Pourquoi “Astrónomo” de Sehore est un ovni poétique et dissonant à écouter maintenant
Ce n’est pas une chanson, c’est une constellation dissonante. “Astrónomo”, nouveau single du projet espagnol Sehore, atterrit quelque part entre reggae caillouteux, rock alternatif ondulant et pop psychédélique faite maison, le tout enveloppé dans une nappe de bizarrerie hautement maîtrisée. Rien d’étonnant pour un groupe qui vient à peine de naître et rafle déjà une médaille d’argent aux Global Music Awards 2025 pour “Pesadilla”.
Enregistré dans le légendaire Paco Loco Studio et masterisé par Mario G. Alberni à Kadifornia, “Astrónomo” s’inscrit dans la lignée revendiquée de leur premier album Ladencia, édité par MusicHunters Records. Mais ici, on touche à quelque chose de plus subtil, de plus introspectif, presque extraterrestre. Pas de volonté de “coller à une époque” — Sehore préfère s’amuser avec des harmonies évitées par les musiciens prudents, flirtant avec la dissonance comme d’autres avec la provocation.
Sur “Astrónomo”, le groove chaloupé d’un reggae sous acide épouse des tournures harmoniques insaisissables. C’est un morceau qui ne cherche pas à plaire, mais à désorienter avec élégance. Une basse nonchalante flirte avec des accords qui grincent, pendant qu’un chant quasi rêveur narre, à hauteur de cosmos, les petites vanités humaines comme vues depuis une orbite désabusée.
Derrière le vernis kitsch assumé, il y a une ambition rare : celle d’inventer une pop pour mélomanes avancés, amateurs de Stanley Jordan, de modes locriens et de citations littéraires absurdes. Une chanson-patchwork qui évoque autant un tableau de Dali qu’un solo de guitare dans une cave enfumée de Madrid.
Sehore ne cherche pas l’universalité. Il veut la surprise, l’énigme, le grain de sable sonore. Et “Astrónomo”, sous ses allures de faux tube débraillé, réussit ce pari brillant : faire danser notre cerveau autant que nos hanches.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
