x
Music Rock

Thriller glam-rock hanté entre Bowie et Joy Division : voici Garrett Anthony Rice sur “The Prisoner”

Thriller glam-rock hanté entre Bowie et Joy Division : voici Garrett Anthony Rice sur “The Prisoner”
  • Publishedfévrier 24, 2026

“The Prisoner” révèle Garrett Anthony Rice comme un conteur nocturne : un single où l’ombre parle, se renverse et finit par s’engloutir elle-même.

La première écoute m’a laissé une sensation étrange, presque cinématographique. Pas l’effet d’un simple morceau rock, mais celui d’un huis clos mental. “The Prisoner” ne démarre pas, il s’installe. Une tension latente, une basse qui avance comme un pas dans un couloir humide, des guitares qui semblent flotter dans une lumière froide.

Garrett Anthony Rice, originaire de Greystones en Irlande, puise clairement dans l’ADN de Joy Division et dans la dramaturgie de David Bowie. On ne parle pas ici d’un simple hommage stylistique. Il y a dans “The Prisoner” ce goût du récit incarné, cette capacité à faire d’une chanson un théâtre miniature. L’influence bowienne se ressent dans la construction narrative : un personnage, une voix intérieure, une bascule.

L’histoire est sombre — un tueur en série qui dialogue avec sa captive avant de devenir lui-même prisonnier — mais la musique refuse le sensationnalisme. La production, signée Chris Potter, reste élégante. La batterie de Geoff Dugmore martèle avec précision, sans lourdeur. Les guitares apportent une dimension presque post-punk, tendue, tandis que la basse installe une profondeur obsédante. Les effets, subtils, enveloppent le tout d’un halo spectral.

Ce qui me frappe, c’est la dynamique. Le morceau évolue réellement de l’obscurité vers une forme de clarté, avant de replonger. Cette oscillation crée une instabilité émotionnelle fascinante. On ne sait jamais si l’on assiste à une confession sincère ou à une manipulation supplémentaire. Garrett joue avec cette ambiguïté.

Vocalement, il ne surjoue pas la menace. Il choisit une interprétation mesurée, presque distante. C’est précisément ce détachement qui rend le récit plus glaçant. La lumière ne vient jamais totalement dissiper l’ombre.

Enregistré entre Londres et Bournemouth, “The Prisoner” possède cette finition professionnelle qui évite toute rugosité inutile, sans pour autant lisser l’intention. Garrett Anthony Rice s’impose ici comme un artiste qui préfère raconter des histoires dérangeantes plutôt que flatter.

“The Prisoner” n’est pas un single confortable. C’est une plongée. Une chanson qui laisse une trace, comme un écho dans une pièce vide. Et c’est précisément pour cela qu’elle compte.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture