« Un uppercut post-punk qui ne demande pas pardon et transforme la colère en arme de séduction massive. »
Il y a des débuts qui s’excusent presque d’exister. Et puis il y a “SORRY NOT SORRY”, premier single d’Ellen and the Boyz, qui débarque comme une porte qu’on claque au nez d’une relation toxique. Pas de détour, pas de demi-mesure : l’attaque est frontale, sarcastique, jubilatoire.
Dès l’intro, la guitare tranche dans le vif. Le riff est sec, tendu, presque insolent. La section rythmique cogne avec cette nervosité post-punk qui rappelle les élans abrasifs d’Amyl and the Sniffers ou la tension anguleuse de Ditz, mais avec une fragilité emo qui affleure sous la surface. Ce n’est pas qu’un exutoire, c’est une mise à nu sous stroboscope.
Ellen Wallace, elle, ne joue pas la victime. Sa voix est puissante, effrontée, presque théâtrale dans sa façon de mordre les syllabes. Elle décortique la toxicité d’une relation avec un homme cis sans détour, et surtout sans chercher l’approbation. Chaque “sorry” sonne comme une gifle ironique. Le refrain s’imprime vite, mais ce n’est pas un slogan creux : c’est une prise de pouvoir.
On sent l’énergie du live, cette manière qu’a le groupe de concevoir la scène comme un champ de tension et de libération. Sélectionnés aux Inouïs du Printemps de Bourges, déjà bien rodés aux tournées hexagonales, ils arrivent avec une urgence qui dépasse le simple cadre indie rock. Il y a là une génération qui refuse de se taire, qui danse dans le chaos et qui transforme la brutalité vécue en communion électrique.
“SORRY NOT SORRY” n’est pas seulement un premier single prometteur. C’est une déclaration d’intention. Et clairement, ils ne sont pas là pour demander la permission.
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