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NICU gudi & Nikush nous dévoile BloodHound : fraternité du groove et romance dans les crocs

NICU gudi & Nikush nous dévoile BloodHound : fraternité du groove et romance dans les crocs
  • Publishedavril 7, 2025

Il y a des morceaux qui cognent comme une claque inattendue en fin de soirée, et d’autres qui glissent comme un clin d’œil dans un couloir trop éclairé. BloodHound, le nouveau single de NICU gudi en tandem avec Nikush, fait les deux. Il griffe et caresse. Il raconte une époque fantasmée — celle des soirées rouges université, des gobelets solo, des lunettes Oakley sur front moite — sans jamais tomber dans le pastiche ou l’imitation. Il vit sa propre fête, en VHS et sentiments filtrés.

Il y a là un esprit presque anthropologique du rap californien du début 2010, celui des drums sèches de DJ Mustard, du storytelling mi-ridé mi-bouteille pleine de YG, de la nonchalance séduisante de Tyga époque Careless World. Mais NICU gudi, tout droit sorti de la cocotte-minute italienne et de son labyrinthe créatif (La Matassa en 2024, ce n’était pas une blague), ne vient pas copier ce son : il l’adopte, le pervertit, le romance.

BloodHound, c’est un slow dans un monde qui ne danse plus. Une manière de dire « je t’aime » en t-shirt XL, sans jamais enlever sa chaîne. Le flow de NICU s’amuse avec la langue comme un gosse trop malin pour son âge : les images sont désarmantes, un brin grivoises mais jamais gratuites. Nikush, en contrepoint, amène une gravité feutrée, un calme dans la tempête de groove, comme si Nas avait grandi dans les poumons de Rome.

Le clip, tourné en argentique, convoque toute une esthétique aujourd’hui marginale dans le rap francophone : le grain du réel, le flou du souvenir, l’ambiance moite d’une Amérique fantasmée par des gamins qui n’ont jamais vu Palo Alto mais savent exactement comment ça sonne. On y retrouve cette douce ironie visuelle, quelque part entre American Pie et Euphoria, sans jamais tomber dans la pose.

Mais BloodHound ne se résume pas à son esthétique rétro-milléniale. C’est une chanson d’amour, vraiment. Une chanson pour les filles qui dansent seules au centre du salon, pour les garçons qui sourient sans parler, pour ceux qui voudraient oser dire quelque chose, mais se contentent de hocher la tête sur un beat.

Premier chapitre du prochain album Un Animal Qui Parle (sortie prévue en septembre), BloodHound n’est pas une réintroduction, c’est une déclaration. Celle d’un NICU gudi qui, après avoir plongé dans toutes les couches de son identité artistique, revient avec la certitude douce et nerveuse de ceux qui ont compris que la légèreté peut être un art majeur.

Ce n’est pas un revival. Ce n’est pas un pastiche. C’est une confession en baskets, écrite avec un feutre fluo dans la marge d’un manuel de séduction oublié.

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Written By
Extravafrench

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