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Music Rock

The Wheel Workers rallument « Spreading The Fire » vingt ans plus tard

The Wheel Workers rallument « Spreading The Fire » vingt ans plus tard
  • Publishedaoût 14, 2026

« The Wheel Workers exhument un morceau resté inachevé pendant deux décennies et lui rendent toute sa morsure : “Spreading The Fire” parle moins de nostalgie que de cette obstination très adulte à ne pas laisser mourir ce qui nous faisait vibrer à vingt ans. »

Vingt ans peuvent suffire à transformer une démo en fantôme.

Chez The Wheel Workers, « Spreading The Fire » appartenait précisément à cette catégorie : un morceau imaginé lors des premières années du groupe à Austin, jamais terminé, jamais vraiment abandonné non plus. Lorsqu’il réapparaît aujourd’hui, il n’a rien d’un simple objet d’archive dépoussiéré avec respect. Il revient armé.

La basse, décrite comme souple et mélodique, tient le morceau par le ventre. Autour d’elle, les guitares saturées avancent par vagues plus rugueuses, les voix se couvrent d’effets, puis le refrain ouvre soudain la pièce avec un riff grunge beaucoup plus massif. C’est là que l’ADN du collectif texan se précise : leur psychédélisme regarde davantage du côté de Sonic Youth, Fugazi, Pixies ou Jane’s Addiction que vers les rêveries colorées des sixties. Il y a du brouillard, certes, mais du brouillard avec des amplis qui grincent.

Le plus fascinant reste pourtant ce décalage temporel. Steven Higginbotham, figure centrale de The Wheel Workers, a repris cette matière conçue lorsqu’il avait une vingtaine d’années pour la compléter depuis un autre âge de sa vie. Certaines parties originales ont été conservées, d’autres réenregistrées ; ailleurs, il ajoute aujourd’hui des harmonies à sa propre voix plus jeune. Rarement une technique de studio raconte aussi littéralement le passage du temps.

« Spreading The Fire » devient alors une conversation entre deux versions d’un même groupe.

Le futur album « One More Thing To Say » repose d’ailleurs sur cette étrange continuité. Le disque avait commencé à prendre forme avant la dissolution du line-up originel au milieu des années 2000. Entre-temps, The Wheel Workers a continué d’exister sous une forme mouvante, publiant plusieurs albums, tournant aux États-Unis et s’installant durablement dans la scène alternative de Houston. Mais ces chansons restaient quelque part, suspendues.

Le confinement a fini par provoquer le retour vers les archives, les anciens membres, les conversations interrompues. Higginbotham a complété les enregistrements avec Nathan Maness et Giuseppe Ponti, mais aussi avec des membres plus récents du collectif. Le mix confié à Steve Christensen, ingénieur récompensé aux Grammy Awards et collaborateur notamment de Khruangbin et Steve Earle, donne à cette résurrection un traitement qui refuse délibérément l’effet « vieille cassette retrouvée au grenier ».

C’est aussi pourquoi « Spreading The Fire » touche plus loin que son histoire de groupe. Conserver une passion à vingt ans est facile : tout semble encore possible. La conserver lorsque le travail, les responsabilités, les ruptures et deux décennies se sont installés au milieu demande une autre énergie.

The Wheel Workers ne jouent donc pas leur jeunesse retrouvée. Ils font quelque chose de plus curieux : ils invitent leurs anciens selves en studio, montent le volume, et vérifient si le feu prend encore.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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