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Music Rock

LIQUEEDO sur “English Rose” : Salerno rêve Manchester et ravive la flamme des cœurs oubliés

LIQUEEDO sur “English Rose” : Salerno rêve Manchester et ravive la flamme des cœurs oubliés
  • Publishedfévrier 13, 2026

“English Rose” de LIQUEEDO transforme la nostalgie britpop en déclaration lumineuse pour celles et ceux qui doutent encore de leur propre éclat.

Le premier frisson arrive avant même que la voix ne s’installe. Une guitare qui scintille, légèrement chorusée, comme un ciel du nord après la pluie. Arturo Molinara, alias LIQUEEDO, ne cache jamais son amour pour l’Angleterre fantasmée des années 80 et 90. Mais “English Rose” n’est pas un simple exercice de style : c’est une projection intime, un morceau qui respire la lenteur, la sincérité et ce romantisme presque désarmant que l’on croyait dissous dans l’ère des algorithmes.

Dès les premières mesures, on sent l’ombre bienveillante des Stone Roses et des Smiths planer au-dessus de Salerno. Les guitares nappées dessinent un paysage sonore doux, presque brumeux, tandis que la rythmique avance sans urgence. Le tempo n’impose rien, il accompagne. Ce choix d’espace et de retenue donne au morceau une qualité presque tactile : on a l’impression de pouvoir saisir les accords du bout des doigts.

La voix de LIQUEEDO ne cherche ni la démonstration ni l’effet. Elle flotte, légèrement voilée, avec une fragilité assumée. C’est là que réside la force de “English Rose”. Le morceau parle de celles et ceux qui ignorent leur propre valeur, qui marchent dans le monde sans mesurer la lumière qu’ils diffusent. Thématiquement, le titre pourrait sombrer dans le cliché. Musicalement, il évite l’écueil grâce à une écriture mélodique précise, presque classique, où chaque refrain agit comme une étreinte.

On remarque un soin particulier apporté aux textures : les guitares brillent sans saturer, la basse reste ronde et enveloppante, la batterie préfère la respiration au martèlement. Cette esthétique renvoie à une époque où la production laissait encore passer l’air entre les instruments. LIQUEEDO semble revendiquer cette philosophie : ralentir pour ressentir.

Ce qui me touche personnellement, c’est cette absence de cynisme. “English Rose” ne cherche pas à ironiser sur le romantisme, il l’embrasse frontalement. Dans un paysage saturé de second degré, ce premier degré assumé devient presque subversif. LIQUEEDO ne joue pas à être britannique : il traduit une fascination d’adolescent devenue maturité artistique.

“English Rose” agit comme un rappel délicat : la douceur n’est pas une faiblesse, la lenteur n’est pas un défaut, et la lumière n’a pas toujours besoin d’être criée pour exister. Entre Salerno et Manchester, LIQUEEDO construit un pont sonore où la nostalgie n’est pas fuite, mais résistance.

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Extravafrench

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