x
Music Now Rap

Osana AD et son journal intérieur sous tension, entre Port Harcourt et le béton anglais sur “FISCHER’S”

Osana AD et son journal intérieur sous tension, entre Port Harcourt et le béton anglais sur “FISCHER’S”
  • Publishedavril 14, 2026

“FISCHER’S” d’Osana AD sonne comme une pensée qu’on n’arrive pas à taire — une boucle mentale devenue musique.

Je l’ai pris de biais, ce morceau. Pas frontalement, pas comme un single à analyser, mais comme un espace à traverser. “FISCHER’S” ne s’offre pas immédiatement, il s’accroche. Il insiste. Il revient. Et à force, il finit par imposer son rythme intérieur.

Ce qui frappe, c’est cette sensation d’entre-deux permanent.

Osana AD ne se situe jamais complètement. Ni dans un hip-hop pur, ni dans une hybridation afro évidente. Il glisse. Il déplace les codes sans les casser. Le beat lui-même semble hésiter entre ancrage et flottement — une rythmique qui avance, mais avec une forme de retenue, presque comme si elle se surveillait.

Et cette retenue devient un langage.

La production reste volontairement contenue. Pas de surcharge, pas d’explosion. Juste des textures qui s’installent progressivement, des basses qui soutiennent sans écraser, et des éléments sonores qui apparaissent puis disparaissent comme des pensées parasites.

C’est une musique de l’intérieur.

La voix d’Osana AD ne cherche pas à dominer le morceau. Elle s’y inscrit, avec une forme de précision presque introspective. Chaque phrase semble pesée, mais jamais figée. Il y a une fluidité, une manière de laisser les mots respirer, de ne pas tout verrouiller.

On sent l’influence de ses deux mondes.

Port Harcourt en filigrane — dans la musicalité, dans certaines inflexions, dans ce rapport instinctif au rythme. Et le Royaume-Uni, plus froid, plus structuré, dans la manière de construire le morceau, de poser la voix, de gérer les silences.

“FISCHER’S” devient alors un point de rencontre.

Pas un mélange. Une cohabitation.

Ce que j’aime particulièrement, c’est cette capacité à maintenir une tension douce. Rien n’est dramatique, mais rien n’est totalement apaisé non plus. Le morceau reste en équilibre, comme suspendu entre plusieurs états émotionnels.

Et dans cet équilibre, quelque chose de très contemporain émerge.

Une manière de parler sans trop expliquer. De suggérer plutôt que d’imposer. De laisser à l’auditeur la place de projeter ses propres fragments.

“FISCHER’S” ne cherche pas à marquer immédiatement.

Il s’installe autrement.

Comme une pensée persistante, un motif discret qui revient sans prévenir — et qui, sans faire de bruit, finit par occuper tout l’espace.

Pour découvrir plus de nouveautés RAP, HIP-HOP, TRAP et DRILL n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVARAP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture