Highrise nous dévoile “Young Man” : Et si le rap-rock retrouvait enfin un cœur ?
Il n’y a pas eu d’explosion. Pas de grandes déclarations. Juste cette guitare qui arpège doucement, comme une conversation qu’on n’a jamais osé avoir. Et puis la voix de Highrise, fatiguée mais droite, qui parle à ce “jeune homme” comme on s’adresse à son propre reflet à contre-jour. Le morceau s’appelle Young Man, mais il aurait aussi bien pu s’intituler Lettre ouverte à mes fantômes. Car ce n’est pas une chanson, c’est un retour — pas seulement musical, mais presque spirituel.
Highrise, qu’on connaissait pour ses phases tranchantes et ses beats pleins de dents, délaisse ici la posture pour le murmure. Et pourtant, ça frappe plus fort qu’une punchline. La prod, signée Kontrabandz, trouve un équilibre fragile entre l’énergie rap et la douceur rock. Un pont entre deux âges, entre deux manières d’être homme. Ce n’est pas nostalgique. C’est lucide. Il y a du MGK dans l’intention, du Ryan Caraveo dans les reflets, du Bryce Vine dans l’insouciance abîmée. Mais c’est surtout du Highrise, tel qu’on ne l’avait jamais vraiment entendu : vulnérable sans être cassé, mélodique sans chercher l’approbation, profond sans posture.
Ce qui rend Young Man singulier, c’est la façon dont il parle à plusieurs générations à la fois. Le grand-père, dont le visage orne la pochette, plane sur chaque ligne, mémoire d’un passé aussi complexe que touchant. On comprend que ce titre, c’est aussi un pardon. À lui. À soi. Aux années gaspillées à chercher ailleurs ce qu’on avait déjà à l’intérieur.
La ligne “Take it from me, I’ve been down this road…” n’est pas une leçon. C’est une confidence. Un souffle. Une main tendue.
Et quand on arrive à la fin du morceau, on a l’étrange impression de mieux se connaître. Ou au moins de savoir vers qui se tourner, la prochaine fois qu’on se demandera qui on était, quand on avait encore le droit de se planter.
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