Pas de grand fracas, pas de look tapageur. James Vickery avance à contre-temps du bruit, porté par une voix chaude comme un vinyle d’été, un RnB cousu main, sans effet de manche. Londres l’a vu naître, entre héritage sud-africain, racines galloises et amour précoce pour les voix qui racontent vrai. Il n’a qu’une oreille qui fonctionne, mais c’est peut-être ce qui rend son groove si particulier : toujours centré, toujours juste, toujours habité.
Son dernier projet, JAMES., est un miroir doux-amer tendu à sa propre vie. Une soul contemporaine qui n’a pas peur du romantisme, ni du silence entre les mots. Pas d’artifice, pas de gimmick. Juste une voix et une sincérité désarmante. À mi-chemin entre ballades en apesanteur et vibes qui font hocher la tête sans prévenir, l’album dévoile un artiste à la croisée des sensibilités : entre le spleen moderne d’un Frank Ocean, les inflexions organiques d’un D’Angelo et la tendresse brute d’un Sampha.
On a posé dix questions à ce chanteur anglais pas comme les autres, pour parler de racines, de sauces secrètes, de playlists de cœur et de la manière la plus improbable d’entrer dans la musique professionnelle : par accident, à cause d’une opération, et par besoin de réapprendre à parler.
Voici l’interview de James Vickery, à une oreille du miracle.
1) Qui es-tu ?
Salut ! Je m’appelle James Vickery, je suis chanteur et je viens de Londres. Je fais de la musique depuis quelques années maintenant, et j’espère que celles et ceux qui aiment la soul et le RnB y trouveront leur bonheur.
2) Quel est ton parcours ?
J’ai grandi dans une famille métissée : ma mère est originaire d’Afrique et mon père du Pays de Galles. Musicalement, c’était aussi très contrasté. Du côté maternel : Soul, Motown, Disco. Du côté paternel : rock, blues, guitares. Je pense que mes arrangements viennent de lui, mais mon style, de ma mère. Et puis j’ai grandi dans le sud de Londres, un coin très riche culturellement, qui m’a profondément influencé.
3) Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?
Sensuelle. Passionnée. J’essaye toujours de rester honnête. Mes chansons parlent souvent d’amour, mais à travers mon prisme. Elles racontent des choses que j’ai vraiment vécues.
4) Quelles sont tes inspirations ?
En écrivant mon album JAMES., j’ai voulu créer quelque chose qui me ressemble totalement. Un projet complet, fidèle à toutes les facettes de ma personnalité : des titres légers, d’autres plus émouvants. Ce disque, c’est moi, sans filtre.
5) Quelle est ta playlist du moment ?
Comme beaucoup en ce moment, je suis obsédé par Olivia Dean. Elle est rafraîchissante. J’écoute aussi beaucoup Dijon et Sasha Keable.
6) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?
Une recette de famille : un dip aux artichauts hérité de mon père. Hyper simple — artichauts, mayo, piment — mais toujours un carton en dîner. Je harcèle aussi ma grand-mère pour qu’elle me file ses recettes sud-africaines, alors reviens me poser la question dans quelque temps !
7) Quels sont tes projets à venir ?
Je réfléchis toujours à la suite, mais je ne peux pas encore en dire trop. Peut-être quelque chose pour Noël… Suspense !
8) Une anecdote à ton sujet ?
Je suis devenu chanteur complètement par hasard. Je suis né avec une malformation : je suis sourd de l’oreille gauche. Après une opération, j’ai dû réapprendre à parler. Le médecin m’a conseillé de prendre des cours de chant pour m’aider à projeter ma voix. Et… c’est comme ça que tout a commencé.
9) Si tu pouvais passer 48h avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?
Stevie Wonder. Son influence sur moi est immense. Je redécouvre sans cesse des morceaux à lui que je n’avais jamais entendus, et chaque fois, je suis bluffé. Mon héros absolu.
10) Un dernier conseil ?
Le meilleur exercice ? Écouter de la musique, encore et encore. Ce que tu entends, même sans y penser, deviendra ta matière première. Et surtout : sois sympa avec tes ingés son. Toujours.
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