Avec “Pole Position”, Mick J. Clark revendique l’élégance easy listening d’un songwriter britannique qui préfère la mélodie à la posture.
On pourrait croire que la douceur n’a plus sa place dans un monde saturé de fracas numériques. Puis arrive “There’s Nothing Anybody Can Do”, et tout ralentit. Une ligne mélodique limpide, une production sans agressivité, une voix qui ne cherche ni la performance ni l’effet. Mick J. Clark, installé à Croydon, en Angleterre, ne court pas après la tendance : il avance à son rythme, convaincu que la chanson reste un art de l’adresse directe.
“Pole Position” s’inscrit dans cette tradition très britannique de la pop adulte, héritière des 80’s, du soft rock et d’un certain romantisme FM. “My Friend Evonne” déploie une tendresse narrative presque cinématographique. Les accords s’ouvrent avec simplicité, la rythmique reste souple, et Clark raconte sans emphase. On sent le songwriter qui a grandi avec la conviction qu’une bonne chanson tient d’abord par son refrain et son honnêteté.
“Just Gimmie Some Lovin’” apporte une respiration plus rythmée. Les guitares se font plus présentes, flirtant avec un R&B poli, presque rétro. Clark ne cherche pas à réinventer le genre : il le traverse avec un sourire discret, fidèle à une écriture qui privilégie l’accessibilité. “Honey You’re a Fool to Cry” poursuit sur cette ligne médiane entre country légère et ballade pop, où les harmonies prennent le temps de s’installer.
“Why Oh Why” et “What Are We Together For” s’inscrivent dans une veine introspective. Le tempo modéré, les arrangements mesurés, les chœurs placés avec parcimonie : tout concourt à installer une atmosphère de confidence. Clark compose comme on écrit une lettre, sans détour inutile. Cette économie de moyens devient presque sa signature.
Sur “Goodbye My Love”, la mélancolie s’assume pleinement. Les guitares se font plus enveloppantes, la voix légèrement plus fragile. Le morceau évoque ces balades nocturnes où la ville semble plus grande que soi. “Everybody Needs a Place to Hide” élargit le propos, presque universel, avec une montée en intensité contenue, jamais démonstrative.
“Walking Down 5th Avenue” injecte une touche plus lumineuse, presque cinématographique, comme une carte postale new-yorkaise vue depuis l’Angleterre. Enfin, “This Is Where My Heart Belongs” referme l’album avec une affirmation simple : le cœur, malgré les détours, sait toujours revenir à son point d’ancrage.
“Pole Position” ne cherche ni la rupture ni la provocation. Il revendique une place dans la tradition des songwriters britanniques qui misent sur la constance, la mélodie et la sincérité. Dans une époque où tout doit aller vite, Mick J. Clark choisit la ligne claire. Et parfois, cette fidélité à soi-même devient en soi un acte presque audacieux.
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