« “Don’tchya Girl” a le goût d’un été qui n’a pas besoin de scénario compliqué : Trace Marx laisse la séduction circuler entre soul, pop et cette chaleur caribéenne qu’il porte dans son histoire familiale. »
Trace Marx vient avec plusieurs géographies dans les bagages.
Né à Londres de parents jamaïcains, puis élevé à Miami, l’artiste a grandi au croisement de trois cultures qui n’ont jamais vraiment cessé de dialoguer dans la musique populaire. « Don’tchya Girl » s’amuse précisément dans cet entre-deux : une indie pop très accessible, des réflexes neo-soul, un phrasé R&B souple et, derrière tout cela, une manière presque caribéenne de laisser le rythme respirer.
La chanson avance avec l’assurance tranquille des morceaux d’été qui savent qu’ils n’ont pas besoin de forcer le soleil. Le groove est léger, la mélodie immédiatement lisible, et Trace Marx préfère jouer avec le flirt plutôt que le dramatiser. Le titre lui-même possède ce petit côté oral, presque lancé au détour d’une conversation : « Don’tchya Girl ». Pas une grande déclaration, davantage une invitation à prolonger le jeu.
C’est aussi là que son héritage jamaïcain devient intéressant. Pas parce que le morceau chercherait à reproduire frontalement du reggae ou du dancehall, mais parce qu’on retrouve dans sa souplesse une certaine manière de traiter le rythme comme une attitude. Miami apporte de son côté cette culture du mélange : R&B, pop, musiques caribéennes et hip-hop y cohabitent depuis des décennies sans frontière très nette.
Trace Marx semble parfaitement à l’aise dans ce désordre.
Ses références revendiquées disent d’ailleurs beaucoup de son ambition. Il cite les harmonies de Michael Jackson autant que la liberté créative de Rick Rubin : d’un côté, l’obsession de la mélodie ; de l’autre, l’idée qu’un morceau doit conserver une personnalité avant de respecter une recette.
« Don’tchya Girl » fonctionne justement grâce à cette absence de rigidité. La neo-soul lui donne de la chaleur, l’indie pop le rend immédiat et le R&B apporte cette petite nonchalance vocale qui empêche le refrain de paraître trop sage.
Trace Marx ne cherche pas à choisir entre Londres, la Jamaïque et Miami.
Il laisse les trois endroits se retrouver dans la même chanson.
Et « Don’tchya Girl » ressemble exactement à ce que ce mélange promet : léger en surface, beaucoup moins banal dès qu’on écoute d’où il vient.
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