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Quand la soul refait tourner le monde dans le bon sens avec Chris Oledude sur « Turning Tables »

Quand la soul refait tourner le monde dans le bon sens avec Chris Oledude sur « Turning Tables »
  • Publishednovembre 21, 2025

« Cette chanson groove comme un sourire têtu dans une rue en colère, un petit soleil funk qui refuse de s’éteindre tant qu’on n’aura pas remis l’avenir dans les mains de ceux qui le vivent. »

Il y a des morceaux qui arrivent comme des bulletins d’alerte, et d’autres comme des antidotes. Turning Tables fait les deux à la fois. Sous ses atours rétro – un clin d’œil assumé aux 70’s où Marvin Gaye posait les bases du soul-reportage et où Curtis Mayfield transformait les trottoirs en scènes politiques – Chris Oledude injecte un groove clair, immédiat, chaleureux, qui masque à peine l’urgence du propos. Ce n’est pas une chanson engagée à l’ancienne ; c’est une chanson engagée qui sait faire danser. Et à l’heure où les slogans tournent en boucle, ce geste-là a quelque chose de rare.

Chris Oledude a ce timbre tranquille mais déterminé, une voix qui raconte avant même de chanter. Il a l’élégance de ceux qui ont vécu mille fois le monde avant de se décider à le mettre en musique. Dans Turning Tables, sa manière de phraser évoque un narrateur sur un balcon urbain : il regarde, il respire la ville, il décrit la fatigue des petites vies écrasées par l’économie… mais il y met cette lumière douce, presque fraternelle, qui empêche le cynisme de gagner. La basse ronronne comme si elle connaissait déjà la suite de l’histoire, les cuivres flambent par touches rapides, et la batterie avance avec ce pas décidé qui rappelle que la soul a toujours été une marche.

La force du morceau ne tient pas seulement à sa nostalgie délicieusement funk. Elle tient surtout à la franchise de son écriture. Oledude ne moralise pas : il observe. Il transforme des réalités concrètes – l’inflation, l’injustice économique, la lassitude politique – en une pulsation presque joyeuse, comme si la solution, finalement, commençait par une reconquête simple : se remettre en mouvement. On entend là l’écho de son histoire : ces décennies partagées entre militantisme, musique mise en pause, deuils trop lourds, puis ce retour à la création avec une humilité bouleversante. Turning Tables n’est pas une déclaration tonitruante ; c’est une main tendue.

Et derrière le single se dessine déjà l’ombre lumineuse de ce Preacher Man – Vol. 1 qui arrive. On sent, dans ce premier extrait, la promesse d’un album où les grooves seront des sermons doux et les refrains des revendications calmes. Oledude réactive une tradition qu’on pensait éteinte : celle où la musique de contestation était aussi musique de communion, où l’on danse pour se rappeler qu’on existe, qu’on tient debout, qu’on peut encore renverser la table sans renverser la tendresse.

Avec Turning Tables, Chris Oledude signe un retour qui ne hurle pas, mais qui résonne longtemps. Une soul qui regarde l’époque droit dans les yeux, et qui choisit de répondre avec des couleurs, des corps qui bougent, et une vérité dite sans trembler. Une musique qui rappelle que parfois, la révolution commence par un sourire en rythme.

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Written By
Extravafrench

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