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Books Of Moods fait de « Dreams » le plus beau mensonge qu’on ait envie de croire

Books Of Moods fait de « Dreams » le plus beau mensonge qu’on ait envie de croire
  • Publishedmai 19, 2026

« Books Of Moods ouvre « Dreams » comme une bobine de cinéma intérieur, où chaque souvenir semble plus vrai parce qu’il n’a peut-être jamais eu lieu. »

La question tient en une phrase, presque dangereuse : et si tout cela n’était qu’un rêve ? Hugo Sailer, derrière Books Of Moods, ne cherche pas à y répondre. Il préfère construire autour d’elle un album entier, onze titres comme onze chambres dans une maison mentale où l’on reconnaît des lieux sans être certain d’y être déjà allé. « Dreams », premier album du projet parisien, a cette qualité rare des disques qui ne forcent pas l’émotion : ils l’installent dans un coin, la laissent respirer, puis attendent qu’elle nous rattrape.

Tout commence par « Space, Pt. 1 », ouverture en apesanteur, presque un générique sans images, comme si l’album flottait encore avant de choisir une forme. « Slow Day » ralentit ensuite le pouls : ici, la lenteur devient une esthétique, une façon de regarder les choses jusqu’à ce qu’elles révèlent leur mélancolie. Puis « Dreams » arrive comme le centre mou du labyrinthe, morceau-titre et question ouverte, entre pop cinématographique et nostalgie légèrement irréelle.

« Travel » déplace le décor sans vraiment quitter l’intérieur de soi. On voyage moins d’un endroit à l’autre que d’un souvenir à sa version rêvée. « Gaia », plus contemplatif, ramène la matière au vivant, à la terre, à une forme de calme presque organique. « Space, Pt. 2 », court interstice, agit comme une respiration coupée : une porte entrouverte sur l’infini, juste assez longtemps pour désorienter.

La seconde moitié du disque accepte davantage la lumière. « Holidays » garde l’odeur des étés qui finissent trop vite, des amitiés qu’on croyait éternelles parce que le soleil mentait bien. « Happiness », déjà paru comme premier single du projet, prend ici une autre couleur : moins simple éclat de joie qu’archive fragile d’un moment qu’on voudrait conserver intact. « Sunday Mood » a la douceur floue des fins de week-end, quand la vie recommence à faire du bruit derrière la fenêtre. Puis « Fashion Romance » électrise le rêve : désir, allure, vitesse, tout devient plus brillant, plus dangereux, presque extroverti.

Et enfin « Amoureux ». Le seul titre en français. La sortie du songe par la langue maternelle. Comme si, après avoir traversé l’espace, la lenteur, le voyage, l’été et les mirages, Books Of Moods trouvait enfin l’endroit exact où poser le cœur. Produit seul par Hugo Sailer dans son home studio parisien, écrit, joué, enregistré et pensé avec une cohérence d’auteur total, « Dreams » ne ressemble pas à un premier album qui cherche à prouver. Il ressemble à un film qu’on aurait rêvé avant de l’écrire. Une œuvre douce, précise, un peu spectrale, qui confirme que Books Of Moods sait faire de la pop un art de la réminiscence.

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Written By
Extravafrench

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