« “We Want Funkey!” d’Audren pulse comme une injonction lumineuse, un appel à secouer le réel jusqu’à en faire tomber la grisaille. »
Le corps réagit avant même que l’esprit ne comprenne. Une basse claque, souple, presque insolente, et déjà quelque chose se relâche. Audren n’introduit pas son morceau, elle le déclenche. “We Want Funkey!” agit comme un réflexe vital, une réponse instinctive à un climat trop lourd pour rester immobile.
Ce qui frappe immédiatement, c’est cette sensation de fluidité maîtrisée. Le groove ne cherche jamais l’exploit technique visible, mais repose sur une précision redoutable. La basse de Federico Malaman glisse avec une élégance féline, chaque note semblant anticiper la suivante sans jamais tomber dans la démonstration. Autour, les cuivres orchestrés par Christian Martinez viennent ponctuer l’espace avec une énergie solaire, presque théâtrale, comme des éclats de lumière qui traversent la structure.
Audren, elle, se place au centre sans jamais écraser. Sa voix joue sur un équilibre subtil entre chaleur et distance, invitation et retenue. Il y a dans son interprétation quelque chose de profondément incarné, mais jamais pesant. Elle ne force pas la joie, elle la suggère, elle la rend accessible, comme une porte qu’on n’osait plus ouvrir.
Ce qui rend “We Want Funkey!” particulièrement intéressant, c’est sa capacité à détourner les codes du funk sans tomber dans l’exercice nostalgique. Oui, l’ombre de Prince plane quelque part, tout comme certaines textures évoquent Kool & The Gang, mais le morceau refuse la citation directe. Il préfère absorber ces influences pour les réinjecter dans une dynamique plus contemporaine, plus libre.
Personnellement, ce qui m’a accroché, c’est cette tension discrète entre légèreté et nécessité. Derrière l’énergie dansante, il y a une forme de résistance. Une manière de refuser l’apathie ambiante, de revendiquer le plaisir comme un acte presque politique. Danser ici n’est pas une échappatoire, c’est une prise de position.
La production, signée aux côtés de Chris Rime, renforce cette impression d’équilibre. Chaque élément trouve sa place sans saturer l’espace. Le morceau respire, circule, évolue sans jamais s’alourdir. Une architecture sonore pensée pour le mouvement, mais aussi pour l’écoute attentive.
“We Want Funkey!” ne demande pas la permission. Il s’impose comme une évidence physique. Et dans ce monde saturé d’informations et de tensions, cette évidence-là devient précieuse. Un rappel simple mais essentiel. Le corps sait encore des choses que l’esprit a oublié.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
