DATTOLA a le chic des voyages intérieurs : né à Buenos Aires, passé par l’Allemagne et le Royaume-Uni, aujourd’hui entre Paris et la Normandie, il fabrique une électro-pop qui ressemble à une carte postale froissée retrouvée dans une poche. Avec “20 000 Lieues”, deuxième single avant l’EP à venir, il avance en crescendo, batterie presque martiale, mélodie incantatoire, nappes qui se densifient, et ce dialogue savoureux entre l’organique (le violon de Chrysanthos Antoniou) et le synthétique. Le clip, tourné dans les ruines d’un tremplin olympique, prolonge cette sensation de vertige calme : solitude monumentale, retrait, besoin d’air. On a discuté poésie, bizarre, vieux Casio déglingué, screwball comedies, cannelle-rhum et fantasme Björk.
1) Qui es-tu ?
Moi c’est Dattola. Je suis né à Buenos Aires. Avant d’atterrir en France, j’ai vécu en Allemagne et au Royaume Uni. Aujourd’hui, je partage mon temps entre Paris et la Normandie.
2) Quel est ton parcours ?
Vers 10 ans, je voulais devenir poète, alors j’ai commencé à écrire plein de textes. À la maison, tout un tas de trucs tournait sur la platine de mes parents : Kate Bush, Bowie, Depeche Mode, Eurythmics… La musique était un truc vital ! L’envie de composer est venue assez naturellement. Mes premières chansons sont nées sur un vieux clavier Casio déglingué et en bidouillant sur le logiciel Fuityloops. Et puis, j’ai eu envie de sortir de ma chambre. J’ai joué dans des bars à Paris. Les rencontres m’ont permis de structurer peu à peu mon projet et de diffuser ma musique.
3) Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?
Je fabrique une sorte d’électro pop instinctive qui combine sons synthétiques et organiques. Quand je compose un titre, il y a toujours l’envie d’assembler une mélodie, un groove et du bizarre. Comme j’adore le cinéma, je mets beaucoup d’énergie dans la production de vidéos. C’est bien sûr un outil de promo, mais pour moi c’est surtout une façon de me faire plaisir et de donner une autre dimension aux chansons.
4) Quelles sont tes inspirations ?
Il y a des disques qui me poursuivent depuis des années. “The Dreaming” de Kate Bush, par exemple, a été une énorme claque dont je ne me suis toujours pas remis. À chaque écoute, j’y découvre de nouvelles choses ! Le cinéma est aussi une immense source d’inspiration. Je suis un grand fan des Screwball Comedies des années 30. Il y a une folie et un sens du burlesque qu’on ne trouve que dans ces films.
5) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? (cite quelques noms d’artistes et/ou chansons)
Quand je compose, c’est plutôt le moment où je n’écoute rien. Dernièrement, j’écoute en boucle “Cosmic Opera”, le dernier album de Labrinth qui est complètement barré. Et puis, il y a aussi Mk.Gee et son album “Two Star & the Dream Police”. C’est hallucinant ce que ce type réussit à faire avec sa guitare !
6) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
Je maîtrise pas mal le crumble aux pommes et poires. Alors évidemment, il faut de la cannelle, des petits raisins préalablement marinés dans du rhum avec le petit sablage bien croustillant qui va bien.
7) Quels sont tes projets à venir ?
Un nouvel EP est prêt à sortir dans les prochaines semaines. Et je viens de tourner le clip du prochain single qui est en cours de montage. On est allé chercher la neige dans le Vercors pour faire de belles images.
8) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Le tournage de “La Discorde” a été particulièrement intense. On a passé deux jours à tourner en courant dans le froid et la brume. Les comédiens ont particulièrement donné de leur personne. L’un d’eux a même atterri dans un étang glacé pour les besoins d’une scène. Bref, on s’est bien amusé !
9) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée, ce serait qui ?
Björk, c’est le fantasme absolu ! Ce serait une belle occasion de découvrir l’arrière-cuisine de ses prods.
10) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
Créer, créer, créer !
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