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Rêverie électronique enracinée dans l’invisible avec C-Beem sur Oberon Effect

Rêverie électronique enracinée dans l’invisible avec C-Beem sur Oberon Effect
  • Publishedmars 10, 2025

Il existe des albums qui ne se contentent pas de remplir l’espace sonore. Ils convoquent des lieux, des souvenirs, des sensations enfouies. Oberon Effect, le quatrième opus de C-Beem, est de cette trempe-là. Il n’existe pas seulement en tant qu’album de synthpop expérimentale, il est un territoire, une forêt secrète où chaque note semble recouvrir une mousse ancienne, où chaque pulsation rappelle le pas feutré d’un explorateur égaré.

Le titre n’est pas qu’une accroche poétique : il évoque un souvenir réel, celui d’une enfance passée à courir à travers Charnwood Forest, ce bois légendaire du Leicestershire. C’est une plongée dans cette sensation de liberté absolue, ce moment d’oubli où l’on ne fait plus qu’un avec les éléments. C-Beem s’éloigne ici des archétypes glacés du synthwave et de la nostalgie trop balisée des années 80. Il sculpte un univers organique, peuplé de réverbérations sylvestres et de synthés aussi brumeux que la lumière d’un matin d’automne filtrant à travers les branches.

Dès les premières nappes de Oberon Effect, l’auditeur est happé par un vertige sonore qui oscille entre contemplation et élan onirique. Nightwatchman For The Nation surgit ensuite, tel un veilleur solitaire scrutant les lueurs d’une ville endormie, porté par des synthétiseurs en apesanteur et des pulsations hypnotiques. Puis vient Million And One Ways To Be Cool, faussement détaché, où une basse insistante et des modulations rêveuses tracent une ligne entre le cynisme et l’extase pop.

Chaque piste a sa propre lueur, son propre feu follet. Loneliness For Scorpions rampe dans l’ombre, sinueux et fascinant, tandis que Molten Blue distille une chaleur liquide, presque en suspension. Happy Cactus Man joue la carte du décalage malicieux, un brin dadaïste, alors que Walking The Winds se laisse porter par un souffle quasi rituel, une errance où l’électronique se fait incantatoire.

Avec Reflect & Forget (Oberon Version), C-Beem revisite l’un de ses propres morceaux et le pare d’une profondeur supplémentaire, tandis que Assassin’s Picnic égrène ses motifs rythmiques éclatés dans une danse presque surréaliste. Puis vient The Lost Rivers Of London, dernier courant, dernier murmure, où la musique se fait ruisselante, érodant lentement la frontière entre le tangible et l’imaginaire.

Ce qui distingue Oberon Effect, c’est cette sensation d’échapper à une géographie trop balisée. Ce n’est pas une simple célébration du synthé et des textures analogiques, c’est un envoûtement. Un voyage dans une forêt qui n’existe peut-être plus que dans les souvenirs de celui qui l’a parcourue, mais dont les sons, eux, continuent d’habiter l’espace, comme un écho persistant dans le vent.

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Written By
Extravafrench

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