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Music by Jeremy déroule la deuxième bobine de « Scenes from a Well Worn Path – Side Two »

Music by Jeremy déroule la deuxième bobine de « Scenes from a Well Worn Path – Side Two »
  • Publishedseptembre 28, 2026

« Six morceaux pour regarder l’existence de biais : un oiseau qui semble commenter l’actualité, un train à quatre heures, un mystérieux numéro 9 et même une bactérie capable de digérer du plastique. Depuis Banbury, Jeremy poursuit son double album comme on poursuit une conversation commencée trop tard pour être interrompue maintenant. »

Chez Music by Jeremy, le titre d’une chanson ressemble souvent à une porte mal étiquetée.

On l’ouvre par curiosité, puis on découvre derrière autre chose que ce qu’on imaginait.

« Scenes from a Well Worn Path – Side Two » arrive un mois après « Side One » et constitue le deuxième volet d’un ensemble de vingt-quatre morceaux répartis sur quatre sorties. Jeremy pense donc en grand format, presque à l’ancienne, mais fabrique tout depuis un petit studio de Banbury, dans l’Oxfordshire, avec une méthode beaucoup plus contemporaine.

Il écrit seul paroles et musique, souvent sur une vieille guitare acoustique Faith, parfois dans son jardin. Les voix et certaines parties de batterie sont ensuite développées grâce à des outils d’IA qu’il décrit comme une « prothèse » destinée à compléter le groupe qu’il n’avait pas sous la main.

Le paradoxe lui va assez bien : une technologie très récente au service d’une écriture obsédée par des questions vieilles comme les chansons.

Jeremy cite Lennon, Paul Simon, Randy Newman, Dylan ou Springsteen. Le lien le plus évident avec ces références se trouve dans son goût du récit et dans cette manière de soumettre une émotion à l’interrogatoire plutôt que de simplement la déposer au milieu d’un refrain.

« Do Birds Sing the News » ouvre Side Two avec l’un des meilleurs titres de l’ensemble.

La question possède quelque chose d’enfantin et de légèrement absurde : les oiseaux chantent-ils les nouvelles ? Jeremy présente le morceau comme l’un des points forts de ce deuxième volet, justement pour la façon dont musique et paroles poussent à réfléchir à notre manière de vivre. Le titre suggère déjà un déplacement du regard : prendre un phénomène quotidien, presque invisible, et lui demander soudain ce qu’il raconte du monde.

« So Cold » resserre brutalement le vocabulaire.

Deux mots, une température, presque aucune échappatoire. Faute d’informations plus détaillées sur le texte, impossible de décider s’il s’agit d’une relation, d’un deuil ou d’un état intérieur. Sa position après « Do Birds Sing the News » produit toutefois un contraste intéressant : l’ouverture regarde dehors, puis la deuxième chanson semble rapprocher immédiatement la caméra.

« Moving On – Side Two » porte davantage son rôle dans la structure générale du projet.

Le double album s’intéresse à la douleur, au deuil, à la joie, à la peur et au courage nécessaire pour changer. Un morceau intitulé « Moving On » trouve naturellement sa place dans cet ensemble, sans qu’il faille le réduire à une morale de développement personnel. Chez Jeremy, avancer semble surtout signifier examiner ce qui nous retient avant de décider ce qui mérite encore d’être emporté.

« 4 O’Clock Train » apporte ensuite une scène.

Une heure précise vaut parfois mieux qu’un long décor. Quatre heures : matin ou après-midi, le dossier ne le précise pas, et cette incertitude laisse au titre une qualité presque cinématographique. Un quai, une attente, un départ possible. Jeremy aime les situations ordinaires capables de contenir plus d’émotion qu’elles n’en montrent ; ce type de titre correspond parfaitement à cette écriture.

Puis arrive « No 9 ».

Impossible ici de tricher avec le manque d’informations : Jeremy ne donne aucune clé supplémentaire. Et c’est peut-être très bien ainsi. Au milieu de cinq titres plus explicites, ce simple numéro agit comme une anomalie, un objet fermé posé dans le parcours. Il faudra que la chanson elle-même fournisse la serrure.

Enfin, « Ideonella Sakaiensis » termine cette deuxième partie avec un virage presque scientifique.

Le morceau est cité, avec « Do Birds Sing the News », parmi les titres les plus réflexifs de Side Two. Son nom reprend celui d’une bactérie, choix suffisamment inhabituel pour signaler un élargissement du champ : Jeremy peut partir d’un organisme, d’une image ou d’une idée précise pour interroger ensuite la façon dont nous vivons. Ici encore, la musique semble servir de laboratoire à pensée autant que de véhicule émotionnel.

Ce deuxième volet confirme surtout la méthode.

Jeremy compose un album comme on assemble des scènes plutôt qu’un récit parfaitement linéaire. Certaines chansons sont intimes, d’autres prennent un détour conceptuel, d’autres encore partent d’un détail concret. « Side Two » traverse douleur, peur, joie et mouvement sans chercher à donner à chacune la même forme.

Les prochains chapitres suivront en octobre et novembre.

Pour l’instant, six nouvelles scènes sont ouvertes.

Et le chemin, lui, porte déjà suffisamment de traces pour qu’on sache qu’il a été beaucoup parcouru.

 

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Written By
Extravafrench

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