
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août 12, 2025Certains projets se contentent de naviguer dans un seul courant, Broken Spaceship, lui, trace sa route à travers plusieurs océans sonores, frôlant tour à tour la houle post-punk, le hip-hop poétique et des éclats électroniques durs comme des éclairs au-dessus d’un hangar vide. A Part With Some Significance n’est pas qu’un EP : c’est un patchwork urbain cousu à vif, où chaque piste ressemble à un angle différent d’une même vision fiévreuse.
Dreams, en ouverture, pose le décor comme un travelling nocturne dans une ville fantôme : un beat hypnotique, la voix d’Ultra_Eko qui déroule ses images mentales comme un polar en cinémascope, et un groove qui semble avancer seul, tête baissée, vers une destination obscure. Vient Ghost, plus lent mais plus corrosif, comme si les murs suintaient de souvenirs et de basses vibrantes. La prod est dense, saturée d’un souffle qui vous colle au corps.
Avec Rotten Teeth, le duo se fait plus animal, presque punk dans l’attaque, mêlant rage froide et mécanique hip-hop. On y sent le souffle métallique des machines, la pulsation crue qui ne cherche pas à séduire mais à marquer au fer. Enfin, Endless Puzzle clôt le voyage sur un mode plus introspectif : rythmique étirée, voix comme un écho intérieur, textures électroniques qui s’ouvrent et se replient comme un rêve dont on ne veut pas sortir.
Broken Spaceship signe ici un manifeste sonore, dense et sans concession, où chaque morceau agit comme un fragment de vérité, brut et nécessaire. Une œuvre qui ne cherche pas l’équilibre, mais l’impact.
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août 12, 2025On dirait un carnet de route écrit sur la sueur et l’adrénaline, mais Zov.yay préfère parler d’album. Wait Lifting, Vol. 1 est de ces disques qui ne s’écoutent pas d’un trait comme on avale un shot, mais qui se vivent comme un entraînement au monde : chaque morceau est une série, chaque couplet une respiration qu’on tient un peu plus longtemps que prévu, chaque silence une contraction invisible. L’artiste ne pose pas seulement des rimes ; il sculpte un corps invisible, celui de son authenticité, jusqu’à en faire un monument fragile mais debout.
I’m Weird Too, ouverture manifeste, est moins un morceau qu’un tatouage sonore : la revendication d’être inclassable, posée comme une évidence. Transportation s’élance sur l’autoroute mentale, mêlant bitume et pensées vagabondes. Risk Dancing, c’est l’ivresse de se jeter au milieu de la piste quand on n’a rien d’autre à perdre que sa peur. Decorated Requests joue sur l’artifice des sourires bien polis, la tension entre ce qu’on offre et ce qu’on retient.
Puis vient Cpr, battement d’urgence, tentative de réanimation d’un soi qu’on pensait irréversible. Future Ave. ouvre la perspective comme on entrouvre une fenêtre sur une ville inconnue. Sneaky Angel flirte avec l’ambivalence des présences qui semblent nous protéger mais testent nos limites. Recollect resserre la focale sur les éclats de mémoire, et Gratitude Outro ferme le rideau avec un merci qui claque comme un dernier souffle après l’effort.
Dans un paysage saturé de façades léchées, Zov.yay déploie ici un hip-hop de l’endurance et de la lucidité, où chaque beat pèse, chaque mesure respire, et où la sueur devient une forme d’écriture. C’est un disque qu’on ne range pas : on le garde sur soi, comme un poids bienveillant.
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août 12, 2025Dans cosmetic, Stacy N.K.R et oakland signent une rencontre où la confiance devient une matière sonore, où l’élégance s’impose sans lever la voix. Pas besoin de chercher la provocation ni l’excès : ici, tout se joue dans la maîtrise. Stacy déroule un flow à la fois velouté et incisif, une écriture qui respire l’assurance de celle qui connaît sa valeur et n’attend pas qu’on la lui valide.
Face à elle, oakland sculpte une production ample, presque cinématographique, qui navigue entre douceur et grandeur. Les nappes majestueuses, les basses feutrées et les touches subtiles d’ornementation créent un espace où chaque mot de Stacy tombe avec un poids mesuré. Le morceau dégage la même sensation qu’une pièce bien coupée : pas de surplus, juste la coupe parfaite qui met en valeur la silhouette.
On y entend l’écho de Miami Vice revisité façon féminine et affirmée, comme si la lumière des néons servait ici à refléter une force intérieure plutôt qu’à détourner le regard. cosmetic ne parle pas de maquiller la réalité, mais de l’habiter pleinement. Ce n’est pas une chanson sur ce qu’on montre : c’est une chanson sur ce qu’on est, une célébration intime du luxe le plus rare — être bien dans sa propre peau.
Si ce premier geste commun est un prélude, alors la suite promet d’élargir encore cette palette, entre grooves délicats et déclarations d’indépendance. Avec cosmetic, Stacy N.K.R et oakland posent les bases d’un langage commun : celui du style comme état d’esprit.
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août 12, 2025Chez 29192, chaque morceau sonne comme un chapitre écrit à deux mains, celles de Migs et Mac Marley, liées depuis l’enfance par un même souffle créatif. Avec 2 Late, les deux rappeurs du Kansas posent une question qui ronge autant qu’elle motive : à force de courir après la même chimère, arrive-t-il un moment où il est simplement trop tard ?
Le morceau se déploie comme un tunnel mental, entre introspection et affirmation de soi. La prod, teintée d’un hip-hop alternatif aux reflets légèrement brumeux, laisse filtrer des basses chaudes et des nappes éthérées qui évoquent autant le doute que l’espoir. On sent l’ADN du duo : ce mélange de conscience, de storytelling cru et de poésie terre-à-terre héritée de leurs trips psychédéliques et de leurs débuts bricolés dans un sous-sol.
Le flow est fluide, presque contemplatif, mais toujours précis. Pas d’esbroufe inutile, juste des phrases qui tombent comme des constats, parfois doux, parfois tranchants. Derrière le questionnement “is it too late?”, on devine surtout une force tranquille : celle de deux artistes qui ont survécu aux pauses, aux détours, aux séparations, et qui continuent d’avancer, même si la ligne d’arrivée reste floue.
2 Late n’est pas un constat d’échec, mais une manière de réaffirmer que la musique reste l’outil ultime pour rattraper le temps — ou au moins l’apprivoiser. Chez 29192, il n’est jamais vraiment trop tard tant que la flamme brûle.
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août 12, 2025Dans Difficile, Nayyar ne cherche pas à enjoliver le réel. Sa voix sort comme un souffle contenu trop longtemps, un flux tendu où l’ego-trip se frotte à une lucidité désarmante. C’est le genre de morceau qui ne se contente pas d’impressionner par la technique — même si elle est là, acérée — mais qui s’incruste dans l’esprit par ce mélange de fierté et de fragilité.
La prod, sombre et millimétrée, ouvre un espace presque cinématographique. Les basses grondent comme une menace sourde, les kicks frappent secs, et chaque élément semble calibré pour accompagner un monologue intérieur en pleine rue déserte. On n’est pas dans l’ostentation tapageuse, mais dans cette esthétique du minimalisme noir qui laisse la place aux mots, aux silences, aux images mentales.
Nayyar balance ses punchlines comme des flashs photographiques : rapides, nettes, visuelles. Il parle pour ceux qui se savent à part, qui avancent malgré le poids du doute, pour les rêveurs endurcis qui refusent de courber l’échine. Pas de refrain chanté pour adoucir le propos — juste une ligne droite, tendue comme une corde, où le flow ne perd jamais l’équilibre.
Difficile est moins une chanson qu’un état d’esprit : celui de celui qui sait que le chemin est escarpé, mais qu’il vaut mieux le gravir seul que trahir sa propre voix. Un titre qui respire l’authenticité, et qui confirme que Nayyar ne rappe pas pour séduire, mais pour dire.
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août 12, 2025Il y a dans HOW? cette énergie rare des morceaux qui n’ont pas peur de prendre à rebours l’époque. CONFUSHANE? n’essaie pas de camoufler ses racines dans le boom-bap — il les expose fièrement, puis les électrifie, les bouscule, les tord pour les faire briller sous une lumière neuve. Les kicks claquent avec cette rondeur old school, mais les textures électroniques, parfois abrasives, viennent se glisser dans les interstices comme des éclairs de néon sur un mur de brique.
Son flow, souple et direct, joue à saute-mouton entre l’arrogance contrôlée d’un Jay-Z et la conversation de rue, celle qui peut tourner à la philosophie entre deux lignes bien aiguisées. On sent la plume sûre d’elle, mais jamais figée dans un schéma : HOW? parle des doutes créatifs, de cette peur de se répéter ou de se trahir, et choisit de l’affronter frontalement, comme si chaque mesure était une réponse improvisée à la question du titre.
Ce qui rend le morceau singulier, c’est cette façon de traiter l’héritage hip-hop comme un terrain de jeu plutôt qu’un musée. CONFUSHANE? ne se contente pas d’un hommage, il ouvre les fenêtres, laisse entrer l’air du présent, colle une 808 futuriste sur une rythmique de 1996, et prouve qu’on peut encore faire danser le passé sans l’embaumer.
En trois minutes à peine, HOW? dessine le portrait d’un rappeur qui refuse le confort, qui préfère tester la résistance des codes que s’y lover. C’est un titre qui ne demande pas seulement “comment ?” — il montre, avec le sourire en coin, exactement comment.
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août 12, 2025Il y a des morceaux qui, dès les premières secondes, t’installent dans un paradoxe. TBF d’Afenzo en fait partie : un morceau d’amour qui fait bouger la tête, mais dont le cœur bat au ralenti, lesté par une histoire qui ne s’écrit pas à deux. La rythmique trap, nerveuse mais souple, donne l’illusion d’un morceau festif, alors qu’en arrière-plan se dessine le film d’un amour non réciproque, celui qui avait tout pour durer — jusqu’au mariage même — mais qui s’éteint dans un silence plus violent que la rupture.
Afenzo ne cache rien. Derrière ce projet intitulé ENZO, illustré par sa photo enfant au sourire lumineux, il y a la volonté de se livrer sans filtre : la motivation qui pousse à continuer malgré tout, la mélancolie qui s’invite au détour d’un couplet, les fulgurances old school qui claquent sur des instrus trap modernes, et cette voix très expressive, parfois brute, parfois presque fragile. On pense à ces rappeurs qui savent que l’authenticité est leur meilleure arme, même si elle les met à nu.
TBF s’écoute comme une confession qui ne sombre jamais dans la complainte : Afenzo injecte juste assez d’énergie dans la prod pour que la douleur reste dansante. On sent dans le flow cette façon de tenir debout en transformant le manque en groove, en trouvant dans le mouvement du beat une façon d’éviter la chute.
Couplé à Amour et Pissenlits et Avant Tout Ça, le titre compose un triptyque intime qui ne cherche pas à enjoliver les sentiments mais à les livrer crus, tels qu’ils brûlent. Dans un paysage rap où beaucoup enjolivent leurs cicatrices, Afenzo choisit de montrer la plaie — et de la faire danser.
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août 12, 2025À première écoute, on pourrait croire à un énième projet trap gonflé aux 808 et à l’ego. Mais Twilight Tales d’Ashwin Gane n’a rien d’un album de survie urbaine formaté pour TikTok : c’est un film en huit actes, une fresque où chaque mesure est pensée comme un plan, chaque silence comme un travelling. L’artiste de Detroit, héritier à la fois du storytelling des grands lyricistes et d’une ambition visuelle digne d’un auteur de cinéma, invente ici sa propre mythologie sonore : le Mythic Trap.
Là où beaucoup se contentent d’empiler hi-hats et refrains mécaniques, Gane convoque pianos funéraires, chœurs fantomatiques et cordes dramatiques, comme s’il écrivait la bande originale d’une tragédie contemporaine. Leeches, morceau-phare déjà viral, claque comme un duel au crépuscule : basse saturée, percussions militaires, voix grave qui ne s’excuse de rien. Le reste de l’EP alterne ascensions brutales (Way Up), plongées abyssales (Drowning) et interludes contemplatifs où le beat se dissout dans l’écho d’un espace infini.
Ce qui frappe, c’est cette précision architecturale : rien n’est laissé au hasard. Ashwin Gane ne fait pas que raconter une histoire, il construit un univers — un territoire sonore où la trahison devient un motif récurrent, la résilience une arme, et chaque titre un chapitre de stratégie. On comprend pourquoi il préfère parler de “blueprint” plutôt que de simple disque : Twilight Tales est pensé comme un manuel de survie pour leaders discrets et conquérants silencieux.
Dans un paysage où la trap tourne souvent en rond, Ashwin Gane pousse les murs. Il prouve qu’en 2025, on peut être indépendant, ambitieux, et penser sa musique comme une œuvre totale — sans demander la permission.
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août 12, 2025C’est un morceau qui s’annonce comme un coup de semonce dans les artères de l’underground : Mirage, deuxième extrait de l’album Background Check, réunit trois générations de lyricistes et l’un des meilleurs turntablists de la planète dans un format brut, dense, sans concessions. DJ Mirage, producteur français au goût cinématographique pour les boucles et les textures, orchestre ici un véritable ballet de rimes, porté par la voix sombre et granuleuse d’Eto, le flow acéré d’Edo G et la narration impeccable de Masta Ace.
Tout, dans Mirage, respire la grande tradition du boom-bap new-yorkais, mais filtrée par un œil européen qui sait doser l’espace, la tension et la dramaturgie sonore. Les caisses claquent comme des portes métalliques dans un hall d’immeuble, les basses rampent au ras du bitume, les samples suintent l’asphalte humide d’un soir d’hiver. Et au-dessus de ce décor noir et dense, DJ Fly — quadruple champion du monde DMC — cisèle des scratchs qui ne sont pas de simples ornements, mais des armes rythmiques, tranchantes, presque chorégraphiques.
L’alchimie est rare : chacun des MCs habite la prod à sa manière, Eto en éclaireur inquiétant, Edo G en sage des ruelles, Masta Ace en conteur qui plie le temps. Mirage, lui, joue le rôle du metteur en scène invisible, capable d’unir des sensibilités et des époques dans un seul et même plan-séquence sonore.
Si Mirage est un avant-goût de Background Check, alors l’album à venir s’annonce comme un manifeste : celui d’un hip-hop qui ne cède rien à la nostalgie mais en garde la noblesse, la discipline et la rudesse, tout en affirmant que ses racines sont toujours vivantes — et armées.
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août 5, 2025Il y a des albums qui se fabriquent avec des stratégies marketing et des collaborations savamment calculées. DUE 4 A WIN, premier projet de T.Y., n’est pas de ceux-là. C’est un disque qui se vit plus qu’il ne s’écoute. Né dans les failles d’une existence bousculée par la perte d’un frère et d’autres deuils trop précoces, cet album a l’odeur d’un carnet intime qu’on aurait oublié sur une table de mixage. Entre les mains de T.Y., le rap redevient un langage premier : celui de la survie, du doute et de la rage rentrée.
Dès le morceau d’ouverture, “Due 4 A Win”, la voix se pose comme une confidence — presque trop basse pour être un hymne, mais trop chargée pour n’être qu’une intro. C’est la déclaration d’un homme qui a encaissé trop de défaites et qui réclame son tour. La production de Douggie, architecte discret mais déterminant de l’album, dégage une sobriété qui laisse l’émotion prendre le dessus : pas de démonstration inutile, juste une tension sous-jacente, un minimalisme qui amplifie le poids des mots.
Le second titre, “No Tomorrow”, prend le contre-pied en accélérant le tempo. Ici, T.Y. rappe comme s’il avait un compte à régler avec l’urgence, et la production s’emballe, laissant un parfum de film noir et de course contre la montre. Plus loin, “New Drama” brille par son écriture dense, un véritable exercice de style qui rappelle que T.Y. n’est pas qu’un narrateur introspectif, mais aussi un technicien du mot, capable de passer d’un récit personnel à une performance purement rapologique.
L’album atteint un sommet émotionnel avec “Rainfall”, où la voix d’Angie Candenas agit comme un baume sur les blessures laissées à vif par T.Y. C’est le morceau qui condense le mieux l’esprit du disque : un mélange de vulnérabilité et de détermination, un dialogue avec les fantômes et un appel à rester debout.
Plus lumineux, “Lead The Way” laisse entrevoir une promesse de reconstruction. T.Y. s’y autorise un souffle d’espoir, porté par une prod élégante qui serpente entre soul et boom bap. Quant à “Problems”, il offre une vision plus crue et frontale, comme une radiographie des cicatrices accumulées au fil des années.
DUE 4 A WIN n’est pas un album formaté pour les playlists à rotation rapide. C’est un disque qui demande de s’arrêter, d’écouter, de ressentir. T.Y. livre ici un témoignage brut, un premier chapitre qui ne cherche pas à séduire par la forme, mais qui touche par sa vérité. Dans un paysage rap saturé de surfaces lisses, cette rugosité, ce mélange de douleur et de lucidité, fait du bien.
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juillet 28, 2025Pas besoin de fumée ni de miroir. Avec Mafioso, Bagboy Blu plante une ambiance à la frontière du fantasme et du règlement de compte — un film noir revisité en 808 mineures, où le protagoniste rappe plus qu’il ne parle, un œil dans le rétro, l’autre sur l’avenir. C’est un morceau trap mais cinématique, à la croisée de The Sopranos et d’un freestyle de parking.
Le beat claque sec, lourd comme un coffre blindé, mais c’est dans les détails que Blu tisse sa toile : des sonorités glaciales, des nappes discrètes qui évoquent l’Italie sans l’exotiser, et une ligne de basse mafieuse, tout en tension. Le flow, lui, se love dans les interstices du beat avec une précision chirurgicale. Il n’y a ni précipitation ni esbroufe, seulement cette assurance qui fait de chaque mot une balle à blanc ou un tir réel.
Blu endosse ici le rôle du capo sans caricature. Pas de chaînes trop brillantes ni de storytelling de pacotille : son Mafioso est un personnage intérieur, une posture mentale. C’est le rap d’un type qui a dû se construire une armure morale et qui, au lieu de tirer partout, vise juste — parfois même contre lui-même.
On pense à Griselda pour le sens du détail, à Future pour le détachement toxique, mais aussi à la scène drill UK pour cette froideur élégante. Et pourtant, Bagboy Blu ne copie personne. Il murmure ses menaces comme des aveux. Mafioso, c’est la bande-son d’une solitude habillée en survet’, un trône en ruine sur lequel le roi doute, mais ne flanche jamais.
Un track à écouter en boucle dans le noir, ou la main sur la gâchette du cœur.
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juillet 28, 2025Il y a dans Destiny un parfum de solitude cosmique, une errance de nuit blanche passée à scruter les étoiles sans jamais décrocher de réponses. JonesInSpace livre ici un morceau qui a tout d’un carnet de bord d’un astronaute de l’âme, entre ego trip céleste et introspection sans oxygène. Loin des logiques trap ou boom bap trop terrestres, Destiny prend de la hauteur : les kicks sont discrets, la prod respire, les textures s’effilochent comme des traînées de comète. Un flow sobre mais magnétique s’impose, ni pressé ni détaché, comme s’il récitait une prophétie apprise dans un rêve.
Le titre s’ancre dans cette tradition d’un hip-hop onirique et alternatif à la Open Mike Eagle, Isaiah Rashad ou Mick Jenkins : un groove brumeux, du spoken word déguisé en rap, une instrumentation qui évoque plus la suspension que l’impact. Les synthés granuleux s’enroulent autour des mots, la ligne de basse avance à tâtons, et chaque silence est un battement de cœur entre deux décisions.
JonesInSpace ne joue pas au visionnaire, il parle simplement depuis son orbite. Destiny n’est pas une leçon, c’est une question lancée dans le vide, une exploration douce et lucide de ce qui nous pousse à continuer, même quand le sens se brouille. Pas besoin de punchlines spectaculaires ni d’effet de style : l’émotion est là, planante, en apesanteur.
Un morceau pour les insomniaques métaphysiques, les rêveurs fatigués, les astronautes du quotidien.
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juillet 28, 2025Pas besoin de casque ni de parachute, Adrenalina te balance direct dans le vide avec les nerfs à vif et les poings serrés. Krevo signe ici un uppercut sonore, une fusion incandescente entre trap incisif, rock moderne et rap alternatif à la sauce latino. Une montée d’angoisse canalisée en énergie brute, un cri intérieur transformé en pulsation rythmique — le morceau te prend à la gorge et ne te lâche plus.
Dès les premières mesures, la prod installe un climat tendu : 808 massifs, nappes menaçantes, puis ce flow tranchant qui débite comme une mitraillette à punchlines. Krevo rappe avec les tripes, lâchant des références pop-culture comme des grenades – Victorinox, Top Gun, Jackass – pour mieux tatouer son imaginaire sur la rétine de l’auditeur. Ce n’est pas du name dropping gratuit : chaque image sert le propos, chaque mot est une éraflure dans le miroir.
Et puis surgissent les guitares. Brutes, saturées, elles n’arrivent pas en gimmick mais en point d’orgue dramatique, en carburant pour la dernière ligne droite. Le morceau prend feu sur un final en double tempo, où Krevo lâche les freins pour entrer en transe verbale. On pense à Machine Gun Kelly époque Tickets to My Downfall, à Duki version catharsis, mais aussi à Eminem dans ses moments les plus urgents.
Adrenalina n’est pas juste une chanson pour “s’échauffer avant le sport” — c’est un manifeste de survie émotionnelle. Un titre pour les jours où l’on brûle de l’intérieur, où il faut que ça sorte, que ça explose, que ça répare aussi. Une claque sous stéroïdes pour ceux qui refusent de sombrer sans se battre.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui sentent le bitume tiède et les rêves en rodage. 1 DAY, de Zanotti, est de ceux-là. Un track frontal, sans détour, où chaque punchline tape comme un uppercut dans le plexus de la procrastination. C’est du rap motivé, motivant, pas dans le cliché “rise and grind”, mais dans une sincérité crue : tu veux un truc ? Va le chercher. Un jour. Mais pas sans t’y mettre aujourd’hui.
Sur une prod boom-bap modernisée, aux drums claquants et à la ligne de basse qui roule comme un train de banlieue lancé, Zanotti balance ses couplets avec une urgence maîtrisée. Le flow est limpide, tonique, presque martial, mais jamais agressif — on est dans l’appel au dépassement, pas dans la posture.
Puis surgit Persepolis, en français dans le texte, et ça percute : “Tant qu’on a l’air, on a l’heure / Le succès n’a pas d’agenda / Mais faut lui courir après, frère.” Son accent mêlé d’outre-Manche ajoute un charme bancal, mais justement, ça fonctionne : ce morceau n’est pas léché, il est réel. Deux voix, deux langues, deux visions croisées d’un même objectif : persister. Grandir. Percer. Et ne pas attendre la validation de personne pour le faire.
Pas de refrain mielleux, pas d’autotune, pas de gimmick TikTok-ready. 1 DAY, c’est un hymne pour ceux qui vivent leur come-up dans l’ombre, avec la dalle et le doute comme seuls compagnons. C’est du rap de débrouille, mais qui vise haut — comme une main levée vers un ciel qu’on rêve de redessiner. Un jour. Inchallah.
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juillet 28, 2025Un beat sec, sans esbroufe, à l’ancienne. Une nappe sombre, un kick qui claque comme une porte qu’on referme sur ses illusions, et puis cette voix : granuleuse, tendue, plus tranchante qu’un scalpel dans un couloir d’hôpital de nuit. Shot Down n’est pas un morceau, c’est un verdict. Celui d’une génération de MCs qui refusent de baisser les yeux, même quand la vie leur colle un canon sur la tempe.
JRoberts, figure torontoise de l’underground au flow droit comme un uppercut dans les règles, s’associe ici à Ren Thomas pour un échange à balles réelles. C’est du BoomBap pur jus, dans la lignée des Prodigy, AZ ou Roc Marciano : pas de gimmicks, pas d’autotune, juste du vécu jeté sur des mesures comme des pavés dans une vitrine.
Le flow de JRoberts est tendu à l’extrême, précis sans jamais perdre sa rage. Il balance des images comme on balance des vérités qu’on n’a pas envie d’entendre. La rue n’est pas ici un cliché romantique : c’est un décor gris, avec ses codes, ses fantômes, ses pièges. On y sent le froid du trottoir, les ombres qui passent, la routine du danger. Ren Thomas, de son côté, entre comme un frère d’armes : voix rocailleuse, débit implacable, il parachève le tableau avec une maîtrise clinique et une sincérité sans vernis.
Mais au-delà du flow, ce sont les arrangements qui méritent le détour : production minimaliste et granuleuse signée dans la plus pure tradition East Coast, sample crissant qui semble sortir d’un vieux vinyle retrouvé sous la poussière, et une dynamique old school parfaitement assumée, qui fait la part belle aux silences tendus autant qu’aux punchlines chirurgicales.
Shot Down n’a rien d’un morceau de plus dans la playlist d’un algorithme. Il s’écoute les yeux ouverts, dans la pénombre d’un monde qui chancelle. C’est une lettre ouverte aux oubliés, aux pères épuisés, aux poètes de béton qui continuent d’écrire quand tout pousse à se taire.
Et si vous pensiez que le rap conscient avait déserté les trottoirs, écoutez Shot Down. Il est toujours là. Plus affûté que jamais.
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juillet 28, 2025Il n’attend pas qu’on l’invite. Il force la porte, sans fracas mais avec la détermination de ceux qui n’ont jamais rien eu à perdre, et encore moins à prouver. On The Rise, le nouveau single de CZZ, n’est pas un cri, c’est un grondement. Un souffle long, contenu, tendu comme un câble électrique qui menace d’exploser à chaque mesure.
Ici, le trap ne clignote pas dans les néons : il rampe sous la peau. La production minimaliste, presque claustrophobe, laisse la voix au premier plan — brute, sèche, tranchante. Pas de gimmick gratuit, pas de mélodie enjôleuse. Juste un rythme martial, coupé à l’os, et des basses qui font vibrer les organes. On pense à l’énergie early de 21 Savage ou au dépouillement d’un Lil Durk première époque, mais avec une gravité moins théâtrale, plus enracinée.
On The Rise ne parle pas de réussite, mais de cette zone grise qui précède : celle où le rêve est encore flou, où l’ambition flirte avec la paranoïa. CZZ ne se pose pas en héros, ni en martyr. Il raconte l’entre-deux, le dur réel, sans posture. C’est cette honnêteté-là qui frappe. Dans un monde saturé de performances et d’apparences, son flow carré, presque désabusé, sonne comme une déclaration froide et lucide : il monte, oui, mais il sait ce que ça coûte.
Et c’est sans doute là que réside la force du morceau : dans sa capacité à faire sentir le poids de chaque pas, sans jamais trahir l’élan. Une montée sans champagne ni feux d’artifice, mais avec une certitude : le sommet se mérite dans le silence.
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juillet 28, 2025Pas de gimmick, pas de détour. CALL IT WHAT IT IS frappe comme un pamphlet électrique, une prière sans foi à ceux qui détournent le regard. Sur une production hybride entre hip-hop alternatif, house déstructurée et RnB abrasif, Webmoms et Dizraeli s’unissent pour livrer une charge politique aussi froide que vitale. Ici, chaque mesure est une balafre, chaque ligne une alerte. Ce n’est pas une chanson, c’est un cri pensé.
Dizraeli, qu’on connaît pour son spoken word viscéral, sculpte des vers à l’os, sans lyrisme de trop, sans vernis émotionnel — juste la vérité nue, celle qu’on préfère ignorer. Les chiffres tombent comme des balles, les noms comme des pierres. La voix, posée mais insoumise, semble lire un rapport d’autopsie sur une humanité qui aurait raté sa chance de rester debout.
Face à lui, Webmoms construit une architecture musicale élastique et grave. La rythmique tangue, presque incertaine, comme si elle-même refusait la linéarité. Des nappes électroniques viennent hanter l’espace, tandis que les basses claquent comme des rappels à l’ordre. On pense à James Blake en colère, à Burial sans sommeil, à un Tricky plus lucide que jamais.
CALL IT WHAT IT IS ne cherche pas à séduire. Il accuse. Il documente. Il dérange. Et c’est précisément ce qui le rend indispensable. À l’heure où l’opinion publique se dilue dans des posts sans mémoire, cet hymne brûlé par l’indignation rappelle qu’il existe encore des artistes qui regardent le monde en face, sans filtre, sans compromis. Un acte de résistance sonore.
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juillet 27, 2025Ils arrivent sans fracas, mais laissent des cicatrices. People Change n’est pas une punchline à scander dans un cypher. C’est un constat à murmurer aux fantômes du passé. Avec ce titre, Killer Crab Men et Self Dialect signent un morceau à la fois rugueux et contemplatif, là où le boom bap classique devient le canevas d’un récit désillusionné, presque fataliste — mais jamais cynique.
La prod semble surgir d’un vieux vinyle resté coincé dans un grenier de l’âme : piano lo-fi brisé, caisse claire sourde, nappes poussiéreuses. On pense à DJ Premier, à Evidence, à ces beatmakers qui savent que la nostalgie a une texture granuleuse. Mais ici, ce n’est pas juste pour la vibe. Chaque couche sonore porte un poids, une mémoire, un nom qui s’efface.
Self Dialect entre dans le morceau comme on entre dans une pièce vide. Son flow est calme, presque clinique, mais chaque mot est une charge émotionnelle en veille. Il parle du changement comme d’une mue inévitable, douloureuse mais vitale. Pas de storytelling romantique — juste la réalité des distances qui s’installent, des liens qui se dénouent, des visages familiers qui deviennent étrangers.
Et Killer Crab Men n’est pas là pour décorer. Leur approche de la production est chirurgicale : tout est placé avec intention, rien ne dépasse, et pourtant tout semble prêt à exploser à l’intérieur. L’économie du son sert ici à amplifier le propos. C’est dans les silences que le morceau respire. C’est dans les creux que l’émotion s’ancre.
People Change n’a pas besoin de refrain catchy ou de climax artificiel. C’est une capsule de lucidité, un petit chef-d’œuvre de sobriété et de justesse. Une chanson à écouter seul, tard, quand les souvenirs tapent plus fort que les basses. Un rappel que changer, ce n’est pas trahir — c’est parfois survivre.
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juillet 27, 2025Smokey, c’est ce genre de track qui ne se laisse pas saisir à la première écoute. Il rôde, il serpente, il attend dans l’ombre que votre attention se relâche pour frapper — non pas avec force, mais avec justesse. Le MC Chepps, digne héritier de l’école du verbe aiguisé, livre ici un titre d’une intensité feutrée, où chaque mot semble avoir été tourné sept fois dans la tête avant de trouver sa place sur le beat.
Dès l’intro, on sent que quelque chose couve : un sample distordu, presque spectral, qui rappelle les atmosphères d’Earl Sweatshirt ou de MIKE, un groove en clair-obscur, une ligne de basse qui bat comme un cœur inquiet sous un sweat à capuche trop large. Le tempo est lent, mais pas mou — c’est le tempo de ceux qui marchent seuls la nuit, le col remonté, les pensées vrillées.
Chepps pose sa voix avec une nonchalance nerveuse. Ça ne crie jamais, mais ça cogne. Les punchlines ne cherchent pas le show-off, elles visent plus bas : là où ça fait mal. L’artiste navigue dans un spoken word semi-mélodique, entre spleen urbain et lucidité politique. C’est du rap d’après minuit, du rap pour les jours sans soleil, mais aussi une déclaration d’existence pour ceux qui n’ont pas la voix la plus forte mais des choses à dire.
Dans sa construction, Smokey est une réussite de minimalisme maîtrisé. Aucun effet superflu, chaque silence est pesé, chaque mesure semble attendre quelque chose qu’elle ne dira jamais. Le morceau tient en équilibre entre l’intime et l’universel, comme si l’errance d’un seul devenait la bande-son des désenchantés d’une génération.
Chepps ne joue pas dans la lumière. Il préfère la fumée. Celle qui brouille les contours, mais éclaire l’intérieur.
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juillet 27, 2025Dans un monde qui exige qu’on s’explique avant même d’exister, Who I Am de Noor est un coup de poing doux dans la façade des regards biaisés. Une lumière — divine, certes, mais indocile. Le morceau ne cherche pas à convaincre, encore moins à plaire. Il affirme, il trace, il s’élève.
Née des rues grises de Chicago et portée par l’étendard d’une foi trop souvent caricaturée, Noor ne rappe pas pour s’intégrer : elle rappe pour rappeler qu’elle était là bien avant qu’on daigne la regarder. Le mot « Noor » — lumière, en arabe — devient ici plus qu’un nom d’artiste. C’est une mission. Une aura que personne ne pourra éteindre.
Sur une prod trap-pop hybride, aux basses moelleuses mais percutantes, elle pose une voix claire, maîtrisée, qui navigue entre mélodie urbaine et confession frontale. Pas de surjeu. Pas de posture. Juste une sincérité qui claque, une lucidité qui brille là où tant d’autres brillent pour oublier.
Il y a quelque chose d’audacieux à mêler spiritualité et street culture, à parler de soi sans fard dans un genre souvent saturé de faux-semblants. Et Noor réussit là où beaucoup échouent : faire du rap une prière sans dogme, un miroir sans filtre, une déclaration de paix dans un monde trop bruyant.
Who I Am n’est pas une introduction. C’est un retour d’âme. Une revendication douce, mais inébranlable, qui rappelle que dans le chaos de l’identité contemporaine, il existe encore des voix qui savent exactement d’où elles viennent — et où elles veulent aller.
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juillet 27, 2025Il y a dans cette chanson le parfum moite d’un amour avorté, celui qu’on continue de traîner comme une fièvre, même quand la personne est déjà partie. Pas de cris, pas d’effondrement dramatique — juste un glissement lent et triste, comme une lumière au néon qui vacille sur du carrelage fendu. under moon, NEON blÜ, c’est la bande-son d’un cœur qu’on ne voulait plus ouvrir et qu’on a quand même laissé pénétrer.
Rai Anvio ne chante pas, il murmure dans l’ombre d’un ventilateur fatigué. Dans un studio exigu à Jakarta, entre un plafond trop bas et des murs trop pleins de silence, il déroule le fil d’une obsession douce-amère, façon journal intime sous Lexapro. La prod trap est minimaliste, mais tout sauf vide : beats étouffés, textures élastiques, nappes synthétiques presque liquides — comme si Frank Ocean avait croisé les ruelles de 88rising.
Les arrangements flirtent avec la tension ambiante : tout est feutré, feint, presque en suspension. On attend l’explosion, mais elle n’arrive jamais. C’est ça le piège. Comme cette relation. La basse vibre à peine, elle respire. Les silences comptent autant que les mots. Chaque note semble retenue, comme si elle avait peur d’en dire trop. Ou pas assez.
On devine un garçon qui n’a jamais vraiment su comment aimer sans se perdre. Qui a cru qu’en baissant la garde, il trouverait enfin quelqu’un pour l’habiter sans l’envahir. Mais l’autre a tout pris. Et ce morceau, c’est le résidu mélancolique de cette invasion. Une confession éparse, écrite sur les murs mentaux d’un cœur bunkerisé.
Rai Anvio signe ici une micro-odyssée sentimentale : un slow toxique qui s’écoute seul, casque vissé, lumières tamisées, cicatrices ouvertes. Ce n’est pas un tube, c’est un écho. Et ça hante.
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juillet 27, 2025Ça commence comme une virée sans but un soir d’été trop chaud : un beat moelleux mais inquiet, une boucle qui claque comme des phares dans le brouillard, et cette voix, écorchée mais fière, qui déboule dans le morceau comme un môme en survêt’ dans une galerie d’art. Billy White ne rappe pas, il raconte — à mi-chemin entre l’aveu et le manifeste.
Bootsy Collins, c’est pas juste un clin d’œil funky : c’est une manière de survivre avec style. De poser ses rêves sur des trottoirs bancals. D’habiller ses cicatrices avec des lunettes dorées et des riffs de synthé velours. Le nom brille, l’histoire cogne. Derrière les paillettes du titre, il y a l’écho d’une jeunesse qui joue à cache-cache avec la violence du réel.
Billy White glisse entre les mesures comme un funambule sans filet. Il a le souffle des mecs qui ont grandi trop vite, et la lucidité de ceux qui observent tout, tout le temps. Les lyrics sont tendus comme une corde raide — pas de punchlines pour impressionner, juste des vérités balancées avec une élégance presque fatiguée. On pense à Vince Staples pour la sécheresse, à Mick Jenkins pour l’intelligence posée, mais Billy a ce truc à lui, une espèce de classe désinvolte trempée dans la crasse.
La prod, elle, groove en filigrane. Pas tape-à-l’œil, pas lo-fi non plus — un entre-deux parfait. Une ligne de basse qui t’accompagne comme une pensée lancinante. Un rythme assez lent pour laisser les mots respirer, assez précis pour les cadrer. C’est une bande-son de ville, de doutes et de regards en coin. Une BO pour ceux qui traînent dehors parce qu’ils n’ont nulle part où aller, mais aussi pour ceux qui rêvent de s’en sortir, sans jamais trahir l’endroit d’où ils viennent.
Bootsy Collins, c’est un morceau qui marche seul. Comme son auteur. Et il a beau lever la tête vers les étoiles, ses semelles restent pleines de poussière. La classe, la vraie.
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juillet 27, 2025Il y a des morceaux qui débarquent comme des uppercuts dans la mâchoire du silence. Eddie Kane, de NilexNile, fait partie de ceux-là. Pas besoin d’un beat hystérique ou d’une surenchère d’effets — juste une ligne de basse souple, un sample qui craque comme une photo d’archive, et une voix qui déroule un récit comme on tirerait un fil de pull jusqu’à l’os.
Nile vient de Milwaukee, mais Eddie Kane ne sent pas le Midwest : il sent la cave, la scène poisseuse, le vinyle qui saute. Son flow, lui, glisse comme une lame dans l’eau tiède — tranchant, mais jamais pressé. Il pose ses couplets comme on raconte une vérité qu’on a trop longtemps gardée. C’est du rap à hauteur d’homme, avec les failles en pleine lumière.
Le titre, évidemment, convoque l’image du chanteur brisé dans The Five Heartbeats, icône de la gloire trop courte et des lendemains sans projecteurs. Mais NilexNile ne fait pas dans le mimétisme. Il actualise le mythe. Son Eddie Kane n’est pas juste une référence ciné ; c’est un état d’âme. Celui de l’artiste qu’on a trop vite jugé, trop peu compris, et qui revient avec un micro en guise de testament.
Musicalement, c’est du minimalisme élégant : un beat organique, un sample discret qui évoque la soul usée d’un disque Motown oublié, et une dynamique qui respire. Nile sait quand ralentir, quand suspendre la phrase, quand laisser le silence parler. C’est du storytelling maîtrisé, nourri à Isaiah Rashad, Vic Mensa, et aux silences brillants de The Internet.
Mais surtout, c’est un texte qui refuse la posture. Ici, pas de gimmick. Juste un regard, une plume, un vécu. Une confession mise en boucle. Une renaissance, peut-être, ou au moins une tentative.
NilexNile ne cherche pas à plaire — il cherche à toucher. Eddie Kane, c’est un miroir pour ceux qui doutent, pour ceux qui ont goûté l’amertume du “presque”, du “trop tard” ou du “pas encore”. Mais surtout, c’est la preuve que parfois, la chute est plus noble que la gloire.
Et si ce n’est pas encore la scène principale, on sent qu’il s’y dirige. Avec calme. Avec feu. Avec classe.
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juillet 22, 2025Le moteur ronronne, la fumée de Montecristo flotte dans l’habitacle, et les basses font vibrer les portières d’une Cadillac imaginaire. Montecristo (Just Ride) n’est pas un simple morceau. C’est une invitation. À ralentir, à s’installer dans le siège en cuir chaud du hip-hop alternatif, à se laisser porter par le flow comme on regarde défiler le paysage sur une highway du Sud.
O.G. Soul et B. Griff construisent ici une production hybride qui réunit les extrêmes : des kicks lourds comme la trap, des nappes soulful presque cinématographiques et un groove langoureux qui évoque les grandes heures du G-Funk. C’est à la fois rugueux et élégant, calibré pour les block parties comme pour les nuits solitaires.
Le flow, posé mais assuré, raconte des histoires de routes et de cicatrices, de survie et de rédemption. Pas de surenchère gangsta, pas de morale forcée : juste la voix d’un narrateur qui a vu la poussière des routes du Sud, qui a connu les ombres mais préfère parler de lumière. Le refrain, accrocheur sans être racoleur, agit comme un mantra : rouler, exister, respirer.
On pense à OutKast pour l’audace, à UGK pour le groove sudiste, mais O.G. Soul + B. Griff imposent leur propre esthétique, celle d’un hip-hop qui refuse les étiquettes et qui trouve sa force dans l’espace entre les genres.
Montecristo (Just Ride) est une capsule sonore qui sent le tabac, l’asphalte chauffé au soleil et la liberté retrouvée. C’est le genre de morceau qui se déguste en voiture, fenêtres ouvertes, volume à fond, quand la seule destination qui compte est celle qu’on choisit soi-même.
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juillet 22, 2025Un 808 qui gronde comme une tempête intérieure. Des hi-hats acérés qui hachent le silence. Et cette voix, lourde de vécu, qui déboule sans filtre, mi-crachée, mi-avalée, comme si chaque ligne servait à exorciser un démon de plus. SPLIT n’est pas une track de trap pour faire danser. C’est un éclat d’âme, brut, qui transforme le chaos émotionnel en musique.
Chaunccapone y fait exploser ses contradictions. Les couplets oscillent entre agressivité contenue et fatigue palpable, un flow tantôt saccadé, tantôt glissant sur l’instrumental comme une lame sur une flaque d’huile. L’écriture, viscérale, capture ce moment où l’on se sent à la fois prêt à tout brûler et incapable de bouger.
La production est minimaliste mais lourde de sens : basses abyssales, nappes sombres qui s’étirent comme un plafond de nuages, et une rythmique qui avance avec la lenteur d’un cœur qui bat trop fort. On pense aux atmosphères de Future période HNDRXX, à la noirceur d’un 21 Savage, mais Chaunccapone impose une signature plus brute, moins clinique, presque DIY dans l’énergie.
SPLIT est un morceau de rupture au sens large. Rupture avec les autres, avec soi-même, avec une version antérieure qui refusait de faire face. Pas de refrain catchy, pas de mélodie pour adoucir le propos : ici, tout est dans la répétition obsédante des basses et la sincérité désarmante du delivery.
C’est une piste à écouter seul, casque vissé, quand la ville dort et que les pensées reviennent cogner aux tempes. Chaunccapone ne cherche pas la validation. Il documente une faille, et dans cette faille, il pose un beat qui résonne comme une alarme sourde.
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juillet 21, 2025Une 808 qui bat comme un cœur fatigué. Des accords vaporeux qui s’étirent dans l’air, presque éthérés. Et puis cette voix, mi-parlée, mi-chantée, qui s’invite comme un murmure de journal intime laissé ouvert sur une table. Supreme Art ne cherche pas à frapper. Il caresse, il racle doucement sous la peau, il tient plus de la confession nocturne que de l’hymne tapageur.
Eidon navigue ici entre cloud hop et emo hip-hop avec une aisance qui étonne. La production minimaliste laisse de l’espace : les basses sont rondes, les synthés s’effilochent comme de la fumée, et les percussions se font discrètes, presque effacées. Le morceau ressemble à une chambre en désordre, éclairée par une veilleuse, où chaque élément respire la mélancolie douce et l’introspection.
La voix d’Eidon est le centre de gravité. Elle ne cherche pas à séduire par la performance mais par la sincérité. Il y a quelque chose de Post Malone dans la fragilité, une filiation à XXXTentacion pour la vulnérabilité crue, et un soupçon de Juice WRLD dans cette manière de faire de la peine une mélodie. Mais Supreme Art ne copie pas. Il digère ses influences pour en extraire un ton unique, celui d’un artiste qui écrit pour survivre à ses propres tempêtes.
Le refrain est un vertige, une boucle mélodique qui accroche l’oreille sans jamais exploser. Pas de drop spectaculaire, pas de climax : juste une ligne qui revient comme un mantra, parfaite pour ces soirs où l’on se parle à soi-même.
Supreme Art est une capsule de douceur sombre, un espace suspendu entre douleur et espoir. C’est un morceau qui ne fait pas de bruit mais qui reste, longtemps, dans la tête et dans la poitrine. Le genre de track qui transforme un moment ordinaire en paysage intérieur.
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juillet 21, 2025Un beat glacial monte en spirale, percussions fines comme des coups d’ongles sur une vitre, basses qui grondent dans les entrailles. Ghost ne crie pas, il hante. Ha$an y dépose ses mots comme des échos dans une maison vide, chaque syllabe résonne dans l’espace, lourde de souvenirs et de regrets.
La production joue la carte du minimalisme sombre : trap lente, nappes synthétiques éthérées, hi-hats qui tracent des lignes droites et inquiètes. L’atmosphère est nocturne, presque claustrophobe, mais elle laisse respirer la voix de Ha$an. Une voix grave, légèrement voilée, qui semble venir d’un ailleurs. On y sent l’héritage de Kendrick Lamar pour la précision narrative, la mélancolie flottante d’un Isaiah Rashad, et cette intensité contenue qui rappelle le Mac Miller de Swimming.
Dans Ghost, Ha$an parle depuis les marges. Les couplets sont des fragments, des pensées dispersées, des souvenirs d’une époque où il était présent mais invisible. Le refrain agit comme un mantra : l’idée de disparaître, de se retirer du vacarme, de devenir une silhouette qu’on ne peut plus atteindre. C’est à la fois une fuite et une affirmation.
Ce morceau est une mise à nu. Là où beaucoup de tracks trap jouent la surenchère, Ghost mise sur la fragilité. La voix est à peine retouchée, presque chancelante par moments, et cette vulnérabilité est précisément ce qui donne sa force au morceau. On a l’impression d’entendre quelqu’un qui parle bas pour ne pas se briser.
Ghost confirme la capacité de Ha$an à créer des titres où la technique se fond dans l’émotion, où le rap devient plus qu’un exutoire : une cartographie des failles et des renaissances. C’est du hip-hop de l’ombre, beau, brut, qui préfère frapper au plexus qu’à la tête.
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juillet 21, 2025Il y a ce beat qui frappe sec, sans détour. Une boucle qui sent le bitume et le sang-froid, comme une bande-son taillée pour une montée d’adrénaline. Puis la voix de Ha$an surgit, tranchante, habitée, prête à prouver au monde qu’elle n’a plus rien à cacher. Dangerous n’est pas un simple single. C’est un manifeste. Un avertissement. Le genre de morceau qui transforme un MC en prétendant sérieux au trône.
Dans ce titre, Ha$an se réinvente. Fini l’introspection fragile de Beauty Is Madness. Ici, la plume est acérée, le flow millimétré, les punchlines débordantes de confiance. Il y a quelque chose de Kendrick dans la tension narrative, un soupçon d’Ab-Soul dans la densité verbale, et cette rage maîtrisée. Mais Ha$an ne copie personne. Il condense son vécu, ses 19 années d’écriture, ses influences et ses frustrations dans un couplet après l’autre, comme s’il vidait un chargeur.
La production est brute, presque spartiate. Pas de superflu : un beat boom bap en acier trempé, une ligne de basse qui gronde comme un moteur au ralenti, et quelques touches atmosphériques qui suffisent à installer une tension cinématographique. On sent les racines East Coast, mais le morceau respire aussi une modernité West Coast dans l’espace qu’il laisse à la voix.
Là où d’autres rappeurs jouent la posture, Ha$an incarne chaque mot. On l’entend défendre sa place, non pas par arrogance, mais par nécessité. Ce “Dangerous” qu’il revendique, c’est moins une menace pour les autres qu’une promesse envers lui-même : ne plus se retenir, ne plus douter, devenir cet artiste qu’il a toujours su être.
Dans un rap game saturé de clones, Dangerous frappe comme une anomalie. Brutal, précis, organique. Et surtout, authentique. Ha$an y prouve qu’il n’a pas besoin de suivre la mode pour imposer sa voix. Elle est déjà assez puissante pour que le monde tende l’oreille.
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juillet 21, 2025Il y a cette ligne de basse ronde, presque veloutée, qui roule sous les pieds comme un tapis de groove. Le beat, à la fois sec et feutré, claque dans l’air chaud d’un studio enfumé. Et puis les voix. Pas une, mais cinq, qui se succèdent, se chevauchent, se répondent comme dans une conversation où chaque mot pèse, chaque silence aussi. Better est moins une chanson qu’un espace de respiration collective.
Cam Be et son équipe ne cherchent pas l’effet de manche. Pas de refrains calibrés pour les playlists, pas de hooks criards. À la place : un flow continu, organique, où les idées circulent comme une énergie électrique. Neak ouvre le bal avec un phrasé élégant, presque nonchalant, la diction d’un MC qui maîtrise son art sans avoir besoin de hausser le ton. Rashid Hadee enchaîne avec une lucidité plus acérée, des images qui percutent sans forcer. Yaw, lui, apporte une vibration plus soulful, une voix qui glisse et accroche, comme une lumière entre deux immeubles.
La production tisse un pont entre le passé et le présent. On y entend l’écho de J Dilla dans ces beats au groove imparfait, de The Roots dans la richesse instrumentale, et cette touche Neo-Soul qui adoucit le propos sans le diluer. Sam Thousand vient parfaire le tout avec une chaleur vocale qui transforme le titre en confession collective, en appel à se relever, encore et encore.
Better est un morceau qui refuse l’urgence hystérique de l’époque. Il prend son temps, s’étire, respire. C’est une méditation en mouvement, un rappel que l’évolution est un processus, pas un slogan. Ce n’est pas seulement du hip-hop ou du soul : c’est un dialogue entre générations, entre blessures et espoirs, entre hier et demain.
Dans un paysage saturé de bangers éphémères, Better sonne comme une anomalie précieuse. Le genre de morceau qu’on réécoute la nuit, casque vissé, en laissant les mots et les basses recoudre quelque chose en nous.
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juillet 21, 2025Ça démarre comme une respiration qu’on n’attendait plus. Un souffle au ralenti, qui flotte au-dessus d’un piano écorché. Le genre de production qui ne cherche pas l’effet, mais installe un climat, lourd et élégant à la fois. MooreBeats construit ici un écrin minimaliste : basses profondes, percussions en clair-obscur, quelques notes suspendues qui rappellent que le silence peut parfois dire autant qu’un flow.
DMENTID entre en scène le premier. Sa voix est une lame rouillée, usée par le temps mais qui tranche encore. Son delivery n’est pas là pour plaire, il est là pour exister, pour dire que derrière la façade il y a les nuits blanches, les échecs, les survivants. LongLivePhoenix prend le relais, presque en apesanteur, sa fluidité contrastant avec la rugosité des autres, comme une éclaircie fugace dans un ciel chargé.
Puis vient Amillyon, plus nerveux, plus urgent, qui resserre le morceau comme une prise de conscience. Mr. L ferme la marche avec une assurance tranquille, celle des rappeurs qui n’ont plus besoin de hausser le ton pour imposer le respect. Ensemble, ils créent une dynamique rare : un dialogue, pas une démonstration d’ego.
Le refrain agit comme un point d’ancrage. Pas une punchline à répéter en boucle, mais une respiration, une invitation à tenir bon. Smile n’est pas un banger, c’est un état d’esprit. Ici, le sourire n’est ni naïf ni forcé. Il est celui qu’on esquisse après avoir encaissé, après avoir compris que sourire, parfois, c’est déjà gagner.
Ce morceau rappelle que le rap peut être un lieu de tension et de tendresse. Il a la rugosité des trottoirs et la douceur des matins calmes. Il fait penser à ces titres de Nas qui se refusent au spectaculaire, ou aux tracks de J. Cole qui parlent bas mais frappent fort. C’est une pièce de rue, une confidence murmurée entre deux beats. Et c’est précisément cette retenue, cette humanité brute, qui donne envie d’y revenir.
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juillet 21, 2025Un beat qui claque comme un briquet dans la nuit, une ligne de basse qui groove avec la nonchalance d’un taxi new-yorkais dans les 90’s, et cette voix qui surgit, grinçante, charismatique, directement héritée d’un âge d’or où le flow était une arme de poing. CREAM de Hew G. x IG n’est pas un hommage au passé. C’est une réincarnation.
Dès l’intro, impossible de ne pas penser à Method Man : un ton brut, street, un timbre qui accroche l’oreille comme une rature sur du papier lisse. Puis vient ce flow à la ODB, désarticulé, joueur, imprévisible, qui donne au morceau une tension délicieuse entre chaos contrôlé et efficacité redoutable. CREAM respire le New York des mixtapes, mais transpire aussi une modernité sync-friendly, calibrée pour faire vibrer des pubs, des séries, des bandes-son MTV.
La production, entre boom bap classique et bounce subtil, déroule un tapis sonore organique. Les kicks sont secs, les snares claquent, les samples grincent doucement dans l’arrière-plan, comme si le morceau sortait d’un MPC poussiéreux branché sur un système dernier cri. Cette double esthétique donne à CREAM un équilibre rare : vintage mais actuel, sale mais lisse, brut mais prêt pour les playlists mainstream.
C’est ce mélange qui rend la track irrésistible. Pas besoin d’un storytelling alambiqué : l’attitude suffit. Hew G. x IG rappent avec la certitude tranquille des anciens, mais la fraîcheur nerveuse des rookies qui n’ont rien à perdre. Chaque punchline semble taillée pour les coins sombres d’un club comme pour la lumière agressive d’un plateau télé.
CREAM est une capsule temporelle qui refuse de rester enfermée. Ici, le passé sert de tremplin, pas de musée. Et quand le morceau s’éteint, on a cette étrange impression d’avoir entendu une archive redessinée au surligneur fluo : le hip-hop de demain pourrait bien ressembler à ça.
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juillet 21, 2025Ça sent la poussière du bitume, la sueur froide des nuits sans sommeil, et ce frisson unique quand un artiste décide de ne plus encaisser, mais de rendre coup pour coup. Avec Haters Pressed, Nuk ne se contente pas de rapper : il cogne, il s’élève, il transforme les regards en biais en carburant pour aller plus haut.
Le beat est lourd, granuleux, traversé de basses qui grondent comme des moteurs en pleine course. Nuk y pose un flow acéré, presque animal, qui tranche l’air avec une précision chirurgicale. On sent derrière chaque mesure l’énergie d’un gamin de Brooklyn devenu homme en Pennsylvanie, forgé par les désillusions et les ambitions. Pas de posture artificielle ici. Nuk est dans le réel, dans le vécu, et ça s’entend.
Haters Pressed est un manifeste de résilience taillé pour ceux qui avancent malgré les regards qui jugent, pour celles et ceux qui connaissent la brûlure du doute mais refusent de s’arrêter. Dans l’univers de Nuk, la haine ne fait pas peur. Elle amuse. Elle galvanise. Elle prouve qu’il est sur la bonne route.
Ce morceau marque une étape clé pour cet artiste en pleine ascension. Avec sa voix qui sonne comme une promesse tenue et une production qui ferait trembler les murs d’un club à 3h du mat, Nuk annonce qu’il ne jouera pas petit. Et quelque chose nous dit qu’il n’a même pas encore lâché son coup le plus fort.
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juillet 17, 2025Imagine une nuit trop longue pour finir, un club aux néons liquides où le temps s’efface, et toi, flottant entre l’euphorie et le vertige. AMNESIÄ de NYLON & MAJOR a cette énergie trouble, presque narcotique, qui te happe avant même que tu t’en rendes compte. Le duo y mélange les codes du trap et les effluves pop avec une audace qui rend la frontière entre les genres aussi floue que leurs intentions.
La production est à la fois glaciale et moelleuse, comme une caresse qui cache une morsure. Les 808 grondent sous des nappes synthétiques brumeuses, créant une tension qui oscille entre extase et menace. C’est un morceau qui ne cherche pas la pureté : il s’amuse avec les contrastes, fait cohabiter le minimalisme du trap et la rondeur mélodique d’un pop rap qui refuse de choisir entre la nuit et le jour.
NYLON & MAJOR jouent ici sur un double registre : celui du danger et de l’attraction. AMNESIÄ n’est pas qu’un titre, c’est une sensation. Une amnésie volontaire, ce moment où l’on décide de laisser tomber le contrôle pour mieux se perdre. Et c’est précisément cette ambiguïté qui rend le morceau irrésistible.
C’est un hymne pour les fêtards insomniaques, les cœurs cabossés qui trouvent leur salut dans la fuite en avant. Avec ce track, le duo affirme une identité qui refuse les étiquettes, préférant ouvrir des brèches dans le paysage trap-pop contemporain pour y glisser leur propre poison sucré.
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juillet 17, 2025Il suffit de quelques secondes pour sentir l’air chaud, pour entendre le bitume crépiter sous le soleil et pour deviner les silhouettes dansantes autour d’un barbecue. Cali Vibin n’est pas juste une chanson : c’est une carte postale sonore, une injection de West Coast pure distillée par Ice Meez avec la précision d’un alchimiste.
Le morceau convoque l’héritage du G-Funk sans jamais s’y enfermer. Il y a ce bounce intemporel, ces basslines qui coulent comme du miel, et ce talkbox nostalgique à la Roger & Zapp qui plane comme un fantôme bienveillant. Pourtant, rien ici ne sent la poussière. Ice Meez enrobe ce classicisme d’une production soyeuse, punchy, résolument contemporaine. L’énergie est solaire, les mélodies glissent, les beats claquent avec assez de rondeur pour séduire plusieurs générations à la fois.
C’est une bande-son pensée pour toutes les situations où l’on oublie le temps : un house party qui dérape en after sous les étoiles, une après-midi piscine où les rires se mêlent aux vapeurs de chlore, une nuit de club où l’on se surprend à sourire en se disant qu’on ne veut plus jamais partir. Le morceau a cette capacité rare à fédérer, à devenir universel sans jamais perdre son ancrage local.
Avec Cali Vibin, Ice Meez réussit ce que peu d’artistes parviennent à faire : synthétiser l’âme d’une côte en mouvement perpétuel. Ce n’est pas seulement une ode à la Californie, c’est un état d’esprit, un souffle, une invitation permanente à célébrer la vie tant qu’elle est chaude.
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juillet 17, 2025Parfois, un morceau te cueille comme une vague d’eau tiède en pleine nuit d’insomnie. Tu ne l’as pas vu venir, il s’installe pourtant, sinueux, presque intime. Letter de Zen Miyako a ce pouvoir étrange de suspendre le temps, de faire du silence un écrin où les battements d’un cœur abîmé résonnent plus fort que n’importe quel drop. C’est une confession maquillée en track, une cartographie des vertiges intérieurs où la solitude se danse à pas feutrés.
Le beat s’installe comme une pluie fine sur des toits de tôle : sombre mais jamais écrasante, glaciale en surface mais chaude en profondeur. Zen Miyako avance sans chercher à convaincre. Il se contente d’être là, vulnérable, presque spectral, comme une présence dans une pièce trop grande pour une seule âme. La production oscille entre nappes cotonneuses et basses abyssales, dessinant un paysage sonore digne d’un film noir revisité par un producteur de cloud hop sous antidépresseurs.
Ce qui fascine dans Letter, c’est ce refus de l’esbroufe. Pas de mélodie entêtante, pas d’effets racoleurs. Juste une lente immersion dans un état d’esprit où l’introspection devient une forme d’héroïsme. Loin des excès tapageurs du mainstream, Zen Miyako choisit le dépouillement comme arme. Il rappelle à sa façon que le hip-hop peut encore être une chambre d’écho pour les âmes cabossées.
À écouter seul, casque vissé, yeux mi-clos. Parce que Letter n’est pas un morceau pour les playlists de soirées. C’est un sanctuaire miniature où l’on vient déposer ses failles et ses peurs, sans peur d’y croiser celles de l’artiste lui-même. Et si c’était ça, le futur du hip-hop alternatif ? Moins de poses, plus d’âmes.
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juillet 17, 2025C’est une rencontre qui sent la poudre, le sang et l’encens. Dans Lagoon, St.Bedlam (TAS) et DeliPres (SYD) nous ouvrent la porte d’un motel mental où se rejoue chaque lundi une même scène : le fugitif et la grande prêtresse, deux âmes en ruine qui s’aiment, se déchirent, jouissent, puis recommencent. Ce single stand-alone, en ligne depuis le 11 juillet, n’est pas une chanson à consommer distraitement dans un trajet Uber. C’est un exorcisme, un orgasme, une claque.
La production de DeliPres est un monde en soi. Basse glitchée, percussions industrielles, textures sonores qui évoquent autant les paysages post-apocalyptiques que les nuits fiévreuses des clubs underground. Il ne s’agit pas de beats qui rassurent, mais de vibrations qui dérangent, qui hypnotisent. C’est une bande-son pour un rêve moite, presque dérangeant, où la réalité se mêle à l’imaginaire.
Dans cet univers sonore, St.Bedlam déploie toute sa complexité. Elle est l’outlaw en fuite et la grande prêtresse d’un temple intérieur, une figure féminine qui oscille entre rage et extase. Chaque mot, chaque respiration semble sortir des entrailles. Sa voix n’est pas là pour séduire : elle brûle, elle trouble, elle appelle à descendre dans ses abysses.
Le Lagoon dont il est question n’est pas un simple lieu : c’est une métaphore des eaux émotionnelles qui s’entrechoquent dans son esprit. Mais c’est aussi une évocation plus profonde, une connexion à la terre de ses ancêtres. Les échos du temple mégalithique de Hal-Saflieni, à Malte, résonnent dans sa vision. Un lieu de chants, de rituels et de sacrifices qui infuse sa musique d’une énergie ancestrale, presque mystique.
Cette spiritualité brute, loin des clichés new age, est l’ADN même de St.Bedlam. Avec Lagoon, elle tisse une toile où l’art devient exutoire, où la sensualité se mêle à la violence d’exister, où le féminin refuse les carcans qu’on veut lui imposer. Ce morceau annonce la couleur pour son EP à venir, Cactus Flow : un projet auto-produit qui s’annonce comme une redéfinition radicale du rôle des rappeuses dans le paysage australien.
Dans une scène hip-hop souvent trop sage, St.Bedlam incarne le chaos, la beauté et la dangerosité. Sur Instagram déjà, ses visuels, ses productions et ses œuvres graphiques tracent une esthétique hybride, entre rêve hallucinatoire et manifeste punk. Lagoon est l’étape suivante : un son qui électrifie, qui secoue, qui vous laisse haletant comme après une course à travers une ville en flammes.
Avec ce morceau, elle ne propose pas un simple divertissement. Elle tend un miroir. Et la question n’est pas de savoir si vous êtes prêt à écouter, mais si vous êtes prêt à plonger.
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juillet 17, 2025Dans un monde qui nous chuchote sans cesse qu’il faut être plus — plus beau, plus riche, plus productif — Born I ose un contre-pied radical. Son titre “Being Enough” n’est pas seulement une chanson, c’est une affirmation existentielle. Un mantra qui claque comme une vérité nue au milieu du vacarme. Le rappeur-méditant de Washington DC livre ici une œuvre qui dépasse le cadre du hip-hop pour devenir une expérience sensorielle, presque spirituelle.
Dès les premières mesures, le décor est planté : une boucle lo-fi minimaliste qui apaise, des beats feutrés qui ressemblent à des battements de cœur, et cette voix grave, pleine de douceur, qui semble nous prendre par la main. Born I ne rappe pas, il respire à travers ses mots. Chaque phrase est déposée avec le soin d’un moine calligraphe, comme une invitation à s’arrêter, à écouter et à être — simplement.
“Being Enough” est une épure. Pas de storytelling bling-bling, pas de punchlines agressives. Ici, le combat est intérieur. Born I raconte ses failles, ses moments de doute, ses combats contre une société qui l’a formaté à courir après un idéal impossible. Mais il ne sombre jamais dans le pathos. Sa voix est celle d’un survivant qui a trouvé un autre chemin : celui de l’acceptation. “You don’t have to be more than you are. You are enough,” souffle-t-il, et soudain la phrase résonne comme une délivrance.
C’est peut-être là que réside la force du morceau : ce mélange d’humilité et de puissance. On sent l’influence de Wu-Tang Clan dans le flow, mais aussi celle d’Alice Coltrane dans la quête d’élévation. Born I fusionne ces deux univers pour créer un espace sonore où le rap devient une pratique de pleine conscience. Il ne fait pas que livrer un morceau : il tend un miroir.
Sur scène, “Being Enough” prend une autre dimension. Lors de ses performances hybrides – mi-concert, mi-méditation – le titre devient un pivot, un moment de grâce où le public retient son souffle. En 2023, lorsque Born I l’a joué au Kennedy Center, les témoignages parlaient d’un silence presque sacré dans la salle, comme si le temps lui-même s’était arrêté.
Dans la discographie de Born I, “Being Enough” est une boussole. Une synthèse de son parcours, du chaos de son passé à la sérénité de son présent. Et dans un paysage hip-hop saturé d’égos hypertrophiés, ce titre sonne comme une révolution tranquille.
Peut-être que l’avenir du rap ne se trouve pas dans le bruit mais dans le silence entre les beats. Born I l’a compris : la véritable force est d’oser être soi. Et “Being Enough” est la bande-son parfaite pour apprendre à se suffire à soi-même.
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juillet 17, 2025Il y a des morceaux qui chatouillent l’oreille et d’autres qui arrachent le cœur. “Rapture Ready”, le dernier cri d’Antoine Stewart, appartient résolument à la seconde catégorie. Ce n’est pas une simple chanson : c’est une déflagration spirituelle, un manifeste adressé à une génération égarée, un appel incandescent à se tenir prêt pour le moment où le ciel se fendra comme une toile et où, dit-il, “la trompette finale fera trembler les fondations du monde.”
Dès les premières secondes, la voix d’Antoine surgit, rugueuse, habitée, comme un prophète urbain en plein uppercut contre l’apathie ambiante. “Rapture Ready” est une déclaration de guerre contre l’oubli de l’essentiel. Sur une production qui pulse comme un cœur sous adrénaline – percussions telluriques, synthés qui vibrent comme des halos de lumière – il scande, répète, martèle : “Are you rapture ready?” Le refrain devient une incantation, un signal d’alarme qui refuse de vous lâcher.
Mais derrière l’urgence sonore, il y a l’histoire. Celle d’un homme passé par tous les enfers terrestres : argent facile, drogue, sexe, violence. Antoine Stewart ne joue pas les saints : il raconte. Il tend son propre chaos comme un miroir, avoue ses dérives sans rien édulcorer. Ce n’est pas une confession pour le buzz mais un témoignage, brut et nécessaire. Car c’est dans ce marasme qu’il a rencontré le Christ, trouvé un sens, une mission. Sa musique, désormais, n’est plus une distraction : c’est une bouée, un cri pour arracher d’autres naufragés aux vagues.
Antoine est lucide. Il sait qu’aujourd’hui, l’attention est une ressource rare, cannibalisée par TikTok, les algorithmes et l’hystérie politique. Il ne cherche pas à séduire cette culture : il la défie. “Kingdom over culture”, lâche-t-il, comme une claque. La fidélité au Royaume de Dieu, dit-il, prime sur les tendances, les partis, les hashtags.
Musicalement, “Rapture Ready” évoque les grandes heures de Kanye West époque Jesus Is King, mais sans le côté poli. Ici, tout est brut, charnel, presque rugueux. On y entend la sueur des combats intérieurs, le poids de la croix, la joie paradoxale d’une liberté arrachée de haute lutte. Plus le morceau avance, plus la tension monte, jusqu’au climax : un cri qui transperce, une extase qui rappelle autant le gospel des églises noires que les crescendos électroniques des raves les plus mystiques.
Au fond, “Rapture Ready” est une convocation. Antoine Stewart ne laisse pas le luxe de l’indifférence. Il questionne, dérange, exhorte. Pas pour effrayer mais pour réveiller. Et dans le silence qui suit la dernière note, une seule question demeure : serez-vous prêts ?
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juillet 17, 2025C’est dans l’intimité feutrée d’un home studio strasbourgeois que Tranks prend racine, là où Lucalme, beatmaker et digger passionné, redonne vie à des sons oubliés en les sculptant dans la matière même du vinyle. Aux côtés de R Lion, il signe ici un morceau où la trap française se teinte d’un groove soulful, d’un héritage jazz et d’un goût certain pour la boucle hypnotique.
Lucalme n’est pas un faiseur de hits : il est artisan du son. Depuis qu’il a découvert le sampling en 2015, sa musique respire la poussière des bacs à disques, l’énergie brute des sessions nocturnes, et une curiosité insatiable pour les textures. Avec Tranks, il prouve qu’un simple loop peut devenir une incantation. Les 808 profondes côtoient des claviers aux accents 70’s, et la voix de R Lion, posée comme une confidence, amène une mélodie vaporeuse qui traverse le beat comme une brume.
Loin du banger de club, Tranks est une errance urbaine, une bande-son pour les trajets en tram sous la pluie, les nuits de réflexion et les matins sans sommeil. On y retrouve l’esprit crate digger, cette philosophie de réanimation sonore : chaque coup de batterie est une pulsation, chaque sample un fragment de mémoire recontextualisé dans le présent.
Ce titre est à l’image de Lucalme lui-même : entre la précision d’un horloger et l’instinct d’un explorateur sonore. À chaque écoute, une nuance se révèle, une note se détache, preuve que le travail de ce producteur est aussi riche que ses influences — soul, funk, prog, jazz, mais toujours avec cette recherche du “juste loop” qui fait mouche.
Avec Tranks, le duo propose une vision à contre-courant du trap hexagonal : introspective, élégante, presque contemplative. Un morceau qui ne cherche pas à impressionner mais à habiter, qui se savoure comme un vinyle rare trouvé au hasard d’un marché aux puces.
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juillet 17, 2025Sur fond de ciel crépusculaire et de bitume encore chaud, Higher surgit comme une promesse murmurée à soi-même, une incantation de résilience qui se transforme en hymne pop rap. Sam Kays ne cherche pas à séduire à coups de gimmicks, il choisit plutôt de raconter cette ascension intérieure, ce moment précis où l’on décide de ne plus s’accrocher au passé.
La production oscille entre légèreté et gravité : des nappes synthétiques aériennes, un beat discret qui devient progressivement un cœur battant, et cette voix, entre flow maîtrisé et refrains chantés, qui semble sortir d’un tunnel pour retrouver la lumière. Sam Kays s’y livre sans armure, racontant l’effort de se relever après la chute, la rage douce qui pousse à avancer quand plus rien ne semble tenir.
Higher a ce goût d’adrénaline contenue qu’on retrouve dans certains morceaux de Post Malone ou de Logic, mais avec une touche de mélancolie propre à l’artiste. Chaque ligne de texte frappe comme un rappel : la gravité existe, mais l’élévation aussi. Et quand le refrain explose, impossible de ne pas être emporté dans cette montée en puissance, comme une respiration longtemps retenue.
Le morceau ne se contente pas d’être un hit potentiel calibré pour les playlists. Il s’impose comme une catharsis sonore, taillée pour accompagner les nuits d’insomnie et les matins de renaissance. Avec Higher, Sam Kays signe une œuvre qui semble moins chercher l’effet immédiat que la résonance profonde. Et il y parvient : en trois minutes, on sort de ce titre comme d’un tunnel, le cœur un peu plus léger, l’esprit prêt à affronter ce qui vient.
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juillet 17, 2025Certains morceaux claquent comme une portière de Maybach au ralenti dans une ruelle humide, et Foreign Language d’Ace Mafioso en fait clairement partie. Le rappeur de New Bedford livre ici une capsule sonore dense, cinématographique, où chaque 808 résonne comme une alerte sourde dans la nuit, chaque note semble chargée d’histoires qu’on ne racontera jamais à voix haute. Produit par l’incontournable Black Metaphor — celui-là même qui a forgé des classiques pour Rick Ross, Meek Mill et Jeezy — le titre n’a rien d’un simple banger. C’est une déclaration, un code, un monde parallèle où les mots valent des vies et où le silence est une arme.
Dès les premières mesures, Foreign Language installe une tension quasi palpable. Les synthés nappés, sombres et élégants, évoquent les néons tremblotants d’une ville qui ne dort jamais. La voix d’Ace, rauque et précise, glisse sur la prod comme un couteau affûté sur une table en acajou. Pas besoin d’artifices ici. L’écriture est brute, sans filtre, à la hauteur d’un vécu qui ne cherche pas à séduire mais à témoigner. Le rappeur parle pour ceux qui savent : les codes, les regards, les gestes. “Pour eux, c’est une langue étrangère. Pour nous, c’est le quotidien.”
En studio, à Boston, Ace Mafioso a laissé la prod le hanter avant de poser son texte. Cette approche méditative donne au morceau une densité rare. Pas de frime inutile : l’artiste évoque la paranoïa qui accompagne le succès, la trahison qui rôde, et la nécessité de toujours garder un coup d’avance. Il ne glorifie pas la rue. Il en fait un tableau noir et or, un manifeste pour survivre et élever le game.
Avec Foreign Language, Ace Mafioso confirme qu’il appartient à cette caste de rappeurs pour qui chaque track est un bloc de vie compressé en trois minutes trente. C’est à la fois sombre et raffiné, street et adulte. Ce n’est pas une chanson pour tous. C’est un morceau pour ceux qui comprennent le langage des regards, des silences et des mouvements calculés.
Un single qui, loin de céder aux tendances, impose un univers sonore où le danger et le luxe cohabitent. Et si le hip-hop moderne ressemble parfois à une discussion de surface, Ace nous rappelle qu’il existe encore des voix qui parlent une langue plus profonde, celle qu’on n’apprend pas… mais qu’on vit.
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juillet 16, 2025Certains EP ne se contentent pas de passer dans vos oreilles. Ils s’y accrochent comme une odeur d’orage, s’incrustent dans les replis de la mémoire et vous laissent un goût de fer sur la langue. L’or dans les mains, le nouvel EP de Tisma, appartient à cette catégorie rare où la musique n’est plus seulement un art, mais un exutoire, une nécessité physique, une incantation pour tenir debout quand tout autour semble prêt à s’effondrer.
À 19 ans, le jeune rappeur d’Argenteuil a déjà la voix de ceux qui ont vécu trop tôt. Pas une voix de rappeur fabriqué pour les playlists, mais une voix qui charrie des nuits blanches, des open mic où l’on saigne ses premières rimes, des sessions de studio bricolées dans l’urgence et la foi. Il y a quelque chose d’étrangement fragile et inébranlable dans son phrasé, une façon d’attaquer le beat comme s’il voulait l’apprivoiser plutôt que le dominer. On pense à ces rappeurs qu’on n’oublie jamais, non pas pour leur technique mais pour l’humanité qui transpire entre les lignes : un Oxmo des débuts, un Georgio époque Bleu Noir, ou un Népal qui murmure ses doutes à la lune.
Les productions de son mentor Le Chroniqueur Sale enveloppent ces confessions d’un écrin texturé, à la fois brut et sophistiqué. Boombap sans nostalgie, basses feutrées, samples à la chaleur organique, comme des vinyles oubliés qui reprennent vie sous une aiguille éraflée. Ici, pas de bangers calibrés, mais une bande-son pour les âmes en transit. On y perçoit l’odeur d’un appartement aux volets fermés, la lumière blafarde d’un téléphone en veille, le tic-tac sourd d’un cœur qui bat à contretemps.
Mes Enceintes, Mon Micro, premier single et épicentre émotionnel de l’EP, est un chef-d’œuvre de retenue. Tisma y parle de sa chambre comme d’un sanctuaire, où le rap devient talisman contre la grisaille, arme contre les souvenirs qui grattent. La diction est précise, presque chirurgicale, mais jamais froide. Chaque syllabe porte la fatigue des jours sans sommeil, l’espoir irrationnel d’une voix qui refuse de se taire.
Avec L’or dans les mains, Tisma signe un disque d’apprentissage au sens noble du terme. Pas seulement un apprentissage du rap, mais de la vie, de ses contradictions, de ses ombres et de ses rares éclats. Il y a là une beauté imparfaite, une honnêteté brute qui se fiche des algorithmes et des refrains formatés. On sent l’artiste en pleine mue, ses textes oscillant entre désenchantement et étincelles de grandeur, ses beats comme des respirations lourdes qui s’allègent à mesure que l’EP avance.
Écouter Tisma, c’est plonger dans un journal intime en clair-obscur, où chaque mesure est un pas de plus vers la lumière. Ce n’est pas un projet parfait, et c’est tant mieux. Parce que dans ses failles, dans ses hésitations, on trouve cette matière précieuse que peu de rappeurs parviennent à façonner : la vérité. Et si cet or-là ne brille pas encore sous les projecteurs, il est déjà là, palpable, dans la voix de Tisma.
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juillet 10, 2025Avec “Hood Baby”, King Trill signe un banger aussi brut qu’introspectif, une déclaration d’amour à ses origines et à la dureté des quartiers qui l’ont forgé. Sur une production trap qui oscille entre 808 grondantes, hi-hats nerveux et basses caverneuses, l’artiste déploie un flow agile, naviguant entre storytelling cru et affirmations d’un avenir qu’il refuse de voir s’échapper.
Dans ce titre, King Trill ne se contente pas de jouer les durs : il raconte. Son écriture porte les cicatrices d’une enfance marquée par les contradictions d’un “hood” africain, à la fois terreau de créativité et espace de survie. “Hood Baby” n’est pas qu’un morceau de plus dans la galaxie trap, il y insuffle une conscience, une volonté d’élever son expérience personnelle au rang de témoignage universel pour toute une génération en quête d’émancipation.
Son flow, tantôt mélodique tantôt percutant, n’est pas sans rappeler des figures comme Nasty C ou Burna Boy lorsqu’ils flirtent avec le rap pur. Mais King Trill impose déjà sa signature : une voix rugueuse, empreinte d’une authenticité qui sent le bitume et l’ambition.
Ce titre marque une étape dans son ascension et confirme son rôle de pont entre le hip-hop africain et les sonorités globales. Avec “Hood Baby”, il délivre une carte postale sonore de la rue, à la fois hymne pour les block parties et cri d’espoir pour ceux qui, comme lui, portent leur quartier en étendard.
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juillet 10, 2025Avec “tell me”, Reeko Carson signe un morceau de rap à la fois brut et intimiste, où la production épurée laisse toute la place à une voix en quête de réponses. Sur une instru sombre, rythmée par des 808 lourds et des nappes atmosphériques presque anxiogènes, Reeko explore la fragilité des relations et le poids des non-dits.
Son flow, parfois parlé, parfois chantonné, oscille entre désinvolture et douleur contenue. L’écriture est directe mais laisse filtrer une émotion sourde : celle d’un artiste qui questionne la loyauté, la communication et la solitude dans un monde hyperconnecté mais émotionnellement distant.
“tell me” frappe par sa capacité à être à la fois street et vulnérable, convoquant des énergies proches de celles de Polo G ou Rod Wave, mais avec une sensibilité qui lui est propre. Un morceau qui se prête autant à une écoute casque nocturne qu’à une résonance en playlist rap mélancolique.
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juillet 10, 2025Avec “Closed Off”, SK Sounds livre un titre brut et introspectif, où le rap devient exutoire. Porté par une instru minimaliste aux basses rondes et un piano mélancolique, le morceau expose les cicatrices d’un cœur barricadé. SK Sounds y navigue entre vulnérabilité et froide lucidité, explorant les raisons qui poussent à se replier sur soi dans un monde où l’authenticité est une monnaie rare.
Son flow précis, posé sur une prod aérienne aux accents trap-soul, rappelle les atmosphères de J. Cole ou Dave. Les paroles, elles, sont marquées par un refus des faux-semblants et une quête d’équilibre entre ouverture et protection émotionnelle.
“Closed Off” est une plongée dans la solitude moderne, autant qu’un appel discret à l’introspection. Un titre qui trouvera écho chez ceux qui vivent à mi-chemin entre la méfiance et le besoin d’être compris.
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juillet 10, 2025Avec “Fertilizer”, Terrence Esquire Huggins revient à l’essence même du hip-hop : des beats boom-bap rugueux, des basslines organiques et des lyrics qui nourrissent autant qu’ils percutent. En featuring avec Skuzii, le morceau se veut une métaphore filée de la croissance – personnelle, sociale, culturelle – où les rimes deviennent des graines, et la musique, le terreau fertile pour une renaissance collective.
Terrence pose son flow avec une sagesse presque chamanique, entrecoupé par l’énergie plus brute de Skuzii qui apporte un contraste bienvenu. La production, quant à elle, mélange un grain old school et des touches plus alternatives qui rappellent les travaux de Mos Def, Common ou même EARTHGANG dans leurs instants les plus introspectifs.
“Fertilizer” n’est pas qu’un track pour hocher la tête, c’est une invitation à réfléchir : à ce que l’on sème dans nos vies, nos communautés, nos esprits. Une rareté à une époque où l’ego-trip domine encore trop souvent les ondes.
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juillet 10, 2025Sur “COMPASS”, Jade Fields avance en équilibre entre mélancolie et groove, comme si Erykah Badu prenait un virage à la Saba. C’est un morceau de néo-soul qui se love dans des teintes hip-hop conscientes et des inflexions R&B, une confession douce-amère sur le terrain mouvant des relations humaines.
Dès les premières secondes, une ligne de basse veloutée et un beat feutré installent un climat introspectif. Les accords de Rhodes flottent comme un brouillard matinal tandis que la voix de Fields, légèrement éraillée et pleine de chaleur, navigue entre murmures et élans chantés. Sa plume est précise, évocatrice sans jamais trop en dire, traduisant l’incertitude universelle face à l’amour : « I wish I had a compass, tell me where to go and I’ll go. »
Cette métaphore du compas, à la fois simple et percutante, incarne l’essence du morceau. Il n’y a pas de carte pour le cœur des autres, juste des tentatives, des erreurs, des silences à combler. Fields réussit à transformer cette idée en un refrain qui s’insinue doucement dans l’esprit, comme une vérité qu’on connaissait déjà mais qu’il fallait entendre chanter.
La production reste minimaliste mais riche : des percussions organiques, des touches de guitare jazzy presque imperceptibles, et un sample vocal filtré qui tourne en arrière-plan comme une pensée obsédante. On y retrouve une esthétique DIY assumée qui renforce le caractère intime et brut de la chanson.
Avec “COMPASS”, Jade Fields ne réinvente pas les codes mais les agence avec une sincérité désarmante. C’est une chanson qui s’écoute en solitaire, casque vissé sur les oreilles, dans ces moments de flottement où l’on se demande si l’on avance ou si l’on tourne en rond. Elle nous rappelle que la recherche de l’autre est aussi un voyage vers soi.
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juillet 10, 2025Dans un monde saturé de notifications, d’algorithmes et d’écrans qui dictent nos désirs, Fee the Evolutionist et Edo. G frappent un grand coup avec “Sit Back Relax”. Ce nouveau titre, à la fois incisif et soulful, sonne comme un appel au réveil collectif. Sur une production jazzy qui groove avec une nonchalance trompeuse, les deux MC’s décortiquent le mal-être contemporain : addictions invisibles, timelines toxiques, solitude à l’ère du “toujours connecté”.
Fee ouvre le bal avec des punchlines qui claquent comme des mantras : “Let go devices, you in a crisis. What’s the cost? Tell me what the price is.” D’un flow posé mais tranchant, il met en lumière la dépendance aux likes et la vacuité derrière la validation en ligne. Ce n’est pas une simple critique ; c’est une mise en garde lucide, un miroir tendu à une société où l’on scrolle plus qu’on ne rêve.
Edo. G, vétéran respecté du rap de Boston, apporte son grain de voix reconnaissable entre mille et un vécu qui donne du poids à chaque mot. Ses vers, plus fatalistes, pointent une génération en perte de repères : “40 years old, you should be ready for a wife / Instead, you online, ready for a fight…” Derrière la critique sociale perce une profonde inquiétude pour l’avenir.
Le refrain, emprunté à Phife Dawg — “Sit back, relax, and let yourself go” — devient ici un slogan. Invitation à ralentir. À se déconnecter. À retrouver ce qui est tangible, essentiel.
À l’heure où le hip-hop semble parfois happé par l’ego-trip et le consumérisme qu’il dénonçait jadis, “Sit Back Relax” rappelle que ce genre peut encore être une arme de conscientisation. Fee et Edo. G signent un morceau nécessaire : un antidote contre l’hypnose collective, un souffle d’air pur pour esprits saturés. À écouter casque vissé, loin des écrans.
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juillet 10, 2025Karma Knox débarque avec Talk Spicy, un missile drill calibré pour électriser les playlists et faire vibrer les baffles d’Uber à la sortie du club. Originaire du Bronx, elle s’impose ici avec une présence magnétique qui n’a rien à envier aux divas du rap US. Sa recette ? Une alchimie parfaitement dosée entre l’insolence d’Ice Spice, la morgue de Cardi B et une touche plus mystérieuse, presque futuriste, comme si une IA avait appris le Bronx slang en écoutant les freestyles sur Hot 97 en boucle.
La production est un bijou de minimalisme hypnotique : un beat drill sombre, des basses grondantes et un hi-hat qui claque comme des talons sur le bitume. Là-dessus, Karma Knox déploie une voix à la fois suave et tranchante. Elle alterne entre rimes acérées et refrains vénéneux, chaque ligne débordant de confiance et de sensualité. Pas d’excès ni de vulgarité gratuite : Talk Spicy est radio-ready tout en gardant cette énergie brute et affirmée qui fait vibrer les rues de NYC.
C’est un track qui célèbre la féminité comme arme de séduction et de pouvoir, un mood taillé pour celles et ceux qui aiment quand le drill se fait élégant et que l’attitude devient le premier instrument. Avec ce titre, Karma Knox ne se contente pas de suivre la tendance : elle redessine les contours du genre et prouve qu’elle peut parfaitement tenir tête aux plus grandes.
Dans un monde où le drill est encore trop souvent un boys club, Talk Spicy est un rappel : l’avenir du genre est aussi féminin, sensuel et redoutable.
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juillet 10, 2025Il y a dans sEMi, le nouveau single de Stimulus, quelque chose d’infiniment déroutant, un équilibre fragile entre le ciel et le bitume. À la croisée d’un hip-hop alternatif et d’une sensibilité quasi onirique, le morceau ne cherche pas la confrontation frontale mais l’infiltration lente. C’est une pulsation discrète, un flux de conscience qui se faufile dans les interstices de nos pensées, laissant derrière lui une traînée de lumière et d’ombre.
Stimulus y déploie une voix posée, parfois murmurée, parfois tranchante, qui semble surgir d’un espace intérieur où les souvenirs, les doutes et les élans de révolte coexistent. Le flow épouse les contours d’une production minimale, portée par des beats subtilement déstructurés et des nappes synthétiques qui donnent l’impression de flotter à quelques centimètres du sol. On pense à Earl Sweatshirt pour la densité introspective, à Kid Cudi pour les éclats mélodiques qui viennent percer la brume.
Mais sEMi ne se contente pas d’être un exercice de style. Il est un espace de tension, un lieu où les questions de l’artiste sur sa place dans le monde se heurtent à des rythmes tantôt syncopés, tantôt étrangement apaisants. Ce morceau est une pièce de nuit, celle où l’on marche seul en ville, casque vissé sur les oreilles, et où les réverbères semblent clignoter au rythme du beat.
Avec sEMi, Stimulus signe un manifeste discret mais percutant, qui s’adresse à ceux qui aiment leur hip-hop avec des zones de silence et des vertiges. Une invitation à se perdre un peu, pour mieux se retrouver.
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juillet 9, 2025Certains opus sentent la chambre close, le néon blafard, l’odeur de café froid et de cendres. Tour d’Ivoire, le nouvel EP de Byram, est de ceux-là. Après un exil volontaire dans un studio berlinois, loin des bruits rassurants de sa banlieue des Yvelines, l’artiste revient armé de cinq titres coupants comme des tessons de verre, sculptés dans une énergie brute. Vous allez découvrir un cri intérieur, un espace confiné où l’on entre sans frapper.
L’isolement semble avoir servi de catalyseur. Là où Maelström déroulait un récit immersif et Night Shift flirtait avec des pulsations house, Tour d’Ivoire assume une intensité presque suffocante. Les basses claquent, les instrus signées emjee (compagnon de route et alchimiste sonore) oscillent entre trap granuleuse et atmosphères industrielles. L’impression de Berlin est palpable : froide, métallique, saturée de solitude.
Sur Easy Ca$h, Byram frappe le plus fort. Avec un clip tourné dans les rues berlinoises, le morceau prend des allures de mantra pour survivants. Ce n’est pas tant une ode à la réussite qu’un hymne à la persévérance, une respiration courte et haletante pour motiver les âmes en marge. Les featurings avec Bluume et Mano Leyra apportent de subtiles respirations, des parenthèses mélodiques qui n’adoucissent pas le propos mais en complexifient la texture.
Avec Tour d’Ivoire, Byram confirme une trajectoire singulière. Son rap n’est pas là pour séduire à la première écoute. Il grince, il dérange, il obsède. Comme un Berlin nocturne figé dans la bruine, ses mots résonnent longtemps après que le silence est revenu. C’est peut-être ça, la marque des projets importants : ils vous forcent à rester dans la pièce, même quand vous avez envie d’en sortir.
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juillet 9, 2025Dans le paysage foisonnant des bedroom artists, rares sont ceux qui parviennent à transformer la fragilité brute de leurs émotions en une matière sonore aussi immersive qu’EERIE$. Avec Rain, son premier single entièrement autoproduit, ce jeune rappeur néo-zélandais livre une confession musicale qui sent la pluie froide sur les vitres et les nuits blanches à ressasser ses erreurs.
Enregistré seul dans sa chambre, Rain ne cherche ni la perfection ni le vernis. Ce qui frappe, c’est l’authenticité à vif : une voix hantée qui semble à la fois proche et lointaine, flottant au-dessus de nappes électroniques minimalistes et d’une ligne de basse presque spectrale. L’ambiance est trouble, presque cinématographique – comme si Frank Ocean avait croisé la route de Burial par une soirée d’orage. Chaque note, chaque silence pèse lourd, porteur des regrets et des doutes qui hantent l’auteur.
À travers ses paroles, EERIE$ parle de confusion, d’isolement, de croyances ébranlées et de la quête de rédemption après des erreurs qui ne cessent de hanter l’esprit. C’est un morceau qui ne cherche pas à plaire mais à exister – comme un journal intime laissé ouvert sur un bureau. Cette vulnérabilité, loin d’être une faiblesse, devient la force motrice de l’écoute. On ne peut qu’être happé par ce mélange d’honnêteté désarmante et de mélodies sombres qui rappellent les débuts lo-fi de The Weeknd, avec un supplément d’étrangeté à la (Sandy) Alex G.
Rain est à la fois une catharsis personnelle et une main tendue vers ceux qui se reconnaissent dans ces émotions orageuses. On y entend un artiste en pleine ébauche de son univers, conscient de ses cicatrices et prêt à les transformer en paysages sonores. C’est le genre de morceau qui ne frappe pas fort mais s’infiltre doucement, comme la pluie dans les fissures d’un vieux mur.
EERIE$ ne crie pas sa douleur : il la murmure, et c’est peut-être pour cela qu’elle résonne autant.
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juillet 9, 2025Dans un rap français trop souvent englué dans ses propres codes, Coup pour coup arrive comme une déflagration. Dikundu, qui nous avait déjà séduit avec l’introspection de Voyage dans le temps, choisit ici de se débarrasser de toute pudeur pour livrer un banger pur et dur, pensé pour retourner les salles. Et ça marche.
Le morceau, court et sans concessions, fonctionne comme une démonstration de force : un flow qui fuse et se faufile comme un kata de karaté (l’artiste ne cache pas l’influence martiale de sa phrase « Le bois ne rend pas les coups, mais moi si »), des accélérations et décélérations qui rappellent les meilleures heures du rap technique américain, et une production millimétrée qui laisse respirer le texte tout en imposant un groove presque tribal.
La signature vocale de Dikundu, elle, est immédiatement reconnaissable. Ce grain légèrement éraillé, cette diction teintée d’inflexions gabonaises, donnent une couleur singulière à l’ensemble, une identité qui le place à la croisée des mondes : entre les rythmiques modernes du trap et l’héritage plus organique des musiques africaines. C’est peut-être cette hybridité qui rend Coup pour coup aussi efficace en écoute casque qu’en live, où le morceau semble conçu pour électriser une foule.
Mais au-delà du pur exercice de style, le titre confirme surtout que Dikundu est en train de trouver sa voix : moins lisse, plus instinctif, plus joueur. Dans une industrie qui valorise les clones et les algorithmes, il impose une authenticité brute, celle d’un MC qui écrit encore pour survivre autant que pour divertir.
À l’aube de son projet Le Rêve d’un Enfant prévu pour septembre, Coup pour coup n’est pas juste une démonstration technique. C’est un coup de semonce. Dikundu n’est plus un simple espoir, il est déjà un prétendant sérieux au titre de nouveau visage du rap français.
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juillet 9, 2025Toronto tient décidément une voix à surveiller de près. Avec Drift, Ekelle signe un nouveau chapitre dans sa trajectoire ascendante, mêlant chill et ambition dans un flow aussi enveloppant qu’un nuage de fumée bien roulé. À ses côtés, Baksh insuffle une douceur nonchalante qui transforme le morceau en véritable ode à l’art de ralentir sans jamais lâcher ses objectifs.
La production est d’une élégance feutrée : basses rondes, nappes mélodiques aériennes et un beat qui donne envie de cruiser fenêtres ouvertes, entre deux sessions studio ou après une longue journée de grind. Mais derrière cette atmosphère de détente se cache une philosophie bien plus profonde. Drift n’est pas qu’un hymne 420 de plus, c’est un manifeste pour les “everyday hustlers” : ceux qui construisent leur avenir brique par brique, tout en se ménageant des instants de respiration.
“C’est un morceau pour ceux qui savent quand pousser et quand lever le pied”, confie Ekelle. Et cette dualité est justement la force du titre : une invitation à planer tout en gardant les deux pieds ancrés dans ses rêves.
Avec sa voix chaude et assurée, Ekelle continue d’imposer son authenticité sur la scène canadienne, loin des artifices. Drift confirme son statut d’artiste à part, capable de transformer un instant de pause en déclaration de style. À écouter en boucle, de préférence au crépuscule, joint à la main, vision en tête.
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juillet 9, 2025Dans un monde où les refrains sont souvent vides de sens, Jeff Schubert débarque comme un uppercut souriant. Avec “I’m The Quarterback!”, il nous offre bien plus qu’un énième banger rap. C’est une capsule d’énergie brute, de second degré corrosif et de réflexion sociétale sur fond de beats entraînants. Loin de se contenter de débiter des rimes, Schubert joue de sa voix comme il joue de ses multiples casquettes : acteur, réalisateur, humoriste, travailleur social et maintenant rappeur. Chaque ligne transpire sa capacité à jongler entre l’humour noir et un discours plus profond sur l’Amérique contemporaine.
“I’m The Quarterback!” est né d’un heureux accident, un freestyle en guise de générique final pour son court-métrage Like, Comment, and Share. Une idée qui aurait pu rester anecdotique mais qui, portée par l’enthousiasme de Schubert et son talent de storyteller, s’est transformée en un véritable hymne hip-hop. Sur une instru qui claque comme un ballon en plein touchdown, il dénonce, avec une gouaille new-yorkaise et une verve californienne, les excès financiers des quarterbacks de la NFL. Mais derrière l’ironie se cache une sincérité désarmante : une envie de reconnecter avec sa “première histoire d’amour” — la musique.
Là où beaucoup se perdent dans le bling-bling, Schubert, lui, construit un pont entre le rire et la réflexion, rappelant le génie de Childish Gambino ou le côté satirique d’un Bo Burnham version rap. Il ne cherche pas seulement à faire bouger les têtes, mais aussi à secouer les consciences. Et ça marche.
“I’m The Quarterback!” est un shot de dopamine pour les oreilles, une preuve que l’art n’a pas besoin de choisir entre divertir et questionner. Jeff Schubert n’est peut-être pas encore un MVP du rap game, mais il est déjà un quarterback du storytelling. Et on a envie de suivre son jeu jusqu’à la dernière seconde.
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juillet 9, 2025Certains morceaux ne s’écoutent pas, ils se ressentent comme un frisson qui remonte la colonne vertébrale. DNA::DND de CuppaT en fait partie. À la première écoute, on est saisi par cette impression de rentrer dans un journal intime griffonné à la hâte, entre deux nuits blanches. Le titre — DNA::DND, pour “Do Not Disturb” — résume à lui seul tout le paradoxe du morceau : un cri silencieux, une confession chuchotée qui ne demande qu’à éclater.
Dès les premières mesures, la production old-school impose une atmosphère dense. Une boucle de piano écorchée, un beat boom-bap sec comme une gifle, et une basse qui rampe sous la peau. C’est du hip-hop brut, sans effets inutiles, qui aurait trouvé sa place sur une mixtape de J Dilla ou un album de The Roots période Things Fall Apart. Mais là où CuppaT se distingue, c’est dans cette écriture à fleur de peau qui oscille entre colère rentrée et lassitude poétique.
Le “DNA” du titre semble faire référence à ce bagage génétique et émotionnel qu’on traîne, qu’on le veuille ou non. Ce legs familial, social, culturel qui façonne mais parfois entrave. Le “DND”, lui, traduit ce besoin urgent de couper le monde, de fermer les volets et d’affronter ses fantômes en tête-à-tête. CuppaT rappe comme on écrit une lettre qu’on n’enverra jamais, avec ce ton intime et universel qui fait mouche.
La structure du morceau elle-même est volontairement dépouillée : pas de refrain accrocheur, juste un flow qui serpente, une succession de pensées jetées comme des pavés dans une mare. Le choix d’un beat lo-fi renforce cette sensation de proximité, comme si l’on écoutait une démo volée dans un vieux 4 pistes. Chaque coup de caisse claire résonne comme un rappel à l’ordre : “tu portes ce sang, tu portes ces cicatrices.”
DNA::DND est un titre pour ceux qui ont besoin d’espace pour respirer, réfléchir, digérer ce qu’ils sont. C’est une expérience quasi méditative qui se vit casque vissé, yeux fermés, un dimanche soir de spleen. CuppaT ne crie pas pour être entendu : il murmure, et c’est encore plus percutant.
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juillet 9, 2025C’est une montée d’adrénaline en trois minutes chrono. “Gametime” ne se contente pas d’annoncer l’heure du jeu, il la fait sonner comme un appel aux armes. Bad Luck Brigade, dans leur configuration hybride – quelque part entre un cypher de hip-hop conscient, une jam session jazz en fusion et une déflagration rock alternative – enchaîne les coups francs et les hooks avec la même intensité qu’un match qui se joue à la dernière seconde.
Le beat est tendu, presque martial, une batterie qui tape comme un cœur trop vite, des basses épaisses qui font vibrer la cage thoracique. Puis surgit la voix, tour à tour tranchante et mélodieuse, entre le spoken word qui martèle des vérités crues et des refrains soulful qui enveloppent le chaos d’une chaleur inattendue. “Gametime” est à la fois un hymne à la persévérance et une gifle à ceux qui doutaient : une démonstration de force où chaque membre de la Brigade joue comme si sa vie en dépendait.
Ce morceau transpire l’urgence. Il convoque l’énergie d’un live dans une salle moite, la sueur, les cris, les corps en mouvement. Pourtant, derrière l’agressivité assumée, il y a aussi une précision chirurgicale : les arrangements jazz, les détails subtils dans les transitions, une intelligence musicale qui refuse la facilité.
“Gametime” n’est pas qu’un titre, c’est un état d’esprit. Un cri de ralliement pour ceux qui refusent d’être spectateurs. Parce qu’à l’instant où le riff éclate, il n’y a plus de tribunes : tout le monde est sur le terrain.
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juillet 9, 2025525 Devi ne rappe pas. Il incendie. Il sculpte des vérités brutes à même l’asphalte avec Black Friday, un uppercut sonore qui a le goût du bitume brûlé et de la revanche froide. Dès les premières secondes, la production, minimaliste mais implacable, impose une tension presque physique : percussions sourdes, basses qui grondent, un sample vocal qui plane comme un spectre au-dessus de la ville. C’est lourd, poisseux, addictif.
Devi pose sa voix comme une arme, tranchante et maîtrisée. Il ne cherche pas à séduire, il raconte. Les contradictions d’un monde obsédé par la consommation, les promesses vides des vendeurs de rêve, le miroir déformant des réseaux sociaux. Il parle de “Black Friday” sans le nommer comme une métaphore de nos existences soldées, de notre temps bradé à des causes qui nous échappent.
Mais là où d’autres sombreraient dans le prêche moralisateur, 525 Devi garde ce groove en filigrane qui te happe, te fait hocher la tête même quand les mots frappent juste. Il y a du Kendrick dans sa rage contrôlée, du J. Cole dans sa lucidité sociale, et ce sens de l’urgence qui appartient aux voix qu’on n’oublie pas.
Black Friday est un morceau qui s’écoute comme un manifeste : un pied dans l’ombre, l’autre prêt à briser la vitrine. Ce n’est pas juste un titre pour les playlists rap conscients, c’est une claque à diffuser à fond dans les écouteurs pour se rappeler qu’on vaut plus que les réductions du vendredi noir.
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juillet 9, 2025Il suffit de lancer “So Groovy” pour se retrouver projeté dans une autre époque, quand le hip-hop se construisait encore sur des kicks secs, des snares claquantes et des samples qui sentaient le vinyle chauffé par le soleil. 85MAY$ ne triche pas : il assume ses influences golden era et livre un track qui transpire le groove, la cool attitude et la science du découpage sonore.
Avec une prod qui évoque les grands classiques de Pete Rock ou DJ Premier, le morceau respire la vibe des block parties new-yorkaises et des freestyles de coin de rue. La ligne de basse ronde et les scratches subtils ajoutent ce parfum authentique qui ravira les puristes. Et puis il y a ce flow nonchalant, maîtrisé, qui donne l’impression que 85MAY$ rappe en sirotant un verre, parfaitement aligné sur le tempo. Pas besoin de forcer : le style est inné.
“So Groovy” ne cherche pas à séduire l’algorithme, il parle directement à celles et ceux qui ont grandi en laissant tourner Illmatic ou The Low End Theory en boucle. C’est un hommage vibrant, mais jamais figé : 85MAY$ prouve qu’on peut aimer le passé tout en gardant un pied dans le présent. Un banger soulful pour les playlists chill comme pour les sessions d’écriture à la lueur d’un street light.
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juillet 9, 2025À la première écoute de “Jungle”, on sent immédiatement que YungParadise n’est pas là pour les artifices. Le titre frappe comme une ode à la survie dans un environnement où chaque ruelle est un champ de bataille, chaque relation une négociation de pouvoir, et chaque jour un combat pour rester debout. Avec son flow brut et maîtrisé, le rappeur tisse un récit où les gratte-ciel deviennent des arbres étouffants et les sirènes des prédateurs nocturnes.
Sur une prod trap sombre et organique, qui alterne entre 808 grondants et nappes éthérées, YungParadise pose une écriture dense, à la croisée du storytelling et du cri de ralliement. Il y a ici une lucidité rare, presque philosophique, sur les mécaniques sociales qui broient les espoirs et fabriquent des “predators” à leur tour. Mais loin de céder au fatalisme, le morceau respire une rage contenue, une volonté d’élévation. C’est l’équilibre parfait entre la noirceur d’un 21 Savage et la conscience sociale d’un J. Cole, le tout ancré dans une énergie viscérale à la Lil Baby.
“Jungle” ne se contente pas de décrire un décor ; il nous y plonge corps et âme. Chaque couplet est une machette qui fend les lianes de la précarité, du doute et de la violence systémique. C’est une bande-son pour ceux qui connaissent l’instinct de survie, mais aussi pour ceux qui cherchent une lumière au cœur du chaos.
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juillet 9, 2025Il suffit de quelques secondes pour comprendre où nous emmène “Say What U Want”. Une caisse claire sèche, un kick lourd, un sample qui crépite comme un vieux vinyle : bienvenue dans un hommage vibrant à l’âge d’or du hip-hop. Ce morceau, né de la collaboration entre Phat Panda, Quick.cp, SamWyze et le tour de platines de DJ Nano2Hype, sonne comme une lettre d’amour adressée aux années 90, à ce moment précis où les beats rugueux et les flows tranchants façonnaient une culture.
Tout ici respire la nostalgie, mais pas celle qui sent la naphtaline. Plutôt une nostalgie vivante, dansante, qui ressuscite l’esprit des block parties new-yorkaises et des soirées enfumées à St. Andrews Hall de Detroit. Les MCs enchaînent les vers comme des vétérans, citant en filigrane leurs influences : l’élégance minimaliste de DJ Premier, l’excentricité des Beastie Boys, l’agilité verbale de Pharcyde. Le beat de Phat Panda est un pur régal pour les puristes, entre boucle hypnotique et scratchs soignés qui viennent rappeler que le hip-hop est aussi affaire de mains calleuses et de vinyles maltraités.
Ce morceau n’essaie pas de séduire les algorithmes, il vise directement le cœur de celles et ceux qui ont grandi avec Dilla, Pete Rock ou Gang Starr en bande-son. “Say What U Want” ne sonne pas rétro par effet de mode mais parce qu’il est ancré dans une passion authentique pour cette époque où chaque rime pesait son poids d’or. C’est un appel à la mémoire, un rappel que le boom bap n’a jamais cessé d’être pertinent.
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juillet 9, 2025BLVCK GATSBY ne chuchote jamais. Sur “Baddie of the Year”, il crache des affirmations comme des lingots sur un beat hypnotique qui fait vibrer les basses jusqu’au cœur. C’est une déclaration d’amour à celles qui règnent sans demander la permission, une ode à l’audace, au luxe et à l’attitude qui fait tourner toutes les têtes.
Dès les premières notes, le morceau annonce la couleur : hi-hats tranchants, 808 qui grondent, et une ambiance qui sent le champagne renversé sur un dancefloor moite. BLVCK GATSBY, avec son flow mélodique et truffé de gimmicks, érige la “baddie” en figure de proue d’une époque où l’empowerment rime avec glamour et réussite. “She the baddie of the year”, balance-t-il, comme un mantra à répéter en boucle devant le miroir.
On imagine déjà le titre propulser des montages TikTok de glow-up, des stories Instagram saturées de filtres dorés, ou des scènes de club où les talons claquent sur le carrelage comme des coups de semonce. Mais derrière les strass et la provocation, il y a une vraie maitrise : production calibrée pour les gros systèmes son, punchlines qui restent collées au cerveau, et une énergie qui refuse la demi-mesure.
“Baddie of the Year” n’est pas seulement un banger, c’est un mood, une posture, une armure pour celles et ceux qui entrent dans la pièce comme si elle leur appartenait déjà.
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juillet 9, 2025Dans un monde où les timelines scrollent plus vite que des vinyles en 45 tours, Silent Funk +1 ralentit le tempo pour rappeler que le vrai hip-hop est une matière vivante, rugueuse, et fièrement enracinée. Avec “Can’t Ignore Us”, le trio new-yorkais — désormais composé du MC Rhinoceros Funk, du beatmaker Silent Someone et du scratch-master DJ JS-1 — signe un manifeste en rimes et en décibels. C’est une claque pour les tympans blasés, une déclaration d’existence pour tous ceux qu’on a tenté de reléguer en marge.
Dès les premières mesures, la production respire le bitume. Silent Someone tisse un tapis sonore fait de samples millésimés et de drums secs comme une rafale d’hiver sur le Lower East Side. Le groove est lourd, mais jamais pesant : il avance avec la grâce d’un bulldozer. Sur ce terrain, Rhinoceros Funk déploie un flow qui sent la colère maîtrisée et la réflexion d’un vétéran. Ses vers sont acérés, alternant entre observation sociale et punchlines décomplexées — avec ce sens de l’humour caustique qui transforme les critiques en uppercuts lyriques.
Mais le véritable coup de génie vient de l’arrivée de DJ JS-1. Ses scratches ne sont pas des ornements : ils sont la voix fantôme du morceau, ponctuant les rimes de Rhino avec une précision chirurgicale. Chaque “rewind” est un rappel que le turntablism est un art majeur, pas une relique nostalgique.
“Can’t Ignore Us” n’est pas seulement un titre, c’est une affirmation d’identité. C’est l’écho des sous-sols new-yorkais, des radios pirates et des block parties où tout a commencé. C’est aussi un pied de nez à une industrie qui préfère les algorithmes aux âmes. Le trio prouve qu’en 2025, on peut encore faire du boom-bap avec une rage authentique, sans pour autant tomber dans la muséification du genre.
En moins de quatre minutes, Silent Funk +1 rappelle à la planète que certains beats ne meurent jamais, qu’ils continuent de battre, là où la culture est née. Et non, vous ne pourrez plus les ignorer.
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juillet 9, 2025Dans un monde où le rap britannique oscille souvent entre drill glaciale et bangers calibrés pour les clubs, mase J choisit une troisième voie : celle d’un spoken word rageur, traversé de beats alternatifs et d’un spleen incandescent. Avec you tell me !, il signe une confession brutale et élégante, mi-défi mi-doute, qui brouille les lignes entre rap, poésie et manifeste existentiel.
Le morceau pulse d’une énergie à vif, entre percussions étouffées et basses grondantes, comme une tempête intérieure contenue dans un casque audio. La voix de mase J se fait tour à tour tranchante et désabusée, éjectant des lignes qui sonnent comme des coups de couteau contre un monde qui ne lui a jamais tendu la main. Il ne joue pas le sauveur. Il ne cherche pas à plaire. Il impose un récit d’anti-héros, de survivant qui avance dans la brume, armé de lucidité et d’une rage calme.
On pense à des figures comme slowthai ou Mike Skinner, pour ce mélange de punk attitude et de sensibilité crue, mais aussi à la noirceur introspective d’un Kid Cudi époque Man on the Moon. Ce n’est pas un morceau pour danser, c’est un morceau pour se regarder en face dans le miroir, et décider d’assumer toutes ses ombres.
Avec you tell me !, mase J ne demande pas d’approbation : il s’en libère. C’est ce qui rend ce titre à la fois inconfortable et fascinant. Un uppercut sonore qui laisse une marque bien après la dernière note.
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juillet 9, 2025Dans un paysage hip-hop saturé de beats numériques et de refrains formatés, Take7 arrive comme une respiration ample, profonde, presque solennelle. Signé Cam Be et Neak, ce titre est une pièce maîtresse de A Film Called Black, un projet ambitieux qui mêle le lyrisme du rap conscient à l’expressivité de la neo-soul, avec la richesse d’une orchestration live digne des plus grands albums soul de Chicago.
Ici, le boom-bap retrouve des habits de soie. La batterie est feutrée mais frappe avec une intention claire, soutenue par des lignes de basse vibrantes qui s’entrelacent avec des nappes de cordes cinématographiques et des cuivres éclatants. La production respire, chaque silence est un espace pour que les mots de Cam Be et Neak trouvent leur écho : des réflexions sur l’héritage, la foi, la résilience créative dans un monde qui étouffe souvent l’authenticité.
Take7 est plus qu’un morceau, c’est une méditation urbaine. On y sent l’héritage de Common, l’aura d’un D’Angelo période Voodoo, et cette patte très Chicago qui sait faire coexister le jazz, le gospel et la rue. Avec les voix des choristes qui s’élèvent en arrière-plan, presque comme une prière, le titre donne l’impression d’assister à une session live dans une salle enfumée, où chaque note est jouée pour résister à l’oubli.
Un hymne pour ceux qui avancent coûte que coûte, transformant leurs blessures en art.
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juillet 9, 2025Dans le clair-obscur de Prevail, LA NUCCI tisse un fil entre la douleur et la guérison. Plus qu’un simple morceau, c’est une incantation moderne, une confession intime servie sur une production douce-amère où se mêlent nappes néo-soul, percussions caressantes et basses qui vibrent au creux de la poitrine.
Le morceau s’ouvre comme une respiration, un espace suspendu où piano velouté et accords jazzy semblent flotter dans l’air, avant qu’un beat à la fois fragile et organique ne vienne ancrer le tout. LA NUCCI pose sa voix avec une élégance brute : entre spoken word et mélodie, il navigue dans les blessures ouvertes, celles qu’on porte en silence quand le monde nous regarde comme si rien n’était brisé.
Prevail parle de survie. Celle qui n’a rien de glorieux, qui se joue dans les détails – un regard, une étreinte, un matin où l’on choisit de rester debout. LA NUCCI ne cherche pas à être flamboyant ; il est sincère, vulnérable, presque chuchotant par moments, puis montant en puissance pour offrir un refrain qui caresse autant qu’il libère.
À la croisée d’un Anderson .Paak et d’un Snoh Aalegra, LA NUCCI signe ici une soul urbaine qui réchauffe et secoue à la fois. Un titre fait pour les trajets nocturnes, les amours compliqués, et les cœurs en reconstruction. Avec Prevail, il ne s’agit plus seulement de survivre, mais d’apprendre à se réinventer.
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juillet 9, 2025Pas besoin de storytelling hollywoodien pour capter l’attention. Devin Summers le sait, et avec , il signe un morceau brut, sincère, à hauteur d’homme, qui met en rimes ce que beaucoup vivent en silence : les fins de mois qui s’épuisent avant les salaires, la fatigue de faire « tout bien » et d’avoir quand même l’impression de couler.
Dans une veine boom bap élégante, mais jamais nostalgique, Devin pose ses mots avec une précision chirurgicale. Les beats claquent sans en faire trop, les basses cognent au ventre comme les relances du loyer, et les boucles mélodiques, tout en sobriété, laissent l’espace nécessaire aux mots pour respirer — ou étouffer. Le flow, grave et sans fioriture, évite la grandiloquence. C’est cette retenue qui fait mouche : Devin ne cherche pas la pitié, il expose, point.
“” est un miroir tendu à une génération entière, coincée dans l’entre-deux : diplômée mais précaire, compétente mais exploitée, toujours à la limite. C’est du hip-hop de combat tranquille, celui qui ne casse pas des portes à coups de rage mais qui les fissure à force de lucidité. Une écriture en clair-obscur, quelque part entre Common et MIKE, qui dit l’absurde de la normalité moderne.
Devin Summers ne propose pas de solution miracle — seulement un morceau juste, nécessaire, et une voix qu’on n’oublie pas une fois qu’elle a parlé pour nous.
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juillet 9, 2025Quand B3NTLY débarque avec Ain’t Nothin’, c’est avec la nonchalance d’un rappeur qui a vu assez de chaos pour ne plus être impressionné, mais avec la lucidité d’un lyriciste qui refuse de sombrer dans l’autosatisfaction. Sur ce morceau, il fusionne l’énergie brute de la trap avec l’âme old school du boom bap, créant un terrain hybride où les 808 saturés se frottent aux kicks poussiéreux et aux samples jazzy sous-jacents.
Derrière l’attitude détachée – “ain’t nothin’” comme un mantra de résilience – se cache une analyse du quotidien. B3NTLY n’est pas là pour faire briller les clichés du rap de rue : il observe, il décortique, il met à nu les contradictions d’un système qui glorifie la réussite rapide mais ignore les stigmates qu’elle laisse derrière. Son flow, posé mais incisif, laisse le temps aux mots de résonner, avec des accents qui rappellent les premières heures de Nas, mâtinés d’une urgence contemporaine à la JID.
“Ain’t Nothin’” n’est pas seulement un banger pour les têtes qui hochent, c’est une tranche de vie. Le morceau s’écoute comme une marche solitaire dans une ville qui ne dort jamais, avec pour seule compagnie un carnet de rimes et une paire d’écouteurs.
Dans un univers rap saturé de productions interchangeables, B3NTLY impose un style qui refuse de choisir entre la rue et l’esprit. Et c’est bien ça qui fait toute la différence.
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juillet 9, 2025Dans un paysage UK Hip-Hop saturé de gimmicks et de tendances éphémères, Christopha impose une présence qui ne cherche pas à s’adapter, mais à transcender. Avec Stand Out, il signe un manifeste personnel qui vibre de lucidité, de colère maîtrisée et d’une soif viscérale d’authenticité. Ce n’est pas seulement un titre : c’est une posture, un cri dans un monde où l’originalité semble souvent sacrifiée sur l’autel du streaming.
Porté par une production minimaliste mais incisive, où des beats percutants rencontrent des nappes sombres quasi cinématographiques, Stand Out révèle toute la maîtrise d’un MC qui manie les mots comme des armes et les silences comme des révélations. Son flow serpente entre introspection et uppercuts verbaux, rappelant par moments l’intensité d’un Dave ou la précision chirurgicale de Little Simz. Mais Christopha ne copie jamais. Il déploie une vision singulière où chaque rime devient un outil d’émancipation.
Loin des paillettes du mainstream, l’artiste londonien y aborde sans détour ses frustrations face à une industrie qui formate, ses expériences de marginalisation et sa volonté de laisser une empreinte sincère. Plus qu’un morceau, Stand Out est une démonstration : celle qu’on peut être à la fois conscient, percutant et musicalement captivant.
Sur ce titre, Christopha ne cherche pas à plaire. Il cherche à éveiller. Et c’est précisément ce qui le fait… se démarquer.
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juillet 3, 2025Rien n’a jamais été linéaire chez Boogie. De ses premiers kicks rageurs sur Jeune Rookie jusqu’à la maturité affirmée de Sophomores, le rappeur rennais a tracé sa route sans rien devoir à personne. Avec Big Dawg, troisième et dernier volet d’une trilogie entamée en janvier 2024, Boogie se réinvente une fois de plus : plus collaboratif, plus ambitieux, plus politique. Mais sans jamais perdre cette énergie brute qui l’a propulsé dans les playlists et sur les scènes.
Conçu comme un séminaire entre potes beatmakers, Big Dawg sonne comme un manifeste. Sur des prods Trap, Hood Trap, Jersey ou Brazilian Phonk, Boogie lâche les egotrips ciselés et l’autodérision qui ont fait sa marque, mais y ajoute une dimension nouvelle. On y trouve des réflexions acides sur l’industrie musicale, des uppercuts à la société, et des confidences sur l’entourage. Un EP plus libre, où chaque track respire l’envie de repousser les frontières. Le single Commerce, déjà en ligne depuis le 6 juin, donne le ton avec un clip nerveux qui a séduit public et médias.
Depuis Rennes, Boogie a toujours préféré l’intensité américaine à la retenue hexagonale. Du catch pour le show, du basket pour le dépassement, et le rap pour tout exorciser. À l’image d’un XXXTentacion ou d’un Travis Scott, il se forge une signature visuelle et sonore unique : il produit, il réalise, il met en scène. Résultat : plus de 100K auditeurs mensuels, des millions de streams (Go, Shake Da, Full Black), des premières parties pour Kodes ou Kerchak et une présence remarquée aux Vieilles Charrues.
Big Dawg n’est pas seulement la fin d’un cycle. C’est un passage de témoin : de rookie à patron, Boogie franchit le cap avec assurance. À écouter fort, de préférence.
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juillet 1, 2025Si Kwengface n’est plus un secret pour personne dans l’univers du drill britannique, il prouve avec Parallel Theory qu’il est bien plus qu’un simple produit de son environnement. Le quatrième extrait de son prochain EP Victim of Circumstance est une détonation lente et lucide, un titre qui ne cherche pas la frime mais l’âme. Et derrière ses hi-hats tranchants et ses basses menaçantes, c’est la voix d’un homme qui revient de loin qu’on entend. Plus calme, plus grave. Peut-être parce qu’il n’a plus besoin de crier pour qu’on l’écoute.
Dans Parallel Theory, Kweng explore une réalité alternative, celle qu’il aurait pu habiter s’il n’avait pas été happé par les circonstances – celles que les autorités ont étiquetées froidement comme « Victim of Circumstance ». Cette phrase, il l’a ruminée jusqu’à en faire le cœur battant de son projet. Ici, pas de punchlines faciles ou de drill pur jus décérébré : le rappeur de Peckham taille dans la chair du réel, évoquant paternité, absence, système judiciaire, bifurcations invisibles. Il imagine ce qu’aurait été sa trajectoire si les dés n’avaient pas été pipés dès l’enfance. Le flow est précis, le propos chirurgical, les silences entre les mots pèsent autant que les paroles.
Ceux qui suivaient déjà Kweng l’avaient senti venir. 2 Summers, Ready Set Go, Two Conspiracies : autant de morceaux qui signalaient une évolution vers une écriture plus introspective, plus cinématographique, loin de l’excitation brute des débuts avec Zone 2. Mais Parallel Theory marque une étape supérieure. On pense à Ghetts ou à Dave pour la capacité à mêler mémoire individuelle et constat sociétal. Et au-delà des influences, c’est sa propre voix que Kweng façonne, entre lucidité, spiritualité, et rage canalisée.
À 26 ans, le rappeur révélé derrière une cagoule tombe le masque pour incarner l’archétype de l’artiste survivant — conscient que son récit vaut plus qu’une punchline. Parallel Theory est peut-être un single, mais c’est aussi un miroir : tendu à tous ceux qu’on a assignés à une trajectoire, et qui osent croire à d’autres possibles.
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juillet 1, 2025À l’heure où les refrains se recyclent plus vite que les stories, Brandon Mitchell arrive avec Right Back, un titre qui refuse le cynisme et préfère la résilience. Le genre de morceau qui ne s’impose pas comme un banger mais qui finit par t’habiter, comme une conversation à cœur ouvert à la sortie d’un orage.
Toujours aussi ancré dans son engagement personnel — entre ses rôles d’acteur, de danseur, de DJ et de père — Brandon fait de chaque couplet un témoignage vivant. Sur une prod aux accents pop rap/trap subtilement mélodique, il ne crie pas sa vérité : il l’incarne, avec une voix posée, calme, presque méditative. C’est du hip-hop de conviction, pas de posture. On pense à la douceur percutante de Common, à la sincérité d’un Russ ou à l’aisance d’un J. Cole en mode introspectif. Ici, le « come back » n’est pas spectaculaire, il est spirituel. C’est un retour à soi, un recadrage intérieur.
Ce qui frappe dans Right Back, c’est la manière dont le morceau oscille entre détermination et sérénité. Il ne s’agit pas de revanche, mais de continuité. Brandon rappe comme on respire après l’épreuve, comme on se relève sans bruit, mais avec grâce. Et c’est peut-être ça le plus fort : Right Back ne veut pas prouver qu’il est encore là — il le vit, tout simplement.
Un titre pour celles et ceux qui ne brillent pas dans le vacarme, mais avancent, lentement, sûrement. Parce qu’on revient toujours, tôt ou tard, là où le cœur bat vrai.
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juillet 1, 2025Il y a des morceaux qui claquent, d’autres qui soignent. Equinox, le nouveau single de Born I, est de ceux qui font les deux. Plus qu’un titre, c’est une offrande, une respiration consciente dans le vacarme du monde. Le rappeur-méditant originaire de Washington DC continue de tracer un sillon unique, quelque part entre Wu-Tang Clan, Alice Coltrane et un zazen électronique du XXIe siècle.
Sur Equinox, la voix de Born I plane au-dessus d’un beat sobre mais précis, presque calligraphique, comme s’il déplaçait les mots avec la lenteur cérémoniale d’un moine zen. Pas de démonstration ni de surenchère ici : chaque syllabe semble posée là pour une raison, chaque silence est habité. Le flow, tantôt parlé, tantôt scandé, devient outil de présence. C’est du hip-hop, mais c’est aussi du dharma.
Le morceau s’inscrit dans cette veine rare du conscious rap qui n’a pas peur de la douceur, de la vulnérabilité ni de la lumière. Born I ne prêche pas : il partage. L’équinoxe dont il parle n’est pas un concept cosmique ou un effet de style — c’est le point d’équilibre fragile entre le chaos et la clarté, entre la tension du bitume et la paix intérieure. Un instant suspendu où la vie elle-même devient pratique spirituelle.
C’est là toute la force de Equinox : transformer le quotidien en rituel, le hip-hop en chemin, la musique en miroir. Une leçon de présence masquée sous un beat, un rappel à l’instant porté par une basse. Ni dogmatique, ni didactique, juste juste. Born I rappe comme d’autres méditent : sans bruit, mais en profondeur.
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juillet 1, 2025Avec On The Table, Melo Griffith dégaine une offrande mi-vaporeuse, mi-coup de poing, quelque part entre les lignes d’un trap minimaliste et les reflets satinés d’un R&B mutin. Ce n’est pas un banger au sens classique. Ce n’est pas une balade non plus. C’est un mirage sonore, une incantation douce-amère livrée avec ce mélange rare de lucidité et de spleen maîtrisé.
Là où beaucoup jouent la surenchère, Melo préfère la précision du trait. Chaque syllabe semble flotter à demi-mot, noyée dans un halo de reverb qui fait vibrer l’air plus que les enceintes. Mais ne vous y trompez pas : derrière la douceur du flow, On The Table est un vrai morceau de stratégie émotionnelle. Il y a ici des enjeux, des cartes à jouer, des décisions à prendre, ou à retarder.
On pense à un Tyler, The Creator version introspective, à un Smino en lendemain de fête, ou à ces tracks oubliées de Frank Ocean qui vous tombent dessus à l’improviste. Mais surtout, on entend la voix d’un artiste qui construit un monde à part, une sorte de réalité augmentée par l’imaginaire — à mi-chemin entre le journal intime et le rêve éveillé.
La production, élégamment lo-fi, installe une tension sourde. Un beat discret mais ferme, des nappes éthérées, des basses qui grondent à peine… C’est de la dentelle urbaine, cousue à la main.
Melo Griffith ne rappe pas pour impressionner. Il compose, à chaque track, une topographie émotionnelle mouvante, où chaque virage est une nuance, chaque refrain un reflet. On The Table n’est pas une démonstration : c’est un aveu crypté, qu’il faut apprivoiser lentement, et qui mérite bien plus d’une écoute.
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juillet 1, 2025Il y a des morceaux qui dénoncent, d’autres qui galvanisent. Et puis, il y a ceux comme « For The Coach Blow The Whistle » de Tha Chase, qui font les deux à la fois, avec la voix fatiguée de celui qui a vu trop de choses pour faire semblant — mais qui parle encore pour éveiller les consciences.
Extrait de son projet brut et introspectif Live in the Light, cette piste incarne un virage : plus qu’un track, c’est une consigne, un signal pour sortir du banc, entrer dans le jeu, reprendre son rôle. L’image du coach, figure tutélaire, incarne la guidance spirituelle autant que la responsabilité collective. Car dans le rap de Tha Chase, le salut est une affaire de terrain : celui des quartiers, des rues battues, des âmes cabossées. Et quand il souffle dans son propre sifflet, c’est pour dire que l’heure n’est plus à l’attente.
Porté par une prod trap minimaliste mais nerveuse, faite de kicks qui frappent sec et de nappes sombres comme les nuits sans lune à Houston ou Detroit, « For The Coach » déploie son flow comme une prière musclée. Chaque rime est une stratégie de survie. Chaque punchline, un morceau d’évangile de bitume.
Il y a du Kendrick dans son honnêteté, du Kevin Gates dans son introspection mystique, et du Nipsey dans cette manière de transformer la lutte personnelle en horizon collectif. Le refrain — presque un mantra — est là pour réveiller ceux qui dorment encore sur leur potentiel.
« For The Coach Blow The Whistle », c’est le moment charnière : celui où le joueur blessé demande le feu vert pour retourner au combat. Mais ce combat-là, c’est celui de la lumière contre l’ombre, de la foi contre le chaos, du sens contre la dérive.
Tha Chase ne rappe pas pour être vu. Il rappe pour être entendu — et compris.
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juin 27, 2025Une basse qui ondule comme un mirage sous le soleil, un groove à première vue moelleux, presque estival. Et puis cette voix. Un débit précis, sans effet de manche. Blak-Ram ne joue pas, il raconte — et ce qu’il raconte, personne ne veut vraiment l’entendre.
Blood Gold, derrière sa production enveloppante, est une gifle déguisée en slow burn. Le rappeur britannique d’origine soudanaise, masqué comme pour signifier que son visage n’importe pas autant que la cause qu’il porte, y aborde l’indicible : la guerre au Soudan, les charniers ignorés, la complicité tacite des puissances, et en ligne de mire, le rôle de l’émirat d’Abu Dhabi dans le financement du conflit. Pas un pamphlet, mais un morceau habité, documenté, incarné. Là où d’autres s’indignent à la surface, Blak-Ram opère en profondeur, convoquant l’Histoire, la mémoire, la géopolitique et l’intime.
Le flow, tendu mais jamais sur-joué, épouse un beat minimaliste ponctué d’éclats soul. On pense à des figures comme Lowkey ou Immortal Technique, mais avec cette chaleur propre aux diasporas africaines : une mélancolie pleine de feu. Le contraste entre la douceur presque hypnotique de l’instrumental et la gravité des mots crée une tension qui captive. On ne sort pas indemne de Blood Gold. On en sort instruit, ému, révolté.
Blak-Ram ne cherche pas à plaire, il cherche à éveiller. Et dans une époque où la conscience politique du rap se dilue souvent dans l’égo-trip ou le marketing, Blood Gold fait figure d’acte de résistance. C’est plus qu’un morceau : c’est une archive sonore, un cri de justice, un miroir tendu à notre inattention.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui se contentent de couler. MEZCAL de Nemo Nebbia, lui, flotte. Entre deux eaux. Entre l’envie de fuir et celle de comprendre. On y avance comme dans un rêve alcoolisé, celui d’un homme qui n’a plus ni rhum ni amour mais une bouteille d’agave pour boussole, et des silences plein les poches.
Nemo Nebbia ne rappe pas vraiment, il invoque. Avec son timbre grave et posé comme une confession à l’aube, il tend un miroir brisé où chaque éclat reflète un bout de désillusion, de doutes, mais aussi une beauté fragile. Ce n’est pas un banger, ce n’est pas un hymne, c’est un vertige. MEZCAL n’embarque pas pour les sommets, il descend dans les caves de l’âme, là où le manque devient matière poétique.
Entre les images marines et les élans célestes, le texte se construit comme un carnet de voyage intérieur. Le rap ici n’est plus un cri, mais une brume. Pas besoin de hurler pour être politique. Pas besoin de punchlines pour toucher au cœur. Nemo trace son sillon à contre-courant, quelque part entre l’élégance spleenétique d’un Lomepal époque Flip, la prose sentimentale d’un Georgio et l’introspection sensorielle d’un Terrenoire passé rap.
Le plus fascinant dans MEZCAL, c’est qu’il ne cherche pas à séduire. Il propose. Une dérive, un vertige, un rendez-vous avec soi-même dans les reflets d’un verre de feu. Et parfois, c’est tout ce qu’on demande à la musique : ne pas nous divertir, mais nous réveiller là où l’on dormait depuis trop longtemps.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui sentent le cuir neuf, les Rolex étincelantes et les certitudes. Heartache de Ju5 Bones, c’est l’exact inverse : une chanson qui se traîne, qui titube, qui pleure sans faire de bruit. Et c’est précisément pour ça qu’elle frappe fort.
On entre dans Heartache comme on entre dans une chambre à moitié vide après une dispute. Une nappe de synthés brumeux, des beats qui résonnent comme des battements de cœur au ralenti, et cette voix, celle de Ju5 Bones, mi-rap, mi-soupir, mi-ombre. Il ne parle pas d’amour, il parle de son effondrement. Pas la rupture explosive qu’on raconte à ses potes. Plutôt celle qui grignote, silencieuse, qui rend fou sans faire de bruit. Celle qui laisse les draps froids et la gorge serrée.
Dans la lignée des cloud rappers mélancoliques à la Lil Peep ou Joji, mais avec une coloration plus R&B indie, Ju5 Bones cultive l’ambiguïté. Il n’est pas là pour séduire, il est là pour vider ses poches de souvenirs. On sent que ça gratte encore sous la peau, que l’émotion n’a pas été transformée en storytelling — elle est là, brute, vivace, presque gênante tant elle est nue.
Avec Heartache, il livre une capsule de spleen post-digital : une époque où les émotions sont passées au filtre Lo-Fi, où l’on scroll plus vite qu’on ne guérit, mais où certains artistes — rares — prennent le temps de pleurer pour nous. C’est douloureux, c’est fragile, et c’est exactement ce qui le rend indispensable.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme une détonation, et d’autres qui s’insinuent dans l’âme comme une prière murmurée dans l’ombre. Never Let Go de Trell Brooks réussit l’exploit d’être les deux à la fois : un uppercut spirituel dans un gant de velours trap.
Charlotte, North Carolina, d’où il est originaire, n’a jamais été vraiment une plaque tournante du rap spirituel. Et pourtant, Trell Brooks y trace sa voie comme un prophète dans le béton, un pasteur sans pupitre mais avec des prods qui cognent. Dans Never Let Go, il ne crie pas sa foi — il l’incarne. Loin des clichés édifiants, son approche est directe, urbaine, crue parfois, mais toujours sincère. La lumière n’efface pas les ténèbres ici, elle les traverse.
La production est tendue, nerveuse, presque nocturne, avec des basses qui grondent comme un orage intérieur. Trell y pose sa voix avec une urgence contenue, presque douloureuse, comme s’il priait les poings serrés. Il parle d’attachement, de tentation, de chute et de rédemption, non pas depuis une chaire, mais depuis l’intérieur du chaos — là où sa foi prend tout son sens.
Dans un paysage saturé de faux espoirs et de punchlines vides, Never Let Go est un rappel brutal et nécessaire : la foi aussi peut être un acte de rébellion, un refus de lâcher prise, même quand tout s’effondre. Trell Brooks ne prêche pas, il partage. Et ce partage-là, dans une ère où tout est jetable, vaut de l’or.
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juin 23, 2025Tu pensais que le boom-bap avait fait son temps ? Détrompe-toi. Avec Rollercoaster, M-Dot et Confidence remettent les pendules à l’heure, ou plutôt à l’époque où les beats cognaient avec l’âme et les mots découpaient le réel. Ici, pas de nostalgie en carton : juste deux artisans de la rime et du sample qui réactualisent l’héritage avec l’élégance des maîtres.
Confidence, beatmaker respecté de la scène East Coast underground, sort ici une production qui groove comme une boucle de Curtis Mayfield croisée avec les nerfs à vif de DJ Premier. C’est soulful, texturé, et surtout calibré pour sublimer la plume ultra-technique de M-Dot — un rappeur qu’on ne présente plus à Boston, mais qu’on devrait davantage écouter ailleurs.
Rollercoaster, comme son nom l’indique, parle des hauts et des bas. Mais on est loin de la complainte Instagrammable. Chez M-Dot, le storytelling est chirurgical : carrière, déceptions, euphorie scénique, doutes intimes, tout est dit avec précision et une urgence qui ne feint jamais. Le morceau respire l’envie, celle de faire un disque qui comptera, loin des algorithmes.
Ce titre n’est pas juste un single, c’est la pierre angulaire d’un projet attendu : Library Of Sound, qui sortira fin juin. Un album entier produit par Confidence — une première dans la carrière de M-Dot — comme une déclaration d’intention : creuser plus profond, viser plus haut, et ne plus lâcher le manche même dans les virages.
Accroche-toi, la suite s’annonce vertigineuse.
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juin 23, 2025Certaines tracks ne s’écoutent pas, elles s’encaissent. FEAST, la collaboration explosive entre le producteur allemand Joznez et l’artiste Kataem, est de celles-là : une charge frontale, sans politesse ni pause, taillée pour les battements de cœur sous stéroïdes et les ambitions affamées. Ici, on ne cherche pas à séduire — on dévore.
Dès les premières mesures, la production annonce la couleur : c’est cinématographique, survolté, digne d’un trailer de fin du monde. On pense à Call of Duty, on imagine des stades qui hurlent, des corps en sueur dans une salle de sport, ou des vies entières jouées sur une scène. La montée est constante, volontaire, presque douloureuse — comme une ascension, une obsession, un besoin viscéral de se dépasser.
Le flow de Kataem, brut et méthodique, martèle plus qu’il ne rappe. Chaque ligne est un coup de poing, chaque syllabe suinte la rage de vaincre. Pas de détours poétiques ici : l’heure est à la performance pure. On sent l’héritage des battles de rue, le poids des années d’entraînement, et cette certitude intime qu’il n’y aura pas de deuxième chance. “Feast or famine”, comme disent les anglo-saxons.
Joznez, avec un CV long comme un refrain de Travis Scott — Cher Lloyd, Bushido, Netflix, Hyundai — signe ici une instru taillée pour le dépassement. C’est du hip-hop en exosquelette, bardé d’influences cinétiques, rock, électro, mais jamais clinquant. Un mur de son au service d’un seul mot d’ordre : l’ambition.
FEAST n’est pas un single. C’est une arme. Un carburant. Une invitation à se lever, transpirer, lutter. Et, surtout, ne rien laisser sur la table.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme on lève la tête vers le ciel. Legendary Elevation, nouveau titre de Brandon Mitchell en duo avec Nia Cheri, ne cherche pas à conquérir les sommets par l’arrogance, mais à les gravir avec intention. Issu de Kansas City, élevé entre chorégraphies millimétrées et écriture habitée, Mitchell élève ici la barre d’un rap introspectif, dense et plein de grâce.
Porté par une production aussi limpide qu’émotive, le morceau navigue entre élan soul et pulsations hip-hop feutrées. Nia Cheri, avec sa voix suave et lumineuse, incarne l’élévation promise par le titre — une sorte de guide spirituel dans un morceau qui refuse de choisir entre groove et grandeur. Pas besoin de beats qui cognent fort : tout ici respire la maîtrise et la retenue, comme si Brandon Mitchell préférait suggérer la puissance plutôt que la proclamer.
Là où d’autres flattent l’ego, lui sculpte une vision : celle d’un homme, d’un père, d’un artiste qui ne sépare jamais sa musique de sa mission. Loin du storytelling formaté, Mitchell parle avec cœur et précision — ses vers sont des fragments de vie, de larmes, de vertiges, mais toujours orientés vers la lumière.
Avec Legendary Elevation, on ne monte pas pour dominer, mais pour comprendre. C’est du rap d’ascension intérieure, un hymne à ceux qui ne veulent pas seulement briller, mais transmettre. Brandon Mitchell ne fait pas que performer : il incarne. Et c’est peut-être ça, être légendaire aujourd’hui.
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juin 23, 2025Il y a des titres qui ne s’annoncent pas, ils foncent. MERGING de DUCKEDOFF est de ceux-là. Un morceau qui ne clignote pas avant de s’engager, qui grille les limites et accélère là où d’autres freinent — tout en gardant ce regard froid dans le rétro, celui d’un artiste qui connaît ses angles morts.
Dans ce track trap taillé comme un bolide en surchauffe, DUCKEDOFF évacue la fureur, les doutes et la fatigue d’une vie qui ne laisse que peu de place à l’hésitation. Mais derrière la carapace, il y a du vécu, une écriture qui ne cherche pas l’effet de manche mais la ligne droite. Les kicks claquent comme des portes trop souvent fermées, et la prod saccadée évoque une nuit sans GPS, où l’on suit son propre code de la route, quitte à rouler à contresens.
Le flow est instinctif, jamais bridé, comme un moteur qui grogne mais ne lâche rien. On sent dans MERGING la tension d’un quotidien où tout fusionne : colère et ambition, paranoïa et lucidité, survie et élévation. C’est un virage brutal, pris à toute vitesse, entre l’hyperréalisme des lyrics et l’abstraction émotionnelle d’un beat sombre mais organique.
DUCKEDOFF ne rappe pas pour faire joli. Il rappe pour respirer, pour garder le contrôle quand tout dérape. Et MERGING, c’est le son de quelqu’un qui, malgré les crashs, tient encore le volant.
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juin 23, 2025À mi-chemin entre la carte postale délavée et le trip introspectif sous Xanax, vegas de Bagboy Blu n’a rien d’un jackpot — c’est plutôt une errance dans les couloirs d’un casino mental, où les jetons sont des souvenirs et la mise, toujours perdante, s’appelle « elle ».
Bagboy Blu, crooner désabusé des nuits qui durent trop longtemps, pose sa voix entre mélancolie planante et flow ralenti comme une gueule de bois affective. Il rappe comme on fume sa dernière clope devant le Bellagio à quatre heures du mat’, en se demandant comment on a pu en arriver là. Le morceau joue de la contradiction permanente : les synthés brillent comme un sol marbré sous les spots, mais les mots suintent la solitude et la lucidité.
On entend dans vegas le spectre du 808s & Heartbreak de Kanye, la sincérité d’un Post Malone plus discret, ou encore les errances émotionnelles d’un The Kid LAROI qui aurait troqué l’overdose médiatique pour une fugue dans le désert du Nevada. La prod est minimale, presque étouffée, laissant place au storytelling brut : un amour qui s’est envolé comme une mise all-in sur une paire de deux, et ce vide qu’on traîne comme un sac de jetons perdus.
Ici, Las Vegas n’est pas la ville du péché. C’est celle des regrets. Et Bagboy Blu y marche seul, les poches pleines de pourquoi.
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juin 23, 2025Il existe des titres qui brassent l’air. Et puis il y a Cosmic Habit Force de Pozy One, qui brasse le cosmos, qui s’accroche aux lois invisibles de l’univers pour mieux redéfinir l’attraction du verbe. Ici, pas de tape-à-l’œil, pas de prod survitaminée pour TikTokers en mal de trends. Juste une boucle Boom Bap signée yungL!NK, douce comme un souvenir de 93 dans un walkman cassé, et un flow ciselé qui tourne en spirale dans l’espace-temps.
Pozy One ne rappe pas pour impressionner, il rappe pour ancrer. Chaque rime est un clou, chaque vers une charpente. Cosmic Habit Force n’est pas un simple morceau, c’est une équation métaphysique murmurée entre deux battements de MPC. On y entend l’influence d’une époque où la rime se devait d’être pensée, pesée, posée. Il y a du Guru dans sa voix, du Common dans ses silences, et cette touche de modernité subtile qui évite l’écueil du mimétisme nostalgique.
Le titre suggère un pouvoir invisible, celui des habitudes mentales qui façonnent notre réalité. Et Pozy One s’en fait le messager : les mots peuvent autant construire que briser. Lui choisit de bâtir — pierre après pierre, ligne après ligne, avec patience et lucidité.
C’est une capsule à part dans le brouhaha digital actuel. Une respiration. Un rappel que le hip-hop peut encore, à l’occasion, être un acte philosophique. Une force cosmique.
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juin 23, 2025Certaines chansons sont des respirations. Des bulles d’air dans des journées qui pressent. Le Carefree (Remix) de Miss Rek, c’est exactement ça. Une échappée funky dans un monde où on ne te demande pas de justifier ton bonheur. Pas d’excuses à poser, juste des hanches qui suivent le groove.
Derrière les kicks old school qui claquent comme sur une cassette de Soulquarians oubliée dans un grenier d’Atlanta, Miss Rek injecte de l’énergie solaire, presque militante, dans ce remix. Ce n’est pas une relecture technique, c’est une réinvention habitée. Le titre original — déjà un hymne à l’émancipation douce — devient ici une marche chaloupée vers l’acceptation de soi et des autres. C’est boombap, oui, mais avec ce supplément d’âme néo-soul, cette légèreté insolente typique des gens qui ont décidé d’exister avec grâce, même dans la tempête.
Miss Rek n’a pas besoin d’en faire des caisses. Son flow est précis, délié, presque rieur. Elle ne rappe pas, elle se raconte. Et dans ce remix, elle s’offre même le luxe d’un clin d’œil house, d’un twist qui fait lever les épaules et remuer les idées noires. « Shake sumthin’ », nous dit-elle, comme une injonction douce à se libérer du regard des autres. Et le plus beau, c’est que ça fonctionne.
Carefree (Remix) n’est pas seulement une réussite musicale. C’est un manifeste joyeux. Une bande-son pour les jours où tu veux marcher dans la rue en t’aimant un peu plus fort. Une preuve que l’authenticité, quand elle groove, peut faire danser n’importe quel cœur.
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juin 23, 2025Il n’y a rien de plus dangereux qu’un artiste qui a compris que sa colère pouvait devenir un outil de transmission. Et Josh Jacobs, dans LANDfill, ne cherche pas à s’excuser pour son intensité. Il la dompte, il la polit, il l’ouvre au monde — et la fait rimer avec précision chirurgicale.
Aux côtés de Kon Boogie, autre éclaireur des marges new-yorkaises, Josh livre ici un morceau à la fois rageur et millimétré, comme si Kendrick Lamar avait passé une nuit blanche à écrire dans un Bronx en feu, avec les archives de son enfance portoricaine dans un coin de la tête. C’est brutal, c’est spirituel, c’est vibrant. Et ce n’est jamais complaisant.
Sur une prod lourde, quasi industrielle, traversée par des éclats de groove latin et des harmonies presque douloureuses, LANDfill n’est pas une chanson — c’est une catharsis. Chaque vers est une pierre retournée dans la décharge mentale d’une génération qui grandit entre héritage blessé et futur incertain. Et Josh, en digne élève des grands conteurs du hip-hop conscient, ne laisse aucune ligne au hasard. Le flow est précis, les références culturelles pleuvent sans jamais devenir démonstratives. Il parle de vengeance, oui, mais aussi d’espoir. Il parle d’identité, sans folklore.
C’est un titre qui sent la sueur et l’étude, qui frappe fort mais pense plus fort encore. Un rap de survivant, d’architecte de soi-même. Josh Jacobs ne rappe pas pour divertir. Il rappe pour alerter, pour transmettre, pour exister. Et dans LANDfill, il fait tout ça d’une traite, avec Kon Boogie en témoin engagé.
Un son qui n’a pas peur d’avoir une conscience. Et qui, à l’heure des algorithmes, mérite d’être écouté fort — et longtemps.
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juin 23, 2025Il y a dans « RICH » de PLCDANTE ce que le rap autotuné offre de plus sincère quand il ose dépasser la frime : un rêve fragile, dit à demi-voix, entre les néons d’un désir de revanche sociale et la tendresse d’un cœur qui veut simplement aimer en paix. Ce n’est pas un hymne à la Rolex ou au yacht californien — c’est une visualisation intime, naïve peut-être, mais lucide, d’un ailleurs où l’argent n’est plus une angoisse et où le bonheur serait enfin accessible.
PLCDANTE joue ici la carte de l’émotion sans tomber dans le pathos. Son flow, souvent murmurant, glisse sur une prod aux teintes pastel, quelque part entre les balades cotonneuses d’un NAV sous Xanax et les rêveries douces d’un Post Malone du dimanche. L’autotune, ici, ne masque rien — il module les failles, les élans, les doutes, et ça sonne vrai. Le refrain s’accroche vite, mais c’est surtout cette vibe suspendue, ce mélange de spleen de banlieue et de rêverie urbaine, qui fait mouche.
« RICH » ne réinvente pas la roue du cloud rap sentimental, mais il en fait un usage personnel, soigné, presque pudique. L’argent y est moins une fin qu’un tremplin vers quelque chose de simple : prendre soin de l’autre, ne plus avoir peur du lendemain, vivre doux. On est loin des punchlines sur-gonflées de bolides et de chaînes en or : PLCDANTE préfère rêver en silence, et nous murmurer à l’oreille ce qu’on n’ose plus trop dire tout haut — qu’on veut juste être bien. Et qu’on commence à y croire.
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juin 23, 2025Il y a des titres qui se contentent de secouer les têtes. “Hold Up” d’Andrew Bigs, lui, vise les tripes. Et peut-être même un peu plus loin, vers ce territoire instable où l’humour fend l’armure de la colère. Produit par Rey Resurreccion, le morceau serpente dans un couloir tendu, quelque part entre un classicisme West Coast menaçant et une urgence très contemporaine. Le beat cogne comme une sirène de flic à deux rues, et Bigs n’a pas besoin de crier pour qu’on l’écoute.
Dès les premières secondes, le ton est donné. “Hold Up” n’est pas un slogan. C’est un avertissement. À la société, aux puissants, à ceux qui n’écoutent que lorsque ça hurle. Mais Andrew Bigs ne hurle pas. Il découpe. Il cisèle chaque vers comme une balle perdue qui aurait appris à viser. Et derrière l’assurance du flow, on entend toujours la rumeur de San Jose — une ville qui vit, saigne, s’épuise, et que Bigs raconte sans filtre, sans misérabilisme, mais jamais sans tendresse.
Ce qui frappe ici, c’est la montée en tension maîtrisée. Le morceau s’enfonce peu à peu dans un territoire plus sombre, presque paranoïaque, mais jamais confus. La formule “Hold Up” devient mantra, gimmick, soupape. Et au fur et à mesure que le morceau grimpe en intensité, on comprend : Bigs ne rappe pas pour vous divertir. Il rappe pour qu’on arrête de détourner les yeux.
“Hold Up” est le genre de single qui donne du poids à un album à venir. Si celui-ci est du même bois brûlé, l’automne s’annonce incandescent.
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juin 23, 2025Il y a des morceaux qui brillent comme des bijoux. Et puis il y a ceux qui brûlent. Qui laissent des traces de cendres sous les ongles et dans les poumons. “Compro Tiempo” de TLZZ appartient à cette seconde espèce, celle des hymnes faits pour ceux qui n’ont jamais eu le privilège du luxe, encore moins celui du temps.
Ici, la drill devient un langage de résistance. Le beat est sec, sans fioritures. Il claque comme une porte trop longtemps restée ouverte sur la misère. TLZZ rappe à vif, sans posture. Pas de glorification des liasses, ni de fantasmes de réussite bling-bling : il parle de survie, d’une enfance où l’on rêve moins de Rolex que d’un toit stable pour sa mère, d’un repas chaud le soir, d’une école où aller sans avoir honte de ses chaussures.
Ce n’est pas un storytelling. C’est un témoignage. La voix de TLZZ ne cherche pas la pitié, elle réclame la dignité. Il achète du temps, dit-il, parce que le sien a toujours été compté. Parce que dans certains quartiers, vieillir est déjà une victoire.
“Compro Tiempo” est une gifle donnée avec amour à ceux qui oublient que le rap naît là où le monde ferme les yeux. TLZZ, lui, les garde grands ouverts. Et il ne rappe pas pour les charts. Il rappe pour les siens. Pour que les enfants qui l’écoutent sachent que même sans rien, on peut se dresser. Qu’on peut faire de la rage une mélodie. Et du manque, une arme.
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juin 23, 2025La nuit tombe sur New Jersey comme une promesse moite. Dans ce halo entre R&B contemporain et pop rap charnelle, « Enticing » glisse comme une confidence au creux de l’oreille. Signé par J Nuller, Mindoffstage et Really M.E., ce titre ne cherche pas à convaincre : il séduit en silence, s’impose par ses non-dits, par cette tension douce entre invitation et résistance.
Ici, le groove est une ligne de désir. Les basses pulsent sans insister, les voix s’échangent comme des regards appuyés dans une pièce à peine éclairée. Chaque artiste apporte sa couleur : J Nuller, natif du New Jersey, traverse les genres comme on traverse des langues, avec une aisance qui rappelle les pulsations croisées de l’urban latin et du hip-hop US. Mindoffstage injecte une dimension introspective, là où Really M.E. plante des mots comme des crochets doux-amer dans la mémoire.
Là où certains tracks cherchent la performance, Enticing opte pour la suggestion. Ce n’est pas une démonstration — c’est un frisson. Un jeu de clair-obscur, quelque part entre la moiteur d’un slow jam et l’ivresse d’une rencontre de minuit. On y décèle les échos de Bryson Tiller ou de PARTYNEXTDOOR, mais avec une teinte plus cosmopolite, un ADN plus hybride.
C’est ce genre de morceau qui ne crie pas son importance, mais qu’on relance encore une fois sans s’en rendre compte. Un track qui n’a pas besoin d’éclater pour s’imprimer. Car parfois, le plus entêtant, c’est ce qui s’insinue.
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juin 23, 2025Il y a ceux qui gravissent les échelons. Et puis il y a KSI, qui pulvérise les plafonds. Avec Catch Me If You Can, nouveau missile sonore sorti via Warner Records, l’ex-YouTuber devenu showman total livre un titre gonflé à la testostérone électronique et à l’ambition XXL, porté par une brochette de producteurs qui transpirent le Billboard (Ryan Ogren, Peter Fenn, KBeazy, Gian Stone). Le résultat ? Un banger aux allures de manifeste : rapide, cinglant, brillant comme une vitrine de joaillerie à Dubaï.
Plus qu’un morceau, Catch Me If You Can est une gifle sonore adressée aux sceptiques, aux haters, à ceux qui pensaient que KSI resterait enfermé dans les limites de la plateforme qui l’a vu naître. Il rappe l’inaccessibilité comme d’autres chantent l’amour, déroule son “million dollar smile” comme un passeport tamponné au succès. Le refrain, entêtant comme une sirène de voiture de sport, martèle l’idée d’une ascension impossible à freiner. C’est nerveux, sans détour, blindé de lignes qui claquent comme des uppercuts en plein match de boxe.
Le clip réalisé par Troy Roscoe confirme la folie du projet : univers futuriste, décors numériques survoltés, voitures supersoniques et pluie de billets — un fantasme mégalo qui ne cache pas son jeu, et c’est précisément ce qui fonctionne. À la frontière entre le jeu vidéo, le blockbuster et l’egotrip de stade, KSI construit une mythologie à son image : bigger than life.
Catch Me If You Can n’est pas seulement une chanson, c’est une déclaration d’intention, un miroir tendu à tous ceux qui hésitent encore à le prendre au sérieux. KSI ne joue plus. Il règne.
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juin 23, 2025Il y a chez Christopha cette énergie de coureur de fond, ce souffle long qui ne lâche pas, même quand le bitume devient brûlant sous les pieds. « Better Late Than Never », treizième arrêt de son impressionnante odyssée 26 Miles and Running part 2 — une chanson toutes les deux semaines en 2025, rien que ça — arrive comme un second souffle, un point de bascule. La moitié du marathon est franchie, et l’homme ne transpire toujours pas. Il respire le feu.
Ancien du monde corpo, qu’il a quitté puis retrouvé par nécessité avant de s’en extraire de nouveau, Christopha incarne cette génération d’artistes lucides, tiraillés entre rêve et devoir. Mais plutôt que de choisir, il fonce tête baissée, et c’est cette tension intérieure qui infuse ses textes d’une force rare. Sur « Better Late Than Never », il ne cherche pas à plaire, il cherche à dire. Et il le dit bien.
Le morceau ne tape pas, il pousse. Le beat est percutant sans être clinquant, une sorte de grime épuré qui laisse tout l’espace au flow, à la diction millimétrée, à la sagesse rugueuse qui transpire chaque phrase. Il n’y a pas de gimmick, pas de triche, juste un homme en course contre le doute, contre le temps, contre l’envie de s’arrêter. « Runway » l’avait déjà propulsé dans les playlists éditoriales de Spotify, « Better Late Than Never » confirme que ce n’était pas un hasard mais une stratégie d’endurance : tenir la distance tout en montant en puissance.
Christopha ne fait pas que rapper, il documente une quête. Celle d’un artiste qui a connu l’étouffement du 9-5, le poids de la responsabilité, les nuits à douter, et qui aujourd’hui court pour sa liberté — en musique. Et qu’importe s’il est arrivé tard. Il est là maintenant. Et c’est ça qui compte.
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juin 23, 2025C’est un générique de fin sans fin, un compte à rebours lancé par erreur, une alerte système que tu laisses sonner en boucle. Avec « Money Galore », DUHON transforme chaque rappel d’impayé en poésie urbaine, chaque centime dû en ligne de fuite. Sur une prod aussi rebondie qu’un rêve sous acide, l’enfant de Menifee (CA) offre un titre dense, cinématographique, nerveux et étrangement introspectif — une sorte de thriller mental à haute fréquence.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/6A8zW3a3RWkvOK2zrowzMu
À la croisée des influences de JID, Saba ou EARTHGANG, le flow s’enroule comme une spirale ascendante, parfois cassé, parfois laser, toujours tendu. C’est que DUHON ne rappe pas, il découpe. Les syllabes se cognent entre elles, syncopées sur une ligne de basse grave et organique, pendant que des nappes discrètes évoquent les reflets froids d’un bureau d’huissier ou les fenêtres vides d’un centre commercial au bord de l’effondrement. L’argent, ici, est un personnage — autant fantasme qu’ennemi intime.
Mais au-delà de la technique affûtée et de la prod chirurgicale, c’est la narration qui fait mouche : DUHON parle de dettes qu’on ne rembourse pas seulement en cash. Fatigue émotionnelle, loyautés fracturées, amour soldé en fin de mois. Chaque ligne pèse comme un rappel de facture, mais avec l’élégance d’un roman noir.
Soutenu par une campagne visuelle ambitieuse et déjà repéré par Stereofox ou A1234, « Money Galore » n’est pas qu’un single. C’est le point d’ancrage d’un univers plus vaste où les chiffres rouges se confondent avec les cicatrices. DUHON ne crie pas sa rage — il l’écrit. Et ce qui aurait pu n’être qu’un morceau trap de plus devient ici une œuvre à part entière : chirurgicale, vibrante, et redoutablement contemporaine.
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juin 19, 2025Il y a dans “Locked In” ce vertige électrique des morceaux conçus pour durer, ceux qui font résonner les carrefours du monde dans un battement de cœur. Echezona, enfant biculturel du Nigéria et de Boston, s’associe ici à JPRiZM, alchimiste des styles et sculpteur de textures sonores, pour un titre hybride, musclé, stratifié, où chaque note semble chercher à recoller les morceaux d’identités multiples.
Trap, pop-rap et afrobeat s’y entremêlent sans jamais se heurter. On ne sait plus où l’on danse, mais on y reste, bloqué dans le groove comme dans une chambre sans murs. “Locked In” sonne comme une déclaration — pas une prière ni une promesse, mais une certitude intime, celle qu’on ne revient pas en arrière une fois qu’on a trouvé sa voix. Et Echezona l’a trouvée : dans cette tension permanente entre la langue des ancêtres et celle des rues américaines, entre l’histoire qu’on hérite et celle qu’on forge.
Côté production, JPRiZM déploie sa palette avec une aisance sidérante : beat millimétré, nappes oscillantes, touches de piano synthétique comme échappées d’un rêve post-R’n’B. C’est brut et raffiné, rugueux et élégant à la fois — à l’image de ce duo complémentaire où la fluidité vocale d’Echezona épouse les fulgurances soniques de son partenaire.
“Locked In”, c’est une carte postale envoyée d’un futur possible, une vision musicale du melting-pot émotionnel que vivent les artistes diasporiques d’aujourd’hui. Une preuve qu’on peut être à la fois enraciné et nomade, engagé et dansant, vulnérable et triomphant. Bref, un hit qui ne choisit pas entre profondeur et efficacité. Et ça, c’est rare.
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juin 19, 2025Il y a des morceaux qui collent à la peau comme une nuit moite de juillet. “I Put It Down” de Ka$h Route est de ceux-là. Un titre à la frontière floue entre néo-soul satinée et rap alternatif assumé, où le flow flirte avec les caresses, et où chaque beat semble composé pour faire grimper la température d’un cran.
Ka$h Route ne cherche pas à impressionner par la technique. Ce qu’elle vise, c’est l’impact immédiat, presque charnel, d’une musique qui respire la confiance en soi. Le titre roule sur une prod chaude et limpide, à mi-chemin entre les pulsations nocturnes de SZA et le groove sensuel d’un Anderson .Paak période Malibu. Les lignes de chant sont suaves, le flow posé avec une nonchalance assumée — c’est le genre de morceau qu’on glisse entre deux verres, quand les regards s’accrochent sans dire un mot.
Mais attention, “I Put It Down” n’est pas juste un track sexy de plus sur une playlist Top 40. Il y a, dans la manière dont Ka$h Route articule ses couplets, une vraie finesse, une narration implicite. Une manière de dire « je sais ce que je vaux » sans hausser la voix. Elle maîtrise l’art du teasing vocal, celui qui attire sans supplier, celui qui claque sans violence.
Féroce, brillante et féline, Ka$h Route s’inscrit dans cette nouvelle génération de rappeuses qui n’ont plus besoin de choisir entre groove et attitude. Avec “I Put It Down”, elle signe un hymne pour les corps libres, les nuits moites et les esprits affûtés. Un hit de radio ? Peut-être. Un morceau magnétique ? Définitivement.
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juin 19, 2025À force de scroller, d’espérer, de poster, de briller par intermittence dans des stories éphémères, le rêve de “Hollywood” s’est flouté. Lucid, rappeur aussi introspectif qu’incisif, en livre ici une relecture brûlante, loin des palmiers et des Oscars. Ce “Hollywood” n’a rien à voir avec les lettres immaculées sur les collines — c’est une ville mentale, un mirage calciné où les egos se consument comme des mégots.
Dès les premières secondes, le morceau sent la sueur, la fatigue, l’ambition à vif. Le beat est sec, presque poussiéreux, comme si Metro Boomin s’était enfermé dans un motel de la Route 66 avec un vieux SP-404 et une bouteille vide. La voix de Lucid, elle, glisse entre les lignes avec une maîtrise rare : posée, acide, et toujours au bord de la rupture. Il n’est pas là pour plaire. Il est là pour dire.
“Hollywood”, dans sa bouche, devient un symbole inversé. Ce n’est pas la promesse dorée — c’est la gueule de bois après le rêve. Le besoin de reconnaissance qui ronge. Le masque qu’on garde même devant soi-même. Le miroir où l’on ne voit plus que des likes, des filtres, des fantômes.
Lucid rappe comme on se confesse à minuit dans une ruelle vide. Chaque mot est une cicatrice rouverte, chaque rime une tentative de reconquête de soi. Et malgré le désenchantement, il y a une lumière. Pas celle des projecteurs, non. Plutôt celle, fragile mais vraie, d’un néon au fond d’un studio où l’on rappe encore quand tout le monde dort. Là où le rêve survit.
“Hollywood” n’est pas un tube. C’est un cri. Une ville imaginaire en feu. Et Lucid y marche seul, mais droit.
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juin 17, 2025Il y a des disques qui claquent comme des shooters à jeun. Et puis il y a Pain in My Heart d’AMGTASK — un EP qui suinte le cuir trempé, le bitume chaud et les larmes rentrées. Un premier projet comme un testament, comme une lettre non envoyée griffonnée à 3h du matin sur un coin de table en Floride, alors que le silence devient trop lourd à supporter. AMGTASK ne débute pas ici : il débarque. Nu, cabossé, mais debout.
https://music.apple.com/us/album/pain-in-my-heart-ep/1817439116
On pourrait dire que c’est de la trap poétique, du rap introspectif à croiser quelque part entre l’ombre de Gucci Mane et la mélancolie viscérale d’un Rod Wave. Ce serait un peu vrai. Mais ce serait rater l’essentiel : AMGTASK ne fait pas de musique pour percer, il en fait parce qu’il n’a plus le choix. Chaque morceau est un instantané du chaos. “Comfort” sonne comme un aveu qui tremble. “Sacrifice” comme un autoportrait en feu. Il y a dans sa voix cette chose rare : une fracture qui ne se répare pas, mais qui chante.
Le plus étonnant dans cet EP, c’est sa cohérence émotionnelle. Pas de gimmick, pas d’esbroufe. Juste des productions sales et élégantes à la fois, des mélodies lancinantes, et ce timbre qu’on dirait griffé par les anges d’Atlanta. Le tout, encapsulé dans une narration trempée dans le bitume, mais tendue vers le ciel.
Pain in My Heart n’est pas une carte de visite. C’est un acte de résistance douce. Une façon de dire : “j’ai mal, mais j’avance.” Et dans un monde saturé de faux récits de résilience, entendre quelqu’un qui chante vraiment depuis la douleur, sans vernis, c’est plus que rare — c’est nécessaire.
AMGTASK ne cherche pas la lumière. Il en fabrique une.
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https://open.spotify.com/playlist/2SQtKXgCCUG8T3KuCSgMgR
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juin 16, 2025C’est pas seulement une question de flow. C’est une question de posture, de vérité, d’attitude. Avec One of Dem, Crown Vega et Archangel signent un retour aux sources du rap de rue – celui qui sort des entrailles d’un bloc en feu, qui connaît les codes mais les tord, et qui ne s’excuse de rien. Sept titres, pas un de trop. Chaque morceau est taillé pour durer, pour frapper, pour marquer. Memphis n’a peut-être pas inventé le rap, mais elle en connaît la violence élégante. Et Vega & Archangel le rappellent à chaque mesure.
L’ouverture F U est une claque. Pas une gifle, une vraie claque – frontale, organique, tendue. Beats secs, basses rondes, voix écorchées : le binôme fonctionne à la perfection, comme un duo de flics ripoux dans un film de Soderbergh version 1999. In The Way joue avec les textures, ralentit le tempo pour mieux appuyer là où ça fait mal. On navigue entre paranoia trap et confidence absolue, entre pouvoir et doute. Il y a dans leurs couplets quelque chose de très cinématographique, presque scénarisé, mais jamais surjoué. Ils incarnent ce qu’ils racontent.
Et puis, il y a ce sens du hook : We Da Ones fait mal, mais avec le sourire aux lèvres. C’est arrogant, rapide, malin, joué sur un fil tendu entre l’hommage et l’absurde. Le morceau Everything but Basic ouvre une brèche vers quelque chose de plus introspectif sans jamais perdre la verve, comme si Nas avait grandi à South Memphis mais en écoutant Future en boucle.
Tout l’EP est un équilibre entre héritage et insoumission : une esthétique Memphis filtrée à travers un prisme de modernité noire, brute, très actuelle. Pas de frime gratuite, pas de posture creuse. Juste deux voix qui rappellent que le vrai rap, celui qui gratte, celui qui groove, celui qui tue, n’a pas besoin de mode. Il lui suffit d’être One of Dem.
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juin 9, 2025C’est un morceau qui n’attend pas qu’on le remarque. Il entre doucement, comme un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps et qui ne dit rien, mais qui dit tout. Steder de Greco n’a rien d’un tube, et c’est précisément pour ça qu’il s’imprime. Dans un paysage saturé de fausse intensité, le rappeur norvégien choisit la retenue, la vibration intérieure, l’épure. On pourrait dire que c’est du pop-rap minimaliste. Ce serait juste, mais ça ne suffirait pas.
Ce qui frappe, c’est la justesse du ton. Une voix posée, jamais plaintive. Une rythmique soyeuse, aérienne, presque floue par endroits. Un beat qui refuse d’être lisse, avec ses grésillements volontaires, ses textures organiques, comme si le morceau avait été enregistré dans une chambre en désordre plutôt que dans un studio aseptisé. Loin des algorithmes, Steder est un instant volé, une photo prise sans filtre, au polaroïd.
Greco y parle de lieux — géographiques, intérieurs, symboliques — mais surtout d’un entre-deux qu’on connaît tous. Cet état flottant, quand on n’est plus tout à fait qui l’on était, mais pas encore ce qu’on deviendra. Une sorte de dérive douce, ni tragique ni euphorique. Juste vraie.
Le featuring de Yung Bames apporte un relief nécessaire : une tension plus marquée, une ligne plus directe, sans jamais déséquilibrer l’ensemble. On est dans la complémentarité, pas dans la surenchère. Et ça marche, parce que rien ici n’est joué pour impressionner. Tout est là pour dire, sans majuscule.
Steder n’est pas un cri, c’est un souffle. Une de ces chansons qu’on découvre par hasard et qu’on n’oublie pas. Parce qu’elle nous parle sans nous bousculer. Parce qu’elle ressemble à ce que c’est, vivre. Parce qu’au fond, on est nombreux à chercher un endroit où poser nos valises, même pour trois minutes.
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juin 9, 2025Pas besoin de sucre glace quand Tee Peters te balance un dessert auditif aussi moelleux que Victoria Sponge. Ce nouveau single, à la croisée du Jersey Club et du Hip-Hop, déborde d’une joie contagieuse sans jamais sombrer dans la niaiserie. Loin d’un gâteau trop sucré, ce morceau est un concentré de spontanéité et d’énergie maîtrisée. L’ingrédient secret ? Un vocal sample tombé du ciel, catalyseur d’un banger qui groove avec le sourire en coin.
Dès les premières secondes, la production de D’larm impose un rythme claquant et élastique, un beat rebondissant comme une basket sur bitume chaud. Les kicks typiques du Jersey Club trépignent et se multiplient, mais la magie opère dans l’équilibre : rien n’est gratuit, chaque boucle sert la narration.
Tee Peters rappe comme on respire un après-midi de juillet — naturel, joueur, lucide, les pieds dans le sable et le regard tourné vers les étoiles. Entre introspection douce et vibes solaires, Victoria Sponge ne choisit pas : il juxtapose, superpose, et assume ses contrastes. Une ode à ces moments suspendus où l’on savoure la compagnie des autres, le présent, sans trop se poser de questions.
C’est un track qui célèbre sans crier, qui danse sans prouver, qui sourit sans poser. Un hymne pour celles et ceux qui cherchent la lumière dans le détail, le groove dans les interstices. Tee Peters confirme ici qu’il a l’art d’écrire des morceaux comme on fait un clin d’œil complice à la vie : légers en surface, profonds dans le fond. À déguster sans modération.
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juin 9, 2025Dans un paysage musical britannique en quête d’émotions vraies, KiLLOWEN trace sa route avec une constance aussi rare qu’électrisante. All 2 U, son nouveau single, incarne cette trajectoire ascendante comme une capsule d’été distillée dans une boîte à rythmes 2-step. Le morceau samplé de My Boo des Ghost Town DJ’s n’est pas juste un clin d’œil générationnel : c’est une déclaration. KiLLOWEN convoque ici les fantômes des slow jams de son enfance, les mix CD gravés, les amours adolescentes à la tombée du jour.
Mais cette douceur old-school est contrebalancée par une urgence contemporaine. L’artiste ne s’enferme pas dans le rétro : il réinvente. Avec sa voix mi-narrative, mi-crooneuse, il insuffle un spleen moderne dans les beats sucrés. La nostalgie, chez lui, ne pleure pas — elle danse. All 2 U est à la fois confession intime et banger de festival, pensé autant pour les écouteurs solitaires que pour les foules en liesse.
On y retrouve tout ce qui fait la force du « garage-rap » made in KiLLOWEN : des prods qui font glisser, des lignes mélodiques accrocheuses, et surtout ce phrasé élastique, à la croisée de Mike Skinner et Brent Faiyaz. Mais au-delà du son, il y a l’histoire : celle d’un kid de Hayes devenu chroniqueur mélancolique du quotidien britannique. Sa force, c’est de rendre le banal poétique. De transformer un appel manqué en refrain générationnel.
Avec All 2 U, KiLLOWEN confirme qu’il est bien plus qu’un phénomène viral ou un énième revival UKG. Il est devenu la bande-son de ceux qui rêvent, doutent et dansent entre deux stations de métro. Un conteur d’époque, les deux pieds dans la rave, le cœur dans la poésie.
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juin 9, 2025Pas besoin de grands discours pour comprendre que Cold Room n’est pas là pour séduire. Le nouveau single de Lanyo surgit comme une brèche dans la carapace du trap contemporain, un souffle glacé où la violence des rues se heurte à l’introspection la plus brute. À la croisée du gangsta rap et de l’emo trap, ce morceau se déploie comme une confession nocturne, transmise depuis un bunker mental où l’espoir peine à pénétrer.
Le beat, minimal et tranchant, bat comme un cœur en mode survie. Il est parcouru de nappes lugubres et d’effets fantomatiques qui évoquent les ambiances des Cold Room Freestyles made in UK, mais injectés ici d’une sensibilité plus mélodique. Lanyo, lui, rappe comme on s’exorcise. Sa voix, lasse et tendue à la fois, porte le poids d’une ville, d’un passé, peut-être d’une vengeance.
Pas de storytelling flamboyant ici : Lanyo parle par flashs, par visions. L’image d’une pièce froide revient comme une métaphore de l’isolement – physique, émotionnel, existentiel. Le morceau semble s’adresser à personne et à tout le monde à la fois : les frères tombés, les ennemis invisibles, les vieux démons qui rôdent encore à trois heures du matin.
Mais là où d’autres sombreraient dans le cliché ou l’auto-glorification, Lanyo conserve une retenue presque pudique. Il ne surjoue pas : il constate. Il ne cherche pas l’approbation, mais plutôt une forme de vérité, même sale, même bancale. Cold Room, c’est une capsule de survie en forme de morceau. Un moment suspendu, froid mais vibrant, dans lequel Lanyo inscrit sa voix au panthéon des âmes perdues qui refusent de se taire.
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juin 9, 2025Ce n’est pas juste un morceau, c’est un mantra. Une déclaration. Une montée d’adrénaline sur mesure pour ceux qui n’attendent pas leur heure : ils la provoquent. Avec Gametime Title Track, Brandon Mitchell transforme ses pas de danse en beats, ses convictions en rimes, et sa trajectoire personnelle en hymne collectif.
Brandon Mitchell n’est pas un inconnu des scènes, des écrans ou des cœurs. Mais ici, c’est en tant que rappeur qu’il s’affirme avec une précision redoutable. L’intro claque comme une gifle matinale : basse profonde, caisse claire tendue comme un tendon prêt à rompre, puis une voix qui déboule, claire, directe, galvanisante. Aucun artifice. Juste l’essentiel.
Gametime pulse comme un round de boxe : on y entre armé de doutes, on en sort debout, grandi. Mitchell livre une performance à la croisée du storytelling et de l’énergie brute, quelque part entre l’inspiration motivante d’un J. Cole et le charisme assumé d’un Nipsey Hussle. Sauf que sa voix reste la sienne : enracinée dans une vie de discipline, de foi et de résilience.
Le titre vibre à chaque mot de son auteur, car chez Brandon Mitchell, la musique n’est pas un jeu — c’est une extension de son éthique de vie. Le refrain, mi-mantra, mi-harangue, reste en tête longtemps après l’écoute, et s’écoute autant à la salle de sport qu’en période de doute existentiel. Parce qu’ici, le « gametime » n’est pas qu’un instant : c’est un état d’esprit.
Le Kansas rencontre Los Angeles, le danseur devient messager, l’homme devient voix. Et Gametime ? Un hymne à la hauteur de l’ambition.
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juin 9, 2025Ce n’est pas un freestyle perdu sur une instru YouTube. Ce n’est pas une posture. Ce n’est pas non plus un énième exercice de style nostalgique pour puristes du boom-bap. The Bigger Picture de Soch, c’est un journal intime en haute résolution, un manifeste personnel livré avec précision, humilité et une lucidité presque chirurgicale.
Soch rappe comme on trace une ligne droite dans le chaos. Chaque mot est pesé, chaque image tend un miroir à l’auditeur. Il n’y a pas d’effet de manche, pas de course à la punchline gratuite. Il s’agit ici de construction, de regard intérieur, de ce moment rare où un morceau hip-hop s’autorise à être plus qu’une performance : un espace de réflexion.
Sur une prod boom-bap chaleureuse et granuleuse — entre claps secs, samples poussiéreux et boucle de piano presque méditative — Soch étale ses pensées sans jamais se perdre dans la démonstration. Le flow est calme, posé, précis. Il ne cherche pas à dominer la prod mais à la raconter avec. Le résultat est un équilibre fragile et sublime entre introspection et observation sociale.
Pas besoin de refrains accrocheurs ni de drops clinquants. The Bigger Picture fait ce que trop peu de titres tentent encore : parler vrai. Évoquer les doutes, les pressions invisibles, le poids des attentes, l’appel à une vision plus large dans un monde saturé de filtres.
C’est une claque douce. Un morceau qu’on écoute casque vissé, regard dans le vide, et qu’on relance dès la dernière mesure. Parce qu’on sent qu’il y a encore à comprendre. Parce qu’on sait qu’il ne rappe pas seulement pour lui. Parce qu’il vise, justement, plus grand.
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juin 9, 2025Pas de chichi, pas d’accroche FM : Let Loose frappe sec. Le genre de morceau qui ne se demande pas la permission pour exister, et qui sent la sueur, la colère froide et le bitume brûlé. Bourjous, rappeur australien d’origine libanaise, aujourd’hui installé dans les décors paradoxaux des îles Caïmans, signe ici un morceau brut, sale, tendu comme un câble. Un banger nocturne pour se défouler la nuque, un trip nerveux entre rage canalisée et affirmation de soi.
La prod, elle, tape dans le cool sans tomber dans le convenu. Un beat glacé, presque industriel, au groove discret mais tranchant. Dessus, Bourjous découpe. Son flow, tout en rugosité maîtrisée, glisse sans artifice. Ce n’est pas de la performance pour la performance. C’est une manière d’exister, de cracher le feu avec détachement. L’énergie grunge du titre n’est pas un gimmick esthétique : elle s’entend dans la façon dont chaque mot semble arracher un bout de réalité.
Dans une époque où beaucoup de morceaux trap se ressemblent, Bourjous injecte du venin et de la texture. On sent l’influence du rap américain des années 2010 — quelque part entre le minimalisme brut de 21 Savage et l’ambiance crasse de Denzel Curry période Imperial. Mais Let Loose a un accent, un grain, une sueur qui n’appartient qu’à lui.
C’est un morceau pour ceux qui roulent tard, qui marchent seuls, qui n’ont pas besoin de lumières de club pour briller. Un son pour ceux qui encaissent, puis explosent. À écouter fort, les dents serrées, les phares éteints.
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juin 9, 2025Christopha n’est pas là pour collectionner des Rolex. Avec Millionaire, l’artiste britannique taille dans la masse du rap moderne une fresque introspective, tendue entre ambition, conscience sociale et détachement matérialiste. Ici, le million ne se compte pas en chiffres mais en idées. En audace. En liberté intérieure.
Véritable électron libre du hip-hop UK, Christopha construit depuis plusieurs années un répertoire cohérent et affûté, mêlant le storytelling à la réflexion existentielle, dans une langue qui découpe, éclaire et refuse les clichés. Millionaire ne fait pas exception. Derrière le titre clinquant se cache un morceau en équilibre instable entre affirmation de soi et remise en question, entre feu sacré et contrôle froid du verbe.
Le beat, sobre mais entêtant, repose sur une boucle minimaliste, presque hypnotique, qui laisse toute la place aux mots. On pense aux premières heures de Little Simz, à la retenue nerveuse d’un Loyle Carner ou à la sagesse brutale de Dave. Mais Christopha trace sa propre ligne. Sa diction est précise, son timbre posé, sa présence magnétique. Il ne cherche pas à en faire trop. Il parle, et on l’écoute.
À l’heure où le rap britannique alterne entre bangers drill et egotrips grandiloquents, Christopha ose la nuance, la densité, la lente montée en tension. Millionaire n’est pas un tube, c’est une déclaration — d’intention, de foi, d’indépendance. Un morceau qui s’adresse à celles et ceux qui savent que la vraie richesse ne s’étale pas sur un feed Instagram, mais se construit en silence, à coups de lucidité et de courage.
Pas besoin de signer chez une major pour briller. Pas besoin de hurler pour marquer. Millionaire est un rappel élégant : dans un monde où tout va trop vite, penser encore, c’est déjà être riche.
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juin 9, 2025Il y a des chansons qui sortent comme un cri. Drips, le nouveau single d’Essibee, ne cherche ni la rime parfaite ni le beat tendance — il rampe hors des cendres d’un amour qui sent encore le rail. Essibee n’est pas là pour séduire les playlists : il est là pour purger un souvenir, pour poser sur bande la chronique tremblante d’un “et si…” dont on devine l’issue dans chaque soupir.
Originaire de Leeds, l’artiste n’a pas l’ambition de remplir les salles. Il préfère les zones grises, les non-dits étouffants, les voix qui flottent entre deux silences. Dans Drips, c’est justement une voix réelle — celle de l’ex amante — qui s’immisce comme une présence fantomatique, sur une production sobre et sépulcrale. Le morceau tient du rêve humide et sale, quelque part entre le spoken word intime et le lo-fi désenchanté. Il n’y a pas de refrain euphorique, juste des éclats de vécu, rugueux, tragiquement ordinaires.
Ce qui frappe, c’est la distance presque clinique avec laquelle Essibee dissèque l’amour et la rechute. Pas de grand pathos, pas de punchline formatée. Juste un constat : la douleur persiste même quand on croit l’avoir enterrée. Et quand l’amour flirte avec la dépendance, c’est toujours la mort qui guette en bout de piste.
Drips est un morceau fragile, à peine là, comme une veine prête à céder. Il ne cherche pas la beauté — il la trouve malgré lui, dans la sincérité nue, dans l’inconfort du vrai. Essibee ne fait pas de musique pour monter, il creuse. Et sous la surface, il y a quelque chose qui palpite encore.
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juin 4, 2025Il faut le voir, Raydeo, sortir de l’ombre comme un protagoniste d’animé au regard fendu d’espoir, une cicatrice invisible au coin du flow. Le rappeur new-yorkais, révélé par un album de spleen sous-marin (I Be Sad Too), revient avec “Plus Ultra” — une claque sobre, lucide, qui fait danser les névroses avec panache. On a vu passer mille tentatives de renaissance dans le rap underground de la côte Est, mais rarement une aussi précise, aussi instinctive, aussi débarrassée du clinquant pour retrouver l’épure du mouvement.
Le titre, qui pique son ADN à My Hero Academia, devient sous ses doigts autre chose qu’un hommage geek. Ce n’est pas un déguisement mais un prolongement naturel de son état d’esprit : pousser, encore, jusqu’à fissurer la roche. Sur un beat signé 4most, aussi souple qu’une hanche de soul, Raydeo balance une prose truffée de références, comme s’il avait passé sa vie à digérer la mémoire collective pour mieux la restituer à sa sauce. Il y a du MF DOOM dans le raffinement, du Joey Bada$$ dans l’aspérité, du Kendrick dans l’élan intérieur. Surtout, il y a Raydeo, désormais sûr de son lexique, de ses élans, de ses silences.
Loin de toute pose nostalgique, “Plus Ultra” agit comme un polaroid en pleine course. Un instantané vibrant d’un gamin du Bronx qui a compris que les victoires discrètes valent mieux que les trophées vides. Il ne cherche pas l’approbation, il offre une vision. Un hip-hop sans effet de manche mais cousu d’exigence, de sueur et de lectures digérées.
Et si le futur du rap de New York n’était pas dans le passé glorifié, mais dans cet entre-deux fragile que Raydeo est en train de redessiner à voix haute ?
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juin 4, 2025Il y a dans Right Now ce souffle grave et lucide qui traverse les tracks des artistes qui savent d’où ils viennent et regardent droit dans les yeux ce qu’ils vivent. Bhozy, avec sa voix à la fois cassée et pleine de cran, ne vend pas de rêve californien ou de storytelling à paillettes. Il parle de l’instant présent comme d’un acte de résistance. De l’instant right now, celui qu’on saisit à pleine main parce qu’on sait trop ce que ça coûte de le laisser filer.
La prod de Daz, tout en sobriété, balance une boucle entêtante qui groove sans faire de vagues. Pas besoin d’en rajouter, le propos suffit : des kicks secs, un sample qui semble flotter dans un brouillard de fatigue et de persévérance, et cette ligne de basse qui murmure plus qu’elle ne claque. L’atmosphère est introspective, presque méditative, mais jamais passive. On est dans l’action modeste : celle d’un mec qui continue de marcher, même pieds nus sur le béton brûlant.
Bhozy et Daz ne crient pas leur rage, ils la déposent, la sculptent dans le son. Ce qu’ils racontent, c’est l’importance de faire avec. Avec les galères. Avec les silences. Avec les lendemains incertains. Right Now, c’est l’équivalent sonore de ces moments où tu inspires profondément, où tu regardes le ciel gris et tu te dis : « C’est pas parfait. Mais je suis encore là. »
Un track à écouter casque vissé, les mains dans les poches, en marchant sans but précis. Parce que parfois, juste avancer, c’est déjà une victoire.
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juin 4, 2025Ce n’est pas un morceau qui cherche la transcendance, et c’est précisément pour ça qu’il tape. Like That, c’est ce genre de track que tu balances dans la voiture fenêtres ouvertes, lunettes de soleil vissées sur le nez, même s’il pleut — parce qu’au fond, t’as ce truc en toi, cette vibration, cette vérité douce : you got it like that.
JayC Prodigy, avec son blaze de super-héros californien, pose ici un morceau qui suinte l’assurance sans virer à l’arrogance. C’est la vibe de ceux qui ne jouent pas les boss, mais qui marchent comme s’ils l’étaient. Le flow est chill, décontracté, presque feutré par moments, mais porté par cette énergie intérieure, cette jubilation tranquille de celui qui a trouvé sa place. À ses côtés, Amar Miller joue le rôle parfait du reflet vocal, entre complicité et élévation.
La prod est minimaliste mais nerveuse, flirtant avec les codes du trap laid-back sans jamais sombrer dans la mollesse. Tout est dans les détails : les 808 ronronnent, les hi-hats fusent en rafale douce, et l’autotune devient ici outil d’introspection plus que d’effet de mode. On sent la Californie dans les angles arrondis, dans cette manière d’embrasser le groove sans forcer. Ce n’est pas une démonstration, c’est une affirmation.
JayC Prodigy ne prétend pas changer le monde avec Like That, mais il t’invite à changer ta posture, à t’aimer un peu plus fort, à te regarder dans le miroir sans baisser les yeux. Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin.
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juin 4, 2025Pas besoin de tourner autour du pot : Where He At cogne sec, tape fort, et surtout, il bouge. Véritable cri de ralliement pour les reines du twerk et les amoureux du bounce dans sa forme la plus brute, ce titre signé 504icygrl revendique haut et fort ses racines : New Orleans, baby.
Ici, pas de détours ni de fioritures. La prod est frénétique, martelée de ces kicks claquants et de claps à la syncopation chirurgicale qui font la signature du bounce. La boucle vocale est lancinante, hypnotique, presque agressive dans sa répétition — et c’est précisément ça qui rend le morceau si efficace. On pense à Big Freedia, à Magnolia Shorty, à toute cette lignée de voix fiévreuses qui ont transformé le club en sanctuaire païen de la sueur et de la puissance féminine.
504icygrl ne joue pas à l’élégante : elle rentre dans le beat comme on claque une porte. Sa voix a cette insolence crue, presque crachée, typique de celles qui n’ont jamais eu besoin de demander la permission pour exister. Elle incarne une culture, un tempo, une ville tout entière — avec son humidité, sa chaleur moite, son électricité permanente.
Where He At n’est pas qu’un banger local : c’est un rappel. Le bounce n’est pas mort. Il vit, il respire, et il continue d’émerger avec des artistes comme 504icygrl qui, loin de diluer le propos, le renforcent. À l’heure où le mainstream s’accapare les sonorités du sud à coups de TikTok, elle en ramène l’ADN. Pur, impudique, dansant.
Ici, le twerk devient politique, la cadence devient manifeste. Et toi, tu danses — ou tu t’écartes.
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juin 4, 2025Pas besoin de crier pour que ça cogne. Need Me glisse dans l’oreille comme une vérité qu’on connaît déjà, mais qu’on n’a jamais osé formuler. Le genre de morceau qui surgit entre chien et loup, quand les néons bavent sur l’asphalte et que ton cœur tape un peu à côté de la mesure.
Sur un sample mélancolique qui sonne comme un vieux vinyle qu’on aurait trouvé dans le grenier d’un souvenir, Messa Moves découpe le silence avec des drums lents mais lourds, presque cérémoniels. Chaque coup résonne comme un pas dans un couloir vide – tu ne sais pas si tu avances ou si tu hantes quelque chose. La prod te laisse de l’espace, mais jamais trop. Elle t’enlace comme une brume collante.
Et Kkenji, lui, fait ce que les vrais savent faire : il se glisse dans la faille du beat, pas pour dominer, mais pour dialoguer avec. Il tisse, il chuchote, il confronte. Sa voix a ce grain particulier, quelque part entre le murmure lucide et l’appel intérieur. Pas de grandes envolées. Juste des vérités balancées droit, comme des confessions qu’on se fait en regardant le plafond à 4h du mat.
Need Me, c’est pas juste une track. C’est un état. Une errance douce, entre beatmaking organique et introspection au bord du gouffre. Un spleen cousu main, taillé pour celles et ceux qui ont appris à danser avec leurs fantômes.
C’est un premier jet d’EP qui sent la sueur, la patience, et une alchimie rare entre producteur et MC. Et si ça commence comme ça, on veut la suite.
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juin 4, 2025Tu ne captes pas tout de suite. Nightshade se déploie comme une brume : élégante, vénéneuse, impalpable. À la première écoute, tu hoches la tête – beat boom bap soyeux, grooves feutrés, un flow souple qui t’attrape par la manche sans crier gare. Puis les couches s’accumulent. Et là, tu comprends : ce n’est pas un simple track. C’est un sortilège.
St.Bedlam ne rappe pas, iel incante. Chaque phrase claque comme un murmure tordu au bord d’un abîme urbain. Les images se télescopent – poésie noire, introspection écorchée, spiritualité fêlée. C’est l’ego death remixé façon fumigène sensuel. “We made it sexy” annonce-t-iel, et c’est vrai : la mort du moi n’a jamais aussi bien sonné.
Le pont harmonique vient caresser ce chaos avec une douceur insoupçonnée. Une respiration, une lumière trouble au fond du tunnel. Comme si le spleen avait trouvé son slow jam. Et derrière, le beat ne lâche rien. Il pulse comme un cœur qui a trop vu, trop perdu, mais qui continue à pomper du groove.
On pense à MIKE, à L’Rain, à des scènes en 4:3 filmées sur VHS dans une chambre remplie d’encens et de peintures abstraites. Le genre de morceau qu’on envoie à un·e inconnu·e à 3h du matin avec juste un “écoute ça, c’est nous.”
Nightshade est une offrande rare, une potion de mots et de sons où l’intime devient mythologie urbaine. C’est étrange, c’est doux, c’est brillant. Et comme toutes les plantes toxiques, ça attire irrésistiblement.
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juin 4, 2025Pas besoin de retourner les vinyles ou de fouiller les bacs poussiéreux des disquaires pour retrouver le vrai hip-hop. Il respire, ici, en 2025, dans les sillons profonds et organiques de 10 Outta 10. Phat Panda, avec sa voix grave comme un sermon de fin de soirée, nous sert un hommage vibrant au boom bap, à la soul, et au rap à l’ancienne — mais sans jamais sombrer dans le mimétisme.
Sur une prod d’AK420 qui crépite comme un feu de cheminée dans un studio enfumé, chaque mesure est sculptée avec soin. C’est chaud, c’est doux, c’est dense. Les beats sont veloutés mais précis, le sample respire la nostalgie sans jamais s’y noyer, et les scratchs chirurgicalement placés de Nano2Hype apportent ce supplément d’âme, ce clin d’œil aux fondamentaux qui fait lever les bras sans réfléchir.
Mais la magie ne tient pas qu’au décor. Elle est dans la voix de Phat Panda, pleine de sagesse et de sincérité, qui frappe sans violence mais toujours avec force. Le flow est à la fois posé et percutant, les mots choisis avec une précision artisanale. Ça parle d’alignement intérieur, de vérité, d’héritage, de respect de l’art — sans prêcher, juste en racontant. Et c’est là toute la différence : ce n’est pas une leçon, c’est une offrande.
10 Outta 10 ne cherche pas à innover pour le plaisir. Il se contente d’être juste, authentique, traversé par cette lumière rare qu’on trouve chez les artisans du son. Ce genre de morceau qui donne envie de remettre des Timberlands, de sortir le carnet de rimes, ou simplement de marcher lentement dans la ville, casque sur les oreilles, le cœur un peu plus plein.
Un titre qui rend justice au passé tout en écrivant le présent. Un 10 sur 10, vraiment.
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juin 4, 2025Pas besoin de sous-titres quand les corps traduisent l’essentiel. Avec Love Language, le duo J Nuller et Castro propose une partition où le cœur bat en double tempo : R&B langoureux d’un côté, reggaetón chaloupé de l’autre. Le résultat ? Une déclaration d’amour bilingue, biculturelle et brûlante de sincérité, née quelque part entre les rues de New Jersey et l’écho moite des clubs de Medellín.
La voix suave de J Nuller s’enlace au flow de Castro comme deux langues qui dansent ensemble sans jamais se marcher dessus. L’alchimie est fluide, naturelle — le genre de complicité qu’on ne fabrique pas en studio, mais qui transpire l’histoire commune, les origines métissées, les nuits sans sommeil où les refrains se murmurent avant de s’enregistrer.
Musicalement, Love Language est un cocktail parfaitement dosé. Des accords R&B tout en velours, une rythmique reggaetón discrète mais irrésistible, des refrains accrocheurs et un storytelling qui mise sur la vulnérabilité masculine sans jamais tomber dans le cliché. Ce n’est pas une chanson de drague — c’est une confession, une tentative d’écouter et d’être compris. Une manière de dire « je t’aime » sans le dire, mais en le ressentant dans chaque ligne de basse et chaque harmonique vocale.
Dans un monde saturé de tracks génériques, Love Language résonne comme une proposition authentique : un pont entre les genres, les langues, les cœurs. Une love song pour les amoureux du groove et de la vérité.
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juin 4, 2025Ce n’est pas une entrée fracassante, c’est un pas de côté. Pas de sirènes, pas de coups de feu dans l’intro, juste un beat sec et souterrain, taillé dans le chrome et la fumée. “Gentlemen”, le nouveau single de YB MULLY avec Lurks, n’a rien d’un hommage à la bienséance. C’est une manière sournoise, presque ironique, de réécrire les codes du trap en y injectant un soupçon de menace polie, une élégance crasse, une attitude qui frôle l’aristocratie du bitume.
La voix de YB MULLY, posée avec une nonchalance qui claque plus qu’elle ne crie, serpente à travers des kicks massifs et des nappes électroniques trempées dans l’acide. Lurks, lui, glisse comme une ombre parallèle, deuxième lame dans un duo aux allures de gentlemen cambrioleurs. Les deux MCs se renvoient le mic comme une poignée de main en pleine tension, chacun jouant sa partition dans un équilibre précaire entre arrogance et retenue.
Ce morceau, quelque part entre le code vestimentaire d’un club sélect et l’odeur des sous-sols moites d’une rave illégale, respire la friction. La production EDM injecte juste ce qu’il faut de flashs stroboscopiques dans l’univers trap, créant une texture à la fois industrielle et charnelle, métallique et moite. “Gentlemen” n’est pas là pour flatter les playlists mainstream, il veut s’infiltrer, s’insinuer — comme une sueur froide dans un col trop serré.
YB MULLY et Lurks signent un track ambigu, presque conceptuel dans sa manière de désacraliser les poses virilistes habituelles. Le gentleman ici n’ouvre pas les portes, il les déverrouille sans bruit, ganté, glacial, et toujours deux pas devant.
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juin 4, 2025Pas besoin d’une intro léchée quand la rage parle d’elle-même. Avec “Beat the Odds”, VKA$H signe bien plus qu’un morceau : il balance un uppercut sonore à tous les pronostics défavorables. Ceux qui connaissent les comptes à découvert, les nuits longues sans sommeil, les pères absents, les boulots ingrats et les regards qui te scrutent de haut en bas sans jamais croire en toi — c’est pour eux que ce titre existe.
Le flow est sec, droit au but, pas là pour séduire mais pour marquer. Il y a quelque chose de presque documentaire dans la manière dont VKA$H pose ses mots : comme si chaque ligne était une archive de sa survie. Il ne romantise pas la douleur, il la transforme, en fait un levier, un totem. Le beat, lourd et granuleux, laisse l’espace aux silences, aux prises de souffle, à la tension qu’on sent encore sous la peau.
“Beat the Odds” n’a pas la langue des grands discours, mais il a le cœur gros comme ça. Il parle de casser le cycle, de ne pas devenir ce qu’on t’avait promis d’être, de construire là où on t’avait prévu des ruines. Il y a dans chaque mesure la fatigue de ceux qui n’ont jamais vraiment dormi, et la foi tenace de ceux qui savent que leur place, ils devront la voler.
Ce n’est pas une chanson de victoire. C’est une chanson de combat. Et pour tous ceux qui savent que continuer d’avancer, c’est déjà triompher, elle sonne comme une vérité qu’on attendait plus.
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juin 4, 2025Tout le monde a quelque chose à dire, mais rares sont ceux qui prennent le temps de bien le dire. Pavy, lui, cisèle ses mots comme s’il jouait sa vie à chaque rime. Avec “If I Could Tell You”, le MC originaire du South Side de Chicago revient à l’essence d’un rap introspectif, nu, sans masque ni gimmick, à mi-chemin entre journal intime et élégie urbaine. On y entend ce qui ne s’est jamais vraiment dit — ou plutôt ce qu’on n’a jamais vraiment voulu entendre.
Ici, pas de trap hystérique, pas d’auto-tune fluo. Le morceau repose sur un beat boom bap classique, presque poussiéreux, qui sert de toile de fond à une narration claire, sobre et bouleversante. Ce n’est pas du rap nostalgique, c’est du rap nécessaire. Le genre qui ne se contente pas de divertir, mais qui creuse, questionne, exhume. Chaque mot de Pavy tombe avec le poids d’un vécu, celui d’un homme qui a appris à faire parler les silences et à sublimer les blessures.
“If I Could Tell You” est un titre aux allures de confidence volée — comme si l’on ouvrait par mégarde un carnet secret, un bout de vérité griffonné entre deux nuits sans sommeil. Pavy y évoque le doute, la rédemption, la famille, le temps qui passe, sans jamais tomber dans le pathos ni le prêche. Il rappe avec retenue, mais chaque vers brûle doucement, comme une clope qu’on fumerait dans le froid du matin.
À l’heure où le rap aime trop souvent se regarder dans le miroir en criant son reflet, Pavy choisit l’ombre pour mieux faire jaillir la lumière. Ce titre, c’est la voix d’un homme qui aurait mille raisons de se taire, mais qui préfère parler. Pas pour faire du bruit, mais pour qu’on écoute vraiment.
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juin 3, 2025Il existe des morceaux qui ne se contentent pas de s’écouter ; ils hantent. “Dead Residents”, extrait de l’album Elysenya, est de ceux-là. Une brume sonore qui s’élève doucement du bitume, portée par un beat en clair-obscur, à la fois classique et spectral. Thought Provokah y marche à pas feutrés, comme dans une ville éteinte, peuplée d’ombres qui parlent bas.
Ce n’est pas seulement du hip-hop, c’est un rite de passage, une chronique intérieure gravée dans la craie, un récit murmuré depuis les marges. Avec la voix grave d’un témoin lucide, Thought Provokah scrute les ruines vivantes de l’Amérique invisible : ces corps debout dont l’esprit est ailleurs, ces regards vides qui racontent mille silences. Les “dead residents”, ce ne sont pas des métaphores creuses — ce sont nos voisins, nos frères, nos propres souvenirs.
La production signée Talen Ted, tout en nappes érodées et textures poussiéreuses, évoque les heures perdues, les ruelles désertées, les immeubles qui grincent sous le poids du passé. On est entre le Lo-fi, le Boom Bap et la soul mélancolique, quelque part entre Mobb Deep et L’Orange, avec une teinte de cinéma post-industriel. Chaque sample semble exhaler une mémoire.
Thought Provokah n’est pas là pour flatter les egos ou inventer des refrains faciles. Il déterre. Il confronte. Il soigne sans anesthésie. Sa voix, posée avec lenteur, laisse chaque mot faire son chemin. Pas d’esbroufe. Juste la vérité, nue, posée comme une main sur l’épaule.
“Dead Residents” est un morceau de l’après — après l’abandon, après les promesses, après la lumière. C’est une offrande aux âmes restées en suspens. Un appel à regarder enfin ce que l’on préfère oublier.
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juin 3, 2025Pas besoin de fioritures quand la vibe suffit. Avec Low Low, AnaYor ne cherche pas à forcer le trait ni à réinventer le genre — il préfère faire danser la lumière sur les souvenirs, les progrès, les instants présents. C’est un morceau qui roule les vitres baissées, qui sent la chaleur sur la peau et l’euphorie d’avoir survécu à soi-même. Un titre d’été, oui, mais pas une carte postale : un journal de bord.
AnaYor pose ses couplets comme on respire enfin après l’orage. Son flow est tranquille, presque nonchalant, mais chargé d’un sous-texte précis : la reconnaissance. Celle qui n’est ni naïve, ni désabusée — mais lucide. Il ne s’agit pas ici de célébrer un succès spectaculaire ou une revanche clinquante, mais d’honorer une progression lente, intime, nécessaire. De là où je viens à là où je suis, dit-il en substance, avec une sincérité désarmante.
La prod, elle, suit le mouvement : nappes soulful, beat smooth et cadence à mi-chemin entre la balade et le bop. On pense à du early Isaiah Rashad ou du Dom Kennedy version chill, cette école West Coast qui fait de la douceur un terrain de jeu crédible pour le hip-hop introspectif. Pas de boom-bap poussiéreux ni de trap tapageur, juste un groove posé qui laisse de la place aux mots — et au moment.
Avec Low Low, AnaYor signe un instant suspendu, comme un coucher de soleil en ville, quand le béton devient or. C’est une déclaration d’amour à la vie telle qu’elle est : ni parfaite, ni finie, mais profondément à soi. Une ode à l’instant, sans nostalgie ni promesse, juste la sensation d’être bien… ici. Maintenant.
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juin 3, 2025Pas besoin de bling, d’egotrip ou de storytelling XXL : Any Means va droit au cœur — celui qui bat au rythme du bitume. Avec ce premier extrait de la compilation Next Up: Aotearoa, Bhozy, l’un des joyaux montants du rap néo-zélandais, croise le fer avec le beatmaker australien Daz pour livrer un morceau brut, resserré, percutant. Un de ceux qui ne cherchent pas à briller mais à exister — à rester, tout simplement.
Il y a quelque chose d’archaïque et de sacrément actuel dans la texture sonore de Daz : du boom-bap patiné par l’introspection, du grain analogique dans l’ère numérique. Le beat est sec, volontairement dépouillé, comme si chaque coup de caisse claire devait servir de rappel : ici, on n’est pas là pour faire semblant. C’est l’artisanat du verbe, la vérité en rimes.
Bhozy ne rappe pas, il parle à ses pairs, à ceux qui bossent dur et qu’on oublie. Il ne promet rien, n’exige pas grand-chose, si ce n’est un minimum de reconnaissance. Ce n’est pas le succès qu’il cherche : c’est la dignité de l’effort. Le flow est tendu mais maîtrisé, rugueux sans être désespéré, avec cette lucidité propre aux artistes qui connaissent le prix du silence et la valeur d’une voix levée.
Any Means n’est pas un cri de guerre — c’est un murmure obstiné. Celui qui dit qu’on avance, envers et contre tout. Qu’on prend ce qu’on peut, qu’on se fraie un chemin à travers les ruines. Et qu’on le fait sans tricher, sans costume, sans plan B. Ce morceau, c’est l’ode des invisibles. Bhozy et Daz en font une bannière.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui claquent, et d’autres qui creusent. HOMEGROWN ne cherche pas à séduire d’entrée, il s’enracine. Il respire la terre retournée, les cendres encore chaudes, les regards en coin d’un quartier qui a tout vu sans jamais perdre la foi. Max Dena et Westside Boogie posent sur la prod comme on dépose des mots sur une plaque commémorative : avec gravité, mais sans victimisation. Parce qu’ici, les cicatrices sont autant de blasons.
Le beat, signé J.D. Piper, est une masterclass de sobriété. Tout dans cette rythmique sent le vieux cuir, les ruelles pleines de poussière et le goudron qui transpire l’été. Un boom bap épuré mais habité, qui laisse la place aux silences, aux soupirs, aux regards qui précèdent les mots. Et quand la voix arrive, elle ne s’impose pas – elle s’enroule autour de toi comme un souvenir qu’on croyait oublié.
Il est question de tensions internes, de soulagements furtifs, de cette nécessité de trouver une issue dans un monde où la rue est à la fois matrice et menace. HOMEGROWN, c’est l’instant de répit après l’incendie, l’exhale brûlante qui précède le mot “espoir”. Pas de refrain sucré, pas de gimmicks : juste du réel mis en forme, et des mots qui tiennent droit.
Ce n’est pas un hymne. C’est un témoignage. Une capsule sonore qui donne corps à la fatigue collective, à cette envie féroce de paix intérieure dans des décors qui refusent de l’accorder. Et s’il fallait une preuve que le rap peut encore panser sans édulcorer, la voilà.
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juin 3, 2025On le savait armé de rimes aiguisées et d’un sens du storytelling implacable, mais avec “Remission”, Young Sleep prouve qu’il est aussi capable de transformer la douleur en puissance pure. À la production, Jimmy Dukes tisse un beat rugueux mais solennel, fidèle à l’ADN East Coast classique, où chaque caisse claire claque comme une vérité qu’on n’avait plus l’habitude d’entendre.
Mais ce qui donne à “Remission” sa charge émotionnelle si particulière, c’est la présence du vétéran Royal Flush, invité ici non seulement en tant que légende de Queensbridge, mais surtout en tant que survivant. Le titre fait directement référence à sa rémission d’un cancer, et son couplet résonne comme un souffle d’espoir, une preuve vivante qu’on peut vaincre même les pires batailles.
Le clip, brut, tourné dans l’intimité d’un quartier et dans l’énergie d’un lien fraternel, souligne cette authenticité. Pas de faux-semblants, pas d’artifice — juste deux générations de lyricistes, unies par le respect, la rue, et la foi en la parole comme arme.
Ce morceau annonce la couleur de Sleep City 3, prévu pour le 25 juillet, qui s’annonce comme le projet le plus ambitieux de Young Sleep à ce jour. Déjà teasé par les coups de semonce “Wes Craven” (feat. Dark Lo) et “Higher Learning” (feat. Mickey Factz), l’opus semble décidé à réaffirmer une certaine idée du rap : sincère, viscéral, et sans compromis.
En 2025, pendant que certains comptent les vues TikTok, Sleep compte ses cicatrices — et les transforme en or brut.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à briller. Ils murmurent, ils errent, ils observent. Never Satisfied de Quincy Jamal appartient à cette race rare de titres qui ne claquent pas la porte, mais qui restent dans la pièce bien après que la musique s’arrête. Sous ses airs lo-fi, presque vaporeux, ce morceau est un journal intime mis en boucle, une introspection qui s’avance à pas lents sur les routes embuées de l’ambition.
Tout dans “Never Satisfied” respire la retenue. Pas de démonstration, pas de punchlines creuses. Quincy Jamal rappe comme on pense en silence : avec lucidité, fatigue et ce mélange d’espoir voilé qui hante ceux qui veulent tout sans se perdre eux-mêmes. La prod, discrète mais élégante, donne au morceau la texture d’un souvenir flou : nappes éthérées, kicks discrets, mélodie spectrale qui se faufile entre les doutes. C’est chill, oui. Mais jamais vide.
Et derrière le calme apparent, il y a une tension constante. Une lutte intérieure entre progression et épuisement, entre fierté et vide. Quincy n’idéalise rien. Il observe. Et il partage sans filtre. Ce n’est pas un hymne pour ceux qui réussissent — c’est une berceuse pour ceux qui en paient le prix.
Dans un monde saturé de rappeurs qui hurlent pour exister, Quincy Jamal choisit de chuchoter. Et ça s’entend, ça touche. Never Satisfied n’est pas un banger, c’est un compagnon de nuit, de doute, de route. Un titre à écouter seul, casque vissé, quand la ville dort et que les questions reviennent.
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juin 3, 2025Ça commence comme un mirage : quelques notes limpides, presque douces, un groove qui se déplie avec retenue, comme si la prod hésitait à nous dire où elle va. Mais rapidement, Heaven’s Calling plante son drapeau quelque part entre la West Coast classique, la trap moderne et un spleen à peine dissimulé. Sully Beatz, producteur touche-à-tout passé maître dans l’art de conjuguer l’impact et la finesse, offre ici un terrain de jeu mouvant, tendu et mélodique. Et sur ce terrain, deux voix surgissent, taillées à vif : celles de Reeko Law et Unpredictable.
Les deux MCs s’alternent comme deux battements de cœur en décalage. Reeko, plus introspectif, plus intérieur, donne l’impression d’écrire ses couplets les yeux fermés, les poings serrés. Unpredictable, fidèle à son blaze, fuse, rebondit, tranche dans la mélancolie ambiante avec une hargne électrique. Et pourtant, aucune dissonance — juste une énergie à deux pôles, deux manières de dire la même chose : la rage de vivre avec des fantômes dans les poches.
“Heaven’s Calling” sonne comme un paradoxe : c’est un banger pour les jours gris. Un hymne pour ceux qui avancent en courant, mais avec les genoux abîmés. La prod est fine, propre, mais jamais aseptisée. Les kicks claquent comme une vérité qu’on n’a plus le temps de nier. Le refrain, à demi-murmuré, laisse entrevoir une lumière, un apaisement possible — mais pas garanti.
Ce n’est pas un tube au sens commercial. C’est un morceau qui colle à la peau, qui reste en suspens après la dernière note. Sully Beatz, Reeko Law et Unpredictable ne cherchent pas à plaire. Ils cherchent à toucher. Mission accomplie.
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juin 3, 2025Il fallait que ça sorte. Et ça sort. À grands coups de rage lucide, de silences entre les syllabes, de regards échappés entre deux générations. Avec « Heavy Flows », AK CEEZ & Yung Kenz ne livrent pas juste un morceau : ils gravent une mémoire à deux voix sur le marbre tremblant du hip-hop britannique.
Tout vient du Nord de l’Écosse, mais rien ici ne sent la campagne calme. Ça suinte le béton froid, les ascenseurs qui grincent et les fenêtres mal isolées. C’est là qu’un oncle et son neveu, élevés par les mêmes rues, parlent enfin d’une seule voix. Et quelle voix. Le flow d’AK CEEZ, chirurgical, presque stoïque, se frotte à celui, nerveux, éclaté de Yung Kenz. Deux tempéraments, deux âges, une même fièvre. On pense à Loyle Carner pour l’intimité, à Ocean Wisdom pour la technique, à J. Cole pour le nerf. Mais ça serait trop facile : AK CEEZ & Yung Kenz ont déjà quelque chose d’à part. Une manière de faire du vécu un manifeste, sans jamais se regarder rapper.
Le clip, tourné en mode guérilla avec trois potes, une caméra et zéro budget de marque, donne au morceau une physicalité rare. Ce n’est pas esthétique, c’est organique. On sent que la rue n’est pas une toile de fond : c’est un personnage à part entière.
Et derrière ce storytelling incarné, la production frappe juste : sobre, métallique, tendue comme un souffle retenu. Pas besoin d’effets de manche, tout est dans le rythme, dans la précision du placement, dans cette impression que chaque mot est une manière de rester debout. « Heavy Flows », c’est un morceau qui ne demande pas d’écouter, mais d’encaisser. Et, franchement, ça fait du bien.
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juin 3, 2025Avec “Broccoli”, R.D.R. ne fait pas un hymne à la weed comme tant d’autres — il livre un morceau de répit. Ce n’est pas une ode à l’ivresse, c’est un murmure dans la tempête, une exhale pleine de douleur et de lucidité. Sur un beat laid-back, presque feutré, l’artiste d’Oakland glisse entre les nuages avec une honnêteté brute, sans maquillage.
Ici, le trap devient introspectif, le hip-hop conscient se frotte au grime dans l’énergie contenue, et chaque mot semble peser son vécu. R.D.R. ne rappe pas pour se vanter — il raconte. Sa voix flotte sur l’instru comme une pensée qu’on répète pour ne pas craquer. Il parle des moments où tout est trop lourd, où la fumée devient bouclier, espace mental, survie. “It’s not just about getting high — it’s about getting through.” Voilà. Tout est là.
Et quand on connaît l’histoire de R.D.R., Broccoli prend une autre dimension. Fils d’un père incarcéré, orphelin de mère à 10 ans, devenu père à son tour dans la douleur… chaque ligne, chaque soupir, chaque silence de ce track porte quelque chose de vrai. Pas de posture, pas de gimmick. Juste un homme qui a trop vu pour faire semblant.
Le morceau est une thérapie en slow motion. Pour ceux qui connaissent le gouffre, pour ceux qui cherchent juste à respirer un peu. R.D.R. livre ici une musique de combat calme, de résistance douce, de vérité nue.
“Broccoli” est ce moment de pause au milieu du chaos. Une lumière floue, mais tenace. Une preuve que parfois, fumer, c’est pas fuir. C’est survivre.
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juin 3, 2025Avec “SOME RACKS”, Lenny Ocean signe un morceau flottant, hypnotique, à la croisée du cloud rap, du trap éthéré, et d’une forme douce de douleur lucide. Porté par des synthés vaporeux et des 808s profonds comme un vertige, le morceau nous entraîne dans une boucle où l’amour, la solitude, et l’envie de fuir dans un vol sans retour s’entremêlent.
Originaire de la banlieue parisienne, Lenny continue de tracer une voie singulière dans l’underground, quelque part entre Future, Sahbabii, D Savage et Autumn!, tout en cultivant un spleen qui n’appartient qu’à lui. “SOME RACKS” parle d’amour frustré — “I gave u everything, I don’t get it” — mais aussi d’un désir d’évasion presque vital — “let’s book a flight”. Le tout dans une ambiance cotonneuse, presque irréelle, comme une nuit blanche entre deux rêves.
Ce n’est pas un banger pour clubbers, c’est un morceau pour ceux qui pensent trop dans les transports, qui regardent les lumières défiler sans vraiment être là. Un titre qui touche juste, parce qu’il ne cherche pas à impressionner : il expose, il partage, il laisse l’auditeur dériver dans un univers à part.
Avec SOME RACKS, Lenny Ocean confirme sa capacité à créer des paysages sonores émotionnels, où chaque mot flotte, chaque note résonne, et chaque silence dit plus qu’une punchline. C’est du cloud hop avec une âme, un morceau à glisser dans toutes vos playlists nocturnes et introspectives.
Disponible partout. À écouter de préférence en solitaire, casque vissé, regard perdu.
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juin 3, 2025Bienvenue dans la spirale. Avec “WALKIN BÄD”, NYLON & MAJOR débarquent d’un trip bien réel en Hollande pour livrer un son qui transpire le chaos, la défonce, le sexe crade, la routine en boucle et les rêves foutus. C’est brut, c’est sans filtre, et c’est exactement ce que promet ce banger trap alternatif : une plongée sans retour dans une réalité qui grince.
Inspirés par l’esthétique sombre et déformée de Yeat, Playboi Carti ou Ken Carson, les deux artistes signent un morceau construit pour la scène, pour les stroboscopes, pour les corps en transe. La prod est sale, saturée, dégoulinante — comme si chaque 808 était passé dans un broyeur à regrets. C’est lourd, lentement hystérique, hypnotique.
Mais “WALKIN BÄD” n’est pas juste un délire narcotique. C’est aussi un témoignage. Celui de jeunes venus “travailler” et qui se retrouvent paumés entre rêves mal câblés et nuits qui se ressemblent trop. Et au cœur de ce chaos, une vraie question lancée sans réponse : “Será que as drogas são boas?” Peut-être pas. Mais ça sonne sacrément bien.
Ce morceau, c’est une claque sonore mais aussi un cri flou — comme un journal intime ouvert sous stroboscope. Une dose de réalité distordue servie avec le flow acide qu’on n’osait plus attendre.
En résumé : “WALKIN BÄD” est la bande-son d’une génération qui doute, qui brûle, qui plane — mais qui transforme tout ça en art. Et dans ce bordel-là, NYLON & MAJOR brillent.
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juin 3, 2025Si vous cherchez un morceau qui vous pousse à serrer les dents, lever les poings et hocher la tête jusqu’à rupture de nuque, “Ghosts” est votre nouveau carburant. Signé par le vétéran de la prod Sully Beatz (2 milliards de streams, excusez du peu), ce banger musclé convoque toute la puissance de la côte Ouest, boosté par les flows féroces de Reeko Law et Unpredictable — deux MCs aussi tranchants qu’un uppercut en plein set.
Avec un beat trap moderne aux influences West Coast, “Ghosts” joue sur plusieurs tableaux : c’est à la fois sale et propre, underground et calibré, introspectif et frontal. Le bounce est implacable, la prod est dense, mais jamais étouffante. Sully Beatz prouve encore une fois qu’il sait raconter une histoire uniquement avec des drums, des textures et ce swing cinématique qui fait vibrer la rue comme les playlists haut de gamme (Rap Caviar, on te parle).
Là-dessus, Reeko Law et Unpredictable se relaient comme deux machines de guerre : débit mitraillette, punchlines à gogo, et un refrain qui rentre direct dans le cortex. “Ghosts”, ce sont les ombres qu’on traîne, les anciens nous, les douleurs passées qu’on transforme en rage pure. C’est du hip-hop qui cogne, mais qui réfléchit.
Ajoutez ça à vos sessions muscu, vos runs de minuit ou vos moments où vous avez besoin d’un coup de boost brut. Pas de fantôme ici, que du réel. Et il tape fort.
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juin 3, 2025Quand un vétéran du mic revient avec une vérité en bouche et du vécu dans la plume, il ne rappe pas — il transmet. Avec “Sour”, Spek signe un retour à la fois amer et lumineux, comme un vieux vin qu’on ouvre après des années de silence. Ce n’est pas juste un morceau, c’est un fragment de mémoire, une confession flottante sur fond de boom-bap vaporeux, d’arrangements organiques et d’une mélancolie qui serre doucement.
Né à Montréal, façonné à Londres, reconstruit à Dubaï, ressuscité à New York — le parcours de Spek ressemble à un roman d’aventure version hip-hop. Mais là où beaucoup se seraient contentés de cocher les cases du comeback, lui revient avec “Sour”, un titre qui ose l’auto-examen sans fard. Les drums sont poussiéreux comme un sampler oublié dans un grenier, les guitares acoustiques tissent un spleen doux-amer, et sa voix… sa voix sonne comme celle d’un sage qui a mordu la vie, recraché l’amertume, et décidé d’en faire une chanson.
“Before Dream Warriors, I was Spek the Voo Doo Kid” — et ce retour aux sources, on le sent dans chaque recoin de “Sour”. C’est du golden age réimaginé à travers le prisme d’un mec qui a vu le game sous toutes ses coutures : les plateaux de Jools Holland, les backstages avec Jamiroquai, les charts de MTV UK, et même les bureaux de l’industrie à Dubaï et Manhattan. Mais malgré les succès, malgré la transformation, Spek garde cette étincelle indéfectible : celle d’un lyriciste qui n’a jamais cessé de chercher la vérité sous les couches.
Avec Voo Doo Kid, son projet actuel, il crée une passerelle entre hier et demain, entre jazz-rap et indie soul, entre Radiohead et De La Soul. Et “Sour” ? C’est le morceau qui dit : j’ai survécu, j’ai grandi, et je n’ai pas oublié d’où je viens. Un bijou introspectif, à savourer avec écoute lente et cœur ouvert.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à enjoliver la réalité — ils la balancent crue, frontale, avec cette touche d’ironie qui masque à peine les cicatrices. “Hallelujah” d’AnaYor entre dans cette catégorie : un titre aussi personnel que percutant, où l’artiste pose sa lutte contre l’addiction au jeu sur un beat qui groove tout en cognant.
Ici, pas de morale, pas de pathos. Juste un vécu transformé en rimes, en lucidité amère, en renaissance bancale. “Wasted so much of my life, but now I sing Hallelujah / Still chasing that mula” — un couplet qui résume tout : l’ombre, la rechute possible, mais aussi ce second souffle qu’on saisit sans faire semblant d’être guéri. C’est brut, c’est honnête, et c’est là toute la force du morceau.
Musicalement, AnaYor flirte avec les codes de l’alternative hip-hop : prod minimaliste mais texturée, tempo ralenti qui laisse respirer les mots, ambiance presque introspective. Pas besoin d’un banger pour frapper fort — ici, c’est la sincérité qui fait tout le poids.
Avec “Hallelujah”, AnaYor se livre sans filtre, et ça fait du bien. Il transforme ses failles en matière première artistique, avec un sens de l’autodérision qui évite le misérabilisme. C’est un titre qui parle autant aux cœurs cabossés qu’aux têtes lucides. Un témoignage déguisé en refrain, un cri transformé en mantra.
En résumé ? Un morceau à écouter les yeux fermés, mais les tripes bien ouvertes. Hallelujah.
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juin 3, 2025Vous pensez que le vrai hip-hop a disparu ? Dope Sasquatch est là pour vous remettre les pendules à l’heure avec “Teach You”, un banger boom-bap lourd de sens et de rimes, servi par un casting de haut vol : Dominique Larue, Anthony Kannon, Blicka Don, et la légende Craig G du mythique Juice Crew. À la prod, l’impeccable Praise, qui pose le décor avec une instru soulful et musclée, digne des meilleurs cyphers des 90’s.
Mais attention, ici, pas de nostalgie creuse : “Teach You” est une démonstration actuelle, lucide et sans concession. C’est une leçon. Une manière directe de rappeler que l’art du mic, du storytelling, et de la rime affûtée vit toujours, loin des algorithmes. Chaque MC balance son couplet avec la rage du vrai, l’attitude du vétéran ou la fraîcheur du rookie affamé — selon son époque, mais toujours avec respect du craft.
Mixé et masterisé avec soin par Shea Michael, le morceau frappe avec une clarté cristalline. Pas un mot ne se perd, pas une rime ne glisse : tout est taillé pour percuter, pour transmettre. L’exec Kyle W. signe là une pièce qui dépasse la simple sortie single : “Teach You” incarne la philosophie Dope Sasquatch dans sa forme la plus pure — élévation, transmission, intégrité.
Craig G, toujours aussi tranchant, vient clôturer le morceau avec une prestance inégalée, preuve vivante que le feu du Juice Crew brûle encore. Larue, Kannon, Blicka Don — chacun apporte sa couleur, son vécu, sa vérité.
“Teach You” n’est pas là pour séduire les playlists. C’est pour ceux qui veulent comprendre, ressentir, apprendre. Le genre de track qui ne s’écoute pas à moitié. Disponible dès maintenant sur toutes les plateformes — à ajouter direct à vos classiques boom-bap de 2025.
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juin 3, 2025Pas de gimmick. Pas de refrain mielleux. Pas de place pour les imposteurs. Avec « No Bail Out », M-Dot et Confidence reprennent les armes et livrent un missile boom-bap en plein cœur de l’industrie rap aseptisée. Un morceau qui ne prend aucun détour et qui fait ce que beaucoup n’osent plus faire : dire les choses. Brutalement. Cliniquement.
Dès les premières secondes, la prod de Confidence pose le décor : des drums qui claquent comme un rappel à l’ordre, une boucle sinistre et hypnotique qui suinte l’urgence. Sur cette toile, M-Dot découpe le beat à coups de rimes acérées, transformant chaque bar en fusée sol-air contre le mainstream fabriqué à la chaîne. “A lyrical onslaught” ? Oui, mais pas que. C’est aussi un retour aux fondamentaux. Une lettre d’amour à l’âge d’or, écrite avec du sang et de la sueur.
« J’ai écrit ce morceau en Jamaïque », confie M-Dot. « Le beat m’a rappelé Killer In Me de Krumb Snatcha… C’était l’occasion parfaite de tirer à balles réelles sur le cirque du rap commercial. » Et c’est exactement ce qu’il fait — avec une précision chirurgicale, une intensité rare, et une flamme qu’on ne voit plus souvent aujourd’hui.
Les fans de la première heure reconnaîtront l’alchimie déjà explosive du duo sur des classiques underground comme « No Turning Back » ou « Taggant ». Avec « No Bail Out », cette dynamique est non seulement ravivée, mais portée à un tout autre niveau. Un avertissement. Un avant-goût.
Le feu ne fait que commencer. Library of Sound, leur prochain projet commun, sort le 27 juin en digital et vinyle chez Below System Records, avec le soutien d’Own Lane Music. Préparez-vous : c’est pas pour TikTok, c’est pour les crates.
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juin 3, 2025Dans un rap game où beaucoup se contentent de suivre la tendance, Zino Dope débarque avec “Bandwagon” et prend un malin plaisir à faire dérailler le train de la hype. Basé à Denver, Colorado, ce touche-à-tout — rappeur, ingénieur, producteur, et boss de deux studios réputés — signe ici un morceau qui balance entre égotrip assumé et critique acerbe d’une industrie qui tourne souvent en boucle.
Avec une prod Boom Bap qui claque comme une gifle bien sentie, “Bandwagon” ne cherche pas à caresser l’auditeur dans le sens du poil. Zino Dope y déroule un flow brut, précis, chargé de punchlines affûtées comme des lames. Ce n’est pas juste un énième titre de plus dans la catégorie “conscious rap” : c’est un rappel que l’authenticité n’a pas besoin d’artifice. “Y’all jumpin’ on waves I created years ago” — une ligne qui en dit long sur sa posture : observer, créer, innover… pendant que les autres copient.
Et c’est justement là que Zino Dope fait la différence. Là où certains enchaînent les morceaux formatés, lui propose une vision, une cohérence, un style. Capable de passer d’un titre introspectif à un club banger sans perdre en identité, il incarne cette rare polyvalence qu’on ne croise que chez les vrais architectes du son.
2023 ? Peut-être l’année où le monde ouvre enfin les yeux sur ce que Denver garde précieusement dans ses entrailles : un lyriciste affamé, un producteur exigeant, un artiste complet. Avec “Bandwagon”, Zino Dope ne suit pas le mouvement — il le devance.
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juin 3, 2025Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à briller — ils cherchent à guérir. Over the Sea of Fog, la dernière offrande introspective de Mantangi, est de ceux-là. Porté par les voix sincères de Mimi Moreno et AllGood, ce titre est un appel silencieux à ceux qui vacillent, une main tendue au milieu de la brume. Plus qu’un simple track de conscious hip-hop, c’est un mantra pour tous ceux qui choisissent de continuer à avancer, même quand le sol se dérobe sous leurs pieds.
Avec une prod signée Cortx Audio, douce et texturée comme un matin pluvieux, Mantangi tisse une toile sonore où les mots résonnent avec justesse. “No one is exempt from hardship and struggle in this life” — pas de faux-semblants ici, pas de promesses creuses. Juste une vérité nue, que l’artiste transforme en force poétique. À travers un flow posé, presque méditatif, il évoque la résilience, la foi, et cette lumière fragile qu’on garde au fond de soi, même quand tout vacille.
Issu d’un quartier défavorisé, Mantangi connaît les chemins cabossés et les horizons brumeux. Mais au lieu de s’enfermer dans la colère, il choisit la foi, la solidarité, et la musique comme levier. Il ne rappe pas pour impressionner — il rappe pour élever. Et ça s’entend.
Over the Sea of Fog n’est pas là pour flatter l’ego ou jouer les durs. C’est une prière moderne en rythme et en rimes, pour tous ceux qui luttent en silence. Une déclaration d’amour à celles et ceux qui tiennent bon. Parce que parfois, on a juste besoin d’un morceau comme celui-ci pour se rappeler qu’on n’est pas seul dans la brume.
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juin 3, 2025Préparez-vous à rencontrer une femme qui fait plus que chanter ses vérités : Sheena-Rae les balance avec une honnêteté brute et une détermination qui fait trembler les basses. Dans son dernier single, “i do me”, l’artiste londonienne nous embarque dans un voyage intérieur aussi intense qu’émancipateur. Fini les relations toxiques, les illusions amoureuses et les nuits à ressasser. Place à la croissance, à l’ambition, et surtout, à elle-même.
“I do me” n’a rien d’un simple ego trip : c’est un manifeste. Sheena-Rae y crache des vérités douloureuses avec une voix à la fois douce et féroce, oscillant entre vulnérabilité assumée et assurance tranchante. Sur une prod trap-pop aux reflets R&B, elle transforme le récit d’une obsession amoureuse en une déclaration de puissance. “I used to cry over you / Now I’m chasing revenue” — une ligne qui résume tout l’ADN de ce morceau : tourner la page, mais avec style.
Artiste aux multiples casquettes, Sheena-Rae a la scène dans le sang. Diplômée en comédie musicale, formée au London Centre of Contemporary Music, elle a écumé les bars de Chypre et fait une apparition remarquée sur ITV. Elle pioche chez Doja Cat, Ariana Grande ou Tinashe, mais c’est avec ses tripes qu’elle écrit. Et ça s’entend.
Après des titres comme “Beggin”, “Wasted Energy” ou “Break From My Brain”, “i do me” confirme une chose : Sheena-Rae ne suit plus personne. Elle trace sa route, micro en main, et transforme ses cicatrices en hymnes pop redoutablement efficaces. Une claque douce et nécessaire.
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juin 3, 2025Il rappe comme on se confesse à demi, il chante comme on espère sans trop y croire. Dumomi The Jig, franco-nigérian au groove migrant, ne sort pas des morceaux : il lâche des fragments de lui-même. Et ses deux dernières offrandes, War (avec LAYYAH) et Fantasy, tracent les contours d’un artiste aux émotions bipolaires — moitié feu, moitié velours.
War, c’est la tension dans l’air, trap millimétrée et sirènes intérieures. Sur une prod claquante, froide et millésimée 2025, Dumomi et LAYYAH ne s’affrontent pas, ils s’équilibrent. Elle a la voix vaporeuse d’un reproche qu’on ne veut pas entendre, lui balance ses versets comme on jette ses tripes sur une table. Le morceau respire le conflit amoureux, celui qui n’explose pas en cris mais qui gronde dans le regard, dans l’espace entre deux silences. C’est l’amour en état d’urgence, avec la Trap comme langage premier. Une embuscade sentimentale.
À l’opposé du spectre, Fantasy réchauffe les corps et dilate les pupilles. AfroR&B charnel, caressant, entre caresses vocales et pulsation douce d’un beat au tempo sensuel, ce titre est une lettre d’amour ouverte. La voix de Dumomi y est plus fluide, presque sucrée, comme s’il passait du guerrier au poète sans prévenir. C’est une promesse dansée, une berceuse d’adulte, une façon de dire “je t’aime” sans passer par la case cliché.
Ce diptyque révèle un musicien polymorphe, aussi à l’aise dans l’introspection que dans l’extériorisation. Quelqu’un qui refuse de choisir entre ses racines nigérianes et ses inspirations londoniennes. Entre l’urgence du bitume et l’élégance des émotions.
Dumomi The Jig, ce n’est pas un genre : c’est une tension. Et c’est précisément là que réside sa force.
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mai 30, 2025Dans un monde où le rap se contente trop souvent de refléter le miroir fissuré du système, Beaugé casse la glace à coups de machette symbolique. Avec son single “I’m No Good But I No Evil”, produit par le légendaire Kount Koal Harrison, l’artiste canado-haïtien délivre un cri d’éveil, une sorte d’incantation consciente qui refuse à la fois le confort de la victimisation et l’illusion du manichéisme.
Le titre, en lui-même, sonne comme un paradoxe sacré : on n’est peut-être pas bon, mais on a reconnu le mal — et c’est là que le combat commence. Chez Beaugé, la lucidité n’est pas un fardeau, c’est une arme. Une arme forgée dans la mémoire de ses ancêtres haïtiens, dans les récits spirituels d’Ayiti, dans cette capacité à survivre au chaos sans jamais se renier.
Portée par une rythmique sombre, rampante, presque chamanique, la voix de Beaugé serpente, frappe, contredit, se fait mantra et menace. Pas de refrains sucrés, pas de mélodies faciles : ici, le flow est l’épine dorsale du propos, et chaque ligne est pesée comme un vers de poète en colère. Ce n’est pas une punchline qui amuse, c’est une révélation qui dérange.
“I’m No Good But I No Evil” s’inscrit dans un moment charnière pour Beaugé, entre la série d’événements LEGGO BRICKS, ses passages brûlants au Cranium Festival et une présence scénique qui fait trembler les fondations. Il n’y a pas de posture ici, seulement un engagement viscéral, ancré dans une trajectoire artistique rare, exigeante, presque initiatique.
Beaugé ne cherche pas à séduire les playlists, il veut réveiller les esprits. Et à l’écoute de ce morceau, on comprend qu’il a peut-être déjà commencé.
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mai 30, 2025Certains artistes suivent les tendances.D’autres les définissent.Ado Drix ? Il fait quelque chose de plus rare : il construit un monde.
Émergeant de Caroline du Nord avec un son difficile à comparer, Ado Drix se trouve à l’intersection de la mélodie, du lyrisme et du mouvement. Sa musique mélange l’émotion brute de Future et Post Malone avec la précision lyrique de Drake, Lil Wayne et J. Cole. Et pourtant, quelque chose en lui est inimitable — une tonalité sudiste profonde, ancrée dans la rudesse et l’authenticité, qui rappelle des icônes de Memphis comme Yo Gotti. C’est fluide mais lourd, vulnérable tout en restant implacable.
Mais la musique n’est que le point d’entrée.
Drix est l’esprit derrière Out Duh Boxx, une plateforme révolutionnaire où la performance rencontre le sens. Les artistes sortent des projecteurs habituels pour investir des espaces bruts et atypiques — des Tesla aux toits en passant par les perrons — livrant des prestations dépouillées et de vraies conversations. Le format est simple : pas de vernis industriel, juste des artistes qui parlent à d’autres artistes. Le résultat est électrique, honnête et profondément humain.
Et puis il y a Purple Nights, la playlist qui devient rapidement un repère culturel pour l’underground en pleine ascension. Personnellement sélectionnée par Drix, elle reflète plus qu’un son — elle reflète une ambiance, une mission, un état d’esprit nocturne. Depuis son lancement en mars 2025, elle a déjà enregistré plus de 2 400 sauvegardes — preuve que les gens ne font pas qu’écouter, ils se connectent.
Et dans la mode, il fait des déclarations tout aussi audacieuses.Sa marque de streetwear, BAAD HABITZ, n’est pas juste un vêtement — c’est un manifeste de style de vie. Minimaliste mais chargée. Tranchante mais réfléchie. Chaque collection est conçue intentionnellement pour refléter l’esprit de ceux qui avancent à contre-courant.
Mais ce qui distingue vraiment Drix, ce n’est pas seulement son art — c’est son intention.Avec 20 % des bénéfices réinvestis dans des programmes éducatifs pour la jeunesse autour de la littératie financière et de l’entrepreneuriat, Ado Drix ne court pas après les applaudissements. Il plante des graines. Il crée des chemins. Il injecte de vraies ressources dans les communautés qui l’ont façonné.
Ce n’est pas un buzz. C’est une feuille de route.Ado Drix redéfinit ce que cela signifie d’être un artiste en 2025 — multi-casquette, porteur de mission, et farouchement lui-même.
Il n’attend pas les validations.Il est le signal.
Et la culture ?Elle est déjà en train de le rattraper.
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mai 27, 2025Certains morceaux parlent bas mais frappent fort. Crazy Work, le dernier souffle lo-fi signé Akanimo, n’élève jamais la voix — et c’est précisément pour ça qu’on l’écoute. Un beat jazzy aux allures de boucle éternelle, des kicks qui ne cognent pas mais cajolent, et une voix posée avec la précision d’un haïku. Ce titre, c’est un café noir partagé à l’ombre du tumulte, une introspection déguisée en promenade tranquille.
Originaire de Charlotte, North Carolina, Akanimo jongle ici avec la simplicité apparente du chill-hop, mais y glisse une profondeur inattendue. On est loin du simple fond sonore pour sessions de révisions ou playlists de pluie — Crazy Work est un morceau qui s’adresse à ceux qui vivent avec la tête en feu mais le cœur lucide. Il y parle de pression, d’élan créatif, d’obsession du progrès. Et sous la nonchalance feutrée du groove, il y a cette tension intérieure constante, ce besoin de tout donner sans jamais sombrer.
La prod, douce comme un sample de Bill Evans qui aurait trouvé son beatmaker, laisse respirer chaque mot. On sent l’amour du détail, le goût du silence autant que celui du swing. Pas de punchlines tapageuses ici, mais une écriture ciselée, des réflexions glissées dans les interstices comme des vérités qu’on découvre en repliant la page d’un carnet.
Akanimo, fidèle à sa démarche hybride — du R&B à l’acoustique en passant par l’EDM —, démontre une nouvelle fois sa capacité à injecter du sens dans des formes que d’autres n’exploitent que pour la forme. Il ne fait pas que surfer sur la vague lo-fi : il la module, la tord, la teinte de sa voix singulière.
Crazy Work est une rêverie lucide. Une respiration pour les esprits actifs. Une réponse discrète mais essentielle à la question que beaucoup se posent sans la formuler : comment rester sensible quand tout t’incite à accélérer ? Akanimo ne ralentit pas. Il flotte — avec élégance.
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mai 27, 2025Tout commence comme un vieux vin qu’on décante lentement. Les samples craquent, la batterie se pose en souplesse, et Wine Showers s’installe, avec cette patine organique qu’on ne fabrique pas — qu’on vit. Stray Louis et Tenxx signent ici une méditation lancinante, un toast levé aux contradictions, un groove nostalgique trempé dans l’élégance du désenchantement.
Produit par Ichiban Hashface alias Big Oso, Wine Showers porte les marques d’un artisanat raffiné, quelque part entre les caisses claires ciselées du boom bap new-yorkais et une esthétique californienne plus flâneuse, presque impressionniste. La chaleur de la prod ne cherche pas à briller, elle enveloppe. Elle laisse respirer les mots. Et c’est là que Stray Louis excelle : dans l’occupation de l’espace, dans cette façon de poser sa voix avec retenue, comme s’il racontait à mi-voix un truc trop important pour être crié.
Tenxx arrive en complément parfait, en écho texturé, comme un souvenir d’errance partagée. Ensemble, ils ne livrent pas un banger, mais une capsule. Une scène. Une humeur. Un morceau à écouter seul, fenêtre ouverte, entre deux verres ou deux décisions. Le genre de track qui s’adresse plus à ton dimanche soir qu’à ton samedi soir.
À l’approche de l’EP Dust on My Bookshelf, ce titre agit comme une promesse discrète mais tenace : on aura droit à de la matière, à du vécu, à des détails qui sentent la poussière, la patience, et l’authenticité. Stray Louis ne court pas après le buzz — il sculpte son monde. Un monde feutré, sensible, à la fois intime et cinématographique.
Wine Showers, c’est le luxe discret du hip-hop conscient : élégant, pas pressé, chargé d’âme.
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mai 27, 2025Il y a des morceaux qui hurlent l’urgence à travers des beats martiaux, et d’autres qui prennent le temps de s’effondrer en douceur. ARMAGEDDON d’Angel M.S, c’est la fin du monde racontée depuis un coin de canapé, les yeux mi-clos, le cœur ouvert. Un rap de fin de soirée, quand le ciel est rouge et qu’on ne sait plus très bien si l’on médite ou si l’on crame doucement de l’intérieur.
Angel M.S navigue ici dans un entre-deux vénéneux et hypnotique : la conscience aiguë des fissures du monde, mais avec une nonchalance désarmante. Le swag est là, mais pas tape-à-l’œil. C’est un swag désabusé, presque poétique, qui préfère les silences qui pèsent aux punchlines qui claquent. Il y a quelque chose de viby, de brumeux, dans la façon dont les mots se posent, parfois à contretemps, souvent comme une pensée jetée entre deux états de conscience.
L’instru est minimale mais texturée, une sorte de nuage toxique porté par un groove lent qui donne envie de marcher seul sous une pluie radioactive. Pas besoin de kicks surboostés : l’ambiance suffit à te coller au fond de la tête. La vibe, c’est celle d’un apocalypse personnel, où l’on regarde le chaos avec une lucidité calme. Le feu brûle, mais de l’intérieur.
ARMAGEDDON n’est pas là pour faire danser. Il est là pour faire sentir — le flou, le vertige, la beauté étrange d’un monde qui se défait. Angel M.S ne cherche pas à dénoncer, ni à guérir. Il observe, il digère, il transforme. Et ce twist final qu’on sent, sans jamais vraiment le voir venir, c’est peut-être ça le vrai pouvoir de son rap : t’emmener là où tu ne pensais pas aller, sans jamais hausser la voix.
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mai 27, 2025Imagine un morceau qui ne commence pas vraiment, mais qui lévite. Qui ne cherche pas à impressionner, mais à s’infiltrer. Avec FLOAT, Michel Yang signe une ode à la suspension, au trouble doux, au lâcher-prise maîtrisé. Né en Corée du Sud, façonné par l’Amérique latine, bercé autant par Radiohead que par Reggaeton, ce jeune producteur et rappeur livre un titre qui n’obéit à rien — ni aux tendances, ni aux formats, ni aux frontières. Il flotte, tout simplement. Entre les genres, entre les langues, entre les états de conscience.
La première écoute déroute : pas de drop attendu, pas de punchline racoleuse, juste une atmosphère moelleuse, presque liquide. La voix se fait instrument, les textures s’imbriquent comme des souvenirs flous. Michel n’a pas besoin de surjouer. Son flow est souple, feutré, comme une pensée qu’on se murmure à soi-même. Il ne rappe pas pour convaincre, il propose un espace mental, un cocon sonore où l’on se sent temporairement à l’abri.
À l’image de son parcours — du jazz à la trap, de Séoul à Bogotá —, FLOAT est une carte postale musicale venue d’un ailleurs intime, un patchwork sans prétention mais d’une cohérence étonnante. Quelques touches latines traînent en arrière-plan, les échos d’une basse rappellent Pharrell époque In My Mind, et l’on sent l’amour de l’artisanat sonore à chaque virage de la production.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité. Pas celle qui s’exhibe — celle qui transparaît. Dans ce morceau en apesanteur, Michel Yang se livre sans poser de questions, ni sur sa place, ni sur son style. Il fait. Il assemble. Il superpose. Et ce mélange improbable devient une évidence : FLOAT n’a pas besoin de gravité pour toucher terre.
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mai 24, 2025Il ne s’agit pas ici d’un tube à playlist, ni d’un morceau calibré pour les algorithmes. How Long Will It Be?, deuxième single 2025 du rappeur >aRRO, est un vertige sans réponse, un autoportrait en suspens. Un morceau qui parle du besoin d’écrire quand il n’y a plus d’enjeu, sauf celui de continuer à exister à travers les mots. Un beat boom-bap solide, mais pas poussiéreux, sur lequel >aRRO découpe ses doutes avec une lucidité rare, presque désarmante.
Loin des figures imposées du rap UK – dont il revendique d’ailleurs une certaine distance – >aRRO choisit ici le chemin de traverse : celui où le flow n’est pas qu’un outil de style mais un vrai journal intime rythmé. Il ne veut pas « ressembler à », il veut « dire avec ». Et ça s’entend. Entre samples qui flirtent avec le rock indé, échos de musiques du monde et rythmes old school, l’univers sonore du morceau est hybride, libre, ancré dans une démarche presque artisanale.
Mais ce qui touche surtout, c’est ce sentiment d’urgence douce qui plane sur chaque ligne : l’interrogation d’un artiste qui a conscience du temps qui passe, de la flamme qui peut vaciller, et qui continue pourtant de l’entretenir, rime après rime. Ce n’est pas un morceau sur la fin, c’est un morceau sur le doute, sur le moment où la passion devient silence intérieur. Et sur ce silence qu’on tente de briser, une dernière fois peut-être, avec une boucle, un vers, une mesure de plus.
Avec How Long Will It Be?, >aRRO signe un morceau de fin de soirée pour MCs insomniaques et poètes cabossés. Un track pour ceux qui rappent sans contrat, sans label, sans deadline. Juste pour ne pas arrêter de se parler à soi-même.
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mai 23, 2025On pourrait croire à un énième track calibré pour les playlists de plage, mais « Know You » de PHAS3 Bts, épaulé par le flow précis de Jadhe, cache sous son vernis house solaire une science du tube qui fait la différence. Entre tension synthétique et effusion mélodique, le morceau frappe comme une vague douce-amère : celle qu’on attend, qu’on croit légère, mais qui vous renverse d’un coup.
Le beat est net, les nappes électro scintillent comme une story Instagram au bord de l’eau, et la voix de Jadhe glisse dessus avec un détachement parfaitement dosé. Pas de drame, mais un flirt avec la mélancolie — celle qu’on ne montre pas trop, qu’on planque sous les lunettes noires et les sourires blancs. « Know You » n’a rien de révolutionnaire, mais il maîtrise sa formule avec une efficacité imparable : montée progressive, drop accrocheur sans lourdeur, gimmicks taillés pour rester en tête après la troisième écoute.
C’est un hymne à l’ambiguïté des rencontres d’été — ces moments suspendus entre insouciance et confusion. PHAS3 Bts livre ici un morceau qui a le bon goût de ne jamais en faire trop. Pas de feux d’artifice inutiles, juste la bonne ligne de basse au bon moment, le refrain qui claque comme un message laissé trop tard la nuit, et ce truc quasi cinématographique qui donne envie de vivre le refrain en boucle.
« Know You » annonce la couleur du prochain EP de PHAS3 Bts : un projet à surveiller de près si vous aimez vos étés sucrés, légèrement flous, mais avec un groove clair comme de l’eau turquoise. À mettre en fond de vos soirées en rooftop comme dans vos casques en solitaire.
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mai 23, 2025Il fallait bien que cela arrive un jour. Que le football américain sorte des vestiaires pour entrer dans les baffles. Qu’un linebacker devienne MC, que la playlist d’un vestiaire devienne un projet de label, que la sortie d’un calendrier de match ressemble à celle d’un album surprise. A to Z n’est pas seulement une chanson — c’est le manifeste d’un nouveau monde où les lignes entre sport, musique et storytelling ne sont plus floues : elles sont volontairement effacées.
Au micro, Mack Wilson Sr., alias Rocketship, ne joue pas au rappeur : il l’est. Flow tranché, phrasé sincère, punchlines taillées pour les arènes comme pour les casques Beats, il impose un univers où l’ego-trip devient art de motiver, de fédérer. Ce n’est pas une mixtape d’athlète en mal d’exposition, c’est un vrai titre, pensé, produit, peaufiné. En toile de fond, la machine Bighead Music Group propulse les basses, les beats et les refrains avec une précision chirurgicale. Mention spéciale à Tye Beats qui insuffle à l’ensemble une esthétique trap-pop aux reflets cinématographiques.
Mais le plus fort, c’est ce que A to Z incarne : une nouvelle grammaire du storytelling sportif. Le calendrier devient un prétexte, la sortie un événement culturel, la franchise une maison de disques déguisée. Complex le classe déjà dans les meilleures initiatives du genre, Sports Illustrated en fait un exemple à suivre. Et à juste titre : A to Z n’est pas un gadget marketing. C’est une prise de parole artistique, ancrée dans la rue et amplifiée par les stades. Une passe décisive entre le rap et le turf, où chaque mot tape comme un plaquage.
Bienvenue dans la NFL version 3.0 — celle où la hype se compte aussi en décibels.
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mai 23, 2025Tout commence par une tension. Pas celle qui crispe, mais celle qui caresse, celle qui annonce une collision imminente entre désir et abandon. Right Now, le dernier single de ZAVI, arrive comme une invitation à se déconnecter du bruit ambiant, à s’offrir une parenthèse tactile et moite, baignée de groove et d’envies inavouées.
On retrouve cette élégance instinctive propre aux productions de ZAVI : un beat doux mais insistant, des nappes synthétiques qui évoquent un dancefloor feutré sous les néons d’un club où l’on chuchote plus qu’on ne crie. C’est de la soul millésimée qui flirte avec un disco moderne, une ligne de basse qui glisse comme une main sur une peau chaude, et une voix… cette voix ! Aérienne et proche à la fois, presque chuchotée à ton oreille, comme si elle te prenait à part au beau milieu de la nuit.
Right Now n’est pas seulement une chanson d’amour : c’est un instant suspendu, une pulsation lente et sensuelle qui fait rimer langueur avec urgence. Le morceau déploie une énergie paradoxale, tout en douceur, mais brûlante de l’intérieur, comme si ZAVI chantait depuis le cœur d’un moment qu’on ne veut surtout pas laisser filer.
Et au fond, c’est ça la force du morceau : il ne t’invite pas à t’installer, il t’attrape par la main et te souffle « viens, c’est maintenant ou jamais ». On a rarement autant dansé avec le cœur serré.
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mai 23, 2025Il y a ce moment précis où le beat tombe comme une déclaration de guerre douce, un 808 qui vibre sous la peau comme un rappel de nos colères rentrées. No Estoy Broke, le nouveau missile de Pretty Dealer, c’est exactement ça : une réponse glaciale à un monde qui te regarde de haut, un doigt tendu vers ceux qui confondent manque d’argent et manque de valeur.
Sur fond de trap minimaliste, le morceau s’installe lentement, presque paresseusement, comme un chat qu’on croit endormi mais prêt à bondir. L’autotune, ici, n’est pas un gadget mais une arme. Elle déforme la voix comme un masque de carnaval triste, accentue chaque syllabe comme si elle pesait son poids en douleur contenue et en fierté mordante. Pretty Dealer ne raconte pas : il déverse, il exorcise, il exalte.
Le refrain claque comme une punchline qui n’a pas besoin de majuscules : ce n’est pas l’argent qui définit l’abondance, c’est la manière dont tu portes ta survie. La pauvreté matérielle n’est pas un naufrage, c’est une position de tir. Et dans cette trap qui respire les ruelles, les regrets stylés et l’insolence maîtrisée, il y a tout un art de se tenir debout dans le chaos.
Avec No Estoy Broke, Pretty Dealer ne signe pas un simple banger. Il dessine les contours d’un manifeste générationnel pour les marginaux magnifiques, les esthétiques cassées, les solitaires flamboyants. C’est laid, c’est beau, c’est vivant. Comme un cri murmuré dans l’oreille d’un monde sourd.
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mai 23, 2025Ce n’est pas juste un titre, c’est un état d’esprit. Trillionaire, le nouveau morceau de Christou DaKeeng, ne parle pas de yacht ni de montres en platine — il parle de valeur. De celle qui ne se compte pas en chiffres mais en courage. De celle qu’on cultive dans le silence, loin des projecteurs, quand le monde semble te dire d’abandonner.
Le beat est sobre, presque minimaliste, comme pour mieux laisser la voix s’élever, tranchante et posée, au cœur d’un groove qui pulse lentement, comme une tension vitale. Il y a quelque chose d’inébranlable dans le flow de Christou : pas d’arrogance, juste de la conviction. Il n’essaie pas de te convaincre, il vit ce qu’il dit. Et ça s’entend.
Dans un paysage rap saturé de fausses promesses et de storytelling en toc, Trillionaire se distingue par sa sincérité brute. Christou ne te vend pas un rêve américain, il te propose une révolution intérieure. “Va chercher ce que tu mérites. Mais surtout, commence par y croire.” Voilà ce qu’on lit entre les lignes.
C’est ce genre de morceau qu’on garde dans ses écouteurs les jours où la lumière est rare. Un rappel que ta richesse n’est pas une destination, mais un chemin. Et que même sans compte offshore, on peut déjà être trillionaire dans l’âme.
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mai 23, 2025Le hip-hop n’est jamais mort, il s’est juste rasé la tête et a mis du shea butter. Avec MyMy, NappyHigh convoque les dieux du groove rugueux pour une offrande aussi luxuriante que minimaliste, aussi old school que futuriste. La production est une volute — ça crépite, ça respire, ça s’étale avec la sensualité d’un crépuscule sur South Central. Tout est feutré mais précis, comme un sample caché dans un vinyle qui ne veut plus tourner.
ScienZe, en maître de cérémonie suave, déballe ses pensées comme on rembobine une VHS sentimentale, sans pathos, mais avec ce ton juste qui transforme les souvenirs en armes blanches. Et puis il y a Vel Nine — voix de velours, punchlines de velours côtelé. Elle surgit comme une confession froide au coin d’une nuit californienne, cadence sinueuse et mots qui ne cherchent ni à séduire ni à s’excuser.
NappyHigh, c’est le beatmaker alchimiste, celui qui transforme chaque snare en signature et chaque boucle en mantra. Avec MyMy, il ne produit pas un morceau, il sculpte une atmosphère : celle d’un hip-hop qui regarde son passé sans nostalgie, et son futur sans compromis.
Il n’est pas ici question de revival ou d’hommage, mais de transmission organique. On parle d’un track qui circule comme un souvenir d’enfance qu’on croyait perdu, d’une leçon d’élégance sonore qui fait autant vibrer la nuque que le cœur. Et qui prouve que dans les ruelles du boom bap, il reste encore de la lumière.
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mai 23, 2025Pas besoin de crier quand on sait exactement ce qu’on veut dire. Blessed, le morceau d’ouverture signé Jay The Human en collaboration avec Seth Sutch, arrive sans fioritures, avec la même classe qu’un lever de soleil sur une ville encore endormie. C’est un track qui prend son temps, qui respire large, qui installe une vibe plutôt qu’un propos. Un instant suspendu où le rap s’éloigne du vacarme pour se rapprocher du cœur.
Jay The Human a cette manière presque désarmante de livrer ses rimes comme s’il parlait à un ami sur un banc, les mains dans les poches, le regard tourné vers l’intérieur. La production, épurée mais enveloppante, pose un écrin de douceur : piano cotonneux, beat feutré, nappes discrètes — tout ici est fait pour ne pas heurter mais inviter.
Seth Sutch, en featuring, n’arrive pas pour voler la vedette mais pour compléter l’atmosphère. Il glisse sur l’instru avec la sérénité de ceux qui n’ont plus rien à prouver. Ensemble, ils offrent une entrée en matière qui évoque ces moments de gratitude lucide, quand on n’a pas tout, mais qu’on sait déjà qu’on est riche — de résilience, de liens, de cette paix rare qu’on appelle parfois simplement « être bien ».
Blessed ne se veut pas spectaculaire, et c’est justement ce qui le rend précieux. C’est une déclaration d’intention douce, humble, sincère — et dans un paysage rap souvent dominé par le clash et la surenchère, c’est une vraie bouffée d’air. Un morceau à écouter tôt le matin, ou tard dans la nuit, quand le monde se fait un peu plus simple.
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mai 23, 2025Rien de plus beau que la renaissance d’un artiste qu’on pensait englouti par la vague. Nate Sky, alias Ezekiel Runnion, revient avec Timeless (SMILE B!TCH), un titre aussi frontal qu’émouvant, où l’arrogance stylisée du hip-hop se teinte de blessures muettes et de sagesse acquise trop tôt. Pas une démonstration de force, mais un uppercut doux-amer envoyé à la vie — à celle qui t’arrache tes parents et te pousse à bouger ville après ville, mais qui t’offre, malgré tout, une scène, un micro, et une raison de recommencer.
Dans ce single au groove accrocheur et aux relents R&B sensuels, Nate Sky mêle auto-dérision, authenticité, et lucidité. Il joue avec les codes du banger égotrip, mais sous la surface, chaque sourire forcé cache une morsure. On sent le vécu dans le flow, la route dans les silences, la douleur digérée dans les punchlines. La production, elle, s’autorise des contrastes : synthés soyeux, beats minimalistes, refrains qui claquent comme un slogan publicitaire, mais où perce un spleen mélodique — un souvenir de ce qu’on a perdu.
Ce morceau n’est pas là pour chercher la hype, il est là pour exister, pleinement, pour dire “je suis encore debout” sans mendier l’attention. C’est une déclaration d’intention : Nate Sky n’a pas besoin de revenir, il était toujours là. C’est juste qu’il a dû faire le tri, prendre un souffle, enterrer les fantômes. Maintenant, il est prêt à parler, sourire au bord des lèvres, cicatrices bien visibles. Et Timeless (SMILE B!TCH) en est la preuve vivante.
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mai 23, 2025Il y a des morceaux qui cognent, d’autres qui élèvent. Et puis il y a Let Yourself Go de Christopha, un entre-deux délicieusement suspendu entre la rue et le ciel, le cœur et la raison. Avec ce onzième épisode de son marathon musical 26 Miles and Running, le rappeur du nord-est londonien continue de tracer son sillon, deux titres par mois, sans fanfare inutile, mais avec une constance qui force le respect et des récits aussi soignés que des confidences d’ami sous un porche pluvieux.
Sur un beat au groove néo-soul presque liquide, tout en Rhodes satinés et percussions feutrées, Christopha déplie un conte moral : celui d’une IT girl qui, après avoir joué les divas invincibles, voit le boomerang du karma revenir lui embrasser la nuque. Mais ici, pas de jugement à l’emporte-pièce, pas de leçon de morale en majuscule. Plutôt une observation fine, à hauteur d’homme, où la voix de Christopha glisse comme une plume lestée de vérité.
Il rappe sans hausser le ton, parce qu’il n’a pas besoin de crier pour frapper. Il suffit de l’écouter respirer entre les lignes pour sentir les années de doute, la pression d’un quotidien partagé entre rêves fauchés et responsabilités familiales. Un vécu qui donne à chaque vers une patine rare : celle de l’expérience, de la vraie.
Là où beaucoup se contentent de livrer des morceaux, Christopha offre des chapitres. Let Yourself Go, c’est un moment de bascule dans cette odyssée musicale qu’est 26 Miles and Running. Un virage plus introspectif, plus posé, sans rien céder à la profondeur du propos. Il est encore tôt dans l’année, mais ce titre pourrait bien être l’un des plus élégants du projet.
Le hip-hop UK a besoin de conteurs. Christopha, lui, a compris qu’on peut dire beaucoup en en faisant moins. Et c’est peut-être ça, le vrai style.
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mai 20, 2025Il y a des morceaux qui frappent comme un uppercut en pleine rave, d’autres qui grincent doucement sous la surface. Fine Wine fait les deux. Lachy Hamill, jeune pousse insaisissable de la scène UK Hip-Hop, trempe ici sa plume acide dans un bain d’EDM saturé pour livrer un titre aussi arrogant qu’irrésistiblement dansant. Le cocktail est détonant : Grime en sueur, Phonk sous stéroïdes, house qui claque des semelles, et toujours cette verve britannique mi-rappeuse mi-stand-up.
Dès les premières mesures, la production – nerveuse, métallique, volontairement survoltée – annonce la couleur : Fine Wine n’est pas là pour caresser l’auditeur, mais pour le provoquer. Le beat cogne sec, les hi-hats tournent en rafale et les basses grondent comme un V8 sous amphét’. Le flow de Lachy est chirurgical, débordant d’ironie, flirtant constamment avec le grotesque sans jamais tomber dedans. Une sorte de satire du flex, un hommage déguisé au mauvais goût assumé des bangers d’after sur TikTok.
Mais là où Fine Wine tire son épingle du jeu, c’est dans sa capacité à se jouer des codes pour mieux les tordre : Hamill se met en scène comme une parodie de rappeur superstar, jonglant entre second degré et ego-trip avec une aisance désarmante. Résultat ? Un tube qui s’écoute autant en soirée déglinguée qu’au casque dans le métro, avec ce petit sourire coupable aux lèvres.
Fine Wine, c’est cette bouteille que t’aurais juré détester mais que tu vides jusqu’à la dernière goutte. Un coup de bluff musical qui sonne comme un coup de maître.
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mai 20, 2025L’heure n’est plus aux conjectures. Sur Psychic, Nasty C ne prédit pas, il constate. Et ce qu’il voit dans le rétroviseur, c’est une trajectoire fulgurante, rageuse, consciente, gravée à la sueur et au feu sacré. Premier single officiel sous son propre label Tall Racks Records, Psychic sonne comme une cérémonie d’autocouronnement : pas d’artifice, juste l’assurance tranquille de celui qui a transformé les coups bas en capital, l’adversité en essence.
Dès l’ouverture, une basse qui grince, une trompette qui perfore l’atmosphère, puis ce flow velouté, presque désabusé mais toujours affûté. La voix de Nasty C, reconnaissable entre mille, se pose comme un mantra. Pas besoin de verser dans le banger démonstratif : Psychic séduit par sa densité émotionnelle, son économie de moyens, sa justesse. C’est du rap introspectif sans pathos, de la fierté sans fanfare. Le morceau ne cherche pas l’explosivité : il creuse en profondeur.
Ce n’est plus le gamin qui voulait prouver. C’est le patron qui construit. Le businessman, le visionnaire, l’artiste total. En s’émancipant des structures classiques pour lancer son propre navire, Nasty C donne une leçon d’autodétermination à l’industrie musicale sud-africaine et bien au-delà.
Et si Psychic est un message à son lui d’hier, c’est aussi une claque fraternelle à tous ceux qui doutent encore : oui, tu peux tout perdre sauf ta foi en toi. Oui, tu peux prédire ton futur sans boule de cristal, si tu t’écoutes vraiment.
Nasty C ne signe pas ici une simple sortie. Il inscrit un moment. Et ce moment, c’est celui où la réussite cesse d’être une prophétie pour devenir une évidence.
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mai 20, 2025Dans les tréfonds vibrants de la Californie alternative, là où les vinyles crissent encore sous les aiguilles, DJ Raw B remet les pendules à l’heure avec Bad Man, Good Heart, en featuring avec l’indomptable Z-Man. Un titre à la fois brut et tendre, qui convoque l’âge d’or du hip-hop West Coast underground sans sombrer dans le passéisme, enrobé d’un groove reggae qui fume lentement comme un blunt partagé à la tombée du jour sur un rooftop d’Oakland.
DJ Raw B, c’est la légende discrète mais respectée, celui qu’on ne voit pas à la télé mais qu’on entend dans les coulisses depuis les années sacrées de Beat Sauce sur KUSF. Il a tout vu, tout scratché, tout diggé. Et ici, il offre un beat cousu main : samples chauds, rythmique syncopée, nappes dub qui caressent l’échine et une basse qui colle au bitume. L’ensemble sent l’exigence, la patience, la fidélité à une esthétique.
Face à lui, Z-Man, électron libre du rap californien, livre un couplet déjanté, spirituel, habité. Sa voix est celle d’un griot 2.0, entre clash et confession, avec cette sincérité bordélique qui lui est propre. Bad Man, Good Heart, c’est l’histoire de ceux qui n’ont jamais fait semblant, qui traînent des casseroles mais portent leur cœur en bandoulière. C’est l’ode des hommes cabossés mais justes, des badass sensibles.
Ce n’est pas un tube, c’est un manifeste discret, une pépite pour digger aguerri. Un track qui te rappelle que le hip-hop, le vrai, celui des marges et des têtes brûlées au grand cœur, est toujours vivant – planqué sous les strass, mais flamboyant quand il veut.
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mai 20, 2025On dirait une prière chuchotée dans un taxi Uber à 3h du matin, entre les souvenirs d’hier et l’angoisse douce de demain. Counting My Blessings, c’est ce moment de bascule où deux voix – J Nuller et Really M.E. – se croisent, se confient, se relèvent. Pas de banger tapageur ici, mais une ritournelle humble, presque discrète, qui transforme l’introspection en groove tamisé.
Le beat est feutré, presque lo-fi, avec cette mélancolie sucrée que certains producteurs savent convoquer quand ils flirtent avec les frontières du RnB, du cloud rap et du gospel numérique. Une prod qui respire, qui donne de l’espace aux voix pour raconter sans surjouer. Car le texte ici n’est pas une performance, c’est une main tendue. La gratitude devient muscle, et le flow une manière de méditer debout.
J Nuller déroule avec lucidité les courbes d’un parcours cabossé mais digne, sans pathos. Really M.E., en contrepoint, injecte une chaleur vulnérable, presque maternelle. Ensemble, ils fabriquent une chanson qui pourrait servir de bande-son à ce que certains appellent la “healing era” du hip-hop : moins de bling, plus de vérité. Moins de figures, plus d’humains.
Counting My Blessings est un petit poème de survie, à écouter en regardant les lampadaires défiler, casque vissé et cœur ouvert. Un titre qui ne prétend rien révolutionner mais qui, dans son humilité lumineuse, touche juste. Parce que parfois, c’est dans le simple fait de continuer qu’on trouve la grâce.
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mai 20, 2025Il y a des nuits où tu ne dors pas, tu scrolles, tu doutes, tu replies ton cœur comme un vieux jean troué, et dans ce vertige numérique où les sentiments se pixelisent, un morceau comme WYD de Billy2Fad3d devient ton seul miroir lucide. Une confession auto-tunée qui flotte quelque part entre un vocal memo non-envoyé et une story fantôme qu’on efface à l’aube.
Le titre — acronyme pour « What You Doin’ » — dit déjà tout : l’angoisse douce d’un message qu’on n’ose pas envoyer, la frustration adolescente qui refuse de mourir à l’âge adulte, le battement de cœur coincé dans la vibration d’une notif. Billy2Fad3d, fidèle à son esthétique émo-rap post-XXXTentacion, ne crie pas sa douleur, il la laisse se dissoudre dans un nuage de reverb, nappé d’un beat trap minimaliste et vaporeux, quelque part entre une prod de Clams Casino et un ralenti mental signé Juice WRLD.
Ici, le flow est cotonneux, presque murmuré. Le kick est là pour donner le tempo au spleen, pas pour faire danser. Le morceau semble s’adresser à une absence : un amour flou, un soi-même qu’on n’arrive plus à rattraper, ou peut-être juste à ce sentiment de vide qu’aucun emoji ne résume. Et derrière l’autotune, on entend une faille, une tendresse maladroite, quelque chose de cassé mais qui vibre encore.
WYD est un cri qui ne hurle pas. Une larme trap. Une bulle suspendue entre deux mondes — celui qu’on voudrait habiter et celui qu’on fuit à coups de likes. Billy2Fad3d confirme qu’il n’est pas là pour flexer mais pour ressentir, et c’est sans doute ce qui le rend, dans le chaos actuel du rap digital, étrangement nécessaire.
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mai 20, 2025Parfois, dans l’inertie mondiale des prods carbonisées au plug-in, surgit un son qui sent la rouille noble des boîtes à rythme et la sueur encore tiède du mic passé de main en main. “I Represent Old School” de ProntaCorde ne s’écoute pas, il s’incarne. Il entre par les baskets, grimpe dans la nuque et fait tourner les cervicales comme si les années 80 n’avaient jamais cédé leur trône.
Né des ruelles vibrantes de Mexico City, ce track, mené tambour battant par Jose-Alberto Gallegos aux machines et Abraham Madera au mix, ne cherche pas à singer les maîtres : il les invoque, les ressuscite et les réinvente dans un espagnol imaginaire où la langue maternelle est celle du beat. On pense à Grandmaster Flash, évidemment, à Run DMC, mais aussi à l’insolence de Groove Armada ou à cette folie contrôlée propre aux Chemical Brothers. Pourtant, ProntaCorde ne se contente pas d’hommage : il déconstruit l’autel, s’y allonge torse nu et y crie sa foi.
La texture est brute, sans vernis, comme une cassette retrouvée dans un vieux sac Eastpak. L’énergie est frontale, mais jamais cynique. Il y a une vraie tendresse dans ce désir de transmettre, dans cette façon de tendre la main au passé pour le faire danser avec le présent. C’est un morceau qui appelle à enfiler des sneakers, à repeindre le sol de craie pour relancer la battle, pas dans la nostalgie mais dans la nécessité.
“I Represent Old School” est une bouffée d’oxygène dans une époque qui surcompresse tout. Une déclaration d’amour aux fondations, oui, mais surtout une invitation à la révolte joyeuse, avec flow qui claque et groove qui colle aux doigts.
ProntaCorde, quelque part entre le Bronx fantasmé et la sueur des block parties mexicaines, livre ici l’un des manifestes les plus sincères de ce que pourrait encore être le hip-hop : vivant, artisanal, collectif, bruyant. Et putain de dansant.
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mai 20, 2025Pas de storytelling glamour, pas d’esthétique léchée à la Booba époque Miami. Ici, c’est le béton qui parle. Le ghetto, le vrai. Mandinka débarque avec “Hard”, un clip sans concession, sans vernis, qui sent la sueur, la rancune et la fierté. Dans un paysage rap saturé de bling recyclé et d’egotrips plastifiés, ce morceau sonne comme une détonation : un retour aux sources du rap de terrain, celui qui vient des tripes, pas des tendances.
Dès les premières secondes, la prod met les points sur les i : kicks secs, hi-hats nerveux, basses sombres comme un hall d’immeuble à la nuit tombée. C’est une instru minimaliste, crue, tendue comme un regard mal interprété dans un quartier sous tension. Pas de place pour les fioritures — Mandinka s’y engouffre avec une voix rauque, urgente, presque essoufflée, comme s’il n’avait qu’un seul couplet pour tout dire.
Et il dit tout. La galère, la rue, les trahisons, les codes, la rage contenue et l’envie de s’en sortir sans se renier. Chaque ligne claque comme une gifle. “On n’a pas grandi sur des velours / On parle fort car personne nous écoute” — on sent que chaque mot est vécu. Il ne rappe pas pour divertir. Il rappe pour exister.
Le clip, lui, suit la même logique. Pas de cinéma : du réel. Hall d’immeuble, fumée, regards caméra frontaux, plans tremblants à la volée. Ça sent la débrouille, mais ça vise juste. La caméra colle au corps, à la peau, au sol. Mandinka y évolue comme un fauve dans sa cage, à deux doigts de tout arracher.
“Hard” n’est pas là pour plaire. Il est là pour déranger, dérider, faire lever les têtes. Dans la lignée d’un Kery James époque Si c’était à refaire, d’un LIM ou d’un early Rohff, Mandinka rappelle que le ghetto rap, le vrai, existe encore. Et qu’il n’a pas besoin de s’excuser pour parler fort.
Un premier tir d’alerte qui laisse présager un projet plus large, sans compromis. Mandinka ne demande pas de place. Il la prend. Et maintenant qu’il est là, difficile de faire comme si on ne l’avait pas entendu.
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mai 19, 2025Herbiarz, c’est un nom qui claque comme une portière dans une cité glacée de Gdynia. Une signature qui rime avec une vision : celle d’un hip-hop brut, sans vaseline ni champagne frelatée. Avec Głód Sukcesu (« La Faim du Succès »), son nouvel EP autoproduit, l’artiste polonais – à la fois rappeur, beatmaker, ingénieur du son et entrepreneur – livre un manifeste abrasif pour ceux qui montent leur business au pied des HLM.
On connaissait déjà Witam, un missile qui avait explosé les ondes jusqu’aux États-Unis, où BuffaBlog parlait d’un « banger » qui transcende les frontières linguistiques. Ici, Herbiarz pousse le curseur encore plus loin : Łykaj Moją Pięść (« Avales Mon Poing »), un des titres phares de l’EP, incarne cette rage entrepreneuriale à mi-chemin entre Rambo 3 et un TED Talk de rue. Ce n’est plus du rap, c’est une gifle méthodique posée sur une 808 grésillante.
À la croisée du street rap polonais old school et d’une trap plus contemporaine, Głód Sukcesu dresse le portrait d’un self-made-man qui a troqué les chaînes en toc pour un plan d’affaires bien huilé. Pas de faux-semblants ni de storytelling enjolivé : Herbiarz raconte l’ambition, la solitude du grind, les coups bas, les nuits blanches et la sueur qui ronge les tempes quand tu dois livrer un EP, gérer une marque de fringues et survivre à ton propre quartier.
Production 100% maison, clips léchés, discours frontal : Głód Sukcesu ne fait pas de bruit, il explose. En 5 titres secs comme un deal mal négocié, Herbiarz impose une esthétique urbaine entrepreneuriale unique. C’est cru, c’est sans compromis, et c’est probablement le témoignage le plus réel de ce que signifie « réussir » quand on part d’en bas. Un EP à écouter comme on signe un contrat : avec sérieux, tension… et un poing serré dans la poche.
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mai 10, 2025Dans “CASH”, Kesh26 balance ses premières cartes comme on pose une fondation : brute, directe, sans vernis mais pleine d’une envie de bousculer. Né en 2006 à Eskişehir, et fraîchement entré dans le game avec ce premier single publié en janvier 2025, le jeune rappeur turc affirme un style déjà marqué par les codes du trap US, digérés à sa manière, avec cette urgence propre à ceux qui n’ont rien à perdre.
La prod claque comme un moteur qui refuse de caler : 808 sales, hi-hats qui criblent la mesure, ambiance nocturne à la Yung Lean version Anatolie. Kesh26 ne cherche pas la démonstration technique — il privilégie l’attitude, le flow relâché, presque murmuré par instants, qui fait de “CASH” un mantra autant qu’un premier pavé dans la mare. C’est ce genre de morceau qui ne s’écoute pas vraiment au casque hi-fi mais dans les écouteurs trop forts d’un vieux téléphone, dans une chambre où les rêves se construisent plus vite que les certitudes.
S’il reste encore du chemin — dans la variation des flows, dans la densité des textes — il y a dans ce premier titre une sincérité qui force l’écoute. Le morceau sent l’envie d’exister, de graver sa trace même en hors-piste. “CASH” est une carte postale envoyée depuis l’underground turc par un ado qui s’invente une place à coups de kick et d’échos digitaux.
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mai 10, 2025Il y a des morceaux qui ne demandent pas d’être expliqués, juste allumés. SMOKE NICE, le dernier banger signé KID NATIVE et Loose Tee, est de ceux-là. Pensé comme une bande-son pour les sessions les plus enfumées, le morceau déroule une ambiance aussi planante que maîtrisée, où les cordes éthérées rencontrent une basse souterraine qui tapisse le sol comme un bon nuage dense.
Mais derrière l’apparente nonchalance d’un titre à fumer lentement, se cache un travail d’orfèvre : un rap qui ne lâche jamais la bride au flow ni à la rime. KID NATIVE et Loose Tee ne tombent pas dans le piège de l’ambiance pour l’ambiance. Ils kickent proprement, avec une diction soyeuse et un jeu de mots qui navigue entre légèreté vaporeuse et précision chirurgicale. Le tout s’écoute comme on roule : avec attention.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre. Ce n’est pas juste une ode au THC, c’est un titre qui s’inscrit dans la lignée des morceaux où l’atmosphère et la technique coexistent — entre un Mac Miller période Faces et un Curren$y dans ses heures les plus smooth. La prod, avec ses textures moirées et ses soubassements profonds, rappelle que le bon rap peut aussi être sensoriel, une expérience complète.
SMOKE NICE est ce genre de son qui mérite d’être vécu dans les détails : la fumée, les mots, les silences entre deux mesures. Un track qui sent la détente mais respire le sérieux. Et dans le monde du rap enfumé, c’est précisément ce qui fait la différence. Alors : on inhale, on écoute, on recommence.
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mai 10, 2025Dans un monde saturé de punchlines surcotées et d’égo-trip vides de sens, Heart of a Dreamer de Tay Toe agit comme une respiration. Un souffle franc, droit, sincère, et surtout, mérité. Ici, pas de faux-semblants. On parle de travail, de doute, de rêves qui font mal, de ceux qui se lèvent tôt pour écrire des vers le soir. Tay Toe, rappeur indépendant et diplômé en business, fusionne la rigeur du cursus avec la rage de l’autodidacte. Et le résultat frappe juste.
Ce n’est pas un hasard si la voix grave de Dave East introduit ce titre. Le rappeur de Harlem, pilier du storytelling new-yorkais, vient ici incarner une forme de passage de flambeau symbolique. Tay Toe l’a écouté en boucle sur un vol pour L.A., en 2017, et lui rend ici hommage, non pas en mimant son flow, mais en adoptant la même honnêteté brute. Cette vérité dans le verbe, ce refus du faux.
Musicalement, Heart of a Dreamer est un cocktail millimétré : boom bap moderne, basse moelleuse, nappes discrètes et un tempo soutenu qui pousse Tay Toe à presser ses mots sans jamais les bâcler. Pas un mot de trop, pas une phrase creuse. Tout transpire le vécu : famille, santé mentale, la peur de l’échec et cette obsession de “réussir autrement”. On pense à Mac Miller pour la vulnérabilité assumée, à Logic pour la propreté du flow, mais Tay Toe trace son propre sillon.
Ce morceau est un hymne pour celles et ceux qui n’ont pas de back-up, pas de plan B, mais un mental forgé dans l’ombre. Heart of a Dreamer n’est pas juste un morceau. C’est une boussole pour les âmes fatiguées mais encore debout.
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mai 10, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme une gifle, et d’autres qui glissent doucement sous la peau, avec la tendresse d’une main posée sur l’épaule. Make You Happy, dixième relâche de Christopha dans son marathon créatif 26 Miles and Running Part 2, fait indéniablement partie de la seconde catégorie. Un feel good track ? Oui, mais pas à la sauce édulcorée ou algorithmique. Ici, c’est le groove qui soigne, la voix qui réconforte, et les clins d’œil culturels qui connectent Londres, Lagos et les Caraïbes sur la même fréquence.
L’instrumentale est une fête contenue : percussions afrobeats bondissantes, basse ronde et syncopée, touches de soca parsemées dans les couplets, le tout baigné d’une énergie solaire. Mais Christopha ne se contente pas d’épouser le rythme : il y injecte une intention. Son flow, limpide et sincère, trace un fil rouge à travers les orages émotionnels. Il ne promet pas des miracles, juste d’être là, de transformer la tristesse en chaleur, la lourdeur du quotidien en danse discrète.
La seconde partie du morceau s’ouvre sur des inflexions caribéennes plus marquées, comme si le beat avait pris l’avion pour Port of Spain. Christopha y déroule un hommage implicite à ses racines, sans jamais quitter le terrain du rap, qu’il module à sa manière – humble, affirmée, profondément humaine.
Make You Happy est peut-être l’un des titres les plus accessibles de son projet, mais c’est aussi l’un des plus aboutis dans son hybridité. À l’heure où le rap UK flirte de plus en plus avec l’afro-fusion, Christopha prouve qu’on peut le faire sans perdre sa plume ni son authenticité.
La route est encore longue d’ici la 26e sortie, mais si chaque étape est aussi chaleureusement taillée que celle-ci, alors le voyage vaudra chaque foulée.
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mai 10, 2025Certains morceaux ne se contentent pas de raconter une histoire : ils portent la trace d’une métamorphose. “Scars”, le dernier titre d’Optimiztiq, s’inscrit dans cette lignée. Écrit dans la foulée d’un séjour de huit jours en Amazonie péruvienne, auprès des guérisseurs Shipibo, ce titre s’apparente davantage à un rite de passage qu’à une simple confession rap. Il en résulte un morceau brut, viscéral, mais structuré autour d’un flow précis et d’une architecture sonore qui reste fidèle à l’école conscious hip-hop — quelque part entre la franchise de Brother Ali et les élans introspectifs d’Earl Sweatshirt.
Optimiztiq n’a jamais caché son ambition de faire de la musique un vecteur de guérison. Ici, le pari est tenu. Sur une instrumentation sobre, quasi méditative, il évoque sans détour les méandres de l’anxiété, les cicatrices de l’abus, les stratagèmes du moi blessé pour survivre. Mais ce qui frappe, au-delà de la lucidité clinique du propos, c’est la place laissée à la lumière. “Scars” ne se vautre pas dans l’ombre : il y cherche des issues, des espaces de renaissance, que l’ayahuasca — non comme solution miracle, mais comme catalyseur d’introspection — vient activer avec justesse.
Si le texte touche par sa sincérité, c’est aussi sa forme qui convainc. Optimiztiq maîtrise le verbe, et ce même lorsqu’il frôle le dérapage thérapeutique. Son phrasé rapide mais posé ne noie jamais le propos, et son usage d’images frappantes — parfois à la limite du spoken word — rappelle que l’art du récit est d’abord une question de rythme intérieur.
“Scars” est un morceau rare : il documente un effondrement, mais ne cède jamais au pathos. En cela, il mérite l’attention, bien au-delà de la seule scène underground. C’est l’un de ces titres qui laissent des traces — et comme les siennes, celles-ci ont valeur de réparation.
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mai 8, 2025Dans “Round and Round”, OG Talent Kash livre un morceau à la fois lancinant et viscéral, traversé par cette énergie texane si particulière : une douleur chantée avec fierté, une mélodie lourde de sens, et une voix nappée d’autotune qui touche à vif. On pense à Mo3, bien sûr – cette filiation revendiquée de la trap émotionnelle du Sud, où chaque ligne semble avoir été vécue avant d’être écrite.
Le titre tourne comme une spirale mentale, un refrain obsédant sur les cercles vicieux du quotidien : les cycles de trahison, de survie, de retour aux mêmes erreurs. La prod est sombre mais mélodique, avec des nappes mineures, un 808 qui tape comme un battement de cœur en alerte, et un piano discret qui ajoute une dimension introspective. Ce n’est pas juste un morceau de plus dans la trap actuelle, c’est une confession codée, un journal intime passé au filtre de la rue.
Ce que propose OG Talent Kash ici, c’est une sorte de blues moderne, où l’autotune devient un masque fragile posé sur la voix d’un survivant. Il ne cherche pas à séduire avec des refrains sucrés ou des punchlines vides. Il raconte ce qu’il connaît : la rue, les traumas, l’ambition, la méfiance, et cette douleur qui revient encore et encore, “round and round”.
En à peine quelques minutes, Kash prouve qu’il n’a pas besoin d’en faire trop pour être impactant. C’est cru, c’est sincère, c’est brut. Un morceau pour ceux qui savent que certaines vérités ne sont pas jolies à entendre, mais nécessaires à dire.
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mai 8, 2025Quand deux vétérans du terrain de jeu Grime – Footsie à l’Est, Strategy au Nord – décident de fusionner leurs ADN musicaux, le résultat ne peut être qu’un terrain miné de punchlines, de beats massifs et d’énergie brute. Theatre of Dreams, leur album commun fraîchement débarqué, sonne comme une collision d’univers. D’un côté, l’influence historique du Newham General et producteur Footsie, de l’autre, la rage lucide du MC mancunien Strategy. Ensemble, ils signent une œuvre qui ne regarde jamais dans le rétro mais avance à toute berzingue, les crampons plantés dans l’asphalte brûlant de l’underground UK.
Le single Standard, clippé avec soin entre Londres et Manchester, annonce la couleur : noir et blanc comme les clips de Strategy, incisif comme les lyrics de Footsie, chirurgical comme une passe de De Bruyne. Les deux MCs se renvoient la balle comme dans un sparring lyrique, chacun essayant de faire plier l’autre sans jamais tomber dans la caricature. Ce n’est pas un duel, c’est une danse — nerveuse, tendue, mais parfaitement rythmée.
La production, assurée entre autres par Toddla T, Sir Spyro, Metrodome et Footsie lui-même, navigue avec audace entre grime, hip-hop, dub et bass music. Mention spéciale à Kwik Wontoo, déjà adoubé par la FIFA, hymne hybride aux percussions bondissantes et refrains ultra-efficaces qui traverse les frontières du Grime comme Marcus Rashford un flanc gauche défensif.
Mais Theatre of Dreams ne s’arrête pas à l’effort. Il creuse, évoque les années de galère, les désillusions, la fraternité musicale forgée dans les salles de répet et les raves. C’est aussi une leçon de transmission : Strategy y défend son Nord trop souvent sous-estimé, pendant que Footsie rappelle à tous pourquoi il est une pierre angulaire du game.
Avec ce projet, les deux artistes nous livrent un disque à la fois rugueux et généreux, parfois introspectif, souvent explosif, toujours vrai. Loin du marketing creux ou des featurings opportunistes, Theatre of Dreams est un hommage aux scènes locales, aux parcours cabossés, et à cette langue inventée par les kids de Tottenham, Bow et Salford.
Ce n’est pas juste un album. C’est une mixtape générationnelle qui se faufile entre les mailles des playlists aseptisées. Et s’il y avait encore des doutes sur la vivacité du Grime en 2025, Footsie et Strategy les atomisent en 13 titres. Théâtre de rêve, certes. Mais aussi de guerre. Et ils en sortent vainqueurs.
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mai 8, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme une carte postale sonore, mais “Orlando” de Inno Combs est plus qu’un simple souvenir en musique : c’est une déclaration d’identité, une célébration hybride entre les racines du hip-hop américain et les élans solaires de l’afropop contemporaine.
Né à Brooklyn, grandi sous le soleil de Floride, Inno Combs incarne une trajectoire à la fois rude et inspirante. Sur un beat dansant, ample, presque cinématographique, Orlando sonne comme un retour aux sources — un hommage à la ville qui l’a vu renaître après sa victoire contre le cancer. Un morceau au groove fédérateur, taillé pour les playlists globales, mais habité par un vécu qui dépasse la formule.
À la croisée du flow incisif hérité du battle rap et d’un sens mélodique qui fleure bon l’Afrique de l’Ouest, Inno Combs injecte dans chaque mesure la mémoire de ses influences : Ludacris pour l’attitude, DMX pour la sincérité brute, et MJ pour l’instinct de showman. Ce n’est pas un patchwork, mais un creuset : Orlando fusionne, digère et propulse, le tout sans jamais trahir son ADN new-yorkais.
Derrière la fête apparente, il y a surtout une urgence : celle d’un artiste qui ne prend plus rien pour acquis, qui rappe comme on respire après avoir manqué d’air. Et c’est ce feu intérieur qui fait vibrer le morceau, bien plus que son tempo entraînant ou ses sonorités afrobeats millimétrées.
Inno Combs ne veut pas juste faire danser — il veut qu’on se souvienne. Avec Orlando, il y parvient.
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mai 8, 2025Il arrive que certains titres fassent plus que simplement taper dans les enceintes : ils incarnent un moment. Avec RUN IT UP, Jeffery (anciennement JFRXSHH) livre un banger à la fois percutant et introspectif, digne héritier d’une école de rap qui préfère l’impact à l’esbroufe. Entre Montréal et son propre monde intérieur, le rappeur déroule un flow net et déterminé, porté par une production épurée qui laisse toute la place à sa voix, son verbe, son feu.
Ce morceau, loin de n’être qu’un hymne à la gagne facile, creuse plus profondément. Il s’agit de s’élever, pas simplement de s’enrichir. On entend en filigrane l’héritage des figures tutélaires — Jay-Z, Mac Miller, J. Cole — dans la manière de jongler entre affirmation de soi et conscience du chemin. Car si RUN IT UP parle de course, ce n’est pas celle d’un sprinteur opportuniste, mais celle d’un coureur de fond, fidèle à sa vision, concentré sur son ascension.
Comme souvent dans l’univers visuel de Jeffery, les papillons ne sont jamais loin. Symbole de transformation et d’élévation, ils rappellent que rien ne se fige, que tout peut encore éclore. L’imagerie n’est pas un gadget : elle est l’écho d’un processus personnel, d’une foi dans le changement, la résilience, la beauté après la lutte.
RUN IT UP n’est pas juste un morceau à ajouter à sa playlist gym ou hustle. C’est une mue en musique. Une poussée vers le haut, d’autant plus crédible qu’elle reste enracinée dans le réel.
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mai 8, 2025À Tampa, les palmiers se balancent comme les aiguilles d’une montre en feu. Et quelque part entre les mirages du mainstream et les cendres encore chaudes des cyphers oubliés, TaReef KnockOut fait entendre un souffle. Il ne rappe pas pour plaire. Il rappe pour rester debout. Pour survivre à Babylon, ce mot chargé d’Histoire et de colère, devenu ici le titre d’un morceau-coup de poing, brûlant de lucidité et d’espoir.
La production, d’abord feutrée, s’ouvre comme une brèche : boom bap en clair-obscur, nappes soul-fumée, un écho de drumlines floridiennes sous valium. C’est le genre d’instru qui laisse la place au verbe. Et ça tombe bien : TaReef a des choses à dire.
Inspiré par le discours de Doechii aux Grammys, qui appelait les labels à regarder Tampa avec plus d’attention, KnockOut a transformé une simple phrase en manifeste personnel. “BABYLON” devient alors l’endroit et l’ennemi. Une métaphore de l’industrie, du système, des regards qui glissent sur lui sans le voir. Il ne s’agit pas d’une plainte. Il s’agit d’un rappel à l’ordre du monde, livré avec la voix grave et la diction précise de ceux qui ont grandi à l’ombre des superstars mais jamais dans leur silence.
TaReef KnockOut ne cherche pas à flatter. Il cherche à durer. Comme Nipsey. Comme Lupe. Comme un prophète discret, venu poser sa pierre dans le temple du rap conscient. “BABYLON” n’est pas une prière. C’est une promesse.
Une promesse faite à sa ville. À lui-même. Et peut-être à nous tous.
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mai 8, 2025Trois villes, trois visions, une claque. Avec “MAGIC”, NappyHIGH convoque ScienZe et Mick Jenkins pour livrer une bombe à retardement en plein cœur du hip-hop 2025 : brutale, racée, millimétrée. Sur un beat tendu comme un câble électrique dans une cave de South Central, les voix claquent, les egos s’affirment, et les plumes s’enflamment.
Le producteur angelino NappyHIGH, connu pour ses collaborations premium (de Raekwon à Blu, de Conway à Westside Gunn), joue ici le rôle de l’alchimiste. Il distille un instrumental crasseux à souhait, entre nappes feutrées et drums poussiéreuses. Une atmosphère cinématographique qui n’aurait pas dépareillé sur un vinyle de Madlib ou dans la bande-son d’un polar nocturne. Tout est là pour poser une ambiance : tension feutrée, piano désaccordé, groove sinistre.
ScienZe, figure new-yorkaise à l’écriture ciselée, entre avec une aisance tranquille. Son flow glisse, presque suave, sur ce terrain miné, comme s’il récitait un poème nerveux dans une backroom enfumée. Puis Mick Jenkins surgit comme une lame : voix grave, delivery autoritaire, verbe coupant. Le rappeur de Chicago ne fait pas de fioritures, il tranche — dans les beats comme dans les vérités.
“MAGIC” n’est pas une simple réunion de talents, c’est une démonstration de force : celle d’un rap encore capable d’être menaçant sans verser dans la caricature, lyrique sans s’éparpiller, old-school sans nostalgie creuse. C’est une conversation entre MCs adultes, entre poètes de la rue et sorciers du son, portée par un beat qui aurait pu naître dans une MPC hantée.
À l’heure où le hip-hop flirte parfois trop avec la formule, “MAGIC” rappelle qu’il suffit d’un beat dur, de deux plumes affûtées et d’un producteur visionnaire pour rallumer la flamme. Pas besoin d’artifices. Juste de l’alchimie.
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mai 8, 2025Certains morceaux n’explosent pas. Ils planent, ils enveloppent. Et “Особый вайб” (“Special Vibe”) de FiNt fait exactement ça : il t’attrape doucement, comme une brume électrique qui se faufile sous la peau. C’est un track qui flirte avec le cloud hop, fond dans la trap électronique, et distille une vibe pop-rap à fleur de cœur. Pas un banger, non — une confession. Un slow dans un monde trop bruyant.
Ici, les opposés s’attirent mais ne s’annulent pas. Ils s’entrechoquent, ils s’entrelacent. “Особый вайб” raconte l’histoire d’un couple improbable, deux âmes venues de planètes opposées — feu et glace, chaos et calme — et qui, contre toute attente, se trouvent un point de gravité commun. Ce n’est pas un amour idéalisé. C’est une tension, une vérité, une acceptation. La beauté qui naît quand deux mondes refusent de se comprendre et choisissent de coexister.
La prod est cotonneuse, aérienne, presque onirique. Des nappes mélancoliques qui rappellent l’emo-rap de Lil Peep ou le spleen distant de Juice WRLD, mais avec une patte plus orientale, une énergie en suspens, comme si chaque beat hésitait à tomber. La voix de FiNt est autotunée juste ce qu’il faut : assez pour flouter les contours, pas trop pour que l’émotion disparaisse. Il rappe comme on écrit une lettre à minuit — sans filtre, sans fard.
“Особый вайб”, ce n’est pas juste une chanson d’amour. C’est un manifeste pour les âmes dissonantes, un rappel que l’intensité ne naît pas de la ressemblance, mais du frottement. C’est une célébration de la friction douce, de la faille qui devient lien.
Avec ce morceau, FiNt prouve que la scène post-trap russo-européenne peut encore surprendre, toucher, et créer des ponts là où on pensait qu’il n’y avait que des fossés. Une vibe spéciale, oui — mais surtout un langage émotionnel universel.
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mai 8, 2025Pas besoin d’explosions pour dire qu’on en a marre. Avec “FOMF”, Chizlonies the Lord signe un bijou d’alternative hip-hop qui grince comme une chaise de bureau à la fin d’une journée trop longue. C’est un morceau qui rumine, qui digère, qui dit “fuck off” sans hausser la voix, mais avec cette tension sourde, presque élégante, qu’ont les meilleures colères rentrées. La frustration ici n’est pas un pic d’émotion, c’est un fond d’écran quotidien — et c’est ce qui rend le morceau si saisissant.
L’instru est un rêve lo-fi : percussions effacées, basse ronde et lancinante, touches jazzy en pointillés, le tout enveloppé dans une brume sonore qui laisse la voix au premier plan. Et quelle voix. Chizlonies n’essaie pas d’impressionner, il confesse. Il raconte l’épuisement, la micro-violence du monde pro, les moments où tout ce que tu veux, c’est claquer la porte — en silence. Il rappe comme on pense : par bouffées, par lucidité, par besoin de s’extérioriser sans spectacle.
Dave B., en featuring, ne détonne pas. Au contraire, il surfe sur le même fil tendu : cool mais tranchant, léger mais précis. Sa performance est un rappel que le rap peut encore être une conversation entre amis fatigués, une prise de position douce mais ferme. À deux, ils construisent une narration cohérente, un groove introspectif mais qui t’attrape dès la première écoute.
“FOMF” n’est pas une revendication révolutionnaire. C’est un cri du cœur feutré, une bulle intime née d’un trop-plein quotidien. Chizlonies the Lord transforme ici une journée de trop en œuvre d’art lente et viscérale, où chaque mot pèse comme un mail non lu et chaque silence dit plus que mille punchlines.
Le hip-hop alternatif trouve là une nouvelle voix, mature, réfléchie, enracinée dans la vie réelle. Pas besoin d’être spectaculaire quand on sait être vrai.
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mai 7, 2025Boum. Un beat frappe comme une portière claquée dans une ruelle humide de Boston, et soudain tout reprend sens. “Ain’t Playing Around”, signé par les vétérans Big Dese & Confidence, sonne comme une réminiscence fiévreuse des années où le boom-bap dictait la loi, mais avec l’arrogance tranquille de ceux qui savent très bien ce qu’ils font. Le titre débarque sans manières, l’œil noir et le sourire en coin, pour rappeler à toute la scène que l’élégance peut encore claquer fort.
Confidence, magicien des textures rugueuses, tire des fantômes du vinyle une matière première patinée d’or sale. Chaque caisse claire tape comme une vérité indiscutable, chaque scratch grince comme un avertissement. Il construit ses beats comme on polit une relique sacrée : respectueux, mais jamais figé. Ce morceau, c’est un vinyle qui fume, une MPC qui crache encore des étincelles.
En face, Big Dese débite ses vers comme un sniper ricaneur. Il joue sur l’ironie mordante, les rimes hargneuses et le second degré maîtrisé, pour finalement livrer un refrain presque chanté, aussi accrocheur qu’insolent. L’équilibre entre la braggadoccia virulente et la mélodie narquoise donne au morceau une saveur paradoxale, piquante, presque addictive.
Prévu pour figurer sur Kool Moe Dese, le projet à venir (sortie le 16 mai chez Below System Records), “Ain’t Playing Around” s’impose comme un extrait révélateur de l’alchimie du duo. Le vinyle, tiré à quelques centaines d’exemplaires, s’annonce déjà comme un futur fétiche pour diggers sentimentaux.
Pas de passéisme ici, mais une célébration d’un langage sonore toujours en mouvement. Big Dese et Confidence ne jouent pas — ils sculptent, ils invoquent, ils s’éclatent. Et nous, on encaisse avec plaisir.
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mai 7, 2025À Mitcham, on ne fait pas les choses à moitié. Et avec “Underground Freestyle”, Th£ Gaffa le prouve une fois de plus. Une décharge de grime pur et dur, rugueux comme l’asphalte, craché avec la nervosité d’un pitbull trop longtemps en laisse. Produit par Komi Kamo, ce freestyle n’est pas qu’un exercice de style : c’est une carte d’identité sonore, une manière de dire “je suis là, et vous allez m’entendre”.
Th£ Gaffa n’est pas là pour faire dans la dentelle. Il balance ses couplets comme des uppercuts, avec une voix rocailleuse qui tranche dans la prod minimaliste et froide. Les basses claquent, les hi-hats s’emballent, et au milieu de tout ça, Gaffa débite ses rimes avec une énergie brute qui rappelle les grandes heures de Lord of the Mics ou Risky Roadz, mais dans une version 2025, encore plus crue, encore plus déterminée.
Le clip, tout aussi brut que le son, s’ouvre sur des plans nerveux de la cité, entre visages fermés, gestuelle tranchante et regards qui n’ont pas besoin de mots. C’est Mitcham, sans filtre, filmé comme on rappe : direct, sans concession, avec une certaine poésie dans la violence du quotidien.
Avec “Underground Freestyle”, Th£ Gaffa inscrit son blaze dans la nouvelle cartographie du grime UK. Ce n’est pas juste une performance technique, c’est un cri du bitume. Et dans cette époque où tout semble aseptisé, ça fait du bien d’entendre un morceau qui ne cherche pas à plaire, mais à marquer. Gaffa n’est pas un produit, c’est un phénomène brut.
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mai 7, 2025Certains morceaux ne naissent pas dans un studio mais dans une pièce obscure où quelqu’un, quelque part, apprend à se taire. SPIN AROUND de Yaëll Campbell, c’est exactement ça. Une chanson qui a la texture d’un aveu — pas hurlé, pas mis en scène — simplement murmuré à soi-même, entre deux battements de cœur. R&B au souffle chaud, flirtant avec le spoken word et les ombres du rap, ce titre n’est pas là pour faire danser. Il est là pour qu’on s’y blottisse.
La voix de Yaëll, élastique et retenue, se promène comme si elle cherchait quelque chose qu’elle ne veut surtout pas trouver. Et ce qu’elle ne dit pas est aussi important que ce qu’elle chante. Tout est feutré, dosé, jamais démonstratif — une élégance rare dans un monde où tout crie pour exister. Le beat est sobre, les accords s’étirent, comme une nappe de brouillard qu’on n’a pas envie de dissiper. C’est un titre qui refuse l’effet facile, qui préfère hanter plutôt que briller.
Ce qu’on entend ici, c’est un corps en transition, une âme qui tangue doucement, un garçon qui n’a pas peur de ralentir quand tout le monde accélère. Et si on pense à James Blake ou à Arlo Parks, ce n’est pas pour les comparer — mais parce qu’on sent chez Yaëll Campbell cette même capacité à creuser dans le silence.
SPIN AROUND, c’est le genre de morceau qui s’écoute seul, de préférence quand on n’a plus de réponses à donner à personne. Et peut-être que c’est là, justement, qu’il commence à parler pour nous.
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mai 7, 2025Il y a des morceaux qui débarquent sans fanfare et qui pourtant laissent une empreinte tenace. DefSeed de HISTORY OF TIME est de ceux-là. C’est un titre qui refuse les raccourcis, un rap aux contours alternatifs porté par la voix ciselée de DefSeed, rappeur aux racines ancrées entre Washington D.C. et Seattle, et dont le flow est aussi précis qu’un scalpel dans une salle d’anatomie sociale.
Pas de bling, pas d’ego trip dégoulinant ici. Ce que propose DefSeed, c’est une cartographie intérieure : celle d’un jeune homme noir éduqué, lucide, qui porte son vécu avec la gravité de ceux qui n’ont jamais eu le luxe d’ignorer le monde autour. On pense parfois à Common, parfois à Kendrick Lamar, mais avec une rugosité mélodique bien à lui, héritée d’un passé punk et rock qui affleure dans les détails – dans les textures, dans les silences, dans les montées.
Les productions, signées par le trio qui compose HISTORY OF TIME, balancent entre beats organiques, guitares fantomatiques et spoken word nerveux. C’est du rap de chambre d’étudiant, dans le meilleur sens du terme : érudit, à fleur de peau, jamais hautain. Le morceau parle de la vague – celle de l’identité, de l’ascension, des contradictions, de l’Amérique qu’on ne montre pas toujours dans les clips.
HISTORY OF TIME ne cherche pas à plaire aux algorithmes. DefSeed est une offrande à ceux qui écoutent avec le cœur ouvert, qui cherchent dans le hip-hop non pas une pose, mais une vérité. Le genre de chanson qui s’écoute seul, tard, quand tout dort, et qu’on se demande encore ce que ça veut dire, “réussir”.
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mai 7, 2025Il ne s’agit pas simplement d’un morceau chill pour accompagner un joint : Mango Hazy d’Adewolf est une carte postale en slow motion, écrite depuis un ailleurs multiple. Lagos dans le sang, Vancouver dans la brume, et un goût de mangue et de bitume dans chaque syllabe. Ce n’est pas un hymne à la weed, c’est un manifeste flou, doux et affûté, pour ceux qui rêvent fort tout en gardant l’œil sur les comptes à régler.
Sur fond de jazz minimaliste, d’un boom bap brumeux et d’un soupçon d’afro swing presque imperceptible mais omniprésent, Adewolf lâche ses vers comme on souffle la fumée : lentement, mais avec impact. C’est du spoken word qui groove, une prose de fumeur lucide. Il parle d’ambition, de tension intérieure, de la vie entre deux continents, avec une nonchalance maîtrisée qui évoque autant J. Cole que Burna Boy sous sédatif. Mais sans jamais copier. Adewolf crée son propre climat : Afrohop comme il l’appelle — un mélange de vibrations diurnes et d’introspection nocturne.
Le morceau est aussi une prouesse d’équilibre : contemplatif mais jamais paresseux, spirituel sans mysticisme creux. Il a la couleur des heures qui défilent quand on pense trop, quand on rêve de Lagos depuis une ruelle de Vancouver, avec du Mango Haze en fond d’écran olfactif.
Avec Mango Hazy, Adewolf n’essaie pas d’être à la mode. Il trace une route parallèle, sinueuse, entre souvenirs d’enfance, quête de soi et la simple beauté de ralentir — et dans ce ralentissement, il crée quelque chose de franchement singulier. Une vibe, oui. Mais surtout une vision.
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mai 7, 2025Pas besoin de gimmicks quand on a le souffle d’un morceau comme Rosa Parks. Mulii, le producteur bristolien dont le nom circule de plus en plus dans les circuits sensibles de l’underground UK, revient avec une claque sonore aussi rugueuse que mélancolique. S’il vient tout juste d’être samplé par les maîtres du break moderne Bicep pour leur track Motorola, Mulii n’a pas besoin d’un co-sign pour affirmer ici sa voix singulière : Rosa Parks est un uppercut émotionnel qui surgit des profondeurs.
On est d’emblée happé par cette nappe brumeuse, presque liturgique, qui précède l’arrivée d’un break tranchant, clinique. C’est là que Mulii excelle : dans cette capacité à faire cohabiter la douceur spectrale des textures ambient avec la rudesse syncopée des drums UK garage et jungle. Chaque détail sonore semble hanté, comme si les fantômes de Massive Attack et Burial rôdaient derrière les machines. Mais l’hommage s’arrête là. Mulii n’imite pas, il façonne.
Le titre, évidemment chargé d’un nom lourd de sens historique, n’a rien de revendicatif au sens frontal. Il agit plutôt comme une respiration haletante, une marche ralentie mais tendue, dans un monde qui oppresse par son propre rythme. On y sent la solitude urbaine, la résistance intérieure, cette idée que le silence peut hurler.
Dans un paysage électronique souvent saturé de formules, Rosa Parks s’impose comme une méditation en clair-obscur, douloureuse et élégante. Un track qui ne cherche pas à plaire, mais qui vous suit longtemps après la dernière note.
Une nouvelle preuve, s’il en fallait une, que Mulii n’est pas juste “prometteur”. Il est déjà en train de redessiner les contours du son UK moderne.
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mai 7, 2025On dit souvent que les chansons les plus légères cachent les vérités les plus lourdes. Avec Sweet Treat, Mickey Jas enfile le tablier du funambule et réussit l’exercice périlleux de faire rimer introspection avec auto-dérision, le tout nappé d’un glaçage pop-rap délicieusement addictif. Le morceau, à la croisée des mondes entre alternative hip-hop et bedroom pop, s’ouvre comme une confession à cœur ouvert dans l’allée des sucreries : oui, parfois, on panse ses bleus avec des bonbons, et parfois, ça fait plus mal qu’avant.
Mais ici, pas de pathos étouffant. Mickey Jas détourne la crise en comédie douce-amère. Avec des punchlines aussi croustillantes que les céréales qu’il évoque et un flow qui glisse comme un milkshake sur carrelage, il décrit le besoin viscéral d’un « dopamine hit », cette envie irrépressible de remplir un vide émotionnel avec des douceurs, quitte à se noyer dans le sirop de ses propres excès. Derrière l’humour, pourtant, il y a cette lucidité lucide et tendre, presque naïve, qui transforme Sweet Treat en hymne générationnel pour tous ceux qui mangent leurs angoisses devant Netflix à minuit passé.
La prod, à la fois bouncy et brumeuse, épouse parfaitement cette tension entre euphorie instantanée et arrière-goût amer. On pense à un croisement improbable entre Mac Miller période Faces et Still Woozy sur une journée sans soleil : ça groove, ça touche, et ça reste longtemps dans un coin du cerveau, comme un bon refrain… ou une fringale mal digérée.
Avec ce titre, Mickey Jas ne cherche pas à jouer les gourous du bien-être : il tend un miroir sucré à une époque qui craque sous la pression. Et dans ce miroir, on se reconnaît, sourire en coin et miettes sur le t-shirt.
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mai 7, 2025Pas de refrains mielleux ni de storytelling grandiloquent ici : Another Chicago Girl de Pavy est une capsule brute, sans vernis, de ce que ça signifie d’aimer une ville qui ne vous aime pas toujours en retour. Et quoi de plus parlant, de plus cruel, que de filer cette métaphore à travers le prisme d’une relation amoureuse ? Sur une instru boom-bap nostalgique, organique, presque poussiéreuse, Pavy pose une prose limpide, désabusée mais jamais cynique.
Le morceau n’a pas la prétention de régler les comptes ou de faire pleurer dans les chaumières. Il constate. Il déroule. Il soupire. Le rappeur du South Side de Chicago n’en fait jamais trop, mais tout est juste : le grain de sa voix légèrement fatigué, le flow qui suit les battements d’un cœur pas tout à fait remis, les silences qui en disent long. L’amour qu’il décrit est celui qu’on a pour un endroit qu’on connaît trop bien — avec ses angles morts, ses travers, ses souvenirs qu’on traîne comme des chaînes.
“Another Chicago Girl” n’est pas un banger, c’est une confidence laissée sur le répondeur d’une ville-personnage, où chaque coin de rue réveille un sentiment, un souvenir, une blessure. Pavy rappe avec une pudeur rare dans le paysage actuel, sans jamais sacrifier la musicalité. En moins de trois minutes, il construit une œuvre compacte et touchante, qui rappelle que certains artistes savent toujours faire du rap un espace d’intimité lucide.
Un titre pour ceux qui aiment leur ville comme on aime une ex impossible : avec mélancolie, tendresse, et une pointe d’amertume.
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mai 7, 2025On ne s’attendait pas à ce que What You Need devienne si vite un petit classique en devenir, et pourtant. À peine quelques jours après sa sortie, ce duo entre Jimmie Bishop et le très respecté Mick Jenkins s’est immiscé dans près de mille playlists, porté uniquement par un bouche-à-oreille sincère et une émotion brute. Mais ce succès discret cache un morceau à fleur de peau, qui parle moins d’amour que de ce qu’il coûte : le doute, l’introspection, la peur de ne pas être assez.
Jimmie Bishop ne joue pas les héros — il pose ses failles sur une prod boom-bap au groove feutré, entre jazz discret et rythmiques qui cognent juste ce qu’il faut. Son flow, précis mais vulnérable, serpente entre espoir et crainte. Il y a ce moment suspendu où l’on ne sait plus si l’autre nous aime pour ce qu’on est ou pour ce qu’on prétend être. C’est là que Mick Jenkins entre, avec son calme habituel et son art du mot juste, comme un miroir lucide qui ne ment jamais. Leur alchimie est évidente, comme si les deux artistes écrivaient depuis le même endroit — quelque part entre Chicago et un cœur qui cogne trop fort.
Plus qu’une simple collaboration, ce morceau est un passage de témoin, un symbole. Jimmie Bishop, fan devenu pair, ne cherche pas à impressionner mais à comprendre. Et dans cette quête, What You Need touche juste — comme une lettre qu’on n’ose pas envoyer, mais qu’on garde près du cœur.
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mai 7, 2025Certains morceaux ont le goût des souvenirs qu’on n’a jamais vécus, mais qu’on jurerait avoir rêvés. “She Gimme That” d’Allen Green en fait partie. Pour sa première collaboration vocale, le producteur signe un virage net, presque cinématographique : imaginez Barry White croisé avec The Alchemist dans un parking abandonné de Chicago, pendant que Ramaj Eroc recrée l’énergie d’un freestyle 98 sur une MPC poussiéreuse. Le tout, encapsulé dans un filtre analogique granuleux comme un Polaroid oublié.
Sorti chez Sungate Records, ce morceau marque une nouvelle ère pour Allen Green. Connu jusque-là pour ses instrumentaux introspectifs, lo-fi et texturés, il change ici de braquet avec un banger soulful et brut, traversé par une basse qui claque comme une portière de Cadillac et des breaks qui sentent le cuir vieilli. Le beat est moite, chaud, presque collant — une ambiance à la fois lascive et nerveuse, entre slow jam et cypher nocturne.
Ramaj Eroc, en featuring, ne fait pas de la figuration : son flow incisif tranche dans le velours du sample, rappelant l’âge d’or du rap sans jamais sombrer dans la nostalgie gratuite. Il y a une alchimie rare ici, un équilibre entre l’ancien et le moderne, le brut et le sensuel, le boom bap et la trap filtrée. She Gimme That n’est pas seulement un morceau, c’est un manifeste : Allen Green est prêt à parler, et ça commence ici.
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mai 7, 2025Pas besoin de refrains sucrés ou de beats flamboyants pour faire trembler les murs intérieurs. Avec « So Many Bodies », Glane livre un morceau brut, tendu, presque nu, qui fait l’effet d’une lame froide sur une peau déjà marquée. Ce n’est pas un morceau qui enjolive — c’est un morceau qui expose. Entre trap minimaliste et boom bap rêche, les deux pieds dans le bitume, Glane pose ses mots comme on balance une vérité qu’on ne veut plus taire.
Le titre évoque ces corps accumulés — réels ou symboliques — ceux qu’on croise, qu’on perd, ceux qu’on laisse derrière ou qu’on porte malgré soi. « So Many Bodies », c’est l’addition invisible des absents, des pertes, des non-dits, des cicatrices que l’on cache sous un hoodie ou un flow sec. Le beat, rugueux et granuleux, canalise les sonorités boom bap classiques mais injecte une nervosité contemporaine, presque clinique. Les basses grondent comme une colère contenue, pendant que Glane crache ses couplets avec une précision chirurgicale.
C’est une descente lucide, sans pathos, sans filtre. Un miroir tendu aux quartiers, aux délaissés, aux silencieux. Dans ce titre, il n’y a pas d’excuse, pas de faux-semblants, juste une parole en équilibre sur le fil du réel. Glane ne cherche pas à plaire — il cherche à dire. Et parfois, ça suffit à faire frissonner une génération.
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mai 7, 2025On ne l’attendait pas là, et pourtant ça tape juste. « W.W.S. » de THC Pat, c’est le genre de morceau qu’on lance par curiosité et qu’on relance parce qu’on y reconnaît une émotion familière, comme un reflet trouble dans la vitre d’un train en marche. Derrière l’acronyme mystérieux se cache un titre hybride, à mi-chemin entre trap mélancolique et emo-hop sous perfusion de souvenirs douloureux.
Sur une prod flottante, presque cotonneuse, THC Pat déballe sans posture les nœuds invisibles qu’on traîne sans les dire : trauma, solitude, mais aussi l’envie féroce de se lever chaque jour, de transformer les chutes en propulsion. Il rappe avec cette voix fatiguée mais droite, comme quelqu’un qui a beaucoup pleuré et qui recommence à parler. Pas pour briller, juste pour rester debout. Il ne vend pas de solution miracle, il tend la main, en rythme.
Originaire de Key West, il a le soleil dans le décor mais les ombres en fond de texte. « W.W.S. » confirme que THC Pat a compris quelque chose que beaucoup ratent : que la douleur, quand elle est bien digérée, peut devenir un carburant doux-amer, un moteur pour ceux qui n’ont pas les bons mots, mais qui ont des rêves bien réels.
Ce n’est pas une banger. Ce n’est pas une ballade. C’est une capsule de vérité, une pause dans le vacarme, un son à écouter casque vissé, yeux fermés, quand on se demande si on continue encore un peu. Oui. On continue.
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mai 7, 2025Pas besoin d’un ciel d’été pour ressentir la chaleur de Butterfly. Le nouveau morceau de Dan Whitlam, porté par le souffle chaud du sax de Quinn Oulton, atterrit comme une caresse dans le vacarme du quotidien. Ce n’est pas une chanson qui cherche l’effet, c’est un murmure qui s’impose, une dérive douce entre jazz-hop et spoken word — l’équivalent musical d’une fenêtre entrouverte sur la nuit, le thé encore fumant et les pensées qui dansent.
Dan Whitlam continue de creuser un sillon singulier dans le paysage de la chill-hop britannique : celui d’un rappeur-poète qui préfère le velours à la fureur. Son phrasé, nonchalant mais ciselé, flotte au-dessus d’une production minimaliste où chaque note est choisie, pas empilée. Butterfly est tout en retenue, en textures feutrées, en groove discret. Il y a dans son flow quelque chose d’élégantement désabusé, à mi-chemin entre l’introspection lucide et la tendresse désarmante.
Quinn Oulton, en invité de luxe, ne joue pas du sax, il parle à l’oreille. Ses interventions semblent improvisées au creux d’un canapé, entre deux confidences. Le duo fonctionne à merveille : là où Whitlam raconte, Oulton prolonge. Ensemble, ils dessinent une parenthèse — pas hors du temps, mais juste à côté, là où on respire enfin.
Butterfly n’a rien de spectaculaire, et c’est précisément ce qui le rend précieux. C’est un track qui ne cherche pas à briller plus fort que les autres, mais à durer un peu plus longtemps dans la mémoire. Une musique qui, comme son titre, frôle plus qu’elle ne percute — mais ne laisse personne indifférent. À écouter au casque, tard le soir, quand les mots pèsent plus lourd et que le silence devient complice.
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mai 7, 2025Qui a dit que les tubes ne pouvaient pas renaître ? Avec cette version live de Tesco, NSG et The Compozers ne se contentent pas de revisiter un hit : ils le transfigurent. Ce qui était déjà un uppercut dans The Big 6 devient ici une démonstration de puissance scénique, de musicalité brute et de groove contagieux. Portée par la maestria instrumentale de The Compozers — dont le sens de l’arrangement live flirte avec la transcendance —, la track prend une tout autre dimension, organique, spontanée, presque mystique.
Sous la direction visuelle de BIGGZ, le clip navigue entre énergie cinétique et élégance brute. Lumières stroboscopiques, mouvements de caméra effervescents et plans rapprochés sur les musiciens et les membres du crew rendent hommage à l’alchimie unique entre ces deux entités. NSG, toujours aussi charismatiques, fluides dans leurs flows, déploient ici toute l’étendue de leur ADN musical : une hybridation brillante entre rap UK, bashment, afrobeats et insouciance solaire.
Ce live, c’est aussi la synthèse de deux trajectoires singulières. NSG, les insaisissables enfants d’Hackney, mi-Ghanéens, mi-Nigérians, qui n’ont jamais cessé de gravir les échelons sans trahir leur son. Et The Compozers, véritables architectes du live afro, capables de faire groover une cathédrale. Ensemble, ils prouvent que l’Afroswing n’est pas qu’un phénomène de studio : c’est une culture vivante, une performance, un acte de communion.
Plus qu’un simple remake, cette version de Tesco est une déclaration d’intention. NSG ne se repose pas sur ses lauriers — ils s’élèvent, collaborent, innovent. Et à travers cette performance, ils envoient un message limpide : la scène afro-britannique est plus vibrante, ambitieuse et vivante que jamais.
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mai 7, 2025Impossible de se contenter d’une écoute distraite quand “Communication” défile. Ce n’est pas juste un morceau : c’est une onde étrange, une confession sous autotune, un patchwork mental où l’amour se mêle à l’incommunicabilité. Melo Griffith, artiste alt-rap qui pousse les frontières du trap vers des zones plus vaporeuses, livre ici un titre qui évoque moins un banger classique qu’un rêve lucide perdu dans le feed d’un téléphone à 3h du matin.
Porté par une esthétique DIY léchée, entre production minimaliste, nappes cotonneuses et rnb désaturé, le morceau prend des allures de journal intime numérique. Ce qui frappe, c’est l’honnêteté brute de sa voix, cette façon de poser les mots comme s’il les pensait à mesure qu’il les chante. Le timbre est feutré, presque éraillé parfois, comme s’il parlait plus à lui-même qu’à nous — et c’est exactement ce qui capte l’oreille. Ce morceau ne cherche pas l’approbation, il cherche la connexion. Mais dans un monde saturé de messages qui ne s’entendent plus, le dialogue devient l’obsession, d’où ce “Communication” aux allures de cri muet.
Melo Griffith n’est pas dans la démonstration. Il creuse son sillon entre le rap introspectif et les vibrations mélodiques de l’emo trap, à mi-chemin entre les fantasmes de l’amour moderne et le désenchantement qui les suit. C’est ce mélange d’ambiguïté émotionnelle et de sincérité brute qui donne à “Communication” toute sa force : un titre qui parle à ceux qui n’arrivent plus à le faire.
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mai 5, 2025Il fallait oser : croiser le souffle mystique du rap d’East London avec les paillettes d’un Bollywood hanté, faire danser la drill sur les cendres d’un classique hindoustani. Horizyn, lui, n’a pas hésité. The Wizard est une bombe à facettes, un mirage urbain qui se reflète dans les flaques de désirs inavoués.
Le morceau s’ouvre sur une réminiscence irrésistible de Baazigar, que les amateurs de cinéma indien reconnaîtront instantanément. Mais ici, le sample devient sorcellerie : transfiguré par des kicks martiaux et des hi-hats nerveux, il glisse sur une nappe vénéneuse. Une tension se tisse entre ce décor cinématographique et la rugosité de la drill — deux univers que tout oppose mais qu’Horizyn marie avec une facilité déconcertante.
Dans ce théâtre d’ombres, le rappeur dépeint une relation trouble, ce genre d’amitié qui flirte avec l’ambiguïté jusqu’à en perdre son nom. Elle l’appelle “le magicien”, et lui sait qu’il joue avec un feu qu’il refuse d’éteindre. Horizyn n’idéalise rien, il observe, il doute, il manipule, tout en semblant piégé dans son propre tour de passe-passe. Entre lucidité crue et désir latent, The Wizard ne tranche pas : il laisse planer le sort.
Le plus fascinant, c’est cette manière qu’a Horizyn d’embrasser la complexité humaine dans un format ultra contemporain. Son flow est chirurgical, sa diction pleine de relâche, comme s’il chantait dans un rêve éveillé. C’est à la fois brutal et élégant, instinctif mais construit — un paradoxe incarné.
Avec The Wizard, Horizyn dépasse l’exercice de style. Il affirme une esthétique hybride, résolument métissée, à l’image de cette génération qui n’a plus peur de convoquer dans une même phrase Kanye West, Nas et Shah Rukh Khan. Un futur classique underground ? Probablement. Une invitation au vertige, ça, c’est certain.
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mai 5, 2025Quand Startzy sort un morceau, il ne se contente pas de poser un 16. Il construit un monde. Et avec Chin Chin, il balance plus qu’un simple banger drill — il nous catapulte dans un univers aussi brut que déjanté, où les beats cognent comme un uppercut et où les références culturelles s’entrelacent comme des punchlines.
Sur une instru drill aussi menaçante qu’un coup d’État, Startzy fait danser ses syllabes à la mitraillette. Ça frappe sec, c’est nerveux, plein d’énergie électrique, mais surtout, c’est drôle — car Chin Chin, c’est aussi le nom d’un snack nigérian croustillant, sucré et addictif. Un choix de titre aussi inattendu que révélateur : on est ici dans l’art du détournement, de l’ironie, du folklore urbain sublimé par le flow. Le rappeur transforme l’ordinaire en emblème.
Mais Startzy ne s’arrête pas là. Chin Chin, c’est aussi le premier épisode de sa série de comics Asbo Chronicles — une plongée dans le quotidien fantasmé d’un anti-héros des quartiers, entre bastons, vannes et galères. Cette extension narrative donne une nouvelle dimension au titre : c’est du storytelling transmédiatique DIY, un pied-de-nez aux formats figés, un acte d’indépendance artistique complet.
Startzy incarne ce que la drill anglaise peut devenir quand elle sort du cliché : un véhicule de style, d’héritage, de narration. Un pont entre Londres et Lagos, entre rage urbaine et auto-dérision. Il est en avance sur son époque, sans forcer. Il joue avec les genres comme avec les références. Chin Chin, c’est plus qu’un son — c’est une signature. Et Startzy la grave en lettres capitales dans le béton sonore de 2025.
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mai 5, 2025Il a le flow d’un gosse qui a grandi trop vite, la voix grave d’un ado qui n’a jamais eu peur de se prendre des murs, et surtout, ce truc insaisissable qu’ont les mecs sincères : Finn Foxell est une faille ouverte. Avec “TOUGH TIMES”, extrait déchirant et lucide de son premier album MAMA’S BOY, le rappeur de Shepherd’s Bush touche du doigt quelque chose de rare : la vulnérabilité mise à nu sans pathos, la peine transformée en élégance.
Ce morceau, c’est une confession qui cogne. Le beat, à la fois discret et viscéral, laisse l’espace à Finn pour faire ce qu’il sait faire de mieux : poser des vérités, des doutes, des flashbacks d’enfant mélangés à des visions d’adulte en devenir. Il y a un truc dans sa voix — cette fatigue mêlée de détermination, cette façon de parler de larmes sans jamais pleurnicher — qui rappelle les plus belles heures de Mike Skinner ou Loyle Carner, mais avec une identité bien à lui, plus rugueuse, plus nocturne.
Dans “TOUGH TIMES”, on entend le poids du passé, celui qu’on trimballe dans les poches de son survêt’, même quand tout semble aller mieux. Il y a cette mélancolie londonienne, urbaine et grisâtre, mais qui trouve des éclats de lumière dans les punchlines lucides, les souvenirs de sa mère, ou les moments suspendus où il parle à son « inner child ». Une manière d’affronter les fantômes sans les exorciser, juste en les nommant, calmement.
C’est peut-être ça, la force de Finn Foxell : transformer les plaies en panoramas. Avec MAMA’S BOY, il livre un album dense, intime, sincère — et “TOUGH TIMES” en est le cœur battant, celui qui résonne même quand la musique s’arrête. Le genre de morceau qui ne cherche pas à consoler, mais à accompagner. Pas besoin de mentir pour guérir, semble-t-il nous dire. Juste raconter.
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mai 5, 2025Quand Ice Meez balance un track, ce n’est jamais pour faire joli. C’est pour rappeler que la rue parle toujours, même à l’ère des algorithmes propres et des punchlines aseptisées. Avec On Me, en featuring avec le très sous-coté Chippass, il envoie une gifle sonore typique du Nord californien : une prod qui claque comme un coffre qui se referme, un beat bounce qui sent l’asphalte chauffé au soleil d’Oakland, et des lyrics acérés comme des tessons de bouteille dans un parking de liquor store.
Ici, pas de storytelling enroulé dans la soie : Meez et Chippass dégainent à vif, avec cette attitude de vétérans qui n’ont plus rien à prouver, mais tout à protéger. C’est leur quartier, leur code, leur tempo. La voix de Meez roule sur la prod avec un aplomb calme, presque menaçant, pendant que Chippass injecte son grain plus heurté, plus instinctif — une alchimie qui fonctionne à merveille, rappelant les grandes heures du duo The Jacka / Husalah.
Le morceau ne cherche pas l’esthétique, il impose sa logique : celle d’un rap West Coast 2025 qui garde les pieds dans la boue tout en visant le ciel. Le clip (s’il sort) sera sans doute tourné entre Fairfield et Oakland, à coups de lowriders, sweats noirs, et regards droits dans la caméra.
On Me n’est pas un tube, c’est un bloc de béton chaud lancé à toute vitesse sur le paysage rap américain. Et tant mieux. Ice Meez continue d’honorer le vrai son de la Bay : rugueux, sincère, et sans concession.
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mai 5, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme des slogans, d’autres qui s’écoulent comme une confession étouffée à deux doigts du gouffre. I Don’t Wanna Know, nouveau single de KareemE, appartient aux deux. Mi-exorcisme mi-déclaration, c’est un titre qui déambule à la frontière entre la tendresse vocale et la colère rentrée, un souffle où l’intime n’a plus peur de rimer avec le politique.
Né dans l’Alabama, élevé à l’ombre des rideaux d’opéra et débarqué dans le chaos lumineux de New York, KareemE n’est pas un rappeur qu’on classe. Il est ce qu’on appelle un outlier, un électron libre qui convoque tour à tour les échos du théâtre musical, les harmonies d’une formation classique, et l’urgence crue du spoken word queer, sans jamais céder à la caricature. Sur I Don’t Wanna Know, il ne fait pas que poser sa voix : il l’habite, il l’étire, il la fissure jusqu’à ce qu’elle devienne cri ou caresse, selon le moment.
Les productions sont minimales, mais savamment ouvragées. Des beats feutrés, des textures brumeuses, des silences pleins comme des battements retenus. Tout est fait pour que le verbe résonne. Et les mots, ici, racontent ce qu’on tait trop souvent : la fatigue d’exister dans un monde qui exige des explications, la violence des origines, les contours d’une masculinité en chantier.
KareemE, c’est un peu comme si Frank Ocean avait lu Baldwin avant de monter sur scène avec Kendrick. Une musique sans genre qui n’a pas peur de pleurer, de cogner ou de tendre la main — parfois dans le même souffle. I Don’t Wanna Know n’est pas juste un morceau, c’est une faille. Une faille qu’il faut écouter à fond les écouteurs, yeux fermés, prêt à vaciller.
Et si c’était ça, la vraie modernité du hip-hop ? Oser s’exposer. Oser être plusieurs. Oser ne pas vouloir savoir… mais tout dire.
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mai 5, 2025Ce n’est pas un single, c’est un plan de rue tatoué dans la poussière. « What It Is », premier extrait de Iron Angeles, l’album commun entre le MC angelino Dios Negasi et le producteur pittsburghien Tone Fultz, est une gifle à l’ancienne, sans vernis ni compromis. Un titre de guerre sur bande analogique, où les rimes claquent comme des battements de cœur sous tension et où chaque caisse claire ressemble à un coup de bottin dans la mâchoire.
Dès les premières mesures, le beat annonce la couleur : une boucle soul obscurcie, triturée jusqu’à l’os, une ligne de basse rampante, et cette batterie crade, volontairement poussiéreuse, qui te plaque au mur avec la précision d’un vétéran de studio. Tone Fultz livre ici un beat à la fois simple et monolithique, comme s’il avait samplé l’ombre d’un bâtiment abandonné à Pittsburgh et qu’il l’avait fait rebondir sur le béton d’East L.A.
Puis vient Dios Negasi. Mi-prédicateur, mi-sniper, il débite ses vers comme s’il nous dressait l’autopsie d’un monde qui vacille. Rien n’est laissé au hasard : le flow est tendu, contrôlé, brut, toujours sur le fil. Il parle de survie, d’ego, de mémoire collective, et surtout de vérité — celle qu’on évite, celle qui dérange. Et quand Skrillz Dior entre en scène, il ne s’agit plus d’un featuring, mais d’un relais dans une course de fond où personne ne veut finir deuxième. Sa voix, plus éraillée, plus percussive, vient casser le rythme comme un uppercut en plein groove.
« What It Is » n’est pas une nostalgie, c’est un manifeste. Le grime, le cloud rap, la trap et tous les enfants de la modernité peuvent défiler sur TikTok — ici, c’est l’école des anciens, celle qui te regarde droit dans les yeux. Ce morceau aurait pu sortir en 1996 ou en 2040, il aurait eu le même impact : celui d’un rap sans filtre, sans pose, sans algorithme. Juste des hommes, un beat, et le besoin de dire ce qui doit l’être.
Dios Negasi signe là un retour qui ne demande aucune validation, et « What It Is » le prouve : le vrai rap n’a pas disparu, il attendait juste le bon moment pour frapper à nouveau.
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mai 5, 2025Il a le sens du timing, Manga. Le genre de mec à balancer un pavé dans la mare pendant que tout le monde regarde ailleurs. Sans teaser ni tambour, il lâche “140 WORLD PROBLEMS”, un brûlot de trois minutes qui remet les pendules à l’heure grime et fait l’effet d’un uppercut stylé dans un ring en feu.
Produit par le redoutable Freeza Chin, le morceau est un condensé de frustrations modernes, balancées avec l’aisance d’un vétéran qui n’a plus rien à prouver mais tout à dire. Manga passe les sujets au scalpel : les trolls en ligne, les masculinismes toxiques, les egos XXL du game — tout y passe. Avec cette écriture chirurgicale, précise, presque journalistique, il découpe l’époque en 140 problèmes et autant de raisons de garder le grime vivant. La prod, nerveuse et électronique, évoque autant les grandes heures de Roll Deep que l’urgence contemporaine des MCs d’aujourd’hui.
Ce n’est pas un retour, car Manga ne s’en est jamais allé. Depuis Everything Is Under Control, son album phare de 2023, il n’a cessé de multiplier les coups d’éclat : une version deluxe multi-genre, un retour remarqué de Roll Deep, des sets DIY en mode puriste sur YouTube, et des incursions dans la culture DJ pour mieux irriguer la scène d’en bas. Il est partout, mais jamais là où on l’attend.
“140 WORLD PROBLEMS” est une déclaration d’amour à une culture qu’il incarne depuis vingt ans, un rappel que le grime, quand il est entre de bonnes mains, reste l’un des meilleurs vecteurs de vérité. Manga rappe comme il respire : avec une lucidité féroce et un feu sacré qui ne faiblit jamais.
Tu veux savoir où en est le grime en 2025 ? Écoute Manga.
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mai 5, 2025Il n’a que seize ans, mais dans ses prods et ses textes, on sent déjà le poids d’une ville, d’une époque, d’un cœur qui tape trop fort sous un hoodie trop large. KidDave, alias David Kelly Chomba, balance avec “So What?” une nouvelle pièce de son puzzle existentiel, un cri doux-amer lancé depuis l’ouest de Melbourne, ce coin où les rêves sont grands mais les murs, encore plus hauts.
“So What?” n’est pas une déclaration d’indifférence. C’est un leurre. Une défense. Un soupir camouflé en punchline. Les nappes aériennes nappées de reverb flottent au-dessus d’un beat aussi fragile que déterminé, oscillant entre le cloud hop lo-fi et les rythmes plus tendus d’un emo rap à la XXXTentacion. Le flow de KidDave est élastique : il saute, s’attarde, murmure parfois à l’oreille comme s’il nous écrivait dans le noir d’une chambre d’ado, là où naissent les plus vraies des confessions.
On pense à Juice WRLD, à The Kid LAROI — mais sans l’attitude mégalo. KidDave n’a pas besoin d’en faire trop pour qu’on le prenne au sérieux. C’est dans les détails qu’il frappe fort : un silence avant une note, une montée mélodique inattendue, une phrase lancée à mi-voix mais qui vous reste. Il ne crie pas sa douleur, il l’invite à dîner.
“So What?” vient s’ajouter à une trilogie d’ouverture — après “Talk It Out” et “Common Sense” — qui dessine un jeune artiste déjà maître de son esthétique. C’est brut, c’est instinctif, mais surtout : c’est vrai. KidDave ne veut pas prouver, il veut exprimer. Et dans un paysage saturé de postures, ça fait toute la différence.
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mai 5, 2025Il n’a pas la gueule de bois, Gadoora, il a la mémoire d’un exilé. Sur Ab Jeega, titre abrasif et organique extrait de son troisième album Safari, le rappeur et producteur soudanais brasse les vents contraires : l’appel des origines, la douleur du départ, et la rage de construire un avenir sans trahir le passé. Le tout sur un beat drill tranchant comme une machette, produit par Boibeatz, avec en toile de fond une rythmique « sira » ancestrale — ce rythme nubien entêtant, comme une cavalcade dans les ruelles de Khartoum ou un chant de guerre chuchoté sous la lune.
Ab Jeega n’est pas qu’un morceau : c’est une déclaration d’identité. Le titre lui-même — nom d’homme, surnom ou totem — sonne comme une incantation. Ici, le flow de Gadoora ne cherche pas l’agilité mais l’impact, le choc. Il dit la survie, les rêves qui cognent contre les murs, la fierté intacte malgré l’arrachement. Loin du folklore de façade, Gadoora tisse un lien vivant entre la tradition orale soudanaise et la trap mondiale, comme si les tambours du Nil rencontraient les sirènes d’un Londres nocturne.
Le résultat est brut, vibrant, et surtout, intransigeant. À mille lieues d’une drill opportuniste ou formatée, Gadoora fait entendre une autre voix du rap africain, hybride mais enracinée, furieuse et tendre à la fois. Une voix qui n’imite pas, mais qui invoque.
Avec Ab Jeega, Gadoora signe un manifeste autant qu’un morceau : il ne s’agit pas simplement de rapper, mais de traduire une géographie intime, entre départs forcés et retours imaginaires. Et si le monde ne comprend pas le dialecte, le beat, lui, parle universel.
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mai 5, 2025Un beat qui claque comme une porte qu’on aurait trop longtemps tenue ouverte. Un flow qui ne laisse aucun espace à l’hésitation. Et une alchimie qui ne fait que s’affiner à chaque collaboration. Avec Called Man Back, Christopha et NEVUSSIDE refont équipe pour livrer un banger Grime incandescent, rugueux et précis comme un uppercut bien placé.
Neuvième titre du marathon 26 Miles and Running Part 2, où le MC de North/East London balance un morceau toutes les deux semaines pendant un an, cette track marque le retour assumé aux racines Grime de Christopha — là où le bitume parle, où la punchline découpe et où l’urgence est reine.
Sur une prod aussi menaçante que dansante, entre coups de basse lourds et syncopes rythmées, Christopha revient à ce qui l’a forgé : un micro tenu fermement, des syllabes jetées avec conviction, un appel lancé sans attendre de réponse. Mais ne vous méprenez pas, ce Called Man Back n’est pas un simple exercice de style. C’est une déclaration d’intention. Un « je suis toujours là » jeté à la face de ceux qui l’avaient oublié. Et une piqûre de rappel pour les autres : l’endurance est une arme.
Lui qui a quitté un poste en entreprise pour mieux se retrouver, puis est revenu au salariat pour ne pas couler — Christopha incarne le rêve qui doute mais avance. Et c’est ce vécu, ce quotidien jamais lisse, qui transparaît dans sa voix : elle porte la fatigue, la foi, l’envie de mordre et de transmettre. Soutenu par BBC Introducing et salué par 1xtra, il ne cherche pas les projecteurs — ils finissent par se braquer sur lui.
Avec Called Man Back, Christopha ne répond pas à l’appel du Grime. Il l’incarne. Une voix lucide et affûtée dans un paysage musical qui, plus que jamais, a besoin de fond autant que de forme. On est au neuvième kilomètre. Le souffle est encore bon. Le meilleur reste à venir.
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mai 2, 2025Dans le clair-obscur d’un studio londonien, lights off s’éclaire comme une confession tardive, celle qu’on s’autorise une fois les autres partis. Sur une production feutrée de Prod.Guus — minimaliste, moelleuse, presque éthérée — mase J ne parle pas de vengeance, mais de ce qui vient après : le lâcher-prise, le pardon, cette maturité qui coûte cher mais libère.
lights off n’est pas un cri, c’est un soupir. Une basse qui glisse sans insister, un beat sans effets de manche, et une voix qui ne cherche pas la démonstration mais l’aveu : « I didn’t even deep what I was writing until after me & rawda were finished. » Comme si le morceau s’était écrit tout seul, en douce, pendant que la rancune s’endormait.
Si l’ombre de Mac Miller plane sur la sensibilité lo-fi du titre, c’est surtout la quête intérieure de Kendrick ou l’inconfort créatif de JPEGMAFIA qu’on sent dans les replis de la narration. mase J ne cherche pas à être cool — il l’est justement parce qu’il ne le prétend jamais. Son rap chuchote plus qu’il ne déclame. Il s’adresse à l’oreille, pas au monde.
Formé entre Croydon et Derby, élevé au contact du chaos intérieur, il appelle son esthétique indie trip-hop, mais c’est surtout une sorte de soul mentale, intime, où la masculinité vacille, vacante, vulnérable. lights off est un titre discret, mais pas mineur. Il fonctionne comme une chambre d’écho : plus tu l’écoutes, plus il parle de toi.
Si le pardon est une victoire sur soi, alors mase J vient d’en écrire la bande-son. Une prière la lumière éteinte, un toast à ceux qui ne s’excuseront jamais. Et un pas de plus vers une vision musicale toujours plus personnelle, toujours plus floue, donc terriblement humaine.
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mai 1, 2025On l’a trop souvent rangé dans les marges. Trop âgé, trop productif, trop singulier. Pourtant, Filest n’a jamais demandé l’autorisation. Trois ans, huit projets, une explosion de textes qui cognent juste et fort. Avec Colombes, son 8e opus, le rappeur parisien atteint une forme de maturité rare dans le paysage rap francophone : celle d’un artisan du verbe qui façonne chaque rime comme une photographie de l’âme.
Là où Arlequin posait les bases d’une esthétique fragmentée, presque kaléidoscopique, Colombes resserre le propos. Filest devient limpide sans être lisse, direct sans sacrifier sa poésie rugueuse. Il y a dans ce disque une tension maîtrisée, comme si chaque mesure était taillée à la serpe pour ne garder que l’essentiel. Et cet essentiel, c’est la rue, la solitude, la lucidité, et l’amour, aussi – celui qui survit à la désillusion.
Les prods, confiées à DJ Elite, Platinumwav, Johnny OLA et Sobek, déroulent une bande-son cinématographique : parfois brumeuse, parfois tranchante, souvent hypnotique. C’est du rap d’auteur. De celui qui t’emmène à Colombes comme on te ferait visiter un film en noir et blanc, entre ruelles humides et flashes de lumière crue.
Filest n’a pas besoin de refrain accrocheur pour convaincre. Sa voix claque comme une gifle douce, et sa plume, longtemps discrète, prend ici toute la place qu’elle mérite. On sent chez lui une urgence rare, une volonté de dire, pas pour impressionner, mais pour témoigner.
Avec Colombes, Filest ne rappe pas pour percer, il rappe pour rester. Pour inscrire ses doutes, ses visions, ses souvenirs sur le bitume sonore de 2025. Et dans ce geste-là, il y a quelque chose de profondément beau. Brut. Inaltérable.
Tu veux du rap vrai, sans filtre ni posture ? Colombes t’attend. Et il ne te lâchera pas.
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avril 26, 2025Dans un Queens qui ressemble toujours un peu à un ring à ciel ouvert, Elevated Focusion ressuscite l’ancienne magie. Celle des débuts balbutiants, des premiers essais sales mais vrais, quand on faisait de la musique parce qu’on n’avait pas d’autre choix. Avec « Life Frames », en featuring avec Eimas et Ibrahim Charaf, il livre un concentré de ce que le hip hop et le rock avaient de plus dangereux quand ils ont décidé de coucher ensemble dans les années 90.
« Life Frames » ne ment pas. La prod est sèche, minimale, presque crue. Le flow d’Eimas s’accroche aux riffs métalliques comme un boxeur en fin de combat s’accroche aux cordes du ring. Chaque mesure pue la rage tranquille de ceux qui ne se battent plus pour briller, mais juste pour continuer d’exister.
Pas de vernis. Pas de storytelling lyophilisé. Juste trois types qui balancent leur rage sur une prod qui grince, cogne et respire encore. Le beat est une armature métallique, la guitare râpe comme une gorge sèche au bout d’une nuit sans sommeil, et les voix, celles d’Eimas et d’Ibrahim Charaf, s’acharnent sur chaque mesure comme si leur vie en dépendait.
La beauté du morceau, c’est son imperfection. Un enregistrement bricolé dans un appartement du Queens, une voix pas toujours sage, une énergie qui déborde à travers des beats malpolis. Mélangé par Chris Conway – légende vivante de l’âge d’or du hip-hop de la côte Est – le morceau garde cette patine rugueuse qui manque tant à la musique contemporaine. Pas de filtres, pas de chirurgie esthétique sonore.
On sent dans « Life Frames » quelque chose de l’ordre de la nécessité pure. Pas de carrière à bâtir, pas d’algorithmes à satisfaire. Juste l’envie irrépressible de foutre un peu de vérité dans le vacarme ambiant. La rencontre entre Elevated Focusion, Eimas et Ibrahim Charaf, c’est celle de trois visions du combat quotidien : passion, struggle, survie. Le tout encapsulé dans un morceau de trois minutes qui sonne comme un uppercut sans gants.
« Life Frames » sonne comme une lettre adressée à personne en particulier, mais que n’importe qui, un peu paumé et un peu vivant, pourra comprendre. C’est un de ces morceaux que l’on ne programme pas sur une playlist pour « booster son mood » : on l’écoute comme on serre les dents, comme on traverse une rue vide en pleine tempête.
Un geste brut. Un instant suspendu. Un petit miracle à l’ancienne, loin des projecteurs.
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avril 24, 2025Dans le silence cosmique du désert de Windhoek, une voix s’élève. Elle ne crie pas. Elle trace. Comme un mirage qui parle en vers. Avec ENCHANTMENT, Proklaim signe un trip auditif et spirituel, un morceau qui ne suit aucune carte mais qui connaît sa destination intérieure.
Sorti le 25 mars 2025, ce single est une pierre de plus dans l’édifice singulier que bâtit Proklaim depuis ses premiers textes : un rap ancré dans l’instant, mais habité par l’ailleurs. Le beat, hypnotique et vaporeux, devient un tapis volant pour ses mots – des mots qui ne cherchent pas le buzz, mais l’alignement. La production, assurée par Wojtek Majewski, offre une clarté presque mystique à ce titre à la frontière du rêve et du manifeste.
Proklaim freestyle le pont et le refrain comme on capte un message venu d’en haut. Puis il cisèle les couplets avec soin, mêlant expressivité brute et précision littéraire. Tout est spontané, tout est pensé. Le résultat, enregistré à PEN PUSHAZ STUDIOS et mixé chez Audioart Namibia, est une déclaration d’indépendance artistique, un son qui refuse les formats, mais embrasse pleinement la forme vivante de la musique.
ENCHANTMENT, ce n’est pas une simple chanson, c’est un état. Une invitation à reconnaître le divin en mouvement en nous. Une prière urbaine, hallucinée et lucide, dans laquelle la vibration devient discipline, et le flow, une forme de sagesse.
Proklaim ne suit pas les tendances. Il trace une voie parallèle. Et à ceux qui écoutent vraiment, il chuchote : « Do you. »
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avril 22, 2025Entre les fumées épaisses du bitume et les éclats sonores d’un studio insomniaque, Skiiwlkr trace son sillon. Avec Blaze It Up, en collaboration avec Hippy X, il livre un morceau incandescent, à la croisée des mondes – entre méditation urbaine et élévation mentale.
Originaire du Nord de Londres, élevé dans un sanctuaire musical où les genres se mélangeaient sans frontières, Skiiwlkr a appris très tôt que la musique n’est pas une ligne droite. Elle est spirale, intuition, vibration. Son esprit travaille en silence, mais ses sons, eux, parlent fort.
“Blaze It Up”, c’est un mantra à rallumer quand la flamme vacille. Un beat vaporeux, presque hallucinatoire, enveloppé de basses souterraines et de rimes qui claquent comme des vérités murmurées à soi-même. La voix de Hippy X y serpente avec nonchalance, ajoutant une dimension éthérée au morceau – un flow planant, presque spectral, qui contraste avec l’ancrage brut du beat.
Ce n’est pas un morceau qui cherche à impressionner. C’est un track qui crée un espace, un entre-deux où la rue devient rêve, et où le feu qu’on “blaze” devient lumière intérieure.
Skiiwlkr ne suit pas les règles. Il les réinvente en permanence. Tantôt producteur, tantôt rappeur, il navigue en électron libre dans un paysage sonore en constante mutation. Marche avec lui, disaient-ils. Tu ne sais jamais ce qu’il te montrera, mais tu sais que ce sera réel.
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avril 22, 2025Pas besoin de cieux ouverts ou d’orgues célestes pour parler du divin — parfois, une rythmique sobre et quelques mots justes suffisent. Avec Heaven, Avad transforme le hip-hop en un espace sacré, un lieu de confession où spiritualité, mémoire et identité s’enlacent dans un même souffle. Ce n’est pas un titre comme les autres, c’est un chemin. Une ascension.
Loin des clichés de la « rap life », Avad avance tête haute, porté par un récit personnel qui brise les frontières habituelles du rap américain. D’origine afro-américaine et juive, élevé à Little Rock, Arkansas, il fusionne deux héritages souvent opposés dans l’imaginaire collectif, et en fait une force d’écriture inédite. Heaven est à la fois introspection et élévation — un dialogue intérieur avec Dieu autant qu’un rappel des luttes bien terrestres. Sa voix, grave mais apaisée, glisse sur une production minimaliste, entre piano contemplatif et beat feutré, comme un murmure adressé à l’éternel.
Là où d’autres frappent fort, Avad choisit la nuance. Pas de surenchère, pas d’effet de manche. Juste des mots sincères, pour dire la foi, les doutes, les cicatrices invisibles et cette quête obstinée d’un ailleurs — au sens spirituel comme poétique. On pense à Common ou à Mos Def, pour ce sens du verbe ancré dans la réalité et tendu vers l’élévation. Mais Avad ne copie personne. Il s’inscrit déjà dans une tradition à part, celle des conteurs de lumière.
Heaven n’est pas un tube, c’est une offrande. Une chanson à écouter seul, casque vissé sur les oreilles, au moment où le monde ralentit. Là où le silence devient enfin fertile.
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avril 22, 2025Pas le temps. Pas le luxe de ralentir. Dans un monde qui file à toute allure, WhyDee balance Pronto comme un éclair dans la nuit — un manifeste nerveux, millimétré et viscéralement dans l’instant. À seulement 18 ans, le rappeur-producteur-visionnaire du nord-ouest de Londres continue de déjouer les pronostics. Et ce second single n’est pas une suite, c’est une déclaration.
Construit sur une prod soyeuse mais claquante signée ProdbyWillzz, Pronto déploie un jazz samplé en boucle qui serpente sous un beat brut et urgent. Un contraste assumé, presque symbolique : la douceur du fond contre la brutalité de la forme. Dans ce flux tendu, WhyDee vient injecter un flow félin, nerveux, techniquement redoutable. Sa voix traverse le morceau comme une pensée lancée à pleine vitesse – sans pause, sans frein, mais toujours lucide.
Là où d’autres crient leur rage, WhyDee préfère canaliser. Il ne s’agit pas d’un “banger” de plus mais d’un condensé d’époque : Pronto parle de cette génération née avec la dalle, la montre vissée au poignet et le futur sur les épaules. On y entend l’écho des bails à conclure, des DM non lus, des rêves en streaming permanent. Et pourtant, pas une once de cynisme. Le morceau transpire la volonté, l’énergie, la course vers un but qui reste flou mais viscéralement nécessaire.
Après Jack in the Box, qui lui a valu des millions d’écoutes et une reconnaissance organique (de TikTok à la BBC), WhyDee prouve ici qu’il n’est pas qu’un phénomène viral. Il est un artiste total, qui transforme la vitesse du monde en groove, le stress en punchlines, et l’envie en art.
Pronto est une promesse. Celle d’un gamin qui a déjà tout compris, et qui, plutôt que de ralentir, accélère encore.
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avril 22, 2025Pas de cloche, pas de sirène. Juste un piano poussiéreux, comme échappé d’un speakeasy hanté, qui traîne sa réverb dans une pièce à moitié éclairée. Et puis ce kick, énorme, frontal, presque indécent. Sypooda (le beatmaker de l’ombre qu’on a déjà croisé chez Ab-Soul ou Grafh) prépare le terrain, et B.A. Badd entre dans le cercle. Pas en trombe, non : avec le calme pesant de ceux qui ont tout vu, tout perdu, tout repris. « 100 », c’est le nom du morceau — et c’est surtout une déclaration d’intention.
À Buffalo, dans le Nord de l’État de New York, le boom bap n’est pas un costume vintage : c’est un manteau en cuir troué par les années, qu’on porte encore pour tenir l’hiver. B.A. Badd y incarne cette génération d’après Griselda, celle qui a grandi dans l’ombre des OG, mais qui refuse de singer leur recette. Son flow est râpeux, direct, presque sans fioriture, mais pas sans style. Chaque mot porte le poids d’un vécu ; on sent que tout ici est vérifié, vécu, et surtout pesé avant d’être lâché.
Avec ce premier extrait de Painted In Hunger, son prochain projet en intégralité produit par Sypooda, B.A. Badd pose les bases d’un album introspectif, épuré, qui puise autant dans la rue que dans les replis d’un père en pleine évolution. Exit le gangsta rap caricatural, ici on parle de loyauté, de trahison, de filiation, de fatigue. Des thèmes classiques ? Oui, mais traités sans posture ni ego trip creux.
« 100 » n’a rien d’un hit TikTok. C’est un morceau qui vieillit bien, dès la première écoute. Un track qui frappe fort, mais qui continue à cogner longtemps après. Comme une bonne discussion entre hommes, tard dans la nuit. À suivre, de très près.
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avril 22, 2025Quand deux artistes partagent un terrain de jeu sonore avec autant de justesse et de complémentarité, le mot “collaboration” devient presque trop faible. « Clocked », nouveau morceau de SV et Alyssa Jane, n’est pas une simple suite à leur premier album commun Neo Phily, mais plutôt une sorte d’épiphanie en marge, un prolongement spontané qui se révèle avec la douceur d’une confidence à demi-chuchotée et la tension maîtrisée d’un regard qu’on soutient trop longtemps.
Pas besoin de gros refrains ni de gimmicks clinquants pour installer une ambiance. SV, producteur au long souffle, artisan de la finesse texturée, sculpte ici un beat souple et enveloppant, entre les codes du boom-bap alternatif et des envolées néo-soul aux reflets laiteux. Le morceau respire. Il s’ouvre comme un carnet intime, feuilleté lentement, au rythme d’un sample discret, d’une batterie organique et d’un groove qui refuse l’excès.
Face à cette matière sonore, Alyssa Jane incarne parfaitement cette frontière trouble entre spoken word et rap chanté. Sa voix se pose sans chercher à convaincre, mais avec une précision rare. Elle raconte, elle évacue, elle observe — et chaque ligne semble écrite pour ne pas tomber dans le vide.
« Clocked » n’essaie pas de refaire le coup du « single fort ». Il construit autre chose : un espace flottant où la musique et le texte avancent ensemble, au pas lent d’une balade nocturne dans un quartier qu’on connaît trop bien. Et c’est peut-être pour ça que ça touche autant.
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avril 22, 2025Pas besoin de flambeur ni d’artifices quand on a quelque chose à dire. Revoh Wattz, rappeur de Worcester MA, ne cherche pas à enjoliver sa réalité : il l’éclaire. Brutalement, sincèrement, et avec ce supplément d’âme qu’on reconnaît chez ceux qui n’ont pas appris la vie dans les livres mais dans les virages serrés du quotidien. Dans « Livin’ (Life Ain’t Free) », produit par Funky Flacco, il délivre trois minutes qui frappent juste, et qui frappent fort.
Derrière le groove boom bap souple, organique, un refrain fluide s’incruste dans l’oreille comme une prière de fin de nuit, ou peut-être comme un cri étouffé lancé dans le vacarme d’un monde qui tourne sans pitié. Wattz parle du coût invisible de la survie, des sacrifices qu’on ne poste pas sur les réseaux et des rêves qui s’effacent faute de carburant. Il ne moralise pas : il observe, raconte, et lâche ses vérités comme des clous sous les pneus d’une existence trop rapide.
Ce morceau, c’est aussi la continuité d’un fil rouge qu’on retrouvait déjà sur « Defcon 0 » — une manière de s’approprier les codes du rap old school sans sombrer dans le passéisme. Il les tord, les charge de sens, les remet au goût du jour avec une voix grave, posée, qui sonne comme celle d’un grand frère lucide plutôt qu’un MC en quête de validation.
« Livin’ » n’a rien de gratuit, justement. C’est un de ces morceaux qui ne cherchent pas à plaire mais à marquer. Une ligne de vie posée sur une boucle. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut pour réveiller les consciences endormies.
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avril 22, 2025Pas besoin d’entrer bruyamment pour marquer un territoire. So, lui, préfère l’incantation à l’explosion, le symbole au slogan. Avec Ouroboros, dernier chapitre visuel de son album Hussard Noir, le rappeur s’efface presque derrière le mythe pour laisser parler les cycles, les métaphores, les images. Le clip, tourné comme un court-métrage aux accents nordiques, nous embarque dans un imaginaire viking dense et sensoriel, où les mots deviennent autant de runes gravées sur la peau du temps.
Mais Ouroboros n’est pas qu’un trip visuel : c’est une réflexion intime et sombre sur l’éternel retour, sur cette sensation d’être pris dans une boucle, à mi-chemin entre sagesse stoïcienne et désespoir silencieux. So livre ici un texte dense, tranchant comme une hache mais porté par une diction posée, presque apaisée. L’instru minimaliste s’étire, laisse de l’air entre les mots, comme pour mieux laisser s’infiltrer les silences. Et dans ces silences, tout résonne : les doutes, les défaites, les renaissances.
Ouroboros, c’est le genre de morceau qui ne te saute pas au visage mais qui te poursuit longtemps après l’avoir écouté. Une pièce de fin d’album pensée comme une porte… qui ne se ferme jamais vraiment. Car dans l’univers de So, rien ne commence, rien ne finit : tout revient. Toujours.
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avril 22, 2025Pas besoin d’un CV trop long quand le nom fait déjà le bruit d’un tonnerre au loin. Fungai. Trois syllabes qui claquent comme une entrée sur scène, bras ouverts, micro en main, regard vissé sur le public. Avec Say My Name, le rappeur zimbabwéen envoie un message simple et frontal : il est là, et il n’est pas près de laisser sa place.
Tout dans ce morceau transpire la confiance taillée à la sueur des battles et des concerts en sueur, celle d’un artiste qui connaît son public, ses armes et surtout ses failles. L’instru est sèche, coupante, presque hypnotique. Pas de fioritures, juste un beat lourd et des nappes subtiles pour faire monter la tension — une ambiance tendue comme une corde qui s’apprête à claquer. Et puis il y a la voix de Fungai. Râpeuse, rugueuse, précise comme une lame. Il n’a pas besoin d’en faire trop. Chaque mot est pesé, chaque syllabe martèle une vérité : tu ne peux plus l’ignorer.
Say My Name n’est pas une simple déclaration d’identité. C’est un appel à la mémoire, à la reconnaissance. Dans une scène rap saturée d’égo-trips jetables, Fungai choisit de faire de son blaze un cri de guerre. Et il ne s’agit pas que de lui. Ce morceau, c’est aussi pour toutes celles et ceux qu’on a voulu effacer, ignorer, minimiser. Un son qui hurle “je suis là”, pour ceux à qui on a trop souvent dit de rester silencieux.
Avec sa versatilité légendaire et son flow aussi tranchant que sincère, Fungai confirme ce que les scènes locales savent déjà depuis longtemps : il n’est pas juste « The Coolest », il est « The Realest ». Et si vous n’aviez pas encore retenu son nom, il va se charger de vous le graver dans la mémoire. Au fer rouge s’il le faut.
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avril 16, 2025On imagine la scène : un hall d’hôtel cinq étoiles, lumière tamisée, reflets de chrome sur cuir noir, une silhouette qui s’approche lentement, le regard droit, le pas sûr. Dans l’air flotte un parfum de luxe discret, de désir assumé. La bande-son ? « By Design », le dernier single des 2wiin Kingz, duo new-yorkais qui drape ses sentiments dans du velours sonore.
Ce morceau ne s’écoute pas, il se porte. Comme une pièce de haute couture. Sur une prod douce et soyeuse, fusion d’Afrobeats chic, de pop urbaine sensuelle et de touches de rap raffiné, les jumeaux du Flatbush déroulent un flow comme un défilé — posé, sûr, millimétré. Ici, les mots ne draguent pas, ils séduisent. Les punchlines tombent comme des accessoires en or blanc : jamais ostentatoires, toujours précis.
Ce n’est pas qu’une love song, c’est un manifeste de ce que peut être une déclaration dans la bouche d’artistes qui ont grandi avec le béton mais rêvent en velours. Chaque couplet est une pièce de tailleur, chaque métaphore un bouton de nacre. Et dans cette alliance rare entre amour et ego-trip, les 2wiin Kingz livrent un titre qui ne se contente pas d’être romantique — il est classe, comme si l’élégance était un beat et que les sentiments portaient des Louboutin.
« By Design », c’est ce moment où l’amour prend la forme d’un art appliqué. Là où d’autres crient leur flamme, les Kingz la sculptent. À écouter le soir, de préférence en bonne compagnie, en regardant son reflet dans une vitre teintée.
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avril 16, 2025Parfois, un mot suffit à dire tout un peuple. “TAHAN”, c’est celui-là. Et dans la bouche de Deliciious et Nakalness, il devient plus qu’une expression : un hymne. À mi-chemin entre le coup de pression et l’acte de résistance, ce single trap tout droit sorti de l’album CHANGFU cogne là où ça fait mal, tout en tendant la main.
Ce “真的BUAY TAHAN” scandé comme un mantra désabusé – mi-chinois, mi-malay, 100% réel – sonne comme une soupape. Une incantation pour évacuer les tensions d’une génération biberonnée à la pression sociale, à la gentrification galopante, à la double peine culturelle de devoir être à la fois cool et irréprochable. Deliciious canalise ici une colère retenue, vibrante d’authenticité, qui ne verse jamais dans le dramatique gratuit. Il parle pour celles et ceux qui n’ont plus le luxe de se plaindre, mais qui en ont ras-le-bol quand même.
La production est minimaliste mais nerveuse, comme si le beat avait lui aussi du mal à “tahan”. Les basses roulent comme un orage intérieur, le flow reste tendu, entre chant plaintif et rap incisif. Nakalness apporte sa rage maîtrisée en featuring, injectant une tension supplémentaire à un morceau déjà électrique.
Mais derrière cette énergie brute, c’est surtout un pont culturel que les deux artistes bâtissent : entre Singapour et la Malaisie, entre le hokkien et le malais, entre la musique urbaine et une identité en recomposition constante. TAHAN n’est pas seulement une track efficace, c’est un cri commun, un moment de vérité dans un monde qui nous demande de toujours “tenir bon”.
Et franchement, qui peut encore ?
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avril 16, 2025Il y a des morceaux qui arrivent comme des claques, d’autres comme un sourire fatigué au coin d’une ruelle ensoleillée. “Piña Colada Kava” de Kai The MC, c’est l’un de ceux-là. Une carte postale froissée du Bay Area, envoyée par un gamin qui a grandi trop vite, mais qui a décidé que sa voix, elle, prendrait le temps.
Dans ce boom bap souple et chaud comme une fin d’après-midi à Oakland, Kai déroule sa vie en filigrane, sans pathos ni clinquant. Sa plume ? Moins un poignard qu’un carnet de bord. Il écrit en marchant, en observant, en digérant les paradoxes d’un monde qui ne lui promet rien mais dont il tire quand même de quoi rêver. On entend les trottoirs, les potes, les hésitations, la sève qui circule à travers les questions du refrain : “Where we at? What we doin?” comme un mantra pour ceux qui avancent sans carte, mais le cœur GPS.
Le beat respire. Il ne tape pas. Il accompagne. Une basse en lévitation, un sample qui flotte quelque part entre les palmiers fantasmés de la piña colada et l’ancrage terrestre du kava, cette plante médicinale qui soigne les âmes en silence. Il y a dans cette chanson une sorte d’hédonisme lucide, une joie discrète mais farouche, une invitation à ralentir et à regarder autour.
Ce n’est pas une révolution sonore, et ce n’est pas grave. C’est un témoignage, une échappée belle pour ceux qui cherchent encore le mode d’emploi. Kai The MC ne prétend pas avoir les réponses. Il tend juste une main, un beat, une vibe. Et parfois, c’est exactement ce qu’il nous faut.
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avril 16, 2025Un battement sourd. Une boucle sinistre qui tourne comme un vieux film passé minuit. Puis une voix : celle de Revoh Wattz, sortie de l’ombre, pas pour se plaindre, mais pour témoigner. “John Doe”, ce n’est pas un ego trip, c’est un constat. Le son d’un artiste qui arpente le rap game comme un couloir d’hôpital désert, sans badge, sans nom sur la porte. Juste sa voix. Et sa rage calme.
Ici, l’ambiance est poisseuse. L’instru claque comme des pas sur du béton mouillé, et l’échantillon en arrière-plan, spectral, donne à l’ensemble des airs de confession nocturne. Le genre de morceau qu’on écoute seul, casque vissé, dans une ville qui dort trop lourdement.
Mais Revoh, lui, ne dort pas. Il observe. Il rumine. Il aligne des vérités comme des clous, plantés avec précision. Pas de gimmick, pas de hook enjôleur : juste des phrases taillées au couteau, un flow brut, sec, presque murmurant — mais toujours tendu. Il n’a pas besoin de crier pour qu’on l’entende. Il suffit d’écouter.
Dans le paysage saturé du hip-hop formaté, “John Doe” est un souffle froid. Un rappel que certains artistes ne cherchent pas à exister dans les lumières, mais à graver leur nom dans le silence. Revoh Wattz, lui, le fait à sa manière : discrète, tranchante, et indélébile.
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avril 16, 2025Dans un paysage hip-hop trop souvent obsédé par la nouveauté pour se rappeler de ses fondations, certains vétérans décident de refaire surface non pas pour réclamer leur dû, mais pour rappeler à la génération TikTok d’où vient le feu. Avec Primavera, M-Dot et Confidence signent une claque boom-bap aussi fraîche qu’un lever de soleil sur une paire de Timberlands. Le titre, évocateur de renaissance (printemps en italien), sent bon les vinyles poussiéreux, les freestyles fumants et les chemises à carreaux portées avec conviction.
Confidence déroule une production classique au sens noble du terme : basse épaisse, boucle soulful, caisse claire qui claque sec. Du cousu main pour trois voix qui n’ont rien perdu de leur impact. Big Shug (Gangstarr Foundation) ouvre le bal comme un vétéran qui n’a jamais quitté le ring — tonnerre rauque et flow martial. Royal Flush, toujours aussi tranchant, apporte une touche de rue Queensbridge millésimée, pendant que M-Dot jongle avec les syllabes comme s’il écrivait des équations complexes sur les murs du métro.
Il y a dans Primavera cette énergie qu’on croyait oubliée : un amour pur du micro, une science du placement, une synergie entre beatmaker et MCs qui donne à chaque couplet des allures d’école de rap. C’est brut, c’est dense, c’est fièrement hors du temps. Et ça annonce du très lourd : Library of Sound, l’album à venir de M-Dot & Confidence, s’annonce déjà comme un manifeste pour ceux qui pensent que le boom-bap n’est pas mort, il hibernait — et il vient de se réveiller.
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avril 16, 2025Il y a chez Bagboy Blu quelque chose de brut, d’indompté. Une manière de rapper sans armure, comme si chaque mot venait directement du cœur, sans filtre ni parade. Avec Heartbreak Music et No Support, l’artiste originaire des marges – géographiques, sociales, mentales – livre deux titres qui frappent comme un uppercut lancé au ralenti : ça fait mal, mais on veut en comprendre chaque millième de seconde.
Heartbreak Music est une balade douloureuse, presque nocturne, sur la cicatrice ouverte qu’est la rupture. Ce n’est pas juste un chagrin d’amour raconté avec des punchlines ; c’est un hymne au pouvoir réparateur de la musique elle-même. Bagboy Blu y déroule le récit d’un amour brisé, mais refuse de sombrer. Il rappe comme on crie dans le vide pour s’entendre penser. C’est intime, presque nu, et pourtant étrangement universel. Derrière les beats mélancoliques se cache une certitude : on peut saigner longtemps, mais on finit toujours par recoller les morceaux.
No Support, de son côté, est plus sombre, plus rageur. Le titre dresse le portrait d’un jeune qui a grandi sans filet, dans un monde où l’on tombe sans qu’on vous tende la main. Aucun storytelling clinquant ici, juste une série de constats froids, livrés avec une lucidité glaçante : l’absence de soutien, les mauvais choix, les nuits sans repères. C’est une confession crue, une chronique urbaine sans glamour, qui rappelle par moments un certain Tupac dans ses morceaux les plus dépouillés.
Bagboy Blu ne cherche pas à faire joli. Il veut que ça cogne, que ça parle vrai, que ça laisse des traces. En mêlant émotion brute et flow maîtrisé, il s’inscrit dans une tradition rap introspective, quelque part entre Pop Smoke en mode vulnérable et Rod Wave sans l’auto-tune sirupeux. Une plume à suivre, et de près.
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avril 16, 2025Dans « Broken Dreams », Miles Gaines joue à découvert. Pas de posture, pas de bling : juste des rêves éclatés et une instru poussiéreuse comme une photo oubliée. Ce morceau, extrait de son ambitieux (et délirant) album de 62 titres, s’impose comme l’un des temps forts d’une œuvre à la fois gargantuesque et fragile, traversée par l’urgence de dire, de tout dire.
Sur une prod BoomBap lo-fi cousue à la main — vinyle qui craque, piano désabusé, et drums moelleux comme un canapé trop usé —, Miles dévide son texte comme un carnet qu’on aurait trop longtemps gardé fermé. C’est du rap de confession intime, entre spleen de L.A. et lucidité crue. Pas besoin de forcer : sa voix parle bas, mais elle tape juste.
« Broken Dreams » évoque ces ambitions qu’on porte gamin dans les yeux et qu’on enterre à l’âge adulte sans toujours s’en rendre compte. C’est l’histoire de tous ceux qui ont cru que la passion suffisait, de ceux qui ont signé des contrats en croyant signer des avenirs, et qui se retrouvent seuls, avec la musique comme seule planche de salut. Il y a du Common, du Blu, du Mick Jenkins dans ce titre — mais aussi du Miles Gaines, avec sa façon bien à lui de mêler poésie triste et rage retenue.
Ce qui rend le morceau si fort, c’est justement son économie : pas de grande envolée, mais une ligne claire, une mélancolie qui s’installe sans prévenir, comme un nuage lent. Et puis cette question sourde : que fait-on quand les rêves sont cassés, mais qu’on n’a pas le luxe d’arrêter d’y croire ?
Avec « Broken Dreams », Miles ne fait pas que rapper — il laisse une trace. Discrète, mais tenace. Une balafre douce sur la joue du rap conscient.
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avril 16, 2025Il y a dans « Your loss » cette fierté douce-amère, ce moment précis où le cœur se referme mais que la tête, elle, relève fièrement le menton. bethebestmg, nouvelle voix à suivre de la scène R&B/rap alternative, transforme le chagrin en affirmation, le regret en flow incisif, et signe un morceau à la fois vulnérable et ultra assuré, taillé pour celles et ceux qui ont décidé de ne plus pleurer – ou du moins, plus devant l’autre.
Sur une prod moelleuse mais tranchante, à mi-chemin entre un R&B contemporain soyeux façon SZA et une trap-pop qui n’a pas peur de groover, bethebestmg pose une voix claire, magnétique, qui peut susurrer comme elle peut piquer. Il y a quelque chose d’organique dans son interprétation : pas d’esbroufe, pas d’effet de manche. Juste une voix qui connaît la peine, mais qui a aussi compris sa valeur. “Your loss” devient alors moins une chanson de rupture qu’un mantra d’auto-réalisation.
Et ce titre, justement, ne cherche pas à se cacher derrière des métaphores alambiquées. Il parle de ghosting, de promesses en l’air, de cette sensation tenace d’avoir été sous-estimée. Et il en fait une force. Comme si Summer Walker s’asseyait à la même table que Tierra Whack et Doechii, pour composer une ode à l’indépendance sentimentale, entre groove lascif et punchlines bien placées.
« Your loss » n’est pas là pour supplier, mais pour constater : celui ou celle qui est parti·e a simplement mal calculé. Parce qu’il ne suffit pas de dire “je t’aime” — encore faut-il être à la hauteur de ce qu’on a perdu.
bethebestmg livre ici un morceau court mais redoutablement efficace, calibré pour les playlists “late night”, les stories vengeresses, et surtout pour toutes celles qui se rappellent, entre deux refrains : je suis la meilleure chose qui te soit jamais arrivée… et tu ne l’as même pas remarqué.
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avril 16, 2025Il y a des morceaux qui transpirent l’été à peine la première note lancée. Crazy Love, la nouvelle collab entre le vétéran Tion Wayne et le prodige du South London LEOSTAYTRILL, sent la chaleur des briques à midi, les décapsulations de Red Stripe sur capot de Clio et les histoires d’amour qui tournent vinaigre dans les vapeurs de la fête. À peine sortis des studios, les deux rappeurs frappent fort, portés par un sample immortel de MJ Cole réinjecté avec panache dans la matrice UK Garage de 2025.
C’est d’abord l’évidence du beat : Young Chencs, Roddy Beatz et GW livrent une prod à la fois moelleuse et claquante, capable d’enflammer un club ou une story Instagram. Le piano house, l’air de rien, file la nostalgie d’une époque où le 2-step faisait danser les larmes aux yeux. Et sur cette nappe sucrée, Tion Wayne arrive, en patron. Flow posé, diction tranchante, il donne une leçon de gestion d’espace et de charisme. C’est le son d’un mec qui a tout vu, tout vécu — la rue, la célébrité, le doute — et qui transforme tout ça en matière première incandescente.
Mais la vraie surprise, c’est LEOSTAYTRILL. 18 piges, l’énergie d’un rookie mais la maîtrise d’un vétéran. Il ne se contente pas d’un couplet invité : il impose sa voix, entre chant murmurant et rap viscéral, comme si Roddy Ricch avait grandi à Peckham. Sur cette prod qui bondit et flirte avec le sucre sans jamais sombrer, il insuffle le contrepoids émotionnel. L’alchimie est parfaite : le vécu rugueux de Tion s’oppose à l’urgence juvénile de LEO, et le tout donne une tension douce-amère, à l’image de ces amours dont on sait dès le début qu’ils finiront mal, mais qu’on vit quand même à fond.
Crazy Love n’est pas juste un banger estival — c’est une passerelle entre générations, une célébration du sample UK repensé à la sauce 2025, une réconciliation entre la fête et la peine. Court, addictif, calibré pour TikTok mais avec une vraie profondeur : ce titre coche toutes les cases. Et surtout, il confirme que Tion Wayne, loin de se reposer sur ses lauriers, reste un stratège redoutable. Quant à LEOSTAYTRILL, il ne fait plus que « stay » — il est bel et bien en train de prendre sa place, et fast.
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avril 16, 2025Derrière le titre faussement festif de “Pop It Off” se cache une montée d’adrénaline pure, signée ZAVI. Un morceau comme une détonation : sec, nerveux, frontal. Ici, pas de détour, pas d’habillage superflu — juste une volonté claire de marquer le terrain, de faire sentir qu’on est là, qu’on existe, et qu’on ne s’excuse pas pour ça.
ZAVI navigue entre rage contenue et précision chirurgicale, balançant ses lignes comme des uppercuts, avec un flow qui ne cherche pas l’élégance, mais l’impact. La prod ? Un beat sombre, claquant, minimaliste mais redoutablement efficace — presque mécanique, comme si chaque mesure était un rouage bien huilé dans une machine de guerre.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont “Pop It Off” réussit à imposer son style sans céder aux sirènes de l’excès. Pas besoin d’une avalanche d’effets ou d’un refrain autotuné pour accrocher. C’est cru, c’est brut, c’est maîtrisé. Une déclaration d’intention qui tient autant du défi que de la mise au point.
Il y a du grime dans l’énergie, du trap dans la structure, du rap de rue dans l’attitude. Et ZAVI semble jouer de toutes ces influences sans jamais se perdre. Pop It Off n’est pas là pour plaire — il est là pour secouer, et peut-être pour ouvrir la voie à une suite plus dense, plus personnelle, plus risquée.
Mais une chose est sûre : ZAVI n’est pas venu faire de la figuration.
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avril 16, 2025Il est 9h03, quelque part entre une alarme de téléphone ratée et un métro pris en courant. Dans Ethiopian Coffee, c’est exactement là que Cold Chinese Food, The Charles Géne Suite, Rāms et Sam Turpin nous retrouvent : au croisement entre le chaos urbain et le besoin vital de ralentir. Un morceau comme un souffle, comme un café bien noir partagé en silence — avec soi-même.
Sur une instrumentation jazz limpide, presque feutrée, Sam Turpin déroule ses pensées comme on laisse couler un filet d’eau tiède. Pas de punchlines hystériques ici, pas d’egotrip outrancier. Juste la fatigue d’exister, racontée avec une lucidité sans fard. Sa voix est posée, articulée, presque didactique, mais jamais distante. On sent que chaque mot a été pesé, comme une cuillère de sucre dans l’amertume du quotidien.
Et puis il y a ce saxophone. Muhammad Dawjee tisse une nappe chaude et mélancolique qui s’infiltre doucement sous la peau. À chaque note, on se sent un peu plus à l’intérieur du morceau, comme invité dans une conversation à voix basse sur un coin de trottoir, entre deux bouffées d’air pollué.
Rāms, lui, pose un refrain délicat, presque spectral. Un murmure de gospel sous perfusion lo-fi. Ça ne cherche pas à briller, ça cherche à toucher juste — et ça réussit.
Le clip, signé Turpin, prolonge cette ambiance de contemplation active. Rien d’extraordinaire, et c’est justement ça, la force : des bouts de ville, des visages, des gestes du quotidien, filmés sans filtre. La poésie du réel, comme un journal intime filmé en douce.
Ethiopian Coffee ne révolutionne pas le hip-hop. Il fait mieux : il le rappelle à sa fonction première — être le journal sensible de nos luttes discrètes. Une ode aux matins flous, à ceux qui vivent entre deux silences, aux pensées qui tournent en boucle dans les cafés tièdes de nos villes étouffées.
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avril 16, 2025Il y a des morceaux qui ressemblent à des carnets intimes qu’on aurait balancés dans un volcan. I Miss You But I’m Happy de Jeremy Sprung est de ceux-là : un labyrinthe sonore sans panneau de sortie, un cri doux-amer qui danse entre genres et langues, et une mise à nu à vif d’une génération qui ne veut plus choisir entre le chagrin et la beauté.
23 ans, une double culture franco-israélienne, une guitare, une MPC, et un cœur qui bat à contretemps — Sprung n’a pas cherché à faire un tube, il a jeté un sort. Celui qui transforme des souvenirs flous en obsessions musicales. Sa voix navigue entre spoken word désabusé et montée vocale à la Jeff Buckley version post-internet. Il rappe comme on écrit dans un carnet au bord d’un lit défait. Il chante comme on gueule dans un tunnel vide à 3h du matin, sans réponse attendue.
Le morceau est construit comme une fracture : beat électronique instable, murs de guitares qui jaillissent sans prévenir, éclats de voix en plusieurs langues comme autant de fantômes d’un passé multiforme. Il parle de tout ce qui ne tient pas : les relations, les sens qu’on donne à ce qui ne devait pas en avoir, les boucles temporelles d’un deuil amoureux jamais vraiment digéré.
Mais là où beaucoup sombreraient dans la plainte, Sprung choisit la transcendance. Dire “je vais bien” tout en pleurant un hier qui ne reviendra pas. Une catharsis queer et solaire, où les larmes se mélangent au sourire d’avoir ressenti quelque chose de vrai. De fort. D’inexplicable.
Avec ce titre, Jeremy Sprung ne propose pas un single : il propose une expérience émotionnelle brute. Un uppercut tendre dans le ventre du nihilisme. Une preuve que les histoires qui ne devaient pas compter sont parfois celles qui nous sculptent le plus.
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avril 16, 2025Il est des morceaux qui ne s’embarrassent ni du climat, ni des frontières linguistiques. Steppin, de l’artiste norvégien Greco, est de ceux-là : un track trap à l’ADN international, mi-anglais, mi-norvégien, 100 % bonne humeur. Un beat lourd, une basse qui cogne comme un punching ball sous stéroïdes, et cette sensation d’élévation, presque physique, comme une montée d’adrénaline calibrée pour les sessions de muscu ou les marches urbaines façon conquête.
Greco n’a pas besoin d’en faire des caisses. Avec une prod sobre mais solide et un flow qui rebondit sur chaque syllabe, Steppin fait ce que les meilleurs morceaux trap devraient toujours faire : insuffler du mouvement. Ici, la fête n’est pas criarde, elle est dans le sourire partagé entre potes, dans la détente d’un quotidien bienveillant, et dans cette manière de rester stylé sans se prendre la tête.
Ce qui frappe, au-delà du hook scandé comme un mantra pour l’énergie, c’est cette hybridité linguistique qui glisse naturellement. L’anglais donne l’accessibilité, le norvégien pique la curiosité. On ne comprend pas tout ? Tant mieux. Steppin joue justement sur la musicalité intrinsèque des mots, leur rythme, leur musicalité brute, pour toucher sans avoir besoin de traduction.
Greco signe ici une ode joyeuse à l’amitié, à la confiance en soi, au corps en mouvement. Une vibe solaire sous des latitudes nordiques. Une preuve de plus que la trap peut parler toutes les langues — tant qu’elle sait où mettre les basses.
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avril 16, 2025Il faut parfois se perdre pour retrouver le souffle. Avec “N2”, Nemo Nebbia signe un poème gazeux, dense, presque radioactif, qui plane au-dessus des têtes comme un orage qu’on sent mais qu’on ne voit jamais tout à fait éclater. Ce n’est pas un titre, c’est une alerte. Une fuite de soi dans une chambre close, où le rap ne cogne pas, mais murmure jusqu’à ce que tu t’effondres — ou que tu t’élèves.
Le morceau s’ouvre comme une porte mal huilée sur un couloir mental : les mots claudiquent, glissent, s’entrechoquent. Nemo, funambule du verbe, avance à voix basse entre ses propres doutes, ses contradictions, ses espoirs, comme s’il cherchait l’issue sans vouloir vraiment la trouver. La prod boom-bap est minimale mais pas sage, lourde d’un silence qui pèse plus qu’un beat trap, comme un souffle retenu trop longtemps.
On pense à Oxmo, à Casey, à Gaël Faye par moments. Mais surtout, on pense à personne d’autre qu’à lui, Nemo Nebbia, cette nébuleuse rapologique qui préfère l’ombre à l’esbroufe, l’allusion à l’explication. “N2” est une spirale intime, qui te parle d’étouffement sans jamais crier, de haine sans jamais juger, d’amour sans jamais promettre. Il y a des images qui piquent, des silences qui tranchent, et cette voix, toujours, comme un miroir qu’on ne veut pas regarder mais qui te suit partout.
“N2”, c’est aussi le refus du spectaculaire, l’art de rester là où les autres zappent. Une œuvre de condensation, qui ne cherche pas à plaire mais à percer. Un appel à celles et ceux qui n’ont jamais trouvé les mots — Nemo les a captés dans le brouillard, et il nous les rend, tremblants mais debout.
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avril 16, 2025Il n’y a pas de fiction ici, juste la vérité crue d’un homme qui a survécu au bitume et à l’industrie, sans jamais courber l’échine. Avec “Return of the Threat (Freestyle)”, Jamal Gasol fait bien plus que rapper — il dépouille le vernis, enlève les gants, et entre dans l’arène. Dans ce nouveau clip capté par Ryank pour sa série Case Files, l’artiste de Niagara Falls, NY s’installe face caméra, seul en salle d’interrogatoire. Le décor est sec, tendu, presque clinique. Pourtant, ce qu’on entend est tout sauf froid : un feu lent, rageur, lucide.
La prod — issue à l’origine de l’album d’Alchemist et Larry June — est minimale et poussiéreuse, comme un vieux vinyle tournant dans une pièce sans lumière. Jamal, lui, rappe avec une gravité tranquille, posé comme un vétéran qui a tout vu et tout encaissé. “Still a dirty game”, dit-il. On le croit sur parole. Que ce soit la rue ou le rap, il n’y a pas eu de passe-droit.
Ce freestyle n’est pas là pour faire du bruit ou chercher un hit TikTok. C’est un manifeste, une preuve de vie artistique d’un MC old-school aux convictions intactes, qui ne mise pas sur la hype mais sur le vécu et le verbe. Gasol est l’un des derniers rappeurs à incarner cette éthique Boom Bap crasseuse et digne, celle qui ne cherche pas à plaire, mais à témoigner. Le ton est confessionnel, presque judiciaire. Pas étonnant que le clip prenne place dans une salle d’interrogatoire : c’est son alibi, son témoignage, sa rédemption par la rime.
Annoncé comme extrait de Mr.31: Volume 3 (The Threat Tape), prévu pour le 26 mai (et hébergé par DJ Big Mike The Ruler et DJ Kasa), ce freestyle met aussi l’eau à la bouche pour le prochain album You Not Like That, attendu pour juillet. En attendant, “Return of the Threat” remet Gasol sur l’échiquier du rap indé avec une pièce jouée sans bluff. Un vrai moment de rap brut. Sans filtre. Sans posture. Juste du vécu.
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