x
Music Rock

Hate At First Sight brouille les époques sur « Familiar Mutations »

Hate At First Sight brouille les époques sur « Familiar Mutations »
  • Publishedseptembre 14, 2026

« Post-punk, hardcore moderne, synthés hérités des années 80 et guitares abrasives : “Familiar Mutations” porte bien son nom, parce que Hate At First Sight y prend des références reconnaissables pour les faire muter jusqu’à ce qu’elles cessent d’appartenir complètement à une seule époque. »

Hate At First Sight n’a manifestement aucune envie de choisir entre nostalgie et présent.

Le projet basé à Reno assemble des éléments qui pourraient facilement sembler incompatibles : la tension anguleuse de Faith No More, l’urgence contemporaine de Drug Church, la sécheresse post-punk de Public Image Ltd, puis des lignes de basse et des textures de synthés qui rappellent l’ombre industrielle de Ministry ou Nine Inch Nails.

Sur « Familiar Mutations », sorti en juin 2026, cette accumulation ne sert pourtant pas à fabriquer un catalogue de références.

L’intérêt vient plutôt de la manière dont ces influences se frottent les unes aux autres.

Les guitares gardent une agressivité très directe, mais les morceaux ne reposent pas uniquement sur la confrontation. Les hooks mélodiques et les changements de dynamique viennent casser l’idée d’un EP monolithique, tandis que les synthés apportent un relief plus froid, presque mécanique, à un ensemble qui reste très physique.

Ce contraste donne au projet une identité intéressante.

Hate At First Sight avance avec une logique de collision : du rock alternatif, du post-punk, du hardcore et une coloration industrielle, sans chercher à rendre les coutures invisibles. Chaotic K le revendique d’ailleurs clairement : pas question d’entrer dans une catégorie propre. Les références de jeunesse restent présentes, mais elles sont filtrées par une envie de produire quelque chose qui paraisse urgent aujourd’hui.

C’est probablement là que « Familiar Mutations » fonctionne le mieux.

L’EP ne cherche pas à reproduire un âge d’or alternatif imaginaire. Il préfère récupérer certains réflexes sonores — basses lourdes, synthés nerveux, structures instables, attaques de guitare — et les replacer dans une écriture plus actuelle, plus souple, moins attachée aux frontières entre scènes.

Cette approche semble aussi expliquer pourquoi le projet commence à trouver un écho hors des États-Unis.

Hate At First Sight a notamment développé une réception notable auprès de curateurs en Amérique latine, avec des retours venus du Brésil, du Chili et d’autres territoires sud-américains. Le dossier met en avant un taux d’approbation de 40 % sur certaines campagnes de soumission, signe au minimum que cette hybridation trouve des interlocuteurs au-delà de la scène locale du Nevada.

Le projet a également attiré l’attention de médias indépendants, dont Foxfire Magazine, ainsi que de labels intéressés par des propositions alternatives plus difficiles à classer.

Ce genre de données reste secondaire face à la musique, mais elles racontent quelque chose d’assez cohérent : un son qui fonctionne précisément parce qu’il ne dépend pas d’une appartenance trop précise.

« Familiar Mutations » donne donc l’impression d’un groupe qui sait très bien d’où viennent ses réflexes, mais qui refuse de les conserver sous verre.

Chez Hate At First Sight, le passé sert surtout de matière première. Le reste est affaire de déformation.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

 

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture