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Orfay en 10 questions

Orfay en 10 questions
  • Publishedjuillet 17, 2026

Avec « Corps à corps », Orfay met en musique ce dialogue parfois épuisant avec son propre corps : l’image de soi, l’insomnie, la santé mentale, les pensées qui tournent trop fort. Mais plutôt que d’en faire un morceau sombre, il choisit une disco-pop lumineuse, presque libératrice, comme pour mieux apprivoiser le chaos intérieur.

Dans cette interview en dix questions, Romain, alias Orfay, revient sur son parcours entre Paris, New York et Marseille, ses débuts au violon, son amour des contrastes et cette décision récente de se consacrer pleinement à son projet artistique. Il parle aussi de croissants, de notes vocales prises en pleine randonnée, de Paul McCartney, et de cette idée simple mais immense : choisir d’être heureux.

1) Qui es-tu ?

Je m’appelle Romain, et je fais de la musique sous le nom d’Orfay. J’ai grandi entre Paris, New York et Marseille, et j’habite aujourd’hui à Paris.

Je fais principalement de la pop, même si je vais chercher mon inspiration dans plein de genres différents. J’écris, je produis et j’enregistre la plupart de mes chansons moi-même.

J’aime l’idée que chaque morceau soit un petit laboratoire où je peux explorer des émotions, des sonorités et des histoires très personnelles.

2) Quel est ton parcours ?

J’ai commencé la musique assez jeune avec le violon, à l’âge de cinq ans, que j’ai pratiqué pendant une douzaine d’années. J’ai commencé à écrire mes premières chansons vers douze ou treize ans.

Mes parents sont tous les deux musiciens et ont toujours écouté énormément de musique, donc c’était quelque chose qui faisait vraiment partie du quotidien à la maison. Il y avait toujours des instruments qui traînaient, et j’ai commencé très tôt à expérimenter : apprendre d’autres instruments, enregistrer des idées sur mon ordinateur, bricoler mes premières productions.

Pendant longtemps, c’était une évidence que je voulais faire ça, mais je n’ai pas suivi ce chemin tout de suite. J’ai fait des études assez classiques, avec l’idée de travailler dans l’industrie musicale, mais du côté business.

J’ai d’ailleurs travaillé un temps en maison de disque, et c’était une expérience passionnante. Mais c’est aussi là que j’ai compris quelque chose d’important : je ne voulais pas seulement travailler dans la musique, je voulais en créer.

Après quelques années dans le conseil, j’ai finalement décidé, début 2025, de me consacrer entièrement à mon projet artistique. Avec le recul, je crois que c’est la meilleure décision que j’aie prise de ma vie.

3) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?

Je dirais que ma musique est assez introspective, mais j’essaie toujours de la traduire dans une forme pop et accessible.

Écouter de la musique a toujours été pour moi un moyen d’être mieux connecté à ce que je ressens. Écrire et composer me permet de prendre du recul et de transformer des émotions parfois confuses en quelque chose de plus clair, de plus apaisé. C’est presque thérapeutique, parfois.

J’aime beaucoup jouer avec les contrastes : faire une chanson dansante sur un thème triste, ou une ballade sur le bonheur. Je trouve que ces oppositions créent une forme d’équilibre émotionnel.

D’une certaine manière, la musique est une façon pour moi de mettre de l’ordre dans le chaos intérieur, et c’est ce que j’essaie de transmettre dans mes chansons.

4) Quelles sont tes inspirations ?

Ma première source d’inspiration reste le vécu. Souvent, une chanson part d’un moment très simple : une conversation, une émotion fugace, un souvenir qui revient. Sur le papier, ce sont des instants anodins, mais qui prennent pour moi un sens beaucoup plus profond.

Musicalement, mes influences sont assez variées. Il y a des artistes que j’écoute depuis mon enfance et qui continuent de m’accompagner aujourd’hui : Air, Daft Punk, McCartney ou Bowie. Je m’inspire aussi beaucoup d’artistes de la scène contemporaine, chacun pour des raisons différentes. Parmi ceux que j’écoute le plus en ce moment : Rosalía, Tame Impala, Billie Eilish.

Au-delà des interprètes, je m’intéresse énormément au travail des producteurs. Des gens comme Max Martin, Finneas, El Guincho, Mark Ronson ou Ian Kirkpatrick ont une manière de penser la pop qui me fascine.

Enfin, je suis un grand fan de comédies musicales. C’est un genre qui influence beaucoup mon rapport à la mélodie et à la narration.

5) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?

Curieusement, quand j’écris, j’évite souvent les playlists. Passer trop vite d’un style à un autre me brouille un peu l’esprit.

Je préfère me replonger dans des albums qui m’ont marqué émotionnellement.

Pour ne citer qu’eux :

Air – The Virgin Suicides

Rosalía – El Mal Querer

David Bowie – Hunky Dory

Billie Eilish – When We All Fall Asleep, Where Do We Go?

Muse – Black Holes and Revelations

The Beatles – Revolver

J’écoute aussi beaucoup de bandes originales, notamment celles des films de Tarantino, et beaucoup de musique classique, avec une grande affection pour Tchaïkovski.

6) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?

Je ne sais pas si c’est ce que je cuisine le mieux, mais ma plus grande fierté culinaire : les croissants.

C’est long, compliqué, et objectivement, ça aurait beaucoup plus de sens de les acheter chez le boulanger… mais j’adore ça.

En cuisine, je fonctionne plutôt au feeling : je ne suis pas très doué pour suivre une recette, donc c’est souvent assez chaotique. Les viennoiseries, au contraire, demandent une rigueur absolue, et ça me fait beaucoup de bien.

7) Quels sont tes projets à venir ?

Je travaille actuellement sur mon premier album, que j’aimerais sortir cette année. Je passe beaucoup de temps en studio pour le finaliser.

En parallèle, je commence aussi à produire des titres pour d’autres artistes, ce qui est un processus très différent mais extrêmement formateur.

Et je prépare également plusieurs concerts pour cette année. C’est un exercice auquel je ne suis pas encore très habitué, mais j’ai une vision assez précise de ce que je voudrais proposer sur scène, donc j’y travaille dur.

8) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?

Je suis quelqu’un d’assez “dans la lune”, et paradoxalement, je suis incapable de créer si je décide volontairement de “m’asseoir pour écrire”. À la seconde où je me dis « ok maintenant je compose », mon cerveau se bloque.

Du coup, la plupart de mes chansons naissent dans des moments complètement aléatoires : au milieu de la nuit, sur mon vélo, ou très souvent pendant une balade ou une randonnée avec des amis.

Je pense que mes proches savent bien qu’à un moment, je vais disparaître un peu de la conversation, partir dans ma tête, commencer à chantonner dans mon coin et à enregistrer des notes vocales sur mon téléphone. À ce moment-là, ils savent généralement qu’ils m’ont perdu.

9) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée, ce serait qui ?

Probablement Paul McCartney.

Pas forcément pour lui poser des questions. Juste pour passer 48 heures dans un studio avec lui, observer sa manière de composer et regarder la magie opérer. Et peut-être aussi pour emmener mon père avec moi, qui serait je pense encore plus fasciné que moi.

10) Un petit mot ou conseil pour la fin ?

C’est peut-être un peu cliché, et c’est aussi un conseil que j’apprends encore à appliquer moi-même : décider d’être heureux.

Pas demain, pas quand tout ira mieux, mais maintenant.

Je suis convaincu que le bonheur n’est pas que la somme des choses positives qui nous arrivent, mais plutôt une forme d’apaisement profond qu’on peut choisir de cultiver.

Donc mon conseil serait simplement : écoutez vos émotions, et celles des autres, faites confiance à votre instinct, et choisissez d’être heureux.

Pour découvrir plus de French nouveautés, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRENCH ci-dessous :

 
Written By
Extravafrench

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