« Né d’un rêve et gardé quinze ans dans un coin de mémoire, « Only Love » révèle chez Mark Moule une folk-pop humble, spirituelle et profondément humaine. »
Il y a des chansons qui arrivent comme des urgences. D’autres patientent dans l’ombre, font leur nid dans la poitrine, attendent que la vie donne enfin la bonne lumière. « Only Love », le titre central du premier EP de Mark Moule, appartient à cette deuxième famille : celle des morceaux longtemps portés, presque gardés au chaud, jusqu’au moment où leur évidence devient impossible à repousser. Quinze ans pour qu’une idée prenne corps, c’est énorme à l’échelle de l’industrie musicale. À l’échelle d’une âme, c’est parfois le temps exact qu’il faut.
Depuis Busselton, en Australie, Mark Moule signe un EP sans vernis spectaculaire, mais avec cette sincérité rare qui ne cherche pas à paraître plus grande qu’elle n’est. Enregistré dans la pièce musique d’un ami, Andy McManus, rencontré sur la scène locale des open mics, « Only Love » garde la trace de cette première aventure de production : quelque chose d’imparfait peut-être, mais de vivant, de vrai, de presque tactile. On entend moins un produit fini qu’un passage de seuil.
« Coming Down » ouvre l’EP comme une descente lente après l’orage. Le titre porte en lui une gravité douce, celle d’un homme qui regarde la réalité revenir après l’intensité, avec une écriture nourrie par cette sensibilité à la Cat Stevens ou Phil Collins : mélodique, directe, émotionnelle sans devenir sucrée. Puis « Only Love » arrive comme le cœur battant du projet, avec cette première strophe née d’un rêve. Ce détail change tout. Il donne au morceau une aura presque prémonitoire, comme si la chanson avait précédé son auteur, comme si elle l’avait attendu.
« Where’s The Money Gone » déplace ensuite le regard vers une inquiétude plus terrestre, plus sociale, presque amère. Après l’amour comme refuge, voilà la question du manque, des comptes, du monde qui use les gens ordinaires. Mark Moule ne se déguise pas en chroniqueur politique, mais il laisse passer une lucidité simple : l’émotion ne flotte jamais très loin des réalités matérielles.
Enfin, « Killer » referme l’ensemble sur une tension plus sombre, comme une ombre portée au tableau. Le mot claque, sec, presque brutal, et donne à l’EP un relief inattendu. Derrière les harmonies rêveuses, les couleurs blues, gospel, easy listening ou dream pop, il y a une inquiétude qui insiste.
« Only Love » touche justement parce qu’il ne cherche pas à impressionner. Mark Moule écrit comme quelqu’un qui a longtemps vécu avec ses chansons avant de les laisser sortir. Et cette patience s’entend : dans la fragilité, dans la pudeur, dans cette conviction simple que l’amour, même quand tout vacille, reste peut-être la dernière langue capable de nous tenir debout.
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