Brannen trouve avec « Tulips » le point d’équilibre entre battement et contemplation
- Publishedseptembre 15, 2026
« “Tulips” marque un nouveau départ pour Brannen, mais sans renier ce qui l’a précédé : derrière les synthés chaleureux et la house mélodique, on entend encore le musicien de groupe, le batteur, celui qui pense le mouvement avant même de penser le décor. »
Il suffit parfois d’un changement de nom pour rendre une trajectoire plus lisible.
Andrew Brannen fait de la musique depuis bien avant « Tulips ». Il a joué dans Another Blurry Photo dès 2012, puis dans Thirty Three Connection à partir de 2014, jusqu’en 2019, en occupant des rôles de batteur et de chanteur principal. Entre 2019 et mai 2025, il poursuit ses expérimentations électroniques sous l’alias zildjianpinky. « Tulips » arrive donc moins comme une apparition que comme une synthèse.
Le morceau rassemble enfin plusieurs lignes de son parcours.
La house y reste profonde, mélodique, émotionnelle, mais elle possède un sens du rythme qui ne semble pas venir uniquement du séquençage. Chez Brannen, les percussions ont quelque chose de très organique dans leur fonction : elles structurent le morceau, soutiennent sa progression, maintiennent l’élan sans jamais prendre toute la place.
Ce rapport au mouvement est essentiel.
« Tulips » ne cherche pas à produire l’effet d’une grosse montée spectaculaire. Sa force tient davantage dans la manière dont les éléments évoluent progressivement, presque imperceptiblement. Les textures atmosphériques s’installent, les synthés gagnent en présence, les motifs se déplacent suffisamment pour que le morceau conserve une sensation de progression continue.
On comprend pourquoi Brannen cite Ben Böhmer, Marsh, Lane 8 ou Yotto parmi ses références.
Il partage avec cette famille de producteurs un goût pour une house capable d’être immersive sans devenir abstraite. Mais sa palette dépasse largement ce cadre. Radiohead, Sigur Rós, Massive Attack, M83, Bon Iver, Depeche Mode ou même Ludovico Einaudi figurent aussi parmi les artistes qui ont nourri son identité.
Cette diversité explique probablement pourquoi « Tulips » reste aussi attaché à l’émotion.
Le morceau ne donne jamais l’impression de considérer l’ambiance comme un simple habillage. Les textures, les mélodies et la profondeur du mix constituent le sujet autant que le groove lui-même. Le résultat peut fonctionner dans un set tardif, mais aussi très loin de toute logique de club, au casque, dans un contexte presque contemplatif.
C’est là que le terme downtempo prend tout son sens.
Pas parce que « Tulips » serait immobile, mais parce que Brannen refuse de confondre énergie et vitesse. Il préfère installer une respiration, laisser les idées se développer et donner à chaque élément suffisamment de temps pour modifier subtilement l’atmosphère générale.
Le morceau inaugure officiellement le chapitre Brannen, avant d’autres sorties annoncées comme « Keep Dancing With Me ».
Après plus d’une décennie passée à circuler entre groupes, batterie, chant et production électronique, Andrew Brannen ne semble pas vouloir choisir entre ses différentes vies musicales.
« Tulips » montre plutôt ce qui se passe lorsqu’elles commencent enfin à parler la même langue.
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