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Clamsterdam passe de l’afropop détraquée au chaos routier avec « patagonia » et « Ford Truck Fuck Month »

Clamsterdam passe de l’afropop détraquée au chaos routier avec « patagonia » et « Ford Truck Fuck Month »
  • Publishedoctobre 1, 2026

« Une horloge anglaise recyclée en riff funky, des percussions qui partent dans tous les sens, puis un morceau entier consacré au plaisir absurde de pulvériser un camion Ford : avec “patagonia” et “Ford Truck Fuck Month”, Clamsterdam cultive un rap-alt-pop qui préfère l’excès, l’humour et les collisions de styles à la ligne droite. »

Clamsterdam aime les idées qui auraient pu rester de mauvaises blagues.

Sur le papier, « patagonia » tient déjà de l’accident heureux : une chanson afropop-funk nourrie par Vampire Weekend et Fela Kuti, construite autour d’un motif inspiré des Westminster Quarters, ce carillon immédiatement reconnaissable que tout le monde a déjà entendu sans forcément savoir le nommer.

Le groupe en fait autre chose.

Le riff devient presque un jouet rythmique, suffisamment familier pour accrocher immédiatement l’oreille, mais déplacé dans un environnement beaucoup plus nerveux. Les percussions occupent une place centrale : elles ne se contentent pas d’accompagner, elles remplissent le morceau de petits mouvements, de contretemps, d’accents et de détours qui donnent à l’ensemble cette impression de joyeux désordre parfaitement tenu.

« patagonia » a quelque chose de solaire, mais jamais lisse.

L’influence afro-pop apporte de l’élan, la basse garde le morceau en mouvement, tandis que la construction conserve cette étrangeté alt-pop qui empêche tout de devenir trop confortable. Clamsterdam semble surtout intéressé par la manière dont plusieurs références peuvent cohabiter sans avoir besoin d’être polies jusqu’à devenir méconnaissables.

C’est une chanson qui sourit en montrant les dents.

« Ford Truck Fuck Month » change complètement de décor, mais garde la même logique : prendre une idée volontairement excessive et la pousser jusqu’au bout.

Cette fois, le point de départ est presque stupidement simple : des Ford trucks qu’on crashe. Et c’est précisément ce qui fonctionne.

Le morceau adopte une énergie plus agressive, plus rap, plus lo-fi par endroits, avec une écriture qui semble chercher moins le bon goût que l’impact. Là où « patagonia » joue beaucoup sur la couleur et le rythme, « Ford Truck Fuck Month » préfère foncer droit dans le mur et voir ce qu’il reste après.

Son titre dit déjà beaucoup de l’attitude générale.

Clamsterdam ne cherche pas à maquiller l’humour derrière une posture arty trop sérieuse. Le groupe assume l’absurde, la provocation et ce goût très adolescent pour les intitulés qui ressemblent à une idée lancée trop tard dans la nuit et miraculeusement conservée au réveil.

Le plus intéressant, c’est que la musique suit réellement.

« Ford Truck Fuck Month » n’est pas seulement un gag avec un beat derrière. La tension est plus serrée, le débit plus frontal, et l’énergie générale tranche nettement avec la souplesse de « patagonia ». Les deux morceaux montrent ainsi deux méthodes différentes pour arriver au même résultat : créer quelque chose qui ne ressemble pas à un produit trop propre.

Clamsterdam semble justement bâtir son univers sur ce refus de la normalité sonore.

Afropop, alternative hip-hop, bedroom pop, pop rap, touches de funk : rien ne reste très longtemps dans sa case. Ce qui relie les deux titres, ce n’est pas un genre commun, mais une manière de traiter la musique comme un terrain de jeu où une référence peut être détournée, amplifiée, cassée puis recollée ailleurs.

« patagonia » danse autour de son idée.

« Ford Truck Fuck Month » roule dessus.

Et entre les deux, Clamsterdam donne surtout envie de voir jusqu’où peut aller un groupe qui semble considérer les mauvaises idées comme une excellente méthode de travail.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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