Il a le flow d’un gosse qui a grandi trop vite, la voix grave d’un ado qui n’a jamais eu peur de se prendre des murs, et surtout, ce truc insaisissable qu’ont les mecs sincères : Finn Foxell est une faille ouverte. Avec “TOUGH TIMES”, extrait déchirant et lucide de son premier album MAMA’S BOY, le rappeur de Shepherd’s Bush touche du doigt quelque chose de rare : la vulnérabilité mise à nu sans pathos, la peine transformée en élégance.
Ce morceau, c’est une confession qui cogne. Le beat, à la fois discret et viscéral, laisse l’espace à Finn pour faire ce qu’il sait faire de mieux : poser des vérités, des doutes, des flashbacks d’enfant mélangés à des visions d’adulte en devenir. Il y a un truc dans sa voix — cette fatigue mêlée de détermination, cette façon de parler de larmes sans jamais pleurnicher — qui rappelle les plus belles heures de Mike Skinner ou Loyle Carner, mais avec une identité bien à lui, plus rugueuse, plus nocturne.
Dans “TOUGH TIMES”, on entend le poids du passé, celui qu’on trimballe dans les poches de son survêt’, même quand tout semble aller mieux. Il y a cette mélancolie londonienne, urbaine et grisâtre, mais qui trouve des éclats de lumière dans les punchlines lucides, les souvenirs de sa mère, ou les moments suspendus où il parle à son « inner child ». Une manière d’affronter les fantômes sans les exorciser, juste en les nommant, calmement.
C’est peut-être ça, la force de Finn Foxell : transformer les plaies en panoramas. Avec MAMA’S BOY, il livre un album dense, intime, sincère — et “TOUGH TIMES” en est le cœur battant, celui qui résonne même quand la musique s’arrête. Le genre de morceau qui ne cherche pas à consoler, mais à accompagner. Pas besoin de mentir pour guérir, semble-t-il nous dire. Juste raconter.
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