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French Music Rap

Vakam règle ses comptes avec ses « Mes Démons » accompagné de Pixiedust

Vakam règle ses comptes avec ses « Mes Démons » accompagné de Pixiedust
  • Publishedmars 31, 2026

« Mes Démons » est le morceau que Vakam n’aurait peut-être pas voulu écrire : celui où les mots servent vraiment de manteau, où le froid de Laval se sent dans chaque syllabe, et où rester debout ressemble à un acte de résistance quotidien.


Le froid forge les âmes. Vakam le dit dans sa biographie avec cette concision poétique des gens qui ont trouvé la phrase exacte pour décrire quelque chose qu’on ne peut pas vraiment expliquer autrement. Montréal-Laval n’est pas un endroit qu’on cite souvent dans les chroniques musicales européennes, et cette invisibilité géographique fait partie de ce que Vakam transporte dans son rap : la nécessité de parler depuis un endroit que les autres n’imaginent pas, de donner une forme sonore à une réalité que personne n’est venu documenter à sa place.

« Mes Démons » s’installe dès les premières secondes avec cette densité particulière des morceaux qui n’ont pas été faits pour plaire mais pour purger. Le cloud hop et la trap cohabitent dans la production avec une tension productive : l’atmosphère brumeuse du premier enveloppe les aspérités du second, crée cet espace flottant entre le corps et la tête où certaines vérités se disent plus facilement qu’en pleine lumière. Les basses arrivent avec le poids de ce qu’elles portent, pas de la brutalité gratuite mais cette lourdeur précise de quelque chose qui refuse de se laisser ignorer.

Le français et l’anglais s’alternent avec une naturalité qui parle de Montréal autant que de l’artiste : cette ville bilingue où les deux langues se croisent dans la même phrase, où choisir l’une plutôt que l’autre serait amputer quelque chose de réel. Vakam n’a pas choisi : il rappe dans les deux, laisse chaque langue occuper l’espace qu’elle mérite selon ce que le vers demande, et cette liberté formelle produit un flux qui ressemble davantage à la pensée qu’à la performance.

Ce qui traverse « Mes Démons » comme un courant électrique discret, c’est cette combinaison particulière d’agressivité et de tristesse que le titre promet et que le morceau tient intégralement. L’agressivité n’est pas dirigée vers l’extérieur, vers des ennemis nommés ou des provocations adressées : elle est tournée vers l’intérieur, vers ces démons personnels qui ont visiblement été fréquentés de près, intimement. La tristesse vient après, comme une couche plus profonde qu’on atteint une fois que la colère a dit ce qu’elle avait à dire.

Un miroir et une prière, dit Vakam. Un battement de cœur posé sur des prods. Cette façon de décrire sa propre musique avec une humilité qui n’est pas de la fausse modestie mais de la précision : il ne prétend pas changer le monde, il documente ce qui le maintient en vie.

MIZEINC. Laval. Le reste s’écrit en silence.

Sauf « Mes Démons ». Ça, ça s’écrit à voix haute.

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Written By
Extravafrench

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