SIPSODA nous fait vibrer sur “Vivid Times”
Il y a des morceaux qui vous attrapent par le col et vous propulsent directement dans un néon liquide. “Vivid Times” de SIPSODA est de cette trempe. Ce n’est pas juste une chanson, c’est un glitch dans la matrice, une plongée dans un univers où les basses résonnent comme des cœurs mécaniques et où chaque note semble sculptée dans l’acier froid d’une mégalopole cyberpunk.
SIPSODA, alias Jan Lilienthal, n’est pas un inconnu dans l’ombre des studios. Ancien architecte sonore du duo The Kii, il a façonné des morceaux pour des figures de la scène hip-hop et alternative, de The Game à Symba en passant par Mick Jenkins. Mais cette fois, il abandonne son poste dans la cabine de production pour s’exposer en pleine lumière. Et autant dire que le projecteur lui va à ravir.
Dès les premières secondes de “Vivid Times”, une basse saturée s’agrippe aux tripes, syncopée par une batterie qui cogne comme un battement de cœur sous adrénaline. C’est sombre, c’est vénéneux, et ça sent le bitume humide d’un monde où le futur est déjà en ruine. Les nappes de synthés oscillent entre mélancolie et rage contenue, un équilibre parfait entre la grandiloquence du darksynth et la sensualité viscérale de l’alt-R&B.
La voix de SIPSODA, rauque et éthérée, se faufile à travers ce décor dystopique comme un murmure dans un téléphone crypté. Il chante la fièvre des nuits interminables, les flashs d’une existence qui se consume sous les néons et les illusions d’une époque où tout est flou, sauf le désir de survivre. C’est The Weeknd sous amphétamines, c’est Daft Punk qui aurait troqué l’hédonisme pour une errance désenchantée, c’est du Blade Runner en version club clandestin.
Mais ce qui frappe, au-delà de la production chirurgicale et de l’esthétique cybernétique, c’est la capacité de SIPSODA à injecter une véritable humanité dans ce maelström sonore. “Vivid Times” n’est pas un exercice de style, c’est une confession encodée, une invitation à errer dans le chaos d’une génération hyperconnectée et déphasée.
En solo, Jan Lilienthal prouve qu’il n’a pas besoin de s’abriter derrière des noms prestigieux pour imposer sa vision. Avec “Vivid Times”, il signe non seulement un premier acte percutant, mais surtout l’ouverture d’un univers où la musique n’est plus qu’un simple son : elle devient une expérience immersive, une onde de choc, un monde parallèle qui n’attend qu’une chose — qu’on y plonge tête baissée.
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