“No Regrets” de Neitam Am ne cherche pas à effacer le passé, il le regarde en face, lentement, jusqu’à en extraire quelque chose de presque lumineux.
Il y a une douceur particulière dans ce morceau, mais une douceur qui ne vient pas de l’innocence. Elle vient après. Après l’erreur, après la prise de conscience, après ce moment où l’on comprend que l’amour n’a pas été à la hauteur de ce qu’il promettait. “No Regrets” s’installe précisément dans cet espace-là, rarement exploré avec autant de retenue. Pas dans la rupture, pas dans la colère, mais dans ce moment suspendu où quelqu’un revient, non pas pour reconquérir, mais pour réparer.
Ce qui me frappe immédiatement, c’est le choix de ne pas dramatiser. La production lo-fi R&B agit comme un écrin discret, presque fragile, où chaque élément semble volontairement retenu. Les textures sont feutrées, légèrement granuleuses, comme si le morceau avait été enregistré dans un espace intime, à distance du monde. Rien ne déborde, rien ne cherche à impressionner. Et c’est précisément ce minimalisme qui permet à l’émotion de circuler librement.
La voix de Neitam Am porte tout. Elle ne s’impose pas, elle s’infiltre. On y entend clairement cette influence gospel, non pas dans une démonstration vocale, mais dans la manière de poser chaque phrase avec une forme de conviction intérieure. Il y a quelque chose de profondément ancré, presque spirituel, dans sa manière de chanter. Comme si chaque mot avait été pesé, accepté, puis offert sans filtre.
Ce qui rend “No Regrets” particulièrement intéressant, c’est cette idée de guérison dans un genre qui, historiquement, a souvent préféré la douleur brute ou la séduction. Ici, la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, elle devient un outil de transformation. Le morceau ne cherche pas à séduire l’auditeur, il cherche à créer un espace où l’on peut reconnaître ses propres erreurs sans s’y enfermer.
Je ressens ce titre comme une forme d’intégration. Pas un dépassement, pas un oubli, mais une manière d’absorber les expériences, même les plus inconfortables, pour en faire quelque chose de cohérent. Cette dualité entre la “church girl” et l’expérience amoureuse plus complexe ne crée pas de contradiction, elle crée une profondeur.
À la fin, il ne reste pas une conclusion claire. Il reste une sensation plus subtile. Celle d’avoir assisté à un moment de vérité, calme, presque silencieux. Et dans ce silence, quelque chose s’apaise. Pas totalement. Mais suffisamment pour avancer.
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