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SAMAH laisse « Forevermore » flotter comme un vieux serment R&B qu’on n’arrive pas à ranger

SAMAH laisse « Forevermore » flotter comme un vieux serment R&B qu’on n’arrive pas à ranger
  • Publishedmai 28, 2026

« « Forevermore » installe SAMAH dans une brume rétro-soul et chillwave, où l’amour prend la forme d’un souvenir qui revient doucement hanter la pièce. »

Certains mots promettent trop grand pour nos vies ordinaires. “Forevermore” fait partie de ceux-là. Il sonne comme une promesse murmurée dans une lumière basse, comme une phrase qu’on croit pouvoir tenir au moment où on la dit, avant que le temps, la distance ou le silence ne viennent vérifier sa solidité. Avec « Forevermore », SAMAH ne cherche pas à transformer cette idée en grand drame sentimental. Le collectif choisit plutôt une élégance trouble, une émotion à demi-voix, un R&B contemporain qui semble regarder l’amour depuis l’après-coup.

Fondé à Amsterdam par l’artiste visuel danois Johannes Holt Iversen, SAMAH fonctionne comme un collectif européen à géométrie mouvante, construit autour de collaborateurs changeants, certains identifiés, d’autres volontairement anonymes. Cette structure donne déjà à la musique une dimension presque fantomatique : on n’écoute pas seulement un nom, mais un espace. Un laboratoire sensible où le R&B, la soultronica, le nu-disco, la French house, le robo funk et l’indie pop peuvent se croiser sans se faire la guerre.

« Forevermore » se place dans une veine plus douce, plus moody, quelque part entre contemporary R&B, retro soul et chillwave. Le morceau semble avancer comme une image légèrement délavée, avec cette chaleur analogique qu’on associe aux souvenirs qu’on embellit malgré soi. Rien n’y paraît brutal. Tout glisse, respire, s’étire, comme si la chanson refusait de réveiller trop vite ce qu’elle vient déposer dans le cœur.

Ce qui séduit, c’est cette manière de rendre la tristesse élégante sans la rendre froide. « Forevermore » ne s’abandonne pas à une douleur spectaculaire ; il préfère la mélancolie lente, celle qui s’installe dans les coins, qui revient au détour d’une mélodie, d’un grain de voix, d’une harmonie qui semble déjà venir d’hier. Le titre a la pudeur des chansons qui savent que les grandes blessures n’ont pas toujours besoin de grands gestes. Parfois, il suffit d’un climat.

L’identité visuelle de SAMAH, portée par son fondateur, se devine aussi dans la musique : « Forevermore » donne presque l’impression d’être éclairé comme une scène. On imagine des néons fatigués, une silhouette derrière une vitre, une ville européenne à la tombée du jour, une histoire qui continue de vivre dans l’espace après que les corps sont partis. Le collectif travaille moins la chanson comme un simple format que comme une atmosphère complète, un petit film intérieur.

Dans ce morceau, le “forever” n’est pas forcément une certitude romantique. Il ressemble plutôt à ce qui reste malgré nous. Une trace, un refrain, une sensation douce-amère qui survit à la fin officielle des choses. SAMAH signe ainsi un titre enveloppant, sophistiqué et fragile, parfait pour les écoutes nocturnes, les playlists R&B mélancoliques et ces moments où l’on ne veut pas vraiment guérir, seulement rester encore un peu dans la beauté de ce qui persiste.

« Forevermore » ne force jamais l’émotion. Il la laisse revenir, comme une vague lente. Et c’est peut-être là que le morceau touche le plus : dans cette impression que l’amour, même lorsqu’il s’éloigne, garde parfois une manière très discrète de ne jamais partir complètement.

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Written By
Extravafrench

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