Alan Lauris sort « Break » : le disque qui va enfin briser votre cœur (et ça fait du bien)
C’est un peu comme s’il avait laissé macérer trente années de vie, de questionnements et de ruptures dans une vieille bouteille qu’il ouvrirait enfin, laissant échapper des arômes de nostalgie délicieusement amère. « Break », le nouvel album d’Alan Lauris, arrive après une longue maturation artistique, une traversée du désert personnel où l’artiste d’Utrecht a choisi de prendre son temps. Le résultat ? Une œuvre dense, sombre et profondément élégante, où chaque note semble être une confession intime adressée à celui qui écoute avec attention.
Dès l’ouverture avec « I Dream of You in Black and White », on comprend que Lauris ne fait pas les choses à moitié. Entre les arrangements soyeux de violoncelle de Joe Giddey et les guitares subtilement distillées par Leo Sienot, l’ambiance s’installe lentement, comme un souvenir flou qui revient hanter les pensées nocturnes. La voix d’Alan, douce et pénétrante, flotte comme une ombre sur ces compositions où les influences de Leonard Cohen se fondent délicatement à celles des Pet Shop Boys et de Pink Floyd, sans jamais s’y perdre.
Mais ne croyez pas que tout se joue dans la nostalgie facile : Alan Lauris nous confronte aussi à nos propres ruptures intérieures. Des titres comme « Parades », véritable manifeste d’émancipation personnelle, ou « Get Out the Way » et son tempo entraînant, nous rappellent que derrière chaque échec amoureux ou crise existentielle se cache l’espoir d’une renaissance, d’un départ nouveau vers une authenticité longtemps mise en sourdine.
La pièce centrale, éponyme, « Break », apparaît comme le cœur battant de l’album. Un bijou mélodique teinté d’une mélancolie réconfortante, où la voix féminine de Suzanna Brouwers s’entremêle parfaitement à celle de Lauris, créant une tension délicate et touchante. Le message est clair : parfois, il faut accepter que « les choses mettent du temps avant de se briser », mais c’est précisément dans ces fissures que surgissent les moments les plus lumineux.
Enregistré principalement dans son propre sanctuaire à Utrecht, puis soigneusement poli par le mixage minutieux de Nick Trepka à Brighton, ce disque respire la sincérité artisanale. Chaque détail, chaque harmonique semble avoir été façonné avec amour et patience, révélant un artiste qui a enfin trouvé son langage.
« Break » n’est pas juste un album à écouter passivement ; c’est une expérience sensorielle, un voyage introspectif où Alan Lauris nous invite à explorer nos propres blessures, à les embrasser, et finalement, à les transcender. Un disque rare, intime et puissant, capable de résonner longtemps après que la dernière note de « I Read You Wrong » se soit éteinte. Il aura fallu trente ans à Alan Lauris pour parvenir à ce résultat. À l’écoute, on se dit que ça en valait largement la peine.
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