Avec “Moralisme”, Bolivard nous entraîne dans une messe disco aussi lucide que délirante
Et si danser était un acte de conscience ? Avec “Moralisme”, l’un des morceaux phares de son très attendu album BOLIVARDISME, Bolivard signe un manifeste groovy, impertinent et grinçant, entre happening philosophique et fièvre du samedi soir. C’est un morceau qui s’écoute autant avec les pieds qu’avec les neurones, un pamphlet funky contre la bêtise ambiante, porté par une ironie tranchante et une esthétique sonore digne d’un club berlinois repeint par Michel Foucault.
Sur une ligne de basse souple comme un serpent en roller et des synthés scintillants comme un miroir à facettes, Bolivard égrène ses vérités en forme de commandements absurdes : “Ne dis pas de mal des méchants, ne te moque pas des cons, ne fais pas de gestes obscènes à l’intérieur d’un avion”. Il joue la carte du prêcheur sous MDMA, dénonçant la tyrannie du politiquement correct et la vacuité des morales de surface qui saturent nos timelines et nos repas de famille.
Ce qui frappe dans “Moralisme”, c’est la manière dont Bolivard détourne le format de la chanson engagée pour en faire une œuvre d’art total : la voix monotone, presque robotique, rappelle les slogans publicitaires, les discours d’algorithmes ou d’influenceurs éthiques, pendant que le groove, lui, invite à transpirer, sourire et grincer des dents. Il met le doigt sur l’hypocrisie, sans jamais tomber dans le cynisme.
Avec “Moralisme”, Bolivard rappelle qu’on peut faire de la musique intelligente sans être chiant, et danser tout en pensant — ou peut-être penser un peu moins tout en dansant beaucoup plus. Une claque philosophico-funk, aussi jouissive qu’indispensable dans un monde où tout le monde a un avis, mais trop peu de groove.
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