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Willy Delphia fait vaciller les certitudes sur « Always In The Right »

Willy Delphia fait vaciller les certitudes sur « Always In The Right »
  • Publishedjuillet 27, 2026

« Willy Delphia laisse “Always In The Right” se tendre entre la voix aérienne de Hana Amaya, des batteries lourdes et un piano jazz qui arrive comme la dernière objection d’une dispute jamais vraiment terminée. »

Être toujours dans son bon droit est une position épuisante. Elle oblige à réécrire chaque conflit, à sélectionner les souvenirs qui arrangent et à confondre progressivement conviction et surdité. « Always In The Right » porte cette rigidité dans son titre, mais la musique de Willy Delphia préfère les déplacements, les frottements et les réponses imprévues.

Derrière cet alias se trouve Ben Stewart, claviériste qui transpose son bagage jazz dans une house électronique nourrie par Kerri Chandler, Dan Kye ou Disclosure. Son projet existe aussi sous la forme d’un groupe live, avec samplers, synthétiseurs et un dispositif de percussions complet. Cette double identité — producteur solitaire et musicien de collectif — traverse particulièrement bien ce nouveau single, conçu avec la chanteuse et multi-instrumentiste londonienne Hana Amaya.

La naissance du morceau relève d’une circulation presque spontanée. Stewart commence par mettre en boucle de lourdes batteries issues d’une session avec Sam Notman, puis leur superpose plusieurs couches de synthétiseurs. La base possède déjà une poussée physique, une humeur sombre et une certaine dureté. Lorsqu’il l’envoie à Hana Amaya, celle-ci répond par une note vocale WhatsApp contenant ses premières idées. Ce brouillon immédiat devient finalement l’ossature de la chanson.

Ce détail de fabrication compte, car « Always In The Right » conserve quelque chose de cette première impulsion. La voix ne semble pas avoir été déposée sur une production verrouillée ; elle paraît infléchir sa direction, y introduire du doute et déplacer son centre émotionnel. Hana Amaya chante avec une légèreté presque vaporeuse, mais sa présence ne se dissout jamais dans les synthés. Elle agit comme une brume capable de modifier tout le paysage sans avoir besoin de hausser le ton.

Le contraste avec la batterie donne au titre sa tension la plus immédiate. Les frappes sont denses, insistantes, proches d’une forme de confrontation. Elles poussent le morceau vers la deep house et le UK garage, tandis que les textures synthétiques apportent une profondeur plus introspective. La musique avance donc avec énergie, mais sans produire une euphorie confortable. Quelque chose résiste dans le groove, comme une conversation dont chacun attend encore que l’autre admette sa part de responsabilité.

Le titre peut s’entendre comme un portrait ironique. « Always In The Right » désigne cette personne incapable d’imaginer que sa vérité puisse être partielle. Mais la formule peut aussi fonctionner comme un aveu plus ambigu : celui de quelqu’un qui s’accroche à sa version des faits parce que la remettre en question ferait s’effondrer bien davantage qu’un simple argument.

Willy Delphia ne transforme pas cette idée en récit littéral. Le morceau privilégie l’évocation, laissant la voix, les harmonies et les changements de densité construire une psychologie en mouvement. Cette retenue correspond parfaitement au caractère moody du titre. L’émotion n’est jamais entièrement exposée ; elle circule dans les interstices, entre une percussion trop appuyée, un synthé qui s’élargit et une ligne vocale qui semble s’éloigner au moment où l’on croit l’avoir saisie.

La collaboration prend par ailleurs une direction plus pop que les récents travaux trip-hop de Hana Amaya avec le producteur suisse Tibo Step. Cette orientation ne simplifie pas son identité. Elle rend simplement la chanson plus immédiate, avec une ligne mélodique capable de guider l’écoute au milieu d’une production riche en détails. Le morceau conserve ainsi une accessibilité réelle sans renoncer à ses aspérités.

Le piano solo final constitue son geste le plus révélateur. Après les rythmes, la voix et les synthétiseurs, Willy Delphia revient à son instrument premier. Le jazz surgit non comme une citation décorative, mais comme une nouvelle manière de penser la résolution. Le piano improvise, dévie et reformule. Là où le titre affirmait une certitude absolue, l’instrument introduit soudain la possibilité de plusieurs chemins.

Ce final donne au morceau une élégance particulière. La dispute implicite ne se conclut pas par un verdict. Elle s’ouvre au contraire sur un langage incapable de rester parfaitement droit. Chaque note répond à la précédente tout en envisageant une autre issue, comme si la musique démontrait que l’écoute commence précisément lorsque l’on renonce à avoir raison seul.

Troisième single dévoilé autour du prochain EP de Willy Delphia, « Always In The Right » en sera également le morceau d’ouverture. Ce choix annonce un projet où la house pourra accueillir autant l’impact rythmique que l’improvisation, la pop vocale et l’héritage jazz de Ben Stewart.

Le morceau commence par une position inflexible. Il se termine sur un piano qui refuse de répéter deux fois la même réponse.

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Written By
Extravafrench

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