Taquirah sur Rush (Acoustic) ou l’art d’aimer à contretemps
Il faut parfois du silence pour entendre le vrai tempo d’un cœur. Et il faut une artiste comme Taquirah pour oser chanter l’amour dans son tempo naturel : lent, doux, patient. Avec Rush (Acoustic), la chanteuse venue de l’Illinois esquisse un murmure jazzé, un slow motion sentimental qui prend le contre-pied des pulsions contemporaines. Ici, il n’est pas question de conquérir à tout prix, de consommer les sentiments comme on scroll un fil d’actualité. Non. Taquirah prend son temps, et nous l’offre comme un cadeau rare.
Sa voix, pleine de chaleur, flotte sur une guitare aussi délicate qu’une lumière dorée à la fin d’un dimanche d’automne. Il y a dans ses inflexions quelque chose de la caresse — celle d’une Nina Simone qui aurait grandi en écoutant Jill Scott, dansant pieds nus entre gospel et néo-soul, l’âme habitée par le blues et le silence.
Rush n’est pas une chanson, c’est une lettre non envoyée. Un message dans une bouteille lancée depuis une rive intime. Elle y parle de l’attente, de la retenue, de la grâce qu’il y a à ne pas forcer l’amour. De cette sagesse oubliée : celle de croire que ce qui vaut la peine d’être aimé vaut aussi la peine d’être attendu.
C’est peut-être là, dans ce minimalisme assumé, que réside toute la modernité de Taquirah. Loin des battements synthétiques, elle offre un souffle. Un espace. Un refuge pour celles et ceux qui en ont assez de courir après ce qui devrait simplement arriver.
Il y a des chansons pour danser. Des chansons pour pleurer. Rush (Acoustic) est une chanson pour respirer.
Pour découvrir plus de nouveautés SOUL, RNB, JAZZY, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVARNB ci-dessous :
