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Judith Owen sort « Suit Yourself » : treize façons de mettre le jazz en talons, le blues à table et la soul au bord du vertige

Judith Owen sort « Suit Yourself » : treize façons de mettre le jazz en talons, le blues à table et la soul au bord du vertige
  • Publishedmai 6, 2026

« De « That’s Why I Love My Baby » à « Inside Out », Judith Owen transforme « Suit Yourself » en cabaret total : un album jazz-blues-big band où chaque titre ressemble à une scène, une humeur, une robe qu’on enfile pour survivre avec panache. »

Judith Owen lève un rideau. « Suit Yourself » a cette allure des grandes entrées nocturnes : un pied dans La Nouvelle-Orléans, l’autre dans une mémoire jazz qui refuse de devenir musée, la main posée sur l’épaule du blues comme sur un vieux complice mal élevé. Enregistré aux Esplanade Studios, l’album réunit les Gentlemen Callers, le JO Big Band et des invités comme Davell Crawford, Joe Bonamassa et le Tonya Boyd-Cannon Choir, dans une œuvre pensée comme le grand théâtre de ses dernières métamorphoses : jazz, blues, big band, songwriting brûlant et personnalité qui déborde du cadre.

L’ouverture avec « That’s Why I Love My Baby » donne immédiatement le ton : sexy, sophistiquée, presque cinématographique, Judith Owen y avance comme une femme qui connaît le pouvoir d’un sourire bien placé. « Blue Skies » vient ensuite éclaircir la pièce, mais sans naïveté : chez elle, le ciel bleu n’est jamais juste bleu, il garde toujours une ombre élégante sous le vernis. « To Your Door » resserre le cadre, plus intime, comme une adresse murmurée à quelqu’un qu’on attend trop longtemps, tandis que « If I Were a Bell » pétille avec cette grâce théâtrale des standards qui savent encore faire claquer les talons sur le parquet.

Puis « Today I Sing The Blues », avec Davell Crawford, descend plus profond : c’est moins une plainte qu’une confession tenue debout par la classe. « Moanin’ », porté par le JO Big Band, ouvre les épaules, fait entrer le cuivre, la sueur, la ville entière. « Shall We Dance? » joue la carte du mouvement, mais d’un mouvement chargé de sous-texte : danser, chez Owen, c’est souvent flirter avec ce qu’on ne dit pas.

« Spooky » étire le trouble sur cinq minutes, tout en velours noir, regard de côté, danger chic. « Have a Good Life » possède, rien que dans son titre, cette politesse assassine des adieux qui ont trop bien appris à se tenir. Avec « Mind Is On Vacation », Joe Bonamassa ajoute une guitare incandescente, presque insolente, qui vient lacérer l’ironie du morceau. « Evil Gal Blues », de nouveau avec le JO Big Band, assume le grand numéro : Judith Owen y cabotine juste ce qu’il faut, mord, sourit, plante ses griffes dans l’histoire du blues.

« Since I Fell for You » ralentit le cœur, laisse la voix prendre toute la place, dans une interprétation qui semble regarder l’amour comme une chute dont on connaît déjà le prix. Enfin, « Inside Out », avec le Tonya Boyd-Cannon Choir, ramène l’album vers une ferveur gospel, comme si tout ce théâtre, toutes ces poses, toutes ces brûlures finissaient par chercher une forme de rédemption collective.

« Suit Yourself » n’est pas seulement une collection de titres bien choisis. C’est une revue complète, un album-costume, un miroir à facettes où Judith Owen passe du glamour au spleen, du swing à la morsure, de l’intime au grand orchestre sans jamais perdre son centre : cette voix capable de séduire, provoquer, consoler et remettre le feu à des classiques comme si elle venait de les surprendre en flagrant délit de modernité.

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Written By
Extravafrench

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