ODA Louise vient présenter « Carte Étoile » et on a eu envie de l’interroger, parce que son projet ressemble moins à un “premier EP” qu’à une métamorphose en direct : UK garage, drum’n’bass, pop alternative, imagerie médiévale et futuriste qui cohabitent dans le même corps. Pour cette interview, elle raconte comment elle construit cet univers hybride — entre digital et organique, vulnérabilité et puissance — et ce que cette “cartographie intérieure” change dans sa manière d’écrire, de produire et de se mettre en scène.
1) Qui es-tu ?
Je suis ODA Louise, j’habite à Paris, je suis une artiste pop française électro hybride, à la croisée des mondes et des époques. Je suis née à Paris, je puise aussi bien dans le UK garage, la drum’n’bass, l’électronique, que dans des influences rap et pop alternative pour façonner une chanson française sombre, mélancolique et dansante.
2) Quel est ton parcours ?
J’ai fait des études de cinéma puis j’ai fini les Beaux-Arts de Paris il y a deux ans. J’y avais fait de l’installation sonore, en lien avec le vivant et de la performance. Mon goût pour la scène s’est développé à ce moment. Formée au cinéma puis aux Beaux-Arts de Paris, ODA Louise développe très tôt un goût pour l’expérimentation visuelle et sonore. Cette double culture forge une direction artistique singulière : un univers où l’esthétique est centrale, pensée comme une extension de la musique — un territoire où le digital rencontre l’organique, où le médiéval dialogue avec le futuriste.
3) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
Auto-tune et épée rouillée, émotions brutes et textures électroniques : je construis un univers en mutation permanente, nourri autant par la nature que par la ville. Dans mon travail, j’explore la vulnérabilité, la puissance féminine, les métamorphoses intérieures et ces rêves qu’on continue de poursuivre même au cœur du chaos. Ma musique est traversée de rythmiques breakées, entre énergie club et introspection poétique. J’essaie de créer une forme de respiration, un espace sensible dans un monde qui va trop vite. À travers mes chansons, à la fois lucides et sensibles, je cherche à dessiner une pop française qui se réinvente en permanence, à chaque battement.
4) Quelles sont tes inspirations ?
Mes inspirations viennent avant tout de la nature, surtout des animaux un peu étranges, de leur capacité à se transformer, à muter.
Je suis aussi très marquée par le Moyen Âge — ses symboles, ses archétypes, le tarot. J’aime mélanger ça à quelque chose de plus contemporain, presque post-apocalyptique, comme si ces mondes pouvaient coexister. Dans mon travail, j’oscille entre quelque chose de très intime, vulnérable, et une dimension plus mystique, étrange, presque irréelle. Et puis il y a la mode : je réfléchis beaucoup à la manière dont les vêtements permettent de créer des avatars, de se réinventer. Ça influence autant ma présence sur scène que mon écriture.
5) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?
Quand je crée de la musique, je n’écoute que la mienne. J’ai besoin d’être complètement immergée dans mon propre univers, sans influence extérieure. En revanche, dès que je suis dans des phases plus visuelles (tenues de scène, clips), j’écoute beaucoup FKA Twigs, Eartheater, Sega Bodega, Oklou ou Björk.
6) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
En ce moment, mon plat signature, c’est des spaghettis à la bolognaise vegan avec des protéines de soja texturées. Et mon amoureux adore, alors qu’il n’est pas du tout vegan.
7) Quels sont tes projets à venir ?
Je travaille sur une collaboration avec le DJ Camporeale, où on mélange pop française et drum and bass : plusieurs singles puis un EP en septembre chez Headroom Records. Je développe aussi un projet avec le compositeur Airmow : on transforme une pièce live (créée pour le dernier show Algieri à la Fashion Week de janvier) en EP de quatre titres. Côté scène : un event que je curate chez Print le 14 mai, et un autre pour le Glitch Club anniversary au Hasard Ludique le 5 juin.
8) Une anecdote sur toi ?
Je suis un peu incomplète sans ma sœur, Margaux : mon pilier émotionnel et créatif. Elle est graveuse et peintre, elle a dessiné tout mon merch (dont la carte étoile réinventée) et imprime certaines pièces à la main, comme les strings. On prépare de nouvelles créations ensemble.

9) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ?
Björk, sans hésiter. J’admire son rapport à la création, son parcours, son engagement pour l’écologie, et sa manière de penser l’image, les costumes, les mondes. J’aurais mille questions, et 48h ne suffiraient même pas.
10) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
J’ai tiré une carte du tarot pour cette interview : l’Impératrice. Nature, beauté créatrice, fertilité, capacité à faire naître et à transformer. Faire confiance à ce qui grandit en nous, créer sans peur, et laisser la beauté prendre sa place.
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