« « Move » révèle le versant le plus lumineux de BADSQUATCH : une alt-pop bondissante, dopée aux fantômes des années 80, aux refrains de workout et à cette joie volontairement trop grande pour rester assise. »
Il fallait bien qu’un sasquatch chanteur vienne rappeler une vérité essentielle : parfois, la musique n’a pas besoin d’être torturée pour être mémorable. Elle peut simplement débarquer en sueur fluo, sourire trop large, bassline en main, et décider que la journée mérite un peu plus de mouvement. Après un premier single sombre, industriel, rugueux, presque chargé de self-loathing, BADSQUATCH change radicalement de décor avec « Move ». Et ce contraste est précisément ce qui rend le projet plus intriguant qu’un simple exercice de style.
« Move » est le deuxième single extrait du premier album de quatorze titres attendu pour 2026, et il fonctionne comme une sortie de tunnel en plein néon. Là où le morceau précédent plongeait dans une matière plus noire, celui-ci allume les projecteurs, enfile les baskets, et choisit la légèreté comme arme. Pas une légèreté molle, mais une énergie volontaire, presque sportive, taillée pour les playlists dance, les séances de cardio, les trajets où l’on a besoin de se convaincre que tout peut repartir avec un bon tempo.
BADSQUATCH, alias l’insaisissable singing sasquatch, frontman du groupe dystopian party rock The Party After et désormais artiste solo, cultive déjà une identité qui refuse la normalité plate. Il y a dans « Move » quelque chose d’absurde et de très réjouissant : une manière d’embrasser les influences de chansons de workout cheesy sans les regarder de haut. Le morceau comprend que le mauvais goût assumé peut devenir une force quand il est porté avec assez de conviction, de rythme et de panache.
Musicalement, « Move » navigue entre alt-pop, alternative dance et rock 80s, avec cette sensation de refrain pensé pour être crié devant un miroir autant que dans une salle. On imagine des synthés lumineux, une pulsation simple mais efficace, une énergie qui ne cherche pas à paraître cool à tout prix. Au contraire, le titre gagne parce qu’il accepte d’être fun, physique, un peu oversized, comme si BADSQUATCH avait décidé de transformer la salle de sport en karaoké post-apocalyptique.
Ce qui séduit, c’est la dualité promise par l’univers de l’artiste. Passer d’un morceau industriel sombre à « Move » suggère un album qui ne restera pas docilement dans une case. BADSQUATCH semble plus intéressé par les collisions que par les lignes droites : le bizarre et le populaire, la dystopie et la fête, l’ombre et le cardio, l’ironie et l’adhésion totale. « Move » pourrait n’être qu’un bop léger ; il devient aussi un indice sur l’amplitude d’un projet qui s’annonce volontairement imprévisible.
Le récent lien avec Headity management, aux côtés d’un roster ancré dans les scènes rock et metal, ajoute encore à cette curiosité. BADSQUATCH arrive avec un imaginaire suffisamment étrange pour attirer les amateurs de sons plus lourds, mais « Move » prouve qu’il sait aussi manier la pop comme un bouton d’accélération immédiate.
Au fond, « Move » ne demande pas une grande explication. Il demande un corps. Un pas, une épaule, une envie de secouer la torpeur. BADSQUATCH signe un single énergique, drôle, solaire, presque grotesque dans le meilleur sens du terme : une chanson qui ne prétend pas sauver le monde, mais qui sait très bien le faire danser trois minutes. Et certains jours, c’est déjà une forme de victoire.
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