Il est des morceaux qui claquent comme une porte qu’on referme sur un amour propre cabossé. “Ego” d’Aaria Tae est de ceux-là. Entre ironie piquante et groove suranné, la chanteuse londonienne d’origine égypto-irlandaise signe un brûlot R&B néo-soul aussi classy que mordant, un doigt levé dans le rétro d’un ex resté bloqué sur son propre reflet.
Dès les premières secondes, le décor est planté : “Sit back and listen to yourself for a minute.” Pas besoin d’en dire plus, Aaria Tae prend les commandes avec la nonchalance des grandes, balançant ses reproches comme des uppercuts feutrés sur une prod en clair-obscur signée Little Island (déjà derrière le génial “Stressed” de Doechii sur Colors). Ici, le groove a le cuir des années 70 mais les crocs bien d’aujourd’hui.
Le timbre d’Aaria serpente entre confidence et moquerie, toujours à la frontière entre le spoken word et le chant, entre Amy Winehouse, Cleo Sol et une Mariah Carey de la nouvelle école qui aurait troqué les ballades pour une verve affûtée. Ce qui fascine dans “Ego”, c’est cette manière de faire danser les auditeurs tout en les éveillant : une leçon de dignité, déguisée en hymne de rupture sucrée-salée.
Parce que oui, sous l’humour de surface, il y a un propos sérieux : parfois, être quitté n’a rien à voir avec sa propre valeur — c’est juste que l’autre est resté prisonnier de son miroir. Alors on s’habille d’assurance, on hausse les sourcils, et on danse dessus. “Ego” n’est pas un règlement de compte. C’est une revanche stylée, soulignée au khôl.
Et Aaria Tae ? Elle ne demande pas qu’on la regarde. Elle exige qu’on l’écoute.
Pour découvrir plus de nouveautés SOUL, RNB, JAZZY, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVARNB ci-dessous :
