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Music Rock

Nicole Hart se remet debout sur « Get Up »

Nicole Hart se remet debout sur « Get Up »
  • Publishedjuin 25, 2026

« Get Up » réunit la voix soul de Nicole Hart et la production country-rock de Kent B Nyberg dans douze chansons où la route, l’amour et les souvenirs deviennent autant de manières de retrouver son élan.

https://soulproviders1.bandcamp.com/album/get-up

Se relever n’a rien d’un geste unique.

On peut sortir du lit, reprendre la route, sourire au bon moment et rester pourtant immobile à l’intérieur. Le véritable redémarrage s’effectue souvent par fragments : une décision prise malgré la peur, une personne à laquelle on ose se confier, un souvenir que l’on traverse enfin sans rebrousser chemin.

Nicole Hart explore cette reconstruction progressive sur « Get Up ». Née en Virginie et installée aux Pays-Bas, la chanteuse porte dans sa voix la rudesse de ses racines autant que l’ouverture acquise au fil de ses déplacements. Sa collaboration avec le songwriter et producteur suédois Kent B Nyberg donne au disque une identité transatlantique, située entre country contemporaine, soft rock et pop mélodique.

Le morceau-titre, « Get Up », ouvre logiquement l’album comme une injonction adressée à soi-même. Il ne s’agit pas nécessairement d’un cri victorieux, mais du premier ordre que l’on parvient à formuler lorsque rester au sol devient plus douloureux que l’effort demandé pour se remettre debout. La guitare et la voix servent ici une énergie de relance, donnant au disque son principe directeur : avancer avant même d’être totalement prêt.

« Go And No Go » introduit immédiatement le doute dans cette résolution. Son titre résume ces moments où l’instinct commande de partir tandis qu’une autre partie de soi cherche encore une raison de rester. Nicole Hart ne présente pas l’hésitation comme un manque de courage. Elle en fait une étape honnête, celle où chaque option semble contenir sa propre perte.

Le rythme se fait plus tendre sur « Slow Dance ». La danse lente offre un espace où le temps cesse momentanément de presser les décisions. Le morceau peut être entendu comme une chanson d’amour, mais aussi comme une invitation à retrouver une proximité moins spectaculaire : deux personnes qui apprennent à s’accorder sans accélérer artificiellement le mouvement.

« Sunrise In My Bones » porte l’une des images les plus fortes du disque. Le lever du soleil n’éclaire plus seulement le paysage ; il devient une sensation intérieure, installée jusque dans le squelette. Après l’ordre de se relever et les hésitations qui suivent, la lumière commence ici à ne plus dépendre entièrement de l’extérieur. Nicole Hart donne à l’espoir une présence physique, presque instinctive.

« Driving Down Memory Lane » reprend ensuite l’un des grands motifs de l’Americana : la route comme espace de confrontation avec le passé. La mémoire n’y ressemble pas à un album consulté tranquillement, mais à un trajet dont certains paysages reviennent sans prévenir. La voix chaleureuse de la chanteuse paraît particulièrement adaptée à cette navigation entre nostalgie et lucidité.

La destination devient plus incertaine sur « Dusty Exit ». Une sortie poussiéreuse évoque un départ sans glamour, pris sur une route secondaire plutôt que sous les lumières d’un grand final. Le titre suggère que certaines libérations ne ressemblent pas à des victoires éclatantes. Elles consistent simplement à quitter enfin ce qui retenait, même sans savoir exactement où conduire ensuite.

« Sunset Dreams » répond au lever lumineux de « Sunrise In My Bones » par une lumière plus fragile. Le coucher du soleil rappelle que chaque promesse possède aussi sa part de fin. Les rêves évoqués ici semblent suspendus entre accomplissement et disparition, beaux précisément parce qu’ils ne peuvent être retenus très longtemps.

« Spinning Head » rompt avec cette contemplation. La tête tourne lorsque les émotions, les décisions et les souvenirs deviennent trop nombreux pour être rangés. Nicole Hart saisit cette confusion sans abandonner le sens mélodique qui traverse l’album. Le morceau rappelle que la résilience n’est pas un état stable : même après avoir avancé, il suffit parfois d’un détail pour que tout recommence à vaciller.

« You Captured My Heart » revient vers une déclaration plus immédiate. Le verbe « capturer » conserve toutefois une ambiguïté intéressante. Tomber amoureux peut être vécu comme une découverte heureuse autant que comme une perte momentanée de contrôle. La chanson laisse la chaleur de l’interprétation porter cette tension entre abandon et confiance.

« Eye In The Water » introduit une image plus mystérieuse. Un œil à la surface ou sous l’eau peut observer, surveiller ou refléter ce que l’on préférait ne pas voir. Le morceau semble ouvrir une zone plus introspective du disque, où l’eau agit comme un miroir mouvant. Rien n’y demeure parfaitement net, mais certains vérités apparaissent précisément grâce à cette instabilité.

La nuit prend ensuite la parole dans « Midnight Whispering ». À minuit, les pensées abandonnent souvent la discipline qu’elles maintenaient pendant la journée. Les murmures peuvent venir d’un partenaire, du passé ou de soi-même. Nicole Hart trouve dans ce cadre nocturne une intimité naturelle, laissant sa voix soul se rapprocher de l’auditeur sans avoir besoin d’augmenter l’intensité.

« Hold On To Me » referme finalement l’album sur une demande de présence. Après avoir commencé par l’ordre de se relever seul, « Get Up » se conclut en reconnaissant que la force ne signifie pas devoir tout traverser sans aide. Demander à quelqu’un de nous retenir peut devenir l’un des gestes les plus courageux du parcours.

Cette progression donne à l’album sa cohérence. Nicole Hart ne raconte pas une remontée parfaitement linéaire. Elle alterne l’élan et l’hésitation, la lumière et la poussière, le désir de partir et celui d’être gardé près de quelqu’un. Les titres dessinent moins une histoire unique qu’une cartographie émotionnelle faite de routes, d’heures et de variations lumineuses.

La production de Kent B Nyberg accompagne ce mouvement en reliant les racines américaines de la chanteuse à un son country-rock contemporain. Le disque conserve l’importance de la guitare et de la narration, mais ouvre suffisamment ses arrangements pour rejoindre la pop et le soft rock sans perdre sa chaleur organique.

La force de Nicole Hart vient surtout de son aptitude à rendre les émotions immédiatement accessibles. Sa voix ne semble jamais surplomber les personnages de ses chansons. Elle avance avec eux, consciente que le courage peut prendre la forme d’un refrain puissant comme celle d’une demande presque murmurée.

« Get Up » ne prétend pas qu’il suffit de le décider pour aller mieux. L’album montre plutôt tout ce qui se passe après cette première décision : les faux départs, les retours de mémoire, les rencontres et les nuits où l’on a encore besoin que quelqu’un nous rappelle pourquoi il faut tenir.

Nicole Hart commence debout et termine dans les bras d’un autre. Entre les deux, elle rappelle que l’indépendance et le besoin d’être soutenu n’ont jamais été des forces contraires.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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