King Black Acid lâche « Never Let ’em Touch Your Weed » et dynamite les bonnes manières
- Publishedaoût 21, 2026
« “Never Let ’em Touch Your Weed” rappelle pourquoi King Black Acid reste impossible à discipliner : du groove sale, des guitares qui mordent et une science du hook assez insolente pour faire passer le chaos pour une excellente idée. »
On pourrait probablement écrire un règlement intérieur entier pour expliquer tout ce que King Black Acid refuse de respecter.
Choisir un genre, déjà. Rester sage ensuite. Arrondir les angles, éventuellement. Depuis la fin des années 80, le collectif orchestré par Daniel Riddle préfère manifestement faire l’inverse : prendre ce qui l’intéresse, le pousser dans la même pièce et voir si quelque chose explose. « Never Let ’em Touch Your Weed » prolonge cette vieille habitude avec un titre qui ressemble autant à un conseil douteux qu’à un principe de vie.
Le plus amusant, c’est que derrière son attitude volontairement foutraque, la chanson est remarquablement organisée. King Black Acid peut parler de « stoner pop bubble grunge dreamscape » avec toute l’ironie que l’expression suppose, mais la mécanique reste précise. Les guitares possèdent du mordant sans transformer le morceau en bloc de saturation, le groove avance avec une sensualité presque paresseuse, puis les accroches surgissent suffisamment souvent pour empêcher la dérive psychédélique de devenir une simple contemplation.
C’est là que le groupe est bon : dans cette capacité à avoir l’air de partir en roue libre tout en gardant une vraie conscience de l’endroit où se trouve le plaisir.
Daniel Riddle traîne derrière lui un parcours qui permet évidemment ce genre de liberté. King Black Acid a partagé des scènes avec Nirvana, Elliott Smith, Sonic Youth, Moby, Faith No More, The Dandy Warhols ou encore Nine Inch Nails, tandis que sa musique a circulé entre disques, cinéma, télévision et commandes beaucoup plus commerciales. Difficile, après plusieurs décennies à traverser autant de mondes, de ressentir encore le besoin de demander à quelle étagère appartenir.
« Never Let ’em Touch Your Weed » possède justement ce parfum de groupe qui n’a plus envie de remplir un formulaire.
Le rock indé y croise une pulsation presque dance, la culture stoner perd sa lourdeur habituelle et la guitare conserve suffisamment d’arrogance pour rappeler que le morceau n’a aucune intention de devenir poli. Ce mélange pourrait être indigeste. Il ne l’est pas, principalement parce que King Black Acid privilégie toujours le mouvement à l’accumulation.
La chanson n’est pas révolutionnaire pour autant. Son psychédélisme, ses riffs et son goût des grooves crasseux appartiennent à une famille musicale déjà bien documentée. Mais le groupe possède quelque chose que les reconstitutions rétro n’achètent pas : une personnalité qui précède la production.
Même le titre participe à cette impression. « Never Let ’em Touch Your Weed » pourrait être une blague griffonnée sur un mur de loge à quatre heures du matin. King Black Acid en fait presque une philosophie DIY : protéger ce qui vous appartient, ne pas trop écouter les consignes et continuer à fabriquer votre propre bazar.
Franchement, vu le résultat, on comprend pourquoi ils ne prêtent pas les clés.
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