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DownTown Mystic roule plein soleil sur « Mystic Highway Road Trip »

DownTown Mystic roule plein soleil sur « Mystic Highway Road Trip »
  • Publishedjuillet 12, 2026

« Mystic Highway Road Trip » remet DownTown Mystic sur la route avec six titres taillés pour l’asphalte : un EP de rock américain lumineux, analogique et sans cynisme, où la tradition ne joue pas au musée mais reprend simplement le volant.

Le rock de DownTown Mystic donne envie de vérifier la pression des pneus.

Pas parce qu’il vend une imagerie vintage trop parfaite, avec station-service au crépuscule et blouson posé sur l’épaule. Plutôt parce que sa musique semble avoir été pensée pour ce moment précis où l’on quitte la ville sans tout à fait savoir ce que l’on fuit, où l’autoradio devient plus important que le GPS, où une guitare bien placée peut suffire à redonner au paysage un semblant de promesse.

« Mystic Highway Road Trip » part d’ailleurs d’un beau malentendu critique. Robert Allen explique avoir lu plusieurs chroniques décrivant « Mystic Highway » comme la bande-son idéale d’un road trip, idée qui ne lui était pas venue ainsi, avant d’en faire le moteur de cette nouvelle sortie estivale. Ce détail est précieux : pour une fois, les reviewers n’arrivent pas après la bataille, ils participent presque à la cartographie du disque. L’EP a été enregistré aux Shorefire Studios dans le New Jersey avec Joe DeMaio, puis masterisé par Leon Zervos aux Studios 301 en Australie, tandis que Steve Holley et Paul Page reprennent leur rôle de section rythmique solide, déjà présente sur « Mystic Highway ».

« Superstar – To Sir Elton with Love Mix » ouvre la route avec un clin d’œil explicite à Elton John, mais DownTown Mystic ne tombe pas dans l’hommage figé. Le titre agit plutôt comme un panneau lumineux au bord de la nationale : mélodie accessible, éclat pop-rock, sens du refrain qui ne s’excuse pas d’être immédiatement lisible. L’ajout de Joe DeMaio aux solos de guitare apporte ce petit supplément d’attaque qui empêche la tendresse de devenir trop propre.

« Live » prend ensuite le relais avec un mot-programme. Vivre, oui, mais aussi jouer vivant, sonner vivant, garder dans la prise cette pulsation humaine que le rock perd lorsqu’on le repasse trop longtemps au polish numérique. La présence de Jerry Fierro à l’harmonica renforce cette couleur roots, cette idée d’un rock qui garde une poussière de blues dans les coutures. DownTown Mystic n’a pas besoin d’inventer une révolution à chaque mesure ; il rappelle surtout qu’un groove droit, une voix habitée et des musiciens qui s’écoutent peuvent encore produire une joie très concrète.

« Losing My Mind – Re-Mix », avec Lance Doss, apporte une nervosité plus intérieure. Le titre suggère la perte de contrôle, mais le morceau semble au contraire tirer sa force d’un équilibre très maîtrisé entre tension et fluidité. Les guitares peuvent y prendre davantage de place, griffer la carrosserie, ouvrir la chanson vers quelque chose de moins solaire, plus électrique. C’est souvent là que DownTown Mystic fonctionne le mieux : quand l’énergie positive n’efface pas la fissure, quand le morceau garde un peu de nuit dans son moteur.

« Shadow Walk » s’avance comme le virage plus trouble de l’EP. Après les grands axes, voici la rue latérale, la silhouette, le pas dans l’ombre. Joe DeMaio y ajoute aussi ses guitares, et l’on imagine volontiers ce titre comme une scène de fin d’après-midi qui bascule : moins euphorique, plus cinématique, mais toujours ancré dans cette tradition américaine où la chanson raconte autant par son riff que par ses mots. Le rock de Robert Allen n’est jamais abstrait. Il a besoin de lieux, de mouvements, de lignes blanches, de personnages qui marchent quelque part.

« Fly – Buddy Holly Mix » change la lumière. Le sous-titre annonce l’esprit : un retour vers une innocence nerveuse, un rock’n’roll plus court, plus aérien, presque adolescent dans sa manière d’aller droit au charme. L’ombre de Buddy Holly n’est pas convoquée pour faire de la reconstitution, mais pour rappeler qu’avant d’être un patrimoine, le rock fut d’abord une manière légère et insolente de décoller du quotidien.

Enfin, « Somebody’s Always Doin’ Something To Somebody – Uncut Mix » déplie la version non éditée d’un titre déjà paru auparavant. Ici, le road trip prend une couleur plus collective, presque sociale : quelqu’un fait toujours quelque chose à quelqu’un, formule simple et parfaitement rock

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Written By
Extravafrench

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