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The Rotor Delta rouvre 1998 sur « Sola: The Tape Recordings (1998) »

The Rotor Delta rouvre 1998 sur « Sola: The Tape Recordings (1998) »
  • Publishedseptembre 22, 2026

« Pas de remix tardif, pas de batterie remise au clic, pas de jeunesse corrigée trente ans après : Jimmy Green ressort les bandes de son premier groupe Sola telles qu’elles ont réellement vécu. Dix morceaux, quatre musiciens dans une pièce et quarante-huit minutes de rock britannique encore couvertes de poussière magnétique. »

Seize pistes analogiques. Des amplis à lampes. Quatre types qui jouent ensemble dans la même pièce. Jimmy Green a 21 ans et personne, en 1998, n’imagine vraiment que ces bandes finiront par devenir un document d’archive presque trois décennies plus tard.

C’est pourtant exactement ce qu’est « Sola: The Tape Recordings (1998) ».

Aujourd’hui derrière The Rotor Delta, Green remonte ici jusqu’à son premier groupe, formé à Lincoln avec Mark Larder à la basse, Scott Murray à la batterie et Jim Bonnett à la guitare. Les morceaux ont été captés entre 1996 et 1998 au Studio Tan puis à Lost Chord, avec Laurie Bennet, Chris Disley, Keith Wilce et Martin Howells autour des sessions.

Le geste intéressant consiste surtout à avoir résisté à la tentation de réparer le passé.

Green a numérisé et restauré les bandes en conservant leur dynamique naturelle, autour de -12/-13 LUFS, leurs saturations, leurs frottements de pièce et leurs irrégularités. Autrement dit : 1998 reste 1998. Le disque n’a pas reçu une peau de 2026 par-dessus.

« Feel Alive » ouvre l’archive comme il faut : rapidement. C’est aussi le morceau choisi comme focus track, et sa fonction est évidente. Un titre d’entrée doit annoncer la température du groupe avant que l’auditeur ait le temps de chercher le contexte historique. Ici, ce sont les guitares, l’énergie collective et cette sensation légèrement pressée du rock britannique de la fin des années 90 qui prennent la parole les premières.

« It’s Nothing to Feel Strange » étire un peu davantage le cadre. Le morceau montre déjà que Sola ne fonctionnait pas uniquement à l’impact immédiat. Derrière le goût du riff et du volume, il y avait une écriture mélodique suffisamment solide pour supporter des formats moins nerveux.

« Start Again » approche les cinq minutes et donne au premier tiers du disque davantage de largeur. Ce qui devient intéressant dans l’écoute continue, c’est la manière dont ces morceaux respirent les uns avec les autres. Aucun mastering moderne ne vient aplatir leurs différences de niveau ou forcer une homogénéité artificielle : la dynamique du groupe fait partie du séquençage.

« Blue and Yellow Butterfly » revient vers un format plus ramassé.

Le titre tranche déjà par son imagerie avec la frontalité rock de l’ensemble. Musicalement, sa place permet surtout au disque d’éviter l’effet tunnel avant d’arriver à sa première pièce monumentale.

Car « A Relative State of Mind » change clairement d’échelle.

Près de huit minutes : Sola s’accorde soudain le droit de développer. C’est le premier véritable morceau-paysage du disque, celui qui montre le mieux ce qu’un groupe peut faire quand personne ne lui demande d’atteindre le refrain en quarante secondes. Les années 90 sont parfois caricaturées comme une succession de chansons à guitares compactes ; cette pièce rappelle aussi combien l’indie et l’art rock britanniques pouvaient aimer les longues courbes, les montées et les détours.

Le plus amusant arrive juste après.

« Blown Away » retombe autour de trois minutes. Après presque huit minutes d’expansion, Sola resserre immédiatement la vis. Ce contraste compte davantage que le titre lui-même : il montre un groupe déjà attentif à la respiration d’un disque, même lorsque celui-ci n’était encore qu’une série de sessions sur bande.

« Battle of the Planets » pousse encore plus loin cette économie.

Moins de trois minutes dans la version disponible aujourd’hui, et une position presque parfaite pour injecter un coup d’accélérateur dans la seconde moitié. Le nom possède quelque chose de franchement pulp, presque science-fiction bon marché, qui apporte une petite couleur bienvenue au milieu d’un album autrement très ancré dans la chair du groupe.

« Get It On » reste dans cette logique concise.

Sola y conserve le nerf, sans chercher à transformer chaque morceau en démonstration. C’est aussi ce que ces bandes racontent bien : quatre musiciens encore jeunes, sans arsenal infini de pistes ou de corrections, obligés de faire fonctionner l’arrangement par le jeu lui-même.

Puis « Learning to Fly » remet de l’air dans le système.

Plus de cinq minutes cette fois, juste avant le final. Sa position de neuvième titre donne au disque un dernier élargissement, comme si la tracklist reprenait de l’altitude avant la pièce terminale.

Et « Set It Free » prend tout son temps.

Plus de huit minutes pour fermer l’album. Le choix est presque idéal pour une archive de ce genre : plutôt qu’un dernier single bien propre, Sola termine sur un morceau qui laisse entendre la durée, le jeu collectif, le bruit d’une époque où une fin de disque pouvait encore se permettre de traîner un peu.

C’est là que « Sola: The Tape Recordings (1998) » cesse d’être un simple exercice nostalgique.

Ces chansons ne sont pas intéressantes parce qu’elles sont anciennes. Elles le deviennent parce qu’elles conservent une information que beaucoup de restaurations finissent par effacer : la façon exacte dont un groupe occupait une pièce.

La saturation des amplis, la batterie qui pousse, les deux guitares qui partagent le même air, les écarts de dynamique, peut-être même quelques décisions prises trop vite — tout cela fait partie du document.

The Rotor Delta aurait pu présenter une version améliorée de Sola.

Jimmy Green choisit mieux : il nous rend la version qui a réellement existé.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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