x
Music Now Pop RnB

Nia Marie a pleuré sur un canapé, puis « Selfish » a tout dit à sa place

Nia Marie a pleuré sur un canapé, puis « Selfish » a tout dit à sa place
  • Publishedmai 27, 2026

« « Selfish » marque le retour de Nia Marie comme une confession R&B à cœur ouvert, née dans l’après-coup d’une rupture, là où la tristesse devient enfin assez précise pour chanter. »

Le chagrin a parfois besoin d’un décor très simple pour devenir une chanson. Pas une falaise dramatique, pas une nuit de cinéma sous la pluie, pas un grand geste destiné à prouver qu’on souffre avec élégance. Pour Nia Marie, « Selfish » commence presque comme une scène que tout le monde connaît trop bien : un canapé chez des amis, des larmes qu’on ne retient plus vraiment, une rupture encore chaude dans la poitrine, et quelqu’un qui finit par dire la seule phrase utile dans ces moments-là : on va en faire quelque chose.

Ce quelqu’un, c’est Juan Arango, producteur, mixeur, masteriseur, mais surtout collaborateur de longue date. Depuis l’arrivée de Nia à New York il y a près de sept ans, leur complicité musicale s’est construite dans la durée, entre écriture, scène et confiance. On sent cette histoire commune dans « Selfish ». Rien n’y paraît forcé. Le morceau ne cherche pas à fabriquer l’émotion en studio ; il semble plutôt l’avoir trouvée déjà là, assise dans la pièce, encore tremblante.

La voix de Nia Marie porte tout le poids du titre. Riche, soul, enveloppante, elle rappelle cette école R&B où la puissance ne se mesure pas seulement au volume, mais à la capacité de laisser une phrase respirer au bord de la cassure. L’influence de H.E.R. se devine dans l’atmosphère moody, dans la manière de faire de l’espace un allié, mais Nia garde sa propre couleur : plus directe, plus confessionnelle, presque conversationnelle par moments.

La production de Juan Arango avance avec finesse, entre textures rythmiques, profondeur contemporaine et petits détails presque domestiques. L’idée d’utiliser des sons du quotidien, comme le bruit d’un verre de whiskey avec des glaçons, donne au morceau une matière intime, comme si la chanson gardait les traces de la soirée où elle est née. Ce détail aurait pu être anecdotique ; il devient symbolique. « Selfish » n’est pas seulement une chanson sur une séparation. C’est une chanson sur le moment où l’on transforme le désordre en forme, où l’on reprend possession de sa peine en la rendant audible.

Après plus de trois ans sans sortie, ce single agit comme une vraie réintroduction. Nia Marie ne revient pas avec une posture, mais avec une faille assumée. Formée depuis l’enfance à la musique, passée par le violon classique, le piano contemporain, l’écriture puis Berklee, elle ne donne jamais l’impression d’utiliser son bagage pour impressionner. Elle s’en sert pour aller plus près de la vérité.

« Selfish » touche parce qu’il ne maquille pas la vulnérabilité. Il la laisse couler, puis la cadre juste assez pour qu’elle devienne une chanson. Une ballade alternative R&B sombre, élégante, humaine, qui rappelle que les ruptures ne produisent pas seulement des silences et des regrets : parfois, elles ouvrent aussi un nouveau chapitre artistique. Et celui de Nia Marie commence avec une sincérité désarmante.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture