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Music Rock

BADSQUATCH encaisse le choc sur « FCK »

BADSQUATCH encaisse le choc sur « FCK »
  • Publishedaoût 9, 2026

« “FCK” ne raconte pas la rupture après coup : BADSQUATCH s’arrête au moment précis où quelque chose cède pour de bon. »

Le titre est presque trompeur. « FCK » porte l’apparence d’un juron, mais aucun gros mot ne traverse réellement la chanson. Ce qui reste, en revanche, est nettement plus brutal : la sensation d’un cœur qui casse sans mise en scène, sans recul, sans phrase brillante pour rendre la douleur plus présentable.

BADSQUATCH choisit cet instant-là.

La production s’enfonce dans un territoire post-grunge et stoner rock où la lourdeur n’est jamais décorative. Les guitares semblent peser sur le morceau au lieu de simplement l’épaissir, et cette masse sonore colle parfaitement au thème. « FCK » ne cherche pas la vitesse. Il préfère la pression continue, presque suffocante, comme si chaque mesure retirait un peu plus d’air.

Le chant suit cette logique. Pas besoin d’une démonstration vocale spectaculaire : l’intérêt vient davantage du sentiment d’épuisement, de cette façon de laisser la voix lutter contre l’instrumentation sans jamais vraiment la dominer. BADSQUATCH ne dramatise pas la cassure ; il la laisse contaminer tout l’espace.

Le morceau prend encore plus de sens lorsqu’on le replace dans le projet à venir : un album de quatorze titres consacré à la santé mentale. « FCK » en est le troisième extrait, et il semble jouer le rôle d’un point de chute émotionnel. Là où d’autres chansons pourraient explorer l’angoisse, la dissociation ou la reconstruction, celle-ci reste bloquée sur l’impact initial. Pas encore de résolution. Pas de distance. Seulement ce moment où l’on comprend que quelque chose vient réellement de se terminer.

C’est précisément ce refus d’adoucir qui fonctionne.

Le stoner rock apporte une lenteur poisseuse, presque physique, tandis que le post-grunge renforce cette impression de douleur rentrée. Les riffs ne cherchent pas la virtuosité. Ils avancent lourdement, laissant au morceau une texture rugueuse qui évite tout romantisme inutile.

Même le personnage derrière le projet ajoute une étrangeté intéressante. BADSQUATCH se présente comme un sasquatch chanteur insaisissable, également frontman du groupe dystopian party rock The Party After. Sur le papier, le concept pourrait basculer dans l’humour. « FCK » fait exactement l’inverse : il dépouille le masque jusqu’à ne garder qu’une émotion très humaine.

Et c’est peut-être là que le titre devient le plus convaincant.

Trois lettres.

Aucun juron.

Mais tout ce qu’on aurait envie de crier quand les mots normaux ne servent plus à rien.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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