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mkDUBBY balance « Coming Undone » et c’est d’une beauté sonore profondément troublante

mkDUBBY balance « Coming Undone » et c’est d’une beauté sonore profondément troublante
  • Publishedmars 16, 2026

« Coming Undone » de mkDUBBY trouve dans la dub poetry le seul langage capable de dire ce que les synthés analogiques ne peuvent pas exprimer seuls, et l’alchimie entre les deux est vertigineuse.


Bidjigal Land, Earlwood, Sydney. Morgan Kennedy Watt a construit son studio de ses propres mains sur cette terre et ce détail géographique et politique n’est pas anecdotique : Heritage Studios porte en lui une relation au lieu, une façon d’ancrer la création dans quelque chose de plus grand que la musique elle-même. mkDUBBY ne fait pas de la musique dans un vide stérile. Il la fait depuis un territoire, avec tout ce que ça implique de responsabilité et de conscience.

« Coming Undone » arrive comme une dérive contrôlée. Les fondations dub sont là, rythmiques, conduites, avec cette pulsation basse et irréductible qui a toujours été la colonne vertébrale du genre depuis Kingston jusqu’aux studios londoniens d’Adrian Sherwood. Par-dessus, les synthés analogiques construisent leur architecture de textures avec la patience d’un Eurorack qu’on laisse parler, ces modulations qui évoluent imperceptiblement et transforment l’écoute en quelque chose de presque méditatif, de presque hypnotique.

Et puis la voix arrive. Pas chantée : dite. La dub poetry comme tradition orale caribéenne et britannique, Linton Kwesi Johnson comme ancêtre revendiqué en filigrane, cette façon de poser des mots sur des rythmes qui n’ont pas besoin d’eux mais qui les accueillent comme une révélation. mkDUBBY utilise ce format avec une vulnérabilité rare, explorant la tension entre l’effondrement structurel, l’isolement social contemporain et la libération personnelle sans jamais choisir définitivement entre les trois.

Ce qui rend « Coming Undone » particulièrement saisissant, c’est ce paradoxe au cœur du titre lui-même : se défaire comme condition de la liberté plutôt que comme symptôme de la défaite. L’écoute d’Aphex Twin pour l’espace, de John Coltrane pour la façon de laisser une ligne mélodique respirer, de Bonobo pour la chaleur organique et de Nala Sinephro pour la texture spirituelle : cette constellation d’influences produit quelque chose qui n’appartient à aucune d’elles mais qui leur doit tout.

Spacek rencontre LKJ avec une touche d’Adrian Sherwood, dit le presskit. La formule est juste et mérite d’être entendue.

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Written By
Extravafrench

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