C’est une chanson qui semble écrite à l’arrière d’un Uber, le visage collé à la vitre, regardant New York se consumer dans les néons. Pinkmann, ce nom qui claque comme un personnage de série qu’on aurait trop aimé, signe avec “SUPERSTAR” un morceau à la fois désabusé et incandescent, une déclaration d’amour toxique à la réussite, aux sacrifices qui n’ont jamais le goût qu’on croyait.
Tout y est : les promesses trahies du succès, la solitude qui s’invite dans les loges dorées, les silences entre deux likes. “SUPERSTAR” n’est pas une chanson, c’est une carte postale jamais envoyée, griffonnée dans la fièvre d’un studio trop froid. La production, soyeuse comme un rêve sous tranquillisants, enveloppe la voix de Pinkmann dans un voile de brume digitale, entre R&B spectral et pop-rap défaitiste. Ça tangue quelque part entre les derniers soupirs d’un The Weeknd sous codéine et les envolées brisées d’un Joji au bout du rouleau.
Mais ce qui sidère, c’est ce sentiment d’intimité crue, cette manière de livrer son doute comme on tend la main. On ne sait pas si Pinkmann veut qu’on l’aime ou juste qu’on le voie tomber. Le clip, annoncé comme ambitieux, promet d’arpenter Manhattan comme un théâtre de la vanité moderne. Pourtant, sous la surface, c’est une tendresse nue qui affleure. Une lucidité sans parade.
Avec “SUPERSTAR”, Pinkmann ne cherche pas la lumière. Il raconte ce qu’il reste quand elle s’éteint.
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