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Music Pop

Vous allez adorer « Maybe Once » de James M LaRocque

Vous allez adorer « Maybe Once » de James M LaRocque
  • Publishedmai 27, 2026

« Dans « Maybe Once », James M LaRocque habille le naufrage sentimental d’une élégance malicieuse : deux mélodies se croisent, les espoirs se contredisent, et l’amour perd son sérieux juste à temps. »

L’amour a souvent cette manie grotesque de commencer en cinémascope et de finir en gag. Au début, tout semble orchestré par une main invisible : désir, attente, promesse, ce petit vertige ridicule qui nous fait croire que la vie vient enfin de trouver son bon refrain. Puis la chanson change de tonalité. Le charme devient agacement, l’élan devient rancune, la personne qu’on idéalisait trop fort devient soudain celle dont on connaît trop bien les défauts. « Maybe Once » de James M LaRocque s’installe précisément dans cette bascule-là, avec un sourire en coin et une science musicale bien plus fine qu’elle n’en a l’air au premier passage.

Le musicien de Minneapolis signe ici une chanson tongue-in-cheek sur les relations, leur grande entrée pleine de soie et leur sortie parfois beaucoup moins glorieuse. Le titre lui-même a quelque chose de délicieux : “peut-être une fois”, comme si l’amour était une tentative qu’on accepte de refaire malgré tous les avertissements, par faiblesse, par curiosité, ou simplement parce que le cœur n’apprend jamais aussi vite qu’il prétend.

Mais le vrai sel de « Maybe Once » réside dans son écriture musicale. LaRocque y combine deux mélodies simultanées grâce au contrepoint, cette technique que l’on retrouve autant chez Bach, Mozart ou Beethoven que dans « For No One » des Beatles, où le cor français dialogue avec la voix de McCartney. Ici, ce procédé n’a rien d’une coquetterie savante posée pour impressionner. Il devient presque une métaphore sentimentale : deux lignes avancent ensemble sans forcément dire la même chose, comme deux personnes dans une relation qui croient chanter le même morceau avant de réaliser qu’elles suivent des partitions différentes.

On retrouve là tout l’éclectisme de James M LaRocque, multi-instrumentiste formé entre Michigan et Minnesota, passé par le big band, le jazz, la country, le rock, le punk, l’expérimental et les bizarreries lounge. Son univers refuse l’uniforme. « Maybe Once » le confirme : indie pop mélodique dans l’allure, singer-songwriter dans le nerf, pop rock dans la tenue, mais traversé par une drôlerie légèrement désabusée qui évite au morceau de devenir une simple bluette.

Ce qui rend la chanson attachante, c’est qu’elle ne condamne pas l’amour avec gravité. Elle se moque de lui comme on se moque d’un vieil ami trop théâtral. Derrière la légèreté, il y a une vraie lucidité : les histoires commencent parfois avec longing, desire and hope, puis s’abîment dans la déception, voire dans une forme de haine absurde. “C’est la vie”, dirait Pépe le Pew, et LaRocque semble accepter cette absurdité avec assez de tendresse pour ne pas devenir cynique.

« Maybe Once » est donc une petite mécanique pop pleine d’esprit, fabriquée sans IA, avec cette humanité imparfaite qu’on reconnaît aux artistes qui ont trop joué, trop essayé, trop aimé la musique pour la réduire à une formule. James M LaRocque y prouve qu’une chanson peut être drôle sans être légère, savante sans être froide, et romantique sans croire une seconde au conte de fées. Parfois, l’amour rate. Au moins, ici, il rate en contrepoint.

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Written By
Extravafrench

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